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Submitted on 13 May 2011
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Résultats de l’atelier de réflexion prospective sur les EIAH (programme PIRSTEC)
Pierre Tchounikine
To cite this version:
Pierre Tchounikine. Résultats de l’atelier de réflexion prospective sur les EIAH (programme
PIRSTEC). 2009. �hal-00592759�
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Résultats de l'atelier de réflexion prospective sur les EIAH (programme PIRSTEC)
Ce document synthétise les résultats de l'atelier de réflexion prospective sur les EIAH (Environnements Informatiques pour l’Apprentissage Humain) qui s’est tenu dans le cadre du programme ANR PIRSTEC (Prospective Interdisciplinaire en Réseau pour les Sciences et TEchnologies Cognitives ; Thème « Apprentissage et Cognition » - Atelier pilote n°1).
Référence : « Résultats de l'atelier de réflexion prospective sur les EIAH (programme PIRSTEC) », P. Tchounikine (rédacteur), septembre 2009.
Contact : Pierre Tchounikine, Université Grenoble 1 ([email protected])
1. Le domaine
La demande de technologies pour l’éducation, la formation, et plus largement l’apprentissage humain sous toutes ses formes s’est largement développée avec des exigences d’adaptabilité, de flexibilité et d’efficacité qui soulèvent des problèmes d’une grande diversité mais avec toujours à leur cœur la question des processus cognitifs en termes de conceptualisation, de construction du sens et d’acquisition de savoir-faire. Les principaux problèmes s’organisent autour de la question du passage des modèles et des concepts des sciences cognitives à leur mise en œuvre dans des dispositifs informatiques, de la question d’ingénierie des situations permettant les apprentissages et d’évaluation de l’efficacité des technologies dans les divers contextes d’usage à l’école ou sur le lieu de travail, pour satisfaire des besoins privés ou professionnels, par des sujets aux compétences et aux besoins d’une grande diversité (de l’enfant à la personne âgée, sous la contrainte d’handicaps ou de pathologies cognitives ou motrices).
Le terme utilisé actuellement pour désigner les systèmes construits (et, par extension, le domaine de recherche) est EIAH pour Environnements Informatiques pour l’Apprentissage Humain. Un EIAH est un environnement informatique conçu dans le but de favoriser l’apprentissage humain, c’est-à-dire la construction ou le développement de connaissances chez un apprenant.
2. L’atelier
L’objectif de l’atelier était de mettre à jour le programme scientifique du domaine en identifiant les thématiques clés et les verrous.
L’atelier a été organisé par le comité scientifique suivant : Pierre Tchounikine (LIG,
Université Grenoble 1, porteur), G. Antoniadis (LIDILEM, Grenoble 3), M. Baker
(MODYCO, Paris 10), M. Bétrancourt (TECFA, Uni Genève), B. David (LIESP, Ecole
Centrale de Lyon), S. Garlatti (Télécom Bretagne, Brest), M. Grandbastien (LORIA, Nancy),
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J.M. Labat (LIP6, Paris 6), K. Lund (ICAR, CNRS, Lyon), A. Mille (LIRIS, Lyon 1), J.-C.
Marty (Université de Savoie), J.-F. Rouet (CeRCA, Poitiers), A. Tricot (IUFM, Toulouse), L.
Trouche (INRP, Lyon), E. de Vries (Lab Sciences de l’éducation, Grenoble 2).
Les membres du comité ont lancé un certain nombre d’invitations vers des collègues d’autres laboratoires universitaires afin d’assurer une représentativité nationale, ainsi que vers des personnes à l’interface de la recherche et des usages sociaux et économiques, des pôles de compétitivité et des représentants des utilisateurs finaux
L’atelier s’est tenu à Grenoble (accueil par l’équipe MeTAH du laboratoire LIG) les 4, 5 et 6 mai 2009.
La liste des présents était :
– Pour le Pirstec : N. Balacheff
– Membres du comité scientifique : P. Tchounikine (LIG, Grenoble 1), G. Antoniadis (LIDILEM, Grenoble 3), M. Bétrancourt (TECFA, Uni Genève), B. David (LIESP, Ecole Centrale de Lyon), S. Garlatti (Télécom Bretagne, Brest), M. Grandbastien (LORIA, Nancy), J.M. Labat (LIP6, Paris 6), K. Lund (ICAR, CNRS, Lyon), A.
Mille (LIRIS, Lyon 1), J.-C. Marty (Université de Savoie), E. de Vries (Lab Sciences de l’éducation, Grenoble 2).
– Invités représentants de laboratoires Universitaires : C. Choquet (Le Mans), T.
Nodenot (Bayonne), J.M. Boucheix (Dijon), J. Ph Pernin et V. Luengo (Grenoble).
– Invités à l’interface recherche et usage social et économique, pôles de compétitivité et représentants des utilisateurs finaux : V. Sallaz (entreprise Daesign, Serious Games), D. Chêne (entreprise Orange labs), B. Cornu (CNED), M. Macedo-Rouet (CNDP et son agence des usages des TICE), I. Papadopoulos (entreprise Apple).
3. La démarche
Le domaine étant intrinsèquement pluridisciplinaire, le comité scientifique et la liste des invités ont été construits afin de former un groupe où étaient notamment représentées l’informatique, la psychologie, les sciences de l’éducation, les sciences de l’information et de la communication et les sciences du langage.
Afin de traiter des questions scientifiques dans leur complexité, les discussions et travaux ont abordé le domaine en soi et non uniquement son versant sciences cognitives.
L’atelier s’est organisé de la façon suivante :
– Demi-journée #1 : tour de table, identification des questions clés.
– Demi-journée #2 : travail en atelier sur les points ayant émergés (3 ateliers en parallèle).
– Demi-journée #3 : restitution des ateliers, échanges.
– Demi-journée #4 (comité scientifique uniquement) : première structuration du document.
Le document final a été construit sur la base des résultats des ateliers et de la première
synthèse établie lors de la quatrième demi-journée, par des échanges avant et après la
rencontre entre les membres du comité scientifique, puis plus largement entre les participants
à l’atelier. Une présentation succincte a également été proposée publiquement lors de la
conférence nationale de référence du domaine (conférence EIAH, Le Mans, 23-26 juin 2009).
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4. Premier résultat : éléments généraux
Relation au monde institutionnel et industriel
Afin de mieux cerner le contexte actuel, les participants à l’atelier ont notamment cherché à recueillir et à travailler sur les éléments émanant des invités à l’interface de la recherche et des usages sociaux et économiques et des représentants les utilisateurs finaux. Ces discussions ont notamment conduit à mettre en évidence les points suivants :
1. Les institutions sont convaincues de l’intérêt d’utiliser les TICE. Il existe un marché institutionnel (Ministère, CNED, Universités, etc.) et industriel (nombreuses entreprises de différents niveaux, de PME développant des « Jeux sérieux » (« serious games ») aux acteurs de haut niveau comme Microsoft ou Apple, pour qui l’éducation est l’un des 3 marchés clés). Les entreprises, comme les institutions, ont cependant des difficultés à s’appuyer sur les travaux de recherche, notamment en raison des cycles courts dans lesquelles elles sont impliquées. Il serait utile que les travaux de recherche aient une coloration « aide à la décision », puissent informer les travaux d’ingénierie et de réingénierie et proposer des recommandations. Il ne s’agit pas nécessairement de recherches applicatives, mais de recherches ayant une dimension prescriptive : les laboratoires de recherche n’ont pas les moyens de changer les structures ni les pratiques, mais peuvent être prescriptifs ou du moins contribuer à éclairer les décisions.
2. Il est nécessaire d’identifier et de traiter les problématiques de recherche et de développement liées à la banalisation de l’usage des TICE (Technologies de l’Information et de la Communication dans l’Enseignement). Par exemple, Apple est très intéressé à comprendre comment les enseignants utilisent (et font utiliser) les TICE et comment les usages des élèves évoluent, les évolutions des rôles des enseignants, la façon dont les élèves apprennent à utiliser des connaissances (etc.) pour concevoir leurs futurs systèmes (cf. infra section « évolutions récentes »).
3. La question de l’évaluation est centrale. La recherche doit montrer ses résultats (notamment : pour étayer ses prescriptions). Il est important de disposer de moyens permettant de comprendre quand et pourquoi et comment les apprentissages prennent place. A ce niveau, le constat est que le manque d’évaluation des travaux est très largement dû au fait que la plupart de ces travaux ne sont pas fondés sur (ou ne peuvent pas être reliés à) des cadres théoriques explicites.
4. De façon générale, les collaborations recherche/industrie doivent prendre place au bon niveau : si la recherche est trop fondamentale elle est probablement trop difficile à exploiter, si elle est trop près des applications effectives les acteurs de la recherche n’ont en général pas les forces pour être des acteurs de premier plan.
Evolutions récentes
Le domaine des EIAH est abordé depuis de nombreuses années. Il a cependant subi de
nombreuses évolutions liées à la fois à (1) l’évolution très rapide des technologies
(hypertextes, systèmes à base de connaissances, technologies collaboratives, réalité virtuelle
et augmentée, informatique mobile et ambiante, technologies haptiques, télévision interactive,
etc.), (2) l’évolution – tout particulièrement dans la période actuelle – des usages (banalisation
de l’accès aux ordinateurs, émergence d’internet, émergence du Web 2.0, etc.) et (3)
l’évolution des théories ou cadres conceptuels (théories de la cognition, de l’apprentissage, de
l’activité). Ces évolutions expliquent que d’anciennes problématiques se renouvellent et que
d’autres apparaissent.
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Parmi les évolutions récentes majeures ont été plus particulièrement relevées :
– Le développement et l’utilisation de ressources diverses (Wikipédia, YouTube, documents divers en ligne, etc.), dont de plus en plus ne sont pas conçues pour un usage pédagogique.
– Le basculement technologique : les utilisateurs (enseignants, élèves) n’attendent pas de recevoir la technologie, pour une large part ils arrivent avec leur propre technologie et sont à la recherche de services (ce qui, par ailleurs, pose des problèmes techniques comme l’interopérabilité avec les systèmes techniques institutionnels).
– L’émergence de communautés d’enseignants, qui utilisent et développent des EIAH.
– L’évolution du métier des opérateurs institutionnels (CNED, Universités, etc.), où l’activité de production de ressources laisse de plus en plus place aux activités de service associées aux ressources (tutorat, etc.), ce qui amène par ailleurs à des questionnements sur la forme, la structure et l’organisation de ces ressources.
Conséquences des évolutions récentes
Parmi les conséquences de ces évolutions ont été plus particulièrement notés les points suivants :
– Les EIAH ne concernent plus uniquement des domaines scolaires bien formalisés : il y a une émergence et une prise d’importance de domaines qui sont peu formalisés (dans le contexte de la formation professionnelle notamment), et où apparaissent de nouveaux types de connaissances (par exemple, gestuelle ou perceptuelle).
– De façon générale, l’évolution des technologies et des usages amènent à un renouvellement des situations d’interactions humain-machine, apprenant- connaissance et humain-humain (évolution de la nature du contexte avec les technologies mobiles, etc.).
– L’évolution des usages et des contextes d’usages amène à des situations d’apprentissages ayant des caractéristiques spécifiques qui doivent être prises en compte, en particulier :
- Situations d’apprentissage informelles, par opposition aux situations formelles (i.e., structurées et institutionnalisées).
- Situations où se développent des apprentissages inattendus (apprentissages de choses qui n’étaient pas attendues ni organisées), par opposition
1à des situations d’apprentissage liées à un objectif d’apprentissage.
- Situations où se développent des apprentissages implicites (dont l’apprenant n’a pas conscience), par opposition aux situations explicites (i.e., dont l’apprenant a conscience).
De façon générale, la nécessaire pluridisciplinarité des travaux a été réaffirmée, ainsi que le regret que cette pluridisciplinarité soit largement reconnue comme nécessaire mais toujours rendue difficile par les structures.
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