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complètes

ÉDITIO ÉTABLIE ET ANNOTÉE PAR GUSTAVE COHEN

RONSARD

Œuvres

GALLIMARD

(4)

Tous droits de traduélion, de reproduliion et d'adaptation réservés pour tous les pays.

© Éditions Gallimard, 19 jo.

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ŒUVRES POÉTIQUES

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A SON LIVRE

SONET

VA, livre, va, desboucle la barriere,

Lasche la bride, et asseure ta peur, Ne doute point par un chemin si seur D'un pied venteux em-poudrer la carriere;

Vole bien tosl:, jj'entens desja derriere

De mes suivans l'envieuse roideur

OpiniaStre à devancer l'ardeur

Qui me poussoit en ma course première.

Mais non, arreste, et demeure en ton rang, Bien que mon cœur bouillonne d'un beau sang, Fort de genoux, d'haleine encore bonne;

Livre, cesson d'acquerir plus de bien,

Sans nous fascher si la belle couronne

Du Laurier serre autre front que le mien.

(9)

VŒU

.Divines Sœurs, qui sur les rives molles

De CaStalie, et sur le mont natal, Et sur le bord du chevalin cryStal M'avez d'enfance inStruit en vos escoles;

Si tout ravy des saults de vos caroles, D'un pied nombreux j'ay guidé voftre bal, Plus dur qu'en fer, qu'en cuivre et qu'en metal, Dans voStre Temple engravez ces paroles

Ronsard, afin que le siècle avenir De temps en temps se puisse souvenir

Que sa jeunesse a l'amour fift homage, Delamain dextre apand a voHre autel L'humble présent de son livre immortel Son cœur de l'autre aux pieds de ce fie image.

(10)

LE PREMIER LIVRE

DES AMOURS

AMOURS DE CASSANDRE

1

Qui voudra voir comme Amour me surmonte,

Comme il m'assaut, comme il se fait vainqueur, Comme il r'enflame et r'englace mon cueur, Comme il reçoit un honneur de ma honte;

Qui voudra voir une jeunesse pronte A suivre en vain l'objet de son malheur, Me vienne lire il voirra la douleur,

Dont ma Deesse et mon Dieu ne font conte.

Il cognoiStra qu'Amour est sans raison, Un doux abus, une belle prison,

Un vain espoir qui de vent nous vient paiStre Et cognoistra que l'homme se deçoit, Quand plein d'erreur un aveugle il reçoit Pour sa conduite, un enfant pour son maistre.

II

NATURE ornant Cassandre qui devoit

De sa douceur forcer les plus rebelles, La composa de cent beautez nouvelles Que dés mille ans en espargne elle avoit.

De tous les biens qu'Amour-oiseau couvcit Au plus beau Ciel cherement sous ses ailes, Elle enrichit les graces immortelles

De son bel œil, qui les Dieux esmouvoit.

Du Ciel à peine elle eStoit descendue Quand je la vey, quand mon ame esperdue En devint folle, et d'un si poignant trait

(11)

LE PREMIER LIVRE DES AMOURS

Amour coula ses beautez en mes veines, Qu'autres plaisirs je ne sens que mes peines, Ny autre bien qu'adorer son pourtrait.

III

ENTRE les rais de sa jumelle flame

Je veis Amour qui son arc desbandoit, Et dans mon cueur le brandon espandoit, Qui des plus froids les mouëlles enflame

Puis en deux parts pres les yeux de ma Dame, Couvert de fleurs un reth d'or me tendoit, Qui tout crespu sur sa face pendoit A flots ondez pour enlacer mon ame.

Qu'eussé-je faiâ? l'Archer eStoit si doux, Si doux son feu, si doux l'or de ses nouds, Qu'en leurs filets encore je m'oublie.

Mais ces"t oubly ne me travaille point, Tant doucement le doux Archer me poingt, Le feu me brusle, et l'or crespe me lie.

IV

JEne suis point, ma guerriere Cassandre,

Ny Myrmidon, ny Dolope soudart, Ny cet Archer, dont l'homicide dard

Tua ton frere et mist ta ville en cendre.

Un camp armé pour esclave te rendre Du port d'Aulide en ma faveur ne part, Et tu ne vois au pied de ton rempart Pour t'enlever mille barques descendre.

Hélas je suis ce Corébe insensé, Dont le cueur vit mortellement blessé, Non de la main du Gregeois Penelée,

Mais de cent trais qu'un Archerot vainqueur Par une voye en mes yeux recelée,

Sans y penser me tira dans le cueur.

V

JE parangonne au Soleil que j'adore

L'autre Soleil. Cestuy-là de ses yeux Enlustre, enflamme, enlumine les Cieux, Et ceStui-cy noftre France decore.

(12)

AMOURS DE CASSANDRE

Tous les presens du coffre de Pandore, Les Elemens, les Astres et les Dieux, Et tout cela que Nature a de mieux, Ont embelli le sujet que j'honore.

Ha trop heureux si le cruel Dessin N'eust emmuré d'un rempart aimantin Si chaste cœur dessous si belle face,

Et si mon cœur de mon sein arraché

Ne m'eust trahy, pour se voir attaché De clous de feu sur le froid de sa glace

VI

CES liens d'or, cesTte bouche vermeille,

Pleine de lis, de roses et d'oeillets, Et ces sourcis deux croissans nouvelets, Et ceSte joue à l'Aurore pareille;

Ces mains, ce col, ce front, et ceSte oreille, Et de ce sein les boutons verdelets,

Et de ces yeux les astres jumelets, Qui font trembler les ames de merveille,

Firent nicher Amour dedans mon sein, Qui gros de germe avoit le ventre plein D'œufs non formez qu'en nostre sang il couve.

Comment vivroy-je autrement qu'en langueur,

Quand une engence immortelle je trouve,

D'Amours esclos et couvez en mon cueur?

VII

BIEN qu'il te plaise en mon coeur d'allumer,

Cœur ton sujet, lieu de ta seigneurie, Non d'une amour, ainçois d'une Furie Le feu cruel pour mes os consumer,

Le mal qui semble aux autres trop amer, Me semble doux, aussi je n'ay envie De me douloir car je n'aime ma vie, Sinon d'autant qu'il te plaist de l'aimer.

Mais si le Ciel m'a faiâ naiStre, Madame, Pour ta vidtime, en lieu de ma pauvre ame, Sur ton autel j'offre ma loyauté.

Tu dois pluStoSt en tirer du service, Que par le feu d'un sanglant sacrifice

L'immoler vive aux pieds de ta beauté.

(13)

LE PREMIER LIVRE DES AMOURS

VIII

LORs que mon œil pour t'œillader s'amuse,

Le tien habile à ses traits descocher, Par sa vertu m'em-pierre en un rocher Comme au regard d'une horrible Méduse;

Si d'art subtil en te servantje n'use L'outil des Sœurs pour ta gloire esbaucher, Qu'un seul Tuscan eSt digne de toucher, Ta cruauté soymesme s'en accuse.

Las, qu'ay-je dit? dans un roc emmuré,

En te blasmant je ne suis assuré,

Tant j'ay grand peur des flammes de ton ire,

Et que mon chef par le feu de tes yeux

Soit diffamé, comme les monts d'Epire Sont diffamez par la foudre des Cieux.

IX

LE plus touffu d'un solitaire bois,

Le plus aigu d'une roche sauvage, Le plus désert d'un separé rivage, Et la frayeur des antres les plus cois,

Soulagent tant mes soupirs et ma vois, Qu'au seul escart d'un plus secret ombrage Je sens guarir ceSte amoureuse rage, Qui me r'afole au plus verd de mes mois.

Là renversé dessus la terre dure, Hors de mon sein je tire une peinture, De tous mes maux le seul allégement,

Dont les beautez par Denisot encloses,

Me font sentir mille metamorfoses

Tout en un coup d'un regard seulement.

X

AMOUR me paisT: d'une telle Ambrosie

Que je ne suis en ce monde envieux De la liqueur, dont le Pere des Dieux

Chez l'Ocean sa bouche rassasie.

Celle qui tient ma liberté saisie, Voire mon cœur és prisons de ses yeux, Soule ma faim d'un fruit si précieux, Que d'autre bien ne vit ma fantaisie.

(14)

AMOURS DE CASSANDRE

De l'avaller je ne me puis lasser, Tant le plaisir d'un variant penser Mon appetit nuiâ et jour fait renaître.

Et si le fiel n'amoderoit un peu

Le doux du miel dont mon cœur est repeu, Entre les Dieux, Dieu je ne voudrois eêtre.

XI

AH! traisTxe Amour, donne moy paix ou tréve,

Ou choisissant un autre trait plus fort, Tranche ma vie, et m'avance la mort;

Douce est la mort d'autant plus qu'elle eSt brève.

Un soing fecond en mon penser s'eleve, Qui mon sang hume, et l'esprit me remord, Et d'Ixion me fait egal au sort,

De qui jamais la peine ne s'acheve.

Que doy-jefaire? Amour me fait errer Si hautement, que je n'ose esperer De mon salut qu'une langueur extrême.

Puis que mon Dieu ne me veut secourir, Pour me sauver il me plaist de mourir, Et de tuer la mort par la mort mesme.

XII

J'ESPERE et crain, je me tais et supplie,

Or' je suis glace et ores un feu chaud, J'admire tout et de rien ne me chaut, Je me délace et mon col je relie.

Rien ne me plaist sinon ce qui m'ennuie;

Je suis vaillant et le cœur me defaut, J'ay l'espoir bas, j'ay le courage haut, Je doute Amour et si je le desfie.

Plus je me pique, et plus je suis retif, J'aime eftre libre, et veux estre captif, Tout je desire, et si n'ay qu'une envie.

Un Promethée en passions je suis

J'ose, je veux, je m'efforce, et ne puis,

Tant d'un fil noir la Parque ourdit ma vie

(15)

LE PREMIER LIVRE DES AMOURS

XIII

POUR aller trop tes beaux soleils aimant,

Non pour ravir leur divine etincelle, Contre le roc de ta rigueur cruelle

Amour m'attache à mille clous d'aimant.

En lieu d'un Aigle, un Soin cruellement Souillant sa griffe en ma playe eternelle, Ronge mon cœur, et si ce Dieu n'appelle Ma Dame, à fin d'adoucir mon tourment.

Mais de cent maux, et de cent que j'endure, Fiché, cloué dessus ta rigueur dure,

Le plus cruel me seroit le plus dous, Si j'esperois apres un long espace Venir à moy l'Hercule de ta grace,

Pour delacer le moindre de mes nouds.

XIV

JEvey tes yeux dessous telle planette,

Qu'autre plaisir ne me peut contenter, Sinon tout seul en souspirant chanter,

« Allègemoy ma plaisante brunette.»

O liberté, combien je te regrette!

Combien le jour que je vey t'absenter, Pour me laisser sans espoir tourmenter En l'esperance où si mal on me traite

L'an est passé le vintuniesme jour Du mois d'avril, que je vins au sejour

De la prison où les Amours me pleurent;

Et si ne voy, tant les liens sont forts, Un seul moyen pour me tirer dehors, Si par la mort toutes mes morts ne meurent.

XV

HA1 qu'à bon droit les Charites d'Homere

Un faiâ: soudain comparent au penser, Qui parmi l'air peut de loin devancer

Le Chevalier qui tua la Chimere1 Si toSt que luy une nef passagère

De mer en mer ne pourroit s'élancer, Ny par les champs ne le sçauroit lasser, Du faux et vray la prompte messagere.

(16)

AMOURS DE CASSANDRE

Le vent Borée ignorant le repos, Conceut le mien de nature dispos, Qui dans le Ciel et par la mer encore

Et sur les champs animé de vigueur, Comme un Zethés, s'envole apres mon cueur, Qu'une Harpye en se jouant devore.

XVI

JE veux pousser par la France ma peine,

PlustoSt qu'un trait ne vole au decocher;

Je veux de miel mes oreilles boucher, Pour n'ouir plus la voix de ma Sereine.

Je veux muer mes deux yeux en fonteine, Mon cceur en feu, ma teste en un rocher, Mes piés en tronc, pour jamais n'approcher

De sa beauté si fierement humaine.

Je veux changer mes pensers en oiseaux, Mes doux soupirs en Zephyres nouveaux, Qui par le monde eventeront ma pleinte.

Je veux du teint de ma palle couleur, Aux bords du Loir enfanter une fleur, Qui de mon nom et de mon mal soit peinte.

XVII

LE Deftin veut qu'en mon ame demeure

L'oeil, et la main, et le poil delié, Qui m'ont si fort brûlé,serré, lié,

Qu'ars, prins, lasse, par eux faut que je meure.

Le feu, la prise, et le ret à toute heure, Ardant, pressant, nouant mon amitié, En m'immolant aux pieds de ma moitié, Font par la mort, ma vie eStre meilleure.

Œil, main et poil, qui bruslez et gennez,

Et enlacez mon cœur que vous tenez

Au labyrint de voStre crespe voye,

Que ne puis-je eStre Ovide bien disant?

Œil tu serois un bel Astre luisant,

Main un beau lis, poil un beau ret de soye.

(17)

LE PREMIER LIVRE DES AMOURS

XVIII

UNE beauté de quinze ans enfantine,

Un or frisé de meint crespe anelet, Un front de rose, un teint damoiselet, Un ris qui l'ame aux Astres achemine;

Une vertu de telle beauté digne, Un col de neige, une gorge de lait, Un cœur ja meur en un sein verdelet, En Dame humaine une beauté divine;

Un œil puissant de faire jours les nuis, Une main douce à forcer les ennuis, Qui tient ma vie en ses doits enfermée;

Avec un chant decoupé doucement Or' d'un souris, or' d'un gemissement,

De tels sorciers ma raison fut charmée.

XIX

AVANT le temps tes temples fleuriront,

De peu de jours ta fin sera bornée, Avant le soir se clorra ta journée, Trahis d'espoir tes pensers periront;

Sans me flechir tes escrits fletriront, En ton désastre ira ma destinée, Pour abuser les poëtes je suis née, De tes soupirs nos neveux se riront.

Tu seras fait du vulgaire la fable, Tu baStiras sus l'incertain du sable, Et vainement tu peindras dans les Cieux 1

Ainsi disoit la Nymphe qui m'affolle, Lors que le Ciel tesmoin de sa parolle, D'un dextre éclair fut presage à mes yeux.

XX

JEvoudroy bien richement jaunissant

En pluye d'or goûte à goute descendre

Dans le giron de ma belle Cassandre,

Lors qu'en ses yeux le somne va glissant.

Puis je voudroy en toreau blanchissant Me transformer pour sur mon dos la prendre, Quand en avril par l'herbe la plus tendre Elle va, fleur, mille fleurs ravissant.

(18)

AMOURS DE CASSANDRE

Je voudroy bien pour alléger ma peine, EStre un Narcisse et elle une fontaine, Pour m'y plonger une nuiâ à sejour;

Et si voudroy que ceSte nuiâ encore Fuét eternelle, et que jamais l'Aurore

Pour m'esveiller ne rallumas!: le jour.

XXI

Qu'AMOUR mon cœur, qu'Amour mon ame sonde,

Luy qui cognoiSt ma seule intention, Il trouvera que toute passion

Veufve d'espoir par mes veines abonde.

Mon Dieu, que j'aime Est-il possible au monde, De voir un cœur si plein d'affedion,

Pour la beauté d'une perfedion,

Qui m'eSt dans l'ame en playe si profonde?

Le cheval noir qui ma Royne conduit, Suivant le traq où ma chair la seduit, A tant erré d'une vaine traverse,

Que j'ay grand'peur, si le blanc ne contraint Sa course folle, et ses pas ne refraint

Dessous le joug, que ma raison ne verse.

XXII

CENT et cent fois penser un penser mesme,

A deux beaux yeux montrer à nud son coeur, Boire tousjours d'une amere liqueur,

Manger tousjours d'une amertume extrême;

Avoir et l'ame et le visage bléme, Plus soupirer moins flechir la rigueur, Mourir d'ennuy, receler sa langueur, Du vueil d'autruy des loix faire à soymême;

Un court despit, une aimantine foy, Aimer trop mieux son ennemy que soy, Se peindre au front mille vaines figures,

Vouloir crier et n'oser respirer,

Esperer tout et se désespérer,

Sont de ma mort les plus certains augures.

(19)

LE PREMIER LIVRE DES AMOURS

XXIII

CE beau coral, ce marbre qui soupire

Et cet ebene ornement du sourci, Et cet albâtre en voûte racourci, Et ces saphirs, ce jaspe et ce porphyre,

Ces diamans, ces rubis, qu'un Zephyre Tient animez d'un soupir adouci, Et ces œillets et ces roses aussi, Et ce fin or, où l'or mesme se mire,

Me sont dans l'ame en si profond esmoy, Qu'un autre objet ne se presente à moy, Sinon, Belleau, leur beauté que j'honore,

Et le plaisir qui ne se peut passer De les songer, penser et repenser, Songer, penser et repenser encore.

XXIV

TES yeux courtois me promettent le don

Qu'à demander je n'eusse pris l'audace, Mais j'ay grand peur qu'ils tiennent de la race De ton ayeul le Roy Laomedon.

Au flamboyer de leur double brandon Par le penser l'esperance m'embrasse, Ja prévoyant, abusé de leur grace, Que mon service aura quelque guerdon.

Ta bouche seule en parlant m'espouvante, Bouche prophete, et qui vraye me chante Tout le rebours de tes yeux amoureux.

Ainsi je vis, ainsi je meurs en doute,

L'un me rappelle et l'autre me reboute, D'un seul objet heureux et malheureux.

XXV

TES deux yeux bruns, deux flambeaux de ma vie

Dessus les miens respandant leur clairté, Ont esclavé ma jeune liberté,

Pour la damner en prison asservie.

Par ces yeux bruns ma raison fut ravie, Et quelque part qu'Amour m'ait arresté, Je ne sceu voir ailleurs autre beauté,

Tant ils sont seuls mon bien et mon envie.

(20)

AMOURS DE CASSANDRE

D'un autre espron mon maistre ne me poind, Autres pensers en moy ne logent point, D'un autre feu ma Muse ne s'enflame;

Ma main ne sçait cultiver autre nom, Et mon papier ne s'esmaille, sinon De leurs beautez que je sens dedans l'ame.

XXVI

PLUS toSt le bal de tant d'aStres divers Sera lassé, plus tost la Mer sans onde,

Et du Soleil la fuitte vagabonde Ne courra plus en tournant de travers;

Plus tost des Cieux les murs seront ouvers, Plus tost sans forme ira confus le monde, Que je sois serf d'une maistresse blonde, Ou que j'adore une femme aux yeux vers.

O bel œil brun, que je sens dedans l'ame, Tu m'as si bien allumé de ta flame,

Qu'un autre œil verd n'en peut estre veinqueur1 Voire si fort qu'en peau jaune et ridée, Esprit dissoult, je veux aimer l'idée

Des beaux yeux bruns, les soleils de mon cueur.

XXVII

BIEN mille fois et mille j'ay tenté

De fredonner sur les nerfs de ma Lyre, Et mille fois en cent papiers escrire

Le nom qu'Amour dans le cœur m'a planté.

Mais tout soudain je suis espouvanté, Car son beau nom qui l'esprit me martyre Hors de moymesme eStonné me retire, De cent fureurs brusquement tourmenté.

Je suis semblable à la Prestresse folle, Qui bègue perd la voix et la parolle, Dessous le Dieu qui luy brouille le sain.

Ainsi troublé de l'amour qui me touche, Fol et béant je n'ouvre que la bouche, Et sans parler ma voix se perd en vain.

(21)

TABLE DES MATIÈRES

COMPARAISON DU SOLEIL ET DU RoY, RECITEE PAR DEUX

JOUEURS DE LYRE loi;

CARTEL POUR LE ROY CHARLES IX, HABtLLÉ EN FORME DE

SOLEIL. 1017

CARTEL FAIT POUR UN COMBAT QUE FIST LE ROY EN L'ISLE

DU PALAIS. 1018

CARTEL CONTRE L'AMOUR IOIS

AUTRE CARTEL POUR L'AMOUR 1020

POUR LE ROY HABILLÉ EN HERCULE, ET PLUTON TRAINÉ

DEVANT LUY 102;

CARTEL POUR LE ROY HENRI III 1024

DIALOGUE POUR UNE MASCARADE 102;

MONOLOGUE DE MERCURE AUX DAMES. 1026

POUR UNE MASCARADE. 1028

CARTEL FAIT PROMPTEMENT, ENVOYÉ A LEUR MAJESTÉ PAR LE NAIN DES HUICT CHEVALIERS ESTRANGES 1030

MASCARADE~ IO;I

CARTEL POUR LE ROY HENRY III 10;1

AUTRE CARTEL. 1032

MASCARADE AUX DAMES 10:2

CARTEL POUR LE COMBAT A CHEVAL, EN FORME DE BALET 10~4 CARTEL POUR LES CHEVALIERS CELESTES, OU DiOSCOURES 10;;

CARTEL POUR LES CHEVALIERS DE LA RENOMMÉE. 10;;

CARTEL POUR LES CHEVALIERS DES FLAMMES. 10:6

NOTES

Z.<ve</Ma~o«/'j. 1041

Z.COK~Ayre~a~OM' 10;22

~jferj~5«r)'w<~oae/ Callirée io;t) Sonnets et Madrigalspour A strée 1060

Sonnetspour Hélène 1061

Les amours diverses 1066

~'ONM/Ja~'ft'~fJ'Jt'~J'OKKM. 1068

G'a)'<~ 1071

JL<!f~r< 1074

Les odes 1074

La Franciade 1108

Le Bocage Royal jii~

Les Eclogues et Mascarades I I20 Les Mascarades, C'o~a/j<<C'ar/j 11255

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