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Submitted on 8 Mar 2006
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et le mode de diffusion de la chaleur dans les fluides visqueux
Catherine Allain
To cite this version:
Catherine Allain. Etude du couplage entre les modes de relaxation interne et le mode de diffusion de la chaleur dans les fluides visqueux. Dynamique des Fluides [physics.flu-dyn]. Université Pierre et Marie Curie - Paris VI, 1978. Français. �tel-00011830�
UNIVERSITÉ
DEPARIS
LABORATOIRE DE PHYSIQUE
DE L’ÉCOLE NORMALE
SUPÉRIEURE
THESE DE DOCTORAT D’ETAT ES SCIENCES
PHYSIQUES présentée
A L’UNIVERSITE PARIS VI par
Catherine ALLAIN
pour obtenir le
grade
de Docteur ès SciencesSujet de Thèse :
Etude ducouplage
entre les modes de relaxation interne et le mode. de diffusion de la chaleur dans les fluides
visqueux.
Soutenue le : JUIN 1978 devant la Commission d’Examen :
M. J. BROSSEL Président Mme M. VEYSSIE
)
MM. H. CUMMINS
)
J.P.
HANSEN )
Examinateurs P. LALLEMAND)
G. NOUCHI
)
présentée
A
L’UNIVERSITE DE PARIS VI parCatherine ALLAIN
pour obtenir de
grade
de Docteur ès SciencesSujet
de Thèse : Etude ducouplage
entre les modes de relaxation interne et le mode de diffusion de la chaleur dans les fluidesvisqueux.
Soutenue le : 9 Juin 1978 devant la Commission d’Examen :
M. J. BROSSEL Président
Mme M. VEYSSIE MM H. CUMMINS
J.P. HANSEN
Examinateurs P. LALLEMAND
G. NOUCHI
Ce travail a été effectué au laboratoire de
Physique
del’Ecole Normale
Supérieure
dans le groupe de recherche de Messieurs les Professeurs A. KASTLER et J. BROSSEL queje
remercie vivement de leur accueil.J’ai eu la chance d’effectuer cette thèse sous la direction de P. LALLEMAND. Son
dynamisme
et la richesse de sesidées,
sur leplan théorique
aussibien qu’expérimental,
sont pour moi une aideprécieuse.
Jelui
exprime
toutenna gratitude.Les
prémices
de cette thèse ont été faites en collaboration avec N . OSTROWSKY avant sondépart
du laboratoire(1975).
Je la remercie de m’avoir initiée à la recherche.J’ai eu souvent l’occasion de travailler avec A.M. CAZABAT
qui
m’a fait bénéficier avec
beaucoup
degentillesse
de sonmontage
de diffusion Brillouin. Je lui suis aussi reconnaissante de sa lecturecritique
du manus-crit.
Je remercie
également
les autres chercheurs et techniciens dulaboratoire,
enparticulier
J.C. MARECHAL dontj’ai
puapprécier
lagrande compétence
concernant lesrégulations
entempérature
et lestechniques
du vide.Mme EMO a assuré dans des conditions difficiles la
frappe
du textequi suit ; je
la remercie vivement du soin et de lagentillesse qu’elle
y a mis. Mme AUDOUIN a réalisé avecdiligence
letirage
de cettethèse ; je
luiexprime
ici toute ma
gratitude.
INTRODUCTION
I GENERALITES SUR LES
LIQUIDES
A-Présentation
duproblème
I-11)
Intérêt desliquides visqueux
2) Principales
méthodes d’étude I-4 B-Les méthodes de diffusion de la lumière1) Principe
I-152) Origine
des variations de la constantediélectrique
1-23C-Mode de
description
d’un fluide1)
Généralités I-302)
Formalisme de Mori I-343) Application
auxtechniques
de diffusionde la lumière. I-38
II THEORIE DES
LIQUIDES VISQUEUX
A-Modèle
hydrodynamique phénoménologique
1)
Généralités II-32)
Calcul duspectre
de la lumière diffusée II-5B-Introduction d’une variable
supplémentaire
1)
Généralités sur le choix d’une variable lente II-132) Propriétés thermodynamiques
de la variablesupplémentaire
II-153) Equation
d’évolution II-164) Propriétés thermodynamiquesd’un système
à 3 variables II-22
5)
Matrices 03A9 et K II-27o
C-Modèle mixte
1) Equation
dedispersion
II-292)
Nomenclature des valeurs limites destemps
de relaxation de la variable interne II-32
2
3)
Fonctions decorrélation
autemps
nul II-344)
Etude des intensités en diffusionspontanée
II-375)
Etude des intensités en diffusionRayleiqh
forcée II-39
6)
Réduction auxvariables hydrodynamiques
II-427)
Cas où la constantediélectrique
ne varie passeulement avec la densité II-45 D- Introduction d’une distribution de
temps
de relaxation -Modèle
hydrodynamique phénoménologique.
1)
Généralitéssur les distributions detemps
II-502)
Extension du modèlehydrodynamique phéno-
ménologique
II-54E- Modèles à N variables
supplémentaires
1)
Introduction de N variables lentes II-662)
Etude de la lumière diffusée II-71 III ETUDE EXPERIMENTALEA-
Préparation
des échantillons -Montage cryogénique
1) Préparation
des échantillons III-32) Cryostat - Régulation
entempérature
III-4B - Diffusion de la lumière avec
analyse
auFabry.Pérot
1)
Diffusiondépolarisée
de la lumière III-72) Description
dumontage expérimental
III-123) Analyse
des résultats obtenus auFabry·Pérot
III-14C- Diffusion de la lumière avec
analyse
au corrélateur1) Description
dumontage
III-182)
Présentation des résultats obtenus par lesméthodes de corrélation III-27
D- Diffusion
Rayleigh
forcée1) Description
dumontage expérimental
III-402) Analyse
des résultatsexpérimentaux
obtenusen diffusion
Rayleigh
forcée III-49E- Calorimétrie
1)
Présentationdè l’expérience
III-602)
Calcul de ladépendance temporelle
de latempérature
III-623) Description
dumontage
III-654)
Présentation des résultats III-76 CONCLUSIONAPPENDICES I
Expressions
des matrices 03A9 etK(t)
du formalisme de Mori II Relationscalorimétriques
dans unsystème
à 3 variablesIII
Probabilité
des fluctuations. Fonctions de corrélationau
temps
nulIV Généralisation des relations
calorimétriques
dans unsystème
à N+2variables.
V Fonctions de corrélation au
temps
nul dans unsystème
à N+2 variables
VI Influence de la
composante dépolarisée
dans ladépendance temporelle
de la fonction de corrélation observée en diffusionpolarisée
VII Influence de la durée
finie
dutemps d’échantillonnage d’un
corrélateur
VIII Effet de lentille
thermique
IX Etude de l’évolution de la
température
à la suite d’uneperturbation
de latempérature
dans le modèlehydrodynamique phénoménologique.
LISTE DES REFERENCES
I N T R O D U C T I O N
L’état
liquide
atoujours
faitl’objet
de nombreuses études aussi bien dupoint
de vuestatistique
que dupoint
de vuedynamique.
L’ensemble de ces
expériences
a donné naissance à la théoriede
l’hydrodynamique.
Cependant ,
si lespropriétés macroscopiques
de l’étatliquide
sont maintenant bien connues, il n’en est pas de même de sa
description microscopique
et de sespropriétés.
L’avènement de nouvellestechniques
instrumentales a
permis
d’observer lesliquides
sur des échelles detemps
et de
longueur qui,
bien queplus longues respectivement
que la durée d’une collision ou la distanceintermoléculaire,
sont très courtes parrapport
auxtemps
et aux dimensions mis enjeu
dans desexpériences macroscopiques.
Ilest alors apparu que les lois de
l’hydrodynamique
nepouvaient
pas rendrecompte
de tous les résultats observés. Simultanément un certain nombre dethéories
se sontdéveloppées
dans le but de donner unedescription plus
détaillée des
liquides
etd’interpréter
cesexpériences.
Ce sont parexemple
la
thermodynamique
desphénomènes
irréversibles ou la théorie duproblème à
N corps. Ces travaux ont montré l’existence dans un
liquide
d’une structurelocale sur une distance de l’ordre de
quelques
distances intermoléculaires.Sôus l’action de
l’agitation thermique
ou de forcesextérieures,cette organi-
sation locale évolue en permanence avec une durée de vie
(appelée temps
de relaxationstructurale) généralement
très brève : de l’ordre dequelques temps
de collision.Nous nous sommes
particulièrement
intéressé au cas desliquides visqueux
dont les moléculesinteragissent
par liaisonhydrodène.
Dans cetype
de fluide
l’énergie
des liaisons intermoléculaires estimportante
cequi
aplusieurs conséquences :
d’unepart
letemps
nécessaire auxréarrangements
structuraux est suffisamment
grand
pourqu’il
soitpossible
d’étudier cesprocessus
expérimentalement ;
d’autrepart
letemps
de relaxation structurale varie trèsrapidement
avec latempérature (pour
laglycérine
il est environmultiplié
par un facteur 10lorsque
latempérature
diminue de 5degrés)et
enoutre il est assez facile de surfondre un tel
liquide.
Cecipermet
d’étudierles
proprités
du fluide dans tout une gamme derégimes
différentsdepuis
leshautes
températures,
où letemps
de relaxation structurale sera de l’ordre dutemps
decollision, jusqu’aux
bassestempératures
où la structureest
figée (état vitreux).
Cettepropriété caractéristique
desliquides
visqueux
en fait unsujet privilégié
pour l’étudeexpérimentale
duphénomène
de
réarrangements
structurauxet de son influence sur lespropriétés hydro- dynamiques.
Afin de
pouvoir
situer clairementl’objet
de notre étude nousallons
rappeler
les résultats obtenus antérieurement.2022 Les
premières expériences
faites sur cetype
de fluide ont étédes
expériences
de calorimétrie où l’on a mesuré parexemple
la variationde la
capacité calorifique Cp
avec latempérature [ 1 ].
Pour unetempérature
bien définie on observe une anomalie
qui
alongtemps
fait croire à l’existence d’une "transition vitreuse". En fait il est maintenant bien établi que cette anomalie estd’origine purement
relaxationnelle et est observée dès que letemps
de relaxation structurale devient de l’ordre dutemps caractéristique
de
l’expérience (~ 20mn
dans le cas decalorimétrie).
Cette méthode apermis
de déterminer le
rapport Cp 0 /Cp ~
oùCp 0 (respectivement Cp ~ )
est lacapacité calorifique quand
letemps
de relaxation structurale estplus petit (respec-
tivement
plus grand)
que l’échelle detemps
del’expérience (pour
lagly-
cérine cette anomalie est observée à -90°C et le
rapport Cp 0 /Cp ~
est de l’ordre de2).
2022 Le deuxième
type d’expériences permettant
d’obtenir des résul-tats sur les fluides
visqueux
sont lesexpériences
depropagation
des ondessonores.
Lorsque
letemps
de relaxation structurale devient de l’ordre degrandeur
de lapériode
de l’onde sonore on observe une atténuation et unedispersion
del’onde [2 ] . Typiquement
pour laglycérine
on trouve pour lerapport
C 2 0 /C 2
~
oùC 0
etC ~ représentent
les valeurs basse et hautefréquence
du sonla valeur
0,5.
Ces résultats sontgénéralement
très bieninterprétés
par la théorie de laviscoélasticité [3
]qui
consiste à introduire dans leséquations
de
l’hydrodynamique
une viscositélongitudinale dépendant
de lafréquence.
2022 En vue d’étendre le domaine
d’étude,d’autres
chercheurs ontutilisé la diffusion de la lumière . En effet les travaux
théoriques
deMountain
[ 4 ][ 5 ] prédisent
l’existence dans lespectre
de lalumière
diffusée par un fluidepossédant
despropriétés relaxationnelles ,
d’une raiesupplé-
mentaire en
plus
des raiesRayleigh
et Brillouin(caractéristiques
de ladiffusion de la chaleur et de la
propagation
des ondessonores).
Lapremière
3
mise en évidence
expérimentale
de cette raie par Stoicheff etcoauteurs [ 6]
(dans
des fluidespossédant
despropriétés
de relaxation de rotation-vibration)
a suscité de nombreux travaux tant sur leplan théorique
quesur le
plan expérimental.
Enparticulier
Montrose et Litovitz[ 7 ] ont
observé pour la
première
fois dans les fluidesvisqueux
une raie de re-laxation due aux processus de relaxation structurale.
Cependant
seul aété étudié le
couplage
des modes Brillouin avec le mode interne(domaine identique
à ladispersion ultrasonore),
cequi,
comme nous le montrerons dans notre étudethéorique n’apporte
pasd’informationssupplémentaires
surla validité de la
description viscoélastique.
L’étude des fluides
visqueux
par diffusion de la lumièrea débuté au laboratoire en 1972. Nous avions alors fait une étude détaillée par battements de
photons
de la raie de relaxation interne dans le cas où elle est très fine devant ledéplacement
Brillouin et la raieRayleigh.
Cecinous a
permis [8] d’une part
de mesurer la variation dutemps
de relaxationstructurale en fonction de la
température,
d’autrepart
d’observer que lesréarrangements
structuraux nepeuvent
pas être caractérisés par un seultemps
de relaxation mais font intervenir une distribution detemps
trèslarge
etdissymétrique
que nous avons étudiée en détail.2022 La théorie
viscoélastique
a été utilisée dans un domaine toutà fait différent : l’étude des
liquides simples
par diffusion des neutronsou par
dynamique moléculaire [9] .
L’accord obtenu entre les résultatsexpé-
rimentaux et les
prédictions
de cette théorie estgénéralement
très bon.Cependant
citons les travaux deLevesque
et verlet[10]
surl’argon qui
ne
peuvent
êtreinterprétés
en introduisant seulement unedépendance
enfréquence
et en vecteur d’onde de la viscositélongitudinale (comme
dansla théorie
viscoélastique)
mais nécessitent de tenircompte
de ladépendance
en fonction du vecteur d’onde de la diffusivité
thermique.
Ces méthodesn’apportent
pas de résultatsnumériques
utilisables dans le cas des fluidesvisqueux
mais nous serviront deguide
dans la construction des modèles théo-riques.
Le but de notre travail a été de trouver une théorie
unifiée,
certes
phénoménologique,
maisqui permette d’interpréter à
la fois la dis-persion
ultrasonore et l’anomalie de la chaleurspécifique
observée en calo-rimétrie . Nous avons constaté en
analysant
divers modèlesthéoriques
que leursprédictions pouvaient
fortementdifférer,
mais que cela ne seproduisait
que dans la
région
où lestemps
de relaxation interne et de diffusion de la chaleur sont du même ordre degrandeur.
Aussi avons-nous fait une étude détaillée de ce domaine aussi bien sur leplan théorique
que sur leplan expérimental.
La
présentation
de notre travailcomportera
troisparties:
Nous exposerons d’abord
quelques généralités
sur lespropriétés
des fluidesvisqueux
et de la transitionvitreuse , puis
nous donnerons leprincipe
desexpériences
que nous avons réalisées et nous décrirons ensuite letype
dedescription
du fluide que nous avons utilisé.Dans une deuxième
partie
nousprésenterons
les divers modèlesthéoriques
et leurs
prédictions
dans larégion
ducouplage
entre les modes de relaxation interne et de diffusion de la chaleur. Ces divers modèles serontgénéralisés
au cas où les
réarrangements
structurauxprésentent
une distribution detemps
de relaxation
(correspondant
à ce que nous avions observé dans laglycérine [
8 ])
Enfin dans une dernière
partie
nous décrirons les différentsmontages expérimentaux
que nous avons construits et nous
analyserons
les résultats obtenus.C H A P I T R E I
GENERALITES SUR LES LIQUIDES
Nous avons étudié les
liquides visqueux
dans un domaine detemps
intermédiaire entre les zones accessibles par ultrasons et par calorimétrie. Commenous nous sommes
proposés
de chercher un modèlethéorique
unifié de l’ensembledes
propriétés hydrodynamiques
il nous a paru intéressant deprésenter
ici d’unepart quelques caractéristiques
desliquides visqueux
et de la "transitionvitreuse",
et d’autre
part
les résultats essentiels obtenus par d’autres méthodesexpérimentales.
A -
Présentation du roblème :
Nous ne considérerons ici que des
liquides
purs loin dupoint
cri-tique.
Unedescription classique
desphénomènes
seratoujours
suffisante.1)
Intérêt desliquides visqueux :
Dans un
liquide
les molécules sont trèsproches
les unes des autres ;la distance moyenne étant de l’ordre de la
portée
des forces d’interactionrépulsive
entre molécules.
Il en résulte une certaine
organisation
locale des centres degravité moléculaires, qui peut
être mise en évidence dans les mesures de diffusionélastique
des neutrons. Cetteorganisation
localecorrespond
à l’existence d’une structure ordonnée sur des distances dequelques
diamètres moléculaires.Cette
description statique qui
montre une certaineanalogie
entrele
liquide
et le solidecorrespondant
devientcaduque
dès que l’on considère l’évo-lution
du milieu. En effet on trouvequ’en
raison del’agitation thermique
les motifsse déforment
rapidement
au cours dutemps
avec une duréecaractéristique
03C4 que l’onappelle temps
de relaxation structurale. Les forces d’interaction mises enjeu
aurontun effet
prépondérant
sur la valeur de cetemps.
En effet si les molécules
interagissent fortement,
il faudraplus
d’énergie
pour détruire les"liaisons " existantes dans unedisposition
qéométriquedonnée,
cequi
rendra doncplus
difficile le passage d’une forme structurale à uneautre.
Les
changements
structurauxpeuvent
être aussi induits par des actions extérieures :gradientsde pression,
detempérature
ou de vitesse. Ils vontse traduire en
particulier
par l’existence d’un retard(de
l’ordre de03C4 )
dansla
réponse
du fluide aux forcesappliquées.
Celapermet d’envisager
différentstypes d’expériencespour
les mettre en évidence et estimer 03C4 .Les
temps
trouvés sontgénéralement
très courts :En fait pour la
plupart
desliquides,
l’évolution de la structure n’est que très difficilement accessible àl’expérience.
Nous avons étudié les
liquides
associés dont les molécules pos- sèdent lapropriété d’interagir
par liaisonhydrogène.
Une telle liaison met enjeu
une
énergie
de l’ordre de4.10 -20 J
soitapproximativement
10k B T 0
oùk B T 0
estl’énergie thermique à
latempérature T 0 (k B représentant
la constante deBoltzmann)
Une
première conséquence
de ceci est la lenteur desréarrangements
structuraux dans ce
type
deliquides.
Il est alorsplus
facile de mesurer lestemps caractéristiques
duphénomène
et son influence sur les diversespropriétés
dufluide.
D’autre
part,
la viscosité de cesliquides
estgrande
et varietrès
rapidement
avec latempérature,
parexemple :
Une telle évolution
apparait également
sur letemps
de relaxation structurale. Les valeursnumériques correspondant
à laglycérine
sontreprésentées
sur la
figure
I-1.La variation suit
approximativement
une loi d’Arrheniusoù R est la constante des gaz
parfaits.
Fiq
I-1L’énergie
"d’activation" Edépend
duliquide.
Pour laglycérine
E est de l’ordre de 32kcal/mole (ce qui correspond
assez bien àl’énergie
de 3liaisons hydrogène
par
mole).
Les
réarrangements
structurauxpeuvent
être suffisamment lents pourgêner
la croissance cristalline et il s’ensuitqu’il
sera assez facile desurfondre cette classe de
liquides. Lorsque
l’on refroidit unliquide
surfondule
temps
de relaxation structuralepeut
devenir trèslong.
S’il estsupérieur à
30 minutes
(légalement)
on dit que leliquide
surfondu est un verre.Il est donc
possible
en faisant varier latempérature
d’étudierle
liquide
dans toute une gamme derégimes
différents :depuis
les hautestempéra-
tures où l’évolution de la structure est très
rapide
devant tous les autrestemps caractéristiques
du milieujusqu’aux températures
lesplus
basses où la structure estfigée.
Il semble maintenant bien
établi,et
nous le confirmons aussiexpérimentalement (cf
III A3),que
la "transition vitreuse" est unphénomène
pure- ment relaxationnel. C’est-à-dire que l’état vitreux n’est autre que leprolongement
de l’état de surfusion
lorsque
en diminuant latempérature
on arrive dans une zoneoù le
temps
de relaxation desréarrangements
structuraux estplus long
que letemps caractéristique
del’expérience.
Ceci est schématisé sur le
diagramme
de lafigure
1-2 où 03C4représer
te le
temps
de relaxation desréarrangements
structuraux etT 0
latempérature.
A haute
température
letemps
d’observation estplus grand
que letemps
de relaxation(ou
encore lafréquence
d’observation estplus petite
quel’inverse du
temps
derelaxation ) ;
le milieu est unliquide (surfondu
siT 0 <
T fusionAu
contraire,à
bassetempérature,le temps
d’observation est plus court que letemps
de relaxation
(ou
encore lafréquence
d’observation estplus grande
que l’inverse dutemps
derelaxation);la
structure est alorsfigée
et le milieu doit êtreconsidéré comme un verre.
Remarquons
que l’état de surfusion est un étatmétastable,ce qui
n’affecte en rien les
propriétés thermodynamiques
du milieu. L’état vitreuxest, lui,un
état instable. En effet au bout d’untemps
de l’ordre degrandeur
dutemps
desréarrangements
structuraux(qui peut
être trèslong, plusieurs années)
leverre sera devenu un
liquide
surfondu.Nous avons utilisé
plusieurs techniques expérimentales qui
nousont
permis
de faire varier letemps
d’observation de 10 nanosecondes à 1 minute.Nous nous sommes attachés à étudier de manière détaillée l’influence.du
phénomène
moléculaire des
réarrangements
structuraux sur lespropriétés hydrodynamiques
etthermodynamiques
du milieu.Figure
I-22) Principales
méthodes d’observation desliquides visqueux
Nous ne
rappellerons
ici que brièvementquelques techniques permettant
d’étudier lesliquides visqueux
et nousexposerons
les résultats obtenusqui
ont servi depoint
dedépart
à notre travail.Les
premières
méthodes utilisées sont : lacalorimétrie,
l’absorption
et ladispersion
desultrasons,
la mesure de la constante diélectri-que.Les
méthodesplus
récentes sont la diffusionpolarisée
etdépolarisée
dela
lumière,
ladynamique moléculaire,
la RMN et la diffusion desneutrons.
a)
Calorimétrie :
De nombreuses études ont été faites sur la
"transition
vitreuse"par des méthodes
calorimétriques;
soit de manière traditionnelle : on mesurel’élévation de
température
d’un échantillon de masse connuelorsqu’on apporte
unequantité d’énergie
connue, soit en utilisant les méthodes de thermométrie diffé- rentielle : on choisit parexemple d’imposer
une variation detempérature
constanteen fonction du
temps
et l’on mesurel’énergie
nécessaire pour le faire.Ceci
permet
de mesurer lacapacité calorifique à pression
constantede
part
et d’autre de la "transition vitreuse" c’est-à-dire dans leliquide
surfon-du et dans le verre ou encore comme nous l’avons vu
précédemment à fréquence
nulleet
à fréquence
infinie.La
plupart
desliquides qui peuvent
former des verres(liquides visqueux, polymères)présentent
à la "transition" une discontinuité de lacapacité calorifique.
Nousindiquons ci-dessous pour quelques liquides
la valeur durapport
C p,~
/C p, v
[11]
oùC p,~
est lacapacité calorifique
àpression
constante duliquide
etC p,v la capacité calorifique
àpression
constante du verreIl
apparait
donc que selon que le motif structural estfigé
ou pas, lacapacité calorifique à pression
constante du milieuprend
des valeurs trèsdifférentes . La différence entre
C p,~ et C p,03BD correspond probablement
au fait-5
que le terme
entropique
décrivant lesconfigurations possibles (très
nombreusesdans un
liquide)
ne contribue pas dans le verre.La
glycérine
faitpartie
desliquides
pourlesquels
lerapport
C p,~
/C p,v
est le plus grand.
La
température
pourlaquelle
seproduit
cette discontinuité de lacapacité calorifique correspond
à latempérature
où letemps
de relaxation desréarrangements
structuraux devient de l’ordre degrandeur
dutemps
del’expérience.
Dans le cas de la
glycérine plusieurs
auteurs[12][13][14]
onttrouvé une
température
de "transition vitreuse" de-90°C ,
letemps caractéristique
de leurs
expériences
étant de 10 minutes. Nous voyons que cepoint
seplace
biensur notre courbe
expérimentale (figure I-1)donnant
la variation dutemps
de relaxationen fonction de la
température.
Ceci avaitdéjà
été constaté pour le Borosilicatecrown
[15].
Compte
tenu de larapidité
aveclaquelle
varie 03C4 on voit que la"transition"
seraobservée ,
lorsd’expériencesde
duréescomparables (5, 10,20
minutes),
à destempératures
voisines. C’estpourquoi
on alongtemps
cru à l’existence d’une transition dephase
du second ordre[1] .
b)
L’absorption dipolaire
Cette méthode consiste à étudier la
dépendance
enfréquence
de laconstante
diélectrique.
Cecipermet
d’obtenir des informations sur le mouvement rotationnel des moléculespolaires (*) (orientation
desdipoles) .
Dans le casdes
liquides
dont les moléculesinteragissent
par des liaisonsfortes,l’évolution
de
l’environnement
structural a unegrande
influence sur les mouvements de réorien-tation.
Pour certainsliquides
associés comme laglycérine
parexemple,
les(*) Notons qu’il
existe d’autres méthodes sensibles à cetype
de mouvement :résonance magnétique dipolaire,
diffusionquasiélastique
desneutrons,
diffusion
de la lumièreRayleigh dépolarisée.
Cette dernièretechnique,
que nous avons
utilisée,
sera décrite auparagraphe
III B 2.mouvements rotationnels ne
peuvent
se faire sansqu’il
y ait relaxation de la structure. Ceci est mis en évidenceexpérimentalement [16] en comparant
letemps
de réorientation mesuré par relaxation de la constantediélectrique
et letemps
de relaxation structurale mesuré parexemple
par ultrasons. Ces deuxtemps
sont alors voisins et
présentent
la même variation entempérature.
Comme nous
l’exposerons plus loin,
nous avonscomparé
dans lecas de la
glycérine
letemps
de réorientation mesuré en diffusionRayleigh dépola-
risée et le
temps
de relaxation mesuré par diffusion de la lumière. Nous lesavons trouvés
proportionnels (dans
unrapport
de1,5)
dans un trèslarge
domaine de
température :
de +60°C à -80°C.Dans le cas des
liquides possédant
cettepropriété
la relaxation de la constantediélectrique permet
d’obtenir des informations sur les réarran-gements
structuraux . Bienqu’indirecte
cetteméthode, précise
etdéveloppée depuis longtemps déjà, permet
deprévoir
lecomportement
de certains fluideset de
suggérer
des modèles.Elle a été en
particulier
lapremière
à montrerqu’il
n’est paspossible
de décrire lephénomène
de relaxation structurale par unseul temps
derelaxation. En effet les
liquides
associés montrent un écartsystématique
à la loide
Debye :
où 03B5
représente
la constantediélectrique
(0)
03B5 et (~) 03B5
ses valeurs basse et hautefréquence
03C4
D
letemps d’orientation.
Pour
interpréter
leurs résultatsexpérimentaux,
Cole et Davidson[17]
ont introduitune formule
empirique :
où 03B2 est un
paramètre
variant entre 0 et 1.Ceci est
équivalent
à introduire dans la formule deDebye
unedistribution de
temps
de relaxationf(03C4) qui dépend
de deuxparamètres 03C4 D
et 03B2.Nous pouvons écrire :
7
La fonction
f(03C4)
vaut :Le dessin ci-dessous
représente
la forme de la distribution pour 03B2 =0,6
Le
temps 03C4 D est
leplus grand temps
de la distributionqui correspond
à untemps
moyen donné par :
Le
paramètre
03B2 caractérise lalargeur : pour
03B2 = 1 on a un seultemps
de relaxa-tion, lorsque
03B2 diminue la différence03C4 D - 03C4 D augmente
et la distributions’élargit.
Soulignons
que l’introduction de cette distribution detemps
est
purement empirique
etqu’une
autre distribution d’allure à peuprès semblable,
qu’elle
soit continue oudiscontinue,aurait
aussi bien pu rendrecompte
des résultatsexpérimentaux
obtenus en relaxationdiélectrique.
Le caractère essentiel de cette distribution est sadissymétrie.
Dans le cas de la
glycérine
Davidson etCole [17] ont
trouvéune valeur de 03B2
égale à 0,6
pour destempératures comprises
entre -40° et -75°C.Nous avons étudié avec
précision
dans laglycérine
la forme de la distribution detemps
de relaxation structurale et nous avons trouvé que la distribution detype
Cole et Davidson donne un bon accord avec les résultats
expérimentaux
endiffusion
de la lumière.
c)
Absorption et dispersion des ultrasons
Le passage d’une onde ultrasonore dans un fluide
correspond
à une variation de
pression qui rompt
localementl’équilibre.
Pour étudier commentse fera le retour à
l’équilibre imaginons
que l’onimpose brutalement
une déformation, parexemple
une diminution de volume. Dans unepremière étape, qui
serainstantanée,
les molécules du milieu se
rapprocheront
sans modification du motif structural c’est- à-dire comme dans un verre. Puis la structure évoluerapendant
letemps
caractéris-tique
de relaxation et atteindra un nouveléquilibre caractéristique
duliquide
fixé par la valeur de la déformation. Nous pouvons
représenter
ce processus de la manière suivante :Figure
I-4Nous voyons donc que dans la relation : [Contrainte ] = [Module] x
[Déformation]
nous
devons,pour
décrire lesréarrangements structuraux,introduire
un moduledépen-
dant du
temps.
La
propagation
des ondes ultrasonores fait intervenir une combinai-son linéaire des contraintes de
pression
et de cisaillementqu’on appelle
contraintelongitudinale.
Et c’est ladépendance temporelle
du modulelongitudinal
Mqui
est la cause de la
dispersion
et del’absorption
du son dans lesliquides visqueux.
-9 Nous donnons
jci quelques
valeurs [3
] de ladispersion
du son. Notonsc 0
la vitesse du son à
fréquence
nulle etc ~
la vitesse du sonâ fréquence infinie.
Soulignons
que laglycérine possède
une fortedispersion
du son.Nous allons établir
plus
en détail les relations entre lesquantités
mesurées par ultrasons et le module
longitudinal
car nous en aurons besoin pour les comparer aux résultatsexpérimentaux
que nous avons obtenus.Soit Z
l’amplitude
d’une ondeacoustique
sinusoïdale defréquence
03C9 se
propageant
suivant l’axe des x :Z(x,t)
=Z 0 e -03B1 S X e i03C9(t-x/c)
où
03B1 S
est le coefficient d’atténuation de l’onde et c sa vitesse dephase.
Dans
l’approximation
où(03B1 S c/03C9) 2
est trèspetit
devant 1(ce qui
estjustifié
pourles
liquides visqueux)
on démontre que Z obéit àl’équation
[3 ] :
où 03C1 0 est
la densité àl’équilibre
M
~ M 0
les limites haute et bassefréquence
du modulelongitudinal
03C8(t) (souvent appellée
fonctionmémoire)
décrit ladépendance temporelle
du module.Notons que
03C8(t)
a la dimension de l’inverse d’untemps.
En utilisant la transformée de Fourier
temporelle
on obtient :La mesure de la vitesse et de l’atténuation de l’onde sonore pour différentes valeurs de la
fréquence permettra
donc de mesurer les valeurs haute et bassefréquence
du modulelongitudinal
et sadépendance temporelle.
Comme dans le cas de la mesure de la constante
diélectrique,
iln’est pas
possible
pour laplupart
desliquides
associés de rendrecompte des
résultats observés en décrivant la
dépendance temporelle
par un seultemps
de relaxation.Bien que les résultats
expérimentaux
obtenus en ultrasons soienttrès
précis,ils
nepermettent
pas de remonter à une fonction de distributionde
temps. Cependant
il estpossible
de déterminer entre diversesfqnctions laquelle
est la meilleure.
Les distributions les
plus
utilisées sont celles de Cole et Davidson que nous avonsintroduites précédemment
et la distributiongaussienne
en échellelogarithmique:
Pour la
plupart
desliquides
associés étudiésexpérimentalement
par ultrasons le meilleur accord est obtenu pour une distribution detemps
de relaxation dutype
deCole et Davidson
ayant
desparamètres 03B2 caractéristiques
de lalargeur
différentssuivant les
liquides :
La
largeur
de la distribution detemps
de relaxationdépend
de latèmpérature.
A haute
température
iln’y
aqu’un
seultemps
de relaxation( 03B2 =1) .
A bassetempérature
03B2 a pour valeur limite0,4 [ 8 ]
.La méthode des ultrasons
apporte
donc de nombreux résultats surla
dispersion
de la vitesse du son et sur la forme de ladépendance temporelle
du module. La limite de cette méthode est la faible gamme de
fréquences
acces-11 sibles : environ entre 1 MHz et 100
MHz (*) .Il
est donc intéressant decompléter
les études faites par ultrasons sur les
liquides visqueux
par destechniques expérimen-
tales
qui permettent
d’atteindre d’autres zones defréquences.
d)
Dynamique moléculaire
Cette méthode d’étude des
liquides n’apporte
pas de résultats ni de valeursnumériques
utilisables dans le cas desliquides visqueux
mais nous avonschoisi de
l’exposer
car elle semble donner un bon modèle de cequi
se passe.La
dynamique
moléculaire consiste à simuler sur ordinateur unfluide. On considère n molécules
(n
de l’ordre de500)
enfermées dans une boiteet l’on calcule
pas à
pas le mouvement dechaque
molécule en résolvant par ordi- nateur leséquations
de lamécanique.
Il est alors
possible
de calculer desgrandeurs thermodynamiques
comme la
densité,
lapression,
la chaleurspécifique
ou desquantités statiques
comme la fonction de distribution en
paire g(r) (probabilité
de trouver une molécule à la distance r d’une moléculeplacée
àl’origine).
Le calcul de cesquantités
fait
intervenir
la moyenne sur toutes les molécules et la moyenne dans le temps degrandeurs qui
nedépendent
que de l’instant considéré. C’estpourquoi
on ditsouvent que ces
quantités
font intervenir des moyennes à untemps.
(*) Des expériences
de diffusion de lalumière [ 7 ]
ont été faites dans le domaine où letemps
de relaxation desréarrangements
de structure est de l’ordre degrandeur
de l’inverse de ck où creprésente
la vitesse du son et k le vecteur d’onde de diffusion. Nous citons ces travaux ici car les résultats obtenus cor-respondent
au même domaine defréquenceset
sont similaires à ceux obtenus par ultrasons.Il est aussi
possible
de calculer desgrandeurs dynamiques
comme la
fonçtion
de corrélation des vitesses <V(0) V(t)
>où V est
lavitesse de la
particule
considérée et où <... >représente
une moyenned’ensemble
statistique
faite ici sur toutes lesparticules
dusystème.
Le calcul de ce
type
dequantité
fait alors intervenir desmoyennes à deux
temps (puisque
lagrandeur qui
intervientdépend
de deux instantsdifférents).
La
mécanique statistique (cf I-C) permet
de relier les coefficients detransport
à desquantités
de cetype
par l’intermédiaire de formules detype
Green KuboPar
exemple
le coefficient de diffusion est relié à la fonction de corrélation des vitesses :De même la viscosité
longitudinale
est reliée à la fonction de corrélation du tenseur des contraintesmicroscopiques :
où
n L
est la viscositélongitudinale macroscopique , 03C1 0
etT 0
la densité et latempérature , k B
la constante de Boltzmann. Nous pouvons écrire unecomposante
xy du tenseur des contraintes sous la forme :où
r j
est laposition
de laparticule j, r kj
valantr k -r j , et où ~ est
le potentiel inter-atomique.
La
dynamique
moléculairepermet
de calculer ladépendance temporelle
dece
type
de fonctions decorrélation
et donc les coefficients detransport.
Cette méthode a d’abord été
appliquée
à des atomes commel’Argon
[18]puis
à des molécules comme l’eau[19] .
Les calculs dans le cas de molécules sontplus compliqués :
lepotentiel
intermoléculaire n’aplus
unesymétrie sphérique,
ilexiste
plusieurs
distributionsenpaires(par exemple
dans le cas de l’eau on pourraconsidérer les
paires 00 ,
OH ouHH,
ou des centres degravité).
Pourdes molécules plus
grosses comme la glycérineles
difficultés deviennent considérables surtout si l’on veutFonction de corrélation des vitesses
Intégrants
de Kubo Green deFigure
I-5étudier des moyennes à deux
temps.
Il faudrait alors un nombre de pas d’itération deséquations gigantesque . Malqré
cette limitation les méthodes dedynamique
moléculaire contribuent pour une
large part à
lacompréhension
desliquides.
Mêmedans le cas
simple
de fluidescomposés
d’atomes les calculs ont montré très clai- rement l’existence d’effet collectifs.Dans le cas de
l’Argon,
Rahman[18]
a trouvé que l’identité des atomes lesplus proches
voisins d’un atome considéré n’est pasperdue
au bout de2,5 -12 10
sec.L’étude de la fonction de corrélation des vitesses est
particuliè-
rement intéressante. Comme le montre la
figure
I- 5 pour del’Argon [10] après
une décroissance très
rapide
sur une durée de l’ordre dutemps
de collision onobserve une contribution
négative
très lente.Le
signe
de cette deuxième contribution(souvent appelée longue queue)
est soitpositif
soitnégatif
suivant la valeur de la densité. Alder et coauteur[20] ont proposé, compte
tenu dugrand
nombre departicules
mises enjeu,
de décrire ce processus de manière
hydrodynamique.
Leur modèlesuggère
que le mou-vement de la
particule
créé un courant ou une vorticitéqui réagira
de manièreretar-
dée en
poussant
laparticule (cf figure I-5). A
faible densité la contribution de lalongue
queue serapositive
comme on l’aobservé [21 ] .
A forte densité la vitesse de laparticule
est presque tout de suite inversée et le courant aura tendance à freiner laparticule,
cequi explique
la contributionnégative
observée.Ceci montre
l’importance
des effets collectifs même dans un fluidesimple
commel’Argon.
La fonction de corrélation des vitesses calculée dans l’eauprésente
aussi unelongue
queue. Pour certaines valeurs de la densité et de latempérature
la fonction de corrélation des vitessescomporte
mêmeplusieurs
oscillations Le mêmetype
d’étudepeut
être fait sur les fonctions de corréla-tion
qui
interviennent dans le calcul de la viscosité et de la conductibilitéthermique.
Comme le montre la
figure I-5, l’intégrant
de Green Kubo corres-pondant
à la viscositéprésente
très nettement unelongue
queue. La fonction decorrélation intervenant dans la conductibilité
thermique
semble avoir uncomportement
un peu différent
puisqu’il apparait
une seule décroissance maisqui
estbeaucoup plus longue
que letemps
de collision(cf figure I-5).
Ceci montre ici aussi l’influence très
importante
des effets col- lectifs.L’origine physique
de lalongue
queue observée dans la fonction decorrélation intervenant dans le calcul de la viscosité est certainement la même
que pour celle de la fonction de corrélation des vitesses. Les processus intervenant dans la conduction de la chaleur étant tout à fait