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Pratiques de conservation des architectures de terre en contexte archéologique

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Academic year: 2021

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Texte intégral

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HAL Id: hal-01880727

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01880727

Submitted on 25 Sep 2018

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Pratiques de conservation des architectures de terre en contexte archéologique

Chamsia Sadozaï, David Gandreau

To cite this version:

Chamsia Sadozaï, David Gandreau. Pratiques de conservation des architectures de terre en contexte archéologique. ICAANE, Jun 2014, Basel, Suisse. �hal-01880727�

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Intervention de CRAterre sur les sites archéologiques de :

Arabie Saoudite A/ Al Yamâma B/ Atturaif Burkina Faso C/ Loropéni Iran

D/ Bam

E/ Choga Zanbil Lybie

F/ Ghadamès Ouzbékistan G/ Ayaz Kala H/Fayaz tepa Pérou I/ Chan Chan Soudan J/ Sai Island Syrie

K/ Mari Tadjikistan L/ Sarazm Turkménistan M/ Kunya Urgentch N/ Merv

O/ Nisa

L F

C J

B A D

O N H

K E

M G

I

Aménagements d’évacuation de l’eau aux pourtours du site

DRAINAGE PÉRIPHÉRIQUE

Protection des sols par lits de terre damée

(et géotextile)

DRAINAGE DE SURFACE

Protection par ajout de matières sacrificielles

en crête de mur

CONSOLIDATION DES SOMMETS DE MUR

Traitement des trous et fissures sur les surfaces

RÉPARATION

Recouvrement entier ou partiel des surfaces

par une ou plusieurs couches d’enduit

ENDUIT SACRIFICIEL

Recouvrement total des structures par lits

de terre damée (et géotextile)

RÉ-ENFOUISSEMENT

Construction tout autour des structures,

selon les volumes dé- couverts à la fouille

ENVELOPPE

Construction à partir des structures dans leur

volume entier, selon une interprétation choi-

sie

RECONSTRUCTION

Installation d’une cou- verture sur le site avec surveillance régulière et

entretien permanent des structures

COUVERTURE

Construction nou- velle et hors du site

des structures (ou virtuelle), selon une interprétation choisie

RECONSTITUTION

Déplacement des structures hors du site (surtout décors et amé-

nagements)

DÉPOSE

Pourquoi conserver les vestiges architecturaux ?

Tous les vestiges exhumés par les fouilles archéologiques ne sont pas à conserver. On décide de leur préservation en fonction de leur intérêt pour d’un public cible. Lorsqu’il s’agit des archéologues, la conservation peut être envisagée à court terme, entre deux campagnes de fouilles, pour garder l’information scientifique et prévenir les dégradations. Pour le grand public, non initié et potentiellement nombreux, la conservation est prévue à moyen et long termes et se concentre sur des structures choisies pour leur lisibilité. L’approche est dans tous les cas méthodologique : toutes les parties prenantes définissent ensemble des priorités, des objectifs à atteindre et des activités qui leur sont liées selon un calendrier précis. Une évaluation est effectuée après chaque mise en œuvre, qui permettra de définir de nouvelles interventions et de suivre l’évolution de la conservation.

La conservation, outre le fait de mettre en exergue la valeur patrimoniale d’un bien pour une communauté, est bien sou- vent un tremplin pour le développement local d’une région. Les savoir-faire existants sont renforcés, de nouveaux artisans sont formés et une micro-économie prend place autour de la valorisation du site. De la découverte des vestiges au circuit touristique en passant par la restauration des architectures anciennes, les rôles combinés de l’archéologue et du conserva- teur sont essentiels pour la mise en place de ce processus.

PRATIQUES DE CONSERVATION DES ARCHITECTURES DE TERRE EN CONTEXTE ARCHÉOLOGIQUE

DE LA CONSERVATION À LA MISE EN VALEUR

L’échelle de temps que l’on souhaite donner à la conservation doit être définie afin d’utiliser la technique la plus appropriée au site. A court terme, on utilisera plus facilement des techniques de stabilisation des processus de dégradation par des ajouts de matière sac- rificielle qui seront régulièrement surveillés et entretenus si l’on souhaite les pérenniser à moyen terme. A long terme d’autres tech- niques peuvent être mises en place pour une meilleure mise en valeur des architectures.

Ainsi, chaque site présente un cas de figure différent.

LE PROGRAMME DE RECHERCHE

“ARCHÉOLOGIE ET CONSERVATION”

DU LABORATOIRE CRATERRE-ENSAG

Le programme de recherche du laboratoire CRAterre-EN- SAG sur la conservation et la mise en valeur des vestiges d’architecture en terre en contexte archéologique a pris son ancrage initial en Amérique Latine (site de Chan Chan, Pé- rou) et au Proche-Orient (site de Mari, Syrie). On dénombre désormais des applications sur une quinzaine sites dans le monde (signalisés sur la carte).

Le projet scientifique est structuré autour de deux thèmes :

* Méthodes et stratégies interdisciplinaires pour la ges- tion et valorisation du patrimoine archéologique en terre

* Techniques de conservation avant, pendant, après les fouilles archéologiques

DE NOUVELLES PERSPECTIVES

Le laboratoire CRAterre-ENSAG élabore, outre ses activités de recherche et développement, de nouvelles offres de for- mation afin de mieux répondre aux attentes des archéo- logues et architectes/conservateurs amenés à travailler sur des architectures de terre en contexte archéologique.

Celles-ci se déclinent en trois formats :

* formations sur site

* formations professionnelles

* formations universitaires

LA CONSERVATION PRÉVENTIVE

La prévention des dégradations est une pro- cédure qui peut s’appliquer avant, pendant et après les fouilles archéologiques. En planifi- ant les zones excavées, la conservation peut être envisagée immédiatement après la mise au jour des vestiges en utilisant peu de moy- ens techniques et financiers. Une expérience à Sarazm (Tadjikistan) montre qu’une zone de 75 m2 fouillée sur 20 à 80 cm de hau- teur est conservée en 7 heures en mettant 4 personnes à l’œuvre. Seuls les coûts de main d’œuvre et de géotextile sont engagés car la matière première et les outils proviennent de la fouille. Les données archéologiques sont préservées efficacement et accessibles facile- ment.

DE NOMBREUSES EXPÉRIENCES

Le programme du patrimoine mondial pour l’architecture de terre conduit par l’UNESCO (WHEAP) a montré qu’en 2012, sur les 150 bi- ens inscrits composés de terre crue, la moitié correspondait à des sites archéologiques. De nombreux exemples de conservation existent, chaque site présentant des conditions spéci- fiques comme la composition chimique de la terre à bâtir et son évolution dans le temps.

Des chantiers pilotes montrent que cette préservation est possible, pérenne et attrac- tive (voir carte).

DES TEXTES DE RÉFÉRENCE À TRAVERS LE MONDE

Les notions de valeur culturelle et de bien patrimonial sont reconnues universellement par des normes internationales. Ces chartes permettent de donner les grandes lignes des principes de conservation, en particu- lier des vestiges archéologiques. On citera particulièrement la Charte d’Athènes (1931), la Convention du patrimoine mondial de l’UNESCO (1972), le document de Nara sur l’authenticité (1994) et la Charte de Burra (1999). Des textes législatifs propres à chaque pays viennent corroborer ces normes par des précisions spécifiques : bien inventorié, bien classé, bien fouillé par des organisations étrangères. L’intérêt pour la conservation est alors d’autant plus accru qu’il participe à l’expansion du tourisme culturel et favorise le développement local.

Le laboratoire CRAterre-ENSAG, Centre international de la construction en terre, est rattaché à l’Unité de recherche AE&CC, Ar- chitecture Environnement et Cultures Constructives de l’Ecole Nationale d’Architecture de Grenoble. Cette Unité de recherche est reconnue Laboratoire d’excellence (Labex) par le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche et le Commissariat général à l’investissement depuis 2011.

Chamsia SADOZAÏ David GANDREAU Mai 2014

MERV

Turkménistan

CHOGA ZANBIL Iran

AL-YAMÂMA Arabie Saoudite

ARG-E BAM Iran

MARI Syrie LOROPÉNI

Burkina Faso

CHAN CHAN Pérou

GHADAMÈS

Lybie

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