Théorème de Kronecker.
2013 – 2014
Référence : Serge Francinou, Hervé Gianella, Serge Nicolas,Oraux X-ENS Algèbre 1, Cassini, 2008, p.213.
Théorème.
On définit
Ωn:={P ∈Z[X]|P unitaire,degP =netz∈Z(P)⇒0<|z| ≤1}
oùZ(P) désigne les racines complexes deP.
SiP ∈Ωn, alors les racines deP sont des racines de l’unité.
Démonstration. Montrons dans un premier temps que Ωn est fini.
On notez1, . . . , zn les racines de P etσ1, . . . , σn les fonctions symétriques élé- mentaires deP évaluées en (z1, . . . , zn).
Alors
P =Xn−σ1Xn−1+. . .+ (−1)nσn
etσi∈Z.
Or|zi| ≤1 donc, pour 1≤p≤n,
|σp|=
X
1≤i1<...<ip≤n
zi1· · ·zin
≤ X
1≤i1<...<ip≤n
1 = n
p
.
On en déduit que Ωn est fini.
On considère désormais
Pk:=
n
Y
i=1
(X−zik) et montrons quePk∈Ωn.
Afin de montrer que Pk ∈ Z[X], introduisons le polynôme Qk := X −Yk ∈ Z[X, Y] et considérons Rk(X) := ResY(P(Y), Qk(X, Y)). P ∈ Z[X] et Qk ∈ Z[X, Y] doncRk ∈Z[X]. Par ailleurs,
Rk(X) =
n
Y
i=1
Qk(X, zi) =
n
Y
i=1
(X−zik) =Pk(X)
1
doncPk ∈Z[X]. De plus,Pk est unitaire et ses racines sont leszik qui vérifient 0<|zik| ≤1. Par conséquent, Pk ∈Ωn.
Or Ωnest fini donc l’ensemble des racines des éléments de Ωn est fini donc, pour i∈ {1, . . . , n}, l’application
N∗−→C k7−→zik
n’est pas injective. On en déduit qu’il existe k 6=l tels que zki = zil et zi 6= 0 donczik−l= 1 etzi est une racine de l’unité.
Corollaire.
SoitP∈Z[X] unitaire et irréductible tel que Z(P)⊂D(0,1), oùZ(P)désigne les racines deP.
AlorsP =X ouP est un polynôme cyclotomique.
Démonstration. Supposons P 6=X. Alors P est irréductible donc 0 n’est pas racine deP et, d’après le théorème de Kronecker, ses racines sont des racines de l’unité. De plus, les racines deP sont simples carP est irréductible (sinon il serait divisible parP∧P0 non trivial) et doncP |XN −1 pour un certainN.
Or
XN −1 =Y
d|N
Φd
avec Φd irréductible surZ.
P6= 1 doncP = Φk pour un certaink.
Corollaire.
< Tout polynôme deZ[X]unitaire ayant ses racines dansD(0,1)est un produit de puissances deX et de polynômes cyclotomiques.
Détails supplémentaires
Autre rédaction possible pour montrer quePk∈Z[X] :
Le coefficient deXn−r dansPk est (−1)rσr(zk1, . . . , znk). Orσr(X1k, . . . , Xnk) est un polynôme symétrique à coefficients dansZ, donc par le théorème de structure des polynômes symétriques il existeQr∈Z[X1, . . . , Xn] tel que
σr(X1k, . . . , Xnk) =Qr(σ1(X1, . . . , Xn), . . . , σn(X1, . . . , Xn)).
On en déduit, étant donné queσi(z1, . . . , zn)∈Z,
σr(z1k, . . . , znk) =Qr(σ1(z1, . . . , zn), . . . , σn(z1, . . . , zn))∈Z.
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