HAL Id: jpa-00238217
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Submitted on 1 Jan 1884
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Analyse des mouvements par la photographie
M. Marey
To cite this version:
M. Marey. Analyse des mouvements par la photographie. J. Phys. Theor. Appl., 1884, 3 (1),
pp.199-203. �10.1051/jphystap:018840030019901�. �jpa-00238217�
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Le Tableau suivait donne les résultats obtenus :
Si l’on se
reporte
aux nombres donnés parLenz,
on voitqu’ils présentent
entre leurs extrêmes une différence deTI
environ deleur
valeur, quoique cependant
lesfils,
s’échaufTant, peu, restassent presqueidentiques
àeux-mêmes,
tant aupoint
de vue de leurstructure que de la nature des radiations
qu’ils
éinettaient. Lacause de ces
divergences
doit être sans doute cherchée dans l’im-perfection
del’appareil calorimétrique employé.
Lesexpériences précédentes,
faites avec unappareil
et dans des conditionsqui
permettent
d’accorder toute confiance auxrésultats,
affirmentdonc l’exactitude de la loi de Joule dans le cas des corps solides
et
jusqu’aux températures
lesplus
élevéesauxquelles
onpuisse
les
porter.
ANALYSE DES MOUVEMENTS PAR LA PHOTOGRAPHIE;
PAR M. MAREY.
Lorsqu’on prend
sur la mêmeplaque
une série dephotograplies représentant
les attitudes successives d’unanimal,
on cherchenaturellement à
multiplier
cesimages
pour connaître leplus grand
nombre
possible
dephases
du mouvement.Mais, quand
la trans-lation de l’animal n’est pas
rapide,
lafréquence
desimages
estbientôt limitée par leur
superposition
et par la confusionqui
enrésulte.
Ainsi,
unhomme qui
court, même avec une vitessemodérée, peut
êtrephotographié
dix fois parseconde,
sans que lesimages
se confondent.
Si, parfois,
unejambe
vient sepeindre
en un lieuoû une autre
jamhe
avaitdéjà
laissé sonempreinte,
cette superpo- sition n’altèrepoint
lesimages :
les blancs deviennent seulementArticle published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:018840030019901
200
plus
intenses aux endroits où laplaque
a été deux foisimpres- sionnée,
de sorte que les contours des deux membres sedistinguent
encore aisément.
Mais, quand
l’homme marchelentement,
lesimages présentent
dessuperpositions
si nombreusesqu’il
en résulteune
grande
confusion.C’est pour remédier à cet inconvénient que
j’ai
eu recours à laphotog’raphie partielle,
c’est-à-dire quej’ai supprimé
cer-taines
parties
del’image
pour que le reste fûtplus
facile à com-prendre.
Comme,
dans la méthode quej’emploie,
lesobjets
blancs etéclairés
impressionnent
seuls laplaque sensible,
il suffit d’habillerde noir les
parties
du corpsqu’on
veut retrancher del’image.
Siun homme revêtu d’un costume
mi-partie
blanc et noir marchesur la
piste
en tournant du côté del’appareil photographique
lapartie
blanche de sonvêtement,
la droite parexemple,
on leverra dans les
images
comme s’il était réduit à la moitié droite deson corps.
Ces
images permettent
de suivre dans leursphases successives,
d’une
part
lepivotement
du membre inférieur autour dupied
pen- dant letemps
del’appui,
et d’autrepart, pendant
celui dulevé,
l’oscillation de ce même membre autour de l’articulation coxo-
fémorale,
en mémetemps
que cette articulation setransporte
enayant d’une manière continue.
Les
photographies partielles
sont utiles aussi dansF analyse
desmouvements
rapides,
parcequ’elles permettent
demultiplier
beau-coup le nombre des attitudes
représentées. Toutefois,
commel’image
d’un membreprésente
encore une assezgrande largeur,
onne
peu t multiplier beaucoup
cesphotographies partielles,
souspeine
de les confondre parsuperposition.
J’ai donc cherché àdiminuer la
largeur
desimages,
afin de lesrépéter
à des inter-valles extrêmement courts. Le moyen consiste à revêtir le mar-
cheur d’un costume entièrement
noir,
sauf d’étroites bandes de métal brillantqui, appliquées
lelong
de lajambe,
de la cuisseet du
bras, signalent assez
exactement la direction des rayonsosseux de ces membres.
Cette
disposition permet
dedécupler
aisément le nombre desimages
recueillies en untemps
donné sur une mêmeplaque : ainsi,
au lieu de dix
photographies
parseconde,
on enpeut prendre
100.201
Pour
cela,
on nechange
pas la vitesse de rotation dudisque; mains,
au lieu de le percer d’une seule
fenêtre,
on en fait dix semblableset
également réparties
sur toute la circonférence(’ ).
La
figure ci-jointe
est faited’aprés
un des clichésprojetés
à lalanterne
magique ;
leslignes ponctuées
ont été transformées entraits
pleins.
Cettefigure
montre lesphases
successives d’un pasCourse de l’homme, attitudes successives du membre infér ieur gauche.
Fréquence des images, 60 par seconde environ.
de course. Le membre inférieur
gauche
y est seulreprésenté :
deslignes pleines correspondent
à lacuisse,
à lajambe
et aupied;
despoints,
aux articulations dupied,
du genou et de la hanche.Cette figure exprime déjà
assez clairement les alternatives de flexion et d’extension de lajambe
sur lacuisse,
lestrajectoires
onduleuses du
pied,
du genou et de lahanche,
etpourtant
le nombre desimages
n’excède pas 60 par seconde. Undisque
obtu-rateur
percé
de fenêtresplus
nombreuses donnerait avec bienplus
deperfection
lesdéplacements angulaires
de lajambe
sur lacuisse et les
trajectoires
des trois articulations.Plus on donne de finesse aux
lignes ponctuées qui expriment
ladirection des memhres, plus onpeut multiplier
le nombredes images;
(1) Il est souvent avantageux de donner à l’une des fenêtres un diamètre double de celui des autres; il en résulte une intensité plus grande de l’une des images
et cela facilite l’estimation des temps, en même temps que cela fournit des points
de repère pour comparer les mouvements des membres inférieurs à ceux des membres supérieurs. (Voir Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, t. XCV.)
202
mais,
dans les casprésents,
il estplus
que suffisant d’avoir soixantefoispar seconde l’indication des déplacements du
marcheur.On voit que, dans la méthode
d’analyse photographique,
lesdeux facteurs du mouvements, le
temps
etl’espace,
nepeuvent
pas être tous deux estimés d’une manièreparfaite.
La connaissance despositions
que le corps aoccupées
dansl’espace
supposequ’on possède
desimages complètes
etdistinctes;
or ilfaut,
pour avoir de tellesimages,
laisser un intervalle detemps
assezlong
entredeux
photographies
successives.Veut-on,
aucontraire, porter
àla
perfection
la notion dutemps,
onn’y peut
arriverqu/en
augmentant beaucoup
lafréquence
desimages,
cequi
force àréduire chacune d’elles à certaines
lignes.
On concilie autant quepossible
ces deuxexigences opposées
en choisissant pour lesphotographies partielles
leslignes
et lespoints qui renseignent
le mieux sur les attitudes successives du corps.
Il est curieux
de voir que cette expression
des attitudes successives du corps et desmembres,
au moyen d’une série de traitsexpri-
mant la direction des rayons osseux, ait été
précisément adoptée
par d’anciens auteurs comrxle étant la
plus explicite
et laplus capable
de faire biencomprendre
lesphases
d’un mouvement.Ainsi,
Vincent etGoinon,
dans leurremarquable Ouvrage
sur lecheval
(1),
ontessayé
dereprésenter
par deslignes
diversement brisées lesdéplacements
des rayons osseux des membres aux dif- férentstemps
d’un pas(2).
Il n’est pas nécessaire d’insister sur la
supériorité
queprésente
la
Photographie, qui
donne lespositions
véritables desmembres,
sur l’observation
directe, incapable
de saisir des actes sirapides
et
d’apprécier
de si courtes durées.Au commencement de ce
siècle,
les frères Weber ont aussi eu,recours au même mode de
représentation
pourexprimer
les actes( 1) 211éînoit-e artificielle des principes relatifs à la fidèle représentation des
animaux tant en peinture qu’en sculpture; par feu Goiffon et 1B1. Vincent,
1776.
(2) Il est regrettable que ces savants aient eu recours à une méthode tout à fait artificielle pour exprimer le sens du mouvement. Au lieu de représenter les déplace-
ments successifs des membres dans l’espace, ils supposent le cheval immobile et montrent les rayons osseux de ses memhres oscillant en sens alternatif autour de l’articulation supérieure.
203
successifs
qui
seproduisen t
dans la marche de rhomme. C’est enréduisant le marcheur à la
figure
d’unsqLielette
que ces éminents observateurs ont réussi àjuxtaposer,
sans lesconfondre,
ungrand
nombre
d’images exprimant
des attitudes différentes.La manière de construire les bandes brillantes
qui,
dans lapho- tographie, expriment
laposition
des leviers osseux mérite unemention
spéciale.
Gomme letemps
de pose doit être très court, il fautemployer
une matière d’ungrand
éclat. Des bandes de métal brillant ne sont paségalement
lumineuses dans toute leurétendue,
parce
qu’elles
ne réfléchissent pas sous le mêmeangle
les rayonssolaires ;
ellesproduisent
sur lesépreuves
deslignes
d’intensitéinégale.
J’ai obtenu de meilleurs résultats avec depetites
bandesde bois noir sur
lesquelles
étaientplantés,
suivant uneligne,
desclous de métal brillant à têtes
hémisphériques.
Sur chacune deces surfaces arrondies se formait une
image
duSoleil, image
extrêmement
petite,
mais très brillante. Dans laphotographie,
cette série de clous brillants donnait naissance à une
ligne
ponc- tuée. Au niveau de la cheville dupied,
du genou, dugrand
tro-chanter,
desdemi-sphères plus
grosses que les autressignalaient
dans les
images
les centres de mouvement par unpoint
degrande
dimension,
Les
photographies partielles
obtenues par cette méthode per-mettent
d’analyser
les différents actes de lalocomotion.,
aussi bienles mouvements sur
place
que lamarche,
la course ou le saut.FIGURES DES GOUTTES D’UN LIQUIDE AU MOMENT OU ELLES SONT PRÈS
DE SE
DÉTACHER
D’UN TUBE CAPILLAIRE, ADAPTÉ AU FOND D’UNVASE;
PAR M. E. MATHIEU
(1).
Menons au sommet 0 de la
goutte
la verticale 0 :; de bas enhaut et la
tangente
Ox au méridien. Nous aurons, pourl’équation
de la surface de la
goutte,
,(’ ) Ce Mémoire est extrait de la Théorie de la capillarité, publiée récemment
par M. E. Mathieu ( Gauthier-yillars, 1883).