Corrigé Mines-Ponts 2001 Math I
PRELIMINAIRES
a)On prend un élément du noyau defket on véri…e sans problème qu’il est dans le noyau defk+1 x2kerfk)fk(x) = 0)fk+1(x) =f(fk(x)) = 0)x2kerfk+1
Donc
kerfk½kerfk+1pour tout naturelk .
b) Montrons par récurrenceHk: kerfk= kerfk+1.
² Hp est vraie par hypothèse.
² SiHkmontronsHk+1: – L’inclusion ker¡
fk+2¢
½ker¡
fk+1¢découle du a)
– Soit alors x 2 ker(fk+1) on a fk(f(x)) = fk+1(x) = 0 donc f(x) 2 ker(fk) = ker(fk+1) par l’hypothèse de récurrence . Et doncfk+2(x) =fk+1(f(x)) = 0d’oùHk+1
² Ainsi par récurrence,
kerfk= kerfk+1 pour toutk¸p dimk= dim kerfk est une suite croissante d’entiers naturels.
Par l’absurde si on la suppose strictement croissante alors pour tout k;dimk+1 ¸ dimk+1 donc dimk ¸ dim0+k=ketlim+1(dimk) = +1. Absurde car la suite est majorée parn.
Donc il existe un rangktel queker(fk) = ker(fk+1).Si on prend pourple plus petitksolution:
² 8k < pker(fk)µker(fk+1)par dé…nition du plus petit
² 8k¸pker(fk) = ker(fk+1) = ker(fp).
² De plusp·dimp·ndoncp·net donckerfn= kerfn+1
c) Siuq = 0 alors ker(uq) =E ce qui impose ker(uq+1) =E doncq ¸p et la suite des noyaux vaut E pour k¸pdoncker(un)E soitun= 0
PREMIERE PARTIE
Dans le corrigé j’utilise l’expression ”endomorphisme induit” comme dans le programme et non ”restriction de l’endomorphisme” comme dans le sujet.
1)
1a)g commute avecDn - donc avecDp+1n - carDn=g2¡¸Idest un polynôme eng.
AlorskerDp+1n est stable parg(résultat de cours).
Les polynômes tels que leur dérivé(p+ 1)ème soit nul sont les polynômes de degré inférieur ou égal à pdonc Ep = kerDp+1.
Ep étant stable parDetg, les endomorphismes induitsgp etDp véri…ent la même relation.
1b) De même que précédemment puisqueDest un polynôme eng et En= kerDn+1. 1c)
i}
²F est de dimension …nie (n+ 1) .SoitF une base deF.F étant …nie on peut poserq le maximum des degrés des éléments de F .Toute élément de la base de F est dans Eq donc F ½Eq. Dans ce casDq+1F =f0gdonc l’endomorphisme induit deDF est nilpotent.
DF est un endomorphisme nilpotent en dimension n+ 1donc Dn+1F = 0 (préliminaire question c) AlorsDn+1(F) =f0gdoncF est inclus dansEnet par l’égalité de leur dimension : F =En.
²Soit maintenantF un sous espace de dimension in…nie. Montrons que F =E en montrant que F contient tous lesEn.Soit doncn…xé.
F n’est pas inclus dansEncar sinonF serait de dimension …nie.
donc il existe un polynômeP dansF de degrém¸n.
Si de plusF estD-stable, F contientP; D(P); : : : ; Dm(P), famille échelonnée en degrés donc base deEm. . AinsiF contientEmdoncEn.
²En conclusion,
les sous espaces stables parDsontE;f0get lesEn ii} PuisqueDest un polynôme eng, tout sous espace Gstable parg est stable parD.
Réciproquement, siGest stable parDalors (c.i)Gest égal àE;f0gou àEndoncGest stable parg d’après la question I1a)
2)
2a)dimE0= 1 etD0= 0.
La relationg2=¸Id+D0se traduit matriciellement par°2=¸ce qui impose comme on travaille dans les réels que
¸¸0
2b) L’une ou l’autre des existences deg entraîne (d’après I.1.a) l’existence deg0dans les conditions I-2.a) donc
¸¸0. D’où le résultat par contraposition.
3)
3a)fn6= 0donc il existey tel quefn(y)6= 0. Soit alorsB= (fn(y); fn¡1(y); : : : ; y)
² la famille a le bon cardinalcard(B) =n+ 1 = dim(E)
² la famille est libre :
– soitanfn(y) +¢ ¢ ¢+a0y= 0alors en composant parfnet compte tenu defp= 0 pourp > n, il vienta0fn(y) = 0.
Commefn(y)6= 0,a0= 0
– Par récurrence on véri…e alorsHk:a0=a1=¢ ¢ ¢=ak¡1= 0il su¢t de composer parfn¡kla combinaison linéaire anfn(y) +¢ ¢ ¢+akfk(y) = 0
² Ayantn+ 1éléments, B est une base deV et
M atB(f) = 0 BB BB BB B@
0 1 0 ¢ ¢ ¢ 0 0 0 1 ... ...
0 0 ... ... 0 ... ... ... 1 0 0 ¢ ¢ ¢ 0 0
1 CC CC CC CA
=A0:
3b) PuisqueDn+1n = 0etDnn(Xn) =n!6= 0, l’existence deBnest assurée.
Remarque : c’est l’art de faire faire de la théorie pour pas grand chose une solution évidente est B=¡
1; X; X2=2;¢ ¢ ¢Xn=n!¢ Dans cette base, la matrice de¸Id+DnestA0+¸InsoitA¸. 4)
4a) Avec les notations précédentes,h(y)se décompose sur la baseB2en : h(y) =ay+bD2(y) +cD22(y):
Si de plushet D2commutent alors :
h(D2(y)) =aD2(y) +bD2(D2(y)) +cD22(D2(y)) et de même:
h(D22(y)) =aD22(y) +bD2(D22(y)) +cD22(D22(y))
Donch=aId+bD2+cD22puisque ces deux endomorphismes coïncident sur la baseB2. 4b) D’après I.1.a) et le résultat précédent, nécessairementg=P(D)avecP =a+bX+cX2. Sous cette forme et compte tenu de la nilpotence deD, g2=P2(D) =a2Id+ 2abD2+ (2ac+b2)D22.
En…n (Id; D2; D22) est libre ( si ®Id+¯D2+°D22 = 0 alors en prenant la valeur sur le polynôme X2 :
®X2+ 2¯X+ 2°= 0 donc ®=¯=°= 0).Doncg2 =¸Id+Dsi et seulement sig =aId+bD2+cD22avec a2=¸;2ab= 1;2ac+b2= 0.
Ce dernier système n’a de solutions que si¸ >0et dans ce cas : a=§p
¸; b= 2a1; c=¡8a13:
Ainsi les solutions deG2=A1 sontG=§(I2+12A0¡18A20)
DEUXIEME PARTIE
1)
1a) Sig2=Dnalorsg2n+2= 0donc gest nilpotent.
donc par le préliminaire b)0< dim(ker(g)<dim(ker(g2)) dim kerg2¸2:
1b) Orkerg2= kerDn=E0qui est de dimension 1 ce qui contredit le résultat précédent : g n’existe pas.
c) Sig2=Dalors par I.1.a il existegntel queg2n=Dnce qui est impossible.
g2=Dest impossible 2)
2a) Les primitives d’un polynôme sont des polynômes doncDest surjective.
Donc pour tout entierm,Dmest surjective doncDm(E) =Eetg(gk¡1(E)) =Dm(E) =Edoncg est surjective.
2b)8q·k; kergq½kergk= kerDm=Em¡1 . Donckergqest de dimension …nie pour0·q·k.
2c)8P 2kergp; gp¡1(©(P)) =gp¡1(g(P)) = 0.
Ainsi©est une application dekergp danskergp¡1, linéaire commeg.
Le noyau de© estker © = kerg\kergp = kerg
L’image de©est ker(gp¡1): soitP 2kergp¡1, il existeQ2E tel queg(Q) =P (g est surjective) etgp(Q) = gp¡1(P) = 0donc Qest élément dekergp ce qui légitime©(Q) =P 2Im(©). D’où Im(©) = kergp¡1.
Par le théorème du rang :
dim ker © + dim Im © = dim kergpsoitdim kerg+ dim kergp¡1= dim kergp: Il en résultedim kergp=pdim kerg pour tout0·p·k.
2d)dim kerDm= dimEm¡1 =met gk=Dm donckdim kerg=metmest un multiple dek.
Réciproquement, sim=pk il su¢t de prendreg=Dp.
D’où la condition nécessaire et su¢sante :mest un multiple dek. Condition non remplie dans le cas II-1.c carm= 1et k= 2.
TROISIEME PARTIE
1) 1a)
(I+tDn)± Xn k=0
¡¡1)ktkDnk¢
= Xn k=0
(¡1)kDkn¡(¡1)k+1tk+1Dk+1n
= In+1¡(¡1)n+1tn+1Dnn+1par simpli…cation des X
= In+1carDn+1n = 0
Même calcul en faisant le produit à gauche. Donc la matriceI+tDnest inversible et son inverse est dé…nie par :
(In+1+tDn)¡1=Pn
k=0(¡1)ktkDnk:
1b) L’expression précédente prouve quet7!(In+1+tDn)¡1est dérivable et que sa dérivée estPn k=1
¡¡1)kktk¡1Dkn¢. En dérivant l’égalité (In+1+tDn)¡1 ±(In+1+tDn) = In+1 , il vient en utilisant que si f et g sont des endomorphismesC1 (f±g)0=f0±g+f±g0(comme dérivation d’une application bilinéaire)
¡(In+1+tDn)¡1¢0
(t)±(In+1+tDn) +¡
(In+1+tDn)¡1¢
±Dn= 0soit
¡(In+1+tDn)¡1¢0(t) =¡¡
(In+1+tDn)¡1¢
±Dn±¡
(In+1+tDn)¡1¢ Comme de plus(In+1+tDn)¡1 commute avecDnon peut écrire
¡(In+1+tDn)¡1¢0
(t) =¡¡
(In+1+tDn)¡2¢
±Dn
1c)Ln(t) =Dn±P(Dn)oùPest le polynômeP=Pn
k=1(¡1)k¡1tkkXk¡1.Or tout polynôme de l’endomorphisme Dncommute avecDn. DoncLn(t)n+1=Dn+1n Pn+1(Dn)orDnn+1= 0d’oùLn+1n = 0:
1d) En ajoutant un terme nul àLnon obtient : L0n(t) =Pn+1
k=1(¡1)k¡1tk¡1Dnk=Dn±Pn
k=0(¡1)ktkDkn=Dn±(In+1+tDn)¡1: CommeLn(t)etL0n(t)commutent ( polynômes enDn) on a :
² ¡
L2n(t)¢0= (Ln(t)±Ln(t))0=Ln(t)±L0n(t) +L0n(t)±Ln(t) = 2L0n(t)±Ln(t)
² et par récurrence ¡
Lkn(t)¢0=kL0n(t)±Lkn¡1(t)
¡Lkn(t)¢0
=kLkn¡1(t)±Dn±(In+1+tDn)¡1:
2)
2a)D’une part
'u(t)±'v(t) = Xn p=0
up
p! (Ln(t))p± Xn q=0
vq
q! (Ln(t))q= Xn p=0
up p!
vq
q! (Ln(t))p+q
= X2n k=0
X
p+q=k
upvq
p!q!Ln(t)p+q en ordonnant suivant les puissances deLn(t)
= Xn k=0
X
p+q=k
upvq
p!q!Ln(t)p+q carLn(t)k= 0 pourk¸n+ 1 D’autre part :
'u+v(t) = Xn m=0
(u+v)m m! Ln(t)m
= Xn m=0
Xm r=0
Cmr
m!urvm¡rLm(t)m par le binôme de Newton,
= Xn m=0
Xm r=0
1
r!(m¡r)!urvm¡rLm(t)m
Le changement d’indicep=r; q=m¡r montre l’égalité des deux expressions.
2b)t7!'u(t)est dérivable comme combinaison linéaire de fonctions dérivables.
En utilisant III-1.d :
'0u(t) = Xn k=1
uk
k!k(In+1+tDn)¡1±Dn±Lk¡1n (t) =u(In+1+tDn)¡1±Dn± Xn k=1
uk¡1
(k¡1)!Lk¡1n (t)
= u(In+1+tDn)¡1±Dn±
n¡1X
k=0
uk
k!Lkn(t) =u(In+1+tDn)¡1±Dn± Xn k=0
uk
k!Lkn(t) carDn±Lnn(t) = 0
= u(In+1+tDn)¡1±Dn±'u(t) Ainsi
'0u(t) =u(In+1+tDn)¡1±Dn±'u(t): 2c)'01 est dérivable comme produit de fonctions dérivables et
'001(t) =¡
(In+1+tDn)¡1¢0
(t)±Dn±'1(t) + (In+1+tDn)¡1±Dn±'01(t)
=¡(In+1+tDn)¡1±Dn±(In+1+tDn)¡1±Dn'1(t) + (In+1+tDn)¡1±Dn±(In+1+tDn)¡1±Dn±'1(t) = 0 Ainsi'001(t) = 0est nul pour tout réelt ; par conséquent '1(t) ='1(0) +t'01(0).
CommeLn(0) = 0on déduit'1(0) =Iet '01(0) =Dn±'n(0) =Dnet l’on conclut : 8t2R; '1(t) =I+tDn:
3)
3a)¸I+Dn=¸(I+¸1Dn) =¸'1(1¸) =¸('1
2(1¸))2=³p
¸'1
2(1¸)´2
Ce qui prouve l’existence deM=§p
¸'1
2(¸1)donc deg pour¸ >0.
3b) Pour¸= 1 etn= 2il vientLn(1=¸) =L2(1) =D2¡12D22 puis '(1) =I+12L2(1) +18L22(1) =I+12(D2¡12D22) +18D22=I+12D2¡18D22 On retrouve bien les matricesGpuisqueA0=D2 avec les notations de l’énoncé.
QUATRIEME PARTIE
1)Remarque : question de cours pour retrouver le DSE de (1 +x®)
1a)hvéri…e sur]¡1;+1[(mais pas sur[¡1;+1[) l’équation di¤érentielle linéaire du premier ordre : (1 +x)y0= 12y
1b)On cherche alors une solution développable en série entièreP1
b=0bpxp et telle queb0= 1 . On véri…e sans problème
b0= 1 etbp= 1 2(1
2¡1)¢ ¢ ¢(1
2¡p+ 1)=p!pourp2N¤
et queR= 1
1c)Par produit de Cauchy de deux séries entières sur le disque ouvert de convergenceP1
k=0ckxk = (h(x))2 = (1 +x)
c0=c1= 1;8k >1ck= 0 2)
2a)SiP est un polynôme de degrénalors T(P) =Pn p=0bp
¸pDpP+ 0est bien un polynôme.
En prenantn = max(d(P); d(Q))on véri…e alors la linéarité de T =Pn p=0 bp
¸pDp:T est un endomorphisme de E.
2b) On peut remarquer queEnest stable parT .NotonsTn l’endomorphisme induit parT sur En. On a pour P2En: T2(P) =Tn2(P).
OrTn=Pn p=0
bp
¸pDnp ce qui conduit, compte tenu deDkn= 0pourk > nà Tn2=Pn
p=0 bp
¸pDpnPn q=0
bq
¸qDnq=Pn k=0
Pn p+q=k
bpbq
¸p+qDnp+q=Pn k=0ck
¸kDkn=I+1¸Dn AinsiT2(P) =P+1¸DP et …nalement : T2=Id+¸1D:
c)g=§p
¸T convient . (¸ >0) d)Etgn=§p
¸Pn p=0
bp
¸pDpn. Dans le cas I-4,n= 2et¸= 1.
Doncg2=§(b0I+b1D2+b2D22)avecb0= 1; b1=12; b2=¡18 ce qui redonne les matrices précédentes.