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Parmi les patients âgés de 12 à 17 ans inclus dans les études d’une année (n=25), le taux annuel d’exacerbation asthmatique chez ceux qui avaient reçu le reslizumab a été deux fois plus élevé que celui ob- servé dans le groupe placebo (2,86 vs 1,37).
Dans la troisième étude, 315 patients âgés de 12 à 75 ans souffrant d’un asthme insuffisamment contrôlé par au moins une dose moyenne de corticostéroïde inhalé et un nombre d’éosinophiles san- guins ≥400 cellules/µl ont été randomisés pour recevoir 0,3 ou 3 mg/ kg de reslizumab ou un placebo toutes les 4 semaines pendant 16 semaines. Comparée au placebo, l’augmentation moyenne du VEMS par rapport aux valeurs initiales a été de 115 ml avec la dose de reslizumab la plus faible et de 160 ml avec la dose la plus élevée ; ces deux différences étaient statistiquement significatives. La dose de 3 mg/kg de reslizumab a significativement augmenté la qualité de vie des patients asthmatiques.5
La quatrième étude a inclus des patients de 18 à 65 ans souffrant d’un asthme insuffisamment contrôlé avec au moins une dose moyenne de corticostéroïde inhalé. Une augmentation du nombre des éosinophiles sanguins n’était pas une exigence pour l’entrée dans l’étude ; 80 % des 492 patients enrôlés avaient moins de 400 cellules/µl. Les patients ont été randomisés pour recevoir 3 mg / kg de reslizumab ou un placebo toutes les 4 semaines pen- dant 16 semaines. Par rapport aux valeurs initiales, la variation moyenne du VEMS avec le traitement actif n’était pas significative- ment différente de ce qui a été observé dans le groupe placebo.
Aucune association entre le nombre d’éosinophiles sanguins au moment de l’inclusion et l’amélioration du VEMS (après déduction de celle observée dans le groupe du placebo) n’a été mise en évi- dence avec le reslizumab.6
EFFETS INDÉSIRABLES – Les effets indésirables rapportés à une fréquence plus importante pour le reslizumab par rapport au pla- cebo ont inclus des réactions musculosquelettiques le jour de la perfusion (2,2 vs 1,5 %), des douleurs oropharyngées (2,6 vs 2,2 %), des élévations de la créatine phosphokinase (CPK ; 14 vs 9 %) et des myalgies (1 vs 0,5 %). Les effets indésirables graves survenus plus fréquemment avec le reslizumab que le placebo ont été l’anaphy- laxie (0,3 vs 0 %) et des affections malignes (0,6 vs 0,3 %). Des anti- corps dirigés contre le reslizumab se sont développés chez environ 5 % des patients traités avec le médicament dans le cadre des études cliniques ; ils ne semblent pas affecter l’efficacité clinique du médicament.
GROSSESSE – Il n’existe pas d’études adéquates avec le resli- zumab chez les femmes enceintes. Aucun effet tératogène ou em- bryofœtal n’a été détecté chez les souris et les lapins ayant reçu des doses produisant une exposition au médicament respectivement 6 et 17 fois supérieure à celle atteinte avec la dose maximale recom- mandée chez l’homme. Le passage des anticorps monoclonaux comme le reslizumab à travers le placenta augmente de manière li- néaire au fil de l’avancement de la grossesse.
POSOLOGIE ET ADMINISTRATION – La dose recommandée du reslizumab est de 3 mg/kg en perfusion intraveineuse sur 20-50 mi- nutes une fois toutes les 4 semaines. Le médicament doit être admi- nistré en milieu médicalisé et les patients doivent être surveillés pen- dant la perfusion et un certain temps après celle-ci. Une anaphylaxie est survenue après la deuxième dose ou les suivantes, pendant la perfusion ou dans les 20 minutes après qu’elle soit terminée. Des symptômes de sevrage peuvent survenir si les corticostéroïdes in- halés ou systémiques sont arrêtés brusquement lorsque le traite- ment de reslizumab est commencé.
CONCLUSION – Le reslizumab administré par voie IV une fois toutes les 4 semaines peut diminuer les exacerbations de l’asthme et augmenter le VEMS chez les adultes présentant un asthme sévère réfractaire au traitement associé à une éosinophilie sanguine. Reste à comparer sa sécurité d’emploi et son efficacité à celles du mépoli- zumab, injecté par voie sous-cutanée.
Références
1. Mépolizumab pour traiter l’asthme à éosinophiles sévère. Med Lett Drugs Ther, édition française 2016;38:23.
2. Chung KF. et al. International ERS/ATS guidelines on definition, evaluation and treatment of severe asthma. Eur Respir J 2014;43:343.
3. Busse W, et al. High eosinophil count: a potential biomarker for assessing successful omalizumab treatment effects. J Allergy Clin Immunol 2013;132:485.
4. Castro M et al. Reslizumab for inadequately controlled asthma with eleva- ted blood eosinophil counts: results from two multicentre, parallel, double- blind, randomised, placebo-controlled, phase 3 trials. Lancet Respir Med 2015;3:355.
5 Bjermer L, et al. Reslizumab for inadequately controlled asthma with eleva- ted blood eosinophil levels: a randomized phase 3 study. Chest 2016 April 4 (epub).
6. Corren J, et al. Phase 3 study of reslizumab in patients with poorly control- led asthma: effects across a broad range of eosinophil counts. Chest 2016 March 24 (epub).
Addendum : Doxycycline pour les jeunes enfants ?
Un lecteur de notre article relatif au traitement de la maladie de Lyme (Med Lett Drugs Ther, édition française 2016 ;38 :71) a émis une objection à l’encontre d’une note de bas de tableau déconseil- lant l’utilisation de la doxycycline chez les enfants <8 ans. Cet aver- tissement est inclus dans la monographie de toutes les tétracyclines depuis 1970 lorsqu’il a été constaté, après des décennies d’utilisa- tion, que ces médicaments provoquaient une coloration perma- nente et une hypoplasie de l’émail dentaire lorsque la dentition est en développement. Les CDC ont récemment déclaré qu’une colora- tion des dents n’avait pas été observée avec des traitements brefs de doxycycline (Vibramycine et autres – F, CH ; Vibratab et autres – B), mise sur le marché aux Etats-Unis en 1967 et dont l’affi- nité pour le calcium est moins importante que celle des autres tétra- cyclines.1 Cette déclaration a été encouragée par la découverte que les enfants <10 ans présentaient un taux de mortalité supérieur et disproportionné lors des maladies transmises par des tiques, en particulier la fièvre pourprée des montagnes Rocheuses, pour la- quelle la doxycycline est le médicament de choix et le chloramphé- nicol (non commercialisé – F, CH, B) la seule alternative ayant fait ses preuves.
L’évidence principale supportant la déclaration des CDC était une étude de cohortes rétrospective consistant en une revue des dos- siers et des examens dentaires de 271 enfants vivant dans une ré- serve amérindienne. Aucune coloration n’a été détectée chez les 58 enfants qui avaient reçu de la doxycycline avant l’âge de 8 ans ou chez les 213 enfants qui n’avaient pas été exposés au médicament.
Une hypoplasie de l’émail dentaire était présente chez 4 % des en- fants de chacune des cohortes.2
La maladie de Lyme, contrairement à la fièvre pourprée des mon- tagnes Rocheuses, est rarement mortelle et peut être traitée avec d’autres antibiotiques que la doxycycline. Une dose unique de doxy- cycline est recommandée pour la prophylaxie après une morsure de tique. Etant donné la déclaration des CDC au sujet de sa sécurité d’emploi, il semble raisonnable d’utiliser la doxycycline en prophy- laxie dans tous les groupes d’âge. Lorsque des traitements plus longs (10, 14 ou 28 jours) sont recommandés pour les diverses mani- festations cliniques de la maladie de Lyme chez les enfants de moins de 8 ans, les autres antibiotiques peuvent en général être utilisés à la place de la doxycycline.
1. Biggs HM. et al. Diagnosis and management of tickborne rickettsial diseases: Rocky Mountain spotted fever and other spotted fever group Ric- kettsioses, Ehrlichioses, and Anaplasmosis – United States. MMWR Recomm Rep 2016; 65:1.
2. Todd SR, et al. No visible dental staining in children treated with doxycy- cline for suspected Rocky Mountain spotted fever. J Pediatr 2015;166:1246.