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9 janvier 1999 L ’ U N I V E R S I T E S Y N D I C A L I S T E C L A S S I Q U E M O D E R N E T E C H N I Q U E SNES (FSU)

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N O 483

ISSN 0751-5839

9 janvier 1999 L ’ U N I V E R S I T E S Y N D I C A L I S T E C L A S S I Q U E M O D E R N E T E C H N I Q U E SNES (FSU)

S Y N D I C A T N A T I O N A L D E S ENSEIGNEMENTS DE SECOND DEGRE

CONGRÈS DU SNES Lille 29 mars-2 avril

L’ US

Pour aller plus loin

Janvier un mois d’actions

le 26 journée des C.o.-psy

le 28 journée nationale sur les H.s.

le 30 manifestations dans toute la France Consultation

collège

Faire entendre nos propositions

Consultation collège

Faire entendre nos propositions

L’ US

Réforme des lycées

Vos critiques pour la faire évoluer

Réforme des lycées

Vos critiques

pour la faire évoluer

(2)

C.o.-psy : action le 28

L’année 98 s’en est allée, mais elle nous a laissé toutes les insatisfactions de ces derniers mois : l’ignorance systéma- tique de notre rôle dans tous les textes concernant les ques- tions éducatives, le blocage de toute avancée catégorielle (hors-classe, reclassement vali- dation des 2 ans, etc.) et l’ab- sence de programmation des recrutements pour améliorer la situation sur le terrain.

1999 débute malheureuse- ment dans la continuité puisque la ministre vient de proposer son texte de cadrage

« Collège 2000 ». L’orienta- tion n’y est plus mentionnée, alors que la multiplication des parcours de toute sorte et des solutions « à l’interne » rendent le système de plus en plus opaque.

Dans le cadre des intitiatives décidées par le S.n.e.s. pour janvier, nous appelons tous les collègues à se mobiliser pour faire du 28 janvier un temps fort de l’ex- pression de nos reven- dications.

Une réunion est prévue le matin, un rassemblement de- vant le ministère l’après-midi.

Droit de réponse

Nous sommes souvent saisis par des collègues qui, estimant nécessaire que des propos qu’ils ont lus ou entendus dans les médias soient démentis ou rectifiés, nous demandent d’exer- cer un droit de réponse.

Nous le faisons le plus souvent, dès lors que la contrevérité ou l’intention malveillante est avérée. Nous n’en rendons pas à chaque fois compte dans l’U.s., ce genre de littérature deve- nant vite répétitif.

Deux exemples récents nous ont paru toutefois assez repré- sentatifs :

1. L’info telle qu’elle s’écrit

Dans un article intitulé : « La droite en rêvait, Allègre le fait », paru dans Libération du 20 octobre 98, on pouvait lire :

… « A la stratégie de l’affrontement, [François Bayrou] a sub- stitué celle du tutoiement. Il est l’homme de droite qui tutoie la communiste Monique Vuaillat, secrétaire générale du S.n.e.s.

Il ne lance rien qu’elle n’ait approuvé. »

Malgré une demande de mise au point du S.n.e.s., Jean- Michel Thenard nous a répondu tardivement, rendant décalée et peu compréhensible toute éventuelle rectification dans Libé- ration.

La réponse de Jean-Michel Thenard nous a toutefois paru assez éloquente pour se passer de commentaire.

« (…) Je vous accorde volontiers que diriger un syndicat dit proche du Parti communiste ne vaut pas appartenance à ce parti et que mon expression, trop rapide, pouvait laisser croire l’in- verse. Sachez bien que dans mon esprit, une telle appartenance d’ailleurs n’aurait rien de péjoratif. Pour ce qui est du tutoiement, il m’apparaissait clair que c’était une façon de résumer les cri- tiques que vous adressent vos détracteurs et ceux de François Bayrou qui, s’ils ne sont pas toujours les mêmes, se retrouvent souvent pour dénoncer la « cogestion » voulue par l’ancien ministre de l’Education. »

2. L’info telle qu’elle s’énonce

Dans sa chronique sur R.t.l., du 14 octobre, Jean-Yves Hollinger s’indigne : « Dans le lycée Jean-Baptiste-Say, à Paris, 40 pro- fesseurs de philosophie ont été affectés sans élèves, affecta- tions gérées par le S.n.e.s. »

Plusieurs collègues, en entendant cette « information », écrivent à Jean-Yves Hollinger qui, loin de faire amende honorable alors qu’il est pris en flagrant délit de désinformation, envoie une réponse identique à tous les collègues et en remet une louche.

Trop, c’est trop et Jean-Yves Hollinger a dû lire à l’antenne un rectificatif rédigé par le S.n.e.s.

COMMUNIQUE DE PRESSE

UNE URGENCE : TRANSFORMER LES HEURES SUPPLEMENTAIRES EN EMPLOIS ! Le Monde publie un rapport non définitif de la Cour des Comptes sur la gestion des heures supplémentaires.

Le S.n.e.s. rappelle que les 700 000 heures supplémentaires exis- tantes correspondent à environ 40 000 postes d’enseignant et que la plus grande partie d’entre elles est imposée de fait aux enseignants. Il rappelle aussi que les heures supplémentaires sont moins payées que les heures inscrites dans le service.

La véritable solution que le rapport n’évoque pas, est la trans- formation de ces H.s. en emplois permettant de recruter de jeunes titulaires : le S.n.e.s. revendique dans l’immédiat une transformation de l’équivalent de 15 000 emplois statutaires ; il est de la responsabilité du gouvernement de répondre à cet- te revendication de solidarité, de nature à contribuer effica- cement à la lutte contre le chômage et à ouvrir des débouchés aux jeunes diplômés. Corollairement, le S.n.e.s. revendique l’abrogation du décret du 30 juillet 1998 réduisant la rému- nération du taux des H.s.

Il faut aussi mettre fin aux situations créées par l’administration en choisissant de rémunérer par des H.s. des activités qui ne peu- vent pas être rémunérées par d’autres moyens : il est indis- pensable de se donner les moyens de rémunérer ces activités de manière transparente et équitable.

Le S.n.e.s. demande au ministre de rétablir la vérité sur les rai- sons pour lesquelles il impose des heures supplémentaires aux enseignants et d’intervenir de toute urgence pour que le gou- vernement procède aux transformations en emplois budgétaires que le S.n.e.s. demande depuis des années. Il contribuera ain- si, à mettre un terme à la campagne de dénigrement des per- sonnels à laquelle il s’est lui-même livré.

Le S.n.e.s. décide de rechercher toutes les convergences pour or- ganiser une journée nationale d’action sur les H.s. le 28 jan- vier, selon des modalités diversifiées pouvant intégrer le recours à la grève.

Paris, le 6 janvier 1999

Z.e.p.

La redéfinition de la carte des Z.e.p. a suscité de nombreuses actions au cours du mois de décembre. Il s’agissait de s’opposer aux sorties injustifiées et d’obtenir le classement de nouveaux établissements difficiles. Dans la plupart des cas, le ministère et les recteurs ont dû finalement, reculer et augmenter le nombre de classements Z.e.p. et donc d’I.s.s. Le cas le plus spectaculaire a été celui de l’académie de Versailles où après de nombreuses grèves, un fo- rum à Argenteuil le 15 /12 (300 pré- sents) et un rassemblement de 2 000 personnes, le recteur a renoncé à son projet initial de refonte complète de la carte à moyens constants pour non seu- lement maintenir le classement de tous les établissements déjà Z.e.p., mais aus- si pour en augmenter le nombre de 25. Des résultats intéressants ont été aussi obtenus ailleurs, notamment dans les académies de Rouen, Lille, Paris, Ni- ce, Reims, Amiens, etc. Mais une nou- velle évidence apparaît : l’administration prépare presque partout la rentrée 99 en Z.e.p. avec des taux d’encadrement en régression. Bien curieuse conception de la relance des Z.e.p. ! L’action va donc devoir se poursuivre.

Académie de Reims : boycott du C.t.p. du 16/12, 6 établissements en grève à plus de 80 % et manifestation de plus de cent personnes pour pro- tester contre le redéploiement des Z.e.p. et la réduction des moyens pré- vue pour 99. Nouvelles propositions du recteur : 2 sorties de Z.e.p. en moins et 2 entrées supplémentaires.

Académie de Rouen : rassemble- ment de 200 personnes pour le grou- pe de travail du 9/12. Les Clg Braque et Delvincourt de Dieppe sont main- tenus en Z.e.p.

Hautes Alpes : enseignants, parents et élus ont manifesté le 21/12 à Gap et à Aix-en-Provence pour obtenir le maintien des Z.e.p. du Buëch et de l’Argentière-la-Bessée. Décision du recteur reportée à janvier.

Somme : après une semaine de grè- ve unitaire (S.n.e.s., C.g.t., S.g.e.n.) et suivie à 80 %, le recteur d’Amiens est obligé de rapporter sa décision de fai- re sortir de Z.e.p. l’ensemble des éta- blissements du Val de Nièvre, Val de Somme 53 C.l.g., 1 L.p., 10 écoles pri- maires).

Académie de Paris : manifestation le 12/12 et rassemblement pour le C.t.p.

du 14. Bilan provisoire : 1 classement Z.e.p. supplémentaire et 4 classements R.e.p. Manifestation le 10/12 au rec- torat et le 15 au ministère du lycée Mallarmé menacé de fermeture.

Académie d’Aix-Marseille : 2 000 manifestants à l’appel du S.n.e.s. devant le rectorat le 16 décembre Région parisienne : à l’appel du S.n.e.s., S.n.e.p., S.n.u.i.p.p.p., F.s.u., Cgt et Sud, rassemblement d’une cen- taine d’aides-éducateurs au ministère le 15/12. 4 établissements en grève à la rentrée de janvier pour le classe- ment Z.e.p. : P. Sémart de Bobigny (93), Chevreul de l’Haÿ-les-Roses (94) et 2 collèges de Clichy (92) Louise-Michel de Clichy (93) : la grève a repris à la rentrée après 3 se- maines de grève fin décembre ; Il s’agit d’obtenir que soient tenus tous les en- gagements pris par S. Royal à l’occa- sion d’un précédent conflit. Le Clg J. Vi- lar a aussi décidé de reprendre la grève

Collège J. Monnet de Flers (Or-

ne) : grève et manifestation prévue le

8/1 contre le port du foulard isla-

mique.

(3)

S O M M A I R E

Des discussions mais pas “d’aval”,

pas de “réconciliation”

Curieux, tout de même, ces campagnes « médiatiques » à répétition sur les personnels du second degré et le syndicat, le S.n.e.s., qui les représente majo- ritairement. Des mois durant est martelée l’idée que plus « conservateurs » que les professeurs du second degré, plus immobilistes, plus corporatistes, moins soucieux des élèves on ne peut trouver. Pendant des mois, le minis- tère n’a cessé de répandre l’idée qu’il ne voulait pas discuter avec le S.n.e.s.

Aujourd’hui, il est contraint de le faire dans des conditions que les person- nels lui ont imposées et ce qui n’est, somme toute, qu’un retour à une situation normale devient un « événement » dont toute la presse parle, dans des termes qui sont assez incroyables : « Claude Allègre a-t-il vendu son âme au diable ? » , « Allègre signe l’armistice avec sa pire ennemie » ; « Allègre plie devant le S.n.e.s. » ; « lycées, cessez-le-feu entre Allègre et le S.n.e.s. »,

« Allègre contraint au compromis »… « Les autres syndicats font la grimace».

Comment s’y retrouver dans tout cela ? Le S.n.e.s. est un syndicat. Son rôle est de défendre les personnels qu’il regroupe et de faire avancer leurs pro- positions de réforme. Nous le faisons quel que soit le gouvernement, avec la même conviction et le même souci de le faire sur la base d’un rapport de forces.

Nous avons pu faire valoir un certain nombre de nos propositions sur la réforme des lycées. Le projet actuel, s’il est le fruit de ces discussions est encore très éloigné du nôtre, d’autant qu’il se fait à moyens constants. Le S.n.e.s. le soumet comme tel aux collègues. Il n’a donc pas donné un « aval », ni un « accord » d’autant moins que l’avis est qu’il faut encore le faire beaucoup modifier dans cette phase de concertation. Pour y parvenir, il faut donc faire pression. D’où les actions que nous décidons. Il n’y a pas « récon- ciliation », il y a discussions conflictuelles dans le cadre d’un rapport de forces qu’il faut améliorer.

Nous le faisons avec un ministre qui n’a pas été « démissionné » par le gou- vernement malgré l’hostilité qu’il suscite dans toute la profession et bien au- delà, mais à qui le gouvernement, le parti socialiste ont choisi de demander de prendre en compte l’avis des personnels du second degré. Qu’ils aient fait ce choix parce que de nombreux collègues formulent des menaces pour la prochaine échéance électorale, c’est une réalité . Quant au syndicat, il se doit d’explorer cette situation nouvelle, non pour lui-même, mais pour jouer pleinement son rôle.

Chaque fois que l’on peut faire prendre en compte nos demandes, c’est autant de gagné, c’est aussi parfois le pire évité. Et si nous réussissons à faire faire une bonne réforme des lycées, ce qui n’est pas encore le cas, cela ne nous amène pas pour autant à lever le pied sur tous les sujets

de conflit que la profession a avec ce ministre et ce gou- vernement.

Ce qui complique les choses, en tout état de cause, c’est lorsque nous ne réussissons pas à montrer suffisam- ment notre force collective, d’où le mois d’actions en janvier prochain.

Monique VUAILLAT, secrétaire générale

E D I T O

L’Université Syndicaliste, hebdomadaire du Syndicat National des Enseignements de Second degré, SNES, 1, rue de Courty, 75341 Paris Cedex07.

Tél. standard : 01 40 63 29 00.

•Directeur de la publication : Gérard Anthéaume.

Tél. 01 42 80 91 04

•Rédacteur en chef : Serge Chatelain.

•Collaborateurs permanents : Claudie Barles, Andrée Béhotéguy, Francis Guillout.

•Secrétariat de rédaction : Gabrièle Hübner.

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•Photocomposition et photogravure noire et couleur : CAG.

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• C.P. N° 1578 D 73.

•Prix du numéro : 7,80 F • Abonnement : 1) Personnels de l’Education nationale : France : 168 F ; étranger : 263 F. 2) Autres, France : 242 F ; étranger : 335 F.

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•Publicités : C.r.d.p. (15).

•Photo de couverture : Thierry Nectoux.

• Pour s’informer et donner son avis : – Minitel : 3615 USTEL – E-Mail : [email protected] – Internet : http://www.snes.edu

Elections à la C.a. nationale du S.n.e.s.

Les élections pour le renouvellement de la commission administrative nationale du S.n.e.s. se dérouleront du lundi 10 mai au vendredi 4 juin 1999. Les appels à candida- tures (3 000 signes maximum) seront publiés dans l’U.s.

du 27 janvier 1999. Il devront être déposés au S.n.e.s.

le jeudi 21 janvier 1999 à 15 heures au plus tard.

JANVIER

Pour imposer des progrès 4

RÉFORME DES LYCÉES

Premières réactions 6

COLLÈGE

Quelles évolutions ? 9

REMPLACEMENT

Lever l’hypothèque 10

MISSION

Conditions de travail

et de vie des enseignants 11

CONGRÈS DU SNES

Thèmes en discussion 12

(4)

DÉCISIONS D’ACTION

Faire de janvier un mois d’actions aux modalités diversifiées

1. Des consultations action

• Sur les réformes lycées et collèges : la C.a. appelle les collègues à répondre rapidement à la consultation S.n.e.s. sur le projet de réforme ministériel des lycées. Ces réponses seront utilisées comme moyens de pression sur le ministère pour faire prendre en compte nos propositions.

• Sur la réforme des collèges : investir la consultation ministérielle pour faire entendre nos propositions et nos exigences et les faire prendre en compte dans les synthèses auxquelles le S.n.e.s. demande à prendre part.

Actions spécifiques sur langues vivantes (pétitions unitaires, colloques rapides) et sur les enseignements artistiques

2. Opérations : gel et en particulier organisation du gel du béné- volat afin de marquer clairement notre désapprobation sur les heures supplémentaires ; s’opposer fermement à toute sollicitation visant à rem- placer les professeurs absents et à soumettre le droit à la formation continue au préalable du remplacement ; exiger pour les T.a. T.r. et M.a. qu’ils aient des ordres de mission clairs et précis s’inscrivant exclu- sivement dans le cadre de leurs compétences

3. Mutations 99 : tenir partout des réunions décentralisées ayant pour finalités d’informer et de défendre les collègues, de les aider dans la formulation de leurs demandes, de leur faire remplir une fiche syn- dicale, de les faire agir et intervenir auprès des pouvoirs publics notamment par la signature d’une lettre pétition, et de les convaincre de se syndiquer massivement au S.n.e.s. en leur remettant un bulletin d’adhésion à remplir sur place.

4. Du 25 au 30 janvier : concentrer sur cette semaine des actions ciblées sur les heures supplémentaires, la précarité, la surveillance, les classes préparatoires, les conseillers d’orientation-psychologues les sup- pressions de postes.

Le 28 janvier, en particulier, journée d’action sur les heures supplé- mentaires avec appel à la grève dans les classes préparatoires débattu dans le cadre unitaire construit depuis la rentrée, et, pour tous les personnels, partout où les collègues le décideront. Au cours de cette journée, distribution de tracts, décisions collectives de prendre les cours avec retard pour marquer, envoi de fax et de lettre au ministère.

Le 26 janvier, action des conseillers psychologues.

Sur la surveillance, développement d’une pétition nationale.

5. Le samedi 30 janvier, manifestation nationale décen- tralisée avec recherche d’unité avec les autre syndicats et avec les parents, les lycéens.

Il s’agit dans le même temps de poursuivre l’organisation des forums, afin d’atteindre les 1 000 forums d’ici la fin juin.

Sur la décision prise par le Conseil d’Etat, le S.n.e.s. demande à la F.s.u. de rechercher l’unité la plus large pour contraindre le gouver- nement à prendre les décisions qui s’imposent.

6. Réussir l’initiative de la F.s.u. du 21 mars en organisant la participation de milliers de personnels du second degré à ce grand forum national sur « les savoirs et les jeunes : des ambitions pour le prochain siècle ».

Janvier : pour

personnels d’enseignement artistique, la préparation du mouvement 1999 et de la rentrée prochaine, le dossier des heures supplémentaires qui demeure plus que bloqué...

L’état d’esprit de la majorité des élus a été de relever les progrès faits et les reculs imposés dans la dernière période. La discussion a bien montré, en même temps, que si une situation un peu nouvelle est créée du fait de ce nouveau rapport de forces, l’action doit être poursuivie avec fermeté pour faire revenir sur des décisions négatives et faire progresser nos demandes.

D’autant que, au-delà du « style et des déclarations » du ministre, que rejet- tent massivement les collègues, il y a une politique scolaire qui reste mar- quée par une conception du service public et des réformes que nous désap- prouvons pour l’essentiel et qui s’ins- crit dans des choix gouvernementaux de réduction des dépenses publiques, de gel de l’emploi public et de déve- loppement d’emplois non qualifiés.

L a commission administrative (instance délibérative du S.n.e.s.

regroupant 69 élus) s’est réunie les 4 et 5 janvier pour examiner la situation nouvelle créée à la suite de la réouverture de discussions avec le ministre de l’Education nationale, contraint à le faire suite aux actions et aux 400 lettres quotidiennes qu’il reçoit depuis des mois, et des très nombreuses mises en garde délivrées par les collègues aux députés et res- ponsables de la majorité plurielle et au Premier ministre.

Toutes les questions ont été passées en revue : l’état actuel du dossier réforme des lycées, l’attitude à avoir sur la nouvelle consultation ministérielle dans les collèges qui commence en janvier, l’accord donné par le minis- tère et Matignon pour rattraper en deux ans les 10 000 emplois hors classe jusqu’ici refusés, le dossier sur- veillance loin d’être résolu, la réou- verture de discussion sur les M.a. les plus anciens, et sur les services des

dgsg

(5)

budgétaires et statutaires et faire abro- ger la décision de diminuer le taux de rémunération des heures supplé- mentaires.

• Faire mettre en place un dispositif de titulaires remplaçants avec des per- sonnels qualifiés au statut amélioré et mettre un coup d’arrêt à la mise en cause du statut des jeunes enseignants titulaires et au développement de la précarité.

• Faire échec au projet de mise en cause du statut d’étudiant-surveillant et de la surveillance conçue comme un vivier de remplaçants et transformation des emplois-jeunes en véritables sur- veillants.

• Obtenir toutes les garanties d’équité et de transparence du mouvement déconcentré de 1999 avec pour objec- tif un retour rapide au mouvement national.

• Faire respecter le droit à formation continue des personnels actuellement mis en cause.

Pour cela il faut des moyens budgé-

taires, la programmation de recrute- ments accrus

ALORS QUELLES DÉCISIONS ? Nous décidons de faire de janvier un mois d’actions aux modalités diversi- fiées parmi lesquelles l’information et le débat avec les parents d’élèves, par le biais notamment des forums en cours ; d’opérations gels, notamment du bénévolat ; de pétitions . Le 28 jan- vier nous proposons aux autres syndi- cats et associations d’organiser une journée d’action sur les heures sup- plémentaires.

Le samedi 3O janvier nous organise- rons avec le S.n.e.p., en cherchant l’unité la plus large, une journée de manifestation nationale décentralisée (voir détail de ces actions dans l’en- cadré p. 4).

Enfin, avec la F.s.u. le 21 mars, nous participerons à un forum géant sur

« les savoirs et les jeunes : des ambi- tions pour le prochain siècle » . Denis Paget

imposer des progrès

©THIERRY NECTOUX

Il nous faut donc, par l’action, parve- nir à faire encore modifier le projet de réforme des lycées sur des points essentiels dans la phase de concerta- tion qui s’ouvre (voir article et contri- butions des collègues), faire revenir sur des décisions ou des projets (heures supplémentaires, surveillance, remplacements, déconcentration...), faire en sorte que la réforme du col- lège et la préparation de la prochaine rentrée prennent en compte nos de- mandes et que soit mis en place un véritable service public de la formation continue des adultes avec tous les moyens budgétaires pour cela.

Nous nous fixons six priorités reven- dicatives :

• Faire alléger les effectifs des classes et faire développer le travail en petits groupes, améliorer les taux d’enca- drement en personnels de sur- veillance, d’éducation, d’orientation dès la prochaine rentrée.

• Faire transformer un tiers des heures supplémentaires en emplois

De la galette pour le privé

Dès la fin novembre, le S.n.e.s.

avait alerté sur les conséquences d’un arrêt du Conseil d’Etat en date du 18.11.1998 dont l’effet est de rendre inopérant le plafond posé par la loi Falloux de 1850 aux aides que les collectivités ter- ritoriales peuvent accorder aux éta- blissements privés pour leurs inves- tissements. En effet, le Conseil d’Etat admet d’étendre le régime des enseignements techniques de la loi Astier de 1919, qu’il avait précé- demment interprétée fort complai- samment comme autorisant des subventions illimitées. Le S.n.e.s.

s’adressait au Premier ministre, au ministre de l’Education nationale et aux présidents des groupes parle- mentaires de la majorité pour les placer devant leurs responsabili- tés (Cf. U.s. n° 481, p. 11).

De son côté, la presse, dans une touchante unanimité, ignorait nos deux communiqués de presse, mais les redécouvrait miraculeusement le 29 décembre entre les huîtres et le foie gras. L’affaire a dès lors fait grand bruit et a suscité de nom- breuses prises de position, notam- ment des forces laïques.

C’est dans ce contexte qu’une délé- gation de la F.s.u. a pu être reçue par Ségolène Royal le 5 janvier.

Nous lui avons fait part de nos inquiétudes devant ce nouveau déséquilibre en faveur de l’ensei- gnement privé, surtout au moment où les régions réduisent depuis quatre ans leurs budgets scolaires.

Nous avons affirmé l’idée que seule une loi peut remédier à cette situa- tion. La ministre, qui s’est dite pré- occupée des conséquences de l’ar- rêt du Conseil d’Etat, nous a fait part des pistes de réflexion du gou- vernement.

Aucune décision n’est donc encore prise. La F.s.u. et le S.n.e.s. conti- nueront leurs interventions auprès des pouvoirs publics, et notamment du ministère, et se sont adressés aux organisations qui avaient formé le collectif unitaire, à l’oc- casion de l’immense manifestation laïque du 16 janvier 1994, en vue d’initiatives communes.

Francis Berguin

(6)

O n trouvera ici quelques ex- traits représentatifs de la tonalité générale. Il faut cependant continuer à nous adresser vos observations sur la fiche de consultation (U.s. n° 482), par Inter- net ou Minitel. En effet, il ne faut pas considérer ce projet comme achevé et abouti. Le S.n.e.s., avec les col- lègues, doit maintenant poursuivre son action pour améliorer ce qui doit l’être dans le cadre des concer- tations qui vont débuter très pro- chainement. L’intervention des col- lègues est essentielle. Vos contributions vont nourrir un docu- ment d’amendements que nous éla- borons. Elles doivent aussi servir à contrecarrer l’offensive de ceux qui veulent déréglementer, renforcer les pouvoirs locaux et les discrimina- tions entre établissements, réduire à peu de choses les ambitions du lycée.

L’interview revancharde de Philippe Meirieu dans le journal Libération du 5 janvier, appelant à globaliser tous les moyens d’aide pour une ges- tion locale des horaires et des ser- vices des enseignants, montre que nous ne sommes pas au bout de nos peines. Le peu qui a été acquis par la négociation peut vite s’envoler si nous laissons faire. La préparation de la rentrée dans les lycées est aussi déter- minante : l’action et la mobilisation des enseignants sont donc cruciales pour faire sauter les obstacles bud- gétaires à toute amélioration des enseignements en lycée.

Dans l’ensemble, les consultations qui nous sont revenues reconnais- sent que nous avons évité le pire, que des améliorations existent mais que des défauts majeurs apparais- sent aussi – particulièrement en matière d’enseignement des langues et des arts – que les engagements pris sur une question aussi décisive que celle des effectifs n’auront aucune valeur sans le dégagement

de moyens nouveaux pour les atteindre.

Nombreux sont ceux qui voient bien les limites d’un exercice qui n’amé- liore les situations d’enseignement que par redéploiement des moyens existants : des modules jugés très positifs, par exemple en histoire en Seconde, ou en français en Première, disparaissent. Beaucoup enfin, sou- lignent l’intérêt des T.p.e. et de l’aide individualisée, mais aussi l’impor- tance du travail qu’ils vont réclamer.

Réduction des heures de cours, déga- gement de temps pour la concertation et la formation continue sont forte- ment demandés. L’augmentation des heures dédoublées ou en petits groupes va poser inévitablement la question de locaux mieux adaptés à ces formes de travail.

Certains collègues, faisant écho à des affirmations de la presse, reprochent au S.n.e.s. d’avoir donné son accord

RÉFORME DES LYCÉES

Premières réactions

De très nombreux collègues ont examiné attentivement le projet ministériel de réforme des lycées. Rappelons que ce texte ministériel n’est qu’un projet soumis

à concertation et qu’il faut peser pour l’améliorer.

Enseignements technologiques L’architecture des séries et les horaires sont maintenus dans le projet ministé- riel.

Des orientations sont tracées pour amé- liorer les débouchés des bacs techno- logiques vers les classes préparatoires et les B.t.s. et pour faire évoluer les contenus d’enseignement en fonction des évolutions technologiques et notam- ment de la place de l’informatique dans les contenus de travail.

Les options technologiques de Seconde gagnent en lisibilité et en cohérence mais au détriment de certaines options comme I.e.s.p. utilisées à d’autres fins.

Le choix conseillé et possible pour un élève de Troisième intéressé par S.t.t.

(et par S.e.s. ou L …) est informatique de gestion, S.e.s. comme enseigne- ments d’orientation obligatoire et L.v.2 comme option facultative.

Pour les élèves intéressés par la série S.t.i., la série S option sciences indus- trielles… le choix conseillé est sciences industrielles des enseignements com- muns et sciences industrielles d’ensei- gnement d’orientation soit 0 + (3) et 0 + (5). Les contenus reprendront ceux de T.s.a. et Productique avec plus d’in- formatique industrielle. L’option sys- tèmes automatisés 0 + (3) peut être prise seule en enseignement d’orien- tation.

Pour les élèves intéressés par la série S.t.l. ou S.m.s. et S, en plus de S.v.t.

dans le tronc commun, ils choisissent l’option S.t.l. ou S.m.s. avec un ren- forcement en informatique appliquée.

Les T.p.e. (travaux personnels enca- drés) auront un statut spécifique en Première et Terminale technologique. Il nous faut faire des propositions.

L’ex.-série E devenue série S à option technologie industrielle est consolidée comme une série S sciences indus- trielles (avec un enseignement de sciences industrielles à la place de S.v.t.).

Au total si le projet n’est pas remis en cause, le débat devrait se focaliser sur les problèmes de contenu des ensei- gnements technologiques : ce débat essentiel devrait être mené avec les enseignants concernés. Nous atten- dons vos remarques et vos proposi- tions.

Yves Baunay

à ce projet. Il n’est nullement ques- tion d’accord – ni formel, ni infor- mel – et le document paru dans l’U.s.

n’est qu’un projet ministériel. Le S.n.e.s. a joué son rôle de syndicat en essayant de faire valoir ses concep- tions auprès du ministère. Il y est parvenu sur certains points (struc- turation en séries plus claires ; aug- mentation des heures dédoublées ou en petits groupes ; préservation de la voie technologique ; amélioration de certaines dominantes ; introduc- tion de T.p.e...), mais il n’y est pas parvenu sur d’autres. Le S.n.e.s. a défendu toutes les propositions qu’il avait portées à la connaissance des syndiqués dans l’U.s. n

o

476 du 10.10.98. Ce sont ces propositions que nous continuerons à défendre. A nous d’agir pour une meilleure prise en compte des souhaits des collègues et des intérêts des élèves.

Denis Paget

(7)

T E M P S P R E S E N T

« Les points positifs que j’ai retenus :

• La prise de conscience et la formulation d’un état de fait : le lycée comme ascenseur social est en panne (constat lisible dans les formulations du projet).

• L’orientation par défaut est stigmatisée.

• Volonté de multiplier les passerelles.

• Apparition des « élèves issus de milieux modestes ».

• Volonté de faire du lycée un univers non-mar- chand... »

P.G., stagiaire lettres modernes, Lycée J. Monnet, Saint-Etienne (42)

« L’essentiel des programmes et des horaires semble maintenu ».

J.-L. T., lettres modernes Collège de Servian (34)

« Le pire semble évité, mais la conception “Seconde différenciée” domine toujours. »

« Projet en l’état acceptable et négociable (et large- ment à améliorer encore) mais avec de lourdes hypothèques à lever :

– Moyens : postes, programmation des recrute- ments.

– Manœuvres à prévoir des fondateurs du rapport Meirieu.

– Allègre ??? Formation continue ? »

F. E., histoire-géographie Lycée Bréquigny, Rennes (35)

« Comment le S.n.e.s. peut-il être d’accord avec le projet de « réforme des lycées ? »

« L’examen des grilles horaires montre que le pro- jet du « Lycée Allègre » n’est pas abandonné... »

J.- Ch., Lycée Elie-Vinet Barbezieux (16)

« Il y a des points positifs mais attention à démon- trer qu’il n’y a pas eu de “coup fourré” entre le S.n.e.s. et le ministre. »

G. A., espagnol, Lycée Baudelaire Annecy-le-Vieux (74)

« Ne tombons pas dans un piège politique. Allègre a besoin de la caution du S.n.e.s.

Il cède sur des problèmes pédagogiques qui n’ont pas d’importantes conséquences politiques. Il ne fait aucune concession sur la régionalisa- tion... ».

P. G., maths Lycée Paul-Langevin, Déols (36)

Les scientifiques regrettent qu’il n’y ait pas une plus grande différenciation.

« Pour la physique-chimie, la classe actuelle est en état de décomposition avancée.

Dans la plupart des établissements, nous avons

“sauvé l’essentiel” à travers les options I.e.s.p., T.s.p. La disparition projetée de ces options nous renvoie dans les ténèbres. »

G. K., sciences physiques Lycée Montaigne, Mulhouse (68)

L A S E C O N D E

A P P R É C I A T I O N G É N É R A L E

« Revenir à 3 h en L.v.1 et L.v.2 ; il est inadmissible de diminuer l’horaire de langues alors qu’on fait tout un battage sur l’Europe. Il faut rendre la L.v.2 obli- gatoire dans toutes les sections. »

Cl. M., mathématiques Lycée A. Kastler, Cergy (95)

« Je m’insurge que l’on fasse semblant de croire qu’une heure assurée par un assistant égale une heure d’enseignement par un professeur. C’est accréditer une idée reçue à la mode (...) : qu’il est bien supérieur d’avoir comme “enseignant” une personne originaire du pays concerné même si elle n’a pas les diplômes requis... »

D. Le G., anglais Collège du Ponant, Locmaria (56)

« Maintenir 3 x 1 h en L.v. pour tous les niveaux. »

D. C., allemand Lycée, Landivisiau (29)

Mécontentement devant la suppression des modules en histoire-géographie. Les collègues s’interrogent sur le contenu de l’éducation civique et juridique, voire la pertinence de cet enseigne- ment.

« La perte partielle du module d’H.-g. n’est pas acceptable car il est devenu indispensable à l’ac- quisition ou au renforcement de bases méthodo- logiques sans lesquelles on ne peut rien construire de solide. »

M.O. lycée Camargue Nîmes (30)

« Je suis hostile à la diminution globale de l’horaire en histoire-géographie qui ne l’accompagne pas d’un allègement des programmes. »

« Revoir impérativement le rapport heures de cours/charge des programmes (déments en his- toire-géographie). »

« Avoir très vite des précisions sur le contenu de l’éducation civique et juridique. »

M.Z., lycée V.-Hugo Colomiers (31)

« En dessous de 3 h hebdo, les élèves prennent la matière pour du pipeau. Education civique et juri- dique bidon ! »

« Refus de survoler les programmes comme nous le demandent les inspecteurs… L’éducation civique et juridique peut être intégrée aux références pré- cises des programmes (ex. en Seconde : Révolution, droits de l’homme). Pas question d’enseigner le droit. »

A.T., lycée Impérial – Nice (06)

H I S T O I R E - G É O G R A P H I E

« La suppression de l’option I.e.s.p. en Seconde serait une catastrophe pour notre “lycée classique”. C’est la seule classe qui nous amène de bons élèves scienti- fiques. »

R. V., mathématiques Lycée Lacroix, Narbonne (11)

« Enseignement très fragmenté, mais c’est peut- être pour la bonne cause (...) en français, je trouve plus logique d’avoir 0,75 h en modules et 0,5 h en aide personnalisée. »

H. R., lettres modernes, Lycée Lurçat, Martigues (13)

« Globalement très satisfaisant excepté les horaires de L.v. insuffisants ; les horaires de certaines options techno peuvent être trop élevés et dissua- dent certains élèves de faire un essai en Seconde ».

J.-L. R., mathématiques,– Collège Fontarade, Montpellier (34)

« Horaire de cours insuffisant en mathématiques.

L’aide aux élèves les plus faibles sera peu efficace, surtout s’ils ne veulent plus faire de mathéma- tiques. »

A. V., mathématiques Lycée Lacroix, Narbonne (11)

« L’aide individualisée doit être imposée à l’élève (l’expérience montre que le volontariat ne marche pas) par le professeur qui en maîtrisera le contenu et qui donc préparera cette heure comme les autres (pas question de la décompter pour une demi- heure dans un service) ».

« Que met-on derrière éducation civique ? » Redite de celle faite (mal) au collège ? »

N. G., histoire-géographie Lycée Mansart

« En français, nous avions en Première, avec les modules, 4 h + 1 h élève = 6 h/prof., donc 3 classes. Avec ce changement, cela donne 4 classes et demie en français. Il faut donc se soucier de la lourde charge des enseignants de lettres modernes... »

A. M., lettres modernes Lycée Sannier, Boulogne-sur-Mer (62)

« Très nets progrès ; pourquoi pas une L à domi- nante histoire ? »

R. R., mathématiques Lycée, Mourenx (64)

« L’augmentation de l’horaire de T.p. de 1/2 h en S ne compense pas la perte de l’option sciences expérimentales. »

P. J., sciences physiques Lycée B. de Ventadour. (19)

« Un enseignement scientifique doit exister en L et E.s. ; il ne peut s’agir d’une culture scientifique : ce qui implique un horaire raisonnable (2 h par ex.) et une partie de l’horaire obligatoirement en T.p. : 1 + (1) ».

Cl. B., S.v.t., (26)

Vif mécontentement. Unanimité pour dire qu’on est très loin de ce qu’il faudrait. La substitution pro- fesseurs/assistants est dénoncée.

L E S L A N G U E S V I V A N T E S L E S P R E M I È R E S

ERRATUM

L’encadré sur les L.v. paru dans l’U.s. n° 482 fait partie du projet ministériel ; il donne la possibilité aux professeurs de choisir de conserver les 3 h ou d’en dédoubler une... mais sur le même potentiel horaire. Naturellement, le S.n.e.s.

demande 2 + (1). Cela veut dire qu’il faut recru-

ter environ 800 professeurs pour chaque heure

consommée en supplément. Il faut donc une

programmation des recrutements.

(8)

« Qu’en est-il des classes technologiques ? S.t.t., B.t.s… ? »

« Pas question de faire plus d’heures devant élèves ! »

« Comment le ministère compte-t-il introduire plus d’heures en demi-classe sans alourdir notre charge de travail ? »

« L’architecture du lycée « fera en sorte que nos conditions de travail vont dépendre des régions ! ».

R. A., éco-gestion Lycée Sablonat (33).

« En Seconde technologique, il faut que la totalité de l’enseignement des “sciences industrielles”

offre à l’élève un contenu vaste (productique + électrotechnique + électronique + informatique) afin qu’il fasse son choix en connaissance de cause pour S.t.i.1, S.t.i.2, S.t.i.3 ou S techno ».

« En physique en Seconde 1,5 + (2) serait mieux. »

D. C., physique appliquée L.e.g.t. Châteauroux. (36)

« Les collègues du technique qui s’expriment demandent surtout des explications et des clarifi- cations et protestent contre « le manque aberrant de matériel pour les T.p. ».

F. N., physique appliquée Lycée Nevers (58).

Si les collègues sont très satisfaits des enseigne- ments de la voie L, ils s’insurgent contre le rem- placement des options facultatives par des ateliers à faible horaire, sans contenu d’enseignement, dispensés par des intervenants extérieurs.

« ... Seules les options artistiques sont suppri- mées... on garde le latin, le grec et les L.v.3 pour qui tout le monde tremblait ! (...).

Il convient de crier sur les toits ce que tout le monde sait, même les conseillers d’Allègre, à savoir que les ateliers ne sont pas viables, qu’on ne pourra les inclure dans les emplois du temps, que les élèves ne s’inscriront pas à une activité qui aura lieu le mercredi après-midi et qui ne sera pas évaluée au bac... ».

J. F., musique Lycée Grandmont, Tours (37)

« Je lis que les lycéens pourront suivre des ateliers de pratique artistique facultatifs (45 h par an) avec des professionnels de la culture encadrés par des enseignants.

C’est consternant ! Non seulement l’horaire dimi- nuerait fortement, mais encore les enseignants seraient remplacés par des “professionnels de la culture” ! Responsable d’un atelier photo depuis 8 ans, j’ai pu apprécier la méconnaissance des jeunes, le manque de ponctualité, de volonté de construire des savoirs, de ces intervenants... »

J. F., arts plastiques Collège Alviset, Paris-13

e

L E S O P T I O N S A R T I S T I Q U E S E N S E I G N E M E N T S T E C H N O L O G I Q U E S

Pas d’hostilité de principe ; souvent expression d’un intérêt mais aussi... méfiance.

« Il faut une discussion et une mise au point entre toutes les parties concernées ; en philosophie, cela suppose une modification des programmes... »

P. B., philosophie Lycée Camargue, Nîmes (30)

«Les T.p.e. supposent des locaux adaptés, notam- ment une extension des C.d.i. et création de postes afférents. »

G. S., lettres Lycée Gérard-de-Nerval, Soissons (02)

« Cela semble intéressant. Notre difficulté sera de savoir quelle part l’élève a vraiment dans le travail de recherche effectué... »

Ch. C., anglais Lycée J. Moulin, Albertville (73)

«Les T.p.e. ne risquent-ils pas de donner beau- coup de travail aux professeurs et de nécessiter beaucoup de concertation pour un résultat mince du côté des élèves ? »

G. B., anglais Lycée de Presles, Cusset (03)

T . P . E . RECTIFICATIFS

B.o. n

o

46 (10 déc. 98). Aménagements des pro- grammes. Français, Terminale L : épreuve de lettres, supprimer « on s’en tiendra aux quatre œuvres du programme ». Remplacer par : « On n’étudiera que trois œuvres au choix du pro- fesseur au lieu de quatre ».

U.s. n

o

482, p. 15 – Voie scientifique, lire en Pre- mière et en Terminale, sciences de la vie ou de la Terre OU sciences de l’ingénieur, total Pre- mière : 26,5 ou 30,5 (sciences de l’ingénieur) + T.p.e. 28,5 ou 32,5 (S.i.), total Terminale 28, 32,5 (S.i.).

LES TRAVAUX PERSONNELS ENCADRÉS.

QU’EST-CE QUE C’EST ?

Il s’agit de la traduction d’une proposition du S.n.e.s. en Première et Terminale pour installer des travaux renforçant les disciplines dominantes de la série.

L’intérêt de ces travaux est multiple :

• ils permettent d’inventer des travaux scolaires de plus longue durée, faisant appel à davantage de lectures et de recherches sans ambition excessive ;

• ils renforcent les liens programmatiques entre des disciplines connexes ;

• les heures consacrées à leur suivi sont gérées par l’équipe bi-disciplinaire de T.p.e. : les professeurs différencient le suivi selon que les élèves travaillent de façon plus auto- nome ou ont davantage besoin d’aide et de conseils ; ils consacrent donc les séances à des effectifs variables et servent de modalité d’aide personnalisée.

Nous avons exigé qu’ils soient attachés aux disciplines et fassent l’objet de listes de thèmes ou de problématiques nationaux, bien cadrés. Il ne s’agit donc pas de travaux laissés à la libre initiative de l’établissement. Ils devront traiter des questions au cœur des programmes.

En Terminale les travaux des élèves serviront au deuxième groupe d’épreuves.

Les professeurs des disciplines technologiques pratiquent déjà ces activités, évaluées au baccalauréat.

Les T.p.e. évitent une érosion importante des horaires d’enseignement.

Il reste un important travail d’élaboration des thèmes nationaux.

Le suivi des T.p.e. compte comme 1 h d’enseignement.

L’important travail de concertation nécessite qu’ils donnent droit à un abattement du service. Ce suivi devrait éviter que s’installe un marché de dossiers. Les réalisations produites par l’élève devraient varier en fonction des thèmes et des disciplines.

L’évaluation au second groupe d’épreuves donne du sérieux à ce travail. Il faut cependant travailler à la façon de les prendre en compte à l’oral.

D. P.

Faites-nous parvenir vos réactions

SNES - 1, rue de Courty, 75341 Paris Cedex 07

• E.mail : [email protected]

• Internet : www.snes.edu

• Minitel : 3615 USTEL

(9)

T E M P S P R E S E N T

C e texte arrivera bientôt dans les établissements, accompagné d’un questionnaire (voir calendrier dans la prochaine U.s.), et c’est la troi- sième mouture d’un texte que nous avons réussi à faire évoluer sur cer- tains points, grâce aux amendements que nous avons proposés.

Ainsi, nous sommes passés d’un texte qui présentait exclusivement le collège comme la fin de la scolarité obliga- toire à un texte qui fait mieux référence aux poursuites d’études dans les for- mations du second cycle auxquelles tous les jeunes doivent accéder. Nous avons dû aussi beaucoup argumenter pour que le collège ne soit plus défini comme un lieu « à l’avant-garde de la construction d’un lien social et cultu- rel » et un lieu où l’on acquiert essen- tiellement des « compétences », mais que l’acquisition de savoirs reste bien l’objectif premier.

Si nous avons réussi à faire introduire une référence aux programmes natio- naux, absents du texte initial, c’est dans le domaine de l’organisation des savoirs que les ambiguïtés les plus fortes et les plus dangereuses pour les élèves et pour nos statuts demeurent. Le texte continue de parler de « grands domaines » pour construire d’abord une vision globale du monde par l’in- terdisciplinarité, le transdisciplinaire, le pluridisciplinaire en minorant com- plètement le rôle du disciplinaire pour structurer les savoirs dispensés aux collégiens et leur permettre un accès progressif à la compréhension du monde.

Le texte pêche également par ses manques. Ils concernent au moins trois points.

Ainsi, rien n’est dit sur la façon dont seront créées les conditions d’une meilleure maîtrise des apprentissages.

Nous attendons, et nous l’avons égale- ment dit, des mesures pour des effectifs moins lourds, pour un enseignement plus individualisé qui permette de mieux mettre l’élève en activité. Ce dont souffre le collège c’est notamment d’une

trop grande uniformité des situations d’apprentissage. Pour y remédier, il faut donc davantage de travaux en petits groupes, de dédoublements.

Deuxième point : ce texte élude quasi- ment la question des élèves en diffi- culté ou en grande difficulté. La mobi- lisation autour des Z.e.p., autour de la violence aussi, montre à quel point sur le terrain les attentes sont fortes. Nous avons fait, sur ce plan, des proposi- tions en termes d’équipes de suivi, d’en- seignements et de dispositifs pédago- giques différenciés.

Enfin, la mobilisation des enseignants sur cet enjeu énorme que représente la réussite au collège ne se fera pas sans un signe fort de la part du ministère en termes de formation. Cet aspect est totalement absent du texte. Nous fai- sons tous le constat des difficultés qu’il y a à mobiliser les élèves, et en parti- culier les plus en difficulté, sur le sens des savoirs, le sens à donner à l’école, le sens du « métier d’élève ». Il faut donc que nous puissions être mieux en lien avec la recherche, avec les tra- vaux en matière de pédagogie, de didac- tique des disciplines et ceci aussi bien dans le cadre de la formation initiale que continue.

Lors de la conférence de presse, nous avons aussi mis la ministre en garde : ce débat, certes nécessaire à bien des égards, risque d’être accueilli avec le plus grand scepticisme ou rejeté si les enseignants ont l’impression qu’on les

consulte sur des orientations déjà déci- dées. Il est donc très important que nous puissions être en mesure de contrôler le dépouillement de ces syn- thèses. Nous sommes déjà intervenus dans ce sens et nous continuons à faire pression. Le ministère doit aussi donner à la profession des signes forts en termes de conditions d’enseignement, de personnels qualifiés, compétents et en nombre suffisant dans les établisse- ments. Le nouveau collège ne saurait se construire par une nouvelle multipli- cation des emplois-jeunes par exemple.

Les premières informations qui nous parviennent sur la préparation de la rentrée 99 sont parfois très inquié- tantes. Les collèges sont parfois arrivés à un tel degré de dotation minimum qu’il semblait pourtant impossible de

« rogner » encore. Ce qui s’est mis en place dans les collèges au cours des dernières années, ce que souvent la réforme Bayrou a amplifié (diminu- tion des horaires élève, déréglementa- tion, concurrence entre les établisse- ments, inégalités de formation pour les élèves...) doit être évalué et interrogé et ce débat doit être avant tout l’occasion de faire émerger les vraies demandes de nos collègues. Tous ensemble, nous nous y emploierons comme nous devons nous employer à ce que les besoins mis en évidence soient satisfaits.

C’est le prix à payer pour que le collège devienne un véritable lieu d’ambitions fortes pour tous les jeunes.

La prochaine U.s. contiendra un dossier collège avec le texte d’orientation, le calendrier précis des opérations et le rappel de nos propositions pour les collèges.

Françoise Dumont

COLLÈGE

Quelles évolutions ?

Lors d’une table ronde dont nous avions rendu compte dans l’U.s. n° 479, la ministre avait annoncé son inten- tion de lancer un grand débat dans les collèges. Les grandes lignes de ce débat ont été présentées le 14 décembre lors d’une conférence de presse à laquelle le S.n.e.s. et la F.s.u. ont été invités. Elles s’appuient sur un texte d’orien- tation qui « n’est pas exhaustif et doit rester ouvert » a précisé Ségolène Royal.

©D. MAUNOURY

©D. MAUNOURY

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L e ministère nous a com- muniqué le « projet de texte relatif aux fonctions de remplacement dans les éta- blissements d’enseignement du second degré ». Il doit se sub- stituer au décret du 30 sep- tembre 1985 qui instituait les T.a. et les T.r. Ce projet de décret est dans la suite logique du rapport Bloch « Pas de classe sans enseignant » et à mettre en relation avec le mou- vement national des personnels à gestion déconcentrée.

QUI SERA REMPLAÇANT ? Une seule catégorie de rem- plaçants composée des anciens T.r. de l’académie qui n’opte- ront pas pour une affectation en établissement ou ne l’obtien- dront pas au mouvement intra- académique, des T.a. qui au- ront formulé et obtenu leurs vœux sur des zones de rem- placement, et des collègues ve- nant d’une autre académie, et qui, non affectables sur leurs vœux dans la phase intra-aca- démique « échoueront » inévi- tablement remplaçants. Autres personnels susceptibles de remplacer : les stagiaires !…

Excellent moyen de démotiver les jeunes professeurs.

SUR QUELLE(S) ZONE(S) ? Exit le principe de la circulaire de rentrée 89 : la notion « d’ac- cord » du T.r. pour enseigner dans les zones limitrophes est abolie par la « nécessité de ser- vice ». La zone d’intervention, selon les redéfinitions deman- dées par le M.e.n. aux rectorats d’ici le 15 février 1999, peut devenir très étendue.

DÉFINITION DU SERVICE ? Le service de remplacement consiste à « assurer le service effectif des personnels rempla- cés ». Donc ce projet oblige à la

bivalence et au dépassement des horaires hebdomadaires statutaires du remplaçant.

Entre les remplacements, un remplaçant assurera des activi- tés pédagogiques, mais égale- ment éducatives dans son éta- blissement de rattachement, mais également dans un établis- sement voisin, voire dans les zones limitrophes. Ainsi pour- quoi pas un remplaçant sur-

veillant ou C.p.e. dans son éta- blissement de rattachement, dans les établissements voisins, dans ceux de la zone et hors zone ! Bref, les remplaçants seraient des personnels polyvalents sou- mis à une flexibilité et une mo- bilité extrêmes.

QUESTIONS FINANCIÈRES ? Les heures au-delà des obliga- tions statutaires seraient payées

en H.s.e. Rien sur les indem- nités de sujétions spéciales (I.s.s.) : elles feront l’objet d’un autre décret. A suivre…

Dans l’immédiat, le S.n.e.s. fait des propositions de modifica- tion du projet de décret don- nant aux futurs remplaçants au minimum les mêmes garanties que les actuels T.r.

Isabelle Breil, Jean-Paul Gaétan Remise en cause

du droit à la formation continue, pressions sur les collègues pour qu’ils remplacent leurs collègues absents, attaque contre le statut des M.i.-S.e., abrogation du décret de 85 sur le remplacement pour y substituer un texte imposant aux

nouveaux remplaçants une flexibilité

maximum, sont autant de manifestations d’une politique qui refuse de se donner les moyens d’assurer sérieusement le remplacement. Il n’y a pas de mystère : les besoins de remplacement n’ont jamais été pris en compte dans les besoins de créations d’emplois et les besoins de recrutement. Le recours permanent à

l’auxiliariat en a été la conséquence. Pour lever l’hypothèque du remplacement, il faut tout à la fois

transformer les crédits et les H.s. en emplois, créer de nouveaux emplois, programmer l’augmentation des recrutements externes et mener à son terme la titularisation des auxiliaires, c’est ainsi que sera redonné un sens au droit à la formation continue, que la catégorie des M.i.-S.e. sera maintenue, avec des garanties améliorées, et que les titulaires remplaçants exerceront réellement leur métier

d’enseignant. Le mois de janvier doit être l’occasion pour toutes les catégories de traduire leurs

convergences objectives d’intérêt dans l’action.

Lever l’hypothèque

Monique Vuaillat, Mathias Libert et Jean-Marie Maillard ont rencontré jeudi 17 décembre la directrice du cabinet de Claude Allègre, J. Parly, A. Geismar et J.-R. Cyterman, membres du cabinet, sur la surveillance.

Le ministère affirme sa volonté d’ouvrir le dossier.

Il prétend :

• qu’il n’y a pas, ou qu’il n’y a plus de projet de décret ;

• qu’il ne serait plus question d’imposer des mi-temps mais que le choix serait laissé aux étu- diants ;

• que le niveau licence ne serait pas le seul niveau possible de recrutement ;

• que des études sont en cours sur les conditions de travail et de réussite aux examens des M.i.-S.e., qu’elles doivent être approfondies et remises à plat.

En même temps, les arguments développés par nos interlocuteurs font apparaître une volonté d’aug- menter le nombre actuel des mi-temps, de valoriser cette possibilité en soulignant le fait qu’elle peut être cumulée avec une bourse de 1

er

échelon et de pri- vilégier le recrutement des surveillants ayant déjà des diplômes, avec comme objectif de leur faire assu- rer les remplacements d’enseignant. C’est sans doute là que se situe la principale préoccupation du

ministère. Le S.n.e.s., pour sa part, a rappelé son attachement au rôle social de la surveillance et donc au recrutement dès le bac et à plein temps, et son opposition formelle à l’utilisation des surveillants comme vivier de remplaçants. Il a insisté sur les pro- positions qu’il fait pour améliorer dès maintenant le taux d’encadrement dans les établissements et la situation des étudiants-surveillants (augmentation massive du nombre de postes, réduction de quatre heures pour tous des maxima de service sans perte de salaire, augmentation du nombre de jours de congé pour examen et concours…). Les discus- sions devraient reprendre au mois de janvier sur la base de la confrontation des études réalisées par le ministère et des dossiers établis par le S.n.e.s. En l’état actuel, les propositions avancées par le minis- tère demeurent très en deçà de nos demandes. Nos interlocuteurs proposent simplement pour l’instant d’atténuer les mesures les plus inacceptables sur le recrutement. Aucune proposition réelle d’amélio- ration du statut n’a encore été faite. Il est donc indis- pensable de maintenir la pression pour obtenir le respect des textes actuels et de faire valoir nos propositions d’amélioration en poursuivant les actions décidées en janvier.

Mathias Libert

M.i.-S.e. : maintenir la pression

REMPLACEMENT

©G. AZENSTARCK

(11)

T E M P S P R E S E N T

L e recteur Bancel, chargé par Claude Allègre d’une mission sur les condi- tions de travail et de vie des ensei- gnants de lycée, a réuni, en une pre- mière séance le jeudi 26 novembre, un groupe de 16 personnes composé pour moitié d’enseignants proposés par les organisations syndicales et d’autres membres choisis par le recteur pour leur place et leur fonction dans l’institu- tion, ainsi Alain Boissinot, I.g.e.n., ancien directeur de l’enseignement scolaire, Danièle Cornado I.a.-I.p.r. (Lyon), Jean- Pierre Gaboriau, directeur de l’I.u.f.m. de Rennes, Yves Rollin, proviseur à Mar- seille, Brigitte Wicker, I.g.a.e.n.

Aux séances de travail du groupe s’ajou- teront des tables rondes ouvertes à des membres du ministère de l’Education nationale et des collectivités territoriales, des auditions de personnalités mais une opération du type consultation Meirieu n’est pas envisagée.

Nous avons fait le choix, discuté lors du conseil national des 17 et 18 novembre, d’une participation à ce groupe amené à travailler des questions cruciales recou- vrant les missions et le service des ensei- gnants mais nous avons aussi rappelé que notre position était celle d’observa- teurs réservés et notre présence condi- tionnelle, à la lumière des expériences antérieures comme celle de la consulta- tion Meirieu.

Quant au champ de travail de la com- mission, nous avons soulevé le problème du caractère non pertinent de l’exclusion des conditions de travail des enseignants de collège et l’absence de réflexion sur les membres de l’équipe éducative dans sa globalité.

Après un rappel par le recteur Bancel des contenus et objectifs généraux de la mis- sion, le débat s’est organisé autour d’une réflexion sur l’acte pédagogique dans ses différentes dimensions (cours, aide aux élèves...) et a contribué à contester l’idée d’une distinction entre les diffé- rentes tâches, les enseignants s’appli- quant, selon nous, à mobiliser l’activité des élèves à travers la variété des situa- tions d’apprentissage.

Les thèmes abordés ensuite ont été ceux de la relation des enseignants aux disci-

plines et la nécessité de travailler les contenus, les évolutions du métier, le travail en équipe, la place de l’ensei- gnant au sein d’une organisation com- plexe. Sur ce point, nous avons dénoncé des pratiques de gestion des personnels qui, sous couvert d’introduire une sou- plesse nécessitée par des impératifs péda- gogiques, reposent en fait sur des contraintes gestionnaires de réduction des moyens (ex. des T.a.).

Les deux séances suivantes, les 10 et 17 décembre, ont été consacrées à l’écoute d’exposés suivis de débats, destinés à situer dans le contexte des évolutions du système éducatif depuis une vingtaine d’années, les questions posées par la lettre de mission.

Sont intervenus dans ce cadre le 10 décembre, Marie-France Moraux, direc- trice des personnels enseignants qui a analysé les grandes tendances et le sens de l’évolution de la gestion des per- sonnels depuis les années 80 puis Phi- lippe Meirieu qui a exposé le déroule- ment de la consultation des enseignants de lycée

Après les conclusions du pre- mier exposé sur la nécessité d’une gestion autre, d’une meilleure adéquation besoins/ser- vices et l’apologie de la déconcentration, nous avons repris les différents points en donnant nos analyses et en insistant sur la nécessité d’inscrire le débat sur les évolutions du métier dans l’objectif de la réduction du temps de travail.

Meirieu, à partir du relevé des points émergeant dans le questionnaire ensei- gnant, a problématisé l’idée que l’école devait être son propre recours et reposé la question de l’articulation cours magis- traux/autres tâches.

La séance du 17 décembre a donné lieu à une série d’exposés ; Alain Boissinot a traité de l’évolution du cadre institu- tionnel lié au développement de la mas- sification puis de l’évolution des champs disciplinaires. Il a insisté, de même que le deuxième intervenant, I.g. de phy- sique-chimie, sur le caractère changeant des disciplines et, dans ce cadre, réitéré la proposition d’un champ disciplinaire expérimental en collège.

Nous sommes intervenus pour indiquer qu’il ne fallait pas opposer savoirs, dis- ciplines et appropriation des savoirs, pour rappeler nos exigences en matière de formation initiale et continue des enseignants et notre conception de la diversification en lycée.

L’après-midi, Yvon Robert, maire de Rouen, ancien directeur des personnels et « inventeur des T.a. » est intervenu de

façon très provocatrice ; partant du constat des inégalités de conditions dans l’exercice du métier, il a proposé de diversifier les services allant jusqu’à un horaire hebdomadaire de 22 h pour les enseignants de langues rares…

Les réactions ont été vives devant l’éta- lage de cette logique de flexibilité et l’idée de décomposition des tâches, incompatible selon nous avec le métier d’enseignant.

Conclusion : des enjeux importants se nouent à travers les travaux de la com- mission qui devraient déboucher fin mars sur un rapport final. Le contexte dans lequel ils se déroulent augure mal des décisions qui seront prises sur

l’aménagement du temps de travail puisque l’absence de créations de postes au budget 99 ne permettra pas d’amé- lioration des taux d’encadrement si nous n’obtenons pas les moyens nécessaires.

Au fur et à mesure des débats, les lignes de force se dessinent progressivement ; il semble que se dégage une majorité autour des idées de non-codification stricte des tâches des enseignants, du nécessaire recentrage de la conception du métier autour de l’acte d’enseigner ; à l’inverse, l’idée de la recomposition des champs disciplinaires et de la biva- lence suscite des controverses oppo- sant la F.s.u. à d’autres composantes du groupe (représentants de l’administra- tion, S.e.-F.e.n. et S.g.e.n.-C.f.d.t.).

Il s’agira donc pour nous, au sein de la commission, d’avancer nos propositions d’amélioration pour les collèges et les lycées de revendiquer fortement la réduction des maxima de service, une entrée facilitée pour les nouveaux recru- tés, d’exiger une réflexion sérieuse sur les disciplines.

La réalité vécue par les collègues, nous amène à rappeler constamment nos exi- gences d’un véritable droit à la F.c. sur temps de travail, le refus de toute forme de flexibilité et d’annualisation qui impli- querait notamment l’imposition des rem- placements.

Nous avons proposé l’intervention de chercheurs au recteur Bancel lors du séminaire des 7 et 8 janvier (Jean-Louis Roger et Jean-Yves Rocheix). Des docu- ments, réalisés par des chercheurs en collaboration avec le S.n.e.s., ont aussi été remis.

Le séminaire des 7 et 8 dont les thèmes de travail ont été définis – l’enseignant dans la classe, l’enseignant dans l’équipe, l’enseignant dans l’établisse- ment, l’enseignant dans son parcours professionnel – devrait préciser les orientations ; s’il s’avérait que le sens des propositions devait déboucher sur des décisions contraires à nos revendica- tions, si la transparence totale n’était pas respectée, notre place au sein du groupe serait compromise.

Frédérique Rolet, Jean-Luc Le Guellec

MISSION BANCEL

Conditions de travail

et de vie des enseignants

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