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Submitted on 1 Jan 1972
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Une méthode de calcul de voies couplées
J.P. Boisson, C. Gignoux
To cite this version:
J.P. Boisson, C. Gignoux. Une méthode de calcul de voies couplées. Journal de Physique, 1972, 33
(2-3), pp.183-187. �10.1051/jphys:01972003302-3018300�. �jpa-00207236�
UNE MÉTHODE DE CALCUL DE VOIES COUPLÉES
J. P. BOISSON et C. GIGNOUX
Institut des Sciences
Nucléaires,
Cédex257, 38,
Grenoble-Gare(Reçu
le 22septembre 1971,
révisé le 21 octobre1971)
Résumé. 2014 Une méthode matricielle, utilisant la base des états propres de Kapur-Peierls, est proposée pour des calculs de voies couplées rencontrés aussi bien dans des problèmes de diffusion que dans des problèmes d’états liés. Pour illustrer cette méthode nous étudions en détail le problème
des états liés dans un potentiel de Saxon-Woods déformé ; de plus quelques résultats sont présentés
dans le cadre du problème à trois corps.
Abstract. 2014 A matrix method based on the Kapur-Peierls basis is proposed for the coupled
channel calculations encountered in scattering as well as in bound state problems. We illustrate this method by studying in detail the bound state problem in the deformed Saxon-Woods potential. We
also give some results obtained in the framework of the three-body problem.
Classification
Physics Abstracts : 12.10
1. Introduction. - Dans de nombreux
problèmes
de structure ou de réactions la résolution de
l’équation
de
Schrôdinger
conduit à unsystème d’équations
différentielles ou
intégro-différentielles couplées.
Untel
système
peut être résolu directement[1], [2] ; cependant lorsque
c’estpossible,
il estplus
facile etplus rapide
de se ramener parprojection
à unsystème
matriciel
qui présente
entre autresl’avantage
de mettreen évidence certaines
propriétés
de la solutionqui n’apparaissent
pas dans lesystème
initial. Avec les bases utilisées habituellement(états
propres d’un oscillateurharmonique sphérique
ounon) qui
nedépendent
pas del’énergie,
la méthode matricielle nepermet pas d’obtenir correctement la
partie
extérieurede la fonction
d’onde ;
c’estpourquoi
cette méthoden’est pas utilisée s’il y a des voies ouvertes. Dans cet
article,
nous avons utilisé deux types de basesqui
ontl’avantage
de ne pas avoir despectre
continu etqui cependant diagonalisent Ho - E, Ho
étant lapartie
non
perturbée
de l’hamiltonien. Les états de ces basesqui dépendent
del’énergie
ont un comportement extérieur d’ondes sortantes. Il s’ensuit d’une part une amélioration de la détermination des états liéslorsque
toutes les voies sont fermées et d’autre part la
possi-
bilité d’utiliser cette méthode matricielle même
lorsqu’il
y a des voies ouvertes. Au
paragraphe 2,
nousprésen-
tons ces bases et
explicitons
une méthodequi grâce
àleur utilisation permet de résoudre un
système d’équa-
tions différentielles ou
intégro-différentielles couplées.
Au
paragraphe
3grâce
à cetteméthode,
nous déter-minons
quelques
états liés departicule
dans unpotentiel
de Saxon-Woods déformé. Nous avons volontairement choisi lepotentiel correspondant
aucas de l’239U car c’est pour les noyaux lourds que les difficultés sont les
plus grandes.
Deplus
nousindiquons
des résultats obtenus par cette méthode pour le pro- blème de trois bosons en interaction. Pour ces deux
problèmes
on constate que lapremière
base(Kapur- Peierls)
est dupoint
de vue de la convergence rela- tivement bonne et bien meilleure que la deuxième(Sturm-Liouville).
2.
Rappels
despropriétés
des bases deKapur-Peierls
et de Sturm-Liouville et méthode de résolution d’un
système couplé.
- Nous nous proposons de résoudre lesystème d’équations couplées
suivant :dans
lequel
les fonctions d’onde ui satisfont aux condi- tionsLe terme
Fi(r)
contient au moins lepotentiel
centri-fuge lïCli
+1)/r2
etlorsqu’il
n’est pas nul lepotentiel
coulombien
2 ni ki/r Vi(r)
est lapartie
dupotentiel qui
n’est pas contenue dans
Fi(r). L’opérateur Wij’
localou non, traduit le
couplage
entre les voies i etj.
Dans les
problèmes
dediffusion, ui(r)
nedécrit, d’après
la condition(2),
que lapartie
sortante de lavoie i. C’est-à-dire que dans la voie entrante la fonc- tion d’onde de la voie i est décrite par
ui=o(r)
àlaquelle
on doit
ajouter
la solutionoptique qJo(r).
Ceci entraînel’apparition
d’un termehi(r)
dans leséquations
dusystème (1)
et habituellement on ahi(r)
=W;o(r) qJo(r).
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01972003302-3018300
184
Selon que la voie i est ouverte ou
fermée, k;, qui dépend
linéairement del’énergie,
estpositif
ounégatif.
Dans la
plupart
descas Vi
nedépend
pas de lavoie,
mais celapeut
seproduire
parexemple
dans le casd’un
potentiel optique dépendant
del’isospin [3].
Unsystème
detype (1)
est obtenu aussi bien dans le casdes états liés d’une
particule
dans unpotentiel
déforméque dans le cas de la dérivation des
équations
deFaddeev pour le
problème
à trois corps.La
première
base considérée est celle des états deKapur-Peierls [4].
Cette base est constituée des solu- tions continues à dérivéespremières
continues deséquations
et
qui
satisfont aux conditions aux limites(2).
Il a étémontré
[4]
que l’ensemble discret des fonctionsun(k, r)
forme une basecomplète
sur[0, Re]
pour toute fonc- tion ayant aupoint Re
la même dérivéelogarithmique, indépendante
de n, que lesun(k, r).
Lespropriétés
duwronskien permettent aisément d’obtenir la relation :
où par
définition ( 1 )
est leproduit
direct défini par :La seconde base considérée est celle des états de Sturm-Liouville
qui
sont les solutions continues à dérivéespremières
continues del’équation :
satisfaisant de
plus
aux conditions aux limites(2).
Il a été
rappelé [5]
que, dans la mesure oùV(r) garde
unsigne
constant, ces états forment une basecomplète
discrète pour des fonctions satisfaisant auxconditions aux limites
(2).
Deplus,
lespropriétés
duwronskien
permettent
de montrer queProjetons chaque
fonctionui(r)
sur les étatsuc(ki, r) correspondant
auxpotentiels Vi
etFi
et àl’énergie kt
Ceci n’est
possible
avec les états deKapur-Peierls
quesi
hi
etWij
uj s’annulent pour r >Rc,
c’est-à-dire sij
le
potentiel perturbateur
est nul dans cetterégion :
en
effet,
dans ce cas la fonctionui(r)
a aupoint R,,, la
même dérivée
logarithmique
que les fonctionsutc(r)
etpar suite comme on l’a
rappelé précédemment
lesuc(r)
forment une base
complète
pourui(r).
En reportant dans le
système (1)
ledéveloppement (9)
et en utilisant les relations
(5)
ou(8),
on se ramène ausystème
matricielEn utilisant les états de
Kapur-Peierls
on obtient :et
et avec les états de Sturm-Liouville
et
Dans le cas où l’une au moins des voies est ouverte,
l’énergie E
est connue et par suite lesystème (10)
estun
simple système
linéaireinhomogène.
Dans le cas où toutes les voies sont fermées
Iî
estnul et le
système (10)
est unsystème
infinid’équations homogènes dépendant
non linéairement de E. On seramène à un
système
fini en faisantl’approximation qui
consiste à tronquer la base deprojection.
Cesystème tronqué
n’admet de solutions que pour des valeurs del’énergie qui
annulent le déterminant d’élémentsA7(E).
On détermine les zéros de cedéterminant par
approximations
successives. Il est à noterqu’il
faut recalculer les états de base et tous les éléments du déterminant pour chacune des valeurs de la suited’approximations
successives. Nous avons misau
point
une méthode permettant de déterminer cesétats de base de manière
rapide
et sûre pour touteénergie
et pour tout nombre de noeuds. Par cetteméthode,
on détermine uneénergie Ef qui
n’est pas la solution exacte dusystème (10) puisqu’on
atronqué
la base. Un des buts de cet article est de montrer
qu’avec
unsystème tronqué
de tailleraisonnable,
on obtient une solution très voisine de la solution exacte.Il est
possible
d’obtenir la solution exacte du sys-tème ( 1 )-(2) équivalent
ausystème (10)
par une méthode itérative du type de celle utilisée par Rost[7].
Une telleméthode ne converge
rapidement
que si l’on connaîtune solution
approchée
suffisamment bonne. De manièrepratique,
on apris
pourénergie approchée Ef
et pour fonction d’essai celle obtenue par
projection
sur une base
tronquée correspondant
àl’énergie Ef.
Dans ce
qui
suit nous avons testé la méthodeproposée
par
comparaison
avec cette méthode exacte, d’unepart
dans leproblème
des états liés departicule
dansun
potentiel déformé,
d’autrepart
dans leproblème
des états liés de 3 bosons en interaction. Nous avons
ensuite
indiqué qu’il
estpossible
d’utiliser notre méthode pour d’autresproblèmes.
3.
Applications.
- Commepremière application,
nous avons étudié le
problème
de la détermination des états liés departicule
dans unpotentiel
de Saxon-Woods déformé
correspondant
au cas dei,239u.
On cherche à résoudre
’
où E est
l’énergie
d’un état lié departicules
De
plus g(8)
= 1+ fI YÎ(8) - P’/4 n, fi
étant le para- mètre de déformationqui
a étépris égal
à0,268,
valeurdonnée par Davidson
[8].
Enfin pour lesparamètres
du
puits
nous avonspris
les valeurs données par Ross et al.[9]
A =39,5
a =0,69 R.
=1,30 Al/3.
La
profondeur Vo
dupuits
a étéajustée
defaçon
àretrouver pour l’état fondamental
5/2+ [622]
sa valeurexpérimentale qui
est de l’ordre de -4,80
MeV.Développons
x sur les fonctions propres du momentangulaire
totalSubstituant cette relation dans
(13),
on obtient unsystème d’équations
différentiellescouplées
du type(1).
Dans ce cas
hi
estnul, kf
= k2 = 2melh’
etavec Fi
=li(li
+1)/r2
pour la base deKapur-Peierls auquel
onajoute
pour celle de Sturm-Liouville(2 m/1i2) V.0(0, r) qui
n’a pas unsigne
constant.Les états de
Kapur-Peierls dépendent
du rayon de coupureRc.
Différents essais ont montré que la convergence dudéveloppement
était d’autantplus rapide
que ceparamètre
étaitpetit.
On estcependant
limité par
l’hypothèse
dedépart
selonlaquelle
Y_ Wg(r) uj(r)
est nulle pour r >Rc.
Cetteapproxi-
i,j
mation entraîne une erreur
qui,
évaluée aupremier
ordre des
perturbations,
est :En
pratique
avecRe égal
au rayon nucléaireaugmenté
de 5 à 6
fois,
leparamètre
de diffusivité a dupuits
AEest de l’ordre de
10-3
MeV. Ondéveloppe
alorschaque
fonction ulj.Q sur les étatsuü(k, r) :
avec
où n
représente
le nombre denceuds,
n0153ud à l’infinicompris,
des états deprojection.
On a étudié la conver-gence de
l’énergie
en fonction deNmax
pour tous les états liés de l’uranium. Sur lesfigures
1 et2,
on aporté l’énergie
en fonction deN Max
pour deux états : le fondamental5/2+ [622]
et un état peu lié3 j2- [752].
L’énergie
exactequi correspond
àN Max
= 00 a étéobtenue par une méthode itérative. Par des
croix,
nousavons
indiqué l’énergie
obtenue enprojetant
sur labase des fonctions propres de l’oscillateur
harmonique sphérique.
On constate sur cesfigures
l’excellente convergence enénergie
obtenue parprojection
surles états de
Kapur-Peierls.
Nous avons fait la mêmeconstatation pour tous les autres états et d’autres noyaux. Cette convergence se manifeste dans la décrois-
sance
rapide
àpartir
d’un certain ordre N decomme on peut le voir sur les tableaux 1 et II.
FIG. 1. - Dépendance en fonction de Nmax de l’énergie de l’état 5/2+ [622] de 1’239U par utilisation respective des bases de Kapur- Peierls (KP), Sturm-Liouville (SL) et de l’oscillateur harmonique (OH). La valeur exacte est obtenue par utilisation d’une méthode
itérative (IT).
186
FIG. 2. - Même étude pour l’état 3/2- [752].
On remarque aussi l’existence d’une couche
prédo-
minante
Nprédominante ; cependant
l’influence des cou-ches
Np,édominante
± 2 est loin d’êtrenégligeable.
L’ensemble de ces résultats montre que pour la déter- mination des
énergies
des étatsliés,
les états deKapur-
Peierls sont très bien
adaptés.
Avec les bases
classiques indépendantes
del’énergie
utilisées
habituellement,
on peut obtenir aussi unebonne convergence en
énergie
mais il est presqueimpos-
sible de décrire correctement la queue de la fonction d’onde et ceci peut entraîner des estimations erronées pour certains éléments de matrices. Avec les bases
adaptées
etspécialement
avec celle deKapur-Peierls,
ce
problème
ne se pose pas : eneffet,
sil’énergie
del’état est bonne il en est aussi de même par construction de la queue de la fonction d’onde. Ceci a d’ailleurs été mis en évidence
numériquement
par la compa-raison avec les fonctions d’onde obtenues par une
méthode itérative.
Comme autre
application,
nous avons considéré leproblème
des états liés de 3 bosons en interaction.Habituellement on est conduit à résoudre une
équation intégrale
double[10]. Cependant,
il estpossible
d’ob-tenir à
partir
deséquations
de Faddeev uneéquation intégro-différentielle qui
peut se ramener à unsystème analogue
ausystème (1).
On peut alors utiliser la méthodeexposée précédemment
et les comparer à la solution exacte obtenue par une méthode itérative.Ces détails propres au
problème
à trois corps ainsi quel’application
à la recherche des états liés de trois nucléons ferontl’objet
d’unepublication
ultérieure.Nous mentionnons seulement sur la
figure
3 la compa-FIG. 3. - Dépendance en fonction de Nmax de l’énergie de l’état
fondamental (en bas) et de l’état excité (en haut) de 3 bosons interagissant entre eux par un potentiel de Yukawa.
TABLEAU 1
Variation de
p2(N)
pour l’état5/2+ [622]
TABLEAU II
Variation de
p2(N)
pour l’état3/2- [752]
raison des 2 types de
développement
pour leproblème
maintenant
classique [ 11 de
l’état fondamental et de l’état excité de 3 bosonsinteragissant
deux à deuxpar le
potentiel
de Yukawa(1i2j2 m)
Àe-ur jr
avecÀ =
1,6 Fm-’, y
= 0,633 Fm-1. Sur cettefigure,
on peut constater que la base deKapur-Peierls, indépen-
damment des avantages dus à la limitation du pro- blème au rayon de coupure
R,,,,
donne de meilleursrésultats que celle de Sturm-Liouville.
Les états de
Kapur-Peierls
peuvent aussi être utilisés dans lesproblèmes
de diffusion. On peut ainsi traiter leproblème
de deuxpuits
carréscouplés [12], [13] ;
avec un seul état de
projection
danschaque voie,
on rend compte du
phénomène
de résonance à la bonneénergie.
D’une manière
générale,
l’utilisation de ces basesadaptées
enénergie correspond
àapproximer
la fonc-tion de Green par un
développement séparable.
Avecles états de Sturm-Liouville une telle
approximation
est
équivalente
audéveloppement séparable
de Wein-berg [14]
del’opérateur
de transition utilisédepuis
un certain temps dans le
problème
à trois corps. Avec les états deKapur-Peierls,
une telleapproximation séparable
de la fonction de Green a étéenvisagée
d’une manière
générale [14], [15].
Apartir
de cettefonction de Green, on peut obtenir un
développement
de la matrice S
qui
doit êtredistingué
de celui deKapur-Peierls généralisé
parLejeune
etNagara-
jan [14]
aux voiescouplées.
Eneffet,
même dans le cas de la diffusion d’uneparticule
par unpotentiel,
onobtient deux
développements
de la matrice S nonéqui-
valents. Celui obtenu à
partir
de la fonction de Green est engénéral
meilleur pour la section efficace et l’unitarité auxvoisinages
des résonances.4. Conclusion. - La
projection
sur les états deKapur-Peierls
pour la résolution de deuxproblèmes
d’états liés
physiquement
différents se révèleparticu-
lièrement
adéquate.
L’utilisation de basedépendante
de
l’énergie permet
dediagonaliser Ho - E, Ho
étantla
partie
nonperturbée
del’hamiltonien,
tout enévitant les difficultés d’un spectre continu. Grâce à cette
dépendance
enénergie
les fonctions d’onde obtenues ont un bon comportement extérieur cequi
est essentiel pour le calcul de certains éléments de matrice en
particulier
par l’influence de la queue sur la normalisation ou pour le calcul des facteurs de forme pour des réactions de transfert. Deplus,
cette pro-jection
estpossible
dans le cas où il y a des voiesouvertes. Les états de Sturm-Liouville
possèdent
lesmêmes
propriétés ; cependant
pour l’obtention d’uneprécision égale
leur utilisation conduit à effectuer des calculs au moins deux foisplus longs.
Remerciements. - Nous souhaitons remercier le Professeur J. Yoccoz pour nous avoir
guidés
dans cetravail.
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