R EVUE DE STATISTIQUE APPLIQUÉE
C HARLES A. B ICKING
La validité des plans d’expérience
Revue de statistique appliquée, tome 10, n
o3 (1962), p. 75-83
<
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75
LA VALIDITÉ DES PLANS D’EXPÉRIENCE (1)
Charles A. BICKING
The Carborundum Company, Niagara Falls, New-York
INTRODUCTION -
L’approche expérimentale
du monde environnant est une habitude bien enracinée dansl’esprit
humain. Nous pouvons remarquerqu’elle
constitue uneméthode paresseuse par
laquelle
l’homme évite de percer le secret des choses par lapensée. Quelque garantie
que l’observationpuisse
donner pourbeaucoup
de nos activités
quotidiennes, l’expérimentation
reste unsupport
solide et né- cessairelorsqu’il s’agit
de créer des théories entechnologie,
où lesprin- cipes
ne sont saisisqu’obscurément
par nos seuls sens. Nous pouvonsregret-
ter que
l’expérimentation
ne soit si souvent rattachée que par de faibles liensavec la
théorie,
mais nous ne pouvons pas nonplus
aller bien loin dans cettevoie,
parce que, en tant que survivants de lagrande expérience
de la Na-ture,
laplupart
des gensparaissent
considérer que tous lesexpérimentateurs incapables
ont été éliminéslorsque
nos soi-disants ancêtres ont voulu tester la comestibilité des baies vénéneuses. Il y a là une attitude cavalière à l’é-gard
del’expérimentation,
que le résultat en soit mortel ou non. Nous com-mencions à nous féliciter des
progrès accomplis
par l’industire dansl’emploi
des
plans d’expérience lorsque
la communication suivante nous causa un vé- ritable choc."Le temps employé, plus
le coût del’épreuve
parrapport
à la valeur de l’information obtenue rendent bel et bienimpossible
l’établissement de modèles de tests basés sur desplans statistiques. Habituellement,
nous main-tenons constants tous les facteurs sauf un, car c’est
la
variablequi
habituelle- ment nousintéresse".
Une telle attitude est basée sur une confiance illimitée dans une ha- bileté innée à la
planification
desexpériences.
Le
paradoxe impliqué
ici est que, de même que laNature,
dont la mé-thode
d’expérimentation
est la sélectionnaturelle,
ne se soucie pas dutemps
ni des
matériaux,
de mêmel’approche
intuitive est souvent indifférente aurapport
entre letemps
et les facteurs de coût et la valeur de l’information obtenue. Ce n’est ni par la Nature ni par l’éducationqu’il
nous a été donné(1) Exposé présenté au séminaire sur les applications industrielles de la statistique - Pa-
ris - septembre 1961.
Revue de Statistique Appliquee. 1962 - Vol. X - N 3
76
de
comprendre
le vrai caractère du mondephysique.
Ce n’est que peu à peu que la Science et latechnologie
ont ouvert les yeux sur le fait que ce n’est pas là un monde exact mais un mondeprobable.
En face de lacomplexité
dela
technologie moderne,
notre culture(et
ce défaut estplus profond
que notresystème d’éducation)
aproduit
des attitudesqui
n’ont pasbeaucoup changé
parrapport
à celles des mangeurs de baies.UN APERCU DE LA METHODE
SCIENTIFIQUE -
Nous entendons
beaucoup parler
de la méthodescientifique.
Telle quenous la comprenons
appliquée
àl’expérimentation,
ellecomporte
un nombre de démarchesqui,
de touteévidence,
sontimpopulaires
chezbeaucoup
degens. Par
exemple,
il y a l’insistance sur lapensée formelle, logique,
ence
qui
concerne les modèlesd’expérimentation.
Certains groupes d’intellec- tuels ont reçu une formationlogique,
mais non lestechnologues.
Ces der-niers y ont été contraints par la
machine, peut-être trop
tardivement. Nousavons
déjà des "machines- robot" , ayant
unelogique interne, qui s’adaptent d’elles-mêmes,
faisant desréglages
d’unefaçon
non directe(un
peu au ha-sard)
par unprocédé appelé "libre apprentissage" [1].
Ensuite,
il y a l’insistance sur lacompréhension
des basesthéoriques
et des
hypothèses sous-jacentes
àl’expérience.
Ceciimplique
quel’organisa-
tion de
l’expérience
doit êtreconsidérée,
non pas comme sesubstituant,
maiscomme
s’ajoutant
à lapensée.
C’est une bien mauvaise excuse pour la mau- vaiseplanification
d’uneexpérience,
que de soutenirqu’on
n’a pu trouver letemps
d’en réaliser uneconvenable,
car ils’agissait
de l’un de cesproblèmes
dont le
patron
attendait la solution"pour avant-hier".
Il n’est pas rare de rencontrer des personnes
qui pensent qu’il
vautmieux tout recommencer
plutôt
que de baserl’expérimentation
sur cequi
aété fait dans le
passé.
Ilpeut
y avoirquelques
excuses àcelà,
parce que l’on commence seulement à s’intéresser à la recherche d’une information ef- ficace.Pourtant,
uneapproche scientifique
de laplanification
desexpériences implique
que l’on tiennepleinement compte
des données de base pour nous aider à décider combien de travail il y a à faire ouquand
il faut s’arrêter.Enfin, l’approche scientifique requiert
un talentanalytique,
et notamment le don de choisir lesquestions
fructueuses à poser à la Nature. Parexemple ,
si nos ancêtres mangeurs de baies ont fait des essais au
sujet
de ladiges-
tibilité relative des cailloux blancs ou
noirs,
ils ont obtenu des effets immé- diats moinsdrastiques
que lors del’ingestion
des baiesvénéneuses,
mais trèspeu de résultats en ce
qui
concernel’aspect
nutritif.La méthode
scientifique
dansl’expérimentation
ne concerne pasquelques
modèles
d’essai,
mais lesprincipes généraux qui s’appliquent
à tous les as-pects
du travail.[2]
COMMENT L’EXPERIMENTATION A ETE AMELIOREE DANS LE PASSE - C’est par
plusieurs
moyens que lesexpérimentateurs
exercés ontessayé
d’améliorer la
qualité
desplans d’expériences.
Un de ces moyens a consisté à essayer de contrôler toutes les variables n’offrant pas d’intérêt pour l’ex-périmentateur.
Cetteapproche
échouequand
le contrôle estinadéquat
ouquand
il ne
peut
pas êtreintégralement
obtenu. Elle échoue aussicomplètement
lors-qu’il
seproduit
des variations inattendues ou accidentelles.Revue de Statistique Appliquée. 1962 - Vol. X - N’ 3
77
La
prise
de conscience des défauts de cetteapproche
a conduit à faire confiance aux méthodes de"compensation"
et de"randomisation"
pour obtenir les résultats désirés.L’idée de contrôle des variables
étrangères
est liée à cellequi
con-siste à faire varier une à une les variables intéressant
l’expérimentateur ,
toutes les autres restant constantes.
Beaucoup d’expérimentateurs,
par ail- leurs trèscapables,
neparaissent
pas avoir conscience des limitations de cetteméthode,
bien que la mise en évidence des contrastesplus
forts et l’in- formationsupplémentaire
sur les relationsréciproques
entre lesvariables , qui peuvent
être obtenues en faisant variersimplement
le modèleexpérimen- tal,
n’aientguère
besoin d’être démontrées.Une autre méthode pour améliorer
l’expérimentation
s’est révélée trèsféconde,
et devrait être suivie dans toutes les circonstances. Elle consiste àanalyser
lestechniques d’échantillonnage
et de test et à améliorer leurpré-
cision avant de les utiliser. Dans toute
expérience,
leperfectionnement
del’échantillonnage
et des tests doitcorrespondre
auxexigences
de la situation .Enfin,
une dernière méthode pour améliorer uneexpérience
consiste àaugmenter
sadimension,
c’est-à-dire à faire unplus grand
nombre de déter- minations pourchaque
ensemble de conditions donné. Si nous avons la pos- sibilitéd’expérimenter
sanslimites,
nous pourrons sans doute accumuler suf- fisamment de données pour que les moyennes, que nous pourrons alors com- parer, mettent en évidence même des différences trèspetites
dans les effetsproduits
par les facteurs que l’on a fait varier.L’EFFICACITE DANS L’EXPERIMENTATION -
Au sens
strict,
leplan
leplus
efficace est celui danslequel
la variance de l’erreur a été réduite au minimum. En d’autrestermes,
unplan
efficaceest un
plan
danslequel
la variation due aux facteurs autres que ceuxqui
fontl’objet
de l’étude a été réduite à un niveau très bas. Il est courant de com-- parer la variance de l’erreur d’unplan particulier
avec la variance àlaquelle
on devrait s’attendre si un autre
plan d’expérience
avait été utilisé[3].
Parexemple,
Cochran et Cox fournissent des tableauxcomparatifs [4]
et Fisherdiscute les méthodes
permettant
d’estimer l’efficacité[5].
Dans un sens
plus large,
l’efficacité mesure ledegré auquel
l’informa-tion
provenant
d’uneexpérience
a étéportée
au maximum pour unequantité
donnée de travail. Considérée sous cet
angle,
l’efficacité embrasseplusieurs
facteurs enplus
del’importance
relative de la variance de l’erreur. Le nombre des sériesexpérimentales peut
êtreminimisé,
lescomparaisons
quenous souhaitons faire
peuvent
être renduesplus précises ;
l’information surles interactions
peut
êtreaugmentée,
ou la gamme des facteurs étudiéspeut
être
élargie.
La mesure de l’efficacité doit tenircompte
de larapidité,
del’économie et de considérations administratives.
Un des caractères les
plus importants
des nouveauxplans d’expérience appliqués
dans l’industrie estpeut-être
que ce sont desplans comportant
un but.PLANIFICATIONS COMPORTANT UN BUT -
Deux attitudes extrêmes doivent être surmontées. L’une d’elles con-
siste à penser
qu’aucune
connaissance réellementimportante
n’estrequise
pour une
planification,
ouqu’il
est suffisant de s’en remettre en toutes occa-Revue de Statistique Appliquée. 1962 - Vol. X - N’ 3
78
sions à un
plan type, appris
dans un texte ou dans"un
livre de recettes decuisine".
A
l’opposé,
il y a ceuxqui
s’attachent à unetechnique,
souvent rela-tivement
complexe,
etqui essayent
del’appliquer
dans tous les cas, mêmeaux
problèmes
lesplus simples. Beaucoup
detechniques spécialisées
ont étémises à la
disposition
des statisticiens industriels. Les auteurs de laplupart
d’entre elles ont établi clairement leur limitations et la
plupart
des usagers les ontappliquées
correctement.Cependant,
dans lalongue
liste des méthodes il y en a indubitablementquelques-unes qui
ne doivent êtreadoptées qu’avec précaution,
et aucune ne doit êtreappliquée aveuglément
enn’importe quelles
circonstances.
S’il y a un
danger,
c’est que l’habileté nécessaire pour choisir la tech-nique adéquate
et pourl’appliquer
correctementpeut
être sous-estimée.Qu’on
ne batte pas
trop
du tambour(les
auteurs mêmes ne sont pastoujours
cou-pables)
en faveur des nouvelles inventions. Chacun a une telle tendance à suivre ses propresengouements
que ceuxqui
ont suivi ledéveloppement
dela
statistique
industriellepeuvent
êtrecapables
d’associer des noms à la liste suivante detechniques
excellentes ouquelconques :
corrélationmultiple ,
carrés
latins, plans
factorielspartiels, plans équilibrés, lot-plot, spàn-plan,
méthode de la montée la
plus rapide,
méthode de la surface deréponse,
carteà somme
cumulative,
etbeaucoup
d’autres. Elles ont toutes leur intérêt.Pourtant,
onpeut distinguer
dansl’expérimentation plusieurs
buts dis-tincts et
séparés,
et chacun d’euxcorrespond
à unecatégorie particulière
deplans.
Parmi cesbuts,
onpeut
citer les suivants :1/
Faire descomparaisons simples,
2/
Tester l’effet demodifications,
3/
Estimer les effets des modifications à la fois sur laperformance
absolue et sur ses variations.
4/
Sedéplacer
vers des conditionsoptimales.
5/
Décrire les relations entre les variables au moyen,d’équations
oude
graphiques.
Cette liste couvre toute l’étendue entre les
objectifs
limités et les ob-jectifs
illimités. La valeur d’unplan dépend
non de sacomplexité,
mais deson
aptitude
à résoudre unproblème particulier.
Lesplans statistiques
trèsélaborés ne sont pas du tout les seuls
qui paient.
Il arriveparfois
que desplans
intuitifs pas du toutcompliqués
aupoint
de vuestatistique, paient gé-
néreusement. Dans d’autres cas, le
plan statistique
convenable est rudimen- taire à cause de lasimplicité
de la situationexpérimentale.
Un
plan d’expérience unique
et trèscomplexe, peut
ne pas être aussiavantageux qu’une
série deplans
moinsambitieux, qui
améliorentprogressive-
ment notre connaissance. Il est de
pratique
courante d’effectuer des essaispréliminaires rapides
en vue de reconnaître les effetsprincipaux
et de les faire suivre deplans plus complets
couvrantles
variablesimportantes.
Unebonne
planification
est cellequi
contribue elle-même à son extension.On trouvera
ci-après plusieurs exemples
illustrant la thèse quechaque expérience
doit êtreplanifiée
en fonction de son but.Revue de Statistique Appliquée. 1962 - Vol. X - N’ 3
79
EXEMPLES DE PLANS D’EXPERIENCE COMPORTANT UN BUT -
Exemple
lLe
problème
des vibrations dans unéquipement complexe,
tel que les fusées est bien connu des constructeurs et des usagers del’équipement.
o Ilpeut
êtresurprenant
d’entendre dire que lesproblèmes
de vibrations tour- mentent les fabricants d’une matière commerciale telle que lepapier.
Larupture
de la feuille depapier
dans une pressed’imprimerie
àgrande
vitesseest
gênante ;
ellepeut
provoquer des retards dans lapublication
et même larupture
des presses.Ayant,
dans une mauvaisecirconstance,
constaté que lesruptures
de feuilles seproduisaient
dans uneproportion alarmante,
onentreprit
uneanalyse systématique
afin d’en déterminer les causes. Le pro-jet
destiné à réunir les donnéespermettait
de comparer le nombre total desruptures
sur les bobinesexpédiées
par fer au nombre total deruptures
surles bobines
expédiées
par eau. On constata que laproportion
de feuilles dé- chirées étaitplus grande
dans les bobinesexpédiées
par fer.L’explication proposée
a été lapré-contrainte
due à la vibration constantependant
l’ache-minement par chemin de fer des bobines de
papier qui
avaient été enrouléessous tension. L’extrémité de
chaque
bobine étaitaplatie
etcollée,
cequi
entretenait la tension. La
pré-contrainte
affaiblissait lafeuille.
La solutiona consisté à enrouler les bobines sous une moindre tension et à admettre
beaucoup
de mou enaplatissant
et en collant les extrémités. Laproportion
de feuilles déchirées dans les
expéditions
par fer diminua.Exemple
IIL’amélioration des matériaux
aéro-spatiaux
offre un intérêt aussi bien dupoint
de vue militaire que dupoint
de vue industriel. L’un des moyens pour améliorer les matériaux consiste à en améliorer lesspécifications.
Lechoix de
spécifications adéquates présente
un intérêtparticulier
pourquelques
uns des matériaux non
métalliques
etcéramiques
lesplus récents,
ycompris plusieurs carbures,
nitrures etborures.
Il est utile derespecter
certainsprincipes
lors de l’établissement desspécifications : simplifier
leprojet
d’unepart,
et le choix descaractéristiques
à mesurer ; effectuer des essaisplutôt
directs
qu’indirects ;
éviter lesopérations
de finitionlongues
etcoûteuses ;
et ne passpécifier
outre-mesure. Pour les matériaux nonmétalliques,
con-trôle des
problèmes
definissage,
tandis que pour lesmétaux,
contrôle de stabilitédimensionelle ;
pour lespremiers,
contrôle de la résistance à lacompression,
pour les autres contrôle de la résistance à la tension. L’usa- ger demanderaprobablement
la preuve del’opération
et du contrôle par lelaboratoire.
Cedernier,
enparticulier,
devra faireappel
à laplanification
des essais. Ceux-ci doivent être
préparés dans
le but d’établir unrapport précis
ou une attestation de cetype : "il
estcertifié,
avec 95%
dechances
de
certitude,
que 99%
au moins des matériauxlivrés,
ont une densité(ou quelque
autrepropriété)
deX/gcc". Quand
elles ne tirent pas leurorigine
d’expériences planifiées,
les donnéesdisponibles
sontgénéralement
inutili-sables.
Exemple
IIIL’analyse spectrale
depuissance est précieuse
pour l’étude des données du voldes fusées,
et elle estégalement précieuse
pour lesanalystes
d’essai de ma-tériaux commerciaux du
point
de vueultra-sonique.
Uneapplication particulière
Revue de Statistique Appliquee. 1962 - Vol. X - N’ 3
80
est l’étude des
caractéristiques
de surface des abrasifs enrobés. Desplans
d’essai
ayant
unobjectif précis
sont nécessaires afin d’obtenir des donnéessusceptibles
d’être soumises à destechniques d’analyse
valables. Dans cecas, l’établissement d’une méthode de mesure et d iune méthode de rassemble- ment des données met à
l’épreuve l’ingéniosité
d’uneéquipe composée
d’in-génieurs
et de statisticiens. Destechniques
deprojection optique
ont été com-binées avec le tracé manuel de
profils
et le dénombrement des surfaces in-cluses,
ou combinées avecl’exploration électronique. L’exploration
verticaleet
l’exploration
horizontale ont étéappliquées.
Lacomparaison
desphotogra- phies
deprofil
et duplan
duproduit
ontremplacé
laprojection optique.
Laphotographie
parcontact,
ledéplacement optique
desnégatifs photographiques ,
les lectures
densitométriques d’impressions
sur bandethermo-plastique,
lalecture des
images - miroir, prises
en film et enradiographie,
constituent d’autrestechniques qui
ont étéexploitées
pour le rassemblement de donnéesexpérimentales.
D’autres méthodes encoreplus complexes
de mesures granu-lométriques
ont étéproposées.
Les donnéesqui
en résultent affectent souvent la forme d’ondes de très bassefréquence.
Desplans
d’essaiperfectionnés
sont nécessaires
pour
réunir l’information defaçon
utilisable.Exemple
IVCertains
plans d’expérience
conduisent à des méthodesparticulières d’analyse.
Parexemple,
unplan
factoriel conduit à utiliserl’analyse
de lavariance ;
uneexpérience
destinée àexplorer
la surface deréponse
conduità une solution matérielle des relations de
régression. Quand les expériences
factorielles sont
appliquées
à certainsproblèmes,
les effets des variablesindépendantes
sur les variances sontplus
intéressants que leurs effets sur les moyennes. Dans ce cas, un traitementcomplémentaire
desdonnées,
parexemple
une transformationlogarithmique, peut
être souhaitable avant que. soit utiliséel’analyse
de la variance. Dansl’expérimentation
par surfaces de ré- ponse lestechniques analytiques
conduisent d’elles-mêmes à des variablesmesurables,
mais non, au moinsactuellement,
à des donnéesqualitatives
con-cernant des caractères
psycho-physiques.
Parexemple,
dans uneexpérience
destinée à
optimiser
la densité d’un nouveau matériauabrasif,
deuxréponses
ont été
enregistrées :
la densité mesurée et une classification visuelle de laporosité
sur une échelle arbitraire de un àquatre.
Pour la densitémesurée ,
les contours de la surface de
réponse peuvent
être mesurés. Parcontre,
il aurait été incorrect etdangereux d’analyser
les résultats deporosité
par la même méthode. Uneexpérience ayant
un but bien déterminé doits’appuyer
surun
plan
convenable pour la collecte des résultats et sur une méthode appro-priée
pourl’analyse
de ces résultats.Exemple
VUn essai typique comprenant
des restrictions dimensionnelles est l’échan-tillonnage
de matériaux en vrac dans unfourgon.
Un modèlequadrillé
est su-perposé
sur leplan
du wagon et un échantillonneur effectue unprélèvement
dans le matériau du
fourgon
àchaque
caseprévue
sur lagrille.
Les échan-tillons doivent être
pris
en double àchaque
endroit defaçon
à fournir unemesure de l’erreur
expérimentale.
Lesrangées longitudinales
et transver-sales de mesures
correspondent
aux colonnes et auxlignes
dans uneanalyse
de variance à deux facteurs. Le but est de déceler toute
hétérogénéité
dansle
matériau,
due auxprocédés
dechargement,
ou à laségrégation
des ca-libres de
particules,
due à la vibrationpendant
letransport.
Dans certains cas, l’existence de différences à desprofondeurs
différentes estégalement intéressante,
et un troisième facteur dimensionnel intervient dans l’essai .Revue de Statistique Appliquée. 1962 - Vol. X - N’ 3
81
Les
emplacements
dimensionnels étantfixés,
on nepeut
rien faire sans échan- tillons en double. Le résultat final d’un telprocédé
est le choix d’unplan d’échantillonnage économique,
assurant laprotection
désirée contre tout ma-tériau de
qualité
indésirable.Exemple VI
Un
problème plus
difficileimpliquant
des restrictions dimensionnellesse
présente lorsqu’il s’agit
de définir lescaractéristiques
de matériaux enfeuilles,
ou lors del’échantillonnage
de cestypes
de matériaux en contrôle de fabrication. Certainstypes
de meules sont obtenus souspression
àpartir
d’un matériau constitué d’une feuille fibreuse dans
laquelle
on anoyé
desgrès
abrasifs lors de sa fabrication. Unproblème typique peut
être celui de dé- terminer lepoids
unitaire de matériauestampé
avec des dimensionsspéci-
fiées. Le matériau seprésente
sous la forme de rouleaux danslesquels
oncoupe les feuilles.
Ensuite,
desdisques
sontestampés
dans les feuilles. Les variations depoids qui
offrent un intérêtcomprennent
les variations suivant lalargeur
de lafeuille,
entrepositions adjacentes
dans le sens de la lon- gueur, aux extrémités des feuillescoupées,
de feuille en feuille à l’intérieur d’un rouleau et de rouleau à rouleau.Evidemment,
en unemplacement
dé-terminé,
on nepeut découper qu’un
seuléchantillon,
si bienqu’on
n’obtientjamais
uneduplication
dans le vrai sens du mot. Les causesqui
affectent lepoids
dans le sens travers de la feuille et dans le sens de lalongueur
sontde natures différentes. La variation transversale
peut
êtresystématique plu-
tOt
qu’aléatoires,
bien que les variations aléatoires dupoids puissent
être ca-ractéristiques
de certaines machines de fabrication. Les variations dans lesens de la
longueur peuvent être
aléatoires oucycliques (de quelques
pouces àplusieurs mètres)
oupeuvent
révéler des tendances delongue durée,
même saisonnières. Lors du choix des donnéesexpérimentales,
la tendance natu- relle est deprélever
des échantillons à desemplacements
fixes. Dans cer-taines
circonstances,
cettefaçon d’opérer
est bonne. Unéchantillonnage
auhasard
peut
aussi êtreenvisagé
en relation avec le modèleadopté
pour leplan expérimental.
Un choixapproprié de
l’intervalled’échantillonnage
estimpor-
tant. Il
peut
être souhaitable de tenircompte
deprincipes
découlant de l’ana-lyse spectrale
depuissances,
parexemple,
l’intervalled’échantillonnage
"Nyquist" qui exige
au moins deux échantillonséquidistants
dans l’intervalle duplus
courtharmonique
intéressant.L’échantillonnage Nyquist implique
uneanalyse
deFourier, l’échantillonnage
auhasard,
la méthode des moindrescarrés,
ou une auto-corrélation. Engénéral,
aucune de ces méthodes d’ana-lyse
n’est associée à unéchantillonnage
suivant unplan
factoriel.Exemple
VIISi l’on doit utiliser une mesure indirecte
(par exemple
la densité d’unobjet
en carbure de siliciummoulé), plutôt qu’une
mesure directe(pourcen- tage
desilicium)
on se trouve devant un travail accru si le but est de com-biner les résultats
expérimentaux
afin derédiger
unespécification
ou d’éta-blir une attestation. C’est
pourquoi,
lors de l’établissement duplan qui
ser-vira à recueillir les données
expérimentales,
il estimportant
de bien con-naître le but
qu’on
se propose. Cela estégalement
vrailorsqu’il s’agit
decombiner des variances
provenant
de sourcesdifférentes.
La combinaison desvariances,
et enparticulier
l’estimation desdegrés
de libertéexigeaient
autrefois des calculs làboreiux. Le
problème peut
êtreévité,
dans le pre- mier cas, en n’utilisant que des mesures directeslorsque
cela estpossible .
Dans le deuxième cas, il est utile
d’adopter
desplans spécialement adaptés
Revue de Statistique Appliquee. 1962 - Vol. X - N 3
82
à la mesure de variations
provenant
deplusieurs origines.
Les tables donnant des limites de tolérance dans le cas de distributions normales conviennentlorsque
la variance totale sedécompose
enparties provenant
deplusieurs
sources. Devant l’accroissement des
exigences
contractuelles concernant les certificats dequalité,
il estimportant
que lesexpériences
soientorganisées
en tenant
compte
des facteursqui
sontpris
en considération.Exemple
VIIIDans certains cas, on désire connaître toutes les relations
qui
existententre deux ou trois facteurs
expérimentaux indépendants
et un ouplusieurs
facteurs
dépendants
ou"reponses".
Parexemple,
dans la recherche d’un ag-glomérant temporaire
stockable à écoulement libre destiné à être utilisé dans lemoulage
de meulesvitrifiées,
on a voulu déterminer l’influence du cali- bre dugrès,
dupourcentage d’agglomérant
et de la densitéinorganique,
dansles intervalles de variation
qui
seprésentent
normalement en fabrication. Ces variablespeuvent
avoir une influence surplusieurs propriétés
duproduit
fi-ni,
parexemple,
ladureté,
la densité et laréponse
à la vibration ultraso-nique.
Unplan composite
à trois facteurs en rotation autour d’unpoint
cen-tral a été
utilisé,
avec sixrépétitions
dupoint
centralappariées
au hasardle
long
de toute la série. Il estpossible
d’obtenir des ensemblescomplets d’équations représentant
cesystème
pour chacune des troisréponses. Alors ,
au moyen d’un calculateur
électronique
onpeut
obtenir pourchaque propriété
du
produit
les contours deréponses
pour chacune des troispaires
de variablesindépendantes.
A la suite de cetteétude,
lesystème
entierd’agglomération
aété
beaucoup
mieuxcompris qu’il
ne l’avaitjamais
été dans lepassé.
Lescartes
d’enregistrement permettent
d’obtenir les formulationsoptimales,
etles combinaisons donnant une
qualité
insuffisante duproduit peuvent
être évi- tées.CONCLUSION
Un
plan d’expérience
valable est unplan qui
utilise lesprincipes
sta-tistiques
en fonction d’un but bien défini. Il existeplusieurs
textes excellentspour la recherche de tels
plans [3 ], [4], [6].
Une certaine habileté est nécessaire pour le choix de la
technique
etpour son
application
correcte. Leplan peut
être trèscomplexe,
ou bien ilpeut
être tellementsimple qu’il
ne demande aucune habiletéparticulière . Néanmoins, le but que
l’on se propose sera mieux atteint si leplan
convientbien à la situation et s’il conduit à une
analyse statistique.
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