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Médecine

& enfance

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cas d’anaphylaxie ont été décrits chez des personnes atteintes de mastocytose systé- mique. Dans plusieurs pays (Canada, Allemagne, Suisse, Italie, Japon), diverses espèces de moustiques du genre Aedes (Aedes albopictus) sont res- ponsables de réactions graves, locales, régionales ou systé- miques (urticaire, œdème et cellulite de la face, dyspnée, bronchospasme, etc.), décrites par Simons et Peng sous le terme de syndrome de Skee- ter*[2-4]. Il faut distinguer ce syndrome du syndrome SMBA (severe mosquito bite allergy), lequel peut toucher en particu- lier les individus atteints d’in- fection chronique active au virus d’Epstein-Barr (un tiers d’entre eux). Dans ce cas, la réaction peut être accompa- gnée de malaise et de fièvre[5]. Ces données sont à confronter aux symptômes rapportés par notre consœur…

* Le diagnostic s’appuie sur la positivité du dosage des IgE sériques spécifiques contre l’allergène de recombinaison du moustique rAed a 2 (voir [3]).

[1] VINIAKER H., LAVAUD F. : « Allergie aux pi- qûres de moustiques », Rev. Fr. Allergol.,2005 ; 45 :620-5.

[2] SIMONS F.E., PENG Z. : « Skeeter syndrome », J. Allergy Clin. Immunol.,1999 ; 104 :705-7.

[3] PENG Z., SIMONS F.E. : « Advances in mos- quito allergy », Curr. Opin. Allergy Clin. Immu- nol.,2007 ; 7 :350-4.

[4] ISHIHARA S., YABUTA R., TOKURA Y. et al. :

« Hypersensitivity to mosquito bites is not an allergic disease, but an Epstein-Barr virus-asso- ciated lymphoproliferative disease », Int. J. He- matol.,2000 ; 72 :223-8.

[5] ASADA H. : « Hypersensitivity to mosquito bites : a unique pathogenic mechanism linking Epstein-Barr virus infection, allergy and onco- genesis », J. Dermatol. Sci., 2007 ; 45 :153-60.

presque toujours sans gra- vité[1]. Toutefois, elles sont gênantes chez les nourrissons et les jeunes enfants ainsi que chez certains sujets sensibles en cas de piqûres multiples associées à des réactions inflammatoires. Quelques rares Notre consœur E. Berberides

cite le cas d’un père et de sa fille qui ont ressenti « une grosse fatigue », une « sensation de chaleur » (s’agit-il de fièvre ?) et des courbatures pendant deux jours après de multiples piqûres de mous- tiques. L’année précédente, le père avait déjà éprouvé les mêmes symptômes après avoir été piqué et une infection était survenue au point de piqûre.

Pour l’instant, aucun membre de la liste n’a fait part de son expérience. Il faut rappeler que les piqûres de moustiques, extrêmement fréquentes, sont

AUCOINDUWEB

Compte rendu des échanges du forum de discussion de Médecine et enfance(medecine- [email protected]) Rédaction : G. Dutau Dessin : B. Heitz

wPiqûres de moustiques wPiqûres de tiques

wSurdosage en vitamine D ?

wSclérose en plaques et vaccins : recommandations de la SFSEP

wVaccination chez un nourrisson en contact avec un rougeoleux

wPityriasis rosé de Gibert chez un nourrisson wVaccinations chez un enfant atteint d’hémophilie

Piqûres de moustiques

O. Fresco demande un avis au sujet d’une enfant âgée de neuf ans qui a été piquée au flanc par deux petites tiques : l’une d’elles

a été enlevée en totalité mais, pour la seconde, la tête est res- tée en place. Il précise qu’il n’a pas vu l’enfant. Ces piqûres ont

Piqûres de tiques

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eu lieu dans la région d’Erquy (Côtes-d’Armor), qui paraît être une région à tiques, comme l’indique Y. Lancien : « C’est presque quotidiennement que le pédiatre finistérien que je suis est confronté à ce pro- blème de tiques bretonnes ». Il ajoute « qu’il n’y a rien à faire d’autre que de conseiller aux

proposer un référentiel pour tous les soignants et les patients concernés par la SEP permettant d’harmoniser les pratiques et de prendre les bonnes décisions thérapeu- tiques. Ces recommandations de bonnes pratiques visent donc à améliorer la prise en charge des patients, objectif qui est au cœur des missions de la SFSEP. L’idée de les pré- senter sous forme de ques- tions-réponses permettra à chacun de se placer dans le contexte spécifique auquel il est confronté et de faciliter for- tement l’application pratique de ces recommandations »[2]. En même temps qu’elle propo- sait ces recommandations, la SFSEP a lancé une application pour téléphones mobiles, qu’elle présente ainsi : « Cha- parents de surveiller la peau au

niveau du point de piqûre durant les jours et semaines qui suivent la piqûre, et de consulter si une éruption sus- pecte apparaît ». Comme le pensait O. Fresco, la prescrip- tion d’amoxicilline sur la seule notion d’une piqûre de tique n’est pas recommandée.

cun peut y retrouver les recommandations et utiliser l’assistant intelligent pour déterminer quelles vaccina- tions proposer aux patients en fonction de leur statut. L’ap- plication permet aussi de res- ter en contact avec la SFSEP de manière à être informé en permanence des dernières actualités et recommanda- tions. On y trouve également la dernière version des cri- tères diagnostiques, ainsi qu’un calculateur EDSS (expanded disability status scale) ». A chacun de se réfé- rer à ces informations récentes (début 2019). [1] « Vaccinations et sclérose en plaques : recommandations de la Société francophone de la sclérose en plaques », https://sfsep.org/

wp-content/uploads/2019/03/SEP_et_

Vaccination-argumentaire-FR.pdf.

[2] https://sfsep.org/sep-et-vaccinations.

Notre confrère A. Bandinelli intervient sur le pityriasis rosé de Gibert. Il se demande si cette affection, « qui est surtout décrite comme une maladie du jeune enfant et du jeune adulte, peut être observée chez un nourrisson, c’est-à-dire un enfant jusqu’à l’âge de deux ans ». P. Popowski indique que, dans son expérience, c’est sur- tout une affection du jeune

enfant et du jeune adulte. C’est une dermatose d’évolution cyclique, en général pendant six semaines, qui apparaît sur- tout au printemps et en automne. La lésion initiale, ou tache de Brocq, se situe le plus souvent sur le thorax avec une zone centrale claire d’as- pect gaufré et une zone péri- phérique rougeâtre, siège d’une fine desquamation.

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Sclérose en plaques et vaccins : recommandations de la SFSEP

Notre confrère F. Vié le Sage nous donne le lien du site de la SFSEP (Société francophone de la sclérose en plaques), laquelle publie des « Recom- mandations SEP et vaccina- tions »[1]. En voici le préambule : « Dans un contexte de méfiance de plus en plus répandu envers les vaccinations, il était indispen-

sable de revoir les arguments scientifiques actuellement dis- ponibles. La SFSEP a organisé un travail à partir des données les plus actuelles de la littéra- ture scientifique suivant une méthodologie éprouvée (consensus formalisé RAND) et recommandée par la Haute Autorité de santé. L’objectif de ces recommandations était de La mère d’un bébé de vingt

jours que suit S. Romano a donné à son enfant une ampoule d’Uvédose® 100 000 UI. Notre confrère demande aux membres de la liste à partir de quel âge il pourra prescrire à nouveau de la vitamine D.

M. Dahoun indique que la dose journalière requise en

vitamine D est de 800 UI/j et qu’une dose de 100 000 UI couvre en moyenne six mois. Il en déduit que, pour ce nou- veau-né, la reprise de la vita- mine D se situe vers l’âge de sept mois. Plus alarmiste, A.M. Daumont pense que ce nouveau-né risque un surdo-

sage, car la vitamine D est stoc- kée dans les tissus adipeux, qui sont moins abondants à cet âge. Il lui paraît donc logique de contrôler la calcémie pour vérifier l’absence d’hypercalcé- mie, puis, selon le résultat, de demander un dosage du 25(OH)D3 (forme de stoc- kage). Elle déciderait ensuite, en fonction du résultat et de l’existence ou non d’une ali- mentation au sein ou par un lait 1erâge, de la reprise de la supplémentation orale quoti- dienne à la dose habituelle.

A. Labbé est du même avis : il y a un risque de surdosage en vitamine D et il faut doser la calcémie.

Surdosage en vitamine D ?

Pityriasis rosé de Gibert chez un nourrisson

Vaccination chez un nourrisson en contact avec un rougeoleux

« Mon associée a vacciné un enfant de onze mois (hexavalent + Preve- nar®) il y a quatre jours, mais cet enfant a été en contact cette semaine, à la crèche, avec un enfant atteint de rougeole. Quel est le délai minimal avant de lui administrer le vaccin rougeole-oreillons-rubéole ? », demande M. Duchayne. Plusieurs intervenants répondent que cet enfant doit être vacciné sans délai, et il faut aussi vacciner ses parents s’ils n’ont pas eu deux doses, ajoute M.A. Daumont.

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octobre 2019 page 190 Une éruption apparaît ensuite

au bout de quelques jours, constituée de lésions plus petites, arrondies, situées sur le thorax et l’abdomen, respec- tant le visage et les extrémités.

La lésion initiale peut être unique. L’évolution est bénigne. Un virus semble en cause, mais la recherche d’un agent responsable a toujours échoué jusqu’ici[1].Cependant, le pityriasis rosé de Gibert est souvent accompagné d’une réplication des herpès virus humains 6 et 7 (HHV6, HHV7) dont la signification est discu- tée[1]. Des symptômes respira- toires sont souvent présents avant l’apparition de la tache de Brocq.

Un article de A. Petit[1]résume ses critères de diagnostic, inchangés depuis un siècle : éruption évoluant par pous- sées ; association de

médaillons annulaires bordés d’une collerette desquamative interne et de lésions papulo- squameuses de plus petite taille ; atteinte préférentielle du tronc et de la racine des membres ; régression sponta- née en six à huit semaines.

Sauf s’il existe un prurit impor- tant, le pityriasis rosé de Gibert ne nécessite pas de trai- tement. En cas de prurit, le traitement est comparable à celui de l’eczéma. La littéra- ture indique que l’âge de pré- dilection pour la survenue de cette dermatose va de cinq à trente ans. Le cas observé par A. Bandinelli chez un nourris- son ne semble pas isolé, puisque F. Vié le Sage indique qu’il en suit actuellement un chez un enfant de dix-huit mois. Nous remercions A. Bandinelli de nous avoir confié trois documents photo- graphiques (voir encadré)qui en disent plus qu’un long dis-

cours. Dans l’observation de A. Bandinelli, le médaillon ini- tial est apparu cinq jours avant l’éruption généralisée et le prurit a été très discret, se manifestant surtout au

usuels du calendrier vaccinal sont validés par cette voie.

La réponse de F. Vié le Sage est : « oui et non ». Il précise qu’il n’y a pas de problème pour le ROR, mais que, pour les autres vaccins, en particu- lier les vaccins conjugués, la

voie sous-cutanée pose deux problèmes, qui sont une moindre efficacité et une réac- togénicité plus importante. Il ajoute que beaucoup d’experts pratiquent tout de même cette vaccination par voie intra - musculaire (IM), avec pru- dence, dans le deltoïde (absence de risque de com- pression nerveuse en cas d’hé- matome important), avec une aiguille fine et une compres- sion d’au moins 5 mn.

M. Dahoun indique de son côté que les pédiatres hémato- logues conseillent d’effectuer les vaccins destinés à être injectés en IM par voie sous- cutanée avec une compression manuelle de 10 mn.

Voyant en consultation un nourrisson âgé de deux mois atteint d’hémophilie afin d’ef- fectuer les vaccinations requises, M. Duchayne

demande si ces vaccins doivent être effectués par voie sous- cutanée et si tous les vaccins

Pityriasis rosé de Gibert

Fillette âgée de vingt-deux mois en bonne santé, absence de signes généraux tout au long de l’évolution (trois semaines), puis disparition en quelques jours (collection A. Bandinelli).

Premier jour de l’éruption.

Apparition du médaillon (tache de Brocq).

Noter l’aspect gaufré. Aspect général de l’éruption située au niveau de l’abdomen.

moment des changes. L’érup- tion a duré trois semaines.

Aucun traitement local ou général n’a été prescrit. [1] PETIT A. : « Pityriasis rosé (Pityriasis rosea) », EMC dermatologie,2015 ; 98-320-A-10.

Vaccinations chez un enfant atteint d’hémophilie

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