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Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles / Université libre de Bruxelles Institutional Repository

Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:

Tanghe, M. (1969). Groupes écologiques, associations stationnelles et associations régionales des forêts du Sud-Est de la Belgique (Unpublished doctoral dissertation). Université libre de Bruxelles, Faculté des sciences, Bruxelles.

Disponible à / Available at permalink : https://dipot.ulb.ac.be/dspace/bitstream/2013/215029/5/bc64b989-e993-4b56-999d-9b4913833218.txt

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UNIVERSITÉ LIBRE DE BRUXELLES F A C U L T É D E S S C I E N C E S

L a b o r a t o i r e d e B o t a n i q u e S y s t é m a t i q u e et d ' E c o l o g i e

D i r e c t e u r d e t h è s e : P r o f e s s e u r P. D U V I G N E A U D

Groupes écologiques, Associations stationnelles

et Associations régionales des Forêts du Sud-est

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Groupes écologiques, Associations stationnelles

et Associations régionales des Forêts du Sud-est

de la Belgique

p a r

Martin T A N G H E

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4 . ASSOCIATIO^TS FORESTIERES STATIOITNELLES ET REGIONALES DE LA HAUTE BELGIQUE.

4 1 . LA THEORIE : LES COITGEFTIONS DES ECOLOGISTES FORESTIERS DU SUD-OUEST DE L'ALLSI-/[AGNE : SCHLENKER - GRADIvIAMN - KRAUSS.

Adoptant les conceptions de GRADI/IANN ( 1 9 3 1 - 1 9 5 0 ) et de G.A. IffiAUSS, sur la classification des paysages, SCHLENKER ( 1 9 5 9 j 1951» 1 9 6 0 , etc.), chef de file des écologistec forestiers siid­ouest allemands, considère que chacun des "grands paysages naturels" ou "domaines naturels" ('/uchs­ Gebiete) de l'Allemagne (l), caractérisé par un climat général ou "grand climat" (Grossklima), peut être subdivisé en unités territoriales plus petites, à savoir dos "districts naturels" (V/uchsbezirke), sur la base de le\ir individualité non seulement morphologique et lithologique, mais aussi et surtout, climatique, chacun de ces districts naturels ou "paysa­ ges unitaires" étant caractérisé par un "climat de district" (Pezirks­ Klima)

Suivant que son relief est accidenté, montagneux, avec des variations d'altitude importantes ou au contraire, peu marqué, avec un caractère à la fois planitaire, collinaire et de haut plateau, le domaine naturel considéré présente une différenciation climatique à zonation verticale ou une différenciation climatique régionale.

Les districts naturels ou Wuchsbezirke, définis par dos complexes de facteurs (climat, lithologie, géomorphologie) qui entrent en jeu à

l'échelle de territoires relativement vastes, sont eux­mêmes subdivisés en "unités stationnelles" (Standortselnheiten) définies par des complexes de facteurs agissant localement, à savoir la situation topographique par­ ticulière, les conditions lithologiques et édaphiques locales et le cli­ mat local.

En résiomé, un grand paysage ou domaine naturel caractérisé par un grand climat comporte un certain nombre de districts naturels ou paysages unitaires qui possèdent chacun un climat de district (climat régional, dans le cas d'une différenciation climatique régionale), une lithologie et une morphologie propres, et sont chacun constitués d'une mosaïque d'unités stationnelles caractérisées surtout par leur sol (composition locale de la roche­mère, richesse, humidité) et leur climat local.

(l) comme le SchwSbische Alb, le Neckarland, l'Odenwald, la Forêt Noire (Schivarzwald), etc., pour le Baden­rfïïrttemberg.

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Selon SCHLENKER, cette subdivision du milieu naturel fondée sur la hiérarchisation de ses facteurs déterminants (grand climat — c l i m a t local; morphologie générale — > situation topographique particulière; lithologie - > pédologie locale) se retrouve dans la couverture végé-tale forestière. Ainsi, sachant que les facteurs qui différencient les districts naturels, notamment le climat régional, agissent surtout au niveau des essences ligneuses climaciques, chaque district naturel ou Wuchsbezirk est caractérisé par une "association forestière régionale"

(Regionalgesellschaft)^ définie avant tout par la composition do son peuplement ligneux naturel; tandis qu'à l'unité stationnelle ou 3tan-dortseinheit, correspond une "association forestière stationnelle" défi-nie surtout par la composition de sa strate herbacée ou strate an sol

(Bodenflora),plus sensible que les strates ligneuses, aux facteurs du sol, du climat local, etc. qui différencient les unités stationnelles.

L'association régionale, qui exprime la situation géographique gé-nérale, le climat (régional) et le caractère lithologique d'une région, ou plus précisément d'un district naturel, groupe donc toutes les asso-ciations stationnelles qui y apparaissent en 'nélange, en rapport avec les différences topographiques, édaphiques et climatiques locales ou stationnelles. On peut dire d'une manière imagée, que le discernement des associations régionales s'obtient en survolant la végétation en avion, tandis qu'en la parcourant à pied, elle se décompose en associa-tions stationnelles.

En fait, selon les termes mêmes de SCHLEîIiaER ( l 9 5 l ) » le concept

d'association régionale est une abstraction destinée à mettre en évidence d'une part, le trait commun entre les diverses associations stationnelles q^ii dominent c 3 t e à côte et au mène niveau dans une môme région, d'autre part les différences phytogéographiques et phytosociologiques existant entre les diverses régions d'izn même domaine naturel.

A cause d'une influence humaine séculaire qui a modifié plus ou moins profondément la composition du peuplement ligneux nat\irel,

l'as-sociation régionale ne peut en général être délimitée par 1 ' observs-tion directe sur le terrain. On ne peut en reconstituer une image approxima-tive qu'en faisant appel à toutes les ressources disponibles autres que

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la simple méthode des relovés statistiques, à savoir :

- l'analyse pollinique qui, effectuée dans des tourbières proches des forêts étudiées, fournit une image de la composition de celles-ci, à une époque où le climat était semblable au nôtre et où l'honine n'avait pas en-core fondamentalement influencé la couverture forestière, c'est-à-dire le Subatlantique ancien (altère Machwarmezeit; âge du fer jusqu'au moyen âge) I

- les recherches historiques visant à reconstituer la distribution re-lative et originelle des essences forestières prépondérantes, notariment l'interprétation des anciens noms de celles-ci, l'étude de la répartition des anciennes pratiques agro-sylvicoles et exploitations industrielles étroitement liées à certaines d'entre elles (l), l'étude de la toponymie, c'est-à-dire des noms de localités rappelant lever présence au début de la colonisation humaine et avant la transformation de la forêt origi-nelle ( 2 ) ;

- les recherches forestières, notamment les données sur la présence ac-tuelle des essences ligneuses forestières importantes, les observations sur leur comportement actuel, c'est-à-dire sur leur capacité concurren-tielle, de même évidemment que les essais de reconstitution expérimen-tale de l'association régionale;

- les recherches phytoiscéographiques ayant pour but de mettre en évidence la distribution différentielle (régionale) de certaines espèces ou de certains groupes d'espèces arbustives, herbacées et cryptogamiques phyto-géographiquement significatives ( 5 ) ; ceci dans les forêts aussi bien que

( 1 ) L'extension de l'élevage du porc implique une distribution plus im-portante du chêne et du hêtre; la répartition des anciens fours à distillation où l'on distillait du bois de pin (-•> goudron) permet de tirer des conclusions sur l'extension des forêts de pin du Nord de l'Allemagne.

( 2 ) Ainsi, grâce à l'étude des noms de localités et des toponymes (lieux-dits), ZLIX et KPJkUSCH ( l 9 5 8 , in ELLENBERG I 9 6 5 ) ont pu établir que le hêtre était jadis largement répandu dans le Niederlausitz (plaine allemande au SE de Berlin) qui est actuellement un paysage de landes. ( 5 ) Parmi les groupes phytogéo?îraphiques que distingue GRADMANIf, notons

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que dans ses groupements de substitution s prairies, cultures ( — ^ flore messicole);

- les études climatolo^iques régionales, c'est-à-dire notamment l'étude comparée des moyennes climatiques annuelles (température et précipita-tions) des diverses régions.

Quant à l'association stationnelle, elle se reconnaît sux le terrain par la m.éthode des relevés statistiques et est caractérisée, comme nous l'avons déjà mentionné en 2 1 2 2 , par une combinaison déterminée de grou-pes écologiques (l), les uns à amplitude étroite, les autres à vaste am-plitude, correspondant k une combinaison déterminée des facteurs édaphi-ques, topographiques (et en principe microclimatiques), c'est-à-dire à l'unité stationnelle.

C'est ainsi du moins,que C-RADMAîra et S C I I L E L I K E R définissent l'asso-ciation stationnelle naturelle, car ils distinguent de celle-ci, en rap-port avec la transformation profonde par l'homme, du peuplement ligneux naturel (plantations), l'association forestière anthropogène qui est ca-ractérisée par la végétation herbacée actuellenent présente sous un peu-plement ligneux artificiel, et appelée "type de végétation au sol" (BO-denvegetations typ)*

(l) La définition du ^iroupe -'cologique au sens de SCHLETinCER, SCHONIIÀR et alii est également donnée en 2 1 2 2 .

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4 2 . L'APPLICATION A LA VEGETATION FORESTIERE DE LA HAUTE BELGIQ.UE SUR LA BASE DES COTICEPTIOMS DE DUVIGNEAUD ET DE GALOUX,

Ce sont Dïïi.ŒGÏÏEAUD et GALOUX qui ont fourni les bases d'une carto-graphie écologique des forêts de la Haute Belgique à l'instar des écolo-gistes forestiers sud-ouest allemands, le premier, par la mise au point d'une méthode écologique de délimitation des associations forestières stationnelles, le second, par l'établissement d'une subdivision écolo-gique du territoire, conduisant à la délimitation des associations ré-gionales .

Pour DUVIGÎ-TEALTD, l'association végétale forestière (voir 211 ) est une intrication d'un certain nombre de groupes écologiques qui,

consti-tués surtout des espèces banales et dominantes (arbustives, herbacées et muscinales), expriment les conditions du milieu et plus spécialement le type d'humus qui intègre les facteurs du milieu (GALOUX et DUVIGÎîEAUD, 1 9 6 8 ) . Possédant chacun une amplitude écologique plus ou moins large, le groupe (ou les groupes) dont l'optimum écologique correspond aux condi-tions du milieu type d'humus) où se développe l'association forme le noyau caractéristique de celle-ci et en fixe généralement aussi la physionomie.

Ainsi conçue, c'est-à-dire caractérisée par les espèces dominantes de la strate au sol, l'association forestière correspond assez bien à un niveau de productivité forestière.

En ce qui concerne la subdivision purement écologique du teri'itoire, GALOUX et DELVAUX ( 1 9 6 2 ) ont établi, pour la Haute Belgique (en gros au sud du sillon Sambre-Meuse), une carte des "territoires écologiques".

Délimitées sur la base de facteurs à la fois climatiques, litholo-giques et édaphiques, ces unités territoriales écololitholo-giques sont hiérar-chisées, suivant leur importance décroissante, en domaines, secteurs, districts, stations et sous-stations ( 1 ) .

Au niveau supérieur de la hiérarchie, "le domaine est caractérisé "par un rayonnement (énergie) et une disponibilité en eau donnés" et "correspond le plus souvent à un g-rand climat", c'est-à-dire "à un

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2>Q^

"ritoire phytogéographique d'ordre supérieur" ( G A L O I I X 196?» ?• 11)? tan-dis qu'au niveau inférieur, la station "correspond au type de sol du pé-dologue" ( G A L O U X ^')6'J, p. 1 2 ) , c'est-à-dire à l'association stationnelle

(ou individu d'association stationnelle) de l'écologiste forestier ou du phytosooiologue.

Quant au secteur écolo^cigue, il est "caractérisé par un ensemble "géomorphologiqufc relativement uniforme conditionnant un rayonnement et "une réception d'eau différenciés, parfois aussi par un socle litholo-"gique ayant des propriétés de nature à influencer nettement le régime "tîiermique ou la dynamique de l'eau" (GALOUX ^^6^, p. 11 ) .

L'individualité écologique de ces secteurs se traduit notamment par la manière dont ils ont été reconnus empiriquement, exploités et modelés par les populations rurales qui en ont parfaitement senti les caracté-ristiques .

GALOUX subdivise le secteur écologique en trois sous-secteurs, sur la base de leur topographie, en particulier l'inclinaison et l'orienta-tion du terrain. Ainsi, le sous-secteur principal rassemble les stal'orienta-tions horizontales ou subhorizontales ; la sous-secteur chaud groupe les pentes orientées au sud ou à l'ouest et supérieures ou égales à 2(yfo, c'est-à-dire exposées à la source de rayonnement; tandis que le sous-secteur froid correspond à l'ensemble des pentes orientées au nord ou à l'est et supérieures ou égales à P-Cff^, c'ost-à-diro opposées à la source de rayon-nement.

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4 3 . LES SECTEURS ECOLOGIQUES DU SUD-EST DE LA BELGIQ.UE.

Dans le présent paragraphe,nous décrivons succinctement les divers secteurs écologiques du sud-est de la Belgique, délimités et définis par DELVAUX et GALOUX ( 1 9 6 2 ) et pour lesquels les investigations phy-tosociologiques et floristiques sont actuellement suffisamment appro-fondies .

Pour chacun d'eux, nous donnons la localisation géographique et la caractérisation lithologique, morphologique, édaphique et climati-que. Cette caractérisation écologique concerne surtout le sous-secteur principal qui est en somme le plus représentatif du secteur, tout au moins pour ceux dont la morphologie est relativement homogène.

1 . PAYS m U S I E N .

a. Situation géographique.

Correspondant au synclinal de Namur, du point de vue géologique, le Pays meusien est un secteur de faible étendue, limité à l'ouest et au nord par le sillon sinueux de la vallée de la Meuse namuroise, et au sud, par le secteur de l'Ardenne condrusienne.

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b. Morpholo,5:ie.

Le Pays meusien est un plateau dont l'altitude varie de 140 à 240 m. Ses surfaces planes de 180 à 200 m d'altitude sont drainées par le

Samson et divers autres ruisseaux coame ceux du Tronquois, de Dave, etc. c. Géolog:ie. litholo.a:ie, pédologie.

Le secteur correspond à la zone d'affleurement, entre la Meuse et la bande éodévonienne de l'Ardenne condrusienne, des schistes, grès et psajnmites houillers (Hia-b-c et H2) et des calcaires dinantiens (surtout viséens) formant le synclinal de Naiiiur.

Les sols forestiers appartiennent on majeure partie aux substrats schisteux et psaramitiques et sont du type sol brun acide. Sur soubasse-ment calcaire, ils sont surtout du type sol brun lesbivé à cause de la couverture de limon loessique.

d . Climat.

"Influencé par le climat de le- vallée de la Meuse, et faisant suite, sans appréciable augmentation d'altitude, à la Hesbaye qui lui fait face par delà la Meuse, le climat meusien est doux et assez pluvieux" (GALOUX et DELVAUX 1962, p. 8 8 ) ; la température moyenne annuelle est de 9,2°C et la moyenne annuelle des précipitations est de - 880 mm.

2. ARDENNE GONDRUSIEKKE - MARLAGHE. a. Situation in;éo.Q:raphique.

Correspondant à l'affleurement des roches siliceuses eodévoniennes de la bordure nord du bassin de Dinant, le secteur Marlagne forme une bande large de 3 à 5 kra, d'orientation générale est-nord-est, située entre le Pays meusien-sanbrien qui le borne au nord et le Condroz qui le limite au sud.

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A partir de Huy, le Pays neusien ayant presque entièrement disparu, l'Ardenne condrusienne s'appuie directement au secteur mosan.

L'Ardenne condrusienne - Marlagne couvre principalement le territoire des communes de Le Roux, Vitrival, Posses-la-Ville, Sart-St-Laurent, Bois de Villers, Profondeville, Arbre, Godinne, Mont, Dave, Naninne, Tailfer,Sart-Bernard, Paulx-les-Tombes.

b. Morpholoff:io.

Le secteur Ardenne condrusienne - Marlagne est formé d'un plateau qui culmine à 280 m. Il est bordé au nord par une dépression creusée dans des matériaux schisteux et s'abaissant jusque 160 m. Avec ces li-mites altitudinales, ce territoire ne domine donc guère le Pays meusien.

c. Géologie, lithologie, pédologie.

La majeure partie du secteur est située sur les roches schisto-quartziteuses des divers étages éodévoniens : les poudingues, quart-zites et schistes rouges de Burnot de l'Emsien moyen et supérieur

(E2+3), les quartzites de Wépion (Emsien inférieur - E l ) , les schistes rouges et quartzites roses et blancs d'Acoz (Siegenien supérieur - S3), les quartzites et schistes de Solières (Siegenien moyen - S2) apparais-sant localement vers l'est du secteur, les schistes gris, bleus et rouges avec quartzites du Bois d'Ausse (Siegenien inférieur - S i ) et enfin, les psaminites et schistes de Pooz appartenant au Gedinnien su-périeur (G2).

C'est à ces roches que correspond le taux de boisement le plus élevé. Par contre la dépression de la bordure nord, qui est surtout cultivée et herbagère, correspond aux schistes siluriens. Ceux-ci sont le mieux développés en Marlagne et, au-delà de la Meuse, à l'ouest du Samson. Ces roches cohérentes sont en général surmontées d'une couverture de loess qui engendre des sols du type brun acide, presque toujours pro-fonds sur plateau et très souvent pseudogleyifiés.

d. Climat.

Le climat de l'Ardenne condrusienne - Marlagne se distingue assez nettement de celui du Pays meusien et de la vallée par un abaissement de la température (^ 9,0°) et une augmentation de la pluviosité

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3 . C O M D R O Z .

a. Situation géographique.

Vaste secteur qui occupe plus du tiers des bas plateaux mosans, le Condroz s'étend en direction générale WSW-EÏÏE, entre l'Ardenne condru-sienne qui le borne au nord et la Pamenne s.l. qui le borne au sud. A l'ouest, il transgresse quelque peu la vallée de la Meuse et se prolong par le secteur Sanbro-condrusien; il y atteint sa plus grande largeur qui est de 20 km environ. A l'est, il est traversé par l'Ourthe entre Esneux et Hamoir, se rétrécit entre la Vesdre (Praipont) et l'iunblèvo

(Aywaille) et vient buter contre l'Eodévonien de l'Ardenne atlantique, au niveau de Louveigné-Sougné-Remoucharaps.

Un élément isolé du Condroz correspond à la partie dinantienne cal-caro-schisteuse de la fenêtre de Theux, traversée par la Hoëgne.

Les vallées de la Meuse, de l'Ourthe, de l'Amblève et des autres cours d'eau qui entaillent le secteur condrusien, le Bocq, le Hoyoux, li Lasse dans son cours inférieur, l'Hermeton et le cours inférieur de la Molignée, forment autant d'enclaves du secteur des Vallées inférieures

et moyennes du Bassin mosan.

Le Condroz proprement dit (à l'est de la Meuse) est limité par les communes suivantes d'ouest en est :

- au nord : Lustin, Maillon, Sorinne-la-Longue, Gesves, Ohey, Jallet Marchin, Vierset-Barse, Outrolouxhe, Villers-le-Temple, Rotheiix-Rimière Plainevaux, Dolembreux, Gomzé-Andouiiiont et Louveigné;

- au sud : Blaimont, Palmagne, Purfooz, Celles, Conneux, Leignon, Pessoux, Scy, Barvaux-Condroz, Maffe, Bonsin, Ocquier, Ouffet, Comblain au-Pont, Rouvreux et Sougné-Remouchamps.

b. Morphologie.

Correspondant au "synclinorium de Binant" où l'érosion a creusé les synclinaux calcaires et mis en relief les anticlinaux psarimiitiques plus résistants, le Condroz apparaît comme un plateau largement ondulé de

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5 a

La surface virtuelle déterminée par les crêtes culminantes domine la dépression du Pays meusien, au nord, et celle de la Pamenne, au sud, tandis que l'Ardenne condrusienne apparaît comme un tige condrusien par-ticulièrement développé.

Très bien individualisé, le paysage condrusien est caractérisé par la dominance des cultures et des herbages qui sont parsemés de nombreux petits bois et bosquets et de quelques massifs forestiers de moyenne étendue.

c. Géologie. litholo,a:ie. pédoloxie.

A cause de sa structure géologique en synclinorium, le Condroz pré-sente une lithologie hétérogène. Les calcaires dinantiens (Carbonifère) appartenant aux étages Viséen (VI et V2) et Tournaisien (T1 et T2), et accompagnés de dolomies, sont les plus largement distribués au travers de tout le secteur en de longues et étroites dépressions. Ils forraent véritablement la trame de tout le secteur condrusien au travers de la-quelle percent, en bandes parallèles, les crêtes psammitiques apparte-nant au Famennien supérieur (Fa2) et surtout aux assises de Montfort et d'Evieux (Pa2b et Pa2c).

Outre ces deux substrat? principaux, le Condroz comporte encore : 1 ° ) des schistes et schisto-psammites du Pamennien inférieur (Pala-b-c) qui apparaissent d'une part, sous forme d'une bande étroite en bor-dure nord du secteur, ot d'autre part, à l'intérieur du secteur, sous forme d'affleurements lenticulaires dans la partie centrale des tiges psammitiques;

2°) des schistes houillers (Hia et Hib) apparaissant en relief,en bandes fusiformes, au centre des dépressions calcaires les plus larges;

3°) des dépôts récents de cable ou d'argile oligocènes très

fré-quents dans les déprescions calcaires.

Les roches cohérentes calcaires, psaïamitiques et schisteuses du Condroz sont uniforinément couvertes de limon loessique qui en masque la nature propre et en réduit l'influence dans la pédogénèse.

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Peu fréquents, les sols bruns acides se développent sur siibstrat acide sous couverture clc looss et sur les dépôts sableux oligocènes.

Les sols bruns calcciros sont rares, do rnênie que les sols ca: H o n -teux, squelettiques ou sup^rficiels.

La couverture de lir.ion locs-iquc s'est particulièrement bien consc^--véo dans les dépressions calcaires; aussi, est-ce dans celles-ci que '.'.c cultures et les herbages sont les plus étendus. Par contre, les tiges psammitiqucs, où le linon est moins épais et où les sols sont souvent gleyifiés, supportent la majeure partie des étendues boisées du Condros d. Climat.

Intermédiaire entre celui de l'Àrdenne condrusiennc et celui de la l'amenne, le climat du Condroz est caractérisé par une température moyenne annuelle de - 8,5° et par une pluviosité moyenne Ci.nnuelle de

- 1000 mm.

4 . H A U T E F A G N E - F A B A E N N E .

a. Géologie, situation géographiqixe.

GALOUZ et D E L V A U X (1962) englobent la Haute et la Basse Panienne dans un seul secteur Pamenne et n'établissent la distinction qu'au niveau du relief et, en une moindre mesure, du substrat.

Nous adopterons un point de v^ae analogue à celui de S O U G I J E Z et

LIï.'î-B O U R G (I9û3) en distinguant deux secteurs, sur la base de leur

indivi-dua,lité topographique, lithologique, morphologique et pédologiquc.

Correspondant à la zone d'affleurement des schisto-psaramites du Friao nien inférieur (Paie, assise d'Esneux)* associée à celle des schisto--psammites noduleux du Painennien supérieur (Pa2a, assise de Souverain-Pré), la Haute Pagne-Parùenne, ou PaiBonne septentrionale, forme en quel-que sorte le versant méridional du plateau du Condroz et domine la dé-pression de la Basse Pagne-Pamenne, au sud.

(16)

H A U T E . FAI'IENNE B A S S E FA^ÎENNE C A L É S T I E N N E . C O N D R O Z . septentr. ^ . F A M E N N E . .centrale. m é r i d i o n a l e . A R D E N N E 4 K«

(17)

3^1. La limite nord du secteur coïncide en sonune avec la limite

méridio-nale de l'extension des schisto-psar^zitos et pscj.ii.iites condrusiens pro-prement dites (Pa2b, assise de Montfort et Fa2c, assise d'Evioux), tan-dis que la limite sud correspond à l'apparition des assises purement schisteuses, à grain fin et facilement erodibles, du Pamennicn inférieur (Pal a et Palb).

Dans sa partie occidentale, en Entre-Sanbre-et-Meuse, le secteur est séparé de la Basse Pagne, entre Cerfontaine-Senzeilles et Agimont sur la Meuse, par un affleure rient de calcaire frasnien et givétien constituant un élément isolé de la Calestienne. Le secteur "Haute Pagne" contourne l'extrémité ouest de cette bande calcaire et vient s'appuyer à nouveau contre la Basse Pamenne au nord de l'étang de Virelles, sa limite occi-dentale correspondant à l'apparition des limons loessiques de la Pagne atlantique.

A l'est de la Meuse, la Haute Pamenne, dont les limites nord et sud sont plus nettes, s'étend jusqu'à Hanoir, Durbuy, Grandhan, le long de l'Ourthe.

Formant une bande de 5 à 7 km de large, orientée W-E dans sa. partie occidentale et approximativement SW-KE dans sa partie orientale, la Haute Pagne-Pamenne couvre le territoire des communes suiva.ntes :

Proidchapelle, Cerfontaine, Senzeilles, Philippeville, Rosée, Morville, Gochenée, Agimont, Hermeton-sur-Mcuse, Heer, Blaimont, Mcsnil-St-Blaise, Peschaiix, Pinnevaux, Mesnil-Eglisc, Hulsonniaux, Houyet, Hour, Ciergnon, Custinne, Mont-Gauthier, Chevetogne, Buissonville, Haversin, Serinchamps, Hogne, Sinsin, Waillet, Nettinne, Heure, Barvaux-Condroz,Baillonville, Noiseux, Sorane-Leuze, Méan, Septon, Grandhan, Durbuy, Tohogne.

Ainsi délimitée notre "Haute Pagne-Pamenne" est presque deux fois plus étendue que la "Pamenne septentrionale" de SOUGKEZ et LIMBOURG, limitée strictement au "bourrelet psaximitique de Pamenne" (Paie). b, Morpholo^:ie.

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Très dense, le réseau hydrographique de ce secteur est formé des ruis-seaux tributaires - souvent intorrùittents - du Viroin, de l'Eau d'ilcuro, de l'Iiermeton, de la Lesse et de l'Ourthe.

c. Litholo,g:ie, pédolo^<ie.

Le substrat du secteur Haute Pagne-Panenne est donc avant tout consti-tué de psar-rnites schisteux du niveau Pale et de schisto-psanmiites nodu-leux de l'assise de Souvorain-Pré (Pa2a) , r.iais aussi de schistes des niveaux Pal a et Palb. Localeinent, comme à Nottinnc et Sinsin, on observe encore des lentilles de calcaire frasnien (Pri) que l'on peut cependant considérer conine des éléiUents isolés de la Calestienne.

La couverture de limon éolien étant nettement plus mince qu'en Con-droz, les sols sont moins profonds, parfois superficiels, généralement caillouteux. De texture limoneuse ou lixono-argileuse et en général bien drainés, ces sols appartiennent à la série des sols bruns lessivés et à celle des sols bruns acides.

Les sols à pseudogley sont relativement rares.

La relative pauvreté de ces sols sur psaiiiniites schisteux explique l'importance du taux de boisement (40%), mais la fréquence des dépôts loessiques sur les collines de schisto-psammites et le caractère filtrant et équilibré des sols qui s'y développent, expliquent d'autre par la proportion non négligeable de cultures.

d. Climat.

Possédant presque les mènes limites altitudinales, le secteur aaute Paœenne-Pagne présente vraisemblablement des caractéristiques climatiques proches de celles du Condroz, à savoir une température moyenne annuelle de - 8 , 5 ° et une pluviosité moyenne annuelle de - 1000 ïam.

5. BASSE PAGNE-PAI.ÎMFE.

a. Situation géographique, géolot^ie.

(19)

Elle couvre le territoire des coianiunos suivantes : Robcchios, Chiraay Virelles, Froidcliapelle, Vaulx, LoLiprot, Aublain, Dailly, Boussu-cn~ Pagne, Prasnes, Mariembourg, Roly, Pagnolle, Villers-on-Pai^rie, Sart-cn-Pagne, Matagiie-la-Gra,nde, Katagne-la-Pctito, Ronierée, Rooodunne, Giinnée Doische, Agimont, Peschaux, Dion, Baronville, Beauraing, VViesrae, îlartou

zin-Neuville, îlour, Pocant, Wanlin, VillcrD-sur-Leseo, Lavaux-Ste—'^nne, Ave-et-Auffe, Lessive, Eprave, Rochefort, Itoain, Ayc, Hogne,

Serin-champs, Waillet, î.'îarcho-en-Panonne, Baillonvillo, Koisoux, Pronvillo, Hotton, Grandhan, Durbuy, Soy, Barvaux-sur-Ourthe.

b . Morpholo.a:ie . litholo.aiie .

Les schistes de Senzeilles (Pan«jnnien inférieur, Pal a) , de Matagiie (Pr2) et de Prasnes (Prira), à grain fin, tendres et facilement érodible sont à l'origine de la norphologie de la Basse Pagno-Pamenne, qui ap-paraît conme une plaine faiblement ondulée, d'altitude raoyenne infé-rieure à 2 0 0 m et dont le réseau hydrographique, moins ra/aifié qu'en Haute Pagne-Pamenne, est constitué de vallées largement évasées. c. Pédolo;?:ie.

A cause de l'élimination de la couver'ture limoneuse par l'érosion, de 1'irapernéabilité de le roche-mère schisteuse étroitement feuilletée

et de la finesse de sa texture, les sols de la Basse Pagne-Pamenne sont en général argileux, compacts, moyennement à peu profonds et gleyiiiés.

Leur économie en eau est très défavorable : gorgés d'eau pendant la période humide hivern3,le et printanièrc, lorsque la végétation est a.u repos, ces sols s'assèchent et durcissent au cours de l'été et de l'au-tomne, lorsque les précipitations sont déficientes et quu la végétation est en pleine activité. Pendant cette période en effet, la végétation épuise rapidement la réserve en eau qui stagnait en surface sous forme d'une nappe perchée, l'horizon Bg imperméable empochant l'infiltration

en profondeur.

(20)

d. Climat.

En raison d'une part, de sa situation générale en contrebas du Con-droz - Haute Pagne-Pamenne et do la Calestiennc, et d'autre part, de la nature particulière de ses sols argileux humides à conductibilité thcr-nique élevée, la Basse Pagne-Panenne se caractérise par un clii'iat plus froid et plus huinide que celui des secteurs voisins : température

moyenne annuelle de - 8,1° et pluviosité moyenne a.nnuelle de - 1050 UEI. Ce secteur est d'ailleurs réputé pour être relativeuent bien exposé aux gelées tardives. Gorgés d'eau au printeirips, les sols restituent laal, pendant la nuit, la chaleur eniruagasinoe pendant le jour, tandis que leur humidité élevée entraîne une intense consonraation superficielle d'énergie par évaporation directe (DELVAUX et GALOUX 1962, p. 113).

6 . CALESTIENITE.

a. Situation géographique.

Encore appelé Ptuaenne méridionale, le secteur de la Calestienne cor-respond à l'affleurement des calcaires frasniens et givétiens (Néo- et Mésodévonien) qui limitent au sud les bas plateaux mosans et s'étendent

en une bande relativement étroite, d'orientation générale WSW-ENE, depuis la frontière française, en Entre-Sambre-et-Meuse (Trélon) jusqu'à

Aywaille sur l'Amblève, à partir d'où ils se résorbent pratiquement entre le synclinoriuL! du Condroz et l'Eodévonien ardennais.

Bornée au nord et au nord-ouest par la Basse Pagne-Famenne et au sud et au sud-est par l'Ardenne atlantique, la Calestienne est en principe limitée à l'ouest par la Calestienne atlantique, à hauteur de Couvin-Mariembourg et s'étend vers le nord-est jusqu'à l'Amblève, Le secteur traverse l'oncla.ve de Givet au niveau do Doische et Dion, s'étend d'abord vers l'est, puis s'infléchit verr le nord-est à partir de Bure-Rochefort. Sa largeur varie de 1 à 4 km, mais elle atteint de 8 à 9 km dans la zone d'inflexion.

(21)

A l'extrémité nord-est du secteur, un système coraploxo de failles et de charriages détermine une avancée de la Calestienne entre la Haute Paraenne et la Basse Pai:nenne; les affleurements calcaires de Kettinne en constituent en quelque sorte le prolongeraent.

Ainsi délinitéc, la Calestienne couvre le tcrritoii'c des corxiunes suivantes :

1°) pour la partie occidentale principale (Entro-Sambre-et-Meuse) : Maçon, Bailièvre, Salles, Robechies, St-Reiny, Chimay, Virelles, Vaulx Lompret, Baileux, Aublain, Dailly, Boussu-en-Pagne, Prasnes, Couvin, Pétigny, Mariembourg, Kismes, Pagnolle, Bourbes, Olloy,

Matagne-la-Grandu, ïfetagne-la-Potito, Vierves, Treignes, Kiverlée, Giranéo, Doischo; 2 ° ) pour la partie occidentale isolée :

Cerfontaine, Senzeilles, Villers-deux-Eglises, Neuville, Samart, Sauteur Philippeville, Vodecéo, Villers-le-Gaiiibon, Merlemont, Pranchimont, Su-rice, Romedenne, Omezée, Soulrae, Vodeléo, Goclienée, Aginont;

3°) pour la. partie orientale :

Dion, Baronville, Javingue, Beauraing, Pondrôac, Martouzin-ïïeuville, Honnay, Sohier, Loruprez, Wellin, Lavaux-Ste-Anne, Chanly, Ave-et-Auif e, Resteigne, Plan-sur-Lesse, Eprave, Tellin, Bure, Wavreillc, Rochefort, Jemelle, On, Humain, Aye, Waha, Marche-en-Pamenno, Marenne, Hotton, Soy, Wéris, Barvaux-sur-Ourthe,Durbuy, Grandhan, Heyd, Septon, Tohogne, Bornai Izier, Vieuxville, Porrières, My, Pilot, Xhoris, Harzé, Aywaille.

b. Morphologie.

Formée par les bancs calcaires du Prasnien inférieur (Prio, assise de Promelennos) et du Givétien(Gva et Gvb) forte.vient redressés et plus ré-sistants à l'érosion que les schistes frasniens et fai.ionnions, la

(22)

cal-Caire est recoupée pa.r des vallées (Lesse, Lhoiioe, etc.) et où l'étroite assise de ca,lcaire frasnien présente des ronflements correspondant à des récifs organogènes, la Calestienne apparaît coniino un onseiable de col-lines plus ou moins allongées ou de "croupes arrondies" qui sont les

"tiennes".

Les pentes fortes ( ^ 2 0 % ) , les escarpements rocheux, éboulis et ra-vins représentent une proportion iiaportr^nte (27%) des surfaces boisées de la Calestienne.

A cause de leur stratification et du redressement de leurs couches les calcaires givétiens très fissurés permettent l'infiltration des eaux dont l'action dissolvante a engendré nonbro de grottes et de chan-toirs. Par ailleurs, les effondrements karstiques ont donné naissance aux dolines ("abannets" d'Olloy, "Pondry-des-chiens" à ÎJismes) .

Peu dense, le réseau hydrographique de la Calestienne est surtout formé de cours d'eau qui longent les escarperaents calcaires résistants, dans les dépressions schisteuses, mais traversent parfois le bourrelet rocheux dans des défilés étroits et encaissés, si ce n'est par voie souterraine.

c. Lithologie, pédolo,~ie.

D'un point de vue strict, la Calestienne correspond aux calcaires givétiens (Gva et Gvb) et aux assises typiquement calcaires du Pra,snion inférieur (Prio) et du Couvinien (Cobm). Ce sont ces roches qui sont responsables des caractères écologiques particuliers, éda^phiquos et mésoclima-tiqaes, de ce secteur, taudis que les e^ssises essentiollcmont schisteuses (Prln et Cobn) qui s'y intègrent n'en sont pas caractéris-tiques et ne doivent pas être envisagés au même titre que les ca,lcaires.

Sous forêt, les sols autochtones de plateau engendrés par les cal-caires durs, frasniens et givétiens, sont pour la plupart superficiels ou moyennement profonds, argilo-cailloutoux et très filtrants; ils ap-partiennent à la série des sols bruns calca.ires.

(23)

Quant aux sols argileux hydromorphes et eutrophes engendrés par les schistes calcareux du Couvinien déprimés en plaine (région de Wavreille-Bois de V/ève) , ils ne sont pas - à notre avis - caractéristiques du secteur écologique de la Calestienne, mais s'apparentent plutôt aux sols de la Basse Pamenne.

d. Climat.

Bien que les cartes synoptiques attribuent à la Calestienne un cli-mat intermédiaire entre ceux des secteurs voisins, on peut soupçonner qu'elle présente des particularités mésoclimatiques en relation avec la nature de son substrat. En effet, les sols calcaires "mauvais

conduc-"teurs de la chaleur lorsqu'ils sont secs, et ils le sont plus fréquem-"ment que ceux des secteurs voisins, s'échauffent rapidement en surface, "avec diffusion lente de l'énergie calorifique en profondeur, mais avec "une bonne diffusion énergétique dans l'atmosphère" (GALOUX et DriLVAUX 1962, p. 129).

Aussi, le climat de la Calestienne apparaît-il, d'une part, comme relativement chaud, avec une température moyenne annuelle de - 8,6° et

en tout cas des températures maxiraa plus élevées que dans les secteurs voisins; d'autre part, comine un peu déficitaire quant à la pluviosité, avec - 850 mm de précipitations en moyenne, par an.

7. ARDENNE ATLANTIQUE ET BASSIK MOSAIJ iiEDEMAIS. a. Situation ^céo/^raphique.

(24)

Au nord, puis au nord-ouest, 1'Ardenne atlantique est limitée par la Calestienne, le Condroz oriental et le Terroir Vesdre; au sud et au sud-est, elle s'insinue profondément dans les Ardennes occidentale et centro-orientale grâce aux intrusions des vallées ardennaises qui la recoupent transversalement : notaiiii'.;ent celles de la Houille, la Lesse, la Lhocrae, l'Ourthe, l'Aisne, l'Amblève et les affluents de la Vesdre.

En Belgique, la partie principale de 1'Ardenne atlantique s'étend notamnient sur le territoire des communes suivantes, d'ouest en est : Winenne, Beauraing, Vonêche, Pondrôme, Sohier, V/ellin, Halma, Chanly, Resteigne, Bure, Grupont, Mirwart, Forrières, Am.bly, Grune, Harsin, Bande, Roy, Waha, Rendeux, Amonines, Erezée, Mormont, Harre, Ferrières, Werbomont, Xhoris, Harzé, Sougné-Remouchamps, Louveigné,Theux, La Reid, Spa, Sart, Polleur, Pepinster, Jalhay, Goé, Membach, Eupen, Raeren. Ses indentations profondes au sein du plateau ardennais atteignent Willerzic et Gedinrie, pour le bassin de la Houille; Bièvre, Graide, Opont, Maissin et Villance, pour le bassin de la Lesse; Arville et Hatrival, pour le bassin de la Lhomrae; Halleixx, Beausaint, Ortho, Kadrin, Amberloup, Houffalizé, pour le bassin des Ourthes; Chevron, Bra, Lierneux, Fosse, Vielsalm, Stavelot, Malmédy, La Gleize, pour le bassin de l'Amblève. b. Morphologie, lithologie.

Constituant la retombée nord et nord-ouest de 1'Ardenne, le secteur Ardenne atlantique apparaît conmie un long plan incliné dont la dénivel-lation varie d'une manière constante de 260-280 m à sa limite infé-rieure, en bordure de la Calestienne, à 380 m, à sa limite supérieure qui correspond en quelque sorte au bord du plateau ardennais proprement dit.

Mais ce plan incliné est fortement découpé par les grands cours

d'eau ardennais et leurs affluents et présente un relief très accidenté, tout en collines, versants et escarpements. Par ailleurs, comme il re-pose sur des roches emsiennes et siegeniennes diversement résistantes à l'érosion, sa morphologie est variable.

(25)

Cette zone, où se concentre^'habitat de l'Ardenne atlantique, est surtout cultivée et herbagèrejt 1* couverture forestière se réduisant à des petits bois sur le sommet des tiennes.

Par contre, la partie lîiéridionale du secteur correspondant aux roches phylladeuses et quartzophylladeuses du Siegenien (S3, 32, Si), plus résistantes à 1'érosion, est formée de larges versants arrondis en croupes, se rattachant aux indentations des vallées qui les délimitent. Cette zone est en ruajeure partie boisée et très pou habitée.

Souvent les affluents dos grands cours d'eau, ou ceux-ci mêmes, suivent la zone de contact, sans doute moins résistante, entre deux as-sises géologiques (généralement El et S3) ot donnent naissance à de longues collines orientées V/-E, avec un versant N et un versant S. Cette particularité morpholo^^ique très caractéristique de l'Ardenne atlan-tique s'observe notamrient à Pesche, Couvin, Honnay, Proidfontaine, Vifellin, Chanly, Resteigne, Nassogne, Hampteau, Hotton.

c. Lithologie, pédologie.

Recouverts d'une couche plus ou moins épaisse de limon loessique, les roches cohérentes schisteuses, schisto-grésousos, phylladeuses, quartzo-phylladeuses et quartziteuses de l'Emsien, du Siegenien et du Gedinnien n'influencent guère la na.ture des sols forestiers de l'Ardenne atlan-tique. Comme pour les autres secteurs ardennais, ils appartiennent pres-que exclusivement à la série des sols bruns acides, m.ais sont en général moins profonds qu'ailleurs en Ardenne, à cause de la fréquence des sur-faces inclinées. Pour la. même raison d'ailleurs, les sols colluviaux sont bien représentés dans les versants.

D'autre part, on observe parfois des sols limoneux à pseudogley sur les sommets des collines ou sur les surfaces faiblement inclinées (VVellin, Chanly) .

d. Climat.

(26)

pluvieux, r.vec - 1100 rnra de précipitations, et sensiblement le plus doux, avec une température moyenne annuelle de 8 , 2 ° , de tous les sec-teurs ardennais.

Il se sifinalo toutefois pour être particulièreuent sujet aux gelées tardives dont l'effet est aggravé par ime végétation plus précoce.

8. ARDEHKE OCCIDENTALE. a. Situation ,g:éOiS:raphique.

Constitué par l'entablement occidental du ma.ssif ardennais et en quelque sorte par la retombée ouest de celui-ci, l'Ardenne occidentale est un secteur homogène et bien individualisé. Il est limité au nord par les intrusions de l'Ardenne atlantique, à l'est par les surfaces planes supérieures de l'Ardenne centro-oricntale et au sud-est pe,r les surfaces planes de l'Ardenne méridionale. A l'ouest, au-delà de l'en-clave française de Givet, où il est recoupé par la Meuse, le secteur se prolonge en Entre-Sanibre-et-Keuse et par le plateau de Rocroi, jusqu'à la Thiérache française. Au sud-ouest, en .France, l'Ardenne occidentale

est limitée par 1 ' a.f fleur ement des roches Jurassiques du Bassin de Paris. Outre la Meuse, l'Ardenne occidentale est profondément découpée par

la Semois et les bassins de la Lesse et de la Houille.

Affectant approximativement la forme d'un triangle dont les somiaets sont Willerzie, Recogne et Sugny, la masse principale du secteur couvre le territoire des coininunes suivantes :

- au nord de la Semois : Vi/illerzie, Rienne, Houdremont, Nafraiture, Orchimont, Monceau, Bièvre, Oizy, Vivy, Carlsbourg, Naomé, Paliseul, Nollevaux, Bellevaux, Pays-les-Veneurs, Offagne, Jehonville, Bertrix, Anloy, Pramont, Ucimont, Sensenruth, Noirefontaine;

(27)

L'Ardenno occidentale apparaît conirae un plateau Eolleuicnt ondule d'une altitude moyenne d'environ 4-00 n. S'abaissant Jusqu'à 380 m à sa liiHite nord, jusque vers 400 m à sa linite sud et s'élevant vers 460 in à l'est, elle présente donc une orientation générale en faible pente vers l'ouest.

Son paysage très ouvert et cultivé, avec de nor;breux habitats, pos-sède une couverture forestière liûiitée, formée de nassifs forestiers de moyenne étendue. Par contre, les éperons qui prolongent le secteur au nord sont plus densément boisés et n;oins habites.

c , Litholopge . pédolo;2:ie.

A part le plateau de la Croix Scaille qui correspond aux terrains cambriens du Massif de Rocroi, l'Ardenno occidentale appartient entière-ment à 1'Eodévonien. Son sous-sol est constitué des roches suivantes, essentiellei.!ent siliceuses :

- schistes gedinniens (G1, Qedinnien inférieur et G2a, assise de St-Hubert) dans la région cernant le plateau de la Croix Scaille;

- quartzophyllades gedinniens (G2b, assise d'Oignics) et phyllades ge-dinniens (G2a et G2b) et siegeniens (Si) qui couvrent la ruajeure partie du secteur, au nord, à l'est et au sud;

- calcaréophyllados du Siegenien (S2) principalement dans le sud du secteur et traversés par la, Seniois,

Toutefois, malgré leur diversité, ces roches n'influencent guère la nature des sols de plateau à cause du limon éolien qui les recouvre. Leur Influence, et notanunent la présence ou l'absence de carbonate de calciun ne se fait sentir que dans le sillon des vallées suffisaoïnent importantes et encaissées comae celle de la Semois,

Aussi, les sols autochtones de plateau appartiennent-ils presque ex-clusivement à la série des sols bruns acides, plus souvent profonds que moyennement profonds. Les sols à pseudogley et les sols paratourbeux sont

(28)

d. Climat.

Uniforméraent orienté vers l'ouest, l'Ardenne occidentale présente un clinat assez houogène dont l'influence océanique est attestée d'une part, par une "pluviosité très élevée, eu égard à l'n.ltitude, avec un maximun d'hiver accentué et prolongé" {- 1300 zm de précipitations en moyenne par an), d'autre part, par une terapératurc relativement fraîche

en été (teijpérature moyenne annuelle - 7,4°).

Le danger des gelées tardives est ;aoins grand qu'en Ardenne atlan-tique, du mêrae ordre qu'en Ardenne néridionale et légèreuent plus élevé qu'en Ardenne centro-orientale (GALOUX et DELVAUX 1962, p.

204)-9. A R D M H E MERIDIONALE. a. Situation géographique.

Aussi horiogène que le secteur précédent, l'Ardenne méridionale con-stitue la retoiubée sud du raassif ardennais. Sa limite ouest, nord-ouest et nord avec l'Ardenne occidentale et sa limite nord et nord-est avec l'Ardenne centro-orientale traversent les territoires des communes de Bouillon, Noirefontaine, Les Hayons, Bellevaux, Nollevaux, Pays-les-Veneurs, Offagne, Bertrix, Grandvoir, Tournay, Neufchâteau, Longlier, Assenois, Léglise,Anlier; tandis que sa linite sud coïncide avec la frontière méridionale de l'/.rdenne, c'est-à-dire avec l'apparition des terrains jurassiques du Bassin de Paris qui reposent en discordance sur le socle éodévonien de l'Ardenne.

Au point de vue hydrographique, la partie belge du secteur appar-tient presque entièreaent au bassin de la Semois. A l'est, la plupart des ruisseaux qui la drainent (la Rulles, la Vierre, etc.) s'écoulent vers le sud pour se déverser dans la Seaiois lorraine, tandis qu'à l'ouest, c'est la Senois elle-mê:ne qui traverse le secteur, de Ste-Cécile jusqu'en amont de Bouillon.

b. Korpholog:ie.

(29)

Les limites altitudinales du secteur sont respoctivem.ent de 300 et de 460 m.

Avec un taux de boisement de 60%, l'Ardenne méridionale est le sec-teur le pluG forestier de toute l'Ardenne. En majeure partie couverte par une bande forestière continue d'ouest en est formée par les forêts de Bouillon, d'Herbeamont, de Chiny, de Keufchateau, de Rulles et d'Anlier, elle présente un paysage fermé où les rares habitats sont re-poussés vers le nord ou vers le sud.

c. Lithologie, pédolo,g:ie.

Le substrat de l'Ardenne méridionale se compose pour deux tiers de phyllades, d'une part siegeniens (SI et S3), d'autre part gedinniens

(G1 et G2a)et reviniens (Cambrien), ceux-ci seulement au sud de Bouillon et dans la région de I.îuno et Ste-Cécile; pour le reste, il s'agit sur-tout de quartzophyllades, d'une part gedinniens (G2b), le long de la route de Bouillon-Florenville, d'autre part siegeniens (S2) et emsiens

(El) surtout au centre et à l'est du secteur. Les calcaréophyllades du Siegenien (S2) n'apparaissent qu'entre Cugnon et Straimont-Gribomont. Peu ou pas influencés par la roche-mère, les sols do l'Ardenne méri-dionale appartiennent presque exclusivement à la série des sols briins acides, le plus souvent profonds. Les sols à pseudogley et les sols paratourbeux sont aussi localisés qu'en Ardenne occidentale (Muno, Ste-Cécile), tandis que les colluvions s'observent surtout dans les pentes peu accentuées, les pentes d'inclinaison supérieure ou égale à 20% ap-partenant au secteur des vallées (Semois et affluents).

d. Climat.

A cause de sa morphologie en pente sud faible et uniforme, et de sa situation entre l'Ardeijne centro-orientale et le territoire jurassique, l'Ardenne méridionale présente une température qui "décroît régulière-ment et sans inflexion, du sud au nord et des altitudes les plus basses aux plus élevées" (DELVAUX et GALOUX 1962, p. 211), tandis que la plu-viosité diminue très fortement du nord-oueet au sud-est. Toutefois, mal-gré sa position méridionale, le caractère de la répartition des pluies dénote une influence atlantique encore assez nette.

(30)

10. ARDENNE CENTRO-ORIEKTALË. a. Situation séog:raphiquc.

Délinité surtout par des altitudes, 1'Ardenne centro-orientale est un vaste territoire aux contours forteiuont découpés.

D'une part, sa linite altitudinale inférieure correspondant aux li-mites supérieures des Ardennes méridionale (46O à 500n), occidentale

(380 à 4 6 0 nî) et atlantique (3Q0u) , et d'autre part, la frontière belgo-germano-grand-ducale, lui donnent la forme approximative d'un rectangle dont les somnets sont Martelango, Transinne-Tellin, Roetgen-Eupen et Manderfeld-Schoenberg et dont la surface est enclavée d'une part, par les divers éléraents de la Haute Ardenne correspondant aux plateaux d'al-titude supérieure à 500 m et d'autre part, par les intrusions des val-lées des affluents mosans.

b . MorpholOf<ie. ^

L'Ardenne centro-orientale apparaît comne un vaste plateau dont les "plans inclinés dans des directions variables" sont "raccordés vers le haut, aux élémients de la pénéplaine crétacée haut-ardennaise qu'ils en-tourent de toutes parts, et vers le bas, aux dépressions peu accentuées se drainant en nombreuses têtes de cours d'eau et aujc versants des gran-des rivières" (GALOUX et DELVAUX 1 9 6 2 , p. 2 1 6 ) .

Les dépressions largenent évasées qui correspondent, dans la partie orientale du secteur, au cours supérieur des rivières et ruisseaux (Haute sûre, Haute Mlltz, Haute V/oltz, Hauts de Vierre, Haute Our, Lienne, Salm) drainant le plateau, sont presque entièrement cultivés, tandis que les massifs forestiers, en général de faible étendue, sont pour la plupart des plantations de résineux.

(31)

c. Lithologie, pédologie»

Le substrat de l'Ardenne centro-orientale est consiitué en majeure partie par les roches phylladeuses et quartzophylladeusGS du Siegenien

(SI, S2, S3), de l'Kisien (El, E2) , du Gcdinnien (Cr2a) , du Caubrien et du Silurien, et par les roches schisto-gréseuses du Gedinnien (G1 , G2), Siegenien (Si) et Emsien (El, E2).

Los roches quartziteuses du Cambrien, les poudinguos du Periiiisn (de Malmédy) et les calcaréophyllades du Siegenien (S2) participent au sec-teur dans une rjesure beaucoup moindre.

"Les soubassements phylladeux et quartzophylladeux dominent dans la partie méridionale du secteur la plus homogène et la plus cultivée, tandis que les phyllades et quartzites sont beaucoup plus représentés vers le nord, où le secteur est de forme plus découpée, et où il est plus boisé" (GALOUX et DELVAUX 1962, p. 251).

Peu influencés par les variations lithologiques, à cause de la cou-verture limoneuse, les sols forestiers autochtones (stations horizon-tales et subhorizonhorizon-tales) de l'Ardenne centro-orientale appartiennent pour la plupart à la série des sols bruns acides. Ils sont profonds à moyennement profonds.

Une faible proportion de ces sols est à pseudogley tandis qu'une fraction plus faible encore est tourbeuse ou paratourbeuse. Ces sols hydromorphes se rencontrent surtout sur les replats des escarpements de la Vesdre, en bordure de l'éperon haut-ardonnais des Pagnes do Spa-Stouiïïont, et à l'est du Haut plateau de St-Hubert.

d. Climat.

Nettement moins soumise à l'influence atlantique, en raison de son altitude et de sa situation géographique, l'Ardenne centro-orientale présente un climat plus froid que les autres secteurs ardennais avec une température annuelle de - 7,3°

Par contre, les précipitations sont relativement faibles (- 1150 lan, en moyenne et par an) à cause des "effets conjugués de la région défi-citaire de la dépression des Ourthes, de l'abri apporté à certaines par-ties du secteur par les hauts plateaux ardennais, de l'exposition

(32)

11 . IL^iUTE ARDËNNE.

a. Situation ir!:éo/::raphique.

Secteur à aire disjointe, très ijorcelé et enclavé dans l'Ardenne centro-oricntale et l'Ardenne occidonte.ls, la Haute Ardenne groupe les divers élénents du haut plateau ardennais situés à plus de 500 n d'al-titude .

Coone grands ensembles bien individualisés et cara,ctéristiques, il comporte surtout le plateau des Hautes Pagnes (Baraque Michel et Bo-trange) prolongé par l'éperon des Fagnes Spadoises, le plateau des Tailles (Baraque de Praiture), le plateau de St-Hubert, le plateau d'Elsenborn qui raccorde l'Ardcnne à l'Eifol. Il faut y ajouter le pla-teau de Serpont, la, crête de Libramont-Bastogne, les Hauts do l'Ourthe occidentale, le plateau de Bastosne-Sibret, l'éperon d'i3ntro-Sûre-et-Wiltz, le somiet de la Haute Lhoni'ie, le plate8^u de Steinbach, le sommet de Posse-Arbrofontaine, le plateau de Reuland, la crête de la Haute Our, le platea.u du Grand Bois de Vielsaln, le somiâet de Wolfsbusch, lo pla-teau de l'Oniner Wald, les sommets d'Anlier et l'élément isolé, enclavé dans l'Ardenne occidentale, du sounaet de la Croix Scaille.

b. MorpholO;'3:ie.

Coïncidant avec "la pénéplaine précrétacée de très faible relief" (GALOUX et DELVAUX 1962, p. 258), le secteur de la Haute Ardenne est for-mé d'un enser.;ble de surfaces planes dont l'altitude dépasse à peine 500 n à la Croix Scaille et dans le massif d'Anlier, mais s'élève progressive-ment d'ouest en est et du sud au nord.

Le secteur culmine à 5S9 m sur le plateau de St Hubert, à 652 m a la Baraque de Praiture et à 694 m sur le plateau des Hautes Fa^^nes (Signal de Botrange). Les surfaces supérieures à 600 n deviennent importantes dans les Hautes Pagnes et le plateau d'Elsenborn.

(33)

m .

c. Lithologie. péd.olop:ie.

Le substrat lithologique de la Haute Ardenne appartient fréqucmuont aux roches phyllado-quartziteuses O.u Cauibrien (Hautes Pagnes, Pagnes Spadoises, Serpont, Croi:-r Scaille) , nais aussi aux roches phylladeuses, quartzophylladeuses et schisto-gréseuses des divers étaf^es de l'ILodévo-nien (Gedinl'ILodévo-nien, Siegel'ILodévo-nien, Eiiisien) .

Ce substrat n'a cependant guère d'influence sur la nature des sols qui appartiennent en ;:-iaJeure partie à la série des sols bruns acides gé-néral eaent profonds.

Les sols à pseudogley sont un peu noins abondants qu'en Ardenne ceijtro-orientale, tandis que les sols tourbeux et paratourbeux sont les mieux représentés de tous les secteurs et constituent une des caracté-ristiques principales de la Haute Ardenne. Ces sols tourbeux sont parti-culièrement abondants sur les plateaux des Hautes Pagnes et des Pagnes Spadoises, le plateau des Tailles et le platea.u de St-Hubert.

Ils caractérisent égalouunt l'élément isolé de la Croix Scaille. Par contre, ils sont absents des autres souiiviets du plateau haut-arden-nais.

d. Climat.

Bien que les caractéristiques climatiques soient relativenent va,-riables d'un élément à l'autre du secteur, en raison de la variation de son altitude ( 5 0 5 à 694 m) et des influences diverses, plus ou moins océaniques ou continentales qu'il subit, on peut considérer que dans son ensemble, la Haute Ardenne possède le cliuiat le plus froid et le plus humide des secteurs ardennais, avec une température moyenne annuelle de + +

- et - 1 2 5 0 mm do pluie, en moyenne par an.

(34)

Altitude Teap. moyenne Pluvios. aoy. •..iCixiinuii annuelle annuelle

- Croix Scaille 5 0 5 n 8 , 0 ° 1 2 3 0 on - Recogne 5 6 9 u 7 , 2 ° 1245 oiii - Plateau de St-nuD erX 5 8 7 n 7 , 0 ° 1 1 4 0 ma - Baraque de Frai ture 5 5 1 m 6 , 5 ° 1 3 0 0 Gim - Baraque Michel 6 9 4 m 6 , 5 ° 1 4 2 5 om

1 1 faut noter encore que malgré le caractère rigoureux du cliîiiat de la Haute Ardenne, le danger des gelée s tardives est beaucoup plus réduit que dans les autres secteurs.

1 2 . LES VALLEES MOSAKES.

a. Linites géographiques et morphologie.

Selon DELVAUX et GALOUX ( 1 9 6 2 , p. 2 6 ) , les vallées constituent des territoires écologiques particuliers pour autant qu'elles aient un dé-veloppement important, qu'elles soient suffisamment encaissées par rap-port aux secteurs écologiques voisins et délimitées par des versants ac-centués. Ces conditions sont remplies par les vallées suivantes : la Meuse belge de Givet à Liège, avec ses prolongements formés par le cours inférieur de divers affluents de moindre importance corniiie, pour la rive droite, le Ruisseau de Sorinne, les Ponds de Leffe, le Bocq et le Crupet les Ruisseaux de Tailfer et de Dave, le Sarason, le Ruisseau d'Andenelle et le ravin de Solières, le Hoyoux, les Ponds d'Oxhe et le Ruisseau de Neuville, et, pour la rive gauche, les affluents ardennais du Viroin

(35)

A notre avis, il faudrait y ajouter notaianient la Houille en aval de Sart-Custinne - Patignies et une partie de son affluent la Huile; les affluents de la Lesse : le Ruisseau de Gembes en aval de Geuibes, l'Our en aval

d'Our, et le tronçon de la Lesse merae compris entre îiaissin et Redu; la partie de la Lhonniie coraprise entre Hatrival et Smuid.

L'interruption de ce territoire des vallées au niveau de la Lesse (entre Halraa et Houyet), de la Lhonrao (en aval do Grupont) et de l'Ourthe (entre Hampteau et Hanioir) est due à la Pamenne et à la Calestienne dont la laorphologie respectivement aplanie et accidentée empêchent de distin-guer le cheminement de ces rivières.

Limité longitudinalenent par l'entaille profonde dans le plateau sur-tout condrusien et ardennais de la Meuse et de ses affluents, les sec-teurs des vallées mosanes sont limitées transversalement au fond alluvial plus ou moins élargi de la vallée et aux versants plus ou moins abrupts qui les encadrent. La plaine alluviale forme le sous-secteur principal, tandis que les versants exposés au f^NEaX ceux exposés au ^$^1^forment respectivement le sous-secteur froid et le sous-secteur chaud.

b. Lithologie et pédologie.

En raison de leur direction généralement perpendiculaire à la strati-fication géologique et à cause de leur répartition "intersectoriolle", les secteurs des vallées mosanes présentent une grande variété de sub-strats lithologiques. Ainsi, dans la partie proprement mosane du terri-toire (Meuse, Lesse inférieure, Bocq, Samson, Hoyoux, Ourthe inférieure, Hermeton, Molignée, etc.) les roches siliceuses de types divers (schistes famenniens, siluriens, houillers, gedinniens; roches schisto-gréseuses

erasiennes et siegeniennes; psamixiites et schisto-psai'iUuites famenniens) al-ternent consteimment avec les calcaires compacts (Viséen, Tournaisien, Givétien, Couvinien) parfois associés à des dolomies (Viséen et Tournai-sien) et les schistes ou schisto-psammites nettement calcarifères (Pras-nien et Pamen(Pras-nien). Par contre, dans leur cours ardennais, les grands affluents de la Meuse (Semois, Lesse, Ourthe, iimblève, Vesdre) ne tra-versent que les roches presque uniformément siliceuses de l'Eodévonien

(36)

Les sols des vallées appartiennent presque exclusivement soit à la série des sols alluviaux de fond de vallée, soit à la série des sols do pente colluviaux. Les premiers sont presque entièrement livrés à l'agri-culture ou occupés par l'habitat, tandis que les seconds correspondent, dans la majorité des cas, à des sols forestiers, on raison de leur si-tuation topographiquû et de leur texture grossière impropres à l'exploi-tation agricole.

Bien que la différence soit grande entre les sols calcaires et ceux à prédominance siliceuse (roche-mère psammitiques, schisteuse, phylla-deuse, etc.)» le colluvionnement dans les versants des vallées sili-ceuses engendre des sols dont le niveau de fertilité se rapproche de celui des sols colluviaux calcaires. Aussi, l'individualité pédologique des vallées par rapport aux secteurs avoisinants, qui est déjà assez nette sur substrat calcaire (sols bruns calcaires de plateau < — > sols de pente humo-carbonatés, par exemple), est-elle très marquée sur sub-strat siliceux, en l'occurrence en Ardenne. En effet, alors que les sols des divers secteurs ardennais (Ardenne atlantique, A. centro-orientale, etc.) appartiennent en majeure partie à la série des sols bruns acides, voire podzoliques, les sols des vallées qui recoupent ces aiêmes sec-teurs comportent une proportion importante de sols bruns colluviaux méso-, voire polytrophes.

Il faut noter cependant que dans les vallées creusées dans des ter-rains siliceux (tant ardennaises que typiquement mosanes), la proportion de sols bruns acides de pente n'est pas négligeable.

c. Climat.

(37)

et les pentes exposées au nord ou à l'est, froides et ombragées (sous-secteur froid). Ces caractéristiques climatiques particulières, qui n'existent guère dans les secteurs de plateau avoisinants, confirment, avec les caractéristiques édaphiques, l'individualité écologique des vallées.

d. Subdivision.

Altitudinale et climatique.

Les vallées mosanes sont subdivisées en deux secteurs distincts : le secteur des Vallées Inférieures et Moyennes du bassin mosan correspondant aux cours inférieur et moyen des affluents mosans et de la Meuse (entre Givet et Liège) situé en-dessous du niveau de 225 ;'i pour le fond de la vallée, et le secteur des Vallées Supérieures des affluents mosans cor-respondant au cours supérieur encaissé de ceux-ci, situé au-dessus du niveau altitudinal de 225 m pour le fond de la vallée.

Le premier secteur comprend la partie belge de la Meuse entre Givet et Liège, y compris ses petits affluents dont le cours est limité à une partie des bas plateaux mosans (notamment le Bocq, le Samson, le Hoyoux, l'Hermeton, la Molignée, la Saubre) ainsi que la Semois, la Lesse, l'Ourthe, l'Amblève et la Vesdre, respectivement en aval de Bouillon, Daverdisse, Laroche, Coo et Pepinster.

Les versants qui en constituent les sous-secteurs chaud et froid sont en majeure partie boisés, tandis que la plaine alluviale formant le sous-secteur principal, est occupé par l'agriculture et l'habitat et, surtout dans le cas de la Meuse, par l'industrie; les stations boisées y sont presque totalement absentes.

Le climat de ce secteur est caractérisé par une température moyenne annuelle de i 9,0° à 10,1° et une pluviosité moyenne annuelle de 775 à 1000 mm. Les dangers de gelées tardives sont très atténués par rapport au secteur des Vallées Supérieures.

(38)

Lhomnie et la ÎJasblette, divers ruisseaux tributaires de l'Ourthe, et, selon nous, l'Eau de Gerabes, l'Our et probablcaont aussi la Houille et la Huile.

Ses versants escarpés sont partout densémont boises, tandis que ses fonds alluviaux, plus étroits et souvent eux-acLies boisés, sont peu fa-vorables à l'exploitation agricole et à l'implantation do l'habitat. Ainsi, le long de la Somois, on compte 4 ou 5 agglomérations en amont et 9 en aval do Bouillon, pour une longueur sensiblorjent égale des deux secteurs (do la frontière française à Bouillon et de Bouillon à Chiny).

Le climat de ce secteur n'est qu'un pou moins pluvieux (pluviosité moyenne annuelle : i 1100 ina) et un peu plus chaud (température moyenne annuelle : i 7,8°) que celui des secteurs ardennais avoisinants. Il s'en distingue néanmoins par les "effets microclimo.tiques" com^'iie "les brouil-lards de fond de vallées et les gelées tardives" qui sont liés à l'abon-dance des versants d'exposition variée (DELVAUX et GALOUX 19o2, p. 4 ô ) •

Litholo,g:ique.

Etant donnée la différence miarquée qui existe entre le calcaire et les roches siliceuses, non seulement en ce qui concerne la composition chi-mique du sol qu'ils engendrent (caractère limitant du facteur richesse en calcium), mais aussi en ce qui concerne leur influence sur le microclimat, il nous semble légitime d'établir, dans les secteurs des vallées, une distinction au niveau du substrat lithologique. Ceci nous amènerait à rassembler dans un même secteur, les vallées ou parties de vallées qui traversent les assises calcaires dos Bas Plateaux mosans (la Meuse de Givet à Liège, la Lesse en aval de Houyet, le Bocq, le Samson, le Hoyoux, l'Ourthe en aval de Comblain-la-Tour, l'Amblève en aval d'Aywaille, l'Herneton, la Molignée, le Burnot, la Sambre) et dans un autre secteur, les vallées des affluents mosans dans leur cours strictement ardennais

(la Senois en aval de Chiny-Ste-Cécile, la Les;. e en amont de Halma, la Lhomme en amont de Grupont, l'Ourthe en amont de Hampteau, l'Amblève en amont d'Aywaille, les affluents ardennais du Viroin).

Ces deux secteurs pourraient s'appeler respectivement, par exemple : secteur des vallées mosanes et secteur des vallées ardennaises.

(39)

4 4 . LES ASSOCIATIONS .FORESTIERES STATIOITI-TELLES DE LA HAUTE BELGIQUE. 441• Introduction.

Appliquée pour la première fois par P. DUVIGITEAITD ( 1 9 6 1 ) à l'étude de la végétation forestière du territoire jurassique (Pays gaumais et Lorraine belge), la méthode des groupes écologiques a été utilisée par la suite, par plusieurs autres aute\irs, dans la délimitation des groupe-ments forestiers et leur cartographie, pour divers autres secteurs de la Haute Belgique : C. LEFEBVRE ( l 9 é 3 , mémoire inédit), pour les secteurs Basse et Haute Pagne (Entre-Sambre-et-Meuse); J. HERBAUTS ( 1 9 6 8 , mémoire inédit), pour une partie de la Haute Pamenne, en fait, le bassin du Ruisseau de Mahoux, affluent de la Lesse; P. LELOUOHIER ( l 9 é 2 ) , J. SAIN-TEîIOY-SIMOIÎ ( i 9 6 0 , mémoire inédit) et J.-P. VAïï SEVEREN ( 1 9 6 7 , mémoire inédit), respectivement pour la vallée de l'Hermeton, pour la vallée du Bocq et pour la vallée de la basse Les'?e, c'est-à-dire trois fragments du secteur des vallées inférieures et moyennes du Bassin mosan.

Personnellement, nous avons utilisé la méthode des groupes écologi-ques dans l'élaboration d'un système d'associations forestières station-nelles, pour la région de la Semois ardennaise dont le sillon même ap-partient aux secteurs des vallées, d'une part, inférieures et moyennes, d'autre part, supérieures, du Bassin mosan, et dont les plateaux avoisi-nants font partie des secteurs Ardenne occidentale et Ardenne méridional

4 4 2 . Système dos associations forestières stationnelles de la vallée de de la Semois ardennaise et des régions voisines.

4 4 2 1 . Introduction : aperçu général sur les grands types forestiers. L'ensemble des associations sylvatiques do la région de la Semois peut-être réparti en trois groupes suivant leur caractère éco-édaphique les forêts de plateau, les forêts de versant et les forêts de plaine- cor respondant respectivement à la série des sols autochtones, éluviaux et plus ou moins drainants, à la série des sols alloclitones, colluviaux et filtrants, et à celle des sols allochtones, alluviaux et hydromorphes.

Les deux derniers groupes correspondent à la vallée proprement dite, c'est-à-dire au secteur des vallées inférieures et moyennes (on aval de Bouillon) et au secteur des vallées supérieures (en amont de Bouillon jusqu'à Chiny) qui comportent chacun un sous-secteur principal

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