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L’EAU POTABLE ET À L’ASSAINISSEMENT

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Academic year: 2022

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(1)

A T T E I N D R E L ’ O M D R E L A T I F À

L’EAU POTABLE ET À L’ASSAINISSEMENT

LE DÉFI URBAIN ET RURAL DE LA DÉCENNIE

(2)
(3)

A T T E I N D R E L ’ O M D R E L A T I F À

L’EAU POTABLE ET À L’ASSAINISSEMENT

LE DÉFI URBAIN ET RURAL DE LA DÉCENNIE

(4)

Catalogage à la source: Bibliothèque de l’OMS

Atteindre l'OMD relatif à l'eau potable et à l'assainissement le défi urbain et rural de la décennie.

1.Mise en valeur des ressources en eau. 2.Eau potable - ressources et distribution.

3.Assainissement. 4.Alimentation eau. 5.Objectifs du millénaire pour le développement. I. Programme Conjoint OMS/UNICEF de Surveillance de

l'Approvisionnement en Eau et de l'Assainissement. II. Organisation mondiale de la Santé. III.UNICEF.

ISBN 978 92 4 256325 2 (Classification NLM: WA 675)

© Organisation mondiale de la Santé et UNICEF, 2007

Tous droits réservés. Il est possible de se procurer les publications de l’Organisation mondiale de la Santé auprès des Editions de l'OMS, Organisation mondiale de la Santé, 20 avenue Appia,

1211 Genève 27 (Suisse) (téléphone : +41 22 791 3264 ; télécopie : +41 22 791 4857 ; adresse électronique : [email protected]). Les demandes relatives à la permission de reproduire ou de traduire cette publication – que ce soit pour la vente ou une diffusion non commerciale – doivent être envoyées aux Editions de l'OMS, à l’adresse ci-dessus (télécopie : +41 22 791 4806 ; adresse électronique : [email protected]) ou à l'UNICEF Fonds des Nations Unies pour l'Enfance, 3 UN Plaza, New York, NY 10017, Etats-Unis d'Amérique.

Les appellations employées dans la présente publication et la présentation des données qui y figurent n’impliquent de la part de l’Organisation mondiale de la Santé ou de l'UNICEF aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites. Les lignes en pointillé sur les cartes représentent des

frontières approximatives dont le tracé peut ne pas avoir fait l'objet d'un accord définitif.

La mention de firmes et de produits commerciaux ne signifie pas que ces firmes et ces produits commerciaux sont agréés ou recommandés par l’Organisation mondiale de la Santé ou l'UNICEF, de préférence à d’autres de nature analogue. Sauf erreur ou omission, une majuscule initiale indique qu’il s’agit d’un nom déposé.

L’Organisation mondiale de la Santé et l'UNICEF ont pris toutes les dispositions voulues pour vérifier les informations contenues dans la présente publication. Toutefois, le matériel publié est diffusé sans aucune garantie, expresse ou implicite. La responsabilité de l'interprétation et de l'utilisation dudit matériel incombe au lecteur. En aucun cas, l'Organisation mondiale de la Santé ou l'UNICEF ne sauraient être tenues responsables des préjudices subis du fait de son utilisation.

(5)

CONTENTS

Avant-propos... 2

Définitions.et.sources.des.données... 4

Objectif.de.ce.rapport... 5

Les.enjeux.de.la.décennie.«L’eau, source de vie»... 6

Eau.potable:.couverture... 8

Eau.potable:.tendances.sur.la.période.2005–2015... 10

Eau.potable:.disparités.entre.zones.urbaines.et.zones.rurales... 12

L’eau.potable.dans.les.zones.urbaines.et.rurales.au.cours.de.la.décennie. «L’eau, source de vie»... 14

Assainissement:.couverture... 16

Assainissement:.tendances.au.cours.de.la.décennie.«L’eau, source de vie»... 18

Assainissement:.disparités.entre.zones.urbaines.et.zones.rurales... 19

Assainissement:.perspectives.dans.les.zones.urbaines.et.les.zones.rurales... 20

Eau.potable.et.assainissement:.suivi.de.la.situation... 22

La.mission.du.PCS... 26

Couverture.en.eau.potable.et.en.assainissement.au.niveau.national,. régional.et.mondial.en.1990.et.2004... 28

Atteindre.l’OMD.relatif.à.l’eau.potable.et.à.l’assainissement:. bilan.de.la.situation.au.niveau.mondial.et.régional.en.1990.et.2004,. et.efforts.à.entreprendre.au.cours.de.la.période.2005-2015... 40

Groupements.régionaux.OMD... 41

(6)

AvANT-prOpOS

Pas.de.santé,.de.survie,.de.croissance.ni.de.développement.sans.eau.potable,.sans.assainissement.et.

sans.hygiène;.pourtant,.pour.une.grande.partie.des.plus.démunis.de.la.planète,.ces.biens.de.première.

nécessité.restent.un.luxe..En.effet,.plus.de.1,1.milliard.de.nos.contemporains.n’ont.pas.accès.à.de.l’eau.

de.boisson.provenant.d’une.source.améliorée,.et.ils.sont.2,6.milliards.à.être.privés.d’assainissement.

de.base..De.fait,.il.est.tellement.évident.que.l’eau.potable.et.l’assainissement.de.base.sont.essentiels.

pour.la.santé.qu’on.risque.de.les.considérer.comme.allant.de.soi..Quant.aux.initiatives.visant.à.réduire.

la.mortalité.imputable.aux.diarrhées,.ou.à.atténuer.l’incidence.de.maladies.telles.que.l’ascaridiase,.la.

dracunculose,. l’ankylostomiase,. la. schistosomiase. et. le. trachome,. elles. sont. vouées. à. l’échec. si. les.

principaux.intéressés.n’ont.pas.accès.à.l’eau.potable.et.à.l’assainissement.de.base..C’est.sans.compter.

les.effets.indirects.d’une.telle.carence:.en.effet,.pour.les.millions.d’enfants.d’âge.scolaire.infestés.par.

des.parasites.intestinaux.à.cause.d’installations.d’assainissement.défectueuses.et.du.manque.d’hygiène,.

c’est.la.capacité.même.d’apprendre.qui.se.trouve.compromise.

Les.Objectifs.du.Millénaire.pour.le.développement.ont.défini.l’itinéraire.commun.que.nous.devons.

suivre. pour. combattre. la. pauvreté,. l’inégalité,. la. faim. et. la. maladie.. La. communauté. mondiale. s’est.

engagée.à.réduire.de.moitié.le.nombre.de.personnes.n’ayant.pas.accès.de.façon.durable.à.l’eau.de.

boisson.salubre.et.à.l’assainissement.de.base..Dans.le.cadre.de.la.décennie.pour.l’action.«L’eau, source de vie»,.le.présent.rapport.s’intéresse.à.la.cible.des.OMD.relative.à.l’eau.potable.et.à.l’assainissement.

et.examine.les.deux.problèmes.majeurs.à.surmonter.pour.y.parvenir:.d’une.part,.la.rapidité.du.rythme.

actuel.d’urbanisation,.qui.nécessite.un.effort.soutenu.rien.que.pour.parvenir.à.maintenir.les.taux.de.

couverture.actuels,.d’autre.part.la.dramatique.situation.des.populations.rurales.encore.privées.d’accès.

à.l’eau.potable.et.à.l’assainissement.de.base,.situation.qui.nous.impose.de.procéder.à.une.mobilisation.

de.ressources.sans.précédent.afin.de.réduire.l’écart.considérable.qui.sépare.les.populations.urbaines.

et.rurales.à.cet.égard..

L’Afrique.sub-saharienne.reste.la.région.où.la.situation.demeure.la.plus.préoccupante;.en.effet,.entre.

1990.et.2004,.le.nombre.de.personnes.n’ayant.pas.accès.à.l’eau.potable.y.a.augmenté.de.23%,.celles.

privées.d’assainissement.de.plus.de.30%..Si.l’on.veut.atteindre.la.cible.relative.à.l’eau.potable.et.à.

l’assainissement.dans.la.région,.il.est.indispensable.que.tous.les.acteurs.concernés.intensifient.leur.

action.de.manière.concertée..

Nous.appelons.tous.les.pays.à.définir.des.objectifs.atteignables,.à.élaborer.des.plans.d’action.réalistes.

et.à.prévoir.les.ressources.financières.et.humaines.nécessaires.pour.garantir.à.leur.population.un.accès.

durable.à.l’eau.potable.et.à.l’assainissement.de.base,.tout.en.tenant.compte.des.besoins.fondamentaux.

des.plus.vulnérables.et.des.plus.démunis..Cet.effort.doit.être.entrepris.non.seulement.pour.des.raisons.

humanitaires,.mais.aussi.parce.qu’il.est.rentable,.parce.qu’il.permet.de.réduire.considérablement.les.

coûts.de.la.santé,.et.parce.qu’il.influe.directement.sur.les.trois.facteurs.qui.constituent.le.fondement.

de.la.lutte.contre.la.pauvreté:.la.santé,.l’équité.et.la.croissance.économique.

(7)
(8)

L

e présent rapport du Programme commun OMS/

UNICEF de surveillance de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement (PCS) porte sur la cible des OMD qui a été définie comme suit: réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population qui n’est pas durablement approvisionnée en eau potable et qui ne dispose pas d’assainissement de base. Les indicateurs utilisés pour apprécier le chemin parcouru en direction de cette cible sont:

• la proportion de la population urbaine et rurale bénéficiant de manière durable d’un approvisionnement en eau amélioré;

• la proportion de la population urbaine et rurale disposant d’un assainissement amélioré.

Le premier indicateur - la proportion de la population urbaine et rurale approvisionnée en eau potable - correspond au pourcentage de personnes ayant accès à des sources d’approvisionnement ou à des points de distribution améliorés (voir liste ci- dessous). Les technologies d’approvisionnement en eau dites améliorées permettent en principe d’obtenir une eau plus saine que celles considérées comme non améliorées.

De même, le second indicateur – la proportion de la population disposant

de l’assainissement de base – correspond au pourcentage de personnes utilisant des installations d’assainissement améliorées (voir liste ci-dessous). Là encore, des installations améliorées offrent de meilleures conditions d’hygiène que les installations qualifiées de non améliorées.

On trouvera une description plus précise de ces installations dans la publication du PCS Core questions on drinking water and sanitation for household surveys (www.wssinfo.org).

Les données démographiques,

notamment les projections, ainsi que la ventilation des populations rurales et urbaines proviennent de la Division de la population des Nations Unies:

World population prospects:

the 2004 revision (POP/

DB/WPP/Rev.2004/2/FI – Février 2005.

Les données utilisées pour calculer les pourcentages de la population utilisant les différents types d’approvisionnement en eau et d’installations d’assainissement proviennent de recensements et d’enquêtes auprès des ménages représentatifs à l’échelle nationale. La plupart des données ponctuelles utilisées par le PCS proviennent des Enquêtes démographiques et sanitaires (DHS), des Enquêtes par grappe à indicateurs multiples (MICS), des Enquêtes sur

la mesure des niveaux de vie (LSMS) et des Enquêtes sur la santé dans le monde (WHS).

Les autres enquêtes par sondage qui ont aidé le PCS à établir ses estimations sont:

• Les questionnaires sur les grands indicateurs du bien-être

• Les enquêtes sanitaires et nutritionnelles

• Les enquêtes sur le budget des ménages

• Le projet pan-arabe d’enquêtes sur la santé de la famille (PAPFAM)

• Les enquêtes sur la santé génésique.

Les estimations présentées dans le présent rapport s’appuient sur plus de 500 recensements et enquêtes représentatifs au plan national effectués au cours des 20 dernières années.

L’analyse des données fournies par ces enquêtes permet au PCS d’évaluer la couverture en eau potable et en assainissement et d’extrapoler des tendances nationales, régionales et mondiales.

On trouvera davantage de renseignements sur la méthode de calcul utilisée pour cette extrapolation à l’adresse suivante: http://

www.wssinfo.org/pdf/

Policies_Procedures_04.pdf.

DéfiNiTiONS ET SOURCES DES DONNéES

SOUrCES

d’apprOvISIONNEmENt EN EaU amélIOréES

> Eau sous canalisation alimentant le domicile, la parcelle ou la cour

> Borne-fontaine/fontaine publique

> Puits tubé/puits foré

> Puits creusé protégé

> Source protégée

> Citerne d’eau de pluie SOUrCES

d’apprOvISIONNEmENt EN EaU NON amélIOréES

> Puits non protégé

> Source non protégée

> Tonne montée sur une charrette

> Eau en bouteillea

> Camion-citerne

> Eau de surface (rivière, réservoir, lac, étang, ruisseau, canal, canal d’irrigation) INStallatIONS d’aSSaINISSEmENt amélIOréESb

> Chasse d’eau raccordée:

- au tout-à-l’égout - à une fosse septique - à des latrines à fosse

> Fosse d’aisance améliorée et autoventilée

> Fosse d’aisance avec une dalle

> Latrines sèches (à compost) INStallatIONS

d’aSSaINISSEmENt NON amélIOréES

> Chasse d’eau sans raccordementc

> Fosse d’aisance sans dalle ou fosse en plein air

> Latrines à seau

> Toilettes ou latrines suspendues

> Pas d’installations (brousse, champs)

a L’eau en bouteille n’est considérée comme améliorée que si le ménage utilise pour la cuisine et l’hygiène personnelle de l’eau provenant d’une source améliorée.

b Seules les installations non partagées ou non publiques sont considérées comme améliorées.

c Les excréments sont évacués en direction de la rue, de la cour ou de la parcelle, d’un égout à ciel ouvert, d’un fossé, d’une voie de drainage ou d’un autre lieu.

(9)

L

e présent rapport présente les estimations de la couverture en eau potable et en assainissement par pays et par région OMD en 2004. Il indique le nombre de personnes ayant pu bénéficier de ces services depuis 1990, année de référence pour la mise en œuvre des OMD, et recense les difficultés à surmonter pour être en mesure d’atteindre la cible relative à l’eau potable et à l’assainissement dans les dix prochaines années.

Il compare les progrès accomplis et indique les régions qui sont en bonne voie, celles où les progrès sont réels mais insuffisants pour atteindre la cible, et celles qui ont peu de chances de réussir.

Compte tenu de l’évolution incessante de la dynamique démographique entre zones rurales et urbaines, le CPS a étudié les différentes difficultés auxquelles les zones urbaines et rurales risquent d’être confrontées, notamment l’inégalité entre ces zones, l’accélération de la croissance démographique urbaine et l’insuffisance de la couverture dans les zones rurales.

Le rapport analyse également l’évolution de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, en examinant les tendances observables dans les zones urbaines et rurales et en essayant de déterminer si l’on peut en conclure que la réalisation de l’OMD relatif à l’eau potable a des chances d’être atteint.

Il met en lumière les efforts qu’il convient de déployer dans les zones rurales, où des milliards de personnes ne sont toujours pas desservies et où la croissance démographique est presque étale, et les compare aux mesures à prendre dans les zones urbaines, où le taux de couverture est élevé mais où l’urbanisation avance rapidement. Le rapport établit également une comparaison entre le taux de couverture prévu pour 2015 en fonction de l’évolution observée entre 1990 et 2004, et l’OMD relatif à l’eau potable et à l’assainissement.

Les statistiques présentées ici ont été établies à partir d’informations recueillies auprès des usagers (et non des prestataires de services) et qui, de ce fait, ne sont affectées ni par les différences de définition que l’on donne de l’accès d’un pays à l’autre, ni par les influences politiques susceptibles de biaiser les données relatives à la couverture. De ce fait, les données du PCS sont vraisemblablement plus fiables et se prêtent mieux à des comparaisons que les données des rapports nationaux officiels. Suite à des ajustements rétroactifs effectués sur la base de ces informations, récentes et plus exactes, les taux de couverture présentés dans les précédents rapports du PCS sont annulés et remplacés par ceux figurant dans le présent rapport.

Ob j ECTif

DE CE rAppOrT

(10)

6

L

es trois enjeux de la décennie «L’eau, source de vie» sont les suivants: conserver les acquis; prendre rapidement les mesures nécessaires pour que les milliards de personnes vivant dans des zones rurales encore non desservies puisent accéder à l’eau potable et à des services d’assainissement;

intensifier les efforts dans les zones urbaines pour pouvoir faire face à la croissance démographique, en accordant une attention toute particulière aux bas revenus et aux déshérités.

Selon le PCS, il faudra, en gros, doubler les efforts accomplis au cours des 15 dernières années pour atteindre l’OMD relatif à l’assainissement et les accroître d’un tiers pour atteindre l’objectif concernant l’eau potable.

Compte tenu de ce que 1,2 milliard de personnes ont pu accéder à la fois à l’eau potable et à l’assainissement entre 1990 et 2004, il faudra encore une progression de 1,6 milliard de personnes entre 2005 et 2015 pour atteindre l’OMD relatif à l’assainissement et de 1,1 milliard de personnes pour réaliser l’objectif relatif à l’eau potable (figures 1 et 2).

Les chiffres du rapport mettent en évidence une réalité brutale, à savoir que, sauf avancée décisive, l’OMD relatif à l’assainissement risque fort de ne pas être atteint.

Malgré tous les progrès accomplis, il ne semble pas que le monde soit

en bonne voie pour atteindre cet objectif.

Pour y parvenir, il faudrait en effet que 450 000 personnes supplémentaires aient chaque jour accès à ces services entre 2005 et 2015, ce qui suppose un quasi doublement des efforts actuellement consentis.

Même si le monde dans son ensemble est sur la voie de la réalisation de l’OMD relatif à l’eau potable, il semblerait que l’on assiste à un certain fléchissement. De fait, pour atteindre l’objectif, il faudrait desservir 300 000 personnes supplémentaires par jour au cours des dix prochaines années, et, à cette fin, accroître d’environ un tiers les efforts déployés aujourd’hui.

Il est certain que certaines régions atteindront l’objectif

relatif à l’eau potable et à l’assainissement, et que d’autres, si la tendance actuelle se poursuit, n’y parviendront pas. En Afrique sub-saharienne, par exemple, région qui a enregistré une croissance de 85% de sa population urbaine entre 1990 et 2004, le nombre de citadins n’ayant accès ni à une eau de boisson saine ni à l’assainissement de base a doublé entre 1990 et 1994. Dans la même région, le nombre de personnes vivant en zone rurale privées d’accès à une eau potable améliorée était, en 2004, cinq fois supérieur à celui des citadins dans la même situation; le nombre de personnes n’ayant pas accès à l’assainissement amélioré étant quant à lui presque trois fois supérieur à celui des citadins non desservis. Compte tenu de

0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000 8000

(si l'objectif est atteint)2015 (projection)2015

2004 1990

Population desservie Population (en millions)

Année

4092 5320 6300 6425

1187

1069

919 794

Population non desservie Projected desservie (projection) Population non desservie

(projection) Population desservie si l'objectif

est atteint Population qui restera non

desservie si l'objectif est atteint

> le nombre de personnes ne disposant pas d’un approvisionnement en eau amélioré n’a baissé que de 8 millions entre 990 et 200.

Figure 1

Population mondiale avec et sans accès à un approvisionnement en eau amélioré en 1990, 2004 et 2015

(11)

la lenteur de la progression,

de la faiblesse du taux de couverture et de l’énorme écart entre zones rurales et zones urbaines en termes de couverture, il est peu probable que l’Afrique subsaharienne atteigne la cible de l’OMD.

La réalisation de l’OMD relatif à l’eau potable et à l’assainissement représente un gigantesque défi. Les chiffres parlent d’eux- mêmes. Pour y parvenir, il faudra en effet, d’ici à 2015, mettre en place une infrastructure de services permettant d’assurer l’accès à l’eau potable à 1,1 milliard de personnes supplémentaires, et à 1,6 milliard de personnes en ce qui concerne l’assainissement. Il faudra également faire le

nécessaire pour prévenir le délabrement actuel et futur de l’infrastructure dû aux carences de l’administration, aux problèmes

d’amortissement, aux difficultés d’exploitation et d’entretien, et, d’une manière générale, à une certaine absence de rigueur dans la gestion. Des progrès rapides s’imposent si l’on entend rompre le cycle de la pauvreté, de l’illettrisme, du logement insalubre et de la maladie.

La voie à suivre est déjà toute tracée: le rapport final du groupe de travail des Nations Unies chargé du projet du Millénaire sur l’eau et l’assainissement1 recommande en effet une série d’initiatives, allant des mesures à prendre pour compenser l’énorme

retard de l’assainissement de base sur l’eau potable à l’adoption de procédés institutionnels, financiers et technologiques innovants mettant l’accent sur les besoins des ménages les plus démunis.

Pour atteindre l’OMD relatif à l’eau potable et à l’assainissement, il sera nécessaire d’accélérer la fourniture des services, et cela à toutes les étapes du cycle - mobilisation des ressources (financières et humaines), conception et planification, construction, mise en service et

maintenance - en accordant une attention toute particulière aux besoins des catégories les plus démunies et les moins bien desservies de la population Il importe désormais que le secteur ne progresse plus par à-coups, mais dans le cadre d’un processus de développement continu et durable. Si l’on considère que nous avons déjà parcouru les deux tiers du chemin qui sépare l’année de référence (1990) de l’année fixée pour l’OMD, il est évident que le rythme actuel de progression est insuffisant. Il est par conséquent urgent de passer à la vitesse supérieure, de gagner en efficacité et d’accélérer les investissements si nous tenons à atteindre la cible.

0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000 8000

(si l'objectif est atteint)2015 (projection)2015

2004 1990

Population (en millions)

Année 2569

3777

4829 5414

2710

2612

2390 1805

Population desservie Population non desservie Population desservie (projection) Population non desservie

(projection) Population desservie si l'objectif

est atteint Population qui restera non

desservie si l'objectif est atteint

Figure 2

Population mondiale avec et sans accès à un assainissement amélioré en 1990, 2004 et 2015

> le nombre de personnes ne disposant pas d’un assainissement amélioré n’a diminué que de 98 millions entre 990 et 200.

> Si la tendance observée sur la période 990-200 se poursuit jusqu’en 20, il s’en faudra de plus d’un demi- milliard de personnes pour que l’objectif relatif à l’assainissement soit atteint.

1 Groupe de travail des Nations Unies chargé du projet du Millénaire sur l’eau et l’assainissement. Health, dignity, and development: what will it take?

Londres, Earthscan, 2005.

(12)

8

E

n 2004, un total de 5,3 milliards de personnes (83% de la population mondiale utilisaient de l’eau provenant de sources améliorées (figure 5), contre 4,1 milliards (78%) en 1990.

Mais, du fait de la croissance démographique, le nombre de personnes non desservies n’a pas changé de manière substantielle depuis cette dernière date. Un sixième environ de la population mondiale – 1,1 milliard de personnes au total – n’ont toujours pas accès à une eau de boisson améliorée, et 84%

d’entre elles vivent dans des zones rurales.

Les statistiques mondiales voilent une situation franchement alarmante dans certaines régions en développement (figures 3, 4 et 5). En Afrique sub-saharienne, malgré les progrès enregistrés – le pourcentage de la population desservie est passé de 49% à 56% entre 1990 et 2004 – il faudra faire un effort important pour pouvoir atteindre l’objectif visé - 75% - d’ici à 2015.

Environ 80% de la population non desservie est concentrée dans trois régions: Afrique sub- saharienne, Asie de l’Est et Asie du Sud. La couverture dépasse les 78% dans toutes les régions,

à l’exception de l’Afrique sub- saharienne et de l’Océanie, où elle s’élève respectivement à 56% et 50% (figure 5). Elle est supérieure à 90% en Amérique latine et dans les Caraïbes, en Afrique du Nord et en Asie occidentale.

Dans les régions en développement, les deux tiers des personnes qui ont pu accéder à un approvisionnement en eau amélioré entre 1990 et 2004 ont pu disposer d’un raccordement à domicile ou d’un robinet extérieur (eau courante), alors qu’un tiers ont pu accéder à d’autres types d’équipements améliorés (puits protégés, bornes-fontaines, etc.).

Il semble que les pays en développement concentrent leurs investissements sur

EAu POTABLE: COUvERTURE

Figure 3

Couverture en eau de boisson améliorée en 2004

> l’afrique sub-saharienne continue de progresser dans la fourniture de services à la population non desservie, avec une augmentation de points de pourcentage entre 990 et 200.

les taux de couverture actuels sont pourtant extrêmement faibles. au rythme actuel de développement l’afrique sub-saharienne ne sera pas en mesure d’atteindre l’Omd relatif à l’eau potable.

payS COmptaNt plUS dE 0 mIllIONS d’habItaNtS EN 200a

COUvErtUrE EN EaU pOtablE (%) 200

1990 Actuelle Nécessaire pour atteindre la cible de l’OMD

CHINE 70 77 79

INDE 70 86 79

INDONéSIE 72 77 80

BRéSIL 83 90 88

PAkISTAN 83 91 88

BANGLADESH 72 74 80

NIGéRIA 49 48 65

MExIqUE 82 97 87

vIET NAM 65 85 76

PHILIPPINES 87 85 91

ETHIOPIE 23 22 46

EGYPTE 94 98 96

TURqUIE 85 96 90

RéPUBLIqUE ISLAMIqUE D’IRAN 92 94 94

THAïLANDE 95 99 97

RéPUBLIqUE DéMOCRATIqUE DU CONGO 43 46 60

MYANMAR 57 78 70

a Par ordre démographique décroissant

> la majorité des pays les plus peuplés sont en bonne voie pour atteindre l’Omd relatif à l’eau potable.

Tableau 1

Progrès enregistrés vers la réalisation de l’OMD relatif à l’eau potable dans les pays en développement les plus peuplés

(13)

9 des systèmes centralisés

permettant le branchement du domicile ou d’un robinet extérieur au réseau d’adduction d’eau.

Même lorsque des sources d’approvisionnement en eau améliorées sont accessibles, il faut encore déployer des efforts très importants pour améliorer l’accès aux services.

Le branchement à un réseau de distribution public permet de consacrer une plus grande part de la consommation à l’hygiène, et il est avéré que c’est la formule qui, tout en présentant le coût par habitant le plus élevé, donne les meilleurs résultats sur le plan sanitaire. En 2004, seulement

44 % de la population des pays en développement ont pu disposer d’eau de boisson grâce à un branchement au réseau ou à un robinet extérieur (figure 5). On observe cependant d’énormes disparité d’une région à l’autre:

alors que 16% seulement de la population a accès à l’eau potable par un raccordement au réseau en Afrique

subsaharienne, 20% en Asie du Sud, 21% en Océanie et 28%

en Asie du Sud-Est, les chiffres sont beaucoup plus élevés en Asie de l’Est (70%), en Afrique du Nord (76%), en Amérique latine et dans les Caraïbes (80%) et en Asie occidentale (81%).

Asie occidentale 18 Asie du Sud-Est 98

Asie du Sud 226

Asie de l'Est

302 Afrique sub-saharienne

322 Afrique du Nord 13 Océanie 4

Régions développées 13

Communauté des Etats indépendants 21

Amérique latine et Caraïbes 50 1 1

Figure 4

Population (en millions) n’ayant pas accès à un approvisionnement en eau amélioré en 2004 (par région)

> près de 0% de la population mondiale sans accès à une eau de boisson améliorée se trouvent en asie de l’Est et en asie du Sud, et 30% vivent en afrique sub-saharienne.

Figure 6

Temps nécessaire pour aller chercher l’eau en Afrique

Pourcentage de la population disposant de l'eau courante à domicile

Changements observés sur la période 1990-2004 (en %)

Couverture en 2004 (en %)

Pourcentage de la population ayant accès à d'autres types d'approvisionnement amélioré +5

0 +9

+2 +8 +6

+13

+6 +7 +7

-1 -1

-5 0 5 10 15

83 99 92

80

91 91 91

85 82 78

56 50

0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100

Océani e Afrique sub-saharienne Asie de l'Est Asie du

Sud-Es t Asie duSud Asie occidental e

Amér ique

latine et Caraïbes Afrique

du Nord Région

s en

veloppement Com

munauté des Etat s

indépenda Régions nts veloppées MOND

E

Figure 5

Couverture en eau de boisson améliorée en 2004 (par région)

> alors que 80% de la population du monde en développement ont accès à un approvisionnement en eau de boisson amélioré, quel qu’en soit le type, % seulement disposent d’un branchement alimenté par une canalisation.

> Si le pourcentage de la population ayant accès à une eau de boisson améliorée dépasse aujourd’hui les 80% en asie du Sud et en asie du Sud-Est, les taux de couverture en eau courante à domicile n’y atteignent respectivement que 20%

et 28%, soit guère plus que le niveau enregistré en afrique sub-saharienne (6%).

> En afrique, des millions de femmes et d’enfants parcourent chaque jour de longues distances pour aller chercher de l’eau (Figure 6). En moyenne, un membre du ménage (généralement une femme ou un enfant) a besoin d’une demi-heure environ pour se rendre au point d’eau, puiser de l’eau et revenir, ce qui n’est pas sans inconvénients pour la scolarité des enfants et l’égalité entre garçons et filles.

(14)

0

S

i 1,2 milliard de personnes supplémentaires ont pu bénéficier d’un approvisionnement en eau amélioré au cours de la période 1990-2004, il n’en demeure pas moins qu’en chiffres absolus, le nombre de personnes non desservies n’a baissé que de 118 millions en raison de la croissance démographique. Si la

tendance actuelle se poursuit, on devrait enregistrer d’ici à 2015 une diminution de la population non desservie de 150 millions de personnes.

Malgré cette amélioration, on dénombrera encore plus de 900 millions de personnes sans accès à l’eau potable en 2015, dont les trois quarts dans les zones rurales. En Afrique sub-saharienne, malgré

une progression de 7% de l’approvisionnement en eau amélioré entre 1990 et 2004, le nombre effectif de personnes qui restent privées d’accès a augmenté de 60 millions. L’évolution actuelle de la couverture indique que, d’ici à 2015, le nombre de personnes non desservies va augmenter de 47 millions en Afrique sub- saharienne (figure 7).

EAu POTABLE: TENDANCES SUR LA PéRIODE 2005-2015

-100 -50 0 50 100 150

Afrique sub-saharienne Océanie Afrique du Nord Asie occidentale Asie du Sud-Est Amérique latine et Caraïbes Asie de l'Est Asie du Sud

Population (en millions) Augmentation du nombre de personnes non desservies au cours de la période 2005-2015

Diminution du nombre de personnes non desservies au cours de la période 2005-2015

Monde -47 -1 1

5 5

25 30

139

150 Figure 7

Evolution probable (projection) par région en développement, du nombre de personnes (en chiffres absolus) qui ne bénéficieront pas d’un approvisionnement en eau amélioré au cours de la période 2005-2015 si la tendance observée entre 1990 et 2004 se poursuit jusqu’en 2015

Tableau 2

Pays les moins avancés qui doivent plus que doubler les taux d’augmentation enregistrés sur la période 1990-2004 pour pouvoir atteindre l’OMD relatif à l’eau potable d’ici à 2015.

payS lES mOINS avaNCéS

aUgmENtatION aNNUEllE dE la

pOpUlatION dESSErvIE (EN mIllIErS) FaCtEUr d’aCCrOISSEmENt

NéCESSaIrE 1990–2004

(effectif)

2005–2015 (nécessaire)

ETHIOPIE 319 4 312 13.5

RéPUBLIqUE DéMOCRATIqUE DU CONGO 628 3 009 4.8

NIGER 192 719 3.8

MALDIvES 4 14 3.7

TOGO 76 277 3.7

MADAGASCAR 241 834 3.5

vANUATU 2 8 3.4

MOzAMBIqUE 230 764 3.3

YéMEN 327 1 073 3.3

GUINéE 126 396 3.1

HAïTI 89 263 3.0

COMORES 12 32 2.7

BURUNDI 121 322 2.7

LIBéRIA 54 142 2.6

BéNIN 147 366 2.5

MALI 235 556 2.4

OUGANDA 583 1 349 2.3

zAMBIE 164 372 2.3

BANGLADESH 1 933 4 160 2.2

MAURITANIE 55 117 2.1

SOUDAN 528 1 124 2.1

SAMOA 1 2 2.1

ANGOLA 295 603 2.0

DjIBOUTI 11 23 2.0

> beaucoup de pays comptant parmi les moins avancés devant plus que doubler leurs efforts pour atteindre l’Omd relatif à l’eau potable.

> Si la tendance actuelle se maintient jusqu’en 20, le nombre de personnes (en chiffres absolus) privé d’approvisionnement en eau potable devrait diminuer de 0 millions; l’afrique sub-saharienne comptera alors millions de personnes non desservies de plus qu’en 200.

(15)

(16)

2

EAu pOTAblE: DiSpAriTéS ENTRE zONES urbAiNES ET zONES

rurAlES

L’

accès à un

approvisionnement en eau amélioré est sensiblement plus élevé dans les zones urbaines que dans les zones rurales (figures 8 et 9). Dans ces dernières, et cela dans la quasi-totalité du monde en développement, le niveau de couverture en

eau potable provenant d’une source améliorée est inacceptable (figures 9 et 10). Dans les zones urbaines, la couverture en eau potable est restée identique (95%) entre 1990 et 2004; dans les zones rurales, elle est passée de 64% en 1990 à 73% en 2004. Dans 27 pays en

développement, moins de 50% de la population rurale ont accès à une eau de boisson améliorée (figure 9).

Figure 8

Couverture en eau de boisson provenant d’une source améliorée dans les zones urbaines en 2004

Figure 9

Couverture en eau de boisson provenant d’une source améliorée dans les zones rurales en 2004

(17)

3

Nombre de personnes non desservies (en millions)

0 200 400 600 800 1000 1200

2015 (Projection) 2004

1990 107

1080

899

170 240

679

Zones urbaines Zones rurales

Zones urbaines (projection) Zones rurales (projection) Année

Figure 11

Population mondiale (en millions) sans accès à un approvisionnement en eau de boisson amélioré dans les zones urbaines et rurales en 1990, 2004 et 2015 (projection fondée sur une extrapolation de la tendance constatée entre 1990 et 2004)

Population (en millions) 270

52 264

38 199

27 73

25 34 17 14 4 10 3 4 0.4 Population rurale Population citadine

0 50 100 150 200 250 300

Océanie Afrique du No

rd

Asie occidental e

Amér ique latine

et Caraïbes Asie du Sud-Est Asie du Sud Asie de l'Est Afrique sub-saharienne

> dans les régions en développement, 8% de la population non desservie vivent dans les zones rurales.

Figure 10

Population urbaine et rurale (en millions) sans accès à un

approvisionnement en eau amélioré dans les régions en développement en 2004

(18)

l’EAu pOTAblE DANS LES zONES URBAINES ET RURALES Au COurS DE lA DéCENNiE «L’eau, sourCe de vie»

L

e monde dans son ensemble est en bonne voie pour atteindre l’OMD relatif à l’eau potable.

Ce constat réjouissant ne doit cependant pas occulter deux difficultés de taille – à savoir, les inégalités de couverture entre zones rurales et zones urbaines, et l’accélération de la croissance démographique urbaine dans les régions en développement – qui, même si elle ne compromettent pas les chances d’atteindre l’objectif, semblent devoir peser fortement sur la tendance.

Les zones rurales sont très largement en retard sur les zones urbaines pour ce qui est de la couverture en eau potable améliorée. En effet, même compte tenu de la progression du taux de couverture entre 1990 (64%) et 2004 (73%), quelque 900 millions de personnes sont encore privées d’accès. Si cette tendance se poursuit, on obtiendra en 2015 une couverture de 80% et l’accès d’environ 300 millions de personnes, ce qui n’empêchera pas que 700 millions de personnes resteront encore non desservies. vivant souvent dans des communautés marginalisées et isolées, les habitants des zones rurales, dont de nombreuses femmes et de nombreux enfants, doivent chaque jour passer des heures à aller chercher l’eau loin de leur domicile.

Dans certains pays, le taux de couverture est en régression (tableau 3).

Les difficultés qui se posent dans les zones urbaines sont différentes. La couverture en eau potable y est restée pratiquement inchangée au

Population (en millions)

Année

Population urbaine

Population non desservie (zones urbaines) Population desservie (zones urbaines) 0

500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000

2015 (projection) 2004

1990 2171 107

2943 170

3629 240

Population (en millions)

Année

Population non desservie (zones rurales) Population desservie (zones rurales) 0

500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000

2015 (projection) 2004

1990 1921 1080

2377 899

2671 679

Population rurale

Figure 12

Evolution de la couverture: population urbaine et rurale avec et sans accès à un approvisionnement en eau de boisson amélioré en 1990, 2004 et 2015 (projection)

> la population urbaine disposant d’un approvisionnement en eau de boisson amélioré a augmenté d’environ 36%

entre 990 et 200. malgré ce progrès important, le nombre de citadins non desservis continue d’augmenter.

Population (en millions)

Année

Population urbaine

Population non desservie (zones urbaines) Population desservie (zones urbaines) 0

500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000

2015 (projection) 2004

1990 2171 107

2943 170

3629 240

Population (en millions)

Année

Population non desservie (zones rurales) Population desservie (zones rurales) 0

500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000

2015 (projection) 2004

1990 1921 1080

2377 899

2671 679

Population rurale

> le nombre de ruraux disposant d’un approvisionnement en eau de boisson amélioré a augmenté de 2% entre 990 et 200, et l’effectif des personnes non desservies tend à décroître. malgré cet important progrès, la proportion de ruraux encore privée d’accès reste excessivement élevée (2%).

(19)

cours des quinze dernières

années (95%). Ce résultat remarquable risque toutefois d’être compromis par la croissance démographique prévue pour la période 2005-2015 (selon les estimations de la Division de la population des Nations Unies, les effectifs de citadins devraient grossir de 755 millions de personnes). Il est réjouissant de constater que – pour autant que le taux de couverture en zone urbaine reste inchangé – 685 millions de nouveaux citadins pourront avoir accès à l’eau potable entre 2005 et 2015.

Une analyse de l’évolution de la couverture dans les zones urbaines et rurales (figure 12) montre clairement que l’essentiel des efforts déployés pour atteindre l’OMD relatif à l’eau potable portera sur les zones urbaines. Il se pourrait que les pouvoirs publics accordent la priorité à l’accès à l’eau potable en milieu urbain en raison des conditions d’hygiène effroyables dans lesquelles vivent les habitants des taudis, conditions qui insultent à la dignité humaine et représentent par ailleurs une menace sanitaire énorme pour une population déjà fragilisée et qui, en raison d’une surpopulation croissante, de l’absence chronique d’installations sanitaires, de systèmes d’élimination des ordures inadéquats, d’un approvisionnement en eau insuffisant pour les besoins de base en matière d’hygiène personnelle ou domestique, est exposée au risque permanent d’épidémies de maladies diarrhéiques.

Les zones rurales restant cependant très en retard sur les zones urbaines en ce qui concerne la généralisation de l’accès à l’eau potable, il convient d’intensifier les efforts et d’augmenter les investissements pour réduire le nombre de personnes encore privées d’accès dans les zones rurales et atténuer l’énorme risque sanitaire que fait courir à ces dernières l’absence d’infrastructure permettant de disposer d’une eau de qualité.

Il convient de prendre en considération un aspect important de la question, à savoir le type d’accès à l’eau de boisson améliorée. Dans les régions en développement, la couverture des zones urbaines est élevée (92%) et 70% de la population urbaine disposent de l’eau courante à domicile. En revanche, 25%

seulement de la population ont accès à ce type de service dans les zones rurales.

Le raccordement à un réseau de distribution assure un service de meilleure qualité et permet notamment de disposer des quantités d’eau potable nécessaires pour répondre aux besoins du foyer en matière de santé et d’hygiène. Lorsque les habitants ne disposent pas de l’eau courante à domicile et doivent faire un trajet de plus de cinq minutes pour s’approvisionner en eau, on peut s’attendre à ce qu’ils ne consomment pas plus que les quantités strictement nécessaires aux besoins quotidiens pour l’hygiène, la boisson et la cuisine (soit 20 litres par jour et par personne).

Tableau 3

Pays dans lesquels la couverture en eau potable provenant de sources améliorées est en train de diminuer (à l’exception des pays comptant moins de 300 000 habitants en 2004)

COUvErtUrE EN EaU pOtablE daNS lES zONES rUralES EN

990 (%)

COUvErtUrE EN EaU pOtablE daNS lES zONES rUralES EN

200 (%)

baISSE (EN pOINtS dE pOUrCENtagE) ENrEgIStréE SUr la pérIOdE

990–200

MALDIvES 95 76 19

OUzBékISTAN 91 75 16

ALGéRIE 89 80 9

COLOMBIE 78 71 7

ETHIOPIE 15 11 4

YéMEN 68 65 3

MAROC 58 56 2

NIGéRIA 33 31 2

Tableau 4

Pays enregistrant une baisse de la couverture en eau potable dans les zones urbaines

COUvErtUrE EN EaU pOtablE daNS lES zONES UrbaINES EN

990 (%)

COUvErtUrE EN EaU pOtablE daNS lES zONES UrbaINES EN

200 (%)

baISSE (EN pOINtS dE pOUrCENtagE) ENrEgIStréE SUr la pérIOdE

990-200

LIBéRIA 85 72 13

ILES MARSHALL 95 82 13

NIGéRIA 80 67 13

YéMEN 84 71 13

ALGéRIE 99 88 11

MOzAMBIqUE 83 72 11

SAMOA 99 90 9

RéPUBLIqUE DéMOCRATIqUE DU CONGO 90 82 8

HAïTI 60 52 8

kENYA 91 83 8

PHILIPPINES 95 87 8

SOUDAN 85 78 7

vANUATU 93 86 7

CHINE 99 93 6

COMORES 98 92 6

MYANMAR 86 80 6

BURUNDI 97 92 5

INDONéSIE 92 87 5

OUzBékISTAN 99 95 4

MADAGASCAR 80 77 3

MALDIvES 100 98 2

zIMBABWE 100 98 2

> Environ 0% des pays ont enregistré depuis 990 une baisse de deux points de pourcentage ou plus du taux de couverture en eau potable dans les zones urbaines, probablement en raison d’une très forte croissance démographique

(20)

6

ASSAiNiSSEmENT: COUvERTURE

E

n 2004, seulement 59% de la population mondiale avait accès à une installation d’assainissement, quel qu’en soit le type (figure 13). En d’autres termes, 4 personnes sur dix dans

le monde n’avaient pas accès à un assainissement amélioré, et étaient obligés de déféquer en plein air ou d’utiliser des installations non hygiéniques, s’exposant ainsi au risque de contracter des

maladies liées au manque d’hygiène. Si la couverture en assainissement a augmenté (elle était de 49% en 1990), il faudra déployer de très gros efforts pour qu’elle atteigne le niveau de 75% visé par l’OMD. Les investissements dans l’infrastructure d’assainissement se font dans le cadre de projets à long terme. Pour être en mesure de réaliser l’OMD relatif à l’assainissement, il sera nécessaire de mettre en place des approches novatrices permettant de réduire le délai entre les prises de décision et l’offre effective des services.

Les statistiques mondiales cachent la situation dramatique de certaines régions en développement (figure 14). Si le taux moyen de couverture est de 50% dans les régions en développement, seulement une personne sur deux a accès à une forme quelconque d’installation sanitaire améliorée. Les régions présentant le taux de couverture le plus faible sont l’Afrique sub-saharienne (37%), l’Asie du Sud (38%) et l’Asie de l’Est (45%). L’Asie occidentale (84%) affiche le taux de couverture le plus élevé des régions en développement. Deux sur trois des personnes non desservies vivent en Asie du Sud ou en Asie de l’Est (figure 15).

Si, dans de nombreuses villes, l’important est d’accroître le nombre de toilettes reliées au tout-à- l’égout, lui-même connecté

Changements enregistrés entre 1990 et 2004 (en points de pourcentage)

Couverture en 2004 (en %) +10

+1 +15

+3

+9 +12 +18

-1 +21 +18

-1

+5 -505

10 1520

59 99

83

50

84 77 77

67

53 45

38 37

0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100

Afrique sub-saha rienne Asie du Su

d Asie de l'Es

t Océani

e

Asie du Sud-

Est

Afrique du Nord Amér

ique latine etCaraïbes Asie occidentale Régions en développemen

t

Com munauté des Etats indépendants Régions dév

eloppées MOND

E

Figure 13

Couverture en assainissement amélioré, par région, en 2004

Figure 14

Couverture en assainissement amélioré en 2004

> plus de 80% de la population mondiale ne disposant pas d’un assainissement amélioré vivent en asie méridionale, en asie de l’Est et en afrique sub-saharienne.

> au cours de la période 990-200, on a enregistré ,2 milliard de nouveau accédants à l’assainissement. On constate cependant que 2,6 milliards de personnes étaient encore non desservies en 200, faible progression par rapport au 2, milliards de personnes non desservies en 990.

(21)

Asie du Sud-Est 183 Asie occidentale 31

Amérique latine et Caraïbes 125

Communauté des Etats indépendants 48

Régions développées 7

Afrique du Nord 35

Afrique sub-saharienne 463 Asie de l'Est

761

2,6 milliards de personnes non desservies dans le monde

Asie du Sud 761

Figure 15

Population (en millions) ne disposant pas d’assainissement amélioré, par région, en 2004

On sait que, s’agissant des zones rurales, l’Ethiopie possède l’un des taux de couverture en assainissement les plus bas du monde.

Une telle situation a mis le gouvernement et les donateurs en demeure de trouver les moyens d’accélérer considérablement la mise en place des équipements d’assainissement, tant pour assurer la réalisation de l’OMD que pour améliorer la situation sanitaire de la population.

En 2003, les pouvoirs publics ont mis en oeuvre deux nouvelles stratégies dans la région d’Amhara, dans le but d’élargir la couverture et de desservir la totalité de la population. Dans cette région, qui compte 19 millions d’habitants, 90 000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque année de maladies liées à l’eau et à l’assainissement.

Lors du lancement du projet, la couverture en assainissement de la région atteignait tout juste les 3,8%, avec la construction annuelle d’une centaine de latrines dans chaque district. En 2005, le nombre moyen de latrines construites par district était de 26 400 par année, dont 90%

fonctionnent.

Ces progrès spectaculaires

s’expliquent avant tout par les méthodes utilisées, et notamment par l’abandon de la stratégie axée sur la production et

la distribution de dalles de latrines en faveur des techniques de marketing social. Par ailleurs, les connaissances de plus en plus précises de la populations locale, sa sensibilisation de plus en plus vive au lien entre assainissement et santé ont suscité une demande de services de meilleure qualité et ont modifié les comportements. Une étroite concertation avec les dirigeants locaux et les agents de vulgarisation, associée à l’utilisation des écoles comme catalyseurs du changement ont en outre permis de multiplier le nombre de bénéficiaires et de stimuler la demande.

En effet, le projet visait moins la transformation des comportements individuels qu’une évolution sociale globale permettant d’assurer une couverture de l’ensemble de la population. Les aides aux ménages ont été totalement supprimées, tandis qu’étaient introduites des technologies appropriées et peu coûteuses que la population a volontiers accepté de prendre à sa charge.

Pour atteindre l’OMD, il faudrait que 2,2 millions de latrines soient construites et mises en service dans la région d’Amhara d’ici à 2015. Si les progrès se poursuivent, voire s’accélèrent grâce au marketing social, cela sera chose faite en 2009.

lE markEtINg SOCIal aU SErvICE dE la prOmOtION dE l’aSSaINISSEmENt EN EthIOpIE

Tableau 5

Progrès accomplis dans la réalisation de l’OMD par les pays comptant plus 50 millions d’habitants. Bilan de la situation en 2004.

> la moitié des pays en développement les plus peuplés sont en bonne voie pour atteindre l’Omd relatif à l’assainissement et accomplissent de réels progrès

payS COmptaNt plUS dE 0 mIllIONSa d’habItaNtS EN 200b

SaNItatION COvEragE (%) 200 1990 Actuelle

Nécessaire pour atteindre la cible de

l’OMD

CHINE 23 44 46

INDE 14 33 40

INDONéSIE 46 55 62

BRéSIL 71 75 80

PAkISTAN 37 59 56

BANGLADESH 20 39 44

NIGéRIA 39 44 58

MExIqUE 58 79 71

vIET NAM 36 61 55

PHILIPPINES 57 72 70

ETHIOPIE 3 13 32

EGYPTE 54 70 68

TURqUIE 85 88 90

THAïLANDE 80 99 86

RéPUBLIqUE DéMOCRATIqUE DU CONGO 16 30 41

MYANMAR 24 77 47

a La république islamique d’Iran ne figure pas dans cette liste faute de données.

b Par ordre démographique décroissant.

à des usines de traitement des eaux qui fonctionnent, la priorité dans les zones rurales sera d’utiliser les techniques du marketing

social pour promouvoir les divers types d’installations d’assainissement adaptées à l’échelon local.

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