A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
A BDELWAHEB C HARFI
Représentation non linéaire du groupe affine complexe
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 5
esérie, tome 12, n
o1 (1991), p. 61-73
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Représentation
nonlinéaire
du groupe affine complexe
ABDELWAHEB
CHARFI(1)
Annales de la Faculté des Sciences de Toulouse Vol. XII, n° 1, 1991
RÉSUMÉ. - On montre qu’une représentation non linéaire du groupe afline du plan complexe est formellement linéarisable quand sa partie
linéaire est une représentation unitaire irréductible de dimension infinie, l’espace de la représentation étant l’ensemble des fonctions différentiables à support compact. .
ABSTRACT. - We prove that a non linear représentation of the affine group of the complex plane, which linear part is an infinite dimensional unitary irreducible représentation, is formally linearizable on the space of infinitely differentiable function with compact support. .
1. Introduction
L’évolution de
plusieurs systèmes physiques
est décrite par les solutions d’uneéquation
différentielleautonome,
covariante par un groupe de transfor- mation. Unexemple
célèbre étant celui deséquations
relativistes dont la forme est,
où A est un
opérateur
différentiel(linéaire
ou nonlinéaire)
surE, l’espace
vectoriel des conditions
initiales,
à savoir un espace de fonctions deIR3
vers un espace vectoriel de dimensionfinie, l’opérateur
A admettant unpoint
fixe
(A(0)
=0).
Ceséquations
sont covariantes par le groupe de Poincaréqui
est leproduit
semi-direct1 ~ E.N.I.S. Sfax, BP 3038, Tunisie.
Autrement
dit, si g
=~a, A)
E P et~t
une solution de H dansE,
enposant
et en notant par
Po
legénérateur temps
deP,
on a alorsS9 (0~
= 0et,
de lacoraviance de
l’équation,
on obtient5gg1
= etl’opérateur
A serait :Quand l’opérateur
A n’est paslinéaire,
une notion de linéarisation desreprésentations
non linéaires des groupes introduite par M.Flato,
J. Simonet G. Pinczon
[1] permet
de déduire dans certains cas les solutions de(H)
de celles de
l’équation
linéaire associée.La relation entre la théorie des
représentations
non linéaires des groupes de covariance et leséquations
linéaires associées est biendéveloppée
dans[2- 4]
ainsi que des théorèmes de linéarisation pour deséquations
non linéairesrelativistes
[3].
Soit E un espace vectoriel
topologique,
on note parLn (E) l’espace
desapplications
n-linéairessymétriques
continues de En dansE,
et par~(E), l’espace
des séries formelles sur E de la forme :DÉFINITION
1. On dit que{S’, E)
est unereprésentation formelle
du groupe de Lie G dans un espace vectoriel
topologique E,
si S est unhoméomorphisme
de G dans le groupe des éléments inversibles de(pour
la loi decomposition
des sériesformelles usuelles),
deplus
si pour9EG,
l’application
est mesurable
(donc
continue si E est un BanachLa
représentation
linéaireS’1
estappelée
lapartie
libre ou linéaire de S(si
deplus
E est un Banach et s’il eziste unvoisinage V(e)
C G tel que pour tout g EV(e), Sg
estanalytique
dans unvoisinage
de0, Ug,
on ditque
(S, E)
estanalytique ).
DÉFINITION
2. - Deuzreprésentations formelles (S, E)
et(S~, E~
de Gsont
équivalentes,
s’il eziste unopérateur
inversible A E.~’(E)
tel que, pour tout g EG,
En
particulier, (S, E)
est dite linéarisable si et seulement si elle estéquiva-
lente à sa
partie
linéaire.Dans cet
article,
on considère unereprésentation
formelle du groupe affine W duplan complexe, qui
est le groupe des transformations :l’algèbre
de Lie réelle associée estengendrée
par les translationsXl, X2,
les rotations M et les homothéties D avec les relations de commutations suivantes :
Le groupe W
peut
êtreinterprété
comme étant leproduit
semi-direct suivantIl est
prouvé
dans[5]
que toutereprésentation analytique
de W dans unespace de Hilbert
(dénombrable),
dont lapartie
linéaire est unitaire irré- ductible de dimensioninfinie,
est formellement linéarisable si et seulement si son terme d’ordre 2 l’est.Dans cet
article,
on montre en faitqu’une
tellereprésentation
est li-néarisable sur
l’espace
des fonctions Coo àsupport compact
sur l’orbite n définissant lareprésentation
linéaire associée.En
fait,
on montre quece
qui
est suffisantd’après [2].
On remarque que la nullité de
H1 (G Ln(E))
est suffisante mais nonnécessaire,
dans[8],
l’auteur donne un contreexemple
dereprésentation
formelle du groupe euclidien
qui
est linéarisable mais dont le groupe de1-cohomologie
associé à lapartie
linéaire de lareprésentation
n’est pas nul.2. Structure et dual de W W
peut
êtreinterprété
comme :un
élément 9
=(h, k) E W
s’écrit :g est
représenté
par l’élément deSL(2, ~) :
:H étant un sous-groupe abélien normal et fermé de
G,
onapplique
laméthode de
Mackey (induction
parétage) :
on note p = l’action de k =
(6, r)
sur p est définie par :d’où deux
types
d’orbites :. p =
0,
~ _~0~
l’orbite de stabilisateurK ;
;.
p ~ 0, n
=IR2 ~ ~ (o, 0) }
l’orbite de stabilisateur S =~~id~
;c’est le deuxième
type
d’orbitequ’on considère,
c’est-à-dire lareprésenta-
tion :
(U, , L2 (IR2 ~ ~ (o, 0) })
définie paroù
( . , . ) désigne
leproduit
scalaire habituel dans Les relations définis- sant lesopérateurs
infinitésimaux sur l’ensemble des fonctions différentiables àsupport compact
sontalors
on les obtient à
partir
de3.
Espace
de1-cohomologie
de WSoit E un espace de Hilbert et a un réel
positif.
On notel’espace
des fonctions de carréintégrable
de IR dans E(pour
la mesure deLebesgue)
et desupport
dans[-a, a];
on note~
l’espace
des fonctions de carréintégrable
de IR dans E àsupport compact.
On montre dans
([6],
sect.I,
propo.4)
quel’espace
est une limite inductive stricte des espaces
de
plus,
uneapplication
linéaire A deE)
dansL2(IR, E~
estcontinue si et seulement si : :
pour tout a >
0,
sa restrictionAd
à~~-a
, a~ , E~
estcontinue
; ondéfinit alors les semi-normes
On note de même par
CC (IRn, E)
leL.F-espace
des fonctions C°° àsupport compact
de IRn dans E et par(E) l’espace
de Fréchet des fonctions C°° de IR dans Equi
sont dansL2(IR, E)
ainsi que leurs dérivées.On pose
On a les
isomorphes topologiques (cf. [6],
sect.II,
pp.82-83) :
d’où
On identifie dans toute la suite IR à
IR+ (exponentielle)
etCc (IR, E) (resp. CC E))
àE) (resp. CC ((iR+)n, E) )
parl’application
LEMME 3.1. - Soit
((IR+)n, E)
, il existeF E ,C ((IR+)n, E)
telleque :
pour tout
f
ECC ([
,a ln , ~~. E~
on aitPreuve
Si f
est définie presquepartout
surIR+
et À >0,
on posel’application
est une
représentation
linéaire continue de!R~
dans(resp.
~)),
leproduit
tensoriel~~.~
s’étend à unereprésentation
conti-nue de
!R+
dansF) (resp. F)
2.On
choisit
une fonction C’~ sur(!R~)~, X+
telle queavec
~+
nullesur [0,
,1/e]
etégale
à 1sur [e, +00 [;
on noteSoit B E
E~ .
On posePour
f
EE), l’application
est Coo de
IR+
versE~,
etl’application
est C°° de
IR+
versDL2 (E).
Comme
conséquence
du théorème deBanach-Steinhauss, l’application
est C~ de
IR+
dans L(n03C0C~C(IR+ , E),DL2 (E))
pour latopologie
de laconvergence uniforme sur tout
compact.
Soit a > 1. et
f
eCfi ([ lla , a ]" ,
alors:{si
si 03BB03BB > ae, 1/
ae,on a
on aI+03BB I-03BB f f = = 0 0;
de
plus X±(~n 03B803BB-1)f
eCfi ( ( 1 la2 e , " ,
si À e[ 1 lae ,
ae] .
On
peut
parconséquent
définirqui
ont un sens dans ,C~(IR+ ~n, E)
.On a alors :
. d’une
part 9a, f
=Uexp(log03BB)Df
Pour À > 0 et par suite. d’autre
part
et en dérivanth f
parrapport
àÀ,
on trouveEn
intégrant
de deuxfaçons
parrapport
à Àsur [ 1, [ on
obtient :. d’une =
Ii (, f ~
-B (X - , f )
. et d’autre
part dUD F+ ( f ) _ F+ d(n !7)~(/);
On obtient de la même manière
.
L-’
d’où en
posant
F =F+
-~- F-et,
sachant queX +
-~- X - =1,
on auraLEMME 3.2. - Dans les conditions du lemme
3.1,
si on a deplus
pour tout
f
e C~ ([1 a, a]n ,)
,B( f)
e C~( (
1 Ca ,Ca ]
,E
,alors
Preuve
. Soit À E
[ 1/ae
,ae],
alorset comme e
~ ~
alors :si Ax >
Ca2e
ou Ax20142014 ,
on a =0;
é~~e donc :
ainsi
. D’autre
part :
de même
d’où D
Soit
(U, H)
unereprésentation
unitaire irréductible de dimension in- finie de W. .Après équivalence unitaire,
onpeut
supposerque H
=L2 (lR+, L2(S’1 ~~
espace des fonctions de carréintégrables (pour
la mesurede
Lebesgue) sur ] 0, +oo [
=IR+
dansl’espace
E des fonctions de carréintégrables
surS1 (pour
la mesurede/2~~.
L’espace C~ (IR+, E)
identifié àCC (IR, E)
est contenu dansHoo,
on notedU la différentielle de U sur
Cc (IR, E~ .
Soit
Hn
= LE) , C~C(IR, E)), f
EHn
et X E W On poseL’application
X -->Vx
est unereprésentation
deW
dansà
laquelle
on associel’espace Z~ (W, Hn)
des1-cocycles
deW
à coefficients dansHn,
c’estl’espace
desapplications
linéaires continuesde W dans
Hn,
vérifiantpout
toutX, Y
EW,
l’espace
des 1-cobords est le sous-espace vectoriel des éléments B EHn)
de la forme :PROPOSITION 3.1. - Soit B E
Hn),
il existe F EHn
tel quePreuve. -
D’après
les lemmes 3.1 et3.2,
il existe F tel queBD
=V(D)F;
parailleurs,
ona D , Xi ] = Xi, ainsi
on apar suite
donc
ainsi
alors pour tout
f
E~lR+, E~
et ae EIR+,
on asi À est assez
grand,
doncB(Xi)
= ~PROPOSITION 3.2. - Soit n un entier
supérieur
ouégal
à2,
alors :Preuve . - Tout élément g de W s’écrit :
Soit b E
Hn),
donc ~RZ E ®IR2 , Hn), d’après
laproposition précédente :
plus précisément l’application
b vérifie :ainsi le
cocycle b’
défini parest nul sur
M ;
parailleurs,
le groupe Wayant
une moyenne invariante etl’application b’
étant bornée(car
continue et nulle surM,
et K estcompact),
on pose alors
-
(d
étant une moyenne invariante surtV) ;
on a par suitealors pour g E
W,
on aet par
conséquent
de
plus, pout
toutf
E([ , a ~ ~ (a
>1),
on aor
b’
étant borné surW,
parexemple
parainsi
on obtientdonc
d’après
le lemme3.2, F, F’
etF + F’
sont continues pour latopologie
de la convergence uniforme sur tout
compact,
d’où le résultat. 0Remarques
1)
Tous les résultats établisprécédemment
restent valables si on considère lapartie
linéaire uneintégrale
directe dereprésentations
irréductibles de dimensions infinie de W et unitaires dans un espace de Hilbert.2) D’après [5],
on aurait pu se limiter dans toutes les démonstrations au cas n =2,
seulement les calculs et les raisonnements demeurent les mêmes et sans le moindrechangement.
Remerciements
Je tiens à
exprimer
ma reconnaissance au ProfesseurJacques
Simonqui
a
dirigé
mes recherches en meprodiguant suggestions
etencouragements.
Je tiens à
exprimer
maprofonde gratitude
au Professeur Moshé Flato pour l’aidequ’il
m’aapporté
et lesprecieux
conseilsqu’il
m’a donnés.- 73 -
Bibliographie
[1]
FLATO(M.),
PINCZON(G.)
et SIMON(J.) .
2014 Non linear representations of Lie groups,Ann. Sci. Ec. Norm. Sup. 10
(1977),
pp. 405-418.[2]
FLATO(M.)
et SIMON(J.) .
2014 Non linear equation and covariance, Lett. in Math. Phys. 2(1977),
pp. 155-160.[3]
FLATO(M.)
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2014 Linearization of relativistic nonlinear wave equa-tions,
J. Math. Phys. 21
(1980),
pp. 913-917.[4]
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2014 On a linearization program of non linear field equations,Phys. Lett. 94
(1980),
pp. 518-522.[5]
SIMON(J.) .
2014 Non linear representations and the affine group of the complexe plane,Lectures in Applied Mathematics, vol. 21