• Aucun résultat trouvé

Genres et facteurs invariants de formes hermitiennes

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2022

Partager "Genres et facteurs invariants de formes hermitiennes"

Copied!
76
0
0

Texte intégral

(1)

THÉORIE DES NOMBRES Années 1996/97-1997/98 BESANÇON

G e n r e s e t f a c t e u r s i n v a r i a n t s d e f o r m e s h e r m i t i e n n e s

P. C A L A M E

(2)

G e n r e s e t f a c t e u r s i n v a r i a n t s d e

f o r m e s h e r m i t i e n n e s

P h i l i p p e C a l a m e

Ce travail a été effectué en vue de l'obtention d u Diplôme de m a t h é m a t i c i e n

de l'université de Lausanne, sous la direction d u Professeur

Jacques Boéchat.

Mai 1997

(3)

I n t r o d u c t i o n

Il est souvent intéressant et utile, en théorie des nombres, de comparer u n e propriété d ' u n o b j e t sur u n corps de nombres avec la propriété de l'objet d a n s ses localisés ; on m e t t r a en relation, p a r exemple, le fait q u ' u n élément d ' u n corps de n o m b r e soit u n carré avec le fait qu'il le soit d a n s chacun de ses localisés. L a théorie des formes q u a d r a t i q u e s sur les corps de nombres, c o m m e celles des formes hermitiennes, utilise avec succès ce procédé local- global avec, c o m m e point central, le t h é o r è m e de Hasse-Minkowski qui est certainement u n des r é s u l t a t s les plus difficiles et les plus profonds de la théorie. Ce t h é o r è m e nous dit essentiellement que l'isométrie de deux espaces quadratiques (ou hermitiens) sur u n corps de n o m b r e s est caractérisée p a r leur isométrie sur tous les localisés : deux espaces sont globalement isométriques si et seulement s'ils sont localement isométriques.

Nous n o u s intéresserons a u x réseaux, qui seront p o u r nous des espaces hermitiens sur l ' a n n e a u des entiers d ' u n corps de nombres. L'analogue d u théorème de Hasse-Minkowski d a n s ce cadre n'est plus vrai, et nous pouvons définir u n e relation d'équivalence plus faible que l'isométrie, correspondant à l'isométrie locale : nous dirons alors q u e deux réseaux sont dans le m ê m e genre si t o u s leurs localisés sont isométriques.

Le b u t de ce travail est d ' é t u d i e r les genres des réseaux. Nous commencerons p a r d o n n e r des invariants d'isométrie des réseaux ; nous m o n t r e r o n s qu'ils sont en fait des invariants de genre.

Si L est u n réseau, on p e u t considérer son réseau dual L * et les f a c t e u r s invariants de L d a n s L * ; ces derniers c o m p o r t e n t b e a u c o u p d'informations sur les genres et en constituent de ce fait u n invariant i m p o r t a n t .

D ' a u t r e p a r t , si K est u n corps de nombres et A son a n n e a u des entiers, alors l'extension à K d ' u n A-réseau est un espace hermitien sur K qui, grâce a u théorème de Hasse- Minkowski, est en fait u n invariant de genre. Les signatures a u x places infinies le sont alors aussi.

D a n s ce travail, nous m o n t r e r o n s que le n o m b r e de genres dont les r e p r é s e n t a n t s possèdent des facteurs invariants et des signatures donnés est fini et nous donnerons u n e m é t h o d e p o u r le calculer. La complication d u e a u cas ramifié dyadique r e n d difficile l'écriture d ' u n e formule générale explicite ; cependant, les résultats que nous obtiendrons nous p e r m e t t r o n t de trouver, de cas en cas et moyennant quelques calculs, u n e formule p o u r u n choix particulier de facteurs invariants et de signatures.

Le premier chapitre sera consacré a u x définitions générales ainsi q u ' à la description som- maire des différents outils dont nous a u r o n s besoin. Nous y définirons le genre et les facteurs invariants d ' u n réseau.

Le deuxième chapitre t r a i t e r a de l'étude globale des espaces hermitiens sur u n corps d e nombres. Nous commencerons par étudier les espaces hermitiens sur les localisés. Nous déduirons ensuite d u théorème de Hasse-Minkowski pour les formes q u a d r a t i q u e s u n e

(4)

version identique p o u r les formes hermitiennes, ce qui nous conduira naturellement au t h é o r è m e de Landherr.

D a n s le troisième chapitre, nous étudierons les liens entre l'isométrie des réseaux sur u n corps local et leurs facteurs invariants. Nous observerons t o u t d ' a b o r d que les facteurs invariants d ' u n réseau correspondent p a r f a i t e m e n t à ses décompositions de J o r d a n . Nous distinguerons ensuite trois cas possibles de corps locaux : les cas n o n ramifié, ramifié non dyadique et ramifié dyadique. Le premier cas est vraiment très facile alors q u e les complications et les difficultés techniques sont b e a u c o u p plus élevées p o u r le dernier.

Le dernier chapitre nous p e r m e t t r a de rassembler tous nos résultats et de passer d u local a u global. Nous calculerons le nombres de genres de réseaux de facteurs invariants et de signatures donnés.

Le travail se t e r m i n e r a par q u a t r e annexes qui contiennent des applications calculatoires de la théorie exposée.

D a n s la première, nous présenterons u n outil de calcul, le déterminant, qui fournit u n e aide précieuse p o u r le calcul des facteurs invariants d ' u n réseau.

D a n s les d e u x annexes suivantes, nous donnerons u n e liste explicite des genres de réseaux d a n s d e u x cas particulier : les genres de réseaux unimodulaires t o t a l e m e n t définis positifs d a n s les extensions cyclotomiques, p o u r la deuxième annexe, et les genres de réseaux de r a n g 2 sur les entiers de Gauss, p o u r la troisième. D a n s la q u a t r i è m e et dernière annexe, nous verrons q u ' u n genre ne possède pas forcément de représentant libre, en m o n t r a n t l'existence de contre-exemples p o u r certaines extensions q u a d r a t i q u e s d u corps des entiers rationnels. Nous en déduirons que leur a n n e a u des entiers n'est pas principal.

Je tiens à remercier m o n directeur de diplôme, le Professeur Jacques Boéchat, p o u r les dis- cussions enrichissantes que nous avons eues et p o u r son aide à résoudre certains problèmes particuliers. Mes remerciements vont aussi à Maurice Mischler qui m ' a proposé ce sujet et m ' a soutenu d u r a n t la p r é p a r a t i o n d u diplôme ainsi q u ' a u Professeur Henri Joris qui a accepté de relire ce travail.

Dorigny, mai 1997.

(5)

T a b l e d e s m a t i è r e s

C h a p i t r e 1. Généralités sur les corps de nombres et les formes hermitiennes , . 1

§ 1. Produits de deux anneaux de Dedekind 1

§ 2. Le théorème des facteurs invariants 5

§ 3. Places, complétions et corps de nombres 6

§ 4. Symbole et formule du produit de Hilbert 9

§ 5. Formes et modules hermitiens 10

§ 6. Réseaux et facteurs invariants 12

§ 7. Localisation de modules hermitiens sur les corps de nombres 16 C h a p i t r e 2. Equivalence de formes hermitiennes sur les corps de nombres . . . 19

§ 1. Isométrie des p-localisés : le cas décomposé 19

§ 2. Isométrie des p-localisés : le cas infini non décomposé 21

§ 3. Isométrie des p-localisés : le cas Sni non décomposé 22

§ 4. Le théorème de Hasse-Minkowski pour les formes hermitiennes 23

§ 5. Un système d'invariants pour les formes hermitiennes 24

§ 6. Représentation et isotropie 26 C h a p i t r e 3 . Isométrie de réseaux sur les corps locaux 29

§ 1. Quelques résultats sur les corps locaux 29

§ 2. Modularité et décompositions de Jordan 31

§ 3. Décompositions de Jordan saturées 34

§4. Cas d'une extension non ramifiée 36

§ 5. Cas d'une extension ramiâée non dyadique 36

§6. Cas d'une extension ramifiée dyadique : réseaux modulaires 38

§ 7. Cas d'une extension ramifiée dyadique : calcul du nombre de classes 45

§8. Cas d'une extension ramifiée dyadique : un exemple idyllique 49 C h a p i t r e 4 . Genres, facteurs invariants et signatures 53

§1. Vers un système d'invariants pour les genres 53

§ 2. Nombre de genres de facteurs invariants et de signatures donnés 55

§ 3. Formules pour le nombre de genres dans quelques cas particuliers 58

(6)

A n n e x e 1. Un outil de calcul : le d é t e r m i n a n t d ' u n réseau 59 A n n e x e 2. Réseaux unimodulaires d a n s les extensions cyclotomiques 63

A n n e x e 3 . Genres des réseaux entiers de r a n g 2 sur les entiers de G a u s s . . . . 67

A n n e x e 4 . Existence de genres ne contenant pas de réseau libre 71

B i b l i o g r a p h i e 73

(7)

C h a p i t r e 1

G é n é r a l i t é s s u r l e s c o r p s d e n o m b r e s e t l e s f o r m e s h e r m i t i e n n e s

D a n s ce premier chapitre, nous allons rappeler quelques notions qui n o u s seront utiles p a r la suite et définir ainsi le cadre d a n s lequel nous allons travailler.

Fixons t o u t d ' a b o r d quelques conventions.

Un a n n e a u sera t o u j o u r s c o m m u t a t i f et possédera toujours une unité.

D ' a u t r e p a r t , on n o t e r a volontiers p a r u n e égalité les isomorphismes canoniques entre mo- dules ou a n n e a u x et par u n e inclusion les homomorphismes canoniques injectifs d ' a n n e a u x ou de modules.

§ 1. P r o d u i t s d e d e u x a n n e a u x d e D e d e k i n d

D a n s ce premier p a r a g r a p h e , nous allons étudier le p r o d u i t de deux copies d ' u n a n n e a u de Dedekind et définir une notion de groupe d'idéaux fractionnaires p o u r ces types d ' a n n e a u x . Mais rappelons t o u t d ' a b o r d la définition et quelques propriétés des a n n e a u x de Dedekind.

O n appelle a n n e a u de Dedekind u n a n n e a u noethérien, intègre et intégralement clos tel que t o u t idéal premier non nul soit maximal.

Soit A u n a n n e a u de Dedekind. Notons K son corps des fractions.

O n dit q u ' u n sous ^ - m o d u l e o de K est u n idéal f r a c t i o n n a i r e de A s'il existe x £ K non nul tel que x o C A. O n vérifie aisément q u ' u n sous A-module a de K est un idéal fractionnaire de A si et seulement si o est de t y p e fini.

P o u r la suite d u texte, on dira idéal fractionnaire a u lieu d'idéal fractionnaire n o n nul.

Si a et b sont deux idéaux fractionnaires, on appelle produit de a et 6 le sous A-module de K engendré par { x y \ x £ a, y £ b } qui est encore u n idéal fractionnaire de A et que l'on note o - b. Il est bien connu que cette multiplication munit l'ensemble des idéaux frac- tionnaires I ( A ) d ' u n e s t r u c t u r e de groupe abélien libre a d m e t t a n t l'ensemble des idéaux premiers non nuls de A comme base.

Si a G I ( A ) et si p est u n idéal premier de A, on appelle valuation p-adique de a l'exposant de p d a n s la décomposition de a d a n s la base formée des idéaux premiers n o n nuls d e A. O n note wp(o) la valuation p-adique de a. Il est clair que vp : I ( A ) —> Z est u n h o m o m o r p h i s m e surjectif de groupes.

Si x £ K*, on écrit vp(x) au lieu de vp(xA) ce qui définit un h o m o m o r p h i s m e vp : K * —• Z.

Prolongeant v à K en posant wp(0) = oo, on obtient une application vp : K —• Z U {00}

vérifiant vp(xy) = vp(x) + vp(y) et vp(x + y) ^ m i n - j y ^ z ) , ? ^ ? / ) } , avec les conventions

(8)

usuelles sur l'usage d u symbole oo. O n obtient alors u n e valuation sur K que l'on appelle encore valuation p-adique (voir le p a r a g r a p h e 3).

Enonçons encore brièvement deux théorèmes caractérisant respectivement les modules projectifs de t y p e fini et les modules plats sur u n a n n e a u de Dedekind.

R a p p e l o n s t o u t d ' a b o r d quelques définitions et résultats.

Soit A u n a n n e a u , non nécessairement de Dedekind. Un A-module M est dit projectif s'il existe u n A - m o d u l e N tel que M © N soit libre. R e m a r q u o n s que si M est projectif de t y p e fini, on p e u t choisir u n tel N de sorte que M © N soit libre de t y p e fini.

Un A - m o d u l e M est dit plat si pour t o u t e application A-linéaire injective / : B —• C l ' h o m o m o r p h i s m e / <g> Id : M ®A B —• M ®AC induit par x ® y i—> x <g> f ( y ) est injectif.

Il est bien connu q u ' u n m o d u l e projectif et nécessairement plat.

P o u r la suite d u chapitre, projectif signifiera projectif de t y p e fini.

1 . 1 THÉORÈME. Soient A un a n n e a u de Dedekind et K son corps des fractions. Soit M un A - m o d u l e de type fini. Alors les conditions suivantes sont équivalentes :

(i) M est projectif.

(ii) M est s a n s torsion.

(iii) M est isomorphe à un sous A - m o d u l e d ' u n K - e s p a c e vectoriel V de dimension finie.

(iv) L ' h o m o m o r p h i s m e M —> M (g>A K induit p a r x i—• x ® 1 est injectif.

Preuve. La preuve se trouve d a n s [2]. L'équivalence entre (ii), (iii) et (iv) est la proposi- tion 4.1 de la page 88. L'implication de (ii) p a r (i) est claire, alors que sa réciproque est

l'assertion (b) d u théorème 13 de la page 95. •

E n particulier, t o u t idéal fractionnaire d ' u n a n n e a u de Dedekind est projectif.

1 . 2 T h é o r è m e . Soit A un a n n e a u de Dedekind. Un A - m o d u l e est p l a t si et seulement s'il est sans torsion

Preuve. Notons K le corps des fractions de A. Soit M u n A-module.

Supposons M plat. Alors l ' h o m o m o r p h i s m e canonique M —> M <S>A K est injectif et ainsi l'égalité x — x <S>1 = a x ® vérifiée pour t o u t x E M et p o u r t o u t a € A non nul, nous m o n t r e que M est sans torsion.

Réciproquement, supposons M sans torsion. Alors t o u s ses sous-modules de t y p e fini sont sans torsion donc, vu le théorème 1.1, projectifs et en particulier plats. O n conclut alors en observant q u ' u n m o d u l e est plat si t o u s ses sous-modules de t y p e fini le sont. Ce fait découle en effet de l'équivalence entre les assertions (a) et (b) d u t h é o r è m e 3, page 147,

d a n s [1]. •

Soient A u n a n n e a u de Dedekind et K son corps des fractions. E t u d i o n s l ' a n n e a u A x A.

Posons B = A x A e t E = K x K .

Considérons les h o m o m o r p h i s m e s d ' a n n e a u x 7Ti,7T2 : E —• K définis respectivement p a r tti(x, y) = x ct 7t2(x,y) = y. C h a c u n d ' e u x m u n i t K d ' u n e s t r u c t u r e de ^ - a l g è b r e que

(9)

§ 1. Produits de deux anneaux de Dedekind 3 l'on n o t e K \ et K2 respectivement. Il est clair que E ~ K \ © K2 en t a n t q u e ^ - m o d u l e . Le m ê m e p h é n o m è n e se p r o d u i t a u niveau des a n n e a u x : les h o m o r p h i s m e s 7Ti et 7r2

induisent des s t r u c t u r e s de algèbre sur A notées respectivement A i et A2. O n a aussi B = Ai © A2 c o m m e B - m o d u l e .

1 . 3 R e m a r q u e . L ' h o m o m o r p h i s m e canonique E ®B Ai —» K i induit p a r x ® y i-* iti(x)y est clairement u n isomorphisme d'algèbres sur E .

1 . 4 P r o p o s i t i o n . Soit M un B - m o d u l e de t y p e fini. Les conditions suivantes sont équivalentes :

(i) M est projectif.

(ii) L ' h o m o m o r p h i s m e M —> M ®B E induit p a r x t-» x ® 1 est injectif.

Preuve. Il suffit de vérifier que l'assertion (ii) implique l'assertion (i). C o m m e A i est projectif sur B , l'application M ®B A i —> ( M ®B E ) ®B A i est injective ; or, p a r la r e m a r q u e 1.3, ( M ®B E ) ®BAX = M ®B ( E ®B A i ) = M ®BKX = ( M ®B Ax) ®AK i ; ainsi, grâce a u t h é o r è m e 1.1, M ®B Ai est projectif sur A. Il existe alors u n /1-module N et u n entier positif n avec ( M ®B A i ) © N ot A™ c o m m e A-modules et donc aussi en t a n t q u e B - modules. O n a ainsi u n isomorphisme de 5 - m o d u l e s ( M ®BA i ) ® ( N ® A2) — A™(BA% = Bn

de sorte que M ®B Ax est B-projectif. O n m o n t r e de m ê m e que M ®B A2 est B-projectif

et on conclut en observant que M = ( M <g>B A i ) © ( M ®B A2). •

1 . 5 R e m a r q u e . Soit a u n sous fî-module de E . Alors l ' h o m o m o r p h i s m e i : o ®B E E induit p a r x ® y ^ x y est injectif. E n effet, il suffit de r e m a r q u e r q u e t o u t élément de o ®B E p e u t s'écrire sous la forme x ® y avec y £ E*.

1 . 6 DÉFINITION. On appelle idéal f r a c t i o n n a i r e de B t o u t sous B - m o d u l e a de t y p e fini de E tel q u e a ®B E = E .

Notons I { B ) l'ensemble des idéaux fractionnaires de B . Vu la proposition 1.4, t o u t idéal fractionnaire de B est projectif.

Soit a u n sous B - m o d u l e de E . P o u r 1 < i ^ 2, on a o ®B Ai C E ®B Ai = K i et on a TTi(a) = a ®B Ai via ces identifications.

1 . 7 P r o p o s i t i o n . Soit o un sous B - m o d u l e de t y p e fini d e E . Alors les conditions suivantes sont équivalentes :

(i) o est un idéal fractionnaire de B .

(ii) a ÇyB Ai et a ®B A2 sont des i d é a u x fractionnaires de A.

(iii) a fl £ * ^ 0.

Preuve. M o n t r o n s que l'assertion (i) implique (ii).

Supposons que a soit u n idéal fractionnaire de B . Soit 1 ^ i ^ 2. Alors a ®B Ai est u n sous A-module de t y p e fini de K tel que (a ®B Ai) ®A. Ki = (a ®B E ) ®E K i =

— E ®B K i — K i de sorte que o ®B Ai est u n idéal fractionnaire de A.

(10)

M o n t r o n s que (ii) implique (iii).

Supposons que a ®B Ai et a (g>B A2 soient des idéaux fractionnaires de A. Alors, p o u r t o u t 1 ^ i ^ 2, il existe x^ G a <g>B Ai C Ki non nul. Considérons x — xx + x2 G K i © K2. Alors x G a H E*. E n effet, il est clair que x G (a (g>B A i ) © (o ®B A2) — a ; de plus, grâce à l'identification E — Kx © K2, on a x — (xi, x2) qui alors est évidemment inversible.

Vérifions finalement que l'assertion (iii) implique l'assertion (i).

Supposons que a H E* ^ 0. Considérons alors x G a D E*. Si y e E , on p e u t écrire

y = x ( x ~1y ) = x ® x ~ly G a ®B E . •

Soient o, b G I { B ) . Alors le sous B - m o d u l e de E engendré p a r { x y \ x G a, y G b } est u n idéal fractionnaire de B que l'on note o • b et que l'on appelle produit de a et de b. Il est clair que c e t t e multiplication m u n i t I ( B ) d ' u n e s t r u c t u r e de monoïde c o m m u t a t i f . 1 . 8 T h é o r è m e . Le monoïde I ( B ) est un g r o u p e abélien libre de base l'ensemble des i d é a u x de la f o r m e A i © pA2 et pA\ © A2 où p est un idéal p r e m i e r non nul d e A. D e plus, l'application $ : I ( B ) —> I ( A ) x I ( A ) définie p a r $ ( o ) = (o ®B A i , a <g>B A2) est un isomorphisme.

Preuve. E n utilisant l'identification de a <S>B Ai avec 7^(0), on p e u t aisément vérifier que (0 • b) <g)B Ai = (a ®B A i ) • (b (g>B A i ) p o u r t o u t a, b G I ( B ) ce qui m o n t r e que $ est u n h o m o m o r p h i s m e de monoïdes.

Considérons \j) : I ( A ) x I ( A ) —• I ( B ) définie p a r x|/(ai. a2) = a i © a2A2. Il est clair que o $ = Id et que $ o = Id donc $ est u n e bijection et ainsi u n isomorphisme de monoïdes. Finalement I ( B ) est u n g r o u p e abélien libre de base consistant en les idéaux

de la f o r m e A i © pA2 et pAi © A2 où p est u n idéal premier n o n nul de A. • Le t h é o r è m e 1.8 nous p e r m e t de définir p o u r t o u t idéal premier non nul p de A u n e

valuation p-adique :

1 . 9 D é f i n i t i o n . Soient p u n idéal premier non nul de A et a G I ( B ) . O n appelle valuation p-adique de o le couple formé des exposants respectifs de pAi © A2 et Ai © pA2

d a n s la décomposition de a d a n s la base décrite d a n s le théorème 1.8 et on la n o t e vp(a).

Il est clair que vp : I ( B ) —» Z x Z est u n h o m o m o r p h i s m e surjectif de groupes et que, p o u r t o u t a G I ( B ) , on a fp( a ) = (%(a ®B A i ) , i ;p( a A2) ) .

E t u d i o n s encore quelques groupes d'homomorphismes.

1 . 1 0 P r o p o s i t i o n . Soient V et W deux E - m o d u l e s . P o u r 1 ^ i ^ 2, n o t o n s =

= V ®E K i et Wi = W ®E Ki. Alors H o mE( V , W ) = H o m ^ V Ï , Wx) © H o mK( V2, W2).

Preuve. C o m m e V = V!®V2 et W = W1@ W2, on & H o mB( V , W ) = 0 H o i nE{ yuW j ) . Soient 1 < i , j ^ 2. Calculons H o mE( V i , W j ) .

Si i = j , alors, V* et W\ étant des Kj-modules, on a R o mE( V i , W i ) C HomA r(Vi,Wi), l'inclusion réciproque découlant de la surjectivité de la projection 7Tj définissant l'action

(11)

§ 2. Le théorème des facteurs invariants 5 de E sur Ki. Supposons i ^ j . Considérons, par exemple, / G H o m£( V î , VF2). Soit x e Vi. Alors / ( x ) - /((i,o)x) = (i,o)/(x) = (i,o)((o,i)/(rr)) = 0 de sorte q u e / = 0. •

§ 2 . L e t h é o r è m e d e s f a c t e u r s i n v a r i a n t s

Soient A u n a n n e a u de Dedekind et K son corps des fractions.

Fixons u n i f - e s p a c e vectoriel V de dimension finie n.

E t u d i o n s plus particulièrement les relations entre deux sous-modules projectifs de V. Le résultat f o n d a m e n t a l s'appelle le théorème des facteurs invariants. C'est le théorème 81:11 d a n s [7].

2 . 1 THÉORÈME. (Théorème des facteurs invariants) Soient V un K - e s p a c e vectoriel de dimension finie n et L et M d e u x sous A-modules projectifs de V tels que L ®A K —

= M ®A K — V. Alors il existe une base xl t. . . , xn de V, des i d é a u x fractionnaires a i , . . . , O n d e A et une suite t j D ••• D t„ d ' i d é a u x fractionnaires d e A tels que L =

= d i x i © • • • © OnXn et M = a i t i X i © • • • © a n tnxn. D e plus, la s u i t e t i D • • • D tn n e

d é p e n d q u e des sous-modules L et M . •

2 . 2 D é f i n i t i o n . Reprenons les n o t a t i o n s d u théorème 2.1. Les idéaux t i , . . . , tn s'ap- pellent les f a c t e u r s invariants de M d a n s L.

Nous souhaitons étendre le théorème des facteurs invariants à l ' a n n e a u A x A. N o t o n s alors B = A x A et E = K x K . Nous allons nous ramener au cas ci-dessus.

2 . 3 T h é o r è m e . Soient V un E - m o d u l e libre de r a n g fini n, L et M d e u x sous B - m o d u l e s projectifs de type ûni de V tels que L ®B E — M ®B E = V. Alors il existe une base x \ , . . . , xn de V et des i d é a u x fractionnaires a i , . . . , an de B et une unique suite t i 3 ••• D r„ d ' i d é a u x fractionnaires de B tels q u e L = a\X\ © ••• © anxn et M = a i t j x i © • • • © antnxn.

Preuve. P o u r chaque 1 < i ^ 2, posons Vi = V ®E Ki, Li = L ®B Ai et Mi = M ®B At. Il est clair que Vi est u n i f - e s p a c e vectoriel de dimension n et que Li est u n A-module projectif. O n a Li = L ®B Ai C 7 <g>B A{ = V ®E ( E <g>B Ai) = V ®E K i = V*. De plus Li<S>AK = (L (g>s Ai) ®A. Ki = (L ®BE ) ®EK i = V <g>£Ki = V . Bien évidemment, Mi a les m ê m e s propriétés. Vu le théorème 2.1, il existe une base a ; ^ , . . . , xi i n de Vi et des idéaux fractionnaires 0 ^ 1 , . . . , ciijn et r^i D • • • D x d e A tels que Li = iXj,i © • • • © cii,n£i,n et Mi = Oi,itj,iXj,i © • • • © Cl

Mais les i f - i s o m o r p h i s m e s K \ X \ j © K2x2j —» E définis p a r a x i j + b x2j (a, b) sont en fait ^ - l i n é a i r e s de sorte que V = V <g>E (KL © K2) = (V Kx) © (V ®E K2) = Vi © V2 =

= #1®1,1 © • • - © K i Xh n © K2x2,1 © • • • © K2X2 ,n — En comme ^ - m o d u l e s .

Grâce a u x identifications correspondantes, on obtient les isomorphismes L = L ®B B =

= L (Ai © A2) = L1 © L2 = (01,1X1,1 © • • • © ah nxh n) © (03,1X2,1 © • • • ® a2,nZ2,n) -

~ ( a i , i A1© o2, i A2) © - • • © ( a i , „ A i © o2,nA2) et de m ê m e M = M ®B ( Aa© A2) = M i © M2 ~

~ (ai,1^1 © a2, i A2) ( r i , i A1 © t2,iA2) © • • • © (ax,nAi © a2,nA2)(r1,nA1 © t2,nA2) avec les

(12)

inclusions évidentes t ^ i ^ i © v2^A2 D ••• D x ^nA \ © x2,nA2, ce qui m o n t r e l'existence de la suite des tj.

P r o u v o n s m a i n t e n a n t son unicité. Soient d e u x P h a s e s de V, ai, • • •, a™, ai> • • • ) °n des idéaux fractionnaires de B et t i D ••• D xn et r'x D D x'n

d e u x suites décroissantes d ' i d é a u x fractionnaires de B tels que L = Oi^i ffi • • • © OnXn =

= a ' ^ ® - ••®a'nx'n et M = a i t ^ i © - • - © anxnxn = a i t ' ^ © - • - © o ^ r ^ . O n voit alors que Li = (ai <g>B Ai) xx © • • • © (an ®B Ai) xn et Mt = (ai • t i ®B Ai) x i © • • • © (a„ • tn ®B At) xn. Mais, p o u r t o u t 1 < j < n, 011 a ( a j • Xj) <g>B Ai = (a^ ®B Ai) • (xj ®B Ai) ; de plus il est clair que t i <g>B Ai D • • • D xn ®B Ai de sorte qu'en utilisant l'unicité des facteurs invariants de Lt d a n s Mi, on obtient Xj <g)B Ai — x'j ®B A^ Ainsi, p o u r t o u t 1 ^ j ^ n , on

a = f j {Ai © A2) = (xj ®B At) © ( t j ®B A2) = (x'j ®B A!) © Ag) = x'r • O n p e u t définir, comme d a n s le cas d ' u n a n n e a u de Dedekind, la notion de facteurs invariants :

2 . 4 D é f i n i t i o n . Reprenons les notations d u théorème 2.3. Les idéaux t i , . . . , tn s'ap- pellent également les f a c t e u r s invariants de M d a n s L.

§ 3 . P l a c e s , c o m p l é t i o n s e t c o r p s d e n o m b r e s

D a n s ce p a r a g r a p h e , nous ne prouvons a u c u n résultat et renvoyons le lecteur a u x ouvrages de Frôhlich et Taylor [2] (chapitres II.2 , II.3 et I I I . l ) et de O ' M e a r a [4] (chapitres I et II).

Soit K u n corps. O n appelle valeur absolue sur K t o u t e application /? : K —• R telle que 0 ( x ) > 0 si x ^ 0, 0(0) = 0, 0 ( x y ) = (3{x) / % ) et (3{x + y) ^ p ( x ) + / % ) p o u r t o u t x , y E K . O n dit que la valeur absolue f3 est discrète si (3(K*) est u n sous groupe discret de R*2. Notons que si /? est discrète, on a (3(x + y) < m a x { fi(x), /3(y) } p o u r t o u t x , y e K .

Deux valeurs absolues /?i et 02 sur K sont dites équivalentes si elles induisent la m ê m e topologie sur K . On appelle place de K t o u t e classe d'équivalence de valeurs absolues sur K . Si p est u n e place de K , on a deux possibilités : soit t o u t e valeur absolue de p est discrète, soit aucune valeur absolue de p ne l'est. D a n s le premier cas, on dira q u e la place p est finie alors que d a n s le deuxième cas, on parlera de place infinie. Si p est u n e place finie de K et 02 e p, alors o(P) ••= {x £ K \ p i ( x ) ^ 1} = {x e K | (52(x) < 1} est u n a n n e a u principal que l'on appelle Vanneau de valuation de K en p. Cet a n n e a u possède u n unique idéal premier donné par tti(P) — {x £ K \fii(x) < 1} = {x £ K \ / 32( x ) < 1}.

Le quotient K ^ — t>(P)/m(P) s'appelle le corps résiduel de K en p.

O n appelle valuation sur K t o u t e application v : K —• Z U {oo} telle que v ( x y ) =

= v(x) + v(y), v ( x + y) ^ min{v(a;), v ( y ) } p o u r t o u t x, y £ K et v(x) = oo si et seulement si x = 0. Toute valuation v sur K induit une famille de valeurs absolues discrètes équivalentes données par x h-> p o u r t o u t a € R avec 0 < a < 1 et définit donc u n e place finie que l'on note encore v. La réciproque est également vraie : t o u t e valeur absolue discrète sur K provient d ' u n e valuation sur K .

Soient e/ k u n e extension de corps, p u n e place de K et ty u n e place de E . O n dit que ty

(13)

§ 3. Places, complétions et corps de nombres 7 est au-dessus d e p si la restriction de t o u t e valuation de ^3 est u n e valuation de p et l'on note ^3|p. D a n s ce cas p est finie si et seulement si ty est finie.

Soient K u n corps et p u n e place de K . Alors il existe une extension K ' de K et u n e place p' de K ' telle que K est dense d a n s K ' et p o u r t o u t e valeur absolue (5 e p', on a ( K ' , 0 ) complet et 0 \K e p. De plus, cette extension ( K ' , p') est unique à isomorphisme près. O n dit q u e K ' est le complété de K en p et on note Kp p o u r K ' et p p o u r p'. Si x Ç. K , on n o t e r a xp l'image de x dans Kp par l'inclusion de K d a n s Kp.

On appelle corps local t o u t couple ( K , p) formé d ' u n corps K et d ' u n e place finie p de K telle que ( K , (3) soit complet pour t o u t (3 6 p et dont le corps résiduel est fini. Nous noterons encore p l'unique idéal m a x i m a l rri(P) de l ' a n n e a u de valuation D(P) de K . O n dit que le corps local ( K , p) est dyadique si 2 € m.(P) ou, de manière équivalente, si K{P) est d e caractéristique 2 et n o n dyadique d a n s le cas contraire.

Si K est le corps des fractions d ' u n a n n e a u de Dedekind A et p u n idéal premier de A, on identifiera p avec la place finie de K induite p a r la valuation p-adique.

Soient A u n a n n e a u de Dedekind, K son corps des fractions, E u n e extension q u a d r a t i q u e d e K et B la clôture intégrale de A d a n s E .

Soient p et ^P des idéaux premiers de K et E respectivement. Alors la place est au-dessus de p si et seulement si l'on a l'inclusion des idéaux p B C

Si p est u n e place de K , alors il existe a u moins u n e place de E au-dessus de p, mais au plus deux. O n dit que la place p se décompose ou est décomposée s'il existe exactement deux places de E au-dessus de p. D a n s le cas contraire, on dit que p est non décomposée.

Soient p u n e place finie non décomposée de K et *}3 l'unique place de E au-dessus de p.

O n est d a n s l'une des d e u x situations suivantes :

i) O n a l'égalité p B = ty2 en t a n t qu'idéaux. D a n s ce cas, on dit que p est ramifiée d a n s l'extension e/k-

ii) On a l'égalité p B = en t a n t qu'idéaux. D a n s ce cas, on dit q u e p est inerte d a n s l'extension •%-.

O n n o t e r a 1Z (resp. X) l'ensemble des places ramifiées (resp. inertes).

N o t o n s J l'ensemble des places infinies n o n décomposées de K .

O n appelle corps de nombres t o u t e extension finie d u corps Q des rationnels.

Soit K u n corps de nombres. O n appelle a n n e a u des entiers de K la clôture intégrale A de Z d a n s K . O n sait que A est u n a n n e a u de Dedekind de corps des fractions K . On appelle plongement de K t o u t h o m o m o r p h i s m e d ' a n n e a u x Q-linéaire de K d a n s C.

O n dit q u ' u n plongement f de K est réel si f ( K ) C M et complexe d a n s le cas contraire.

C o m m e l'extension k/q est séparable, il y a exactement n = d i mQK plongements de K . De plus, on p e u t les grouper en r i plongements réels f i , . . . , fr i et 2 r2 plongements complexes 9i, c o g i , . . . , a o gT2 où a est la conjugaison complexe de C. O n a alors n = r i + 2r2. Les applications x i—• \fi(x)\ et x i-> \gi(x)\ sont des valeurs absolues et définissent en fait r i + r2 places distinctes. D ' a u t r e p a r t , t o u t idéal premier p induit u n e valuation p-adique et donc u n e place que l'on n o t e r a encore p. Selon u n théorème d'Ostrowski, ces

(14)

places sont t o u t e s distinctes et que t o u t e place de K est l'une d ' e n t r e elles. Les rx + r2 places définies à l'aide des plongements de K sont infinies alors que celles induites p a r les valuations p-adiques sont finies.

Soient K u n corps de nombres, A son a n n e a u des entiers et p u n e place de K .

Si p est finie, on définit l'anneau Ap c o m m e l'adhérence d e A d a n s Kp. Alors ( Kp, p) est u n corps local d ' a n n e a u de valuation Ap. Le corps Kp s'appelle le corps des nombres p-adiques de K et l ' a n n e a u Ap l'anneau des entiers p-adiques de A. R e m a r q u o n s que Ap

est u n A - m o d u l e sans torsion, donc plat.

L'application $ : I ( A ) — I ( AP) définie par <£>(a) = a ®A Ap = a Ap est u n h o m o r p h i s m e surjectif de groupes. De plus <|>(p) est l'unique idéal premier de AP, n o t é encore p, et

<l>(q) = Ap p o u r t o u t idéal premier q de A distinct de p.

Si p est infinie, on a Kp ~ R ou Kp ~ C selon que la place p provienne d ' u n plongement réel ou complexe. O n définira alors Ap = Kp.

Soient e/ k u n e extension q u a d r a t i q u e de corps de nombres, A et S les a n n e a u x des entiers respectifs de K et E . Alors B est la clôture intégrale de A d a n s E . N o t o n s a l'unique élément n o n trivial d u groupe de Galois de l'extension e/k-

Soit p u n e place de K .

O n a alors u n isomorphisme $ : E Kp —* J^J E<$ induit p a r <£>(x ® y) = ( xv • y )v. VI p

Les m ê m e s p h é n o m è m e s se produisent a u niveau des a n n e a u x d'entiers. O n a le m ê m e isomorphisme canonique $ : B <g)A Ap —• J^J B<#.

Soit p u n e place de K . W

i) Si p se décompose et si ^Pi et sont les deux places au-dessus de p, alors E<pj =

= E<p2 = Kp, B<Pl = B<$2 = Ap et donc E <8>kKp = Kpx Kp et B ®A Ap = Ap x Ap ; de plus, avec cette identification, on a (cr <g) I d ) ( x , y ) = (y, x).

ii) Si p € J , on a Kp ~ M et E ®K Kp ~ C ; de plus, avec ces identifications, l'involution a <g> Id est la conjugaison complexe.

iii) Si p est ramifiée (resp. inerte) et si est l'idéal premier au-dessus de p, alors la place pAp est ramifiée (resp. inerte) dans l'extension q u a d r a t i q u e E v/ kp donc E ®KKP = E<p et B Ap = B<$ ; de plus, avec cette identification, a <8> Id est l'élément non trivial d u groupe de Galois de e<9/kp-

Soit p u n idéal premier non nul de A. Nous sommes alors d a n s le cadre d u p a r a g r a p h e 1 et nous pouvons considérer l'application <3/ : I ( B ) —> I { B ®aAp) définie p a r \J/(a) = o ®A Ap. C e t t e application est u n h o m o m o r p h i s m e de groupes. Si p est décomposé et si et sont les idéaux premiers de B au-dessus de p, alors, grâce a u x identifications B ®A Ap =

= BV l x = Ap x Ap, on a \J/(a) = a BV l® a B y2 et % ( ^ ( a ) ) = ( t ^ ( a ) , w%( a ) ) . D a n s le cas contraire, si îp est l'unique idéal premier au-dessus de p, alors \p(a) = aB<$ et ainsi

%(\l/(&)) = '^(ci) en utilisant cette fois l'identification B <g)A Ap = B<$.

E n particulier, si a et b sont des idéaux fractionnaires de B avec a ®A Ap = b ®A Ap p o u r t o u t e place finie p de K , on a vv( a ) = % ( b ) p o u r t o u t idéal premier n o n nul de B et donc a = b.

(15)

§ 4. Symbole et formule du produit de Hilbert 9

§ 4 . S y m b o l e e t f o r m u l e d u p r o d u i t d e H i l b e r t

4 . 1 D é f i n i t i o n . Soient K u n corps ét a, b G K*. O n définit le symbole de Hilbert (a, b)K

de a et b c o m m e é t a n t un entier égal à + 1 s'il existe u n e solution (x, y) G K2 de l'équation a x2 + by2 = 1 et égal à —1 sinon.

R e m a r q u o n s à t i t r e d'exemple que ( a , b )c = 1 p o u r t o u t a, b G C*. Si a, b G M*, alors (a, b)R vaut 1 si a > 0 ou b > 0 ; ce m ê m e symbole vaut —1 d a n s les a u t r e s cas.

Soit e/ k une extension q u a d r a t i q u e de corps de caractéristique nulle. Si 9 et 6' sont des éléments de K * tels que alors J? est u n carré et l'on a ainsi (a, 0)K = {a,0')K p o u r t o u t a e K . O n n o t e r a alors (a, e/ k ) a u lieu de ( a , d )K.

E t u d i o n s le symbole de Hilbert sur des extensions quadratiques e/ k de corps complets de caractéristique nulle.

Intéressons-nous t o u t d ' a b o r d à l'extension Soit a G R*. Il est clair q u e (a, % ) est le signe de a. L'application a (a, % ) est ainsi u n h o m o m o r p h i s m e surjectif de groupes de M* sur {±1}. Son noyau est alors R*2 = { à â \ a G C*}.

Considérons m a i n t e n a n t u n corps local ( K , p) de caractéristique nulle et E une extension q u a d r a t i q u e de K . Notons a l'unique élément non trivial d u groupe de Galois de e/k- O n a des propriétés analogues que l'on regroupe d a n s le lemme ci-dessous d o n t la preuve se trouve d a n s [7], proposition 63:13.

4 . 2 L e m m e . L'application K * —> {±1} définie p a r a h-» (o, e/ k ) est un h o m o m o r p h i s m e surjectif de groupes, d o n t le noyau est { a a ( a ) \ a G E*}. E n particulier, n o u s avons

\ K * / { a a ( a ) \ a e E*}\ = 2. O

D o n n o n s m a i n t e n a n t quelques résultats à p r o p o s des liens entre les symboles de Hilbert sur les divers localisés d ' u n corps de nombres.

Voici la f o r m u l e du produit de Hilbert, aussi connue sous le n o m de loi de réciprocité de Hilbert. Elle est prouvée d a n s [7], au chapitre VII.

4 . 3 THÉORÈME. (Formule d u p r o d u i t de Hilbert) Considérons un corps de n o m b r e s K et a, b E K . Alors (ap, = 1 p o u r p r e s q u e t o u t e place p de K e t

n = l d

p

Soient e/ k u n e extension de corps de nombres, 0 G K avec E = K { V ë ) et p une place de K . O n posera (a, e/ k )0p P = %)K P ° u r t o u t a G K .

Supposons que p est décomposée. Alors 6p est u n carré d a n s Kp. E n effet, soit une place de E au-dessus de p. O n a = 0V G E<$ de sorte q u e 6V est u n carré d a n s

Mais E<$ = Kp et, par cette identification, ôp = 6V ce qui p e r m e t de conclure.

(16)

O n a ainsi (a, e/ k )p = 1 p o u r t o u t a £ K .

Supposons p non décomposée. Soit l'unique place de E a u dessus de p. R a p p e l o n s que E<p est u n e extension q u a d r a t i q u e de Kp. O n vérifie aisément que E<$ = Kp( 9p) . O n a ainsi (a, % • ) = (ap, e^ / kv) p o u r t o u t a £ K .

La formule d u p r o d u i t de Hilbert p e u t alors se réécrire ainsi :

4 . 4 P r o p o s i t i o n . Soient e/ k une extension q u a d r a t i q u e d e corps de n o m b r e s et a £ K . Alors on a (a, e/ k )p = 1 sauf p o u r un n o m b r e fini de place p et

n w - i - a

Donnons les conditions de réalisations du symbole de Hilbert :

4 . 5 P r o p o s i t i o n . Soit e/ k une extension q u a d r a t i q u e de corps de nombres. Considérons p o u r c h a q u e place p de K un entier Ap € {±1}. Alors les conditions nécessaires et suffisantes p o u r qu'il existe a £ K tel que (a, e/ k )p = Ap p o u r t o u t e place p sont les suivantes :

(i) On a Àp = 1 p o u r t o u t e place décomposée p.

(ii) L'ensemble des places p telles que Àp = —1 est fini.

(iii) On a J | AP = 1.

p

Preuve. La nécessité découle de la proposition 4.4 et des quelques r e m a r q u e s ci-dessus.

P r o u v o n s la suffisance. Notons A l'ensemble des places p de K avec Àp = — 1. Alors A est fini et contient u n n o m b r e pair d'éléments. D ' a u t r e p a r t , t o u t p £ A est non décomposé de sorte que 9p n'est pas u n carré d a n s Kp. Vu le corollaire 71:19a d a n s [7], il existe a £ K

tel que (a, e/ k )p = — 1 si p G A et (a, e/ k )p = 1 sinon. •

§ 5 . F o r m e s e t m o d u l e s h e r m i t i e n s

Soient B C E une extension d ' a n n e a u x c o m m u t a t i f s et a u n a u t o m o r p h i s m e d ' a n n e a u involutif de E . Soit K l'anneau fixe de a , c'est-à-dire le sous-anneau de E défini p a r K = {x £ E | a ( x ) = x}. Posons A = B D K .

5 . 1 D é f i n i t i o n . Soit M u n B - m o d u l e projectif de t y p e fini.

(i) O n appelle f o r m e hermitienne sur M d a n s E t o u t e application h : M x M —» E telle que h ( x , y ) = a ( h ( y , x)) et telle que x h ( x , y ) soit S - l i n é a i r e p o u r t o u t y £ M fixé. On dit que le couple ( M , h) est u n B-module hermitien dans E . (ii) O n dit q u ' u n e forme hermitienne h sur M est non dégénérée si, y £ M é t a n t fixé,

h(x, y) = 0 pour t o u t x £ M n ' a lieu que si y = 0. D a n s ce cas, on dit que (M, h) est u n B - m o d u l e hermitien n o n dégénéré d a n s E .

(17)

§ 5. Formes et modules hermitiens 11 Si B — E , on o m e t t r a de préciser que la forme hermitienne est dans E . Si de plus B est u n corps, on parle plus volontiers d'espace hermitien sur B .

Lorsque l'involution a est l'identité de E , le t e r m e hermitien est remplacé p a r celui de qua- dratique et l'on parlera de forme, de module et d'espace quadratique. Le t e r m e hermitien est usuellement réservé a u cas où l'isomorphisme a n'est pas l'identité.

Soit ( M , h) u n S - m o d u l e hermitien d a n s E .

Alors h induit u n e application A-linéaire fa : M —• H o mB( M , E ) définie p a r fa(x)(y) =

= h ( y , x ) . Il est clair que h est non dégénérée si et seulement si fa est injective.

Notons h ( M ) — {h(x, x ) \ x E M } C K . Un élément a E K est dit représenté p a r ( M , h) si a € h ( M ) . Le m o d u l e hermitien ( M , h) d a n s E est dit universel si h ( M ) — K et isotrope s'il existe x E M non nul avec h(x, x) = 0.

Supposons ( M , h) non dégénéré. Si N est u n sous 5 - m o d u l e de M et si est non dégénérée, on dit que (N, /t|jvxw) est u n sous-module hermitien de ( M , h) q u e l'on note simplement ( N , h) ou N .

Deux 5 - m o d u l e s hermitiens ( M , h) et (N, k) d a n s E sont dits isométriques s'il existe u n isomorphisme JS-linéaire f : M N avec k ( f ( x ) , f ( y ) ) = h { x , y ) p o u r t o u t x , y E M et l'on note (M, h) ~ (N, k). Un tel / s'appelle u n e isométrie de ( M , h) sur (N, k).

Si ( N i , h i ) et (iV2, h2) sont deux 5 - m o d u l e s hermitiens d a n s E , on définit u n e forme hermitienne h i _L h2 sur N i © N2 d a n s E p a r (xx + x2, y \ + y2) h \ ( x i , yi) + h2( x2, y2).

Il est clair que h\ J_ h2 est non dégénérée si h\ et h2 sont non dégénérées. Le m o d u l e hermitien ( N i © N2, h< _L h2) s'appelle alors la s o m m e orthogonale de ( N i , h i ) et (N2, h2) et se note A^ ± N2.

Si N i et N2 sont deux sous B - m o d u l e s hermitiens de (M, h) avec M = © N2 et h ( N i , N2) = 0, on dit que M se décompose orthogonalement en N i et N2. Il est alors clair que l'application de ATi _L N2 sur M définie p a r ( n i , n2) m + n2 est u n e isométrie et l'on n o t e alors M - N i JL N2.

Soit A' u n e A-algèbre plate. Posons B ' = B ®A A' et E ' = E ®A A'. Alors a s'étend en une involution cr (g) Id de E ' que l'on n o t e encore cr. De plus les h o m o m o r p h i s m e s canoniques A' —» B ' —> E1 sont injectifs et, grâce a u x identifications qui en découlent, on a A' = {x E B ' | a (x) = x}.

Soit ( M , h) u n 5 - m o d u l e hermitien d a n s E . Alors M ' ••= M ®A A' = M ®B ( B <g>A A') =

= M ®bB ' est u n fi'-module projectif et h induit clairement u n e application A'-bilinéaire h ' : ( M A') x ( M ®A A!) —• E ' p a r (x <S> a, y ® b) h(x, y) ® ab. O n vérifie aisément que h' est u n e forme hermitienne sur M ' d a n s E ' . O n dit alors que ( M ' , h') est l'extension de ( M , h) à B ' et l'on note ( M ®B B ' , h ®B B ' ) p o u r ( M ' , h').

On a é v i d e m m e n t la transitivité de l'extension : si A" est u n e A'-algèbre plate, alors A" est u n A - m o d u l e plat. De plus, si B " •= B ®A A", on a ( ( M ®B B ' ) ®B> B ( h ®B B ' ) ®B, B " ) =

= ( M ®B B " , h ®B B " ) .

5 . 2 L e m m e . Soient A! une A-algèbre p l a t e et B ' ••= B ®A A'. Alors l'extension à B ' d ' u n m o d u l e hermitien non dégénéré est non dégénérée.

(18)

Preuve. Soit (M, h) u n B - m o d u l e hermitien non dégénéré d a n s E . R e m a r q u o n s que B ' est u n B - m o d u l e plat et n o t o n s (M7, h') son extension à B ' . Observons ensuite, en utilisant la projectivité de M , que <j> : H o mB{ M , E ) ®B B ' H o mB, ( M ®B B ' , E <g>s B ' ) défini p a r ® a i—>• {x ® b h-» 4>{x) (g> ab) est u n isomorphisme B'-linéaire. O n conclut alors en

c o n s t a t a n t que (<f>h <g> Id) est injective et que fi o (fih ® Id) = <py. • Une m a t r i c e X G Mn( E ) est dite a - h e r m i t i e n n e si = cr(Xji) p o u r t o u t i , j . Notons

H e r mn( i ? , cr) le sous-module des matrices (r-hermitiennes carrées d e dimension n.

Soient M u n B - m o d u l e libre et x \ , . . . , xn u n e B - b a s e de M .

Alors l'application qui associe à u n e forme hermitienne h sur M d a n s E la m a t r i c e ( h ( x i , x j ) ) est u n e bijection entre l'ensemble des formes hermitiennes sur M d a n s E et H e r m „ ( B , ex). Si X G Herm„(.E', cr), l'écriture ( M , h) = x ^ B © • • • © xnB ~ X signifiera que M est u n B - m o d u l e libre de base x \ , . . . , xn et que h est la forme hermitienne donnée par la m a t r i c e X .

La base dite orthogonale p o u r h si la matrice associée est diagonale. O n note alors volontiers M ~ < h ( x \ , x i ) > _L ••• _L < h ( xn, xn) > . De plus, elle est dite o r t h o n o r m é e si la m a t r i c e associée est la m a t r i c e unité.

Supposons m a i n t e n a n t que B — E et que A soit u n corps de caractéristique nulle. Soit ( M , h) u n JS-espace hermitien libre. Si x i , . . . , xn et yu . . . , yn sont deux B - b a s e s de M , alors les d é t e r m i n a n t s d e t ( h ( x i , x j ) ) et d e t ( h ( y i , y j ) ) des matrices associées sont t o u s les deux nuls ou t o u s les deux non nuls. Ils sont tous deux non nuls si et seulement si ( M , h) est non dégénéré. Si tel est le cas, ils définissent le m ê m e élément de A* j {a a (a) | a G B * } que l'on appelle le discriminant de (M, h) et que l'on note d ( M , h) ou plus simplement d M . P a r a b u s de notation, d M désignera aussi n ' i m p o r t e quel élément de A* dont la réduction m o d u l o { a a ( a ) | a G B*} donne d M a u sens strict.

Supposons que B = E soit u n corps de caractéristique nulle. Si N est u n sous-espace hermitien d ' u n espace hermitien non dégénéré ( M , h), alors le complément orthogonal de N d a n s M défini par Nx = {x G M | h(x, N ) = 0} est aussi u n sous-espace hermitien de V et l'on a M = N L N1-. E n particulier, t o u t espace hermitien a d m e t u n e base orthogonale.

Supposons que A soit u n corps d o n t B — E est une extension q u a d r a t i q u e et n o t o n s a l'unique élément d u groupe de Galois de l'extension •%. Soit ( M , h) u n espace hermitien de dimension n sur A. Définissons h' : M x M —> A par h ' ( x , y ) = \ ( h ( x , y ) + h ( y , x ) ) p o u r t o u t x, y G V. Il est clair que ( M , h') est u n espace q u a d r a t i q u e de dimension 2n sur A que l'on appelle l'espace associé à ( M , h) ou la trace de ( M , h). O n vérifie que h ( M ) = h ! ( M ) . Il est clair que les associés de deux B-espaces hermitiens isométriques sont isométriques.

§ 6 . R é s e a u x e t f a c t e u r s i n v a r i a n t s

Soient A u n a n n e a u de Dedekind et K son corps des fractions. Supposons K de ca- ractéristique nulle.

D a n s ce p a r a g r a p h e , on désignera p a r E une extension q u a d r a t i q u e de K ou l ' a n n e a u K x K . D a n s le premier cas, B sera la clôture intégrale de A d a n s E et a l'unique

(19)

§ 6. Réseaux et facteurs invariants 13 élément n o n trivial d u groupe de Galois de l'extension e/ k , alors que d a n s le deuxième cas B sera l ' a n n e a u A x A et cr(x,y) = (y, x). O n identifiera alors K (resp. A) avec la diagonale de K x K (resp. A x A). Observons que a \ b est u n e involution de B d ' a n n e a u fixe A.

6 . 1 D é f i n i t i o n . O n appelle B - r é s e a u t o u t B - m o d u l e hermitien d a n s E non dégénéré.

O n vérifie aisément que la somme orthogonale de deux B-réseaux est encore u n B-réseau.

6 . 2 DÉFINITION. Soit (L, h) u n B-réseau.

(i) O n dit que (L, h) est entier si h(L, L) C B .

(ii) O n dit que le B-réseau ( M , k) est u n sous-réseau de (L, h) si M est u n sous-module de L et si k — /i|mxm-

Il est clair q u e la A-algèbre K est plate car sans torsion. Notons que les h o m o m o r p h i s m e s canoniques B ®A K —> E et E <g>A K —» E sont des isomorphismes ce qui nous p e r m e t de considérer l'extension d ' u n B - r é s e a u à E .

Soit (L, h) u n B-réseau. Notons (V. h) son extension à E .

Supposons que E soit u n corps. Alors V est clairement libre de t y p e fini sur E . D ' a u t r e p a r t , le lemme 5.2 nous dit que (V., h) est non dégénéré de sorte que l ' h o m o m o r p h i s m e

<fih - V H o m£( y . E ) est injectif. E n c o m p a r a n t les dimensions des ^ - e s p a c e s vectoriels V et HomB(Vr, E ) , on m o n t r e alors que 4>h est u n isomorphisme.

Si E = K x K , les m ê m e s résultats sont vrais, mais nécessitent u n e preuve. Supposons alors q u e E = K x K et reprenons les n o t a t i o n s d u p a r a g r a p h e 1.

C o m m e n ç o n s p a r quelques remarques.

P o u r t o u t 1 ^ i ^ 2, notons V* = V ®B Ki et /j, = o h. Considérons x, y G V.

Ecrivons x = xx + x2 et y = y\ + y2 avec X\,y\ G Vx et x2, y2 G V2. O n a h ( x i , yx) =

= h({i,(i)xi,yi) = h ( x i , ( o , i ) y i ) = h ( x 1 (0 ) = 0 et de m ê m e h ( x2, y2) — 0. D ' a u t r e p a r t , h i ( x2, y i ) = h i ( ( o , i ) x2 >y i ) = 7ri(o,i) • h i ( x2, y i ) = 0 et aussi h2{ x i , y2) = 0. E n résumé, on obtient h ( x , y ) = h ( xx, y i ) + h ( xuy2) + h ( x2, y1) + h ( x2, y2) = ( h i ( xuy2) , h2( x2, y i ) ) . 6 . 3 L e m m e . S u p p o s o n s que E = K x K et que B = A x A. Soient (L, h) un B-réseau et (F, h) son extension à E . Alors V est un E - m o d u l e libre de r a n g fini et l'application K-linéaire (j>h • V — H o r n£, ( K E ) est un isomorphisme.

Preuve. Soit <f>\ : Vi HornA,(V"2, K ) l'application K-linéaire définie p a r <f)\(x)(y) =

= h2( y , x ) . Alors é\ est injective. E n effet, supposons par l'absurde qu'il existe x G V\

non nul tel que 4>x(x) = 0. Il existe a G K non nul avec a x G Lx et l'on a alors h(yi + y2, a x ) = a ( hx( yx, 0 ) , h2{ y2, x ) ) = a (0, <px{x){y2)) = 0 p o u r t o u t yx G Lx et y2 G L2 ce qui contredit la non dégénérescence de h sur L. O n m o n t r e de m ê m e que (j)2 : V2 —> H o mK( V i . K ) définie p a r 4>2(x)(y) = hx( y , x ) est u n e application K-linéaire injective.

(20)

Ainsi d i mKV i ^ dim^. ( H o m ^ V ^ , K ) ) — dimKV2 < d i m ^ ( H o mK( V i , K ) ) — d i mKV i de sorte que 4>i et 4>2 sont des isomorphismes if-linéaires.

Notons n = d i mK1 4 = d i m ^ . Alors V = Vi © V2 ~ © = (Kx © K2)n = En

c o m m e E - m o d u l e s , donc V est libre.

D ' a u t r e p a r t , on en déduit que <f>\ © <j)2 : V\ © V2 —> Hom^(V2, K ) © H o mj r( V i , K ) est u n isomorphisme if-linéaire. Mais <pi © 02 = 4>h moyennant l'identification de leurs images H o mK( V2, K ) © Hom/ s.(Vi, K ) = H o mK( y2 l K2) © H o mK( V ï , Kx) = H o mÊ( V , E ) donnée

p a r la proposition 1.10. Ainsi Qh est u n isomorphisme. • Reprenons le degré de généralité d u d é b u t d u p a r a g r a p h e .

E n r e g r o u p a n t nos résultats, nous avons prouvé :

6 . 4 C o r o l l a i r e . Soient (L, h) un B-réseau et (V, h) son extension à E . Alors V est un

E - m o d u l e libre de r a n g fini et h est non dégénérée s u r V. •

6 . 5 D é f i n i t i o n . Soient ( L , h ) u n B-réseau et (V,h) son extension à E . O n appelle d i s c r i m i n a n t de (L, h) le discriminant à V de (V, h) que l'on n o t e d L. On appelle rang de (L, h) le r a n g d u .E-module libre V et on le note r a n g (L, h) ou r a n g L.

Intéressons-nous à la réciproque d u corollaire 6.4.

Soient (V, h) u n E - m o d u l e hermitien libre et non dégénéré et L u n s o u s - B - m o d u l e projectif de V tel que L ®B E = V. Il est clair que h \ lxl est une forme hermitienne d a n s E . 6 . 6 P r o p o s i t i o n . Soient (V, h) un E - m o d u l e hermitien libre et non dégénéré et L un sous B - m o d u l e p r o j e c t i f de V tel q u e L ®B E = V. Alors (L, h \ ixi ) est un B - r é s e a u d o n t l'extension à E est (V, h).

Preuve. Il suffit de m o n t r e r que I i \ l x l est non dégénérée.

R e m a r q u o n s t o u t d ' a b o r d que, si x e y , il existe b E E* avec bx E L. E n effet, soit x G V. C o m m e V = L ®B E , il existe y E L et b E E avec x = by. Ecrivons b = ca avec c E B et a E E*. O n a ainsi a x — cy E L.

Soit x E L. Supposons que h(x, y) = 0 p o u r t o u t y E L. Soit z E V ; considérons a E E*

avec a z E L. On a alors h(x, z) = a ( a ) ~1h ( x , a z ) = 0 et donc, v u la non dégénérescence

de (V,h), on a x = 0. Ainsi h h x L est non dégénérée. •

Venons-en à la définition d u dual d ' u n B-réseau.

6 . 7 D é f i n i t i o n . Soient (L, h) u n B-réseau et V — L ®B E . O n appelle dual de L le sous B - m o d u l e L * de V défini p a r L * = {x E V \ h(x, L) G B } .

Le lemme suivant découle directement des définitions :

6 . 8 L e m m e . Un B-réseau (L, h) est entier si et seulement si L C. L * . •

(21)

§ 6. Réseaux et facteurs invariants 15 Soient (L, h) u n B - r é s e a u et (V, h) son extension à E .

Vu le t h é o r è m e 2.1 et le corollaire 2.3, il existe u n e E - b a s e X i , . . . , xn de V et des idéaux fractionnaires a i , . . . , an de B tels que L = aiXi © • • • © onxn. C o m m e l'application fih : V —>• H o m£( K E ) est u n isomorphisme, il existe une Z?-base • • •, yn de V duale de la base x i , . . . , xn d a n s le sens où h ( x i , y j ) = ôij. Soit x G V. Ecrivons x — Aij/iH h A nyn

avec A i , . . . , An G E . O n a alors h ( x , L ) = \ i h ( yua i x i ) + ••• + An h ( yn, anxn) =

= Aicr(ai) + • • • + Xna(On) de sorte que h ( x , L ) G B si et seulement si l'on a les in- clusions Ai o-(ai), • • •, An cr(a„) C B . Ainsi L * = a ( a i ) ~ly x © • • • © ^(an)"1?/»!-

E n résumé, nous avons prouvé :

6 . 9 P r o p o s i t i o n . Soient (L, h) un B-réseau et (V, h) son extension à E . Considérons une E - b a s e x \ , . . . , xn de V et des i d é a u x fractionnaires a i , . . . , On d e E tels q u e L =

= aiXi © • • • © anxn. Soit y i , . . . , yn base de V, duale de x i , . . . , xn d a n s le sens où h ( x i , y j ) = Alors L * = o(cii)~lyi © • • • © cr(an)'~lyn. E n particulier L * est un sous B - m o d u l e projectif de V tel q u e L * <g>s E = V et ( L * , / i |L#x L# ) est un B-réseau dont

(F, h) est l'extension à E . •

6 . 1 0 D é f i n i t i o n . Soient ( L , h ) u n B-réseau. O n appelle f a c t e u r s invariants de (L, h) les facteurs invariants de L d a n s L * .

Il est clair que d e u x réseaux isométriques ont m ê m e s facteurs invariants.

6 . 1 1 R e m a r q u e s . La proposition 6.9 nous p e r m e t i m m é d i a t e m e n t de vérifier : i) P o u r t o u t B - r é s e a u ( L , h ) , on a { L * ) * = L.

ii) Soient L et M deux B-réseaux. O n a (L ± M ) * = L * 1 M#.

iii) Si (L, h) et u n B-réseau et a est un idéal fractionnaire de B , on a ( a L ) # = a ( a ) ~lL * .

6 . 1 2 D é f i n i t i o n . Soit ( L , h ) u n B-réseau. O n dit que ( L , h ) est unimodulaire si ses facteurs invariants sont t o u s égaux à B .

R e m a r q u o n s q u ' u n B-réseau est unimodulaire si et seulement si L = L * . Définissons encore quelques invariants d'isométrie des réseaux.

6 . 1 3 D é f i n i t i o n . Soit (L, h) u n B-réseau d a n s E . O n appelle échelle (resp. norme) de ( L , h ) le sous B - m o d u l e H L (resp. M L ) de E engendré p a r h ( L , L ) (resp. h ( L ) ).

6 . 1 4 L e m m e . Soit (L, h) un B-réseau. Alors H L et M L sont des i d é a u x fractionnaires d e B et l'on a M L C H L .

(22)

Preuve. Il est clair que "HL et M L sont de t y p e fini sur B et que M L C H L .

R e m a r q u o n s qu'il existe x G L avec h ( x , x ) ^ 0 . E n effet, raisonnons p a r l'absurde.

Soient x , y G L ; posons a = h{x,y) et considérons b E K * avec ba G B . O n a alors a + cr(a) = h ( x + y , x + y) — h ( x , x ) — h ( y , y ) = 0 et 0 = h ( x + ba y, x + ba y) = 2 b a a ( a ) , de sorte que h(x, y) = 0 p o u r t o u t x , y G L, ce qui contredit le fait que (L, h) est n o n dégénérée. Ainsi h ( x , x ) G M L fl E* C H L C \ E * et le résultat découle alors des définitions

et de la proposition 1.7. •

§ 7. L o c a l i s a t i o n d e m o d u l e s h e r m i t i e n s s u r l e s c o r p s d e n o m b r e s

Soient i f u n corps de nombres, A son a n n e a u des entiers, E u n e extension q u a d r a t i q u e de i f et B la clôture intégrale de A d a n s E . O n considère l'unique élément n o n trivial a d u groupe de Galois de l'extension e/k-

Soit p u n e place de K .

Nous souhaitons étendre les modules hermitiens sur E (resp. B ) k E ®K Kp (resp.

B Ap). Les résultats d u p a r a g r a p h e 3 nous p e r m e t t e n t de nous placer d a n s le cadre d u p a r a g r a p h e 6.

Rappelons que la i f - a l g è b r e i fp et la A-algèbre Ap sont toutes deux plates car sans torsion.

Les extensions que l'on souhaite considérer ont alors u n sens et nous pouvons définir : 7 . 1 D é f i n i t i o n . Soit p une place de i f .

(i) Soit (V, h) u n espace hermitien sur E . O n appelle p-localisé de (V, h) l'extension de (V., h) k E Kp que l'on note (Vp, hp).

(ii) Soit (L, h) un B-réseau. On appelle p-localisé de (L, h) l'extension de (L, h) à B ®A Ap que l'on note (Lp, hp).

Le lemme 5.2 nous p e r m e t alors d'énoncer :

7 . 2 L e m m e . Le p-localisé d ' u n espace hermitien non dégénéré s u r E est non dégénéré.

D e même, le p-localisé d ' u n B-réseau est un ( B ®A Ap)-réseau. •

Nous sommes en mesure de donner une définition d u genre d ' u n réseau.

7 . 3 D é f i n i t i o n . Soient (L, h) et (M, k) deux B-réseaux. O n dit que (L, h) et (M, k) sont dans le m ê m e genre si, p o u r t o u t e place p de i f , les p-localisés (Lp, hp) et (Mp, kp) sont isométriques.

Il est clair que deux réseaux isométriques sont d a n s le m ê m e genre.

M o n t r o n s que deux réseaux d a n s le m ê m e genre ont les mêmes facteurs invariants.

Observons t o u t d ' a b o r d que la localisation c o m m u t e avec la prise d u dual et des facteurs invariants d a n s le sens où le d u a l d u localisé d ' u n réseau est le localisé de son d u a l et les facteurs invariants de son localisé sont les localisés de ses facteurs invariants.

Références

Documents relatifs

On conclura alors qu’il n’est possible d’effectuer qu’un nombre fini d’étapes et donc que l’algorithme termine.. Les étapes 1 et 2 ne posent pas de

Prior to OWL 2 it is difficult to model negative property assertions and, if they are contained in an ontology, difficult to understand because OWL 1 does not provide a

La multilin´ earit´ e du d´ eterminant permet de d´ evelopper l’expression pr´ ec´ e- dente, et de voir qu’il s’agit en fait d’une combinaison lin´ eaire des mineurs

An explicit formula for thé Poincaré séries of this graded algebra is given, with numerical examples for r = 2. From this formula, thé listof thé SL^Q-modules V^ x ... Un problème de

Euler, auquel Goldbach avait communiqué ce théorème, dit l'avoir vérifié pour tous les nombres plus petits que 1000 et il ajoute qu'il a examiné beaucoup de nombres plus grands

L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des

In the grizzly bear example, Lewis suggests that Deeti and Fenrong have beliefs with different contents: Fenrong's belief has for its content the property of being

• On peut définir le tenseur énergie-impulsion T αβ d'après la variation de l'action en fonction des varia- tions de la métrique, notée g αβ.. Il ne s'agit pas de raisonner