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Partir en vacances ? Et l’environnement alors !Le dilemme du chercheur-voyageur

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Texte intégral

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Développement durable et territoires

Économie, géographie, politique, droit, sociologie

 

Vol. 4, n°2 | Juillet 2013 Santé et environnement

Partir en vacances ? Et l’environnement alors ! Le dilemme du chercheur-voyageur

Hélène Melin

Édition électronique

URL : http://journals.openedition.org/developpementdurable/9847 DOI : 10.4000/developpementdurable.9847

ISSN : 1772-9971 Éditeur

Association DD&T Référence électronique

Hélène Melin, « Partir en vacances ? Et l’environnement alors !

Le dilemme du chercheur-voyageur », Développement durable et territoires [En ligne], Vol. 4, n°2 | Juillet 2013, mis en ligne le 15 juillet 2013, consulté le 22 septembre 2020. URL : http://

journals.openedition.org/developpementdurable/9847 ; DOI : https://doi.org/10.4000/

developpementdurable.9847

Ce document a été généré automatiquement le 22 septembre 2020.

Développement Durable et Territoires est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.

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Partir en vacances ? Et l’environnement alors !

Le dilemme du chercheur-voyageur

Hélène Melin

1 Ça y est, l’été est là et avec lui bientôt la mise entre parenthèses – courte – des activités de recherche, d’enseignement et de tout ce qui est assemblé sous le terme de « travail ».

2 Se dessine la possibilité, offerte à nous, de se poser, se reposer, se ressourcer, pour ensuite revenir à la vie trépidante et en mode « avance rapide » qu’a si bien décrit Olivier Petit dans le dernier édito de la revue.

3 L’idée de « vacances » suppose différents supports, matériels et immatériels, concrets et abstraits. Etre en vacances est à la fois un fait et un état d’esprit. Etre en vacances c’est en effet, souvent, investir un territoire différent de celui, quotidien, du travail.

C’est aussi oublier un peu ce que l’on est et se « vider la tête ». C’est donc partir, peu importe que la distance soit grande ou petite. C’est avant tout rompre avec la contrainte pour trouver un espace de liberté. Cet espace est recherché pour le rêve, l’évasion ou la tranquillité de l’esprit qu’il nous procurera.

4 Où donc trouver un endroit pour satisfaire ces aspirations ? Dans la nature bien évidemment ! Une nature affranchie de l’empreinte humaine, soustraite aux tourments du mode de vie urbain, authentique. Un paysage dans lequel dominent des éléments auxquels l ‘attribut « naturel » est spontanément et communément associé : la montagne, la mer, les champs, les arbres, une rivière… Pas de raisonnement scientifique ici pour définir ce qui est réellement naturel ou non, l’important est de se sentir dépaysé pour rompre avec le temps imposé.

5 Mais quand un chercheur travaille sur les questions environnementales ou le rapport à la nature, il est parfois difficile de lâcher prise…

6 Au gré du voyage, un premier questionnement apparaît sur le type de nature recherché et celui rencontré.

Partir en vacances ? Et l’environnement alors !Le dilemme du chercheur-voyageur

Développement durable et territoires, Vol. 4, n°2 | Juillet 2013

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7 Le vacancier souhaitera une nature préservée et sauvage. Mais la fréquentation touristique est souvent synonyme de dégradation des milieux, d’artificialisation et de rationalisation en vue de gérer l’accueil et les flux. La nature idéalisée est luxuriante, sans cesse en développement et éternelle. La nature concrète montre une érosion historique de la diversité biologique et un recul des niches écologiques de nombreuses espèces. La pression foncière, l’exploitation des ressources, les activités industrielles, mitent, déforment, polluent une nature pourtant devenue sujet international de conversation à la mode à travers le concept de développement durable.

8 Qui dit vacances sous entend, ensuite, pour le voyageur, chaleur et soleil. Chaque saison a ses codes et ses rôles dévolus. L’été se doit de remplir sa fonction régénératrice et dynamisante. Le constat de cette année est cependant bien éloigné de cet idéal, bâti culturellement. Le changement climatique se rappelle à nous. On ne parle plus seulement de réchauffement, la réalité plus complexe du dérèglement climatique, des aléas et des risques s’affirme clairement. Les tempêtes, les variations de températures, les brusques inondations et les catastrophes qui en découlent apparaissent comme autant de signes de bouleversements globaux et questionnent la responsabilité humaine dans le déroulement de ces phénomènes.

9 Se détournant des prévisions météorologiques, le voyageur-chercheur envisage alors les vacances comme l’occasion de renouer avec les bienfaits de la nature nourricière. La consommation de fruits et légumes explose en cette période, le terroir est plébiscité.

Difficile cependant de faire abstraction des scandales alimentaires, des manipulations génétiques aux conséquences sous mesurées et des pressions de grands groupes tel Monsanto sur les producteurs locaux et les espèces non calibrées.

10 Mais qu’importe encore une fois, pour le moment oublions cela et partons ! La voiture est prête, l’avion nous emmènera loin de nos tracas…

11 …Et nous voilà à nouveau confronté au dilemme du voyageur consciencieux que nous sommes, vous et moi. Qui dit déplacement dit, en effet, carburant et son corollaire l’empreinte carbone. Nous sommes rattrapés une nouvelle fois par la réalité environnementale. Le défi consiste, à cette étape, à trouver l’équilibre entre besoin de décompression et accord avec des valeurs écologiques et écologistes.

12 Qu’il est difficile d’être en vacances finalement ! Et impossible de débattre de tous ces sujets fondamentaux avec notre entourage familial, peu réceptif, un verre de jus d’abricot bio du Roussillon à la main. Personnellement mon fils me fera bientôt gentiment remarquer qu’il n’est pas mon étudiant et que je suis priée d’aller me faire bronzer ailleurs et surtout en silence !

13 Allez ! Une petite relecture de Pierre Rabhi, un coup d’œil rapide aux études sur l’agroécologie, un petit tour à l’AMAP pour faire le plein de provisions. Et promis, on fera de la randonnée sans sortir des sentiers et en prenant garde à ne piétiner aucune espèce endémique menacée. Peut-être même qu’on arrachera quelques griffes de sorcière rencontrées sur le littoral méditerranéen avant de piquer une tête, sans crème solaire bien sûr, pour ne pas nuire au milieu aquatique !

14 Le présent dossier porte sur le sujet « Environnement et santé : quels enjeux, quels acteurs, quelle intelligibilité ? ». Il comporte 7 articles très différents, tant dans les choix théoriques retenus que dans les démarches méthodologiques explicitées. Une lecture saine donc, avant un repos mérité.

15 Bon été à toutes et tous.

Partir en vacances ? Et l’environnement alors !Le dilemme du chercheur-voyageur

Développement durable et territoires, Vol. 4, n°2 | Juillet 2013

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