Edmond - Antoine DECAMPS, professeur à l'Université de Rennes, y dirige le laboratoire de Physique - Environnement.
Lauréat de l'Académie des Sciences, ancien directeur de l'Institut de Préparation aux En- seignements du Second Degré (I.P.E.S.) de cette université, il a créé au sein de son labora- toire une section s'intéressant plus particulièrement aux pro- blèmes de la communication dans le cadre d'une Technologie Educationnelle (G.E.D.R.E.T.E.).
Cette section regroupe des chercheurs et enseignants de diverses origines et travaille en collaboration avec plusieurs universités étrangères.
Françoise PÉCOT, professeur certifié de mathématiques, ani- me depuis plusieurs années le G.E.D.R.E.T.E. (Groupe d'Etudes et de Recherches en Technolo- gie Educationnelle). Elle a parti- cipé activement à plusieurs conférences internationales et a publié de nombreux articles originaux. Elle prépare actuelle- ment son doctorat en Sciences de l'Education.
U N NOUVEAU MAITRE...
UNE AUTRE ECOLE...
Edmond-Antoine DECAMPS Françoise PECOT
U N NOUVEAU MAITRE...
U N E A U T R E ECOLE...
Collection Éducatique 2000
YVES S A L M O N E d i t e u r L a P e r d r i o t a i s CHATEAUGIRON 35410
1983
La loi d u 11 m a r i 1957 n ' a u t o r i s a n t a u terme des alinéas 2 et 3 de l'article 41, d'une part, que les C copies ou reproductions strictement reservées à l'usage d u copiste et non destinées à u n e utilisation collective » et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans u n b u t d'exemple et d'illustration, « t o u t e représentation ou reproduction intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, u t Illicite » ( alinett ler de l'article 40 ).
Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc u n e contre-façon sanctionnée par les articles 425 et suivants d u Code Pénal.
© Yves SALMON éditeur, 1983.
A Madame Jean-Georges Langlois
en témoignage de reconnaissance.
Celui qui se perd dans sa passion a moins perdu que celui qui a perdu sa passion.
Saint Augustin
Introduction
Le monde enseignant peut-il encore contribuer efficacement à la formation des élèves de l'horizon 90 ?
Est-il possible de répondre à cette question ?
Avouons que certains peuvent être d'ailleurs tentés de se demander si, dès à présent, les enseignants participent avec tout le succès néces- saire à la préparation de leurs élèves à la vie. La connaissent-ils eux- mêmes ?
Deux propositions dans le cadre de l'institution forment les termes opposés d'un vieux débat.
« Il est absurde de maintenir contre leur gré, au collège, des ado- lescents de quinze ans qui n'y réussissent pas, qui n'y apprennent dans l'échec que le mépris d'eux-mêmes et de la société. »
« Dans l'avenir que nous fabrique l'actuelle mutation technolo- gique, les plus modestes agents de l'économie devront avoir une ins- truction solide. » Cette économie n'aura pas de place, ou si peu, pour les O.S.
Manifestement, l'ensemble corporatif de l'éducation a depuis tou- jours posé comme postulat qu'il était le seul à pouvoir contribuer efficacement à cette formation. Et que plus il y aurait d'élèves, bons ou médiocres, plus la profession pourrait en tirer des avantages pour son développement. La situation économique actuelle, par l'augmen- tation du chômage des jeunes, n'a fait qu'amplifier cette tendance.
Mais rien ne prouve que ces élèves apprendront à l'école à entrer dans la vie avec un maximum de potentialités positives...
Une partie de la responsabilité de cette situation d'échec incombe
aux enseignants. Mais sont-ils correctement préparés à leur fonction ?
Possèdent-ils une saine définition de celle-ci ? Pensent-ils être au ser-
vice de la communauté ou envisagent-ils leur tâche comme un élé-
ment leur permettant de diffuser avec plus de facilité leur perception
personnelle du monde extérieur à l'école ?
Les replâtrages pédagogiques auxquels nous pouvons assister de- puis quelques années dans les fréquentes réformes du système édu- catif trouvent leur source dans différents courants de recherche : pédagogie p a r objectif, non directivité, enseignement programmé, tutorat...
Il est assez significatif de découvrir subitement, dans les pages du Bulletin Officiel de l'Education Nationale, tout un vocabulaire nou- veau et ésotérique a p p a r t e n a n t à l'un ou l'autre de ces courants péda- gogiques. Malheureusement, la compétence ne découle pas de la pu- blication d'un arrêté et n o m b r e d'enseignants sont justement inquiets de leur incapacité potentielle à remplir certaines tâches auxquelles on veut les obliger.
Sans entrer dans u n jugement qualitatif sur ces initiatives, ni sur les conséquences ou intentions sociologiques et politiques qu'elles peuvent entraîner, il apparaît évident que la grande majorité des en- seignants n'est pas préparée à certaines tâches. Faire un « tuteur » d'un enseignant n o n p r é p a r é est une gageure. Possède-t-il lui-même l'expérience de la vie, l'équilibre psychique, la santé morale, le sens de l'humain nécessaires p o u r aborder sans risque le monde fragile de l'adolescence ? A-t-il choisi le métier d'enseignant pour devenir le confident, le copain qu'on tutoie et qu'on questionnera sur la pilule, la drogue, l'I.V.G., le rôle des Russes en Pologne ou des U.S.A. en Amérique Centrale ? Car, p o u r certains, c'est cela le tutorat. Excellent moyen de t r a n s f o r m e r l'école en séminaire politique.
Ces extensions abusives découlent de l'introduction brutale d'une innovation dans u n système sclérosé. Ne convient-il pas mieux de considérer le rôle de l'enseignant au sein d'une équipe éducative re- groupant également parents, élèves et administratifs ?
Qu'en sera-t-il dans quelques années ?
L'enseignant va-t-il devoir accepter une modification de ses tâches ?
L'introduction de l'informatique va-t-elle déboucher sur une édu- catique qui l'obligera à cette mutation ?
Quels seront les objectifs de l'école ?
Verrons-nous enfin une école de la responsabilité, de l'initiative et de la créativité succéder à u n système qui était valable sous la troi- sième république mais n'a p u suivre l'évolution vers une éducation de masse ?
Autant de questions qu'il convient de se poser et auxquelles il est nécessaire de répondre rapidement dans les faits.