A NNALES DE L ’I. H. P., SECTION A
M. M EBKHOUT
Étude du groupe SL(3, C) et quelques applications
Annales de l’I. H. P., section A, tome 10, n
o1 (1969), p. 1-29
<http://www.numdam.org/item?id=AIHPA_1969__10_1_1_0>
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1
Étude du groupe SL(3, C)
et quelques applications (*)
M. MEBKHOUT
C. N. R. S. Centre de Physique Théorique,
Faculté des Sciences, Département de Physique Mathématique, 31, chemin Joseph-Aiguier, 13-Marseille (9e), France.
Vol. X, n° 1, 1969, p. 1-29. Physique théorique.
ABSTRACT. - The group
SL(3, C) [1]
has beenpostulated
as the groupsymmetry
for Hadrons. So we have first writtenunitary
irreduciblerepresentations
of this groupusing Mackey theory
of induced represen- tations. Then for the case of twounitary
irreduciblerepresentations
ofthe
principal
nondegenerate series,
we haveexplicitly
written thedecompo-
sition of their tensorial
product by
ageometrical
method of Gelfand and Graev[2].
Next we have used the Clebsch-Gordan kernel in order to build thepossible
invariant vertex from threeunitary
irreducible repre- sentations of theprincipal
nondegenerate
series.INTRODUCTION
Le groupe
SL(3, C)
a étéproposé [1]
comme groupe desymétrie
internedes hadrons. Dès lors se pose le
problème
de l’étude desreprésentations
unitaires irréductibles de ce groupe, de la
décomposition
duproduit
ten-soriel de deux
représentations irréductibles,
de la détermination du noyau de Clebsch-Gordan.Nous décrivons dans une
première partie
lesreprésentations
unitairesinduites de ce groupe ;
puis
dans la deuxièmepartie,
nous écrironsgrâce
(*) Ce travail fait partie d’une thèse de Doctorat d’État soutenue devant la Faculté des Sciences de Marseille.
à une méthode
géométrique
de Guelfand et Graev[2]
ladécomposition
du
produit
tensoriel de deuxreprésentations
unitaires irréductibles de sérieprincipale
nondégénérée (le
casdégénéré
sera étudiéultérieurement).
Dans la dernière
partie, moyennant
la forme obtenue pour les noyaux deClebsch-Gordan,
nous déterminerons un critère de choix desreprésenta-
tions pour
pouvoir
former des vertex invariants pour le groupe àpartir
de trois
représentations
irréductiblesquelconques,
etappartenant
à la sérieprincipale
nondégénérée.
I. -
ÉTUDE
DES
REPRÉSENTATIONS IRRÉDUCTIBLES UNITAIRES
INDUITES DE
SL(3, C)
Structure de
SL(3, C ) [3].
Soit G un groupe de Lie
semi-simple, ayant
un centre fini et aucunecomposante compacte simple;
alors G a des sous-groupes fermés connexesN, E, U,
avec lespropriétés
suivantes :a)
N estnilpotent,
_b)
E estabélien, c)
U estcompact,
d) l’application (n,
e,u)
- n . e . u de N x E x U dans G est un homéo-morphisme
surG,
e)
soit A le centralisateur de E dansU,
alors le groupe F = NEA est leproduit
semi-direct de N et D =EA, f )
U est uncompact
maximal de G.Désignons
par M le normalisateur de E dansU,
A et M sont deux sous-groupes fermés de U contenant le centre C de G et A est invariant dans M.
W =
M/A
est discret etfini,
nousl’appellerons
le groupe deWeyl
restreintde G.
Cette
décomposition
nouspermet
pourSL(3, C)
de faire les identifica- tions suivantes :N est le sous-groupe des matrices 3 x 3 telles que
Il est
nilpotent
maximal.SL(3, C)
E est le sous-groupe des matrices
diagonales
telles queEA = D est un groupe de Cartan de
D;
c’est l’ensemble des matricesdiagonales
dont nousdésignerons
les éléments ;03B42, b3.
r = N. D est le
trigonal supérieur;
nousdésignerons
ses éléments paryjl
avec
03B3ij = 0,
1 >j,
VuU
n’est autre queSU
à uneconjugaison près.
Si l’on munit les racines
correspondant
àl’algèbre
de Cartan de D d’un ordrelexicographique,
N a pouralgèbre
de Lie celleengendrée
par les racines > 0 et r par lesracines >
0.Quant
aux éléments deW,
ils sont au nombre de 3 ! que nousdésignerons
par mi i
[i
1 à6] ;
dans touteligne
et toute colonne d’un m; iquelconque,
il
n’y
aqu’un
élément non nulqui
est+ 1,
lesigne
étantimposé
par dét mi = 1. W a unepropriété importante :
toute double classe deSL(3, C)
modulo r que nous noterons r :
r,
rencontre M suivant une classe modulo A.Par
suite,
iln’y
a que 6 doubles classes et elles sont encorrespondance biunivoque
avec les élémentsroi E W.
Désignons
parIl gij Il (1 i, j 3)
une matriceappartenant
àG;
( le
module de l’élément gij, gij soncomplexe conjugué
etGij
le mineurde l’élément
gj
dans le déterminant de la matriceIl g ij Il.
Nous utiliserons par lasuite,
troisdécompositions
de G :1. -
Décomposition
de Iwasawa.avec
2.
Décomposition
deGuelfand-Naimark.
elle n’est
possible
que si 0 et g3 3 # 0.qui
n’estpossible
que si 0.Espace homogène
et mesurequasi
invariante[4a].
Soit G un groupe localement
compact séparable
et r un sous-groupefermé; désignons
pardg
etdy
les mesures de Haar invariantes à droitesur G et
r; A(g)
et les fonctions modulaires sur ces groupes. X =G/r l’espace homogène
des classes à droite modulo r. Sur Xqui
est un espace localementcompact,
il n’existe pas de mesure de Radonqui
soit invariantepar les
opérations
deG,
mais il existe sur X des mesuresqui
sontéquiva-
lentes à leurs transformées par G : on dit
qu’une
telle mesure estquasi
invariante par G. Deux mesures
quasi
invariantes sontéquivalentes
et onles obtient toutes de la manière suivante :
SL(3, C)
- soit
p(g)
une fonction borélienne strictementpositive
surG,
bornée inférieurement etsupérieurement
sur toutcompact
et vérifiant pour toutyer :
-et à cette fonction est associée une mesure ~
quasi
invariante sur X définie par :x étant la classe
de g
dans X. Deplus,
cette mesure vérifie :Dans le cas de G =
SL(3, C), A(g)
=1, Vg
car il estunimodulaire;
la relation(4)
s’écrit :Déterminons des mesures
quasi
invariantes pour les deux espaces homo-gènes qui
nousintéressent,
à savoir :X =
G/F
et X’ =G/r’,
r et r’correspondant
auxdécompositions (2)
et
(3).
Dans les deux cas, onpeut
mettretout g
E G sous la forme[5] :
(7)
g = yuoù y
appartient
àr(r’)
et uappartient
à un sous-groupecompact.
Posons alorsp(g) = b -1(y);
nous aurons :p vérifie bien
(4).
D’autre
part, grâce
aux relations(2)
et(3),
onpeut,
à des ensembles de dimension inférieureprès,
c’est-à-dire les éléments de G pourlesquels GI1 -
0 et g33 =0,
assimiler :et
ce sont des espaces
projectifs;
lespoints
à l’infinicorrespondant justement
aux classes d’éléments de G pour
lesquels G11 -
0 ou g33 = 0[6].
Dans les espaces X et
X’,
toute mesure > 0qui,
sur toute cartelocale,
est
équivalente
à la mesure deLebesgue,
parexemple,
est leproduit
de lamesure de
Lebesgue
par une fonction indéfiniment différentiable >0,
est
quasi invariante [3].
Appelons dx1dx2dx3
avec xi = ai + etdxl
=dai
la mesurede
Lebesgue
sur X et posons :où
p(x) = b -1(y)
avec x = yu ; en utilisant la relation(1)
etl’expression
de la
fonction
modulaire(7),
on obtient :d’où
De
même, pour l’espace X’,
on obtient de la mêmefaçon
Les mesures
(7)
et(8)
sontquasi
invariantes dans X et X’ et vérifient la relation(6).
Représentations
induites[8].
Donnons-nous maintenant G localement
compact séparable,
r sous-groupe
fermé,
p vérifiant(4) et Ji
une mesurequasi
invariante sur X =Gjr
vérifiant
(5)
et(6).
Soit d’autrepart
y ~L(y)
unereprésentation
continueunitaire de F dans un espace de Hilbert J6. Considérons l’ensemble des fonctions
f
définies sur G à valeurs dans Je et vérifiant les conditions sui- vantes :a )
pour tout h e Je lafonction ~ ~ (/(~), ~ )
est mesurable pourdg;
On montre que l’ensemble de ces fonctions forme un espace vectoriel
et que si l’on considère l’ensemble des classes
d’équivalence
des fonctionsSL(3, C)
égales
presquepartout
sur X pour la mesuredp.(x),
celui-ci est un espace de Hilbert pour leproduit
scalaireNous noterons cet espace
JC~.
On y définit une
représentation
unitaire de G surJet
parJ tg) etant la JOnctIon associée a ail.
Cette
représentation
est ditereprésentation
induite à G par L et on la noteGVL.
Du
point
de vuepratique,
il estpréférable
de construire unisomorphisme
Xà - ~(X, Je)
ensemble des fonctions définies sur X à valeurs dans Je et telles queon introduit pour cela une
fonction g - B(g)
à valeurs dans lesopérateurs
unitaires de Je et telle que :
l’isomorphisme
est réalisé par :A la
représentation (10)
surJC~ correspond
unereprésentation
unitairesur
~(X, Je)
que nous noterons encoreGUL
etqui
est donnée par :où g est un élément
quelconque
de la classe de g.On
peut
choisir facilementB(g)
vérifiant(12);
eneffet,
supposons g écritsous la forme g = y ’ u, ce
qui
esttoujours possible [5]
et posons :nous aurons :
c. q. f. d.
Nous allons construire des
représentations
de G en utilisant ces résultats.1)
La sérieprincipale
nondégénérée.
Elle se construit à
partir
del’espace homogène
X =G/r
et de la mesure=
p(x)dx,
où dx =dx1dx2dx3
en utilisantl’espace
de HilbertC;(X, Je)
des fonctions
F(x),
telles que :Pour écrire
explicitement (14),
il nous fautl’expression
deB(g),
c’est-à-dire
L(y).
/’...
Dans la
décomposition
r =N.D,
D estabélien; désignons
par D son dual. Le groupe deWeyl
W définit un groupe desautomorphismes
deD,
/’... /’... /’...
donc de D.
Désignons
par D’l’ensemble des éléments de D dont les trans- formés par W sont tous distincts. Soit alors X e D etx
lareprésentation
de rdéfinie par :
On montre que les
représentations
unitaires induites par lesreprésenta-
tions
x
de F pour X E D’ sont irréductibles. C’est la sérieprincipale
nondégénérée.
Nous avons donc :_ _ _ - - - _
mi =
entier,
pi = réels Dans(14), g
est un élémentquelconque
de la classe x; en faisant :nous aurons
avec, en
désignant par Il
la matrice xgSL(3, C)
On retrouve une forme des
représentations équivalentes
à celle donnéeen
[5] ;
en considérantl’espace
Jeisomorphe isométriquement
à l’es-pace
£;(X)
des fonctionsf (x)
telles que :l’isométrie s’obtenant par
l’application :
où x’ est la classe de xg dans X.
2)
La sérieprincipale dégénérée.
Elle se construit sur
l’espace ~~(X’, Je)
avec la mesure :On considère la
représentation
L de r’ définie par :et nous aurons de la même facon
x’ étant la classe de xg dans X’.
Avec :
On obtient
également
la forme desreprésentations
données en[5]
par l’iso-morphisme isométrique
d’où :
En
plus
de ces deuxséries,
il en existe deux autres dites sériescomplémen-
taires non
dégénérée
etdégénérée qui
s’obtiennent par induction à G d’unereprésentation
unidimensionnelle non unitaire de r et de r’. Nous ne les utiliserons pas par la suite.II. -
ÉTUDE
DU PRODUITTENSORIEL
DE DEUX
REPRÉSENTATIONS
DE LA
SÉRIE
NONDÉGÉNÉRÉE
Introduction.
Considérons deux
représentations
de la sérieprincipale
nondégénérée
induites par les
représentations
xi et x2 du sous-groupe r. Nous nous propo-sons donc
d’analyser
leproduit
tensoriel UX1 0 UX2 en ses éléments irré- ductibles.Appliquons
d’abord le théorème d’induction réduction deMackey [4 a]
(théorème 7.2).
On considère pour tout
couple (x, y)
E G x G lesreprésentations
v - et du sous-groupe n
(y-lry)
deG, .
et soit
x(xy)
leurproduit tensoriel;
on forme lareprésentation
induiteaUx(x,y). Alors,
cettereprésentation
est déterminée à uneéquivalence près
par la double classe
0393xy-10393
et Uxi @ UX2 est unitairementéquivalente
à la somme
directe,
sur les doubles classes de mesure nonnulle,
derepré-
sentations .
Dans notre cas, il
n’y
aqu’une
seule double classe de mesure non nulle[5] ;
c’est la double classe 039303C90393 de l’élément :
En faisant x = e
et y
= nous obtenons D sous-groupe de Cartan etOn
peut
donc dire que leproduit
tensoriel UXI Q9 UX2 estéquivalent
à lareprésentation
induite à G par lareprésentation /
de D. Elle est donc construite surl’espace
étant une mesurequasi
invariante surG/D.
Cette dernièrereprésentation
n’est pas irréductible et nous nous pro- posonsd’analyser
sescomposantes
irréductibles par une méthodegéo- métrique
due à Guelfand et Graev[2].
En utilisant la forme
(20)
pour lesreprésentations,
nous pouvons écrire exnlicitement le nroduit tensoriel :En
désignant
parS = G/D l’espace
descouples (x, y)
où xet y
EX = G/D ;
D étant le stabilisateur du
couple (e,
nous écrirons(25)
sous la forme :g) correspondant
aux nombres[m2,
m3, P2,P3].
~2~ g) correspondant
aux nombres[n2,
n3, 62,~3]’
L’unitarité de U entraînant la relation fonctionnelle
pour
~S~S
et~g1g2
E G.Afin de
décomposer
lareprésentation (27),
nous associons à S l’ensembledes orbites
par N sous-groupe
nilpotent
maximal deG,
ou tout sous-groupe N’=g-1Ng conjugué. Étudions
lespropriétés
de ces orbites diteshorosphères
de centre s.g fait passer de m à une autre
horosphère
m’.Cependant
Gn’agit
pas transitivement surQ,
mais on montre que Q est stratifié en un ensemble de sous-espacesQx
transitifs parG ;
la base de stratification étant X =G/r.
b)
Soient deuxhorosphères quelconques
mi et ro2, voyons àquelles
conditions elles
peuvent
être confonduesElles ont même
stabilisateur,
d’où :g’g-1 appartient
au normalisateur deN,
c’est-à-dire r = D.N =N.D,
d’oùD étant le stabilisateur de so ;
(29)
donneOr
d’où :
Il résulte donc de
(30)
et(31) qu’on peut paramétrer
unehorosphère
(upar le
couple
depoints co
=(hl, h2) hl
eth2
E H =G/N,
0153 =(hl, h2)
étant confondues avec ro’ =
Jh2),
ou encore écrire :gl (g)
étant unreprésentant quelconque
de la classeh1(h2).
c)
Le transformé par g d’unehorosphère
ro s’écritcvg =
(hl, (hl, h)
hquelconque
e H.Ainsi
hl désigne
lacomposante
transitiveOx
àlaquelle
roappartient,
h dési-gnera
l’horosphère
m.Nous dirons que h E H est en
position générale
siet (J) =
(hl, h)
est enposition générale
sihl
l’est. D’autrepart,
nous avons :donc si
hl
est enposition générale, 3 == 5i ~
= c et alors sur unecomposante
SL(3, C)
transitive
d’horosphères
enposition générale,
leshorosphères (hl, h)
et(hi, ch)
sont confondues.On voit aussi
pourquoi
la base de stratification de Q estX;
eneffet, hl désignant
lacomposante transitive,
on les obtient toutes en faisantvarier
h 1,
mais sachant queAi
et03B4h1 désignent
la même composante;hi peut
êtreremplacé
par saclasse ~
dansH/D =
Z.Nous avons
également
besoin d’une mesure surhorosphère
o telleque :
Pour la
construire,
considéronsl’espace homogène
H= G ,
à un ensemblede mesure nulle
près;
ilpeut
être identifié au groupe H = ZD et l’on a,en utilisant
(5),
une mesure sur Zoù vérifie
(4).
ou encore
Maintenant,
unpoint s E
û) =(hl, h)
est donné par s =x0g-11ng
oùgl(g)
sont deux
représentants
fixes de la classehl(h);
on montre que la mesureoù dn la mesure invariante sur N, venne
(33).
- Considérons maintenant la
représentation (26).
Nousallons,
dans unepremière étape,
chercher lesreprésentations
irréductiblessusceptibles d’apparaître
dans ladécomposition.
Pourcela,
associons à toute fonction.f (s)
E unefonction
sur Q parou encore en utilisant
(37)
et laparamétrisation (32)
Imposons
la condition que lareprésentation
N
induit la
représentation U(g)
sur les fonctions~,
définie parPour voir
quelles
sont lescomposantes
irréductiblesqui apparaissent,
on
décompose
d’abord(40).
Cette
représentation,
induite à H par lareprésentation
identité deN,
est dite
quasi régulière;
elle sedécompose
ainsi[9] :
- On associe à la fonction
qJ(h1, h)
sa transformée de Fourier définie paret
""
03B4
parcourant
D et X, D son du alLes
fonctions 1/1 ayant
lespropriétés d’homogénéité
suivantes :à la
représentation U(g) (40), correspond
lareprésentation U(g)
sur lesfonctions §
paret l’on a
l’analogue
de la formule de Plancherel pour les fonctions réci-et 9
dx étant la mesure définie par
(34)
sur X =G/r.
Cette
représentation (46)
n’est autre que lareprésentation
irréductible de la sérieprincipale
nondégénérée
définie par(20).
En effet
donc
l’application h, x)
-~ x,x)
est uneisométrie,
et onpeut
décrire(46)
surl’espace L2(X, dx);
nous aurons :car si
et
Par ailleurs
[5],
on montre que lesreprésentations
réalisées sur les espaces des fonctions.p(h1, x, x)
eto/(h1,
x,x’)
sontéquivalentes
six(b)
=pour (u E
W,
doncchaque représentation apparaît
6 fois(nombre
d’élé-ments de
W)
dans ladécomposition
de(40).
Nous avonsdécomposé
lareprésentation quasi régulière,
en uneintégrale
hilbertienne dereprésen-
tations de la série
principale
nondégénérée,
la mesure étantdx,
et chacuneintervenant 6
fois;
onpeut
donc écrire que :- Tous les caractères x n’interviennent pas dans la
décomposition
de lareprésentation (25);
eneffet,
le noyau de la relation(39)
va introduire unerestriction sur les x.
Remarquons
que lesreprésentants
gl et g2 dans l’horo-sphère
m =(hl, h)
sontarbitraires,
d’oùD’autre
part,
la conditionimposée
pour définir le noyau et l’invariance de la mesure(37)
nous donneANN. INST. POINCARË, A XI
d’où
en tenant
compte
de la relation fonctionnelle(27),
on voit que :est solution de
(50)
et(51),
donc un noyaupossible.
Nous avons doncSoit c
appartenant
au centre C deG;
nous avons en utilisant(27) :
car
lng2, c)
=a(s, c)
nedépend
que de c,d’où,
en utilisant(45)
et
(49) :
d’où :
soit,
en tenantcompte
du fait qued’où
k entier
quelconque.
SL(3, C) 17
Ainsi,
seules les fonctions ç telles que :p~ et p~ vérifiant
(55)
interviennent et l’onpeut
dire que dans ladécompo-
sition de la
représentation (25),
seules les composantes irréductibles pourlesquelles
x vérifie la relation(55) apparaissent
et(41)
nous donne alors :Il reste maintenant à inverser
(57),
c’est-à-dire calculerf (s)
en sedonnant qu
vérifiant
(53)
et(56),
oubien 1/1
vérifiant(57).
Pourcela,
on utilisel’analogue
de la formule de Plancherel pour le groupe G
[5].
Soitoù
u(g)
estcontinue,
constante sur les classes d’élémentsconjugués
etbornée sur
D;
alorsF(g)
estcontinue,
bornée surG,
et indéfiniment diffé- rentiable auvoisinage
de l’identité et deplus,
enposant
et
où dz est la mesure définie par
(34)
sur2014..
Enex rimant 5/x)
en fonc-tion de nous obtenons :
or
d’où,
en utilisant(53)
et faisant = 1 auvoisinage
de eet en utilisant
(56), (58),
nous obtenons :Nous allons
simplifier
le noyau de cetteintégrale.
Posons
Calculons h’
Or,
nous pouvons, en utilisant(2)
écrireoù zi est la classe de
(nq) -’-
dans X =G/r.
zlpeut
être mis sous la forme :zi =
~z’ô -1
OÙ z’ est enposition générale
d’où :
Par
ailleurs, (57)
nous donne :et, en tenant
compte
de(45), (27)
et(36),
nous obtenons :où
SL(3, C) QUELQUES 19
Calculons
~~)
or
d’où
Pour écarter la valeur nulle de
nq),
onmultiplie
le noyau par la fonction constanteg),
oùd’où :
d’où :
et en tenant
compte
du fait que :et en
posant
on trouve :
avec
et
SL(3, C)
III. -
APPLICATIONS
Nous nous proposons d’utiliser le noyau de Clebsch-Gordon
(70)
pour former des invariants par G àpartir
de troisreprésentations
irréductibles de la sérieprincipale
nondégénérée.
En suivant Rühl[77],
nous feronsquelques hypothèses
afin de restreindre le choix de cesreprésentations
irréductibles. _
Donnons-nous trois
représentations
irréductibles dutype (20) :
Supposons qu’elles correspondent
à troismultiplets;
uncouplage
entreces trois
multiplets
n’estpossible
que s’il existe un invariant par G tel queNous voyons
d’après
l’étude duproduit
tensorielqu’un
invariant ne sauraitse trouver
dans
sadécomposition,
car seules desreprésentations
unitairesirréductibles,
donc de dimension infinieapparaissent; cependant
cetteétude nous donne la forme du noyau ; en effet y,
z)
etN(x,
y,z)
vérifientdes
équations
fonctionnelles du mêmetype
etN(x, y, z) peut
être missous la forme :
Déterminons les
Pt(QJ
en utilisant l’invariance de(72)
parG,
d’oùJ =
jacobien
des variables xyz parrapport
auxvariables x’y’z’.
Or
où nous avons
posé :
d’où
x les
complexes conjugués
auxpuissances Qi-
Par
comparaison
de(74)
et(75)
en caractérisanton trouve une condition de
compatibilité :
et on trouve
également :
avec
Les
Qi
sont donnés par les mêmes formules enremplaçant
les - mi par les + mi’ a par c et bpar d
D’autre
part,
le noyau est uniforme pour :soit
et il
n’y
a pas desingularité
pourcondition
qui
esttoujours
vérifiée.Donc,
pourqu’un invariant,
c’est-à-direqu’un couplage existe,
il suffitd’imposer
auxreprésentations
les conditions(76)
et(77).
Nous pouvons encore restreindre le
choix;
eneffet,
faisonsl’hypothèse
que la restriction de la
symétrie
deG,
à soncompact
maximalSU3
redonnela classification bien connue de
celui-ci,
c’est-à-dire cherchons lesrepré-
sentations de G
qui,
par restriction àSU 3
ne contiennent que desrepré-
sentations vérifiant la
relation p - q =
0 mod 3.Pour
cela,
étudions ladécomposition
parrapport
àSU3
d’unereprésen-
tation de G définie par
(m2,
m3, p2,P3)
parexemple.
On utilise pour cela le théorème suivant[4 b] qui
est l’extension du théorème deréciprocité
de Frobenius.
Soit
U(u)
unereprésentation
irréductible deSU3 ;
x unereprésentation
de D de dimension 1. La
multiplicité
deU(u)
dans la restriction àSU~
de la
représentation
deG,
induite par x, estégale
à lamultiplicité
de xrestreinte à M sous-groupe
diagonal
deSU3
dans la restriction deU(u)
à M.
Donnons-nous
la restriction de x à M s’écrit
les
représentations
deSU 3
cherchées sont celles dont le caractère contientx(v) ;
leurmultiplicité
étant celle de ce caractère. Les groupes que nous utilisons étantsimplement
connexes, nous pouvons raisonner sur leursalgèbres
et considérer lespoids correspondants.
Supposons qu’il
y ait un ordrelexicographique
sur lespoids
et pour fixer lesidées,
prenonsm3 >
0(les
autres cas se traitent de la mêmefaçon) ;
nous pouvons alors écrire lepoids correspondant
au caractèrex(v)
sous la forme
[10] :
où
Al
etA2
sont lespoids
fondamentaux del’algèbre SU3.
D’autrepart,
étant donné unereprésentation
irréductible deSU3
depoids
dominantA,
un
poids quelconque appartenant
à cettereprésentation peut
se mettresous la forme :
p, q,
ki, k2 entiers >
0 et(al, a2)
étant unsystème
fondamental de racines relatif à unesous-algèbre
de Cartan deSU3.
Or :d’où
et en identifiant M et viL
telles sont les
représentations (p, q)
deSU 3 qui
sontsusceptibles d’apparaître
dans la restriction de la
représentation (m2,
m3, p~,P3)
de G si toutefois lamultiplicité
de P dans(p, q)
est différente de 0.Or,
étant donnée unerepré-
sentation de
poids
dominant A[12],
lamultiplicité
d’unpoids
M dans lareprésentation
A est donnée par la formule de Kostant :où
les S sont les éléments du groupe de
Weyl :
Si X est une combinaison linéaire à coefficients entiers de ~* dual de la
sous-algèbre
deCartan P(X)
est ici le nombre de solutions(r 0152’ r~,
...,r (JJ)
de :
les ... sont
entiers >
0 et(oc, fl,
..., est l’ensemble des racinespositives.
En
explicitant
lescalculs,
on trouve :où
P[a03B11
+ba2]
est le nombre de solutions dusystème
ri, r2, r3 nécessairement
entiers >
0.Nous avons calculé pour les
premières
valeurs de m2 et m3 lesreprésen-
tations
(p, q) qui apparaissent
ainsi que leurmultiplicité (cf. Appendice).
Il est à remarquer que 03C1203C13
peuvent
varier sans que ladécomposition
de lareprésentation
parrapport
àSU 3 change.
Ainsi
donc,
si nous voulons conserver la classification parrapport
àSU3,
nous devons
imposer :
D’où en utilisant
(78)
et aussi
conditions
qui
ne sont nullement entraînées par(76)
et(77).
Jusqu’à présent,
nous n’avonsimposé
des restrictionsqu’aux paramètres
entiers.
Remarquons
que tous les étatsappartenant
à un mêmemultiplet
de
SU3
sont affectés de la mêmeparité;
pour conserver cettepropriété,
il faudrait choisir les
représentations
de G de telle facon quel’opérateur
parité
commute avec lapartie compacte
et anticommute avec lapartie
hyperbolique
deG;
on montre[13]
et ceci pourSL(n, c) n quelconque
que seules les
représentations
de la sérieprincipale
pourlesquelles
lesparamètres continus p
i sontnuls, remplissent
de tellesconditions; sauf, quelques représentations singulières
que nous ne choisirons pas. En défi-nitive,
lesreprésentations
que nousprendrons
devront vérifier(76), (77), (81)
et p2 = P3 = 0. En utilisant
l’appendice,
un choix très intéressant pour le vertexbaryons antibaryons
mesons BBMavec
Ici,
nous n’avons utilisé que lesreprésentations
de la sérieprincipale
nondégénérée ;
d’autres choix sont évidemmentpossibles
avec lesreprésenta-
tions de la série
dégénérée
et mêmesupplémentaire.
Pour
finir,
nous allons donner une formeplus
commode pour l’inva- riant(73)
utilisant le groupeSU3.
On considère
[5] l’espace
de HilbertC2(SUjM, du)
des fonctions telles que :et
t |03C6(u)| 2du
oo du étant la mesure de Haar surSU3.
L’application 03C6~f
définie par(85)
-03C6(u)=03C03/2 03B1(e, u) f(x)
u et x1/2
appartenant
à la même classe dans X =G/r,
établit une isométrie entre~’2(SU3/M, du)
et~(G/r, dx)
et à lareprésentation :
correspond
lareprésentation :
ug étant un élément
quelconque
de la classe de ug.Posons :
SL(3, C)
et avec
x et u devant
appartenir
à la mêmeclasse,
nous obtenons en utilisant[1 a]
d’où
et
où les
Ui
sont toutes les combinaisons dutype
u31v11 + u32v21 + u13v11, C étant une constante nedépendant
que des invariants(m;, Pi)
définissant lesreprésentations.
D’autre
part,
on montre[74]
que pour unereprésentation
irréductible deG,
onpeut
trouver une basecanonique
dansC2(SU3/M, du)
formée par la somme directe de bases orthonormales dans les sous-espaces invariants parSU3
obtenus par la restriction deU(g)
à ce sous-groupe et onpeut
écrire :(el)
est une base orthonormale dansl’espace
de lareprésentation
ce= (p, q)
de
SU3 qui apparaît
avec lamultiplicité
dans lareprésentation U(g)
de G restreinte à
SU 3;
enremplaçant,
nous obtenons :Je remercie M. Carmona pour sa fructueuse
collaboration,
sanslaquelle
ce travail n’aurait
jamais
pu être mené à terme, ainsi que M. Halbwachs pour sesencouragements
et ses conseils.BIBLIOGRAPHIE
[1] M. FLATO et D. STERNHEIMER, J. Math. Phys., t. 7, n° 11, 1966, p. 1932.
[2] I. M. GUELFAND et M. I. GRAEV, Trudy Moskov, obsc. 8, 1959, p. 321-390 et AMST, vol. 37, série 2.
[3] F. BRUHAT, Thèse, Gauthier-Villars, 1956.
[4a] G. W. MACKEY, Induced representations of locally compact groups I. Ann. Math.,
t. 55, 1952, p. 101-140.
[4b] G. W. MACKEY, Induced representations of locally compact groups II.
[5] I. M. GUELFAND et M. A. NAIMARK, Unitare Darstellungen der Klassischen Gruppen, Akademie Verlag, Berlin, 1957.
[6] BOURBAKI, livre VI, chap. 2.
[7] BOURBAKI, livre.
[8] Georges CLAUDE, Représentations induites. Séminaires de l’Institut Henri Poin- caré.
[9] I. M. GUELFAND et M. A. NAIMARK, Mathematitchesky Sbormk, t. 21, n° 63, 1947,
p. 405-434; AMST, série 1, vol. 9.
[10] FRONSDAL, The representations of SL(n, C), ICTP 66/51.
[11] RÜLH, RUEGG et SANTHAMAN, C. E. R. N. TH. 709, 1966.
[12] JACOBSON, Lie Algebras, Interscience Publishers, New York, London, 1962.
[13] RÜLH, C. E. R. N. 65 1670/5 TH. 626.
[14] M. A. NAIMARK, Description of all irreducible representations of classical groups, AMST, (2), vol. 9.
(Manuscrit reçu le 21 octobre 1968 ) .