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Commande et observation des systèmes à retards variables: Théorie et applications

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Academic year: 2021

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https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00132099

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variables: Théorie et applications

Alexandre Seuret

To cite this version:

Alexandre Seuret. Commande et observation des systèmes à retards variables: Théorie et applications.

Automatique / Robotique. Ecole Centrale de Lille; Université des Sciences et Technologie de Lille

-Lille I, 2006. Français. �tel-00132099�

(2)

No d’ordre : 26

´

ECOLE CENTRALE DE LILLE

UNIVERSIT´E DES SCIENCES ET TECHNOLOGIES DE LILLE

TH `

ESE

pr´esent´ee en vue d’obtenir le grade de

DOCTEUR

Sp´ecialit´e : Automatique, G´enie Informatique et Signal par

Alexandre Seuret

Ing´enieur ´Ecole Centrale de Lille

Commande et observation des syst`

emes `

a retards variables :

th´

eorie et applications

Doctorat d´elivr´e conjointement par l’´Ecole Centrale de Lille et l’Universit´e de Sciences et Technologies de Lille Soutenue le 4 Octobre 2006 devant le jury constitu´e de :

M. J.-F. Lafay Professeur Pr´esident

´

Ecole Centrale de Nantes

M. C. Canudas de Wit Directeur de Recherche Rapporteur

Laboratoire d’Automatique de Grenoble

M. S.-I. Niculescu Directeur de Recherche Rapporteur

Laboratoire des Signaux et Syst`emes - CNRS - Sup´elec

M. W. Perruquetti Professeur Examinateur

´

Ecole Centrale de Lille

M. J.-P. Richard Professeur Directeur

´

Ecole Centrale de Lille

M. M. Dambrine Professeur Directeur

Laboratoire d’Automatique, de M´ecanique et d’Informatique Industrielles et Humaines

(3)
(4)

Table des mati`

eres

Remerciements 1

Notations 3

Introduction g´en´erale 5

1 Stabilit´e des syst`emes `a retards 9

1.1 Introduction . . . 9

1.2 Mod´elisation des syst`emes `a retards . . . 12

1.2.1 Les syst`emes de type retard´e . . . 12

1.2.2 Syst`emes de type neutre . . . 12

1.2.3 Mod`eles lin´eaires invariants `a retards discrets . . . 13

1.2.4 Mod`eles non lin´eaires, non stationnaires . . . 14

1.2.5 Mod`eles de retards . . . 15

1.3 Stabilit´e des syst`emes `a retards par la seconde m´ethode de Lyapunov . . . 16

1.3.1 Seconde m´ethode de Lyapunov . . . 16

1.3.2 Approche par fonctions de Razumikhin . . . 17

1.3.3 Approche par fonctionnelles de Krasovskii . . . 18

1.3.4 Extensions des th´eor`emes de Lyapunov . . . 19

1.3.5 Deux transformations sur le mod`ele . . . 19

1.3.6 Stabilit´e asymptotique des syst`emes `a retards major´es . . . 20

1.3.7 Stabilit´e asymptotique des syst`emes `a retards born´es . . . 21

1.4 Conclusion . . . 22

2 Stabilit´e exponentielle des syst`emes lin´eaires 25 2.1 Pr´eliminaires . . . 25

2.2 Cas des retards constants . . . 26

2.3 Cas des retards variables major´es . . . 28

2.3.1 Stabilit´e exponentielle . . . 28

2.3.2 Exemple de comparaison . . . 34

2.3.3 Application au cas des retards multiples . . . 35

2.3.4 Application `a la stabilisation exponentielle . . . 38

2.3.5 Stabilisation `a coˆut quadratique garanti . . . 42 3

(5)

2.3.6 Optimisation de l’ensemble des conditions initiales admissibles . . . 45

2.4 Cas des retards variables born´es . . . 45

2.4.1 Etude de la stabilit´e . . . 46

2.4.2 Stabilisation des syst`emes lin´eaires . . . 50

2.4.3 Exemple . . . 52

2.5 Cas particulier des syst`emes neutres `a retard constant . . . 53

2.5.1 Stabilit´e exponentielle . . . 53

2.5.2 Exemple . . . 54

2.6 Conclusion . . . 55

3 Stabilit´e des syst`emes non lin´eaires `a retards 57 3.1 Introduction . . . 57

3.2 Syst`emes affines en l’entr´ee . . . 58

3.2.1 Notations et formulation du probl`eme . . . 58

3.2.2 Transformations du syst`eme initial . . . 58

3.2.3 Exemple du pendule et du chariot . . . 59

3.3 Approches par mod`eles polytopiques . . . 61

3.3.1 Pr´esentation du probl`eme . . . 61

3.3.2 Stabilit´e exponentielle . . . 62

3.3.3 Stabilisation exponentielle de syst`emes polytopiques . . . 65

3.3.4 Exemple . . . 67

3.3.5 Conclusion . . . 67

3.4 Stabilisation exponentielle robuste . . . 68

3.4.1 Pr´esentation du probl`eme . . . 68

3.4.2 Stabilit´e exponentielle de syst`emes soumis `a des incertitudes . . . 68

3.4.3 Application `a la stabilisation exponentielle . . . 74

3.4.4 Exemples . . . 78

3.4.5 Conclusion . . . 79

3.5 Introduction `a la commande satur´ee . . . 80

3.6 Approche polytopique pour l’´etude des syst`emes `a entr´ee satur´ee et retard´ee . . . 81

3.6.1 Syst`emes `a entr´ee satur´ee et retard´ee . . . 81

3.6.2 R´esultats pr´eliminaires . . . 82

3.6.3 Stabilisation Locale . . . 83

3.6.4 Exemple . . . 84

3.6.5 Conclusion . . . 84

3.7 Syst`emes `a entr´ee satur´ee et `a ´etat retard´e . . . 85

3.7.1 Position du Probl`eme . . . 85

3.7.2 Conditions de stabilit´e . . . 86

3.7.3 Etude du cas retard´e . . . 89

3.7.4 Optimisation des r´esultats . . . 92

3.7.5 Exemples . . . 93

(6)

TABLE DES MATI `ERES 5

3.8 Conclusion . . . 95

4 Syst`emes `a entr´ee ´echantillonn´ee 97 4.1 Introduction . . . 97

4.2 Une approche fr´equentielle . . . 98

4.2.1 Condition n´ecessaire et suffisante de stabilit´e . . . 98

4.2.2 Cas du double int´egrateur . . . 100

4.2.3 Une premi`ere approche par retard variable . . . 100

4.3 Une approche par retard variable . . . 101

4.3.1 Stabilit´e d’un syst`eme `a entr´ee ´echantillonn´ee . . . 102

4.3.2 Etude de la robustesse . . . 104

4.3.3 Stabilit´e d’un syst`eme neutre `a entr´ee ´echantillonn´ee retard´ee . . . 105

4.3.4 Stabilisation exponentielle . . . 106

4.3.5 Stabilisation des syst`emes `a entr´ee satur´ee et ´echantillonn´ee . . . 108

4.4 Conclusion . . . 111

5 Observation des syst`emes `a retards 113 5.1 Introduction . . . 113

5.2 Observation de syst`emes `a retards connus . . . 114

5.2.1 Pr´esentation du probl`eme . . . 114

5.2.2 Retard connu sur l’´etat et la sortie . . . 114

5.2.3 Conclusion . . . 115

5.3 Observation de syst`emes `a retards inconnus . . . 115

5.3.1 Introduction . . . 115

5.3.2 Observateurs `a modes glissants . . . 116

5.3.3 Retour de sortie sur la partie non-mesurable . . . 121

5.4 α−stabilit´e des observateurs `a modes glissants . . . 125

5.4.1 Observateur α−stable . . . 125

5.4.2 Observateur `a retour de sorties . . . 127

5.5 Exemples . . . 129

5.5.1 Exemple 1 . . . 129

5.5.2 Exemple 2 . . . 130

5.6 Conclusion . . . 132

6 Applications 135 6.1 Etude de la barre de torsion . . . 135

6.2 Application `a la t´el´e-op´eration . . . 137

6.2.1 Introduction . . . 137

6.2.2 Conception de la commande du syst`eme . . . 141

6.2.3 Application au cas d’un robot mobile . . . 149

6.2.4 Conception informatique . . . 150

6.2.5 Conclusion . . . 153

(7)

6.3.1 D´eplacement motoris´e d’un chariot . . . 153

6.3.2 Mod`ele du syst`eme `a commander . . . 154

6.3.3 Syst`eme de vision artificielle . . . 154

6.3.4 Utilisation d’un observateur pr´edicteur . . . 155

6.3.5 Validation exp´erimentale . . . 156

6.3.6 Conclusion . . . 158

6.4 Commande retard´ee d’un pendule inverse . . . 159

6.4.1 Position du probl`eme . . . 159

6.4.2 Mod´elisation sous forme syst`emes de param`etres incertains . . . 160

6.4.3 Etude de la stabilisation du pendule inverse . . . 161

6.4.4 R´esultats . . . 162

6.4.5 Conclusion . . . 162

6.5 Conclusion . . . 162

Conclusion 164 A In´egalit´es matricielles lin´eaires 165 A.1 D´efinitions et notations . . . 165

A.2 Programmation semi-d´efinie . . . 165

A.3 Les th´eor`emes classiques . . . 166

B Commande d’un pulv´erisateur [3] 167 B.1 Introduction . . . 167

B.2 Description of the system . . . 168

B.3 Modelling of the system . . . 168

B.4 Control law . . . 170

B.5 Stability analysis . . . 171

B.6 Implementation . . . 177

B.7 Conclusions . . . 178

C Contrˆole d’un moteur par capteur visuel [20] 179

D Observateurs `a modes glissants et observateurs d’Utkin 191

(8)

Remerciements

Le travail que nous pr´esentons dans ce m´emoire a ´et´e effectu´e au LAGIS sous la direction de Monsieur Jean-Pierre Richard, Professeur `a l’Ecole Centrale de Lille et de Monsieur Michel Dambrine, Professeur au LAMIH.

Je tiens `a remercier tr`es vivement Monsieur Jean-Pierre Richard et Monsieur Michel Dambrine de m’avoir accept´e dans leur ´equipe, de leur enthousiasme envers mon travail, de leur disponibilit´e. Les judicieux conseils qu’ils m’ont prodigu´es tout au long de ces trois ann´ees de th`ese m’ont permis de progresser dans mes ´etudes et d’achever ce travail dans les meilleures conditions.

Je suis tr`es honor´e que Monsieur Carlos Canudas de Witt, Directeur de Recherche CNRS au Laboratoire d’Automatique de Grenoble et Monsieur Silviu-Iulian Niculescu, Directeur de Recherche CNRS `a l’Heudiasyc aient accept´e de rapporter mon travail.

Je tiens aussi `a assurer de ma reconnaissance Monsieur Jean-Fran¸cois Lafay, Professeur `a l’IRCYN, qui a accept´e de juger mon travail.

Je suis aussi tr`es reconnaissant `a Monsieur Wilfrid Perruquetti, Professeur `a l’Ecole Centrale de Lille, pour avoir accept´e d’examiner mon travail. Je tiens aussi `a le remercier, pour tous les conseils et avis qu’il m’a donn´es lors de nos nombreuses discussions.

C’est avec sympathie que je souhaite t´emoigner ma reconnaissance `a Monsieur Thierry Floquet, Charg´e de Recherche au CNRS et au LAGIS pour la pertinence de ses remarques et ses conseils et `a Jan Anthonis, Docteur `

a l’Universit´e de Leuven en Belgique, pour les nombreuses discussions et collaborations que nous avons eu tout au long de mon doctorat.

J’aimerai exprimer aussi toute ma gratitude envers tous les membres du LAGIS pour leur sympathie. Ils ont rendu tr`es agr´eables ces trois ann´ees. Je pense particuli`erement `a Philippe Vanheeghe, Professeur `a l’Ecole Centrale de Lille et Directeur du LAGIS, mais aussi Hilaire, Gilles, Bernard, Jacques, Brigitte, R´egine et Patrick. Bien sˆur je souhaite aussi remercier les doctorants qui sont devenus plus que des coll`egues de travail. Un grand merci `a Romain, Nima, Fran¸cois, Micha¨el, Mohammed, Afzal, Emmanuel et tous les autres.

Je souhaite aussi dire un grand merci `a tous mes amis Lillois, Parisiens, Seine-et-Marnais et tous les autres pour leur soutien.

Je terminerai cet avant-propos en remerciant chaleureusement ma famille, St´ephane et Agn`es pour leur implication dans mes choix tant au niveau professionnel que personnel, et bien sˆur ma m`ere qui m’a ´enorm´ement soutenu. Je voulais aussi remercier le petit Eliott et la petite Camille pour leurs nombreux et chaleureux sourires.

(9)
(10)

Notations

Notations relatives aux ensembles : – R : ensemble des nombres r´eels – C : ensemble des nombres complexes – R+ : ensemble des nombres r´eels ou nuls

– Rn : espace vectoriel de dimension n construit sur le corps des r´eels.

– [a, b] : intervalle ferm´e de R d’extr´emit´es a et b – ]a, b[ : intervalle ouvert de R d’extr´emit´es a et b – [a, b[ : intervalle semi-ferm´e de R d’extr´emit´es a et b

– Nr={1, ..., r} : ensemble des r premiers nombres entiers positifs

C = C([−τ, 0]; Rn) ensemble des fonctions continues de [

−τ, 0] dans Rn

– xt∈ C est d´efinie par xt(θ) = x(t− θ), ∀θ ∈ [−τ, 0]

C1=

C1([

−τ, 0]; Rn) ou

C1(Rn) : ensemble des fonctions continˆument diff´erentiables de [

−τ, 0] dans Rn

– D : sous-ensemble de Rn

C(D) : sous-ensemble de C d´efini par C(D) = {φ ∈ C : φ(θ) ∈ D, ∀θ ∈ [−τ, 0]}|.| : valeur absolue d’un nombre r´eel ou module d’un nombre complexek.k : une norme sur Rn

k.kC : norme surC d´efinie par ∀φ ∈ C : kφkC = supθ∈[−τ,0]{kφ(θk)} – t∈ R+ : variable temporelle

(11)

– x = [x1, ..., xn]∈ Rn : vecteur d’´etat instantan´e

– ˙x(t) = dx

dt : d´eriv´ee temporelle de l’´etat x

– x(i) : i`eme d´eriv´ee de x par rapport au temps

Notations relatives aux vecteurs : – xT : transpos´e du vecteur x

kxk : norme Euclidienne de x Notations relatives aux matrices

– [aij] : matrice dont le coefficient de la ieme` ligne et jeme` colonne est aij

– AT : transpos´e de la matrice A

kxk : norme Euclidienne de x

– A < B (resp. A > B) : signifie que A− B est une matrice d´efinie n´egative ( resp. d´efinie positive) – kAk : norme Euclidienne de la matrice A

– In : matrice identit´e de Rn×n

kAkeo`u A est une matrice carr´ee est le plus grand module des valeurs propres de la matrice A.

– λmin(A), o`u A est une matrice sym´etrique, est la plus petite valeur propre de A.

– λmin(A), o`u A est une matrice carr´ee est la plus petite de valeur absolue de la partie r´eelle des valeurs

(12)

Introduction g´

en´

erale

Ce travail de doctorat a ´et´e pr´epar´e au sein de l’´equipe SyNeR 1 (Syst`emes Non lin´eaires et `a Retards) du

Laboratoire d’Automatique, G´enie Informatique et Signal (LAGIS, UMR CNRS 8146). Mon travail de recherche s’inscrit dans le cadre du projet ROBOCOOP2, soutenu par le Conseil R´egional Nord-Pas de Calais et l’Union Europ´eenne. Ce projet concerne le d´eveloppement de robots autonomes et collaboratifs. Un robot autonome est un syst`eme automoteur, disposant `a la fois de moyens de traitement de l’information permettant une capacit´e d´ecisionnelle suffisante et de moyens mat´eriels adapt´es, de fa¸con `a pouvoir ex´ecuter, sous contrˆole humain r´eduit, un certain nombre de tˆaches pr´ecises, dans un environnement variable non compl`etement connu `a l’avance. Ces robots autonomes devront r´ealiser une action commune. Cette collaboration suppose un partage de tˆaches et d’informations, ce qui implique la pr´esence d’un r´eseau de communication. Les objectifs principaux du projet ROBOCOOP sont de proposer et de mettre en œuvre des outils pour la mod´elisation, l’analyse et la synth`ese de lois de commande sp´ecifiques `a la coop´eration de robots distants.

Dans ce m´emoire, l’accent va ˆetre port´e sur l’analyse des probl`emes apparaissant dans les communications entre les diff´erents agents coop´erants et le d´eveloppement de solutions d´edi´ees. La principale difficult´e rencontr´ee pour ce type de probl`emes est l’existence de retards induits par la transmission des informations. En outre — difficult´e suppl´ementaire,— pour diff´erentes raisons comme la variation de la distance s´eparant les robots mo-biles, les valeurs de ces retards sont fonction du temps. Mon travail de recherche est consacr´e au d´eveloppement d’outils d’analyse et de synth`ese de lois de commande qui s’appliquent aux syst`emes `a retards variables de lois connues ou non.

Consid´erons l’exemple d’une flotte de N robots coop´erants. Pour repr´esenter son ´evolution, on peut suivre l’hypoth`ese classique dans la mod´elisation math´ematique qui suppose que le comportement futur peut ˆetre caract´eris´e uniquement `a l’instant pr´esent (not´e t) par un vecteur x(t) appartenant `a un espace vectoriel de dimension finie Rn. On appelle alors x(t) le vecteur d’´etat de l’ensemble des robots se d´epla¸cant dans un

espace donn´e. Ce vecteur x(t) rend compte de l’´etat de chacun des N robots pris individuellement, c’est-`a-dire x(t) = [x1(t), ..., xi(t), .., xN(t)]. La composante xi(t) du i`emerobot contient notamment sa position et sa vitesse.

L’´evolution de l’´etat de chacune des entit´es est alors d´ecrite par le syst`eme d’´equations :

∀i = 1, .., N, ˙xi(t) = f (x1(t), ..., xi(t), .., xN(t)). (I)

Pour de nombreux syst`emes, l’hypoth`ese d’un mod`ele `a ´etat de dimension finie (I) n’est plus valable. Dans l’exemple pr´ec´edent, les retards induits par le r´eseau de communication impliquent que cette repr´esentation est

1

Le site de l’´equipe SyNeR est disponible sur http ://syner.free.fr/

2

Le site du projet ROBOCOOP est disponible sur http ://syner.ec-lille.fr/robocoop/

(13)

peu r´ealiste. En effet, les informations provenant des autres robots ne parviennent qu’un certain laps de temps apr`es leur ´emission. Cette situation conduit alors `a modifier le syst`eme (I) en un syst`eme plus complexe :

∀i = 1, .., N, ˙xi(t) = f (x1(t− τ1), ..., xi−1(t− τi−1), xi(t), xi+1(t− τi+1), .., xN(t− τN)). (II)

Les retards de transmission τid´ependent souvent du temps t et sont fr´equemment la cause d’une d´egradation

de performances.

Plus g´en´eralement, les syst`emes `a retards (ou “h´er´editaires”) sont des syst`emes dont la dynamique ne d´epend plus uniquement de la valeur du vecteur x exprim´ee `a l’instant pr´esent t, mais aussi des valeurs pass´ees de x(t) prises sur un certain horizon temporel. Les ´equations diff´erentielles “d´ecrivant” l’´evolution du syst`eme d´ependent de xi(t− τi), avec τi ≥ 0. Dans ce cas, l’´etat `a l’instant t est “d´ecrit” par une fonction, not´ee xt,

d´efinie sur l’intervalle [−τ, 0]. Cette fonction xt repr´esente ainsi un ´etat distribu´e et non plus localis´e dans le

temps. On retrouve de tels exemples de syst`emes dans une multitude de domaines (chimie, biologie, transport, communication, m´ecanique, m´ecanique des fluides,...). Remarquons que les syst`emes “`a ´etats de dimension finie” ne sont finalement en pratique que des mod`eles simplifi´es de syst`emes `a ´etat fonctionnel.

L’analyse de la stabilit´e des syst`emes `a retards peut ˆetre men´ee `a l’aide de techniques issues de la seconde m´ethode de Lyapunov. Dans la litt´erature, on trouve de nombreux r´esultats concernant des retards constants ou variables, simples ou multiples. La pertinence des conditions obtenues d´epend du type de syst`emes consid´er´e, du domaine d’application, mais aussi de leur conservatisme. Bien que focalis´e sur l’aspect retard, l’objectif de ce m´emoire est multiple. Il s’agit principalement de :

– d´eterminer des lois de commande stabilisante garantissant certaines caract´eristiques (bornes de retards admissibles, performances en stabilit´e/stabilisation, robustesse) ;

– d´eduire ´egalement des techniques de reconstruction d’´etat (avec le mˆeme type de caract´eristiques) ; – trouver des situations concr`etes dans lesquelles ces m´ethodes montrent leur int´erˆet ;

– contribuer `a la r´eduction du conservatisme des th´eor`emes et `a les utiliser pour r´esoudre des probl`emes exp´erimentaux.

Le premier chapitre de ce m´emoire est consacr´e `a la pr´esentation de bases th´eoriques sur les syst`emes `a retards. On y pr´esentera les principaux outils pour l’´etude de la stabilit´e ou de la stabilisation asymptotique bas´es sur les extensions aux syst`emes `a retards de la th´eorie des fonctions de Lyapunov.

Le deuxi`eme chapitre traite du probl`eme th´eorique de la stabilit´e et de la stabilisation exponentielles des syst`emes lin´eaires `a retards. Nous pr´esenterons diverses m´ethodes qui assurent non seulement la convergence mais aussi une certaine rapidit´e de convergence.

Le troisi`eme chapitre porte sur l’extension des r´esultats propos´es au chapitre pr´ec´edent `a deux classes de syst`emes non lin´eaires `a retards. En particulier, on consid´erera les deux probl`emes pratiques de l’incertitude provenant de l’identification de param`etres et la saturation de commande.

Dans le quatri`eme chapitre, on proc`ede `a l’´etude des syst`emes continus `a commande ´echantillonn´ee. Une approche par retard variable est propos´ee qui permet d’utiliser les approches classiques des syst`emes `a re-tards au cas des syst`emes ´echantillonn´es. L’objectif pratique de ce chapitre est d’´etudier qualitativement et quantitativement l’effet de la p´eriode d’´echantillonnage sur le comportement asymptotique des solutions.

(14)

Introduction g´en´erale 7 Le cinqui`eme chapitre concerne l’observation des syst`emes `a retards. Nous pr´esentons des r´esultats concer-nant le cas, fr´equent dans la litt´erature, de retards connus mais aussi le cas, plus d´elicat, des retards inconnus. Le dernier chapitre pr´esente quelques probl`emes exp´erimentaux pour lesquels les r´esultats th´eoriques pr´esent´es tout au long de ce m´emoire trouvent finalement leur justification. En effet les retards ou les ´echantillonnages apparaissent fr´equemment sur des plates-formes exp´erimentales. Nous nous pencherons particuli`erement sur le probl`eme de la commande d’un robot `a distance et `a travers un r´eseau internet , celui de la commande d’un pendule 2D dont les informations de sortie proviennent d’un capteur visuel induisant un retard et un ph´enom`ene d’´echantillonnage et `a la synth`ese d’une loi de commande qui stabilise un pendule invers´ee malgr´e la pr´esence d’un retard variable en entr´ee.

(15)
(16)

Chapitre 1

Stabilit´

e des syst`

emes `

a retards

1.1

Introduction

Les ph´enom`enes de retard apparaissent naturellement dans la mod´elisation de nombreux processus physiques. La biologie, l’´ecologie, les sciences de l’ing´enieur ou les t´el´ecommunications sont des domaines o`u interviennent des ´equations diff´erentielles dont l’´evolution d´epend non seulement de la valeur de leurs variables `a l’instant pr´esent t, mais aussi d’une partie de leur “histoire”, c’est-`a-dire des valeurs `a un instant t′ < t. Ces ´equations

diff´erentielles sont ainsi dites “h´er´editaires” ou “`a arguments (ici temporels) diff´er´es” ou plus simplement ”`a retard”.

En sciences de l’ing´enieur, on constate que la plupart des commandes actuellement implant´ees le sont sur des calculateurs num´eriques. Par cons´equent, mˆeme si un processus `a r´eguler ne contient pas de retard intrins`eque, bien souvent des retards apparaissent dans la boucle de commande par l’interm´ediaire des temps de r´eaction des capteurs ou des actionneurs (1), des temps de transmissions des informations (2) ou des temps de calculs (3). La Figure 1.1 permet de localiser les lieux o`u apparaissent ces retards. Ces retards peuvent quelquefois ˆetre n´eglig´es, mais lorsque leur taille devient significative au regard des performances temporelles du syst`eme (dynamiques en boucles ouverte et ferm´ee) il n’est plus possible de les ignorer. On retrouve ici la probl´ematique classique de la “dynamique des actionneurs”, mais avec une complexit´e suppl´ementaire provenant, nous le verrons, de la nature des ´equations des syst`emes h´er´editaires.

Fig.1.1 – Illustration de la provenance des retards dans une boucle de contrˆole. 9

(17)

Par ailleurs, les commandes implant´ees ne peuvent ˆetre vues comme des fonctions continues du temps du fait que le calculateur travaille avec une fr´equence limit´ee. Le temps d’´echantillonnage correspond ainsi au temps n´ecessaire aux calculateurs et aux convertisseurs analogique-num´erique pour passer d’une valeur `a la suivante. L’impact des p´eriodes d’´echantillonnage sur les performances d’un processus doit ´egalement ˆetre ´evalu´e. De plus la p´eriodicit´e de l’´echantillonnage n’est qu’une premi`ere approximation, qui ne peut pas ˆetre fond´ee dans le cas d’un processus `a dynamiques rapides command´e par un syst`eme temps r´eel. Dans ce cas, l’ordonnancement des tˆaches peut aussi cr´eer des variations de cadence non n´egligeables. Ici encore, une garantie des performances est souhaitable. Nous aborderons ce point au Chapitre 4.

Exemple d’un processus command´e par retour visuel

Consid´erons un premier exemple de syst`eme o`u le retard apparaˆıt dans la boucle de commande. Le d´evelop-pement des technologies dans le domaine de l’imagerie a motiv´e l’utilisation de cam´eras comme capteurs ([83], Chapitre 1). La Figure 1.2 est un exemple de plateforme exp´erimentale disponible au LAGIS [19], [20].

Fig.1.2 – Syst`eme `a retour visuel

Il s’agit d’un pendule invers´e dont le point bas se d´eplace sur le plan horizontal. Sur le point haut de la barre du pendule sont dispos´es des ´emetteurs reconnus par la cam´era. Dans une premi`ere phase, les informations ´echantillonn´ees issues du capteur cam´era doivent ˆetre interpr´et´ees et modifi´ees en vue de d´elivrer des donn´ees utilisables par le contrˆoleur. Cette op´eration n´ecessite des temps de calcul non n´egligeables qui introduisent des retards dans la boucle de commande. La Figure 1.3a pr´esente une mod´elisation de cette partie. La Figure 1.3b montre la diff´erence entre la sortie r´eelle mais indisponible y et la sortie retard´ee et ´echantillonn´ee z.

Il est ´evident que l’utilisation de la sortie z peut poser des probl`emes dans le calcul de la commande. On en d´eduit la n´ecessit´e de l’analyse de ces syst`emes et de trouver des solutions garantissant un meilleur contrˆole. Nous reviendrons sur cet exemple dans le Chapitre 6 o`u une solution a ´et´e d´evelopp´e en collaboration avec A. Chamroo [20].

Exemple d’un syst`eme command´e `a travers un r´eseau de communication

Dans un autre registre, le contrˆole `a distance est un moyen de r´ealiser sans danger des tˆaches en envi-ronnement hostile (d´eminage, d´epollution par exemple), d’admettre des utilisateurs d´elocalis´es (enseignement, chirurgie...) ou encore de faire collaborer plusieurs applications d’un syst`eme informatique distribu´e. Bien-sur, le

(18)

1.1. INTRODUCTION 11

+ =

=

Fig.1.3 – Sortie du pendule 2D [19]

transfert informatique des donn´ees (capteurs ou commande) par le r´eseau n´ecessite l’´echantillonnage des sorties capteur et des commandes g´en´er´ees. Il faut ajouter `a cela l’apparition de retards intervenant dans une ligne de communication [14], [107], [134] et [135]. Dans des communications `a travers un r´eseau internet, ces retards sont g´en´eralement variables et constituent un facteur non n´egligeable de d´egradation des performances.

Le nombre croissant d’articles concernant la commande de syst`emes en r´eseau (“Networked Control System-s”) montre l’int´erˆet port´e `a ce domaine1. Cette probl´ematique pose des probl`emes dans l’analyse de la stabilit´e

d’un syst`eme tel que le syst`eme Maˆıtre-Esclave pr´esent´e Figure 1.4. C’est pourquoi le probl`eme de la commande `

a distance constitue un enjeu actuel de l’automatique des syst`emes `a retards. Il sera ´egalement l’objet d’une ´etude au Chapitre 6.

E

E

s

s

c

c

l

l

a

a

v

v

e

e

R Réésseeaauuiinntteerrnneett Echantillonnage

M

M

a

a

i

i

t

t

r

r

e

e

Echantillonnage

Fig. 1.4 – Syst`eme command´e `a distance

Ce m´emoire concerne la stabilit´e, la commande et l’observation des syst`emes `a retards ainsi que quelques unes des applications qui en d´ecoulent. La suite de ce premier chapitre s’articule en deux parties visant `a situer nos travaux fondamentaux dans un cadre relativement g´en´eral.

La partie 1.2 est consacr´ee `a la mod´elisation. Nous y pr´esenterons les diff´erentes classes de syst`emes et de retards que l’on rencontre dans la litt´erature.

1

(19)

La partie 1.3 concerne les approches de type Lyapunov et rappelle quelques r´esultats concernant la stabilit´e des syst`emes `a retards. Ces m´ethodes r´ecentes permettent de r´eduire le conservatisme inh´erent `a cette approche (conditions suffisantes et non n´ecessaires) et de prendre aussi en compte le fait que le retard est une fonction variant dans le temps.

1.2

Mod´

elisation des syst`

emes `

a retards

Dans cette partie, nous allons pr´esenter les diff´erents types de syst`emes `a retards rencontr´es dans la litt´erature. Nous n’exposerons pas le probl`eme de Cauchy associ´e aux diff´erents classes de syst`emes, initialement ´etudi´e par Mishkis [108]. Le lecteur se r´ef´erera aux ouvrages [10], [85] ou [126] sur les conditions d’existence et d’unicit´e des solutions.

1.2.1

Les syst`

emes de type retard´

e

Comme nous l’avons dit, les syst`emes retard´es sont des syst`emes dynamiques r´egis par des ´equations diff´erentielles fonctionnelles portant `a la fois sur des valeurs pr´esentes et pass´ees du temps. Si nous suppo-sons que la d´eriv´ee du vecteur d’´etat peut ˆetre explicit´ee `a chaque instant t, de tels syst`emes sont r´egis par des ´equations diff´erentielles de la forme :

       ˙x(t) = f (t, xt, ut), xt0 = φ(θ) pour θ∈ [t0− τ, t0], ut0 = ζ(θ) pour θ∈ [t0− τ, t0], (1.2.1)

o`u τ > 0 et les fonctions xtet ut sont d´efinies par (notation de Shimanov, [137]) :

xt : ( [−τ, 0] → Rn, θ7→ xt(θ) = x(t + θ), (1.2.2) ut : ( [−τ, 0] → Rn, θ7→ ut(θ) = u(t + θ). (1.2.3) Nous noterons par la suite C = C0([

−τ, 0], Rn) l’ensemble des fonctions continues de [

−τ, 0] dans Rn.

La fonction xt ∈ C repr´esente l’´etat du syst`eme `a l’instant t, utest l’entr´ee (commande et perturbations2) du

syst`eme. Les conditions initiales φ et ζ `a l’instant t0 sont des fonctions de [t0− τ, t0] vers Rn et suppos´ees

continues par morceaux.

Les syst`emes h´er´editaires appartiennent donc `a la classe des syst`emes de dimension infinie ou syst`emes fonctionnels.

1.2.2

Syst`

emes de type neutre

Les syst`emes neutres sont aussi des syst`emes h´er´editaires. La diff´erence avec le cas des syst`emes retard´es vient des arguments du champ de vecteur f , qui, cette fois-ci, font aussi intervenir la d´eriv´ee de l’´etat xtet, par

cons´equent, des d´eriv´ees retard´ees de x(t). On les repr´esente alors par des ´equations diff´erentielles de la forme :

2

Les perturbations peuvent aussi ˆetre mod´elis´ees par la pr´esence du premier argument de la fonction f , sous forme d’un syst`eme

(20)

1.2. MOD ´ELISATION DES SYST `EMES `A RETARDS 13        ˙x(t) = f (t, xt, ˙xt, ut), xt0 = φ(θ) pour θ∈ [−τ, 0], ut0 = ζ(θ) pour θ∈ [−τ, 0]. (1.2.4)

La pr´esence de l’argument ˙xtrend l’analyse de ces syst`emes plus complexe. Une autre formulation possible

est celle d´efinie par Hale et Lunel [73] : n

Fxt

dt = f (t, xt, ut), (1.2.5)

o`u F : C → Rn est un op´erateur r´egulier. On peut citer le cas particulier lin´eaire qui s’´ecrit :

Fxt= x(t)− Dx(t − g), (1.2.6)

o`u D est une matrice constante et g > 0 un retard.

La stabilit´e d’un tel syst`eme n´ecessite que l’op´erateurF v´erifie des conditions restrictives du fait de l’´equation aux diff´erences par rapport `a ˙x(t), soit Fxt = 0 [85][108]). Pour reprendre l’exemple de l’op´erateur lin´eaire

(1.2.6), il est n´ecessaire que les valeurs propres de la matrice D soient incluses `a l’int´erieur du cercle unit´e (crit`ere de Schur-Cohn, crit`ere de Jury [111],[125]) pour obtenir des propri´et´es de convergence de (1.2.5).

1.2.3

Mod`

eles lin´

eaires invariants `

a retards discrets

Les retards discrets correspondent au cas o`u le support de xt et ut a une mesure nulle et peut se r´eduire

`

a un nombre fini de point. Dans le cas des syst`emes lin´eaires invariants (en anglais “Linear Time-Invariant”, LTI), les ´equations diff´erentielles `a retards discrets sont de la forme :

(

˙x(t) = Pqi=1Dl˙x(t− ωl) +Prj=0(Ajx(t− τj) + Bju(t− τj)),

y(t) = Prj=0Cjx(t− τj),

(1.2.7) o`u x ∈ Rn, u ∈ Rm et y ∈ Rp repr´esentent respectivement le “vecteur d’´etat instantan´e” [87], le vecteur de

commande et le vecteur de sortie du syst`eme, τ0= 0 et les matrices d’´etat Ai∈ Rn×n, de commande Bi∈ Rn×m,

des termes neutres Di∈ Rn×net de sortie Ci∈ Rp×nsont des matrices constantes. Les retards τj > 0 et ωi> 0,

bien que pouvant ´eventuellement varier3 dans le temps, sont des retards discrets (ou “ponctuels”) en ce sens

que le syst`eme diff´erentiel (1.2.7) ne n´ecessite, pour le calcul de ˙x(t) `a l’instant t, qu’une information discr`ete sur l’´etat fonctionnel xt et de sa d´eriv´ee, dans le cas neutre.

Remarque 1.2.1 Le retard peut intervenir d’une autre mani`ere dans les ´equations d’´etats. On mentionne les retards distribu´es qui font intervenir dans le syst`eme d’´equation (1.2.7) des termes de la formeRt−σt G(θ)x(θ)dθ. Dans ce m´emoire, l’analyse de ces retards ne sera pas abord´ee. On pourra par exemple se r´ef´erer `a [111] pour quelques crit`eres concernant les syst`emes `a retards distribu´es et `a [153] pour leur application en tant que pr´edicteurs.

Dans le cas “simplement” retard´e, le syst`eme (1.2.7) s’´ecrit : (

˙x(t) = Pri=0(Aix(t− τi) + Biu(t− τi)),

y(t) = Pri=0Cix(t− τi).

(1.2.8)

3

Si le retard varie, le syst`eme n’est plus `a proprement parler “invariant” (LTI) mais nous avons pr´ef´er´e cet abus de langage `a

(21)

1.2.4

Mod`

eles non lin´

eaires, non stationnaires

Afin de se rapprocher du comportement des processus r´eels, il nous parait int´eressant de proposer des mod`eles dont les param`etres peuvent varier au cours du temps et avec l’´etat. Les mod`eles non lin´eaires autorisent un plus grand domaine d’analyse puisque leur validit´e ne se r´eduit pas `a un voisinage du point d’´equilibre ou de la trajectoire de r´ef´erence. Ils permettent, apr`es transformations, de consid´erer des fonctionnements plus globaux. La diff´erence avec les syst`emes lin´eaires est que les matrices Ai, Bi et Ci deviennent des fonctions du

temps et/ou de l’´etat et g´en´eralement continues (ou continues par morceaux) en leurs arguments. Les ´equations d´efinissant ces mod`eles, dans le cas d’un retard simple (c’est-`a-dire r = 1) sur l’´etat et sur l’entr´ee, se pr´esentent de la mani`ere suivante [69] :

(

˙x(t) = A(t, xt)x(t) + B(t, xt)u(t)) + Aτ(t, xt)x(t− τ) + Bτ(t, xt)u(t− τ)),

y(t) = C(t, xt)x(t),

(1.2.9) Afin de faciliter l’´etude de ces syst`emes, nous utiliserons deux mod´elisations sensiblement diff´erentes. La premi`ere est la mod´elisation polytopique. Elle consiste `a exprimer les fonctions matricielles comme une somme pond´er´ee de matrices constantes. La seconde est la mod´elisation par syst`emes `a param`etres incertains.

Les mod`eles polytopiques

La mod´elisation polytopique [140] transforme un syst`eme de la forme (1.2.9) en un syst`eme multimod`ele, c’est-`a-dire une somme de mod`eles lin´eaires pond´er´es de fa¸con non constante [140]. Ceci s’exprime de la mani`ere suivante [69] :

(

˙x(t) = Pri=0λi(t, xt){Aix(t) + Biu(t)) + Aτ,ix(t− τ) + Bτ,iu(t− τ))} ,

y(t) = Pri=0λ(t, xt){Cix(t)} ,

(1.2.10) o`u les fonctions scalaires λi(t, xt), pour i = 1, .., r, sont des fonctions de pond´eration v´erifiant les conditions de

convexit´e :

Pr

i=0λi(t, xt) = 1 et ∀i = 1, .., r, λi(t, xt)≥ 0. (1.2.11)

Si les fonctions matricielles A(t, xt), Aτ(t, xt), B(t, xt), Bτ(t, xt) sont continues, les fonctions λi(t, xt) le

sont elles aussi. Par la suite, l’objectif sera de faire ressortir des propri´et´es communes `a tous les sous-mod`eles lin´eaires4 pour en d´eduire celles du syst`eme (1.2.10). Cette mod´elisation va notamment permettre d’´elaborer

des conditions de stabilit´e exponentielle pour les syst`emes `a retards variables. Les mod`eles `a param`etres incertains born´es en norme

La mod´elisation par param`etres incertains consid`ere que chaque fonction matricielle d´efinissant le syst`eme (1.2.9) est la somme d’une matrice constante repr´esentant le comportement nominal et d’une matrice d´ependant de t et de xt repr´esentant les perturbations par rapport au syst`eme nominal. Il s’exprime alors de la mani`ere

suivante :        ˙x(t) = (A + ∆A(t, xt))x(t) + (Aτ+ ∆Aτ(t, xt))x(t− τ) +(B + ∆B(t, xt))u(t)) + (Bτ+ ∆Bτ(t, xt))u(t− τ)), y(t) = (C + ∆C(t, xt))x(t), (1.2.12) 4

(22)

1.2. MOD ´ELISATION DES SYST `EMES `A RETARDS 15 o`u les matrices A, Aτ, B, Bτ et C sont des matrices constantes de dimension appropri´ee. Les matrices

repr´esentant les perturbations sont g´en´eralement pr´esent´ees sous la forme [69] : ∆A(t, xt) = G∆(t, xt)D, ∆Aτ(t, xt) = Gτ∆(t, xt)Dτ,

∆B(t, xt) = H∆(t, xt)E, ∆Bτ(t, xt) = Hτ∆(t, xt)Eτ,

∆B(t, xt) = J∆(t, xt)F,

(1.2.13)

o`u ∆(t, xt) est une matrice qui v´erifie :

∀t, ∆T(t, x

t)∆(t, xt)≤ In. (1.2.14)

Les amplitudes de variation des coefficients de perturbations sont ainsi report´ees dans les matrices (G, D), (Gτ, Dτ), (H, E), (Hτ, Eτ), (J, F ). Cette repr´esentation est g´en´eralement utilis´ee dans le probl`eme de la synth`ese

de lois de commande [35]. Elle permet en effet de caract´eriser la robustesse par rapport `a des incertitudes param´etriques. De plus, cette mod´elisation sera elle-aussi utile pour ´etablir d’autres conditions de stabilit´e exponentielle pour les syst`emes `a retards variables.

1.2.5

Mod`

eles de retards

Dans cette partie, nous pr´esenterons succinctement les diff´erents mod`eles de retards discrets que l’on ren-contre dans la litt´erature.

a) Retards constants : Les premi`eres ´etudes sur la stabilit´e des syst`emes `a retards concernaient principale-ment des retards constants. On compte de nombreux crit`eres fr´equentiel [24], LMI [69], [111] d´evelopp´es pour des retards constants connus ou inconnus (`a borne connue ou non). Depuis le milieu des 90, diff´erentes conditions, pr´esent´ees sous forme LMI, de stabilit´e robuste de syst`emes lin´eaires `a retards constants mais incertains ont ´et´e d´evelopp´ees [86],[92] et [111]. Dans la plupart des cas r´eellement rencontr´es, seule une partie r´ecente du pass´e exerce une influence sur le comportement du syst`eme. On parle alors d’´equations `

a retards major´es ou born´es s’il existe un nombre r´eel τ > 0 tel que dans les ´equations (1.2.1) et (1.2.4) les fonctionnelles xtet ˙xt sont d´efinies sur l’intervalle [−τ, 0].

b) Retards variables major´es : Comme la constance du retard est une hypoth`ese rarement v´erifi´ee dans la r´ealit´e (communications internet [99] et mod`eles de vannes [4] pour ne citer que deux exemples), le cas des retards variables (connus ou inconnus) a fait lui aussi l’objet de nombreuses recherches. On d´efinit les retards major´es pour lesquels il existe un r´eel connu τ2> 0 tel que [79] :

0≤ τ(t) ≤ τ2. (1.2.15)

Certains auteurs rajoutent des conditions de r´egularit´e sur ces fonctions de retards, comme nous le verrons dans cette description.

c) Retards variables born´es : Une grande partie des r´esultats existant supposent que les retards varient dans un intervalle [0, τ2]. Or les retards apparaissant dans des processus r´eels sont le plus souvent dus `a

des ph´enom`enes de transfert d’information ou de mati`ere. Le fait d’autoriser le retard `a prendre la valeur 0 revient `a supposer qu’`a un moment ce transfert se fait de mani`ere instantan´ee. Dans ce contexte et `a condition bien sˆur que cela conduise `a des crit`eres moins restrictifs, il parait int´eressant de se donner une borne inf´erieure du retard pour ensuite se donner les moyens de mesurer son impact sur la stabilit´e du

(23)

syst`eme. On d´efinit alors les retards born´es, les retards τ (t) pour lesquels il existe deux r´eels τ1 et τ2 tels

que :

0 < τ1≤ τ(t) ≤ τ2. (1.2.16)

Ce n’est que r´ecemment que des chercheurs ont obtenus des solutions `a ce probl`eme [49], [54], [80]. La m´ethode propos´ee dans ces articles est identique. Elle consiste `a transformer le retard τ (t) en une somme de deux retards. Le premier peut ˆetre assimil´e `a un retard nominal et le second comme ´etant une perturbation born´ee par rapport au retard nominal.

d) Retards variables avec contrainte sur la d´eriv´ee : De nombreux r´esultats n´ecessitent une condition sur la d´eriv´ee de la fonction retard. On suppose alors qu’il existe un r´eel d tel que :

˙τ (t)≤ d < 1. (1.2.17)

Si l’on regarde la fonction f (t) = t− τ(t), la condition pr´ec´edente implique que f est une fonction strictement croissante. Cela signifie que les informations retard´ees arrivent dans un ordre chronologique. e) Retards variables continus par morceaux : Ces retards apparaissent notamment lors de

l’´echantillo-nnage d’un signal. Ce cas particulier autorise notamment la d´eriv´ee du retard `a prendre la valeur 1 : (critique au vu de la contrainte pr´ec´edente).

˙τ (t)≤ 1. (1.2.18)

Ce cas sera trait´e dans le Chapitre 4.

G´en´eralement, les contraintes faites sur les retards sont des combinaison des diff´erents mod`eles pr´esent´es. On trouve dans la litt´erature des r´esultats qui allient

Dans ce m´emoire, on ´evitera le plus souvent possible la contrainte d). G´en´eralement notre travail s’adressera aux cas alliant b), c) et e)

1.3

Stabilit´

e des syst`

emes `

a retards par la seconde m´

ethode de

Lya-punov

Dans cette partie, nous allons rappeler quelques r´esultats concernant la stabilit´e asymptotique des syst`emes `a retards en se focalisant sur l’approche temporelle li´ee `a la seconde m´ethode de Lyapunov.

1.3.1

Seconde m´

ethode de Lyapunov

Consid´erons le syst`eme suivant :

˙x(t) = f (t, x(t), xt),

xt0(θ) = φ(θ), pour θ∈ [−τ, 0],

(1.3.1) dont nous supposerons qu’il admet une solution unique et un ´etat d’´equilibre xt = 0 (si le syst`eme admet un

autre point d’´equilibre, nous pouvons nous ramener par un changement de variables).

La seconde m´ethode de Lyapunov repose sur l’existence d’une fonction V d´efinie positive telle que le long des trajectoires de (1.3.1), on ait dVdt < 0, si x6= 0. Cette m´ethode directe n’est valable que pour une classe

(24)

1.3. STABILIT ´E DES SYST `EMES `A RETARDS PAR LA SECONDE M ´ETHODE DE LYAPUNOV 17 restreinte de syst`emes h´er´editaires car dVdt d´epend des valeurs pass´ees xt. Elle est donc tr`es difficile `a appliquer

dans le cas g´en´eral des syst`emes `a retards. Deux extensions `a la seconde m´ethode de Lyapunov ont alors ´et´e d´evelopp´ees dans le cadre des ´equations diff´erentielles `a retards. Dans le cas des ´equations ordinaires (c’est-`a-dire sans retard), la fonction V = V (t, x(t)) ne d´epend que d’arguments pr´esents. Dans le cas retard´e, deux types d’approches sont possibles : V = V (t, x(t)) ou V = V (t, xt). Le premier cas conduit `a une difficult´e d’analyse

li´ee au fait que la d´eriv´ee d´epend des instants pass´ees. Le second cas reporte cette difficult´e dans la conception de la fonction V . Ces deux approches, respectivement d´evelopp´ees par Razumikhin et Krasovskii, vont ˆetre bri`evement rappel´ees dans les deux paragraphes suivants.

1.3.2

Approche par fonctions de Razumikhin

Dans cette approche, nous nous placerons dans Rn en consid´erant une fonction de Lyapunov V (t, x(t))

classiques pour les ´equations diff´erentielles ordinaires. Toutefois le th´eor`eme suivant montre qu’il est inutile de v´erifier que ˙V (t, x(t))≤ 0 le long de toutes les trajectoires du syst`eme. Effectivement, ce test peut se restreindre aux solutions qui ont tendance `a quitter un voisinage de V (t, x(t))≤ c du point d’´equilibre.

Th´eor`eme 1.3.1 [85] Soient u, v et w : R+ → R+ des fonctions croissantes, telles que u(θ) et v(θ) soient

strictement positives pour tout θ > 0. Supposons que le champ de vecteur f de (1.3.1) est born´e pour des valeurs born´ees de ses arguments.

S’il existe une fonction continue V : R× Rn→ R

+ telle que :

a) u(kφ(0)k) ≤ V (t, φ) ≤ v(kφk),

b) ˙V (t, φ)≤ −w(kφ(0)k) pour toutes les trajectoires de (1.3.1) v´erifiant :

V (t + θ, φ(t + θ))≤ V (t, φ(t)), ∀θ ∈ [−τ, 0], (1.3.2) alors la solution nulle de (1.3.1) est uniform´ement stable.

De plus si w(θ) > 0 pour tout θ > 0 et s’il existe une fonction p : R+ → R+ strictement croissante avec

p(θ) > θ pour tout θ > 0 telle que : i) u(kφ(0)k) ≤ V (t, φ) ≤ v(kφk),

ii) ˙V (t, φ)≤ −w(kφ(0)k), pour toutes les trajectoires de (1.3.1) v´erifiant :

V (t + θ, x(t + θ))≤ p(V (t, x(t))), ∀θ ∈ [−τ, 0], (1.3.3) alors une telle fonction V est appel´ee fonction de Lyapunov-Razumikhin et la solution nulle de (1.3.1) est uniform´ement asymptotiquement stable.

Dans la pratique, les fonctions p les plus souvent utilis´ees sont celles de la forme p = qθ o`u q est une constante strictement sup´erieure `a 1. de plus les fonctions de Lyapunov recherch´ees dans l’approche de Razumikhin sont souvent des fonctions quadratiques de la forme :

V (t) = xTP x(t), (1.3.4)

o`u P est une matrice sym´etrique d´efinie positive. L’´equation (1.3.3) devient la plupart du temps :

(25)

Ainsi dans l’approche de Lyapunov-Razumikhin, la n´egativit´e n’est requise que pour les trajectoires qui, `a l’instant t, appartiennent `a un certain espace d´efini par l’´evolution du syst`eme sur l’intervalle [t− τ, t].

Mˆeme si l’approche Lyapunov-Razumikhin conduit g´en´eralement `a des r´esultats plus conservatifs que ceux tir´es de l’approche de Lyapunov-Krasovskii, pr´esent´ee au paragraphe suivant, elle permet de prendre en compte des retards variables sans restriction sur la d´eriv´ee du retard (1.2.17). Il a par ailleurs ´et´e montr´e que, pour des retards constants, l’existence d’une fonction de Lyapunov-Razumikhin entraˆıne celle d’une fonctionnelle de Lyapunov-Krasovskii [34]. Cependant, dans la litt´erature, la stabilit´e des syst`emes `a retards fait plus g´en´eralement appel `a des fonctionnelles de Lyapunov-Krasovskii.

1.3.3

Approche par fonctionnelles de Krasovskii

La m´ethode de Krasovskii est une extension de la seconde m´ethode de Lyapunov pour les ´equations diff´erentielles fonctionnelles. Elle consiste `a rechercher des fonctionnelles V(t, xt) qui d´ecroissent le long des

solutions de (1.3.1).

Th´eor`eme 1.3.2 [85] Soient u, v, w : R+ → R+ des fonctions continues croissantes ; u(θ) et v(θ) sont

strictement positives pour θ > 0 et u(0) = v(0) = 0. Supposons que le champ de vecteur f de (1.3.1) soit born´e pour des valeurs born´ees de ses arguments.

S’il existe une fonctionnelle continueV : R × C → R+ telle que :

a) u(kφ(0)k) ≤ V(t, φ) ≤ v(kφk),

b) ˙V(t, φ) ≤ −w(kφ(0)k) pour tout t ≥ t0 le long des trajectoires de (1.3.1),

alors la solution nulle de (1.3.1) est uniform´ement stable. Si de plus w(θ) > 0 pour tout θ > 0, alors la solution nulle de (1.3.1) est uniform´ement asymptotiquement stable.

SiV v´erifie plutˆot les conditions : i) u(kφ(0)k) ≤ V(t, φ) ≤ v(kφk),

ii) ˙V(t, φ) ≤ −w(kφ(0)k), pour tout t ≥ t0 et w(θ) > 0 pour tout θ > 0,

iii)V est lipschitzienne par rapport `a son second argument, alors la solution nulle de (1.3.1) est exponentiellement stable.

˙

V(t, φ) est ici une d´eriv´ee au sens de Dini, ˙V(t, φ) = limǫ→0+supV(t+ǫ,xt+ǫ)−V(t,xt)

ǫ .

Une telle fonctionnelle V est appel´ee fonctionnelle de Lyapunov-Krasovskii.

L’id´ee principale de ce th´eor`eme est donc de d´eterminer une fonctionnelleV d´efinie positive dont la d´eriv´ee le long des trajectoires de (1.3.1) est d´efinie n´egative. Le principal probl`eme dans l’application de ce th´eor`eme est la conception, lorsqu’elle existe, de la fonctionnelle de Lyapunov-KrasovskiiV. Les fonctionnelles recherch´ee sont g´en´eralement de la forme suivante ([88], section 2.2.2) :

V(t, φ) = φT(0)P (t)φ(0) + φT(0)³R0

−τQ(t, σ)φ(σ)dσ

´

+³R−τ0 φT(σ)QT(t, σ)dσ´φ(0)

+R−τ0 R−τ0 φT(σ)R(t, σ, ρ)φ(ρ)dσdρ +R−τ0 φT(ζ)S(ζ)φ(ζ)dζ, (1.3.6) o`u P , Q, R et S sont des matrices carr´ees de dimension n× n. P (t) et S(ζ) sont sym´etriques d´efinies positives. R v´erifie R(t, σ, ρ) = RT(t, ρ, σ). On suppose que chacun des ´el´ements de ces matrices est born´e et admet une d´eriv´ee continue par morceaux et born´ee.

(26)

1.3. STABILIT ´E DES SYST `EMES `A RETARDS PAR LA SECONDE M ´ETHODE DE LYAPUNOV 19 Dans la pratique, la recherche de ces fonctions pose des probl`emes difficiles `a r´esoudre. On pr´ef`ere se res-treindre aux fonctionnelles dont les fonctions matricielles P, Q et R sont des matrices constantes. On se propose alors de trouver une fonctionnelle de Lyapunov-Krasovskii de la forme :

V(t, φ) = φT(0)P φ(0) +R0 −τφ

T(σ)Sφ(σ)dσ + φT(0)R0

−τQφ(σ)dσ

+R−τ0 R−τ0 φT(σ)Rφ(ρ)dσdρ, (1.3.7)

o`u les matrices P , Q, R et S sont sym´etriques d´efinies positives.

Remarque 1.3.3 Des r´ecents travaux [54], [50], [68], [69] ont permis de r´eduire le conservatisme relatif au choix des matrices P, Q et R constantes. La m´ethode consiste `a d´efinir des fonctions matricielles continues par morceaux .

Tout au long de ce m´emoire, les probl`emes qui seront r´esolus feront intervenir une fonctionnelle de la forme (1.3.7) pour des syst`emes de la forme (1.2.7), (1.2.10) et (1.2.12).

1.3.4

Extensions des th´

eor`

emes de Lyapunov

Les deux approches temporelles bas´ees sur le second th´eor`eme de Lyapunov, combin´ees avec des m´ethodes d’optimisation convexe appel´ees in´egalit´es matricielles lin´eaires (voir les ouvrages g´en´eraux [13],[63] et l’annexe A), permettent d’´etablir des crit`eres syst´ematiques de stabilit´e et de stabilisation pour les syst`emes `a retard. De nombreuses applications et extensions ont ´et´e propos´ees :

– Les probl`emes de la stabilit´e et de la stabilisation robuste vis-`a-vis d’incertidudes param´etriques sur le mod`eles peuvent ˆetre trait´es d’une mani`ere analogue en utilisant des syst`emes de la forme (1.2.10) ou (1.2.12).

– Le cas de la commande H∞, quelquefois trait´e en fr´equentiel [151], peut ˆetre aussi ´etudi´e dans un cadre

temporel. Une loi de commande est construite pour assurer la stabilit´e robuste avec un certain taux d’att´enuation des perturbations exog`enes [56], [91], [92].

– La finesse de ces crit`eres est largement d´ependante du choix des fonctions, des fonctionnelles de Lyapunov ou des diverses m´ethodes de majoration conduisant `a des LMI.

– La stabilisation `a coˆut garanti. – La stabilisation en temps fini [106]. – La stabilit´e entr´ee-´etat (ISS) [157], [69].

1.3.5

Deux transformations sur le mod`

ele

Il est bien ´evident que notre objectif n’est pas de pr´esenter une liste exhaustive de crit`eres de stabilit´e et de stabilisation de syst`emes `a retards. Cependant, nous pr´esenterons dans la suite de ce chapitre, quelques crit`eres de stabilit´e asymptotique et quelques techniques qui auront retenu notre attention.

Nous rappellerons des conditions permettant de caract´eriser la stabilit´e asymptotique du syst`eme suivant : (

˙x(t) = Ax(t) + Aτx(t− τ(t)),

x(θ) = φ(θ), ∀θ ∈ [τ2, 0].

(1.3.8) Dans (1.3.8), le retard τ (t) sera consid´er´e comme constant, puis variant dans le temps major´e et enfin born´e. Les crit`eres que nous exposerons utilisent l’outil LMI.

(27)

Mod`ele descripteur

La “mod´elisation descripteur” (en anglais “descriptor form”) est une technique d´evelopp´ee en 2001 par E. Fridman [47], [56], [57]. L’id´ee consiste `a r´e´ecrire le syst`eme (1.3.8) de la mani`ere suivante :

(

˙x(t) = z(t),

0× ˙z(t) = −z(t) + Ax(t) + Aτ(t, xt)x(t− τ(t)).

(1.3.9) En consid´erant maintenant la variable ´elargie ¯x(t) = col{x(t), z(t)}, on remarque que cette transformation augmente la dimension du syst`eme ´etudi´ees sans rajouter de dynamiques additionnelles. .

Ensuite, en utilisant une fonctionnelle de Lyapunov-Krasovskii adapt´ee, on montre la stabilit´e asympto-tique du syst`eme d´ecrit par l’´equation (1.3.9) qui est ´equivalente `a celle d´ecrite par l’´equation (1.3.8). Pour le cas des syst`emes `a retards constants, la mod´elisation descripteur conduit aux conditions de stabilit´e asympto-tique que nous rappellerons dans le lemme 1.3.4. Nous pr´esenterons alors les avantages sur l’int´erˆet d’une telle transformation dans la section suivante.

Transformation de Leibniz

Cette transformation [66], [67] est tr`es utile dans la construction de crit`eres de stabilit´e d´ependent du retard. Elle permet d’´ecrire le syst`eme (1.3.8) comme un syst`eme `a retard distribu´e :

x(t− τ(t)) = x(t) − Z t

t−τ(t)

˙x(s)ds. (1.3.10)

La d´eriv´ee ˙x peut ensuite ˆetre exprim´ee selon (1.3.8) et ce genre de transformations peut conduire `a des modifications importantes du syst`eme. Il est n´ecessaire de s’assurer de sa bonne utilisation. Par exemple, si l’on remplace ˙x(s) dans (1.3.10) par son expression dans (1.3.8), on introduit des dynamiques additionnelles [70][71] et on transforme le syst`eme initial soumis `a un retard variant dans [−τ2, 0] `a un nouveau syst`eme

soumis `a un retard variant dans [−2τ2, 0]. La d´efinition des conditions initiales ´etant diff´erente, il faut s’assurer

de la justification de cette modification. Pour plus de d´etails, on se r´ef´erera `a [111]. D’autre part, mˆeme si de nombreux efforts ont ´et´e men´es pour ´etudier le conservatisme introduit lors des calculs [127], [160], les th´eor`emes rencontr´es peuvent ˆetre conservatifs.

1.3.6

Stabilit´

e asymptotique des syst`

emes `

a retards major´

es

Lemme 1.3.4 [57] Le syst`eme (1.3.8) est asymptotiquement stable pour tout retard τ constant inf´erieur `a τ2,

s’il existe des matrices de dimension n×n, sym´etriques d´efinies positives P1, S et R, et des matrices de dimension

n×n, P2, P3, Y1, Y2, Z1, Z2 et Z3 telles que les conditions LMI suivantes soient satisfaites :

    Ψ1 PT " 0 A1 # − YT 1 ∗ −S1     < 0, " R Y ∗ Z # ≥ 0, (1.3.11)

o`u les matrices Y , Z et Ψ1 sont donn´ees par :

Ψ1= PT " 0 In A0 −In # + " 0 In A0 −In #T P + τ2Z + " S 0 0 τ2R # + " Y 0 # + " Y 0 #T , Y = [Y1 Y2], Z = " Z1 Z2 ZT 2 Z3 # . (1.3.12)

(28)

1.3. STABILIT ´E DES SYST `EMES `A RETARDS PAR LA SECONDE M ´ETHODE DE LYAPUNOV 21 D´emonstration. La d´emonstration utilise une fonctionnelle de Lyapunov-Krasovskii de la forme :

V (t) = x¯T(t)EP ¯x(t) +Rt t−τ2x T(s)Sx(s)ds +R0 −τ2 Rt t+θzT(s)Rz(s)dsdθ, (1.3.13) o`u E = " In 0 0 0 #

et o`u le vecteur ¯x(t) est donn´e par col{x(t), z(t)}. Pour plus de d´etails, nous invitons le lecteur `a se r´ef´erer `a [57].

Dans le cas de syst`emes `a retards variables, on introduit la condition suppl´ementaire ˙τ (t) ≤ d < 1. On obtient alors le lemme suivant :

Lemme 1.3.5 [57] Le syst`eme (1.3.8) est asymptotiquement stable pour tout retard variable v´erifiant τ (t)≤ τ2

et ˙τ (t) ≤ d < 1, s’il existe des matrices de dimension n × n, sym´etriques d´efinies positives P1, S et R, et

des matrices de dimension n×n, P2, P3, Y1, Y2, Z1, Z2 et Z3 telles que les conditions LMI suivantes soient

satisfaites :    Ψ1 PT " 0 A1 # − YT 1 ∗ −(1 − d)S1     < 0, " R Y ∗ Z # ≥ 0, (1.3.14)

o`u les matrices Y , Z et Ψ1 sont donn´ees par (1.3.12).

Il est possible de r´eduire le conservatisme des conditions de stabilit´e asymptotique et aussi d’´eliminer la condition sur la d´eriv´ee du retard ˙τ (t)≤ d < 1. Ceci sera illustr´e dans le paragraphe suivant.

1.3.7

Stabilit´

e asymptotique des syst`

emes `

a retards born´

es

Consid´erons le syst`eme neutre `a retard :

˙x(t)− F ˙x(t − g(t)) = A0x(t) + A1x(t− τ1(t)) + BKx(t− τ2(t)),

τi(t)∈ [δi− µi, δi+ µi].

(1.3.15) o`u les retards τi sont de la forme τi(t) = δi+ ηi(t), pour i = 1, 2 avec|ηi(t)| ≤ µi. Les retards constants δi sont

les valeurs nominales des retards τi. Les fonctions ηi(t) repr´esentent des perturbations born´ees autour du retard

nominal. Le retard g(t) du terme neutre satisfait `a la condition ˙g(t)≤ d0< 1.

Lemme 1.3.6 [49] Pour une matrice K donn´ee et sous reserve que la matrice F ait tous les modules de ses valeurs propres strictement inf´erieurs `a 1, le syst`eme (1.3.15) est asymptotiquement stable pour tous retards τi(t)

variant dans l’intervalle [δi− µi, δi+ µi], s’il existe des matrices sym´etriques d´efinies positives, de dimension

n×n, P1, Si, U , Ri et Ria et des matrices de dimension n×n, P2, P3, Yi1, Yi2, Zi1, Zi2 et Zi3, pour i = 1, 2,

telles que les conditions LMI suivantes soient satisfaites :               Ψ2 PT " 0 A1 # − YT 1 PT " 0 BK # − YT 2 PT " 0 F # µ1PT " 0 A1 # µ2PT " 0 BK # ∗ −S1 0 0 0 0 ∗ ∗ −S2 0 0 0 ∗ ∗ ∗ −(1 − d0)U 0 0 ∗ ∗ ∗ ∗ −µ1R1a 0 ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ −µ2R2a               < 0, (1.3.16)

(29)

"

Ri Yi

∗ Zi

#

≥ 0, i = 1, 2, (1.3.17)

o`u les matrices Yi, Zi et Ψ2 sont donn´ees par :

Ψ2= Ψn+ " 0 0 0 P2i=12µiRia # , Ψn = PT " 0 In A0 −In # + " 0 In A0 −In #T P +P2i=1δiZi + " P2 i=1Si 0 0 P2i=1δiRi+ U # +P2i=1 " Yi 0 # +P2i=1 " Yi 0 #T , Yi = [Yi1 Yi2], Zi= " Zi1 Zi2 ∗ Zi3 # (1.3.18)

D´emonstration. La preuve de ce lemme utilise la mod´elisation descripteur et une fonctionnelle de Lyapunov-Krasovskii adapt´ee. Elle peut se diviser en deux parties. La premi`ere consiste `a tester la stabilit´e asymptotique du syst`eme soumis au retard nominal en utilisant la fonctionnelle suivante provenant du Lemme 1.3.4 :

Vn(t) = x¯T(t)EP ¯x(t) +P2i=1 R0 −δi Rt t+θ ˙xT(s)Ri˙x(s)dsdθ + P2 i=1 Rt t−δix T(s)S ix(s)ds. (1.3.19)

La seconde ´etape consiste `a tester la robustesse de la pr´ec´edente par rapport aux perturbations ηi(t) du

retard nominal. On ajoute alors la fonctionnelle suivante : Va(t) = P2i=1 Rµi −µi Rt t+θ−δi ˙x T(s)R ia˙x(s)dsdθ. (1.3.20)

Les conditions de stabilit´e asymptotique du syst`eme complet sont d´eterminer `a l’aide de la fonctionnelle :

V (t) = Vn(t) + Va(t). (1.3.21)

On remarque que dans ce lemme, les conditions sur les retards sont diff´erentes. Les retards sur l’´etat sont born´es mais ne sont soumis `a aucune contrainte sur leur d´eriv´ee. En revanche, le retard du terme neutre n’est pas major´e mais n’est soumis qu’`a une contrainte classique sur la d´eriv´ee du retard. Ceci montre la diversit´e des contraintes sur les retards et, par cons´equent, des crit`eres que l’on peut rencontrer dans la litt´erature.

1.4

Conclusion

Dans ce chapitre, nous avons pr´esent´e le contexte des syst`emes `a retards. Leur apparition fr´equente dans la mod´elisation des ph´enom`enes physiques a suscit´e l’int´erˆet de nombreux chercheurs. Apr`es avoir pr´esent´e les mod`eles de syst`emes `a retards li´es `a notre travail, nous avons rappel´e des conditions de stabilit´e asymptotique qui permettent d’en tester la convergence.

Nous pouvons remarquer que, dans le cas des retards variables, ces r´esultats concernent la stabilit´e asympto-tique. Mˆeme si, dans le cas des syst`emes lin´eaires `a retards sans incertitudes sur les retards et sur les param`etres, les notions de stabilit´e asymptotique et exponentielle sont ´equivalentes [87]5, dans le cas g´en´eral (non lin´eaire,

5

De plus dans ce cas, il faut remarquer que le taux de convergence exponentielle n’est pas connu a priori, mˆeme si son existence

(30)

1.4. CONCLUSION 23 non stationnaire, retard variable) cette ´equivalence ne tient plus. Or l’α−stabilit´e (ou stabilit´e exponentielle `a taux α garanti) est une propri´et´e de performance en rapidit´e et il convient de pouvoir l’´etudier dans des cas r´ealistes de fonctionnement. C’est cette lacune que nous tenterons de combler dans le chapitre suivant.

(31)
(32)

Chapitre 2

Stabilit´

e exponentielle des syst`

emes

lin´

eaires

2.1

Pr´

eliminaires

La plupart des r´esultats existants concerne la stabilit´e asymptotique des syst`emes `a retards variables ou constants [127]. Mais il peut ˆetre plus pertinent pour des probl`emes d’observations, de syst`emes contrˆol´es `a travers un r´eseau ou `a distance, de garantir une convergence exponentielle car elle permet d’assurer une rapidit´e de convergence. R´ecemment, quelques auteurs se sont investis dans l’´elaboration de crit`eres garantissant une convergence exponentielle pour les syst`emes `a retards [82], [98],[104], [110], [113]. Cependant ces r´esultats sont bien souvent limit´es au cas des retards constants ou conduisent `a des r´esultats conservatifs. Or dans la majorit´e des cas, par exemple dans les lignes de communications `a travers des r´eseaux internet, le retard ne peut ˆetre r´eduit au seul cas du retard constant.

La motivation de ce chapitre qui se consacre `a l’α-stabilit´e, la stabilit´e et `a la stabilisation exponentielle `a taux garanti de syst`emes lin´eaires `a retards est donc claire. Les approches pr´esent´ees utilisent les techniques des fonctionnelles de Lyapunov-Krasovskii et le mod`ele descripteur qui ont ´et´e pr´esent´es dans le chapitre pr´ec´edent mais aussi dans [57], [58] pour la stabilit´e et la stabilisation asymptotique. L’id´ee principale de ce chapitre est de r´e´ecrire le syst`eme en utilisant une nouvelle variable. Ce changement de variables ajoute des incertitudes sur le syst`eme provenant des incertitudes sur le retard. Afin de d´eterminer des conditions de stabilit´e exponentielle, diff´erentes approches seront propos´ees. Une mod´elisation du syst`eme sous forme polytopique introduite dans [130] permettra d’´elaborer des premi`eres conditions de stabilit´e et de stabilisation exponentielle. Ensuite une approche par des incertitudes born´ees en norme (“Norm-Bounded Uncertainties”) permettra d’obtenir d’autres conditions de stabilit´e exponentielle. Ce chapitre s’organise de la mani`ere suivante.

Une premi`ere partie concernant la stabilit´e exponentielle `a taux de convergence garanti des syst`emes lin´eaires `a retards constants. Elle nous permettra de situer les diff´erentes approches existant dans la litt´erature. Une seconde partie est consacr´ee au cas des syst`emes lin´eaires `a retards variables et major´es avec des extensions au cas des syst`emes `a retards multiples et au probl`eme de la stabilisation `a coˆut quadratique garanti. Une troisi`eme partie correspond `a l’´etude des syst`emes `a retards born´es. Enfin le cas particulier des syst`emes neutres `a retards constants sera le sujet de la derni`ere partie.

(33)

Reprenons la d´efinition de [113], pour tout α > 0, un syst`eme `a retards est dit α−stable, ou “exponentielle-ment stable et de degr´e de convergence α”, s’il existe un r´eel β≥ 1 tel que les solutions x(t; t0, φ), pour toute

condition initiale φ, v´erifient :

|x(t, t0, φ)| ≤ β|φ|e−α(t−t0). (2.1.1)

Cela revient `a d´eterminer une enveloppe exponentielle des trajectoires d’un syst`eme.

2.2

Cas des retards constants

Cette section est consacr´ee `a la classe des syst`emes d´efinis par des ´equations diff´erentielles aux diff´erences de type retard´e `a coefficients et `a retards constants. Sans perte de g´en´eralit´e, nous consid´erons le syst`eme soumis `a un seul retard suivant :

(

˙x(t) = A0x(t) + A1x(t− τ),

x(s) = φ(s), ∀ s ∈ [−τ, 0], (2.2.1)

o`u x∈ Rn, u∈ Rmsont respectivement les vecteurs d’´etat, de commande. φ∈ C

τ = C0([−τ2, 0], Rn) repr´esente

la fonction des conditions initiales. Les matrices A0 et A1 sont suppos´ees connues, constantes et de dimension

appropri´ee. Il est connu que, pour un tel syst`eme, les propri´et´es de stabilit´e asymptotique et exponentielle sont ´equivalentes. Cependant il est souvent important en pratique de se fixer un cahier des charges. Parmi ces sp´ecifications, on peut se donner un degr´e de convergence minimal. L’id´ee directrice de cette partie est de savoir si pour une valeur de α > 0, un syst`eme `a retard est α−stable. Dans ce cadre, il existe diff´erentes techniques qui permettent de d´eterminer si un syst`eme `a retards poss`ede un degr´e de convergence α fix´e a priori. Nous donnerons dans cette section trois exemples de telles techniques.

Premi`ere technique : Th´eorie de Lyapunov et comparaison. L’α−stabilit´e du syst`eme (2.2.1 est prou-v´ee s’il existe une fonctionnelle de Lyapunov V v´erifiant les propri´et´es suivantes : Il existe des r´eels positifs r, amet aM tels que :

am|φ(0)|r≤ V (φ) ≤ aMkφkr, (2.2.2)

et

˙

V (φ)≤ rαV (φ).

En effet en appliquant le principe de comparaison, le long des trajectoires de (2.2.1), V est major´ee exponentiellement :

V (xt)≤ V (φ)erα(t−t0).

En utilisant la condition (2.2.2), il vient

am|x(t)|r≤ V (φ)erα(t−t0)≤ aMkφkrerα(t−t0).

On retrouve alors la condition (2.1.1) avec β = (aM/am)1/r.

Cette approche a ´et´e exploit´ee par [82] et [104] pour les syst`emes `a retards constants et les syst`emes neutres.

Deuxi`eme technique : M´ethode du changement de variable. L’id´ee de cette technique est de faire in-tervenir une nouvelle variable xα(t) = x(t)eα(t−t0). L’objectif est alors de montrer que si la solution xα(t)

(34)

2.2. CAS DES RETARDS CONSTANTS 27 Si le syst`eme en xα(t) est uniform´ement stable alors, pour tout ǫ > 0 quelconque, il existe un r´eel δ > 0

tel que :

kφk < δ → |xα(t, φ)| < ǫ.

Il suffit alors d’utiliser la propri´et´e de lin´earit´e du syst`eme : xα(t, φ) =

2kφk δ xα(t, δ

φ 2kφk) Comme δ2kφkφ est de norme inf´erieure `a δ, on a

|xα(t, φ)| <

2kφk δ ǫ, et donc

|x(t, φ)| < 2kφkδ ǫ e−α(t−t0).

On remarque l’importance de l’uniformit´e de la stabilit´e de xα

Troisi`eme technique : Mod`ele de comparaison & in´egalit´e diff´erentielle. [9], [24], [109] Cette technique utilise des mod`eles simplifi´es auxquels seront compar´es les performances du syst`eme `a ´etudier. Elle requi`ere les notions de mesures et de normes de matrices.

Dans la suite de ce m´emoire nous utiliserons la m´ethode du changement de variables pour obtenir des propri´et´e d’α−stabilit´e. Ainsi en utilisant le changement de variable xα(t) = x(t)eαt, le syst`eme s’´ecrit alors :

˙xα(t) = (A0+ αIn)xα(t) + eατA1xα(t− τ). (2.2.3)

On peut directement appliquer les th´eor`emes de stabilit´e asymptotique des syst`emes `a retards constants. Ainsi, le th´eor`eme suivant est une application directe de [57] :

Th´eor`eme 2.2.1 Le syst`eme (2.2.1) est exponentiellement stable avec un taux α de convergence, s’il existe des matrices de dimension n× n, P1, S et R sym´etriques d´efinies positives et P2, P3, Z1, Z2, Z3, Y1, Y2, telles que

les conditions LMI suivantes soient satisfaites :

Γ1=     Ψ PT " 0 eατA 1 # − " YT 1 YT 2 # ∗ −S     < 0, (2.2.4) et    R Y1 Y2 ∗ Z1 Z2 ∗ ∗ Z3     ≥ 0, (2.2.5) o`u on d´efinit la matrice P = " P1 0 P2 P3 # et : Ψ = PT " 0 In A0+ αIn −In # + " 0 In A0+ αIn −In #T P + τ Z + " S + Y1+ Y1T Y2 YT 2 τ R # , (2.2.6) D´emonstration. La d´emonstration est bas´ee sur le Th´eor`eme 1.3.4 [57] pr´esent´e dans le Chapitre 1 appliqu´e au syst`eme `a retard et `a coefficients constants (2.2.3).

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