MISE AU POINT
BIBLIOGRAPHIQUE
ESTIMATION DE LA QUALITÉ DE LA CARCASSE
DES AGNEAUX DE BOUCHERIE
J.-C.
FLAMANT R. BOCCARDStation centrale de
Génétique aninaale,
Laboratoire de Recherches sur la
Viande,
Centre national de Recherches
zootechniques, 78-Jouy-en-Josas
PLAN
I. - INTRODUCTION.
II. - CRITÈRES DE
QUALITÉ
D’UNE CARCASSE.i° Poids de la carcasse.
2
° Conformation de la carcasse
3
° Composition
de la carcasse.4
°
Qualité
de la viandeIII. - MESURES DES
CARACTÉRISTIQUES
D’UNE CARCASSE.i° Méthodes directes
a)
Poids de la carcasseb) Conformation
de la carcassec) Composition de la
carcassed) Qualité
de la viande2
° Méthodes indirectes
a)
Mesure indirecte dupoids
de carcasseb)
Estimation de laconformation
des carcasses sur l’animalvif c)
Mesures indirectes de lacomposition
de la carcasse- estimation
par
le rendement àl’abattage
- estimation
par
lepoids
de la carcasse- estimation
par
la massevolumique
de la carcasse- estimation
par la
méthode aupotassium-40
- estimation à l’aide de mesures linéaires diverses
- estimation
par
lacomposition
des morceaux de la carcasseIV. - DISCUSSION i
o Relation
poids-dualité
des carcasses2
° Relation
conformation-qualité
des carcasses3
0
Relationproportion
desmorceaux-qualité
des carcasses 4° Relation
composition tissulaire-qualité
des carcasses5
°
Relationqualité
de laviande-qualité
des carcassesV. - CONCLUSION ET RÉSUMÉ.
1. - INTRODUCTION
La consommation
française
de vianded’origine
ovine est caractérisée par une forte demandeen viande
jeune. Depuis quelques
décennies la part relative des agneaux, dans l’effectif abattuchaque année,
s’est fortement accrue. Cette tendancegénérale
n’exclut pas lamanifestation,
d’unerégion
à
l’autre,
de variations dans le typed’agneaux produits,
en cequi
concernel’âge
et lepoids.
Cesvariations résultent aussi bien des conditions
agronomiques d’exploitation
que des habitudes locales des centres de consommation.Le
problème
de laqualité
des carcasses feral’objet
de cette revuebibliographique.
HAMMONDa défini la
qualité
en la rapportant à la demande du consommateur exclusivement. Pour leproduc-
teur cette
qualité
se traduit par unprix :
les carcasses de laqualité
laplus
recherchée obtiennent les meilleurs cours aukilogramme.
Al’analyse
laqualité
d’une carcasse est le résultatcomplexe
de divers critères
exprimés
couramment par lesprofessionnels
de la viande(bouchers
et inter-médiaires
divers)
et tenant compte defaçon plus
ou moins effective degoûts supposés
du consom-mateur :
poids,
conformation etcomposition
de la carcasse(en
tissus et enmorceaux)
etqualité
de la viande.
Nous
rappellerons
tout d’abord les critères dejugement
commerciaux. Puis nous ferons uninventaire des méthodes de
découpe,
et des mesures diverses sur les carcasses. Nous en viendrons à discuter l’influence réelle des critèresinvoqués
sur laqualité
des carcasses, et noussoulignerons
les
enseignements
utiles auproducteur d’agneaux
de boucherie v la lumière de ces conclusions. Nousdégagerons également quelques perspectives
nouvelles de travaux de recherche.II. -
CRITÈRES
DEQUALITÉ D’UNE
CARCASSEi
o l’oids de la carcasse
Le
poids
des carcasses est sans doute l’un des éléments de laqualité
lesplus
variables selon lesrégions.
Certains marchésmême,
se caractérisent par despoids
vifs situés dans une margeétroite,
traduisant le désir d’obtenir des carcasses d’un
poids
moyen bienprécis.
Ainsi le marché de Nîmes est surtout un marchéd’agneaux légers (poids
àl’al>attage
16- 188 kg)
et les agneaux de lait du marché de Bordeauxpèsent
de 8 à i2kg.
Par contre, dans le Nord on consomme de la vianded’agneaux
d’un
poids
vif variant de 3o à 40kg.
Ces variations dupoids optimum
des carcassespourraient
êtrele résultat d’une demande variable pour la dimension
optimum
des morceaux résultant de la dé- coupe. Les variationsenregistrées
en France se retrouvent sur leplan européen
avec la même am-plitude.
2
°
l ’ mjf b r>itaiio>t
de la carcasse1’raditionnellement on recherche une carcasse aux reins
larges
et bienremplis,
auxgigots épais
et courts,
plus larges
quelongs,
et au cou peudéveloppé
enlongueur :
c’est-à-dire une carcasselarge
et courte. Deplus,
le boucher recherche des carcassesqui
luipermettent
de vendre laplus grande proportion possible
de morceaux depremière catégorie.
Sa tendance à associer une bonne conformation à unplus
fort pourcentage degigot
et de filetexplique
le rôleimportant
de la con-formation dans la valeur
économique
des carcasses.3
0 Composilion
de la carcasseLa
composition
de la carcasse devrait être le facteurprépondérant
de laqualité puisque
c’estelle
qui
conditionne engrande partie
sonprix
de revient et sa valeurorganoleptique.
Mais la notiond’équilibre
tissulaire «os-mucle-gras
», si souventinvoquée,
est encore moinsprécise
que la notion de conformation : enpratique
sonappréciation
se traduitplutôt
par desjugements portés
sur leseul tissu
adipeux.
a)
Gras:L’état
d’engraissement
est un caractère diversementapprécié
selon les pays. Iljoue
un rôleimportant
dans la détermination de laqualité
et parconséquent
duprix
de la carcasse. Le boucherne tolère pas une
épaisseur
de grassupérieure
à la demande du consommateurqui l’obligerait
àvendre l’excès à bas
prix.
La traditionprofessionnelle
a établi une liaison entrel’importance
dugras dans l’ensemble de la carcasse, et le
développement
du gras de rognon : les carcasseslégèrement
couvertes et avec un gras de rognon réduit sont les
plus
recherchées.b)
Os :Les morceaux sont
généralement
vendus avec leur os(gigot, côtelette, collier....) ;
aussi leconsommateur demande-t-il des carcasses à ossature
légère.
Ce fait traduit la recherche du maximum deviande,
recherchequi prend
nettementplus d’importance quand
ils’agit
dejuger
ledéveloppe-
ment des tissus gras.
4
°
Qualité
de la viandePeu d’études ont été
entreprises
pour déterminer laqualité
de la vianded’agneau.
Dans lamesure où elle peut être
appréciée,
on connaît mal son incidence sur lejugement
des carcasses.En
pratique
la viande est soumise à deuximpératifs
dequalité :
a)
la viande ne doit pasprésenter
ungoût
de suifprononcé (carcasses
d’animauxâgés) ; b)
le gras doit être blanc. Les carcasses à grasjaune
subissent une nettedépréciation.
Les races à fibres musculaires fines fournissent des carcasses
généralement plus appréciées.
Trois
caractéristiques
de la carcasse semblent donc être déterminantes dansl’appréciation
desa
qualité :
sonpoids,
sa conformation et son étatd’engraissement.
La carcasse
idéale,
dans la limite despoids recherchés,
seprésente
donc comme une carcasselarge
et courte, caractérisée par :- la brièveté
(et
lalégèreté)
de ses rayons osseux, avec des masses musculaires bien déve-loppées
etépaisses ;
- un gras de couverture sur les
flancs,
sur lesgigots
et sur ledos, qui
nedépasse
pas une cer- taineépaisseur (i à
g mm enFrance)
au delà delaquelle
il dévalorise la carcasse.III. -
CARACTERISTIQUES D’UNE
CARCASSEL’étude
systématique
de laqualité
des carcassesoblige
à rechercher des méthodesd’appré-
ciation hautement
répétables
et utilisables dans les travauxexpérimentaux.
Ilimporte
depouvoir
comparer des carcasses sur des bases de
jugement
constantes dans le temps et dansl’espace.
Lebut recherché est donc de donner une
expression quantitative
descaractéristiques
de carcasses.Trois
qualités
sontexigées
des mesures :i° être de réalisation
commode ;
2
° être hautement
répétables ; 3
°
êtreexpressives.
S’il est nécessaire de retenir
plusieurs
mesures pour caractériser une carcasse, il estpréférable
de choisir autant que
possible
des mesures ayant des basesbiologiques indépendantes.
1
° MÉTHODES DIRECTES
a)
Poids de la carcasseLa détermination du
poids
des carcasses s’effectue parpesée
effectuée 24 haprès l’abattage.
Certains auteurs mesurent
cependant
lepoids
de carcasse « chaude » dont l’intérêtbiologique
estsupérieur.
Lepoids
de carcasse froide estplus
habituellement utilisé dans les travaux(B RAY , 19 6 3 ).
Il est nécessaire alors de
préciser
exactement les conditions de conservation(humidité, température et durée).
b) Confo y matiova
de la carcasseLa conformation de la carcasse constitue un critère
important
dequalité
pour lesprofessionnels.
HIRZEL
( 1939 ) puis
PALSSON(i939-I94o)!
ontproposé
de nombreuses mesuresqui
peuvent être effec- tuées sur une carcasse. Les mesures retenuespeuvent servir
à déterminer la forme de la carcasse : à l’ai- de de ces données onpourrait
éventuellement dessiner la silhouette de la carcasse étudiée. Il s’en faut debeaucoup
que toutes soient utilisables. Certaines sont de réalisation peu commode et de faible«
répétabilité
&dquo;(BA RTON
PHILLIPS etCLARKE,
1949 ;RO BI NSON,
BINET etDOIG, 195 6).
La variation de laplupart
d’entre elles peut êtreexpliquée
par la variation dupoids
de la carcasse; ellesrepré-
sentent donc
beaucoup plus
ledéveloppement général
de la carcasse(fortes
corrélations avec lepoids
de carcasse :B OCC ARD,
DUMONT et PEYRON( 19 6 4 ), T WAITES,
!EATES et POGUE( 19 6 4 ).
Maisle nombre de mesures nécessaires peut être réduit : il existe des relations constantes entre certaines dimensions d’une carcasse. Ainsi les résultats de SucK
( 1957 ),
HUNDT( 1959 ), BOCCARD,
DUMONTet PEYRON
( 19 6 4 )
montrent que les diverses mesures delargeur d’une
carcasse sont en liaisonétroite les unes avec les autres à
poids
de carcasse constant : une seule mesure suffit donc. Il en est de même pour lalongueur.
Par ailleurs HUNDT( 1959 )
n’observe pas de relation entre lalargeur
ducorps et les
largeurs
depoitrine
et au bassin(sur
agneauxvivants).’I’ANE1A ( 1955 )
calcule une corré-lation
phénotypique
hautementsignificative
entrelongueur
etlargeur
du corps(r
= -!0 , 43 )
surdes animaux Mérinos adultes. Plus récemment
BoccARD,
DLTMONT et PEYRON( 19 6 4 )
montrent àpartir
de mesures effectuées surplus
de 600carcassesd’agneaux
de toutes les races et de toutpoids qu’une augmentation
de lalongueur
du corps n’a pasd’influence,
àpoids
de carcasse constant, sur la variation deslargeurs
dugigot
et de celles du coffre.Cependant
les corrélations calculées sontplus
élevées entrelongueur
de carcasse etlargeur
dugigot qu’entre longueur
de carcasse etlargeur
au coffre. On peut admettre en fonction de ces résultats
qu’une
mesure delongueur
et une mesurede
largeur
sont nécessaires et suffisantes pour caractériser une carcasse.Parmi les mesures retenues, les mesures « de conformation » se rapportent aux
caractéristiques auxquelles
lesprofessionnels
attachent leplus d’importance.
Pour les carcassesd’agneaux l’appré-
ciation porte essentiellement sur les
gigots :
la mesure F(longueur crosse-périnée)
est laplus
cou-rariimerit retenue
(C LARKE
etM C MEEKAN,
1952 ;COLEMAN,
I95I ; HARING etSCHOMBURG,
1957 ; iBOCCA RD
,
DUMONT etP EYRON , 195 8 ;
BOCCARD et al.ig6i ;
BOCCARD etRADOWSKA, I9 6 3 ).
Lamesure P
(longueur crosse-symphyse)
peut être aussi utilisée(B ARTON ,
PHILLIPS etCLA R KE, 1952 ).
BoCCARD,
DIJMONTet PEYRON( 19 6 4 )
ont montré que la mesure F variait peu en fonction dupoids
de la carcasse entre ri et 22
kg
tandis que lalargeur
de la carcasse était en liaison étroite avec lepoids.
Il s’ensuit que pour des carcasses de mêmepoids,
lalongueur F,
sous l’influence d’autres facteurs que lepoids
de carcasse, peutexprimer
le rebondi dugigot,
conformément àl’opinion
cou-rante. Ce rebondi peut être encore
représenté
par lerapport
!G/F largeur . utilisé par
CLARKEBlongueur/ lr
’et McMEEKAN
( 195 2.)
Cependant
lesprofessionnels
ne se contentent pas de définir les carcasses de bonne conforma- tion par ungigot
court. Ils désirent une carcasselarge
et courte. Aussi d’autres mesures « de confor- mation » sont-elles utilisées assezfréquemment
et serapportent
à lalongueur
et à lalargeur
descarcasses
(B ARTON ,
PHILLIPSetC LARKE ,
1959 ;i ROBINSON,
BINETetD OIG , i 95 6 ; BOCCARD,
DUMONTet
PEYRON, 195 8). BOCCARD,
DUMONTet PEYRON( 19 6 4 )
ont dressé un tableau desprincipales
me-sures utilisées
expérimentalement.
La méthoded’analyse
factorielle(W RIGHT ,
I93z ; TANNER etBURT,
I954 ; TAYLOR etRoLLINS, I9 63 :
RoUVIER etVISSAC, 19 6 4 )
oud’analyse
en composantesprincipales (WRIGH T ,
I954 ; RouvIER etR ICARD , 19 6 5 ),
utilisées sur les carcassesd’agneaux
devraitpermettre de faire un choix
objectif
des mensurations pourexprimer
la variabilitémorphologique (développement général,
variations deforme,
parexemple).
ROBINSON,
BINETet DOIG( 195 6)
dans une étudepréliminaire,
effectuent 16 mesures sur unpremier
lot de 50carcassesd’agneaux
australiens. Dix d’entre elles seulement sont retenues pour l’étude définitive portant sur 240 carcasses :F, longueur
degigots ; Th, profondeur
duthorax ;
BC, épaisseur
durein ; P, épaisseur
duflanc ; K, longueur de carcasse ; Sh, épaisseur
del’épaule ;
W, largeur
auxépaules ; E, largeur
aucoffre ; G. largeur
auxgigots ;
Twist », tour dejambe.
Les mesures suivantes ont été éliminées par les auteurs parce que peu
précises
ou peureprésentati-
ves :
longueur
duquartier
avant,longueur
dufilet,
«remplissage
» ou rebondi desgigots, épaisseur
des
gigots,
tour degigot,
tour du rein.Une certaine attention est aussi accordée à la forme de la section du muscle
long
dorsal(lon- gissirnus dorsi),
souvent considérée commereprésentative
dudéveloppement
des masses muscu-laires.
L’appréciation
directe de la « noix de côtelette » nécessite unedécoupe
de la carcasse. Lasection transversale s’effectue au niveau de la dernière
côte,
entre la 12e et la3 e (PALSSON,
1939 ;BRAY, rg6 3 ),
ou entre la rreet la aevertèbre lombaire(BOCCARD,
DuMOrrT etl’E.’RON, 195 8).
Onmesure
A, longueur
dugrand
axe de la section etB, longueur
dupetit
axeperpendiculaire
au pre- mier. La surface peut êtreplaniinétrée
surcalque
ou surphotographie
de la section. On effectuegénéralement
la moyenne des mesures droite etgauche.
On mesure aussiC, épaisseur
du gras dorsal au-dessus dulongissimus
dorsi(une
seule mesure, ou la moyenne de 3 mesures en 3points
de lasection).
Ces mesures nécessitant unedécoupe
sontévidemment
de réalisationplus
laborieuse que cellesqui
portent sur la carcasse entière. En outre les carcasses se trouventdépréciées
pour le com- merce. HAMMOND( 193 6)
a caractérisé la forme de la section dulong
dorsal par leshape
index(BjA
X100 ) qui
constitue selon lui un indice dequalité.
Lareprésentativité
de cet index sera dis-cutée dans les
chapitres
suivants.c) Cosnposition de
la caycasseLa connaissance de la
composition
des carcasses nécessite l’utilisation de mesuresplus
fineset
plus
délicates à réaliser que les mesures de conformation.Proportion
des morceaux.Les
découpes
utilisées dans le commerce isolent un certain nombre de morceaux de valeurs différentes. Certaines carcassesprésentent-elles
unplus
fort pourcentage de morceaux depremière catégorie?
Les bouchersrépondent implicitement
oui à cettequestion.
Des
comparaisons
valables ne sontpermises
entre carcasses, que si les différences dues à desimprécisions
dedécoupe
ont été éliminées.Aussi,
avantd’entreprendre
touteétude,
un certainnombre d’auteurs ont-ils insisté sur la nécessité de définir une
découpe
de référence : l’isolement des divers morceaux doit se faire selon un processus normalisé etprécis (Pnr.ssoN,
r939 ;HANKINS,
1947BoccnxD et
Du!to!rT,
r955 ; CARROLL etO’CARROL, 19 6 4 ).
Cesdécoupes s’inspirent
leplus
étroitement
possible
desdécoupes
commerciales locales. La commercialisation des carcasses ainsidécoupées
rencontre moins de difficultésqu’avec
unedécoupe qui
necorrespondrait
pas aux habi- tudes dumarché,
maisgêne parfois
lescomparaisons :
les résultats obtenus dans un pays à l’aide d’une certainedécoupe
ne sont pas utilisables en touterigueur
par les chercheurs d’un autre pays utilisant unedécoupe
de référence différente. Enparticulier,
d’une école àl’autre,
onappelle
d’unmême nom des morceaux totalement différents
anatomiquement :
ceci se manifeste surtout pour ladécoupe
del’épaule.
Une entente internationale seraitparticulièrement
utile dans ce domaine.(F.E.Z. 19 53).
La
découpe parisienne
a servi de modèle à ladécoupe
utilisée en France par BOCCARD et DUMOrrT( 1955
).
Les morceaux suivants sont isolés :- le
a gigot
entier» qui
se divise lui-même en « selle » et« gigot raccourci » ;
;- le « filet
» qui correspond
à larégion
lombaire avec lesparois
abdominalesadjacentes ;
-
l’épaule,
essentiellementcomposée
du membre antérieuranatomique,
cequi
necorrespond
pas à la définition de
l’épaule
de ladécoupe anglo-saxonne ;
- le « carré
» (région
des vertèbres dorsales etpartie
des côtescorrespondantes) ;
- la
poitrine
et le « haut descôtelettes » ;
- le « collier ».
Ces
découpes
sont effectuées sur1/2
carcasses enpartant
del’hypothèse
de lasymétrie
descarcasses des animaux
jeunes.
Composition
en tissus.L’analyse
directe des carcasses en tissus nécessite une dissectioncomplète.
On isole commu-nément 3 groupes de tissus :
- - le tissu gras ;
- le tissu
musculaire ;
- les os
auxquels quelquefois
des auteurs ontjoint
lestendons, ligaments
etcartilages,
alorsque les autres en ont fait un groupe
spécial.
La
séparation
de ces tissus dans les différentesrégions
du corpsexige
une trèsgrande
minutieet
beaucoup
de temps. Desspécialistes
entraînés travaillent avec un pourcentage de pertes nedépassant
pas 2p. ioo.Composition chimique.
La connaissance de la
composition chimique
d’une carcasse est souvent recherchée dans les études de nutrition. Mais elle peut aussi permettre une estimation de lacomposition
de la carcasseen ses différents tissus.
Les diverses méthodes
d’analyse
utilisées différent entreelles,
essentiellement parl’origine,
le nombre et la dimension des échantillons. L’une des méthodes les
plus
utilisées par les chercheursanglo-saxons
est la méthode dite « BART!IN-KIRT!I; p(BaRTON
etK IRTON , ig 5 6-ig 5 8).
Elle consiste àdécouper
une demi-carcasse en fines lamelles de 3à 6 mmd’épaisseur qui
sont ensuitebroyées
ensemble.
L’analyse
porte ensuite sur des échantillons de 5o g de cebroyat.
Cette méthode a ins-piré
la méthode officielle de l’A.O.A.C.(Association of Official Agvicultural Chemists, ig6o) :
celle-ci
apparaît plus
sensible pour l’estimation descendres,
lesprécisions
obtenues pour les autres compo- sants étant similaires.(KEVIY
etBARTON, 19 65).
MuNSON et al.
(ig6 5 ) constituent,
selon le même processus que BARTONetK IRTON ,
huit échan- tillons de 50gchacun,
mais àpartir desquels
ils constituent un seul échantillon de 5o g surlequel
portel’analyse.
Il en résulte une diminution de la part de variation due àl’échantillonnage,
enparti-
culier dans l’estimation de l’extrait à l’éther des carcasses. MILFORDet MuNSON
( 19 6 S ),
obtiennentdes échantillons de 3oo , à
partir
de1/2
carcasses, en constituant des émincés deplus
enplus
finsmélangés après chaque opération.
KIRTON,
BARTON et RAE( 19 6 2 )
montrent que laprise
des échantillons sur une demi-carcasse seulement ne conduit pas à une évaluation biaisée de lacomposition chirnique
de la carcasse entière.Nous reviendrons sur cette
question
dans leparagraphe
2-C, consacré à l’évaluation de la compo- sition de la carcasse par lacomposition
de morceaux individuels.d) Qualité
de la viandeLa viande
d’agneau
étant une viandejeune,
lesproblèmes
tels que celui de la tendreté appa- raissent accessoires face à ceux de laproduction,
de la conformation ou de lacomposition
des car-casses. Ne se pose pas non
plus
laquestion
de laqualité technologique
de la viande comme chez le porc. Les facteursqui
conditionnent laqualité
de laviande,
et par suite de la carcassed’agneau (saveur
de la viande et couleur dugras)
sont très facilementjugés
sansqu’il
soit besoin de faireappel
à des tests élaborés. Il semble
cependant qu’un
nombre croissant de chercheurs s’attachent à étudier laqualité
de la vianded’agneau
selon les méthodes d’étudesemployées
pour les bovins. SCHEPER( 19 6 2
)
a fait un inventaire des divers travaux relatifs aux facteurs dequalité
de la viande chez les différentesespèces.
Dans la suite de cette revuebibliographique
nous ne feronsqu’évoquer
le pro- blème de laqualité
deviande, lorsqu’il
interviendra effectivement sur laqualité
des carcasses.Les méthodes directes
d’appréciation,
décritesprécédemment,
permettent d’effectuer avecprécision
des mesures de conformation et decomposition
des carcasses.Mais ces méthodes
d’analyse
sont tellesqu’elles
nécessitentl’abattage
del’animal,
etjusqu’à
la destruction
partielle
ou totale de la carcasse.Or,
le sélectionneur a tout intérêt à obtenir desrenseignements
concernant la carcasse(conformation
parexemple)
àpartir
des données recueilliessur l’animal vivant. L’utilisation de méthodes indirectes
d’appréciation
de la carcasse doit permettre la conservation desgéniteurs
éventuellement intéressants ou, àdéfaut,
le maintien del’intégrité
des carcasses.
D’autre part, on cherche
toujours
àapprécier
lacomposition
de la carcasse àpartir
de mesureseffectuées sur l’extérieur de cette carcasse. L’estimation de la
composition
du corps par des carac-téristiques
mesurées sur l’animal vivantprésente
aussi ungrand
intérêt dans l’étude dudéveloppe-
ment.
2
° MÉTHODES INDIRECTES
Deux
catégories
de mesures indirectes peuvent êtredistinguées :
- mesures sur animal vif : évaluation des
caractéristiques
de la carcasse(poids,
conforma-tion, composition) ;
- mesures sur la carcasse : évaluation de la
composition.
a)
Mesure indirecte dupoids
de carcassePour un animal déterminé le
poids
de la carcasse est lié aupoids
de l’animal vif. Mais cette liaison n’est pas suffisamment étroite pour permettre une bonne estimation dupoids
de carcassepar le
poids
vif mesuré peu avantl’abattage.
. Iàoids de la carcassc
B
1 « rendement
(’ Poids de la carcasse
X100
est variable !’ animal ii l’autre. L’csti- , 1Poids à
l’abattage
mation du
poids
de carcasse par lepoids
àl’abattage
est donc soumis certainesimprécisions qui
tiennent en
particulier
auremplissage
viscéral des animaux au moment del’abattage.
La
barymétrie,
autresystème,
a surtout pour but d’estimer lepoids
vif réel d’un animal àpartir
de certaines dimensions du corps.D EL ec:E,
POLY et B-ISSAC( 1955 ),
rapportent les diversesmesures utilisées et les formules
proposées
sur les bovins. Il serait intéressant depouvoir
estimerde la même
façon
lepoids
de la carcasse àpartir
des mesures sur agneaux vifs. Mais dans laplupart
des cas, la
présence
de la toison introduit une tropgrande imprécision
dans les mesures. Kn’rnnnet ’l’nxEDn
( 195 8)
proposent 6 mesures d’estimation sur levif,
étroitement liées aupoids
vif et aupoids
de carcasse :profondeur
depoitrine, largeur
depoitrine, longueur
du corps,longueur
durein, largeur
aux hanches etlargeur
au trochanter.b)
Estimation de laconformation
des carcasses sur l’animala>1’
Le choix des mesures de conformation sur l’animal vif est orienté par le choix des mesures sur la carcasse. Aussi chilfre-t-on sur le
vif,
leplus
souvent, les mesureshomologues
à cellesqui
caractérisent habituellement les carcasses. Ainsi le
problème
dereprésentativité
des mesures estrésolu par la détermination de relations entre mesures sur le vif et mesures sur la carcasse (KHAN- D
EKAR
, McMnNUS et
(, 01 ,1) STONE , rg6,;).
Cet aspect semble intéresserplus spécialement
laprédic-
tion des
caractéristiques
de la section du musclelong
dorsal et del’épaisseur
C du gras entre la 12!et la I3ecôte : S’tot rrr?a et al.
(igq8),
KNICUr, [’’COTE et HENNET( 1959 ),
MATTHEWSet al.(ig6o)
montrent que les estimations obtenues sont en
général
trop faibles enprécision sauf peut-être
l’uti-l
isation des ultra SOnS
((’ A MPBELL,
S’fONAKER etKSPLIN,
1959 ; ZOItRINSKY etal., ig6i ;
I)AVISet
al., 19 6 4 )
cequi
concorde avec les résultats obtenus sur d’autresespèces (voir
tabl.i).
L’appréciation
de la conformation sur animal vif est très liée aussi auxproblèmes
de l’amélio- rationgénétique
de laproduction
de viande : les 1>éliers sélectionnés pour leur conformation vont-ils donner des agneaux dont les carcasses auront aussi une bonne confonnation? Le choix des men-surations est
donc
aussidépendant
de leur héritabilité et du mode de transmission de ces caractères(II ILLM
AN
etal., 19 6 2 ).
Par ailleurs une dizaine de mensurations
(dont
la hauteur augarrot)
sont utilisées dans les études sur la croissance.Il est nécessaire que les mesures,
quelle
que soit leurutilisation,
soient de bonneprécision.
I)anscette
perspective,
LARGE et TnYLER(r 954 )
retiennent les trois mesures suivantes :longueur
du méta-carpe,
largeur
auxilions, longueur
du bassin.’l’ ANEJ n ( 1955 , a)
sur 557 animaux calcule les coeffi- cients de «répétabilité
» suivants :Il est bien évident que les mesures de faible
précision
ne peuvent servir d’index deprédiction,
et que les héritabilités calculées à
partir
de telles données ne peuventqu’être faibles,
la variation aléatoire étant tropimportante.
Si on veut utiliser tout de même lamensuration,
il conviendrait alors de considérer la moyenne deplusieurs répétitions indépendantes
de la mesure.c)
AlIesures indirectes de lacomposition
de la carcasseLes mesures indirectes de la
composition
ont, compte tenu de l’intérêt de cettedétermination,
suscité leplus grand
nombre de travaux, utilisant des méthodes fort variables et visant desobjectifs
très divers. Ces mesures,
permettant
d’estimer lacomposition
en tissus sans mutiler la carcasse(aucune découpe),
peuvent être utilisées en dehors du laboratoire si leur réalisation n’est pastrop complexe.
Les méthodes nécessitant unedécoupe peuvent
être de meilleureprécision
mais serventalors essentiellement d’étalon à des méthodes moins
précises
maisplus commodes.
C’est essentiellement à la
composition
engrands
groupes de tissus et enparticulier
à la déter- mination des tissusadipeux
que les chercheurs se sont attachés. l3occARn et DUMONT( 19 6 0 b)
ont dressé un tableau
récapitulatif
des différentes méthodes indirectes d’estimation du gras dans lacarcasse. Des travaux récents tendent à montrer, que, à un
âge déterminé,
lesproportions
relativesde muscles et d’os sont peu
variables,
l’essentiel des variationsprovenant
du tissu gras(K IRT ON
ULYATT et
BARTON,
ig5g;TIJI,LOII, r 9 6 3 ; ESLEY, McDONALD, F OWLER , 19 6 4 ).
Il en résultequ’une
détermination commode et
précise
de l’un de ces deux groupes de tissus(os
-!-muscle, gras)
devraitsuffire à caractériser
parfaitement
une carcasse. Les tableaux 3, 4,5 rapportent
lesprincipales
relations calculées.
Estimation
par
le rendement àl’abattage.
Le rendement d’un animal est lié en
partie
àl’importance
de son tissuadipeux.
Les résultat,épars
deplusieurs
auteurs, apportentquelques précisions
(HANKINS et7!, LLI S,
i93g; HANKINS HI NE
R et
S IJ4 MONS,
I95I ;II ARING ,
LEYDOLPH etSCHOLZ7!,,
I9j4 ; KIRTON etBARTON, 19 6 2 ).
Enfait,
on nepeut
constaterqu’une
tendance de liaison entre le rendement d’une carcasse et le pour- centage de gras(r
= 0,34 : KIRTON etB ARTON , 19 6 2 ).
Le tableau 2, extrait des résultats deII ARING
,
LEYDOI,PII et ScIIOI,zE( 1954 ),
illustre cette tendance. Unepartie
des variations aléatoires du rendement peut être éliminée parl’utilisation,
au lieu dupoids
àl’abattage,
du «poids
vif vide »qui
est lepoids
àl’abattage
diminué dupoids
des contenusdigestifs.
On obtient alors le « rende- ment vrai ».Estimation par le
poids de
la carcasse.Dans
l’ensemble,
les résultats obtenus àpartir
dupoids
de la carcasse sont assezdécevants,
les estimations étant trop peu
précises
pour être utiles. Leséquations
deprévision
calculées nesemblent en outre valables que pour des animaux
d’âge
déterminé(I3 ARTON
etK IR T ON , 195 8
a ;F
IELD
,
KEHP etV ARNE y , 19 6 3 ).
De même l’estimation du muscle par le
poids
de carcasse est insuffisammentprécise malgré
la liaison
toujours positive poids
decarcasse-poids
de muscle(B ARTON
etK IRTON , r 95 8
a ;A MENT ,
G ALGA
N et
Ru P N O w, r 9 6z ;
KIRTON etBAR T ON, 19 6 2 ).
Les résultats n’étant pas
plus
concluants pour l’os(13 ARTON
etK IRT O N , 195 8 a),
ilapparaît
que le
poids
de la carcassen’apporte
pas suffisamment d’informationsprécises
sur lacomposition
de la carcasse.
Cependant
ÏULLOH( 19 6 3 )
etESLEY,
MCI)ONALD et FOWLER( I9 6 4 )
reprenant les résultats des travaux deHAVISIOVD,
WALLACE( 194 8),
PALSSON et VERGES(r 95° )
sur lesovins,
et McMEEKAN(
1940
)
sur les porcs, établissent deséquations
deprédiction
dupoids
des tissus dans la carcasse, dont la forme est celle deséquations allométriques
de HUXLEY( 1932 ).
TULLOII( 19 6 3 )
calcule ainsi troiséquations
en fonction dupoids
vif vide. Elles rendent compterespectivement
de9 6, 1
p. Ioo9
8
p. 100 et88, 3
p. 100 des variations des tissus osseux musculaires et gras(tableaux
3, 4,5 ).
Pour tous ces travaux d’estimation de la
composition
de la carcasse, le choix de l’échantillon des animaux intervient sur lasignification
des valeurs trouvées.Lorsque
les animaux étudiés sontpris
au hasardquant
àl’âge
ou aupoids,
les coefficients de corrélation calculés sontbeaucoup plus
élevés que si l’étude
porte
sur un groupehomogène.
Toutefois laprécision
de laprédiction
dupoids
brut ou en p. 100de tissu n’en est pas forcément meilleure.
Beaucoup
de ces coefficients traduisentune tendance
générale
de lacomposition
des carcasses mais le caractère mesuré ne peut servir de base à un indice d’estimation.Estimation par la tnasse
volumique
de La carcasse.C’est dans le domaine de l’estimation du gras dans la carcasse que la méthode de mesure par la masse
volumique
a été surtout utilisée. Les chercheurs se sontinspirés
de travauxanalogues
réalisés
déjà
sur lecobaye,
le rat albinos et le porc.Cependant
les conditions normales sont trop difficiles à réaliser avec un animal de la taille du mouton : au cours de l’immersion des carcasses, il estimpossible
deparvenir
à éliminer tout l’air accumulé dans les cavités ou adhérant aux tissus.Aussi les coefficients de corrélation linéaire
trouvés,
bienqu’assez élevés,
nepermettent-ils
pas une bonne estimation du tissu gras. Les résultats obtenus avec leséquations
deprévision présentent
un
écart-type
résiduel tropimportant (tabl. 3 ).
(’owAN et al.(ig6i)
font les mêmes remarques à la suite de travaux portant sur la détermination de la valeurénergétique
de la carcasse à l’aide de lamême méthode.
Estimation par la méthode au
potassium-40
Le
potassium
est le cation leplus important
en pourcentage dans le tissu musculaire. La doublehypothèse
d’uneproportion
constante depotassium
dans le tissumaigre
d’une part, et d’une pro-portion
constante del’isotope
’°K radioactif dans lepotassium
naturel d’autre part, constitue la basethéorique
de la méthode utilisée. Il est intéressant d’établir une relation étroite entre laquantité
derayons
émis en un temps donné par le 40K d’une carcasse et le pourcentage de tissu musculaire et des autres tissus de cette carcasse. (’ette méthodeprésente
l’énorme avantage d’une utilisation sur animal vivant(KI RTON
etal., 19 6 1 ; J UDGE
etal., 19 6 3 ). Cependant
laprécision
n’atteint pas le niveau que