COm-RI BUTION AL' ETUfJE VU MECANISME OE QUE LQUES REACTIONS ENTRE COMPOSES OLEFINIQUES, SELS METALLIQ.UES ET HAlOGENES.
pM
MEt-1BRE I
NVI TË PRESIDENT
EXAMINATEUR"
,
CH
M.
JULIA
F.
COUSSEr'1ANT M.CUE
C.
GEORGOULIS A. LATTES
CH.
PREVOST
POUR OBTENIR LE GRADE DE DOCTEUR ES SCIENCES JEAtHMC VALERY
A
L'UNIVERSITý PIERRE ET MARIE CURIE A.O. 8798
THESE DE DOCTORAT D'ETAT ES SCIENCES PHYSIQUES
SUJET DE LA THESE
:N°
d'enregistrement
au CNRSSOUTENUE LE
2 4JUI
N1976
DEVANT LE JURY COMPOSE DE MESSIEURS
N°
d'enregistrement
auCNRS A.O. 8798
THESE DE DOCTORAT D'ETAT ES SCIENCES PHYSIQUES
A
L'UNIVERSITý PIERRE ET MARIE CURIE
JENH1ARC
VALERY
POUR OBTENIR LE GRADE DE DOCTEUR ES SCIENCES
SUJET DE
LATHESE
:CONTRlBUTtON
AL'
ETUPE PU MECANISME fIE Q.UELQUES REACTIONS ENTRE COMPOSES OLEFINIQ.UES, SELS METALLltJlES ET HALOGENES.SOUTENUE LE 2 ý JUI
N1976
DEVANT LE JURY COMPOSE DE MESSIEURS
M.JULIA PRESIDENT
F.
COUSSEf1AtITEXAM
INATEURS
M. CHEC.
GEORGOULISA. LATTES
CH. PREVOST MEMBRE INVITý
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explLimvr.toute
magltati:tude a
MOn4.i.eWL Con.6t.a.ntin GEORGOULIS, MaLtlle. de. Re.c.hvr.chu au C. N. R.S., qui m'a pýopoýý c.e.
ýujet
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de. Jtec.heJtc.hýqu'.i.l
CÜJri.Ae., m'a c.On4.tamment pJtodi[luý lu C.On4WA e.t Rýý e.nc.oWLage.meý qu.<.
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peJr.mi6 de. me.nvr. fi. h.i.e.n ce tMva.A..R.J'e.Xpllime. ýAa..fe.me.nt rna lte.cann£t.W.6ance à MOn4.i.eWL R.ý PJtaýU.6e.WL Cf1a.Jt'-ý PREVOST poun: R.'.i.n:téJtê.t
qu'il
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Je. lte.meJtue. tJtý.6 v.i.veme.n:t Mon6.i.e.WL te.
PýOýU.6e.UIl JULIA qui m'a ýaU l'honne.WL de.
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En6.i.n, je ne. .6a.WLai.6 oubUeJt
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qJtandemeM a..i.dé pM l'amb.i.anc.e c.hai.eWLeU6equ'..in
ont .6u ýéM autoWL de mo.i..i
,4.YýNT -?ROPOS
La très volumineuse bibliographie qui leur est consacrée têmoione que les carr.ures éthylêniques COMptent au nombre des matières premières les plus répàndues et les plus utilisées en synthýse oroanique, que ce soit dans l'industrie
(a) ou au lahoratoire (h).
Parmi les trýs nombreux réactifs qu'on peut leur opposer, les halogènes occuppent une place de choix puisqu'ils perýettent de réaliser soit des réactions de suhstitution,
soit des réactions d'addition.
Ces dernieres trRnsformations sont le plus souvent rapides et stéréospécifiques; elles constituent la principale méthode de préparation èRS coýnosés dihaloqénés vicinaux.
Cepen0ant, les oiffir.ultés apparaissent dès que l'on cherche à obtenir des dérivés h?loqénés a-fonctionnels par addi- tion directe d'un haloaène sur une oléfine en présence d'un troi- sième réactif susceptible d'assurer la fonctionnalisation en a(c).
Ainsi, par exeýple, l'action du brôme sur le phényl- éthylène dans l'rtcièe acétique fournit un mélanqe renfermant plus de 75% de dibroMo-I,2 phényl-2 éthane (d). La présence d'acétate
de sodium dans le milieu ne permet pas toujours d'augmenter la
teneur en acétoxyhalogéno-alcane vicinal au point de donner un aspect préparatif à la réaction (e).
Plusieurs méthodes ont été proposées pour résoudre ce
problèýe.
La plupart d'entre elles consistent à former, à partir des halogènes, des réactifs inteýédiaires dissymétriques suivant la réaction :
x., + l-W .. Xy + ý1X
...
(X2 ha Looëne , J\1Y sel métallique)
.i i
ii
L'utilisation de sels d'argent, en particulier des carboxvlates, est un des moyens les plus efficaces pour atteindre
ce but (c).
Cepenrlant, la mise en oeuvre de dêrivês de ce métal noble ne peut, pour des raisons évidentes, dépasser le cadre de la synthèse fine en laboratnire.
Il était nonc tentant d'eyplorer l'éventualité de
transformations analoques, sinon inentlques, crâce à l'eMploi de sels d'autres Métaux.
ýoutefois, ncuý avons juýé nêcessaire d'examiner d'abord en rlétail le ýécanisme d'action des sels d'arqent dans les systèýes rfactionnels ýoMportant oléfines et haloqýnes dans divers milieux.
LR ýise au point expérimentale et la discussion de la réaction de P1.EVOS'J' et de sa variante selon ýýTnODNARO constitue
la preýière partie oe ce travail.
L'extension de ces données aux sels de mercure et de cuivre est décrite dans les neuxiýýe et Troisième parties.
Lps trois systýýes réactionnels ýtudiés bien que conduisant ý ýes rýsultats analoaues, préparation d'iodures d'al- coyle rliverseýent a-suhstitués, possèdent des caractères propres;
leur analyse nous a conduit ý la définition de Schémas réaction- nels diffêrents pour chacun des métaux utilisés.
Dans tous les cas, l'halo0ène utilisé était l'iode.
Non seulement son emploi est plus simple sur le plan de la
techniq11e opératoire, mais des travaux antérieurs montrent qu'il offre des possihilités supérieures à celles des autres haloýènes(f).
ýous verrons que pour des raisons diffêrentes, cette sunêrio- rité se confirýe, au J1"Ioins clans le cadre Op.s rýactions que nous aurons examinés.
Finaleýent, les solvants utilisés revêtent une impor- tance particulière du fait qu'ils assurent sirnultanéJ1"lent le rOle de J1"Iilieu réactionnel et celui ee réactif.
La discussion détaillée de ces facteurs fioure â la fin de chacun des trois chapitres.
"
iii
a) Voir pa.r
exemple
F. AýI''1ýER;"Mono-Olefins"
Traduction Anglaise
de ý.J. HAZZARD -Perqaýon
Pres (1968) b) Voir parexemple
I. T. F-T.nRRISON; "compend Lum ofOrganic
Synthetic Hethods"
-Volumes
I et II - T.\TileyInterscience
(1971 et 1974)c) P.O. HOUSF:;
"Modern ýynthetic Reactions",
20êdition,
Cha-pitre
8, ý.428-446,Benjamin
(1972)d) J.H. ROLSTON, K. YATEr:; ,1. Amer. chem , Soc. (1969) 91, 1469 e)
P.ý.D.
de la MARE etColl.;
J. Chern. Soc. -Perkin
II (1973)1480
f) A. fT1\BýNF.R et
Coll.;
"T.AMer.
(,heý. Soc. (1970) 92, 4879r" !
SQl1MýIRE
PREr1IERE
PARTIE
REACTIONS ENTRE OLEFINES, CARBOXYLATES D'ARGENT
ET
HALOGENES:
I) I
NTRODUCT
IOýI1-7) LA REACTION VE PREVOST ET SA VARIANTE SELON WOOVWARD
1-2) QUELQUES EXEflPLES DE DEVIATION PAR RAPPORT AU SCHEMA GENERAL 1.
1-2-1) Oývýon pý kappoý à la kéaction IR 2
1-2-2) Dévýation pý kappoý a la kéaction IR 3
1-2-3) Vévýon pý kappoý à t.a kéo.ction IR 4
1-2-4) Vývýation pý ka.ppOý à la kéaction IR 5
1-2-5) ConclU6ýon6.
II)
RECHERCHE DES MEILLEURES CONDITIONS OPERATOIRES
11-1) APPLICATION A LA REACTION OE PREVOST11-2) APPLICATION AUX REACTIONS EN HILIEU ACETIQUE 11- 2-1)
Ren'ýquu
rJkélim<.na.Utu11- 2- 2) Ré.6uLta:U expéJuinen-taux. V-L6CU6.6.iOJt.
!!-2-2-1) Solvants anhydres
!!-2-2-2) Influence
de la teneur en eau dusolvant
11-2-3) Action de ýel.6 d'ýgent .6u.k l'.iodo-7 acêtoxy-2cyclohexane tnan6
11-2-4) Action concUMente de l'eau.6UIL le pltem<.eJt .intvrmêc:UcWte
kêo.ýonnel (ýon .iodoýu.m) III)
CONCLUSION.
111-·1) PROPOSITION V' UN SCHHlA REACTIONNEL 111- 2) CONSEQUENCES PPATI QUES
IV)
PARTIE EXPERIMENTALE
1V-7) PREPARAT1t'N VES CO,\IPOSES Of REFERENCE
1V- 1- 7) PitépMa.ti.on du cyclo hexanedi.ol.6 - 7, 2
rV-7-2) PltéPMcttiOH des dùr..cé,ta:teý de cycJ!.ohexaned-i.ol.6-7,2
1
3 8
8 9
12 14
15 16
17 19 19 20 21
22 26
31
34 34 35
38 38 38 40
'.".11 ,ýW12UýJ/",ý) \ l, Il'-7-3) PJtr.paJlctÜ.OI1 de.ý
monoacétatý
de. cyc.eoh<'.xanecüo16-1,2ILI-2) ETAUWNAGE DE LA METHODE V'ANALYSE QUANTITATIVE PAR C.P.G.
IV-3) REACTIONS ENTRE LE COMPLEXE IODO-ARGENTO-ACETIQUE ET LE CYCLCHEXENE
!V-3-7)
Rédcti6ý et ýe.evant4 employfý!V-3-2)
Mede opéJr.dto..iJr.e type!V-4) REACTIONS ENTRE L'!OfJO-7 ACETOXY-2 CYCLOHEXANE "TRANS"
ET LES SELS D'ARGENT
!V-4-1) P4oclýe
type!V-4-2) AndlY/lu
cMomtLtoglUtphiquuV) BIBLIOGRAPHIE.
'IV.;
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40
!' --:.
41
44
44 45 46
46 '46
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....-
..
111-2) LA REACTION V'IOVODEMERCURATION "IN SITU" CAS PARTICULIER DU 67 CYCLOHEXENE DANS L'ACIVE ACETIQUE
111-3) PROPOSITION D'UN SCHEMA REACTIONNEL 71
IV)
REACTIONS
DESOLVOMERCURATION
ETIODODEMERCURATION
72CONSECUTIVES. SYNTHESE D'IODURES D'ALCOYLE DIVERSEMENT
a-SUBSTITUES.
DEUXI Er'1E PART I E
REACTIONS ENTRE OLEFINES, SELS MERCURIQUES ET IODE
I)
INTRODUCTION
1-1) LA REACTION DE HUNSDIECKER-CRISTOL
1-2) LE MECANISME DE FORMATION DES HYPOIOVITES D'ACYLE.
CONSEQUENCES.
II)
ETUDE
DEL'ACTION DU COUPLE ACETATE MERCURIQUE-
IODE
SUR
LECYCLOHEXENE
ENMILIEU ACETIQUE
11-1) VEFINITION DE LA STOECHIOMETRIE VU SYSTEME11-2) RESULTATS EXPERIMENTAUX
11-2-1) RemaAque6 ýý
t'irnpoýnee
du modeopéýoýe 11-2-2) Compoýýon
de6métan9ý ýéactionný
11-3 DISCUSSI(1N : INTERVENTION DE LA REACTION DE SOLVOýIERCURATI0N III)
REACTIONS DE SOLVOMERCURATION
ETIODODEMERCURATION
CONSECUTIVES. ELABORATION r'UN SCHEMA REACTIONNEL SIMPLE.
111-1) GENERALITES
IV-l) GENERALITES
IV-21 EMPLOI DE SOLVM!TS HYDROXYLES. RESULTATS EXPERIMENTAUX.'
IV-2-7) In6tuenee
duýotvant
IV-2-2) In6tlLenee
de laýtJr.uýe
du ýubý.tJta.t51 51 51 52
55
55 56 57 58 61
64
64
72
73 75 76
,'.
" i:
80 80 81 87
97 91 96 96
96
l V-3) HffERVHlTIO,\J DE L'ANION ANTAGCNISTE VU SEL MERCURIQUE
1V- 3-1) H.i..&e en ëvcdene« du phénomène
l V-3-21 lItilMa:ti.on de ýe1A poýý édayr..t un anion peu nuc1.l.opkif.e.
l v-3- 31 OLc\clýý.i.on.
V)
CONCLUSIONS.
VI)
PARTIE EXPERIMENTALE
VI-I) ACTION VU COUPLE ACETATE MERCURIQUE-rOVE SUR LE CYCLOHEXENE EN MILIEU ACETIQUE.
VI-7-7)
Etude de ta ýéaction déýe pýl'équatýon
CVI-1- 2) Etude de l'action de Hg (OAc)
2 ýU)L l'
codo-)
acê.toxy-2 cyclo hexane btanýVl-1-3)
Etude de l'action de l'.i.ode ýU)Ll'acétoxymýcut.i.-l hyýoxy-2
97 cyclohexane btaý.VI-7-4)
Etude de la ýéactiondéýe
pýl'équation
V 98VI-7-5)
Action de l'.i.ode ýU)L le coupte c.yclohexène/ac.étoxymýcUJL.i-J 101hyýoxy-2
cyc.lohexane btaý.vr-
2) REACTIONS DE SOLVOMERCURATI OM ET t OVOVEMERCURATI ON CONSECUTI VES 102VI-2-7)
GénéIta.Wi6 102VI-2-2) Pýépýon
dýdývéý .iodo-acétoxylý
104Vl-2-3)
Pýéýon dýdéývéý .iodo-alcoyloxylé6
105Vl-2-4)
Pýéýon dýdývé.6
.iodo-hydlr.oxyll.6. 112VII) EIBLIOGRAPHIE
115TROISIEr1E
PAP-TIEVI - 3 - 7) Réa.cUoYl eYl ýolut.A..oYl dctý le mRtha.Ylol 146 VI - 3 - 21 Réa.cUoYl eYl
ýolutloYl
da.ýl'aleool benzyliqut
147VI - 3 - 31 Rýa.cUoYl eYl
ýolutioYl
da.ý Uylalcool allylique (butýne-7
ol-3)id.REACTIONS ENTRE IODE
ETOLEFINES
ENPRESENCE
DESELS CUIVRIQUES
I)
INTRODUCTION
119146 144 140 144
145 135 136
153
VII) BIBLIOGRAPHIE
151CONCLUSION GENERALE
II)
REACTION ENTRE
LECOUPLE ACETATE CUIVRIQUE-IODE
12ýET
LECYCLOHEXENE DANS L'ACIDE ACETIQUE
II - 1) RESULTATS EXPERUIENTAUX 122
II - 2) DISCUSSION 124
II - 3) CONCLUSIOM 128
III)
REACTION ENTRE
LECOUPLE ACETATE CUIVRIQUE-IODE
129ET
LE CYCLOHEXErJEDANS
LIALCOOL
r1ETHYLIQUEIII - 1) RESULTATS EXPERIMENTAUX 129
III - 2) VISCUSSION. PROPOSITIO,ý! V'UN SCHEMA REACTIONNEL. 132
IV)
REACTION ENTRE
LECOUPLE ACETATE CUIVRIQUE-IODE
135ET DES OLEFINES DANS
LESSOLVANTS HYDROXYLES
IV)- 7) RESULTATS EXPERIMENTAUX
IV - 2) VISCUSSION.
V)
CONCLUSION
VI)
PARTIE EXPERIMENTALE
VI - 1) REACTION ENTRE LE COUPLE Cu(OAe)2 ' H20-If ET LE CYCLOHEXENE VANS L' ACIVE ACETIQ_l1E
VI - 2) REACTION ENTRE LE COUPLE Cu(OAý)2 ' H20 - 12
ET LE CYCLOHEXENE VAýS LE METHANOL
VI - 3) syt-..rrHESE V'ALCOYLOXY-TCVOALCANES VICINAUX
Plusieurs voies sont alors possibles
:I)
INTRODUCTION
Ag X + R COO X
R COO Ag + X2
PREMIERE PARTIE
R COO X
REACTIONS ENTRE OLEFINES, CARBOXYLATES n'ARGENT ET HALOGENES,
Il a été
très
tOtétabli
quetoutes
cestransfor- mations procédaient d'un même intermédiaire dont
laformation
estpréalable
àtoute évolution ultérieure,
àsavoir
unhypo- halogénite d'acyle
(2,3,4).Les
réactions entre carboxylates d'argent
ethalogènes
enmilieu anhydre
ontfait l'objet
detrès nom- breuses recherches
qui ont mis enévidence
lespossibilités très variées
de cesréactifs
enfonction notamment
de laproportion
seld'argent-halogène,
de lanature
decelui-ci, ainsi
que de laprésence éventuelle dans
lemilieu
decom- posés insaturés
(1).a)
Décomposition thermique: c'est
laréaction
de
HUNSDIECKER
quiconduit
auxhalogénures d'alcoyle selon
unmécanisme radicalaire
(5)..-.'
2.
C'est notre contribution à l'étude du mécanisme de cette trans- formation qui constitue la preýière partie de ce travail.
R COO Ag, R COO l
R COO ý + CO2 + Ag l
R COO I + R COO Ag
R COO Ag, R COO I
Le mécanisme de cette transformation est probablement voisin de celui de la réaction a) précédente, l'halogénure d'al- coyle intermédiaire réagissant sur le carboxylate d'argent via un carbocation pour fournir l'ester (7).
b) Coordination avec une deuxième molécule de sel d'argent: les complexes ainsi obtenus peuvent être isolês, notamment dans le cas où l'on emploie de l'iode. Par dêcom- position thermique, on obtient alors un ester carboxylique selon la réaction de SIHONINI (6) :
c) Réaction sur un carbure insaturé présent dans le milieu. Il s'agit alors de la conséquence du caractère électro- positif de l'halogène dans les hypohalogénites d'acyle RCOOX (7,8) ou dans les complexes du type de ceux qui sont cités plus haut selon b). Citons notamment la possibilité d'effectuer des sub- stitutions électrophiles aromatiques sur des substrats conve- nables (7,8), la substitution des acétyléniques vrais résul- tant d'un processus analogue (9), et surtout l'action sur les carbures éthyléniques découverte par PREVOST (10 à 15) :
3.
1-1)
LA REACTION DE PREVOST ET SA VARIANTE SELON WOOVWARDEn effet, rappelons brièvement que les travaux
de PREVOST ont montré que l'action du complexe iodo-argento benzolque, formulé selon (C6HSCOO)2Ag l, sur les oléfines, permet l'obtention, avec d'excellents rendements, des di- benzoates de diols 1,2 correspondants (10). En outre, il a été établi que la réaction passait par l'intermédiaire d'un ester monobenzoïque iodé du type
R CH - CH R'
I I
I OCOC6HS
et conduisait enfin à des produits résultant d'une trans ad- dition prépondérante sinon exclusive (11). Le dérivé halo- géné intermédiaire peut être isolé assez aisément (ll-14),
le réactif de PREVOST permettant ainsi un accès commode aux esters d'halohydrines.
L'emploi du réactif dérivé du 3,S-dinitro benzoate d'argent et d'iode a ýême été préconisé comme moyen d'indenti- fication des oléfines (16). Cependant, c'est essentiellement dans le but d'obtenir les glycols 1,2 résultant d'une addition
trans stéréosélective que de très nombreux auteurs ont employé
le complexe iodo argento benzoïque (17 à 23).
L'examen de la Biblio0raphie montre si le réactif donne des résultats satisfaisants avec les carbures éthyléniques
simples et certaines oléfines fonctionnelles, la situation est le plus souvent beaucoup moins favorable dès que le substrat possêde une structure relativement complexe.
.,
i
4.
Ainsi,
parexemple, PREVOST
aobtenu
desrendements
en
dibenzoates supérieurs
à 70 % àpartir
debenzoates allyliques
(10).WITTCOFF
amontré
que laprésence d'une fonction acide
car-boxylique
neperturbe
pas lecomportement
dusystème
(20). Demême,
lecomplexe halogène argento benzoïque s'additionne
auxcétones
aéthyléniques conduisant selon
les cas,soit!
la cé- tonea,S-dibenzoyloxylée,
soit à lacétone
ahalogénée-S
ben-zoyloxylée
(24).Par
contre,
lasituation
estmoins claire
en ce quiconcerne
lesdiènes conjugués: ainsi,
àpartir
debuta- diène, PREVOST
aobtenu
80 % debutène diol-I,2
(i2),alors
quele
cyclohexadiène-l,3 fournit
unmélange
desisomères résultant
des deuxpossibilités d'addition
(1,2 et 1,4) (21);enfin,
lecyclopentadiène semble posséder
uncomportement intermédiaire,
le
dibenzoate-l,4 constituant
25 à 30 % dumélange réactionnel
brut (25).L'utilisation exclusivement préparative
duréactif
de
PREVOST, basée
sur lastéréosélectivité
de laréaction,
alongtemps limité l'étude
dumécanisme réactionnel
mis en jeu.En fait, mis a part les
renseignements fournis
par lestoutes premières expériences,
lestravaux ultérieurs n'appor-
tentaucun élément nouveau. Citons
parexemple
lastéréochimie
desbenzoates d'iodhydrines intermédiaires
qui a étéétablie
pour un casparticulier
(26), mais sansqu'il
soitpossible
de la re- lier auxétudes
deWINSTEIN
et de sescollaborateurs
sur le rôle desgroupes voisins
dans lesréactions
desubstitution
(27 à 32).C'est ainsi
quel'action d'acétate d'argent
en mL- lieuacétique anhydre
surcertains dibromures d'alcoyle
ouacétates
debromohydrines, conduit
auxdiacétates correspondants
avec un tauxélevé
derétention
deconfiguration (Tableau
I)(27). En
outre,
si lesubstrat présente
uneactivité optique,
celle-ci n'existe
plus dans leproduit formé.
5.
CH3'Cý
cf
OH\ /
-C-C-
Il
12( 3) -H +
CH3
I
c
Oý+ýO
\ I
-C-C-
P
12( 2 )
L'explication avancée par WINSTEIN pour rendre compte de ces résultats implique la formation au cours de la réaction d'un intermédiaire cationique de type acýtoxonium :
CH3
I
Oý+ý
C\ /
-C-C-
I I
(2 )
préalable à la cyclisation conduisant à l'acétoxonium.
La grande inertie relevée pour l'acétoxy 1 bromo 2 cyclohexane
"cis", vis-à-vis de l'acétate d'argent, permet d'écarter presque sûrement l'hypothèse de l'existence d'un carbocation susbtitué
'fH3
cfCý
\ +
-C-c-
I I
L'effet obtenu par la présence d'eau au sein du système
- toutes choses égales par ailleurs - se traduit par l'obtention de configurations inverses de celles des substrats de dé-
part (27). Selon WINSTEIN, ce comportement n'est nullement incom- patible avec la présence d'un cation type (ý), l'eau s'addition- nant sur celui-ci pour fournir un ýonoacétate de glycol (3) via un dérivé d'orthoacide, selon le schéma suivant:
Dans
cesconditions
" il n'y aaucune diffêrence
du point de vue conformationnel au niveau C1-C2 entre l'acêtoxonium II
..
(2) et le monoacêtate (3) (28). Dès lors, l'inversion de confi- ýration survenue au coýrs de la formation directe de (!),
a
l partir de l'acêtate de bromohydrine de type (l), se retrouve
intêgralement dans le produit obtenu (1).
i
. I
t
( 3)
CH3C92
'rH--I... --c-C
I I
CH3C02Ag
-CH3C02
_ AgBr
Br
ý(1)
6.
Néanmoins, c'est peut-être dans l'adaptation au système acétate d'argent-iode-oléfine qu'il faut voir l'exploitation la plus fructueuse de la noticn de cation type acêtoxonium élaborée par WINSTEIN. En effet, à partir des résultats cités plus haut
(28), WOODWARD a suggéré et mis en oeuvre une très importante Modification de la réaction de PREVOST, permettant ainsi, à par- tir du coýplexe iOdo-argento-acétique et de carbures éthylé-
niques, l'obtention dans d'excellentes conditions de glycols 1,2 résultant d'une cis-addition (33, 34).
L'existence d'intermédiaires cycliques de type (ý) ainsi que leur aptitude à réagir, soit sur l'anion acétate avec ouverture simultanée pour fournir un diester trans, soit par fixation d'une ýolécule hydroxylée convenable (eau, alcool,
voire acide acétique) pour conduire à un dérivé d'orthoacide, a été amplement établie par de nombreux travaux de WINSTEIN
et de ses collaborateurs. Citons, par exemple, les résultats
obtenus sur l'ester paratoluène sulfonique de l'acétoxy 2 cyclo- hexanol (29), sur des dérivés cyclopentaniques et indaniques(30)
et enfin la préparation et l'étude de dérivés cyclohexaniques particuliers, à savoir l'acétal du cétène et du cyclohexane diol 1,2 cis (31) et surtout le tétrafluoborate de méthyl-2, tétraméthylène-4,5 dioxolénium-l,3 cis (32).
'f0CH31
-c
CI
I
TABLEAU
IAction
deAgOCOCH3
surquelques halo9ýnures dans CH3COOH.
(D'aprês
S.WINSTEIN
etcoll.
(27» "-
configura.tion
taux
de SUBSTRATdu
produit rétention acétoxy-1,bromo-2,
trans
97ýýcyclohexane "trans"
acétoxy-2,brorno-3,
d,l 98%
butane "thréo"
acétoxy-2,brorno-3,
,"érythro" meso
91%butane
dibrorno-1-2,
98"
"trans" trans cyc10hexane
dibromo-2-3,
d,l
94"
butane
"d,l"_ _. .. rYVR
+ ..or'VR
ý<?H2
_Hle(\OH
SCHEMA r
PREVOST
R: ý-
ýOCOR ýOH
( 3)
-
OCOR
UOeOR
( 4)
..
WOODWARD
ý
:CH3-
Agi +
(RCOO)2Agl
"\
Reo; +Re02Ag+ 0:>1
____
ýýO:0COR
"
11)
Agl+
-"01-R +Reo;
(2) .
(ýJ
"RCO;
2
RCOOAg
+ '2IReOOl2AgI
+0
Oý">I +Reo;
IR4
I R 1
IR3
IRS
r
R 27.
Par conséquent, les complexes
halogéno-argento-carbo-
xyliques constituent des réactifs de choix pour réaliser avec de bons rendements et une grandestéréosélectivité
ladihydroxylation
des oléfines résultant au choix d'une trans ou d'une cis addition.Cette facilité d'orientation à volonté peut se traduire par le schéýa réactionnel suivant (ci-contre) qui décrit simple- ment l'évolution globale du système (Schéma l, appliqué au cyclohexène). Il faut cependant préciseý que, comme l'a relevé WOODWARD lui-même (34), dans le cas d'oléfines encombrées
l'ion iodonium préalable à la formation de l'ester d'iodhydrine
(!) se fera du côté le moins encoMbré de la molécule. Par con- séquent, l'acétoxonium (ý) se situera du côté le plus encombré, conduisant donc, par la ýéthode de WOODWARD, à un produit cis possédant les fonctions hydroxyles du côté le plus encombré de la molécule. Cette
caractéristique
essentielle, jointe à une grande commodité d'emploi des réactifs, a dès lors amené un grand nombre d'auteurs à utiliser la réaction de PREVOST et WOODWARD, notamm.ent dans la chimie des stéroïdes, pour réaliser desdihydroxylations
trans ou le plus souvent cis, afin d'ob- tenir les glycols isomères de ceux qui résultent de l'emploi des autres agents oxydants (tétroxyde d'osmium par exemple)(35 à 43).
En outre, le mécanisme correspondant au schéma l a sus- cité de nombreux travaux destinés, soit à en explorer le champ d'action, notamment sur des oléfines fonctionnelles (44 à 51), soit à exploiter les propriétés pour la synthèse de glycols de stéréochimie donnée (52 à 58), soit enfin à en vérifier sa validité (59), cette dernière préoccýpation étant présente à des degrés divers chez la majorité des auteurs cités.
Le plus souvent, les résultats publiés fournissent des exemples à l'appui de ce schéma réactionnel.
Ainsi TISSERAND, dans sa thèse sur la réaction de PREVOST appliquée aux benzoates d'allyle (47), observe des transpositions qui ne peuvent s'expliquer que par la partici- pation d'un groupe benzoyloxy voisin, impliquant un cation
8.
1-2) QUELQUES EXEMPLES DE DEVIATION PAR RAPPORT AU SCHEMA GENERAL 1.
1-2-1) Oév..i.a,ti.on pall Ita.fJpolLt a la. Jt.éaction IR 2
réactionnel
peut assez:fréquemment
desalcools dérivés
carbo!""Le
système
conduire
non pas auxglycols attendus,
mais àallyliques,
desglycols anormaux, voire-à
desnylés.
dioxolénium identique
Acelui qu'avait
déjàmentionné WINSTEIN
(28).Cependant,
lesanomalies observés
danscertains
caspermettent
derelever différentes perturbations pouvant intervenir
aucours
desétapes successives
dumécanisme
dé- crit par leschéma
I.La
?reýiêre éventualitý ýusceýtible
deperturber
le
système implique l'intervention avant l'attaque
de ladouble liaison,
de laréaction
deSIMONINI(6), c'est-A-dire
unedécom- position thermique
ducomplexe. Cette possibilité d'évolution
de type
homolytique
peutconcurrencer
Jecaractère électrophile
de
l'halogène
ducoýplexe
:si tel est le cas
lorsqu'on oppose
auréactif
unsystème exclu- sivement aromatique
(60), ilsemble
quecette déviation
n'existe
pas si l'on met enoeuvre
dessubstrats éthyléniques.
En
effet,
siBRIGGS
et sescollaborateurs proposent
un mé-canisme radicalaire
pourexpliquer l'obtention d'esters ally- liques
Apartir d'oléfines polycycliques tendues
etencombrées
(44), leur
hypothèse
n'a étéconfirmée
paraucun autre cher-
cheur
et en9utre
laformation
dedérivés d'alcools
enposi-
tionallylique résulte directement
de ladeuxième déviation
possible
auschéma
I.9.
,
H
(II) Me
méthyl-3,5 a cholesténe-2
(I)
méthyl-2,5 a cholesténe-2
H OCOR
RCOOAg
I I I I I
- c, - C, - C- - C - C =
c-
PRODUITSI l.-
\\"+I,I -RCOOH I
-ý
r r
Me
Me
1-2-2) Vévýation pý ýappo4t a ta ýéo.ction IR 3
L'ion iodoniurn formé selon l'équation IR 2 peut ne pas conduire à l'iodoester prévu, mais subir une
réaction d'élimination fournissant alors un iodure allylique
Il faut toutefois préciser que ce processus est assez peu fréquent : on ne le rencontre, en effet, que lors de la mise en oeuvre de la réaction de PREVOST sur certaines structures éthyléniques rigides et relativement encombrées.
Les travaux de ýmNGONI et DOVINOLA sont à cet égard particulièrement significatifs. Ces auteurs ont remarquable-
ment étudié le comportement des deux stéroldes éthyléniques suivants (41, 42)
Remarquons que ces composés présentent, en plus de la rigidité de leur squelette et de la trisubstitution de la double liaison, un encombrement stérique du côté e du plan moyen de la mo16cule en raison de la position axiale du méthyle 19.
Par conséquent, l'approche du réactif électrophile, bien que non exclusive, sera favorisée du côté a. La réaction IR 2 fournira donc, pour chaque substrat, deux ions iodoniurns
distincts :
\
t
I
i
t
f;
10.
MtZ RCDO
Me
(118)
Iodonium 28-38 minoritaire
Iodonium 28-38 minoritaire
+ +
RCOO
--- ...ý Me"
Me
( I O()
(I )
a
Me
(lIa)
Me
Iodonium 2a-3a majoritaire Iodonium 2a-3a
majoritaire
Me
Ainsi par exemple pour l'iodonium (Ia ) précédent, le carboxylate venant du côté B ne peut attaquer que sur le sommet 2. En effet, une attaque en 3 conduit à une ouverture diéquatoriale qui est exclue.
L'êvolution normale prévue par la réaction IR 3 implique l'ou- verture de l'iodonium par l'anion carboxylate pour conduire
à l'iodoester correspondant. Dans tous les cas ci-dessus, il s'agit de structures rigides et il faudra réaliser les ouver- tures trans diaxiales qui sont de rýgle pour les dérivés
cyclohexaniques bloqués (62). Cela impose des rlirections bien précises pour l'approche du nucléophile.
(
Il
un
Reoo
Me MeMe
o
Il.
De même pour les autres cas, en particulier pour (II ) : Cl
Par contre, la mise en oeuvre de la méthode de
WOODWARD conduit au glycol attendu accompagné de produits anor- maux, mais en proportion prépondérante (42).
Il en résulte que, contrairement à l'acétate, l'ion benzoate ne peut pas toujours réagir sur l'iodoniurn intermédiaire, auquel cas celui-ci évolue vers un iodure allylique par perte d'un proton.
D'ailleurs, les résultats de ces mêmes auteurs sur le substrat (II) montrent que l'ion benzoate ne réagit pas sur l'iodoniurn (lIa) (41) :
L'influence du solvant et les effets stériques sont probablement les responsables de cet état de fait. Ainsi dans le cas particulier de l'iodonium (I ) le nucléophile doit
Cl
effectuer une approche axiale du côté a sur le sommet 2. La
présence sur le site réactionnel d'un méthyle pseudo axial, alliée à la position du méthyle 19, implique une gêne stérique qui est facilement concevable.
En résumé, l'évolution normale selon la réaction
IR 3 apparait comme toujours possible.
En fait, MANGONI et DOVINOLA ont montré qu'en op- posant le réactif de PREVOST (R = C6HS) au substrat (I), les seuls produits isolés, après saponification et séparation, sont des alcools allyliques. Les auteurs n'ont pas pu déceler la
présence de cholestane diol-2,3 (41).
1-2-3) Vlviation
pýýappo4t
à laýlaction
IR 412.
Mez
"
Me
.,;"
RCOO
.,RCOO
+RCOO
AgOCOR
-Agi ,
\
,
(II ,,)
,
I
1ctMtZ
,"
I
"
--...+...
ý... .
ý.
... , ,
Me.
·, H
L'étude
de ces casparticuliers permet
doncd'illustrer
defaçon
trèsprobante l'influence
defacteurs stériques
etconforrnationnels
sur laréaction
IR 3.Cette réaction implique également l'approche axiale
du cOté asur le
sommet
3 quiporte
unméthyle pseudo axial.
Parcontre, l'ion acétate réagit correcteýent
(42).Des
travaux récents traduisent
uncomportement similaire
pour dessubstrats
plussimples,
àsavoir
letertio- butyl-4, méthyl-l, cyclohexène
et même le rnéthyl-lcyclo-
hexène
(43).Par
ailleurs,
lesrésultats
de MANGONI et DOVINOLApermettent
derelever
unécart
d'un typenouveau
par rap-port au
schéma général
l : ils'agit alors d'une évolution anormale
de l'iodoester
".I ,,1
-C"
-c
I,···fýOR
f1) l R4
- _-
13.
La littérature présente de nombreux exemples de
transformation s'effectuant via un ion carbonium chaque fois que la structure s'y prête.
1e3G-. + -AgI
ý
AgOO)R RI
I l
ý-C/
I
-C,
l
"OCOR
Enfin, il convient de souligner que le carbocation peut aussi évoluer de façon intramoléculaire en expulsant un pro- ton. Ce processus intervient de façon notable et parfois pré- pondérante comme le Montrent des travaux déjà cités (42).
Nous avons résumé ci-contre dans le schéma II
deux possibilités d'évolution illustrant l'influence du degré de substitution de l'iodoester.
Dans ces conditions, il Y
a-
évidemment perte to-tale de stéréosélectivité et forMation simultanée des deux gly- cols cis et trans. Ainsi, bien que WIBERG et SAEGEBARTH pré- tendent obtenir 49 % de diol-l,2 cis en appliquant la méthode
de WOODWARD au diméthyl-l,2 cyclohexène (59), les travaux ulté- rieurs de BUNTON et CARR roontrent que la réaction fournit en fait un mélange 1/1 des deux isomères, et ce avec un rendement
de 50 % (56). Cette situation est confirroée par d'autres auteurs (40). Il n'y a d'ailleurs pas trace dans la littérature de
l'emploi satisfaisant de la réaction de PREVOST-WOODWARD sur des oléfines tétra substituées.
Les iodoesters de type (!) où l'halogêne est porté par un carbone tertiaire, semblent ne pas conduire par action du sel d'argent à un cation dioxoléniurn de type (ý), mais A un carbocatlon classiquý
(63) :
-ý--
___ -
14.
1-2-4)
Vlviation
pý ýppoý a la ýýaction IR 5H
I/OCOR
-C
I
-C ..
I
...
"OeOR
selon
2)OeDAr selon
1)RCOO
(ý)
-!/ý\
I
+
\C - R-1""/
aIR 5
Effectivement,
lesproduits diaxiaux
sontmajoritaires, surtout
si l'on
opère
àfaible température
(40).Cependant,
dans desconditions thermiques
plusriýoureuses, ELLINGTON
et ses col-laborateurs
ontmontré
que laquantité
dediester équatorial devenait
trèsnotable, traduisant, selon
eux,l'intervention
d'unprocessus d'ouverture diéquatorial
:Les
travaux
de KING etALBUTT
sur desdérivés cyclohexaniques rigides
(de typedécaline
trans)permettent
en
outre
depréciser
quel'ouverture
doit sefaire
defaçon diaxiale prépondérante, sinon exclusive
(64).L'étape suivante
duschéma général
Iconcerne l'évolution
ducation dioxolénium
: dans le cas de laréaction
de
PREVOST,
il Y aouverture
etformation
d'undiester trans.
1attaqucz axialcz
2Jattaqucz équatoriale
Me
Me
Me
t t
H
dioI2(3-3f3
HO HO
Me'li Me
ct
"
" I
+
1:,+..,,
H (1{3 )
+
+ M<Z
Ag ...
H
(1 Gd
Me
, t!.
CH3C02"
OH-,H20!
Mez Mez ,.,
SCHEMA
n
trans
diaxiale
trans
diaxialez
o 'a p r
è
s MANGONI e t, DOVINOLA (42).
Me
Evol ution
normale Me
( 1 )
Me
"
"
'I
cc) RI
\
,
Evolution anormale
(via carbocation) Me
Mez/""
Me
I
"
t!t
iodoester
diaxial ArC02A9}ý
ý'I( Me
::
ELLINGTON
etcoll_(4Q)
"
- H
élimination
Me
ýIl Me
=
(Mez:
_It;£'U
_A_rC_ý___,ýý'II
I
"
H
iodonium
(li(AreO
SCHEMA m
ArC02
IArC02)2A9It
r
: Me
"
D
après
(AreýýAgl ..
. 00
/e ý
o
le
deuxiýme cation
dioxolênlurn ne seforme
pas pour desraisons stériques.
15.
1- 2 -5) Conc.lU6.i.On4 "
-C-OAc
I
-C-OH
I... I
I
-C-O OH
l
'c/
-C-O
/,
CH3I
-c-o
I'.ý
6 I +
.:
jc
-C-O
I
IR
Dans
le cas de laréaction
deWOODWARD,
lecation dioxolênium fixe l'eau selon l'équation
IR 6 pourconduire
adêrivê d'ortho-acide isomérisé
"insitu"
enmonoacétate
deglycol
cisCes
auteurs relèvent
enoutre
unedéviation supplé- mentaire concernant l'étape
IR 5ci-dessus: lorsque l'inter- mêdiaire dioxolénium
estsuffisamment stabilisé, l'anion car- boxylate peut provoquer
uneréaction
de 8élimination
(40)fournissant
unester allylique réagissant ensuite suivant
leschéma
III. Ilseýble cependant
quecette éventualité soit
peufrêquente parce
quenécessitant l'emploi
decarboxylates particuliers
(parexemple sels d'acide carboxylique aroma- tique substitué
enpara
par ungroupe mésomêre donneur).
Lorsque
lecation acétoxonium
estadjacent a
uncycle
a
sixchalnons ri9ide, cette êtape
est enoutre stérêosêlective, conduisant exclusivement
auproduit
oQ legroupe ester
estaxial
(65).A
l'issue
de cetexamen
dedifférents résultats
pu-bliês,
ilapparalt donc
que leschéma rêactionnel général
ldêcrit parfaitement l'êvolution
dusystêýe, mais qu'il existe, presque pour chaque êtape,
aumoins
unepossibilité
deréaction parasite, tout
aumoins
dès que lesubstrat éthylénique utilisé prêsente,
a desdegrés divers,
une descaractéristiques suivantes:
substitution élevée
de ladouble liaison, rigidité
de lamolécule,
etenfin encombrement stérique sensible
auvoisinage
de ladouble
liaison envisagée.
Cesconditions sont fréquemment réunies dans
le cas desdérivés cyclohexaniques bloqués,
lesdérivés cyclo-
pentaniques étant rarement envisagés dans
lalittérature.
.,
l
16.
Enfin,
lestechniques opératoires utilisées
par lesdivers auteurs
sontextrêMement variées,
sans que lesmodifi- cations relevées soient expliquées
ou mêmesoulignées
parleurs utilisateurs.
Cela setraduit souvent
par desrésultats
et ce me-Ile
lorsqu'il
s'ao.it deexpériMentaux disparates
.substrats simples.
Nous
avons
faitfigurer
dans letableau
II deuxexemples particulièrement frappants
: en ce quiconcerne
lecyclohexène,
onconstate
sanspeine
lesimportantes variations
de
rendement. Quant
au cas desstilbènes,
on voit que les.chanqeMents peuvent aller jusqu'à
uneinversion complête
dela
stêréospêcificité
de laréaction
deWOODWARD.
II)
RECHERCHE DES MEILLEURES CONDITIONS OPERATOIRES
Il nous a donc
semblé important
dedéterminer
lesdifférents facteurs susceptibles d'influencer
soit lastéréo- spécificité
de latransformation,
soit sonrendement,
soit les deux â la fois.En
effet,
si parexeýple
laréaction
dePREVOST fournit
unrendement médiocre
englycol trans,
onignore
si celaprovient d'une évolution incomplète
ou de laformation
de
l'autre isomère éliMiné ensuite
parpurification.
En
d'autres termes,
il nous a paruintéressant d'at- teindre
lacomposition, ainsi
que larépartition stéréochi- mique,
desmélanges réactionnels bruts
sans leurappliquer aucune technique
depurification.
Lecyclohexène
est unsubstrat particulièrement cOmMode
pour unetelle étude.
Eneffet,
nousavons
puutiliser
lachromatographie
surcouche
mince
poursuivre
lesdifférentes étapes
destransformations
réalisées,
àsavoir essentiellement apparition
del'iodo-l
acétoxy-2 cyclohexane, intermédiaire
issu de laréaction
IR 317.
du schéýa général, puis sa disparition au profit des espèces
dérivées des diols-I,2 (diesters <i> ou monohydroxy esters
Cl».
Enfin, par chromatographie en phase vapeur, il est assez fa- cile d'atteindre la répartition cis-trans des mélanges obtenus soit directement, soit après saponification dans le cas des dérivés benzoïques qui se prêtent mal à cette technique d'ana- lyse.
11-7) APPLICATION A LA REACTION OE PREVOST
Cette méthode nous a fourni immédiatement des résultats très nets en ce qui concerne la mise en oeuvre du complexe iodo argento benzoïque dans le benzène. En effet, nous avons obtenu couramment, après saponification, des
mélanges contenant jusqu'à 30 % de cyclohexane diol 1,2-cis.
Une telle quantité d'isomère anormal peut provenir d'une réaction du type IR 5, appliquée à l'anion benzoate
L'orthoester ainsi obtenu conduit au glycol cis par saponifi- cation. Cette hypothèse rejoint, en effet, celle que WINSTEIN
a formulée (31, 32), bien que ses travaux aient porté surtout sur les dérivés acétiques. Si l'anion acétate attaque rapide- ment le cation dioxolénium pour fournir de façon réversible
l'orthodiacétate correspondant (32), il n'est pas absurde d'envisager un COMportement voisin pour le benzoate.
Cependant, WINSTEIN n'a pas observé une telle proportion d'isomère cis. En outre, sur d'autres substrats,
la réaction de PREVOST semhle parfaitement spécifique; ainsi, par exemple, WIBERG et SAEGEBARTH, à partir du stilbène,
18.
obtiennent 80 , de dibenzoate brut fondant à 244-246°C, et, aprês
recristallisation,
75 , de produit pur fondant à 247-248°C (59).Nous avons donc été amené à considérer une autre pos- sibilitê. La plus simple, au vu des résultats décrits, consiste
à envisaqer la présence de traces d'eau dans le milieu, la réac- tion IR 6 se faisant dès lors tout naturellement. Effectivement, en utilisant le mode opératoire que nous ·avons mis au point dans cette optique, on obtient, après saponification, environ 90 % de diol-l,2 trans cristallisé ne renfermant pas d'isomère cis, comme
le montre l'analyse
chromatographique.
En outre, en ce qui con- cerne le diester, la réaction fournit 97 % de produit brut, et aprês deuxrecristallisations,
le dibenzoate de cyclohexanediol-l,2 trans pur fondant à 92-93° avec un rendement de 70 %.
Cette sensibilité de la réaction de PREVOST à la présence de traces d'eau, si elle est parfaitement prévisible, n'en est pas moins surprenante par son ampleur et explique les variations de rendement observées plus haut. Nous avons remarqué que la principale source d'ennuis était en fait la qualité du benzoate d'argent qui contient aisément jusqu'à 4 % en poids d'iýpuretés, dont l'eau.
Il est probable que c'est dans le but de tenter de pallier ces inconvénients que certains auteurs ont tenté d'uti-
liser l'acétate d'argent au lieu du benzoate pour réaliser la trans dihydroxylation. Ainsi PREVOST (11) a obtenu des diacé- tates en milieu benzénique tout en relevant la présence d'iodo- acétate non transformé pour des raisons d'insolubilité très marquée de l'acétate d'argent dans ces condiýions. De même, BUNTON et
CARR (56), en opérant en milieu acétique anhydre, obtiennent
aprês saponification 65 % de trans cyclohexane diol-l,2 pur. Les mêmes auteurs obtiennent 70 % de glycol cis pur en utilisant la ýéthode de WOODWARD. A la lumière de nos résultats, et compte-
tenu des pertes inévitables survenant au cours de la purifica- tion des produits forýés, l'étude des mélanges réactionnels bruts
issus des réactions mettant en oeuvre l'acétate d'argent en mi- lieu ac?tique anhydre ou non s'imposait.
TABLEAU
IIRésultats ohtenus
sur lecyclohéxène, (rendements
en %)par
réaction
parréaction
référence
de
pnEVOST
de WOOm'fARD44
-
2153
-
26- 81(brut)
SS66(pur)
-65* 70 S6
75**
65 S9*
sous forme
deglycol;
deplus
laréaction
estconduite
enutilisant l'acétate d'argent
etl'acide acétique anhydre comme solvant.
** sous forme
dediester acétique (probablement obtenu
parsaponification suivie d'acétylation).
Résul tats obtenus
parréaction
de \fOOUWARD sur lesstilbènes ýCH=CHý
. ..
produit
etrendement référence lsomere
d.l
diphényl,l-2 éthanediol
(E)
-
(61%) S9
thréo
cliphényl
t 1-2éthanediol
(E)(92ýý) 57
thréo diphényl,1-2
éthanecliol 58(z) ( 83ýý)
SCHEMA l
l R 1 2
RCOOAg.
'2 Agi "(RCOO)2Agl
(RCOý2AgI
"0 \
r
R 2RCO; .RC02Ag· Oý>I
Oý>I .RCO; aOCOR
IR3 "
"
n) -
IR4
(1)-
"RCýAg .. Agi.
\01-R .RCO;
(2) .
oeOR
PREVOST
IR5
(ý) " RCO;aOCOR
..
R=
ý-
(4
-
)(y0COR
ýOH
( 3)
19.
11-2-7)
Remo.Jlque.6 pJr.éUmüuuJLe.6C(0AC
+ (1-0<)
OH
ýOAC ýOAC 11-2) APPLICATION AUX REACTIOMS EN MILIEU ACETIQUE
c} en ce qui concerne la stéréochimie, il faut s'attendre
En ce qui concerne l'acétoxy-2 cyclohexanol (1) cis, nous devons brièvement sianaler une difficulté exýér1rnentale inattendue
- en milieu "humide" la présence d'eau devrait se tra- duire par la formation de monoacétate (3) cis résultant de l'équa- tion IR 6 du schéma général.
Coýpte-tenu du schema général l rappelé ci-contre, il semble raisonnable de prévoir que le systême obéira à l'équation stoechiométrique suivante, écrite sans préjuger de la répartition stêréochimique cis-trans :
Cette équation appelle les remarques suivantes :
a) Nous désignons par Ac- le radical CH3CO-, ceci afin d'alléger les représentations des réactifs·, solvants ou produits dérivés du groupe acyle. Cette convention sera utilisée tout au long de l'exposé de notre travail;
b) a représente la fraction de diacétates de cyclohexane diols 1-2 (4) formés au cours de la réaction : ainsi en milieu anhydre nous aurons a = 1 puisqu'il ne peut alors y avoir forma- tion de ýonoester (1);
- en ýilieu anhY0re, à obtenir une très large majorité de diacétate (i) trans (27, 28)