Introduction générale
Introduction générale
La rareté des ressources en eaux conventionnelles ainsi que la détérioration de leur qualité , constituent un défi majeur pour le XXIe siècle et représentent pour l’Algérie en particulier, en vertu de son climat méditerranéen aride à semi aride, un souci majeur et une importante préoccupation limitant la mise en œuvre des programmes hydrauliques, visant le développement et l’amélioration du service, ce qui affecte négativement le bien-être des citoyens et menace l'avenir des générations futures.
Cette rareté est aggravée par la forte pression sur le potentiel en eau en raison de la progression démographique, la pollution industrielle et domestique et la surexploitation des nappes souterraines notamment dans les régions agricoles.
Malgré son insuffisance, l’usage de cette ressource est multiple ; le domestique, l’agriculture, l’industrie, le tourisme…etc. Selon Zella.L, (2007), l’Algérie a un potentiel hydrique global mobilisable ne dépassant pas les 13.2 milliards m3 d’eau, ce qui offre un volume annuel de 412 m3 à chaque citoyen tout usage confondu .Ce chiffre théorique est un indicateur d’une situation de grave pénurie d’eau qui entrave tout le développement du pays.
Par ailleurs, la détérioration de la qualité des ressources en eau, suite à l’activité humaine , constitue une menace aussi importante que celle liée au déséquilibre quantitatif qui existe entre le renouvellement de la ressource et les prélèvements. En effet, le problème de pollution des ressources en eau généré par les rejets urbains et par l’activité industrielle et agricole, diminue le potentiel des ressources hydriques de bonne qualité.
D’une part et afin de préserver ces ressources et limiter leur usage, il faut examiner sérieusement d'autres potentialités hydriques non conventionnelles.
D’autre part, le secteur agricole est un grand consommateur d’eau qu’il faut développer sans porter préjudice aux ressources conventionnelles.
La réutilisation des sous produits de l’épuration à savoir l’eau épurée et la boue d’épuration, représente l’alternative attendue pour la préservation de la ressource de bonne qualité et la promotion du secteur agricole .Cette technique n’engendre aucun investissement supplémentaire parce que l’eau est déjà produite une seule fois pour l’usage domestique, puis après pollution elle sera récupérée et épurée. Au lieu d’être rejetée au milieu naturel, elle sera utilisée en irrigation agricole. Cette ressource additionnelle est non négligeable et disponible en permanence. De plus, sa valeur agronomique par l’apport de fertilisants, permet de réduire les dépenses de l’exploitation en minimisant les apports d’engrais chimiques.
La boue générée par l’épuration, est riche en matière organique et en éléments nutritifs, au lieu d’être mise en décharge ou incinérée, elle peut être utilisée comme support de fertilisant ou amendement organique.
Il apparaît clair que la réutilisation des eaux épurées couvre deux notions, la collecte des eaux usées dans des réseaux d’assainissement, puis leur traitement dans des stations d’épuration. Toutefois, la mise en place de ces stations d’épurations avait pour origine la protection de l'environnement et non pas la réutilisation de ses sous produits. Dans le cas de l’Algérie, vu le climat chaud provoquant la minéralisation rapide de la matière organique dans le sol et la pénurie d’eau conventionnelle, nous proposons à tout projet d'avenir d’épuration des eaux usées, de prioriser la valorisation des sous-produits dans l’agriculture. Cette démarche doit s’inscrire de plus en plus dans les programmes de gestion durable des ressources en eau,
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afin d’augmenter leur valeur agronomique sans porter atteinte ni à la santé humaine et animale, ni à l’environnement.
En dépit de l'ampleur des retombées générées par les eaux usées sur la dégradation du milieu environnemental, sur la pénurie d’eau et par voie de conséquence sur la santé publique, en Algérie, peu d’importance est accordée aux services d’assainissement comparés aux services d’approvisionnement en eau potable. Ces problèmes d’assainissement demeurent une préoccupation majeure et nécessitent une prise en charge conséquente par des mesures appropriées dans une optique de sauvegarde et de respect de l’environnement.
De la collecte à l’épuration, cet itinéraire d’eau usée mérite d’être diagnostiqué afin de maîtriser le système d’assainissement et optimiser ses faciès, par la prospection et la recherche des indicateurs de performances qui permettent d’identifier les insuffisances et de proposer des solutions techniques pour une meilleure gestion des eaux usées.
C’est dans ce contexte de valorisation des sous produits de l’épuration et d’étude des indicateurs de performance, que s’inscrit ce travail axé essentiellement sur :
- l’aptitude des eaux usées épurées et des boues d’épuration de la ville de Médéa à la réutilisation en agriculture.
- la recherche et l’identification des indicateurs de performances qui permettent d’identifier les insuffisances dans le système d’assainissement de la ville de Médéa afin d’améliorer le rendement des installations d'évacuation et d’épuration des eaux usées.
Pour ce faire, le présent travail comporte deux parties ; la première est une synthèse bibliographique, constituée de trois chapitres, relatifs à la composition et les différentes filières de traitement des eaux usées, ainsi que la valorisation agricole des sous produits de l’épuration ,notamment les boues et les eaux épurées, et une deuxième axée autour d'une étude expérimentale structurée en quatre chapitres, présentant la station d’épuration (STEP) de Médéa , les méthodes et moyens d’analyses effectuées aux laboratoires,ensuite les résultats d’analyses et l’étude des indicateurs de performances de la STEP.
Enfin, une conclusion dans la quelle seront exposés les principaux résultats de ce travail, les recommandations s’y afférentes et une perspective des travaux futurs.
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