L'HISTOIRE L'HISTOIRE INTERDITE
de la naissance et de la vie de la seconde guerre mondiale…
de
M.Sousas Hemsida William F. Wertz, Jr.
Noémie Grynberg Jacques Serieys David Prud'homme
Edwin Black Yosef Mikhah Pierre Abramovici
Préface
M.Sousas Hemsida
Une question à laquelle journaux, magazines et livres d'histoires touchent très rarement est celle de savoir qui avait financé et armé Hitler. Qui avait financé l'appareil militaire et l'appareil de propagande du parti nazi ? Hitler était caporal pendant la première guerre mondiale et il menait aussi bien avant qu'après la guerre une vie bohémienne, sans travail permanent.
Comment fut-il possible pour Hitler de mettre sur pied, en quelques années seulement, un grand appareil de propagande et un parti couvrant tout le pays puis de rafler le pouvoir en Allemagne ? Qui était derrière lui ? Qui a financé Hitler ?
Le saviez-vous ?
Fritz Thyssen, l'homme le plus riche d'Allemagne, au capital provenant de l'industrie sidérurgique, était le premier capitaliste ayant commencé à financer Hitler ? Il avait donné à Hitler cent milles marks d'or en 1923 !
L'industrie chimique allemande avait découvert et fabriqué le pétrole, les matières explosives et le caoutchouc artificiel. Cela rendit Hitler et l'Allemagne nazie totalement indépendants des produits naturels importés et libres de faire la guerre ?
Les découvertes de l'industrie chimique allemande avaient été faites avec l'argent en partie emprunté aux États-Unis d'Amérique ?
Les Nazis avaient perdu 2 millions de voix lors de la dernière élection démocratique en Allemagne, le 6 novembre 1932. Les communistes avaient fait de grands succès électoraux et étaient devenus le plus grand parti politique dans la capitale allemande, Berlin ?
Après le grand recul des Nazis lors des élections de novembre 1932, 38 des grands capitalistes d'Allemagne écrivirent une pétition au président Hindenburg pour exiger la nomination d'Hitler comme chancelier national ?
Le grand capital allemand rassembla, dans une réunion secrète, le 20 février 1933, 3 millions de mark pour payer la campagne du chancelier Hitler aux élections du 5 mars 1933 ?
IG Farben, la plus grande entreprise allemande, était aussi plus gros assistant d'Hitler pendant la guerre et qu'IG Farben vola et s'appropria toutes les usines chimiques de l'Europe occupée par les Nazis : le groupe autrichien Skoda Werke Wetzler, la plus grande entreprise chimique de la Tchécoslovaquie Aussiger Verein, les trois fabriques chimiques de la Pologne: Boruta, Wola et Winnica ; le groupe chimique Français Kuhlmann.
IG Fabern avait, à Auschwitz, deux usines pour la fabrication d'huile et du caoutchouc synthétique sous le nom de IG Auschwitz, où on utilisait de la main-d'œuvre esclave. IG Auschwitz avait son propre camp de concentration et d'extermination ?
Le roi de Grande-Bretagne1 et sa femme américaine2, étaient nazis ?
Les institutions financières des États-Unis d'Amérique comme la Chase National Bank et la National City Bank of New York, avaient continué d'investir dans l'industrie d'armement allemande après l'arrivée d'Hitler au pouvoir et pendant toute la deuxième guerre mondiale ?
La plus grande entreprise des USA, lors de la seconde guerre mondiale, avait ses propres usines de fabrication du matériel de guerre en Allemagne nazie et dans les pays occupés3 ?
La plus grande partie de ce matériel de guerre était envoyé au front de l'est contre l'Union soviétique et qu'il fut aussi utilisé durant la guerre contre les troupes de leur propre pays, les USA ?
L'aide militaire des entreprises des États-Unis à l'Allemagne-nazie était probablement plus importante que celle des ventes des États-Unis à l'Union soviétique ?
1 Edward VIII qui fut obligé d'abdiquer de son trône en 1936
Mais qui avait financé et armé Hitler ?
Merci à M.Sousas Hemsida
« Le Cancanier »
http://lecancanier.over-blog.com/
Tout a commencé avec Fritz Thyssen
Fritz Thyssen, plus grand industriel de la sidérurgie allemande de l'époque, donna une série d'interviews à des éditeurs connus, Emery Reves et César Saerchinger, les- quelles donnèrent lieu à un livre sous le titre : « I Paid Hitler4 ». Le titre de ce livre est la reconnaissance du rôle de Thyssen dans l'Allemagne nazie, mais le livre n'est pourtant qu'une partie de la vérité. Thyssen, qui était l'homme le plus riche d'Allemagne, raconte avoir donné des grandes contributions au Parti nazi. De son père August Thyssen, Fritz Thyssen avait hérité une aciérie et des industries des métaux dans la région de la Ruhr, et les avait transformées en empire. Fritz Thyssen avait, au début du 19e siècle, une position dominante dans la vie industrielle et financière allemande et une grande influence dans plusieurs pays
4 J'ai financé Hitler
d'Europe. Fritz Thyssen devint actif dans la vie politique après la première guerre mondiale. Il n'accepta jamais les sanctions économiques des accords de paix de Versailles contre l'Allemagne vaincue et organisa, entre autres, la résistance passive contre l'occupation française de la Ruhr.
Fritz Thyssen chercha, après cela, un nouveau leader pour l'Allemagne. Thyssen voulait quelqu'un qui contribuerait au
« rétablissement de l'Allemagne en privilégiant la renaissance d'une volonté nationale en présentant un programme social moderne ». Et Fritz Thyssen d'ajouter : « dans un pays qui, en ce moment, a sept millions de chômeurs, il est nécessaire de détourner les pensées des masses, des fausses belles promesses du socialisme radical. Car, ces extrémistes ont commencé à prendre le dessus pendant la dépression économique, tout comme ils ont été près de gagner pendant la période révolutionnaire qui a suivi l'effondrement de 1918 ».
Le choix de Thyssen se porte sur Adolphe Hitler. Hitler a comme premier objectif de combattre les communistes et le mouvement syndical, d'en interdire leurs organisations. De plus, Hitler voulait que l'Allemagne puisse conquérir le rôle de leader dans les domaines militaire et industriel en Europe.
Comme indication en ce sens, Hitler veut expulser tous les Juifs qui, selon lui, se livrent à la conspiration de domination du monde et dompter l'Allemagne. La richesse de Fritz Thyssen et son aide politique ont été à l'origine du nazisme et avait donné à Adolphe Hitler une base économique stable,
des contacts précieux avec le grand capital allemand.
L'histoire politique d'Hitler commence après la première guerre mondiale. Durant la guerre, Hitler fut planton et caporal. A la fin de la guerre, il prit un emploi dans l'armée du district de Munich comme espion de la Défense nationale allemande, ce qui restait de l'armée allemande après la défaite. La tâche d'Hitler était alors d'espionner la gauche et le mouvement syndical. La première mission d'Hitler fut de reprendre, en 1919, le contrôle du petit parti de droite. Parti allemand du travail5. Dans les réunions du parti, Hitler excitait grossièrement ses auditeurs contre les communistes, les socialistes, les syndicalistes et les Juifs. Démagogue exceptionnel qui connaissait l'art d'exciter le public, il attira vers le parti les anciens militaires de profession, les officiers et les sous-officiers ; cela donna au parti un profil militaire.
Hitler prit vite le leadership du parti. Il changea son nom en Parti national socialiste allemand du travail6 et adopta un programme comprenant des principes nationalistes extré- mistes, une forte idéologie anti-socialiste et antisémite. Les années suivantes furent caractérisées par un chômage massif et une grande agitation sociale. La propagande haineuse d'Hitler attira des partisans et le parti grandit.
5 Deusche Arbeitepartei
6 NSDAP
L'Allemagne
après la première guerre mondiale
Les situations révolutionnaires au sein de la classe ouvrière allemande ne manquaient pas. Les travailleurs voulaient le socialisme, une certaine bourgeoisie défendant l'ancienne classe des privilégiés. Le capitalisme libéral finançait la création des légions afin de les utiliser contre les tentatives de révolte et l'organisation des travailleurs. Ces légions se constituèrent d’anciens officiers qui se sont battus pendant la première guerre mondiale et qui, après guerre, se retrouvèrent chômeurs. Mises en œuvre dans tout le pays et elles s’en prenaient sauvagement à toutes les réunions de gauche et à toutes tentatives des travailleurs de s'organiser, terrorisant toute la population ouvrière allemande.
Le magnat de l'industrie, Fritz Thyssen, faisait partie de ce mouvement d’opposition à la classe ouvrière. Il voulait contribuer à casser le mouvement ouvrier allemand alors qu’il disposait de peu de contacts dans les milieux politiques. Dans ses mémoires, il raconte qu'il a cherché conseil auprès d’un ami, le général Erich Ludendorff, à Munich. Le général Ludendorff était un ancien prussien, bon ami du maréchal Paul Von Hindenburg, chef d'état-major des forces allemandes pendant la première guerre mondiale.
Ludendorff était de ceux qui, pendant la guerre, ont été
nommés pour sauver l'Allemagne. Comme ancien ami du grand capital allemand, le général Ludendorff jouissait d'un grand prestige dans la haute classe allemande et était l'un des premiers représentants des soit disant patriotes des légions qui poursuivaient et pourchassaient les ouvriers.
Ludendorff était financé par le capital industriel. Selon Thyssen, il avait « sollicité et obtenu l'aide de plusieurs leaders industriels, surtout de Minnoux du groupe Stinnes ».
Il savait où l'argent devait être utilisé pour mieux anéantir la révolte ouvrière.
Ludendorff admirait énormément Hitler : « Il est le seul homme qui a quelqu'intelligence politique ». Fritz Thyssen suivit donc les conseils de Ludendorff et en tant que spectateur, il participa à une réunion publique où Hitler discourait ; il y trouva alors ce qu'il cherchait. « Ce fut à ce moment-là que je me rendis compte de son talent oratoire et de sa capacité à conduire les masses ». Mais ce qui m'impressionna le plus, « c'était l'ordre qui régnait dans ses réunions, la discipline presque militaire de ses partisans », écrivit-il.
Le capital industriel finance Hitler
Le Parti nazi d'Hitler voulait devenir le plus grand parti de droite. Mais Hitler manquait d'argent. Il était difficile de réaliser ce projet politique Nazis sans de grandes contribu- tions et même, de payer la canaille prête à s'habiller avec l'uniforme de S.A.. Thyssen et Hitler se trouvèrent, se rencontrant pour la première fois fin octobre 1923. La première contribution de Thyssen au Parti nazi fut de « cent milles mark en or ». C'était le moment. Hitler et Ludendorff étaient justement entrain de préparer un coup d'état à Munich ; l'argent fut donc bien utilisé.
Hitler visite une usine de Thyssen
Le capital monopoliste
des États-Unis et de la Grande Bretagne investissent dans Hitler
L'intérêt pour les investissements étrangers en Allemagne auraient dû se refroidir avec la prise du pouvoir par Hitler en janvier 1933 ; il n'en fut rien ! La vague des investissements étrangers en provenance des États-Unis et de Grande Bretagne, surtout dans l'industrie allemande de l'armement, se poursuivra de manière ininterrompue. La violence de la politique d'Hitler et de ses Nazis contre son propre peuple, contre les États frontaliers de l'Allemagne, n'aura aucun impact sur les investissements des États-Unis et de la Grande Bretagne.
Nous ne nous étonneront pas du fait qu’une certaine bourgeoisie soit sans réaction lorsque des centaines de milliers de membres du Parti communiste et des organisations syndicales seront enfermés dans des camps de concentration peu après la prise du pouvoir par Hitler et lorsque les Nazis tueront des centaines de dirigeants. Les pensées de cette bourgeoisie sur la démocratie, n'existent que pour elle-même et non pour le peuple. Cette absence de réaction se poursuivra lorsque les Nazis commencèrent à traquer les Juifs avec des accusations raciales ; après la nuit
de cristal7, en 1938, ils commencèrent à enfermer les Juifs dans les camps concentration et à les tuer dans les camps d'extermination. Une partie des personnes de confession Juive occupait des fonctions de direction dans la vie économique et industrielle allemande ; ils furent abandonnés par leurs compagnons d'affaires Américains et Anglais sans que cela ne changea la position des investisseurs. La chasse au profit se poursuivra... comme d'habitude. Les capitaux continueront à affluer des États- Unis et de Grande Bretagne pour le compte de l'industrie allemande de l'armement.
Le feu vert pour l'investissement constant et accru des industries allemandes avait été donné par les traités de paix et les pactes de non agression que la Grande Bretagne, la France et la Pologne signèrent avec l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste au cours des années 1930. En 1933, peu après la prise du pouvoir par Hitler, la Grande Bretagne et la France prirent l'initiative « d'un pacte de compréhension mutuelle et de coopération » avec l'Italie fasciste et l'Allemagne nazie. En 1938, la Grande Bretagne et la France signèrent la Convention de Munich avec l'Italie fasciste et l'Allemagne nazie par laquelle elles abandon- naient la Tchécoslovaquie aux mains Nazis. La Grande Bretagne et l'Allemagne signèrent en septembre 1938 une déclaration selon laquelle elles ne devaient plus jamais
entrer en guerre l'une contre l'autre. La France fit la même chose en décembre 1938. Aucun des crimes nazis n'arrêta les soit disant investissements des démocraties occidentales en Allemagne nazie. L'accord de Munich était, politiquement, une grande victoire pour Hitler. Fritz Thyssen écrivit ceci dans son journal intime : « C'était avant tout le Pacte de Munich qui donna au régime national socialiste une gloire historique. Il était, aux yeux des masses, la confirmation du fait qu’Hitler était sans faute et il mit de nouveaux leaders en position de mener, pendant les années suivantes, une politique qui conduira l'Allemagne dans une guerre que le peuple allemand n'avait pas prévue et qu'il n'avait pas, non plus, souhaitée ».
Le capital monopoliste de l'occident gagne de l'argent sur les guerres d'Hitler,
contre leurs propres pays
Il est bien connu et démontré que le monde de la finance n'a aucune morale et aucune éthique ! A cette époque, l'aide économique provenant des États-Unis et de Grande Bretagne, impliquant de très gros investissements pour le compte de l'économie nazie, démontrait ces faits.
Encore aujourd'hui, peu de gens peuvent s'imaginer que les affaires se poursuivaient alors que la guerre entre leurs propres pays et l'Allemagne nazie était en cours. Guerre qui, de plus, fut déclarée par l'Allemagne nazie ! Telle fut la triste réalité !
Dans l'histoire, ces affaires et ces accords économiques ont toujours représenté un chapitre très secret pour plusieurs pays. Il en est toujours ainsi, entre autres, en Grande Bretagne. En ce qui concerne les États-Unis, ces affaires secrètes furent dévoilées dans la publication du livre de l'écrivain nord-américain Charles Highmans : « Trading With the Ennemi : An exposé of The Nazi-Américan Money Plot 1933-1949 » publié à New-York en 1983. Charles Higham, écrivain connu, était l'auteur de plusieurs ouvrages ; surtout des romans et des biographies sur des
personnalités connues dans le domaine de l'art et du cinéma.
Mais, Charles Higham vient d'une famille d'origine juive ;
« Auschwitz est un mot pour toujours gravé dans mon cœur», écrit Higham. Ce fut décisif pour les révélations qu'il allait présenter au monde.
L'intérêt de Charles Higham pour les affaires secrètes relevant de la seconde guerre mondiale, commença en 1978 ; en réalisant des recherches sur les affirmations faites sur les contacts du cinéaste Errol Flyms avec les Nazis.
Higham écrivit un livre sur ce sujet8. Mais, pendant ses recherches, il mit la main sur des archives de bibliothèque ; plusieurs références concernant des politiciens connus et des hommes d'affaires qu'« il avait toujours cru avoir été liés à la chose américaine », semblaient « faire l'objet de suspicion pour activités subversives ». Ainsi, les rumeurs sur les contacts entre la grande finance, les politiciens et les Nazis, existeront après la seconde guerre mondiale, bien que les preuves n'eurent jamais pu être mises en lumière.
Higham reçut alors à son bureau de travail d'innombrables références aux documents qui avaient été archivés et gardés aux États-Unis. Charles Higham ira jusqu'au fond de cette affaire. Il commença à chercher ces documents d'archives en archives mais, même lorsqu'il trouvait quelque chose, il était surpris de constater que tout était sous le sceau du secret ! Il
ne jeta pas l'éponge et commença ce grand travail consistant à faire lever toutes mentions « secrets ». Invoquant la
« Freedom of Information Act des États-Unis », Charles Higham engagea le processus juridique, économiquement très coûteux et exigeant en termes de temps, pour faire supprimer les seaux du secret. Ceci lui pris de nombreuses années de travail. Les premiers documents auxquels il eut accès, se référaient à de nouveaux documents et de nouvelles exigences sur la levée du sceau du secret, dans une chaîne semblant ne jamais prendre fin. Le résultat fut troublant pour Higham : « Ce que j'ai trouvé est très indignant » écrivit-il.
La première chose qu’Higham découvrit fut que le président Roosevelt avait, le 13 décembre 1941, six jours après l'attaque japonaise sur Pearl Harbor et quatre jours après la déclaration de guerre d'Hitler contre les États-Unis, signé un décret : le « Trading With the Enemy Act9 » dans lequel des arrangements légaux pour le commerce avec les ennemis pouvaient officiellement être autorisés par le ministre des finances. Il était scandaleux que ceci fût possible, pensa Higham. Mais l'histoire fut pire que cela ! Les entreprises américaines outrepassaient toutes les limites possibles de ce qui était officiellement autorisé et établissaient de grandes affaires secrètes avec les Nazis !
9 législation de commerce avec l’ennemi
Charles Higham, homme aux valeurs bourgeoises, avait une croyance solide dans le système démocratique des États- Unis. En aucun cas, il n’aurait pu concevoir que ceux qui étaient assis sur le piédestal démocratique soient des traîtres à la patrie, ayant trahi leur pays et son peuple, pour des intérêts mercantiles. « A cause du secret qui assombrit toute l'histoire, la recherche devint le cauchemar qui précédait le grand cauchemar de la découverte. J'avais commencé un voyage qui risquait de ressembler à une noyade dans l'eau empoisonnée d'une cloche à plongeur ».
Ce qui exaspérait le plus Higham, c'est que les affaires avec l'Allemagne nazie se poursuivirent, même après l'attaque japonaise contre la base de la flotte des États-Unis : Pearl Harbor du dimanche 7 décembre 1941 ; et même après la déclaration de guerre d'Hitler contre les États-Unis le 9 décembre 1941. Pour ces grands capitalistes libéraux américains, la guerre n'est pas quelque chose exigeant une prise de position au profit de son pays et justifiant que l'on se rassemble dans l'intérêt du pays. Au contraire, « ils étaient unis autour d'une idéologie : l'idéologie des affaires habituelles10. Unis par les mêmes idées réactionnaires, ils conçoivent un avenir commun sous un pouvoir fasciste, indépendamment de la personne d’un leader mondial pouvant réaliser cette ambition », écrit Higham.
Lorsque la guerre commença à mal tourner pour les Nazis et
qu'ils commencèrent à avoir de sérieux déboires, ces financiers devinrent, selon Higham, plus « loyaux »...
Lorsque la guerre prit fin, « ils se pressèrent en Allemagne pour sauvegarder leurs intérêts, remettre des amis nazis aux postes les plus élevés afin de participer à l’engagement de la guerre froide ».
Qui étaient-ils,
ces magnats de la finance des États-Unis qui réalisaient de grands bénéfices
dans les affaires, avec les Nazis ?
Après cette longue introduction sur le financement d'Hitler pendant la seconde guerre mondiale, il convient ici de se demander qui ont été les réels bénéficiaires des affaires menées avec les nazis.
La liste est longue. Il s'agit de jeter un regard rapide sur ce groupe obscur que Charles Higham appelle « La Fraterni- té11 ». À la première place vient la famille Rockefeller, propriétaire de la Chase National Bank12, la première institution financière des États-Unis lors du déclenchement de la guerre mondiale. La famille Rockefeller était aussi propriétaire de la Standard Oil of New-Jersey, la première compagnie de pétrole américaine. Une grande partie des importations du matériel de guerre des Nazis aux États-Unis passait à travers ces entreprises et beaucoup d'autres comme la National City Bank of New-York. Même certaines petites entreprises comme la Davis Oil Compagny et la Texas Compagny, étaient importantes pour fournir du pétrole et de l'essence aux Nazis pendant la guerre.
Dans le domaine des télécommunications et de l'électro- nique, l'entreprise américaine : International Telephone and Telegraph Corporation13, se distingua par l'aide à la conduite
11 The fraternity
12 plus tard Chase Manhattan 13 ITT
de la guerre par les Nazis. Lorsqu'il s'agit des produits en acier avancés comme des roulements à billes, l'entreprise suédoise SKF14 et sa filiale aux États-Unis, étaient d'une très grande importance pour les Nazis. Tout ce qui roulait ou tournait exigeait des roulements à billes et ils provenaient de SKF. SKF avait même construit une usine à Schweinfurt, en Allemagne, pour doter les machines de guerre nazis de roulements à billes. SKF fabriquait 80 % des roulements à billes du monde. 60 % de la production mondiale de SKF allait chez les Nazis. Sven Wingquist, président de SKF, était un actionnaire important dans la Stockholms Enskilda Bank de Wallenberg, qui à son tour avait des liaisons avec la Reichsbank d'Hitler.
Une autre entreprise suédoise eut son importance dans la guerre d'Hitler, en réalité l'une des plus importantes était Bofors, d'où les Nazis recevaient une part significative de l'acier et des armes à utiliser pendant la guerre. Les entreprises américaines fabriquèrent même des voitures pour les Nazis durant la deuxième mondiale.
Henry Ford est un fanatique anti-juif connu, avec ses bons et amicaux contacts avec Hitler ; sa compagnie, la Ford Compagny, fabriquait des voitures et des camions exportés en Allemagne nazie. Les usines françaises de Ford fabriquaient aussi des voitures pour les Nazis durant l'occupation française par l'Allemagne nazie. General Motors, propriété de la famille DuPont, était aussi de la partie et fournissait voitures et avions aux Nazis.
Comment se passaient les affaires ?
Nous allons décortiquer ces liaisons en détail. Mais donnons d'abord la parole à Charles Higham : « Que se serait-il passé si des millions d'Américains et de Britanniques, en 1942, avaient dû s'aligner devant des stations d'essence avec des coupons de rationnement pour se battre, s'ils avaient su que la direction de « Standard Oil of New-Jersey » envoyait le carburant allié à l'ennemi ? »
Pensez ! Si le public français avait découvert que dans la ville de Paris occupée, la « Chase Bank » faisait des millions de dollars de bénéfices en réalisant des affaires avec l'ennemi et que la direction générale de Manhattan était parfaitement au courant ?
Ou que les voitures de Ford France étaient fabriquées pour le compte des troupes d'occupation allemandes en accord avec Dearborn, dans le Michigan ?
Ou que le personnage principal au sein du Conglomérat de téléphone américain15, le colonel Sosthenes Behn, s'était, pen- dant la guerre, envolé de New-York à Madrid et par la suite à Berne, pour contribuer à l'amélioration du système de communication d'Hitler et de ses missiles qui pleuvaient sur Londres ?
Ou bien qu'ITT avait fabriqué l'avion allemand, le Focke-Wulf, qui largua ses bombes sur les troupes britanniques et américaines ?
Ou bien que les très importants roulements à billes avaient, dans une coopération secrète avec le vice-président du comité de la Production de guerre des États-Unis16 et en coopération
15 ITT
16 War Production Board
avec le cousin de Göring à Philadelphia, été envoyés aux compagnons des Nazis en Amérique latine17, alors que les forces américaines en avaient un besoin désespéré ?
Et que toutes ces affaires étaient bien connues à Washington et/
ou intentionnellement ignorées ?
Charles Higham nous donne, dans « Trading With the Ennemi », une très grande quantité de matériel sur des événements pouvant attirer une grande attention. Nous allons relever, d'une manière très brève, une petite partie de ces révélations. Remarquez que tout le matériel se trouvait éparpillé dans les archives américaines et frappés du seau du secret jusqu'aux recherches d'Higham. Il avait exigé et obtenu la levée de la mention « secret » pour une partie de ce matériel. Mais beaucoup de documents sont encore classées secrets ! Nous allons reproduire les documents concernant la BIS18, la Chase National Bank, la Standard Oil of New- Jersey, ITT19, Ford et General Motors.
General Motors, recevra d’Hitler l’ordre de l’Aigle d’Or.
Ici, HENRY FORD REÇOIT la médaille de l'Aigle d'Or des Nazis.
17 pour leur export vers l'Allemagne nazie, explication de MS
BIS
(Bank of International Settlements20)
La BIS fut fondée le 17 mai 1930 par plusieurs banques centrales européennes et américaines. La raison de la création de la BIS est d'obtenir le payement des dommages de l’après première guerre mondiale par l'Allemagne, selon la Convention de Versailles.
Bien que la guerre se soit terminée en 1918, la question des dommages de guerre n’est pas, comme nous l'avons vu auparavant, encore résolue jusqu'à la fin des années 1920. Il y eût, avec le Plan Young (1920-1930), une proposition concrète sur la manière dont les dommages de guerre allaient être payés. Comme il avait été dit à l'époque, le rôle de la BIS fut de recevoir, d'administrer et de payer les dommages de guerre aux pays alliés qui avaient été soumis à la guerre par l'Allemagne.
Mais il n'en fut pas ainsi. Le grand capital des pays alliés a trouvé une solution pour faire de grands bénéfices en investissant l'argent dans ce pays industriel ravagé par la guerre : l'Allemagne. Ces investissements commencèrent une année seulement après la fin de la guerre. Mais à la fin des années 1920, les affaires devinrent importantes et la banque eut besoin d'une liaison sûre entre l'Allemagne et les
20 Banque pour les payements internationaux
pays alliés. La BIS fut alors créée et les financiers utilisèrent la BIS pour envoyer de l'argent aux investisseurs en Allemagne. Au lieu d'être une voie pour la sortie de l'argent allemand, la BIS devint la voie d'entrée de l'argent en Allemagne, surtout pour celui en provenance des États-Unis et de Grande Bretagne !
Dans le comité de direction de la BIS, étaient présents les représentants des banques centrales américaines, de Grande Bretagne, de France et même d'Allemagne, du Japon, d'Italie et ceux d'autres banques. Ce qu'avait en commun tous ces représentants, était leurs responsabilités au sein des comités exécutifs et des directions des grandes entreprises de ces pays. L'un des fondateurs de la BIS était, par exemple, l'initiateur même du Plan Young, Owen D.
Young, un des banquiers du groupe de la famille Morgan qui était propriétaire de la First National Bank of New-York.
Les représentants du grand capital mondial étaient rassemblés dans la BIS. Ceci fut naturellement formulé dans les statuts de la BIS, [à savoir] que la BIS « allait être une exception à la saisie, la fermeture et les blâmes, indépendamment du fait que ses propriétaires étaient ou non en guerre les uns contre les autres ». La BIS était le représentant de la politique « des affaires d'abord », gagner de l'argent sur la guerre, surtout des deux côtés des belligérants.
La BIS avait (et a21) sa direction générale à Basel, en Suisse.
Les Allemands22 gagnèrent dès le départ une grande influence au sein de la BIS. C'était dans leur pays que les investissements étaient faits ; les profits augmentèrent au point qu'au moment du commencement de la deuxième guerre mondiale, la BIS était sous contrôle Nazi. Le président de la BIS23 connu pour ses sympathies nazies, par- tageait ses convictions avec un grand nombre de grands capitalistes libéraux américains. Au sein de la BIS, il y avait, pour le compte de l'Allemagne nazie24, chef du groupe chimique allemand IG Farben25, un officier de premier plan de la Gestapo et chef de la Stein Bank en Cologne, ainsi que Walter Funk et Emil Puhl, président et vice-président de la Reichbank allemande et nommés par Hitler en personne comme représentants au sein de la BIS.
La BIS existera de tout temps comme une institution complice et comme la financière des Nazis, comme soutien arrière de toutes les expéditions de guerre nazies en Europe.
Les Nazis utilisaient la BIS comme support pour ramener chez-eux toutes les richesses qu'ils pillaient dans les États occupés. Dés le départ, la BIS est impliquée lorsque les troupes nazies envahirent et occupèrent l'Autriche en 1938.
Tout l'or autrichien se trouvant dans la banque royale à Vienne
21 http://www.bis.org/
22 les Nazis
23 l'américain Thomas H. McKittrick 24 Hermann Schmiz
25 le baron Kurt von Schröder
fut pillé, empaqueté et envoyé par la suite à la banque centrale de Berlin sous la supervision du vice président de la banque centrale et du directeur de la BIS26. Le rôle de la BIS sera, au moment de l'invasion et de l'occupation de la Tchécoslovaquie par les Nazis, à peu près le même, mais beaucoup plus révélateur comme une coopération du grand capital international pour le pillage et les opérations de piraterie. Lorsque les Nazis arrivèrent à la banque centrale tchèque, les réserves d'or du pays s'élevant à 48 millions de dollar en or et avaient déjà été expédiés dans un transport de la BIS à Basel puis, par la suite, à la banque d'Angleterre en Grande Bretagne. Avec un revolver sur la tête, les occupants Nazis obligèrent le directeur de la banque centrale tchèque à prendre contact avec la BIS et demander que l'or tchèque soit rapatrié de Grande Bretagne à Basel. Le président hollandais de la BIS27 et le directeur français de la BIS28 de la Banque de France, décidèrent, après une discussion entre eux, d'accepter la demande du directeur de la Banque Centrale Tchécoslovaque alors qu'ils étaient bien conscients que cette demande était dictée par les Nazis.
Un message fut envoyé par la suite en Grande Bretagne dont le président de la Banque Centrale29, un homme connu pour ses sympathies nazies, décida sur le champ de renvoyer
26 Emil Puhl 27 JW Beyen
l'or à Basel. De Basel, l'or fut expédié directement à la banque centrale allemande. Montagu Norman avait le soutien total du premier ministre de Grande-Bretagne30, un grand actionnaire de l'Imparial Chemical Industries et par- tenaire britannique du groupe chimique allemand, IG Farben.
Chamberlain mentit ouvertement au Parlement britannique en niant que l'or tchécoslovaque aurait été retourné à Basel.
Comme réponse à la question du parlementaire du Labour31, à savoir s'il était exacte que « les réserves d'or de Tchécoslovaquie avaient été données à l'Allemagne », Chamberlain répondit : « Non, ce n'est pas vrai ! ».
L’Associated Press rapportera, le 31 mai 1939, qu'à partir de la Suisse, l'or Tchécoslovaque était passé à Basel et se trouvait déjà à la banque centrale allemande de Berlin.
Pensez que cet événement eu lieu six mois seulement après que la France et la Grande Bretagne eurent signé, le 30 septembre 1938, l'Accord de Munich ; un pacte avec l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste qui, selon les exigences de Hitler, avaient forcé la Tchécoslovaquie à céder à l'Allemagne une partie de son territoire, les Sudètes ; territoire à population bilingue. L'Accord de Munich était la trahison ouverte de la Grande Bretagne et de la France contre la Tchécoslovaquie. Un an auparavant la France et la
30 Chamberlain 31 George Strauss
Tchécoslovaquie, par exemple, avaient signé une alliance militaire où les deux pays s’engageaient à se défendre mutuellement au cas où ils serait attaqués par l'Allemagne nazie... L'alliance n'avait aucune valeur. La même chose s'appliquait en ce qui concernait les engagements de la France et de la Grande Bretagne vis-à-vis de la Tchécoslo- vaquie lors de la signature de l'Accord de Munich. Les deux pays s'étaient engagés à assurer la sécurité militaire de la Tchécoslovaquie après la cession du territoire des Sudètes à l'Allemagne nazie. Ces engagements ne valurent plus rien lorsqu'il s’est agit de passer à l'action. Le pays fut occupé par les Nazis et divisé en deux colonies nazies. La France et la Grande Bretagne ne levèrent pas un doigt pour défendre la Tchécoslovaquie.
Et l'histoire les rattrapa…
L'or tchèque fut utilisé par les Nazis pour acheter du matériel de guerre stratégique en vue de la guerre à venir contre la France et la Grande Bretagne... Déjà en 1939, les Nazis avaient placé une grande quantité de l'or volé à la BIS, à Basel, afin de l'utiliser dans des investissements en Allemagne nazie. La BIS était importante pour Hitler mais aussi pour le capital de l'Occident ; tous profitaient de la guerre. La Grande-Bretagne recevait régulièrement des bénéfices en provenance de la BIS, avant et après qu'elle soit entrée en guerre contre l'Allemagne et durant toute la guerre.
Sir Otto Niemeyer32 et le ci-dessus cité Montagu Norman33. Les troupes nazies envahirent la Hollande et la Belgique au mois de mai 1940. La Hollande capitula le 14 mai ; ses réserves d'or furent pillées et expédiées, à travers la BIS, à la banque centrale de Berlin. La Belgique capitula au profit les Nazis le 28 mai ; ses réserves d'or d'une valeur de 228 millions de dollars, avaient, peu avant l'invasion, été envoyées à la banque centrale française qui était alors considérée comme la plus sûre. Mais en juin, c'était au tour de la France de capituler devant les Nazis. Le directeur belge de la BIS34 découvrit dans la partie non occupée de la France les convois d'or belge. Il se servit de son pouvoir pour les envoyer à Dakar, au Sénégal, d'où il a pu, par la suite, les faire transporter vers l'Europe et la banque centrale allemande35. En 1944, le traître Galopin paiera pour ses actes en étant exécuté par le mouvement de la résistance.
La morale capitaliste de « les affaires d'abord » se poursuivit pendant toute la guerre. Le grand capitalisme libéral américain et anglais continueront à faire leurs affaires avec la BIS durant toute la guerre ; à investir de l'argent dans la banque et à avoir des profits sur cet argent ; les Nazis l'utilisant pour faire la guerre contre les pays alliés et à payer
32 directeur dans la Banque d'Angleterre 33 président de la Banque d'Angleterre 34 Alexandre Galopin
35 la Reichsbank
régulièrement des intérêts à la BIS. L'argent de ces intérêts provenaient de l'or volé par les Nazis dans les pays pillés mais aussi des propriétés de millions de Juifs assassinés. Des millions de dents en or, de bagues, d'étuis, de verres de lunettes, de briquets, etc. L'or des Juifs fut coulé en lingots de 20 kg et auront fait l'objet d'une centaine de transport d'or de Berlin à la BIS. Après guerre, les recherches effectuées lors des procès de Nuremberg contre les criminels de guerre, ont montré que beaucoup de transports destinés à la BIS depuis la Banque centrale nazie36 venaient des camps d'extermination de Lublin et d'Auschwitz.
Lorsque la guerre pris sa tournure décisive en mai 1944 et alors que l'Union soviétique écrasa les allemands, on commença à entrevoir la fin de la guerre et la BIS convoqua une grande réunion à Basel. Les directeurs de la BIS de l'Allemagne nazie, d'Italie, du Japon, de Grande Bretagne et des États-Unis, se réunirent sous la direction de l'améri- cain Thomas H. McKittrick. McKittrick était, en accord avec les États-Unis, président de la BIS durant toute la guerre. L'agenda de la réunion : « discussion sur les 378 millions de dollar or, que les leaders nazis avaient envoyés à la BIS pendant les années de guerre afin qu'ils soient utilisés après la fin de la guerre ». L'or provenait des pays pillés et des Juifs assassinés. La décision de cette réunion n'est pas connue à ce jour et reste soigneusement secrète.
La BIS, cette banque nazie, a toujours eu des amis puissants qui ont sauvegardé leurs affaires et aidé à garder les secrets.
Lors de la conférence monétaire internationale de Breton Woods en juillet 1944, pendant les négociations de l'Occident sur le développement économique après la guerre, lorsque la Banque mondiale et le Fond Monétaire International furent crées, une résolution fut prise de mettre fin à la BIS. Pourtant, cette décision ne fut jamais mise en œuvre. La banque existe toujours et poursuit ses affaires habituelles. En 1948, la BIS subira une pression importante dans le but de rembourser l'or volé, pillé aux pays et aux peuples. L’existence des pouvoirs de la finance du capitalisme libéral dans le monde est telle, que la BIS ne remettra que la misérable somme de 4 millions de dollars or.
Chase National Bank,
une banque au service des Nazis
Dans les années 1930, et au cours de la deuxième guerre mondiale, la famille Rockefeller était propriétaire de la Chase National Bank37, plus grande institution bancaire de l'époque aux États-Unis et de la plus grande compagnie pé- trolière, Standar Oil of New-Jersey. La Chase National Bank38 commerçaient avec l'Allemagne alors même que le pays tombait sous la dictature nazie. Chase recevait les payements du pétrole et de beaucoup d'autres produits à caractère stratégique que la Standard Oil, et d'autres entreprises américaines, vendaient aux Nazis. La liste de ces entreprises est longue car, en plus de la Standard Oil, il y avait aussi Sterling Products, General Aniline and Film, SKF, ITT, Davis Oil Compagny, Texas Compagny, Ford, General Motors...
Le directeur de la Chase pour l'Europe39 était un homme ayant de très fortes sympathies pour le fascisme du général Franco et sa guerre contre la république lors de la guerre civile espagnole. Les sympathies de Larkin s'exprimaient non seulement verbalement, mais aussi par des actes concrets. Lorsque l'ambassadeur espagnol accrédité aux
37 plus tard, Chase Manhattan Bank, aujourd'hui JP Morgan Chase 38 et même la National City Bank of New-York
39 Joseph Larkin
États-Unis voulut ouvrir un compte de 4 millions de dollars à la Chase en 1936, à New-York, il en fut empêché par Larkin. L'argent allait être utilisé pour soutenir les activités de l'ambassadeur et la brigade Lincoln, un de citoyens américains qui s'étaient portés volontaires au côté des républicains, contre le fascisme au cours de la guerre civile espagnole. Donc, pas de compte bancaire pour les républicains au sein de la Chase de New-York. A peu près au même moment, l'ambassade espagnole de Paris avait ouvert un compte à la Chase Bank de Paris. Même ce compte fut stoppé par Larkin qui obligea l'ambassadeur à clôturer ce compte dans la banque.
Mais Larkin ne se satisfaisait pas de cela. Il avait des activités de soutien actif au fascisme et au nazisme. Il avait ouvert à Paris des comptes bancaires aussi bien pour les fascistes de Franco, qu'à la banque centrale allemande40, sous le contrôle direct d’Hitler. Larkin géra ce service pour le compte des Nazis durant toute la deuxième guerre mondiale. Pendant l'occupation de la France par les Nazis, Larkin ouvrit un compte personnel pour le compte de l'ambassadeur allemand à Paris41 et un autre pour celui de l'ambassade allemande. À travers ces comptes, l'argent finançait les activités de l'occupation et la Gestapo, pour la propagande, l'oppression, la torture et le meurtre du peuple français.
Pendant toute l'occupation nazie de la France, et même après que l'Allemagne nazie eût déclaré la guerre aux États- Unis42, la Chase Bank restera ouverte à Paris. Les investis- sements de la Chase dans l'industrie allemande d'armement se poursuivra pendant la guerre et ses affaires prospérèrent ; ce fut la même chose pour les bénéfices, surtout pour ceux en provenance de la vente du pétrole et d’autres produits de la Standard Oil.
Lors qu’après la guerre, Larkin voulut défendre son action, il dévoila que « le gouvernement britannique avait une atti- tude favorable vis-à-vis des banques britanniques à l'étranger » ; il affirma que les « banques britanniques de Paris firent de grandes affaires pendant l'occupation ».
La famille Rockefeller créa même, en 1936, une nouvelle banque avec la Schröder Bank of New-York pour gérer les affaires avec les Nazis. La banque reçut le nom de Schrö- der Rockefeller and Compagny Investments Bankers et était, selon le Times, « un complice de l'axe Rome-Berlin ».
En dehors des services bancaires, la Chase Bank s'adonnait aussi aux campagnes de propagande au profit des Nazis aux États-Unis. La banque publiait une feuille de propagande pour les achats du mark allemand qui promettaient de bonnes récompenses après que l'Allemagne nazie eut gagné la guerre.
42 c'était aussi le cas de la Morgan Bank
Après la guerre, la Chase Bank fut mise en accusation pour avoir violé le Trading With Ennemi Act. Le tribunal trancha, après plusieurs semaines de procès, en faveur de la banque et la Chase bank se tira totalement de toutes les accusations.
Aucune des accusations portant sur sa collaboration avec l'ennemi ne fut rendue publique.
Standard Oil of New-Jersey, combustible pour l'ennemi
Standard Oil était, en 1941, la plus grande compagnie pétro- lière du monde. Elle appartenait à la famille Rockefeller. Les affaires de Standard Oil étaient couvertes par la Chase National Bank. Ceci signifiait des payements pour le pétrole et autres, mais aussi des prêts d'affaires des partenaires de Standard Oil. C'est comme ça que les contacts entre Standard Oil, le gouvernement et les entreprises fonctionnaient, en Allemagne nazie.
Le tout puissant président de Standard Oil était Walter C. Teagle. Tôt dans sa vie, au cours des années de la première guerre mondiale, Teagle s'était fait connaître pour son admiration de l'esprit d'entreprise allemande. Plus tard, cela ce poursuivit par son soutien au nazisme naissant.
Teagle avait établi de fortes relations personnelles et des relations d'affaires avec Herman Schimtz, personnage principal dans le groupe chimique allemand IG Farben, principal partenaire d'affaires de Standard Oil en Allemagne nazie. Walter Teagle devint aussi, aux États-Unis, directeur de l'American IG Chemical Corporation, une grande entre- prise chimique, filiale d'IG Farben dans laquelle le gouver- nement nazi possédait un grand nombre de parts. Dans la
toile des relations d'affaires qui contrôlent les activités de grandes entreprises, tous se connaissent ; les investissements se font de part et d'autres sur toutes leurs zones d'actions.
Teagle avait beaucoup investi dans l'American IG ; American IG ayant beaucoup investi dans Standard Oil. Au sein de la direction de l'American IG, il y avait même les gens provenant d'autres entreprises qui entretenaient de bons contacts avec les Nazis43.
Les relations d'affaires de Standard Oil et celles de Walter Teagle avec les entreprises allemande nazie de- vinrent un bon et nécessaire soutien pendant la guerre contre les alliés. Teagle et Standard avaient une position décisive dans l'importante affaire du kérosène destiné à l'aviation nazie. Les Nazies eurent, grâce à Teagle et Standard Oil, le contrôle de l'air. Tout commença avec les préparatifs de la guerre contre la Tchécoslovaquie en 1938.
Le kérosène, la gazoline pour les avions, exige une compo- sante de plomb44 qui était presque exclusivement fabriqué par l'entreprise américaine, Ethyl Gasoline Corporation, laquelle appartenait à parts égales à Standard Oil et Gene- ral Motors45. Ethyl Gasoline Corporation était leader mon- dial dans le développement de la technologie de plomb dans la gazoline. Il était, au milieu des préparatifs de guerre, vital
43 par ex. Edsel Ford et William Weiss, le chef de Sterling Products.
pour les Nazis de disposer de cette technologie en Allemagne pour alimenter les avions nazis de la Luftwaffe en carburant. IG Farben reçut, de la part des dirigeants nazis, la mission d'utiliser ses relations d'affaires avec Standard Oil pour obtenir de celle-ci la construction d'une usine pour la composante tetraetyl de plomb en Allemagne nazie.
Pour IG Farben se fut un véritable succès. Ils obtinrent d'Ethyl Gasoline Corporation l'acceptation de la construc- tion, avec IG Farben, d'une usine en Allemagne nazie.
L'affaire fut même validée par le ministère de la guerre des États-Unis. Seul DuPont émit une réserve de prudence, exigeant qu'aucun secret de fabrication ne soit communiqué à IG Farben. Mais l'importance de l'affaire et les profits l'étant aussi ; personne ne l'écouta. Les Nazis eurent leur entreprise ; une entreprise appartenant à Standard Oil et à IG Farben, du nom d'Ethyl GmbH. Par la suite, toutes les usines de tetraetyl furent construites en Allemagne.
Toutefois, un problème persistait encore. La première usine ne serait pas prête avant l'automne 1939. L'invasion de la Tchécoslovaquie était fin prête et des mesures de prudence, pour disposer immédiatement de grandes quantités de tetraetyl, devaient être prises. Il était possible que la France et la Grande Bretagne prennent l'Accord de Munich au sérieux et engagent une guerre contre l'Allemagne.
Walter Teagle de Standard Oil aida les Nazis dans leurs besoins désespérés de tetraetyl. Teagle organisa les choses de telle sorte que le plus haut chef de IG Farben, Herman Schimtz et deux responsables de IG Farben46, se rendent à Londres en 1938, pour rencontrer les contacts de Teagle au sein de la filiale de Standard Oil, Ethyl Export Corporation. Ils signèrent là un contrat selon lequel IG Fraben emprunterait 500 tonnes de tetraetyl ! Dans la situation politique internationale très difficile du moment, personne ne se posa la question de savoir pourquoi IG Farben réalisait un l'emprunt de 500 tonnes de tetraetyl.
Schimtz pouvait donc, le 8 juin, informer le ministère nazi de la guerre, que Ethyl Export Corporation commencerait à envoyer le tetraetyl par mer dans le mois en cours. Comme si cela ne suffisait pas, Schimtz fit le même voyage un an plus tard et acheta du tetraetyl pour 15 millions de dollars.
L'aviation nazie devint, de cette façon, en mesure de commencer une guerre offensive.
Les Nazis le firent contre Londres ! L'aviation nazie utilisant le carburant fabriqué avec du tetraetyl en provenance de Londres, bombarde la capitale anglaise l'année suivant le voyage de Schimtz.
Mieux, le carburant que l'aviation britannique47 utilisera pour défendre Londres, est acheté à Standard Oil et Ethyl.
Une partie de cet argent servira à payer, à leur tour, les Nazis
pour les bénéfices des actions qu'IG Farben réalisait au sein de Standard Oil. C’est ainsi que la RAF a payé les Nazis ! Ces payements ayant été réalisés en Allemagne, à la banque privée d'IG Farben, par Standard Oil.
L'histoire concernant la trahison de Walter Teagle et celle de Standard Oil contre leur propre peuple en ce qui concerne le tetraetyl et le carburant des avions, ne se termine pas là.
Teagle avait aussi vendu le tetraetyl au Japon. Le Japon utilisera ce tetraetyl de Teagle et de Standard Oil pour fabriquer le carburant servant à attaquer le port le plus important des États-Unis : Pearl Harbor ; la plus grande catastrophe de guerre des États-Unis.
La trahison de Walter Teagle et de ses compagnons contre les États-Unis et les alliés, se poursuivra presque pendant toute la guerre. La coopération avec les Nazis commencera à se réduire après Stalingrad en 1943 mais, sans que cela ait réellement pris fin. Quelques exemples : Bien que les Nazis approvisionnent l'armée à l'aide de l'essence synthétique faite à base du charbon de IG Farben, chaque litre nécessaire pouvant être payé à l'extérieur était très bienvenu.
Standard Oil était parmi les premiers sur la liste des entreprises qui fournissaient le carburant aux Nazis.
Ça pouvait se passer comme ceci. Les tanks de pétrole de Standard Oil transportaient le pétrole aux Îles Canaries où il
était transféré dans les tanks de pétrole allemands à destination de Hambourg. Walter Teagle et Standard Oil avaient donc construit une raffinerie à Hambourg, laquelle livrait 15 tonnes de kérozéne chaque semaine. Standard Oil remplissait aussi d'essence les sous-marins allemands en plein Océan atlantique et autour des Îles Canaries, les mêmes sous-marins pourchassaient les bateaux britanniques.
Comble d'ironie, l'un des bateaux coulés par les Nazis s'appelait le SS Walter Teagle !
Même les avions des fascistes italiens, comme ceux de l'Allemagne nazie, en Amérique latine, étaient remplis de pétrole provenant de Standard Oil. Cette compagnie était la seule ayant du carburant à haute technologie exigé pour les longs vols au dessus de l'océan atlantique. Standard Oil fournissait l'essence à la compagnie nazie L.A.T.I., qui s'envolait depuis Rome vers Rio au Brésil, par Madrid, Lisbonne et Dakar et la compagnie aérienne Condor qui partait du Brésil. Standard Oil livrait aussi du carburant à la compagnie aérienne Ala Littoria, qui était aussi en service en Amérique latine. Cette activité continuera malgré l'exhortation du gouvernement américain aux entreprises américaines, de ne plus faire d'affaires avec les Nazis et leurs compagnons en Amérique du Sud. Mais Standard Oil ignora cet appel, privilégiant l'argent de l'Allemagne nazie.
La politique du capitalisme de « les affaires comme d'habi- tude » implique qu'il n'y ait pas de limites pour ce qui est acceptable et alors que, seuls les profits sont suffisamment attrayants. Même si on tire une fois le billet gagnant de la loterie des affaires et, qu'une autre fois, on la perde, il s'agit de mentir à ses meilleurs et plus proches partenaires.
Ainsi, à une occasion, les Nazis étranglèrent tellement les américains d'IG Farben, Standard Oil et Walter Teagle, que les affaires de guerre des États-Unis s'approchèrent de très près de la rupture.
Ford aide les Nazis à envahir et à occuper
Henry Ford, fondateur et principal actionnaire de l'empire automobile Ford, nourrissait une forte admiration pour Hitler, admiration basée sur un idéal commun : tous les deux nourrissaient une haine fanatique contre les Juifs. Hitler avait dès ses premiers jours en politique, reçu l'aide de Henry Ford.
Des témoignages, lors du procès contre Hitler pour tentative de coup d’État en 1923, firent état qu'Hitler avait reçu de l'argent d'Henry Ford. L'admiration de Ford pour Hitler n'avait pas de limites : il envoya 50 000 Reichmark à Hitler chaque année lors de l'anniversaire de sa naissance ! Henry et son fils Edsel Ford étaient deux personnes importantes pour plusieurs entreprises réalisant des affaires avec Hitler, ses Nazis, et les aidaient. La devise la plus importante pour eux était : « les affaires comme d'habitude ». Cette attitude convenait bien aux Nazis. Göring avait promis et rassuré que l'entreprise de Ford en Allemagne48 restera tranquille durant toute la guerre et sans aucune interférence de la part du gouvernement nazi.
48 la Ford Works
« Henry Ford, le plus que septuagénaire milliardaire américain, est un antisémite maladif. Il accuse les Juifs d'avoir déclenché la grande Guerre et commence à les attaquer dès 1916. En 1920, il achète un hebdomadaire, le Dearborn Independant, qui lui fournit une tribune. Il entretient des relations privilégiées avec l'Allemagne nazie. Henry Ford est décoré à Detroit le 30 juillet 1938, de l'ordre allemand de l'Aigle ».
Ford choisissait ses partenaires d'affaires sur la base de considérations politiques. Lorsque Ford construisit son usine de voitures en Allemagne, il laissa IG Farben acheter 40 % des parts et fit du leader de IG Farben49 un membre du comité exécutif de Ford Allemagne. D'autres part, Edsel Ford devint membre du comité exécutif d'IG Compagny, l'entre- prise d'IG Farben aux États-Unis.
En 1940, lorsque l'aviation anglaise eut un grand besoin de nouveaux avions pour combattre la tentative d'invasion nazie, Ford refusa d'en fabriquer pour l'Angleterre. Au même moment, Ford investissait dans les usines de l'Allemagne nazie afin de produire 5 tonnes de camions
devant être la pierre de base de l'offensive nazie en cours contre les tous les pays européens. Ford organisa par la suite l'exportation de pneus vers l'Allemagne nazie malgré le manque de matière premières aux États-Unis. Y compris dans les usines Ford de la France occupée, Ford produisait à plein régime pour la victoire d'Hitler. Dans l'usine des voitures de Poissy, en dehors de Paris, qui était dirigée par le fils Edsel, on commença à produire en 1940 des moteurs d'avions pour l'armée de l'air d'Hitler. Des voitures et des camions l'étaient aussi à Poissy pour l'armée allemande.
Ford France déclara des profits de l'ordre de 58 millions de francs en 1941.
Le bonheur dure rarement longtemps. L'usine Ford de Poissy fut bombardée en avril 1942 par l'aviation de guerre britan- nique50 qui infligea de grandes destructions. Edsel Ford était inquiet, craignant une publicité négative pour l'entreprise.
Heureusement pour lui, lors de leurs publications, il ne fut pas mentionné dans les journaux américains qu'il s'agissait des images des usines Ford en France. Après des bombardements répétés, la direction de Ford dispersa ses machines importantes dans plusieurs usines en France et la production pu se poursuivre sans interruption. Ford se tira des bombardements et du déplacement des machines, sans dommages. Les Nazis imposèrent au gouvernement français de Vichy de payer à Ford des dommages pour
50 la RAF
toutes les dépenses causées par les bombardements des Anglais et le déplacement des machines ! Ford ne reçut pas moins de 38 millions de francs de la part du gouvernement de Vichy. La collaboration de Ford avec les nazis fut totale.
Ford laissa même construire, en collaboration avec le groupe chimique allemand IG Farben, une nouvelle usine à Oran, en Algérie, avec la direction générale à Alger.
L'objectif était de fabriquer des camions et des voitures blindées pour l'armée de Rommel en Afrique du Nord.
Imaginez ! des villes se trouvant dans une colonie française, sous gouvernement français de Vichy, et ayant pourtant des relations diplomatiques avec les États-Unis. Mais il n'y eut aucune difficulté pour les affaires ! Le consul des États- Unis en Algérie envoya un rapport à son gouvernement dans lequel aucune plainte ne fut mentionnée.
Même les usines de Ford en pays neutre, en Europe, durent contribuer à la production du matériel de guerre de l'Allemagne nazie. L'usine Ford de Berne, en Suisse fit, en 1942, un travail de réparation de 2000 voitures de l'armée allemande. La filiale de Ford en Belgique avait elle aussi une filiale en Suisse qui fit les réparations des camions allemands à Zurich. Les pièces de rechange de Ford pour les voitures et les camions furent exportées depuis la Suisse vers l'Allemagne nazie.