La vie de château
102
Jean-Charles Conus
Cette histoire est écrite selon la nouvelle graphie.
Elle est une pure fiction, et toute ressemblance avec des faits réels ou ayant existé n'est
que pure coïncidence.
Dans les textes, il y a des fautes volontaires, c'est ma signature. Je trouve que l'on ne respecte
pas assez les noms propres, aussi, j'ai décidé de ne pas mettre d'apostrophe devant eux ! Les dialogues sont précédés de l'initiale
du prénom de la personne qui parle.
Jean-Charles Conus
Photo de couverture, libre de droits : pixabay.com numéro: 102 année : 8 juin 2019 + janvier 2021
L'histoire...
Aimeriez-vous habiter un château ?
Je parie que si vous posez cette question à un enfant, il vous répondra tout de suite... oui !
Eh bien, allons au château !
Sulivan est sans doute le plus chanceux de tous
les enfants ! Depuis toujours, il a vécu dans une petite maison aux allures de château. Cette dépendance était celle du jardinier du château, et non pas le château.
C'est ainsi qu'il nommait sa maison auprès de tous
ses camarades... et sachant bien que ce n'était pas tout à fait vrai, il n'invitait pas ses copains.
De toute façon, pour aller au château, depuis la ville, il fallait le vouloir tant c'était loin. Heureusement, Sulivan avait un chauffeur privé, et c'était
son grand-père. Il était même très ami avec
le châtelain... et c'est comme ça que son fils a trouvé une belle place de travail avec sa femme.
Elle s'occupe essentiellement de son jardin, et son mari en profite pour avoir de bons conseils pour agrémenter les espaces verts du château. Jusqu'à ses 14 ans, les copains de Sulivan n'étaient jamais allés voir le château. L'un d'eux avait eu l'occasion, une fois, un dimanche, et il a été surpris de ne pas voir Sulivan.
C'était logique.
Le lundi matin, ledit copain est allé voir Sulivan pour le lui faire remarquer, et Sulivan ne voulait pas dire où il habitait, et il a préféré dire que son copain avait vu les locataires du château. Le copain n'a pas demandé plus, car il n'allait pas retourner au château pour vérifier.
L'affaire en est restée là. Sulivan était heureux de vivre dans cette maison, et comme il n'habitait pas le château, il a demandé à son papa s'il pouvait se faire une cabane dans le petit bois. Son papa a été d'accord.
Ingénieux comme jamais, Sulivan a donc construit une belle cabane sur le flanc d'une petite colline où se trouvait donc le petit bois. Il avait choisi
cet endroit, car il s'y prêtait bien et il y avait déjà un petit sentier qui passait par là. Là où se trouvait la cabane, il y avait un petit plat idéal. Il a pu y installer une petite table et une petite chaise pour jouer au maitre du château.
Chaque été, le fils de la copine de sa maman venait jouer avec lui, et son rôle était parfois chevalier, parfois artisan ou jardinier. Le petit endroit est vite devenu très fréquenté. Le sentier s'est élargi et la place a perdu sa verdure. Le père de Sulivan n'était pas très content et il leur a demandé de mieux faire attention à la nature. C'est ce qu'ils ont fait, et la question était alors délicate à propos de la cabane.
Ils ne devaient donc plus en reconstruire chaque été.
Le père était contrarié pour son fils. Il aimait tant le voir jouer avec le seul camarade qu'il avait.
Il devait donc faire quelque chose pour eux.
Pour les 12 ans de Sulivan, son papa lui a demandé s'il n'aimerait pas mieux avoir une petite maison.
Sulivan n'a d'abord pas compris, pensant que c'était à cause de son copain qui passait son été ici et qui squattait sa chambre pour dormir.
Le jardinier a ensuite mieux expliqué son idée.
Il s'agissait de construire une vraie petite maison où les enfants pourraient mieux y jouer.
De plus, puisqu'il était jardinier, il pouvait le faire facilement. Sulivan a été très content de cette idée et il était alors d'accord.
Ainsi, dès le printemps, la cabane n'a pas été refaite, et Sulivan a pu aimer son papa pour construire une vraie petite maison. Il avait fait un petit dessin d'une petite maison bien sympathique. Elle avait même un étage, mais pour de petites personnes.
Elle avait un toit à deux pans, et de jolies fenêtres qui débordaient des parois, comme on en voit en Écosse, entre autres. Sulivan a été enchanté de sa nouvelle cabane. Même que le châtelain est allé la voir pour ensuite féliciter son jardinier. Il lui a proposé de faire un escalier pour y accéder depuis le chemin.
Voilà ce qu'ont fait les enfants et le jardinier lors de leur première semaine de vacances. Dès lors, les enfants étaient d'autant plus heureux d'aller jouer dans
cette nouvelle maison. Elle était au moins cent fois mieux que leur cabane. Elle était même si grande qu'ils ont voulu y dormir à l'étage. Mais le plancher n'était pas adapté puisqu'il avait la moitié de la surface plus un petit recoin... car il fallait bien y monter, à l'étage !
Durant l'été, le plancher a été modifié pour qu'il comporte une trappe avec trois échelons pour y grimper plus facilement. Il était facile d'y dormir, mais ce n'était pas évident de descendre une fois le lit installé puisqu'il couvrait alors toute la surface.
Pour les garçons, ce n'était pas un problème.
Le jardinier était bien content que son fils soit satisfait de sa maison. En bas, il y avait partout des espaces de rangement. Devant la maison, une nouvelle table plus grande pouvait accueillir quatre personnes. Sulivan pouvait ainsi inviter ses parents pour le repas du dimanche.
Sa maman trouvait d'abord que c'était un peu inadéquat de construire cette petite maison, mais l'endroit était vraiment paisible pour y manger le dimanche, par
exemple... ou pour se reposer et lire tranquillement sans être dérangé. Il manquait alors quelque chose, mais elle n'a pas voulu dire quoi. La journée avait été radieuse.
À l'automne, le châtelain a tenu à remplacer une glissière, ou un toboggan pour suivant qui...
C'est un jeu pour les enfants. On y grimpe par une échelle et on se laisse glisser de l'autre côté.
Elle était encore en assez bon état.
Le jardinier ne voulait pas la jeter, il l'a donc installée sur le plat devant la maison des enfants au plus loin pour qu'elle ne gêne pas avec la table. Sulivan n'était pas vraiment content de voir cette installation, et il est vrai qu'elle ne gênait pas vraiment. Il l'a bien sûr inaugurée.
Une barrière a suivi longeant l'escalier puis protégeant le pan de terrain pour éviter d'y marcher dedans.
L'endroit devenait chaque semaine plus joli.
Lors du dernier jour, les garçons sont retournés dormir dans la maison. Ils ont tout balancé en haut tout en étant bien certains de ne rien avoir oublié avant de rabaisser le plancher puis installer leur lit.
Il y avait juste assez de place pour eux...
G: C'est vraiment petit !
S: Oui, mais je crois bien que c'est parce que nous avons grandi !
G: Oui, c'est vrai aussi...
S: Je suis prêt...
G: Moi aussi...
S: J'éteins...
...G: Dis...
S: Oui...
G: Que voulait dire ta mère... par... il manque quelque chose ?
S: Je ne sais pas... je lui demanderai demain...
G: On peut ajouter un drapeau...
S: Bof... y a déjà le fanion...
G: Des fleurs...
S: Aux fenêtres, pendant que t'y es ! G: Pourquoi pas ?
S: Dors au lieu de dire des bêtises ! G: Mouais... bonne nuit...
S: Bonne nuit... et ne ronfle pas ! G: Je ne ronfle pas !
S: Si !
G: Excuse-moi... ça manque de confort... c'est à cause du matelas...
S: Dors...
...
Les derniers jours de jeu ont été bien pareils, mais sans Gahétan, ce n'était plus pareil. Sulivan aimerait bien que Gahétan vienne plus souvent... le reste de l'année.
Il a trop à parcourir pour être là le samedi dans la matinée et repartir le dimanche en milieu
d'après-midi. S'il avait aussi un chauffeur, ce serait mieux, mais le grand-père ne fait pas le taxi pour tous les enfants, même si ce sont des copains de son cher petit fils Sulivan.
Sulivan retournait souvent à sa maison pour y jouer, et surtout pour lire... et manger avec ses parents
le dimanche. Alors que l'automne est arrivé, Sulivan était presque déçu. Il a pris une photo pour la montrer à ses camarades et leur proposer une visite.
Il pensait se faire un autre bon copain.
. . .
L'année scolaire a passé agréablement, même si les devoirs étaient plus importants et compliqués.
Comme toujours, à Noël, les cadeaux sont plus utiles que jouets. Cette année, la neige était de retour et il fallait de nouvelles chaussettes.
Durant tous ces jours, Sulivan aidait son papa à diverses tâches à commencer par dégager la neige sur le chemin qui va du château à la grille principale, puis jusqu'à la maison du jardinier. Le facteur était bien content.
Après ça, Sulivan était bien content de retrouver
la chaleur ambiante. Il se demandait souvent comment était sa maison. Il ne voulait pas y aller pour le savoir.
Il en aura la surprise en mars quand la neige sera toute partie.
Six mois plus tard, c'est le temps des examens.
Il est bien trop tôt pour songer aux vacances, mais qui donc n'y pense pas déjà ?
Sulivan ou Gahétan !? Ni l'un ni l'autre !
À 13 ans, rien n'avait changé, mais pour dormir à l'étage, ce n'était pas du tout évident...
S: Eh bien... veux-tu que je te dise ? G: Oui, mais je crois savoir...
S: C'est la dernière fois que l'on va dormir ici ! G: Oui... ouh, là...
S: J'arrive à toucher la paroi...
G: Ouvre donc la fenêtre !
S: On pourrait passer par la fenêtre !
G: Oui, mais je ne pense pas que cela soit très pratique dehors...
S: Oui, eh bien... bon... hum... tu devrais demander à ton père d'agrandir la maison !
G: C'est une idée, et je te parie qu'il va me répondre que j'ai une chambre avec un lit bien plus
confortable ! S: Oui, c'est sûr ! G: Bien, tu es prêt ? S: Oui, presque...
G: Bien... à moi de me mettre en place...
S: As-tu assez de place ? G: Ça va... pour cette fois...
S: Bien...
G: Ouh...
S: Tu as fini de bouger ? G: Oui, c'est bon...
S: Merci... j'éteins...
G: Ça marche...
S: Que fais-tu ?
G: Ah, je ne suis pas dans mon lit ! Aïe ! S: Arrête de bouger !
G: Oui, voilà... et j'espère que ta maison ne va pas se casser cette nuit...
S: Ah, ça...
...G: Dis...
S: Dors...
...
C'était leur seule nuit de l'été dans la maison.
. . .
Au matin, ils étaient bien contents de redescendre.
Et si à deux, ce n'était pas idéal, un seul avait encore bien assez de place... même sans rabaisser le plancher puis fermer la trappe.
Désormais, les jeux étaient moins passionnants.
Les garçons avaient grandi et ils pensaient à d'autres choses. Gahétan serait bien retourné visiter le château, mais c'était, hélas, le meilleur moyen pour
en être banni !
Jouer les chevaliers ne l'intéressait plus. Il voulait autre chose... voir le monde... partir à la découverte.
Alors, Sulivan lui a proposé une grande balade...
mais il devait demander la permission à ses parents.
Maman n'était pas contre. Papa leur a donné une carte de la région.
La carte ne suffisait pas.
Gahétan n'y voyait que des lignes. Papa leur a donné un cours. C'est là que Gahétan a été pris de frénésie pour tout comprendre. Dès lors, avec une boussole, il ne se perdrait plus jamais. C'est comme ça que la première balade a commencé. Gahétan a joué le chef de patrouille.
Tous les jours, les garçons sont partis en balade, et tous les jours, ils sont revenus sans égratignure
en fin d'après-midi et parfois un peu plus tard en début de soirée, mais bien avant la tombée de la nuit.
Gahétan notait tout de leurs périples dans un petit carnet. Il notait même des points de référence sur la carte, et le point '0' était bien entendu la petite maison de Sulivan.
C'est comme ça qu'ils ont découvert les environs et il y avait un lac au bas d'une forêt. D'après les calculs de Gahétan, c'était un peu trop loin d'y aller,
car ce serait facile d'y aller, mais ils perdraient du temps pour remonter la colline.
Maman trouvait que c'était quand même un peu trop loin.
C'est alors que l'idée d'avoir des vélos a refait surface.
Sulivan préférait marcher et voir le pays, et prendre de jolies photos. Bien sûr, en vélo, ils iraient plus loin et plus vite, mais pour la colline, cela ne changeait rien.
Remonter à vélo serait très pénible... sans doute trop.
Alors, les petites balades ont repris et à la longue, Gahétan ne trouvait plus si passionnant de marcher.
Sulivan avait par contre passé un nouvel été magnifique et il était très content.
Il était juste déçu de ne plus avoir autant joué à sa maison...
G: Oh, tu sais, ta maison...
S: Dis-moi, Gahétan... il me semble que tu te lasses vite des choses !
G: Euh... non... pourquoi dis-tu ça ?
S: Eh bien... ç'a commencé avec nos jeux, puis la maison et maintenant les balades...
G: Non, Sulivan, ne crois pas ça ! J'ai bien aimé jouer avec toi toutes ces années à tes jeux, mais on n'a plus l'âge d'y jouer... puis avec la maison, on est maintenant trop grands... et enfin, les balades, j'aime bien, mais j'aimerais mieux les faire à vélo...
S: Hum... mouais, je comprends... excuse-moi...
G: N'aimerais-tu pas voir le lac ? S: Oui, j'aimerais...
G: Allons, ne te fâche pas...
S: Je ne suis pas fâché... excuse-moi...
G: Nous irons au lac l'été prochain ! S: C'est si loin...
G: À vélo, mon ami ! S: Mouais...
G: Je demanderai à prendre le mien ! S: Bien... d'accord... faisons comme ça !
G: D'accord... et là, si je te propose une grande citronnade chez toi !?
S: Je suis d'accord...
G: Où vas-tu ? S: Chez moi !
G: Mais non, chez toi... à ta maison ! S: Oh ! Oui, allons-y !
G: Oui... oh, mais, as-tu de l'eau chez toi ? S: Chez moi, ou chez moi ?
G: Chez toi !, là-bas ! S: Euh... allons voir ! ...
Et c'est sur cette note heureuse que leurs vacances se sont terminées.
. . .
Et on pourrait reprendre le refrain de l'école, sauf que c'est leur dernière année de primaire et l'enjeu n'est plus tout à fait pareil. Ils veulent se retrouver ensemble à l'école supérieure !
Et voilà Noël... Sulivan est allé vérifier l'état de sa maison. Le vent avait poussé les fenêtres.
Papa devra faire quelque chose. Le toit n'avait pas de fuite, heureusement. De toute façon, Sulivan avait récupéré tout ce qui était susceptible de ne pas passer l'hiver. Il restait surtout des babioles.
Les tâches hivernales sont toujours les mêmes.
Sulivan a juste plus le temps de ne rien avoir envie de faire. Avez-vous bien compris ? Oui...
Ma: Eh bien, mon grand !?
S: Oui...
Ma: Tu es là devant cette fenêtre depuis bientôt une demi-heure...
S: C'est possible...
Ma: N'as-tu rien à faire ? S: Non...
Ma: Vraiment ?
S: Non... mais j'aime la chaleur du radiateur...
Ma: Moi aussi, mais je préfère tout de même m'occuper autrement...
S: Je m'ennuie...
Ma: Je vois ça... veux-tu m'aider à faire les biscuits ? S: Bien sûr, comme toujours !
Ma: Nous irons voir ton grand-père ! S: Bien sûr, comme toujours !
Ma: Eh bien !?
S: Excuse-moi...
Ma: Pourquoi n'as-tu pas de petite amie ? S: Je suis trop jeune !
Ma: Tu vas avoir 14 ans...
S: Oui...
Ma: Tu vas entrer dans l'adolescence...
S: Oui...
Ma: On dit parfois que c'est l'âge bête...
S: Ah... pourquoi ?
Ma: Parce que les enfants font des bêtises...
S: Je ne savais pas...
Ma: Ne t'inquiète pas, cela ne fait rien si tu te blesses, mais essaie d'éviter !
S: Oui, promis...
Ma: Et puis... tu grandis et tu vas encore grandir...
alors si tu as des soucis, des questions...
S: Il me faudra de nouvelles chaussures, je pense...
Ma: Nous verrons ça...
S: Il me semble que mes bottes me font mal...
Ma: N'aimerais-tu pas autre chose que des bottes ? S: Pour pelleter la neige !?
Ma: Hum... tu as raison, mais essaies de les finir cet hiver !
S: D'accord...
...
Ma: Essaie aussi de ne pas rester planté là toute la journée...
S: Je t'aide après, promis ! ...
Ainsi, plus tard, corvée de biscuits, et ils sont si bons que la corvée a été une joie.
. . .
Quelques mois plus tard, Sulivan a eu 14 ans.
14 est un chiffre particulier comme le 7.
À 7 ans, on commence l'école primaire.
À 14 ans, on entre à l'école supérieure, et on entre aussi dans la période de l'adolescence. Pour au moins ces deux raisons, il faut au moins un cadeau spécial, et ç'a été le vélo vtt. Sulivan était très content, car il allait enfin pouvoir aller plus loin, et pourquoi pas au lac ?, mais pas déjà maintenant, non, cet été avec Gahétan !
Accordé !
À 14 ans, on est déjà plus responsable, et Sulivan était vraiment un bon garçon. L'école s'est poursuivie gentiment, et l'année s'est terminée avec les examens.
Il s'est bien rattrapé après la mauvaise passe de l'hiver, et il a bien sûr réussi son passage. Il était bien rassuré, car il avait tout de même un doute, mais c'était surtout de l'appréhension.
. . .
Pour le nouvel été, Gahétan est de retour au château chez Sulivan qui a été très content de le revoir, et mieux encore lorsqu'il arrive avec un vélo. Rapidement, le projet de l'été est en place.
Sulivan a retrouvé les accessoires de l'été passé avec la carte de la région, la boussole et tout le reste qui était bien rangé dans une boite à chaussures...
G: Tu es génial, Sulivan... nous avons tout pour bien faire ! S: Tout, je ne sais pas...
G: Que faut-il encore ?
S: Eh bien... dans l'idéal, si nous y allons le matin, ce serait trop bat' d'y rester toute la journée et ne rentrer qu'en fin d'après-midi...
G: Mais c'est génial, ça ! J'y souscris ! S: Il nous faut aussi de la crème solaire ! G: Ça, j'ai !
S: Ah, oui, tu as de la réserve !
G: Comme chaque été que je suis venu, j'ai quelques habits de rechange, et aussi un beau téléphone ! S: Ouh !, t'en as de la veine !
G: Je l'ai eu pour mon anniversaire ! S: Moi, c'est le vélo !
G: C'est bien aussi ! S: Ouais...
G: Alors, on y va !?
S: Oui, mais pas maintenant ! G: Pourquoi pas ?
S: Eh bien... vu l'heure...
G: Ouais, c'est vrai... allons plutôt voir ta maison ! S: Ma chambre...
G: Non, ta maison, dans le jardin ! ...
S: Ah, oui... mais tu sais... elle est devenue petite ! G: Nous avons grandi, oui !
...
Ils sont allés voir la petite maison. Elle n'avait pas changé, en réalité. Ils ont grandi, et c'est vrai, pour monter à l'étage, c'est très facile, mais il n'y avait plus assez de place que pour un seul. Sulivan a tant grandi qu'il ne peut plus s'allonger. Gahétan s'y est aussi essayé et il n'a pas fait mieux...
G: Bon... fini de dormir ici ! S: Mouais, dommage...
G: Heureusement, je peux dormir dans ta chambre ! S: Oui, mais tu peux dormir ici, si tu veux !
G: Non, je n'y arriverai surement pas... ou alors, dans une tente !
S: C'est une chouette idée !, mais je n'ai pas de tente ! G: On pourrait dormir à la belle étoile !
S: Juste comme ça !?
G: Oui, mais avec une couverture pour nous protéger un peu...
S: On peut... si Maman est d'accord...
G: Pourquoi pas ?
S: Oh, je n'en sais rien... mais on s'installe où ? G: Ici, à côté de la maison...
...S: Hum... ne m'en veux pas, mais je préfère mon lit...
G: Tu as raison, un bon lit est bien mieux ! S: Et on sera prêt de bon matin...
...
. . .
Et donc, le lendemain, ils vont au lac avec leurs vélos.
Ils ont pris un bon sandwich pour midi, un paquet de biscuits et des pommes... et une bouteille d'eau, la crème solaire et un linge de bain. Si le lac était magnifique, là où ils sont arrivés, ce n'était pas très accueillant. Il leur fallait trouver l'endroit idéal pour jouer et pour bronzer.
Il leur fallait aussi estimer le temps de retour.
Ainsi, les premiers jours, ils sont restés calmement ici à jouer et bronzer. Pour le retour, donc, c'est chaque jour qu'ils mesuraient le temps à faire. Ils ont fini par décider de partir à 4 heures. Ça leur faisait 6 heures de dépaysement. Ils sont restés à cet endroit durant les deux premières semaines...
G: Sulivan... eh ! ...S: Hum...
G: Faut pas dormir !, faut bouger !
S: C'est ton idée du thé qui me fait ça...
G: T'es pas habitué...
S: Tu en as surtout trop mis ! G: Excuse-moi...
S: Tu as l'air triste, aujourd'hui, non ? G: Oui, je pense déjà à aout...
S: Et alors ?
G: Excuse-moi encore, mais je ne peux pas rester tout l'été... seulement jusqu'au 31 juillet...
S: Ah... c'est dommage...
G: Oui, parce qu'on ne va pas beaucoup bronzer ! S: C'est déjà bien, deux fois deux heures par jour...
G: Oui, mais bon...
S: J'aimerais aller voir comment c'est sur la droite...
G: On peut...
S: Quand je me sentirai mieux, alors...
G: On va rester là, alors...
S: J'aime autant, en tout cas aujourd'hui...
G: Tu te sentiras mieux pour rentrer...
S: J'espère bien...
G: Et je ne mettrais plus de tonus dans le thé, promis ! S: Merci !
...
Le weekend, ils sont restés à jouer à la maison et ils ont repeint les parois extérieures pour protéger
le bois de la pluie. Elle avait de nouveau un bel aspect.
Les derniers jours de vacances de Gahétan avec Sulivan, ils sont donc allés à l'aventure. Une fois vers le lac, ils ont entrepris un passage. C'était trop compliqué.
Alors, ils sont retournés en forêt pour chercher un autre chemin. Avec leurs vélos, c'était assez facile de créer un sentier. Il leur fallait juste ne pas être trop pressés au risque de se blesser. Faire du vélo ou marcher, ce n'est pas pareil !
Il n'y avait qu'un seul endroit problématique qu'ils ont dû contourner. C'était bien plus loin que leur petit endroit, et par contre, il y avait alors une sorte de petite plage.
C'était même très facile de s'y baigner. Gahétan avait toujours son téléphone à portée de main et il n'hésitait jamais à prendre des photos. Sulivan l'a remercié.
Ils pouvaient ensuite se laisser sécher au soleil et bronzer encore un peu. Déjà qu'ils n'étaient plus rien blanc comme au printemps.
Les jours suivants, ils pouvaient à nouveau bien
en profiter. Un jour, une surprise... deux gamins de 12 ans étaient aussi là pour jouer et profiter de l'endroit.
Les petits allaient aussi à la même école, et Sulivan les a rassurés quant aux cours et aux devoirs.
Ils réussiront comme lui. Sulivan a aussi pu piéger Gahétan... Les petits étaient bien curieux, par moments.
Ils ont pu jouer tous les quatre. Puis est arrivé
le dernier jour du mois. Là, la motivation était proche de zéro. Ils sont longuement restés au lit, et ils ne sont pas partis en balade. L'après-midi, ils sont à la maison...
G: J'aurais dû prendre un jeu de cartes...
S: Désolé, je n'ai envie de rien...
G: Je comprends... je n'y peux rien... je vais devoir rentrer...
S: On se revoit à l'école, alors ? G: Oui...
S: La rentrée va être dure !
G: Oh, c'est juste l'école supérieure ! S: Oui, mais...
G: On verra bien !
...G: Allons, ne déprime pas...
S: Qu'est-ce que je vais faire ? G: Je ne sais pas...
S: Si j'avais un autre copain, ça passerait mieux...
G: Je peux demander à mes voisins...
S: Merci...
G: Mais dis-moi, question voisin, et ton voisin !?
S: Qui ça ?
G: Le fils du châtelain !
S: Ah... je ne le connais même pas !
G: Va le voir... peut-être que...
S: Que quoi ?
G: Que c'est un gars ordinaire avec qui tu peux apprendre des trucs !
S: Je ne te promets rien...
G: Bon... je pars dans une heure...
S: Tu peux déjà partir, si tu veux...
G: Non, je veux rester pour te remonter le moral...
...
Et ç'a n'a pas été facile, car même jouer aux cartes sans avoir de cartes, on peut tricher.
Oui, Sulivan avait un meilleur moral quand Gahétan est parti. Et la journée s'est terminée simplement. Sulivan a retrouvé sa chambre pour se coucher sur son lit et espérer trouver de la motivation quelque part...
et il se demandait si aller au château était une bonne idée.
Avec aout, la motivation pour les vacances n'était plus les mêmes. Alors, Sulivan s'est intéressé au travail de son papa. Devenir jardinier ici au château était somme toute une évidence. Il a d'abord entamé de nombreuses lectures. Maintenant, pour entrer dans sa maison,
il devait baisser la tête. Quelquefois, il est allé s'installer à l'étage pour réfléchir et se poser des tonnes de questions sur son avenir.
Il se demandait chaque jour si rencontrer le fils
du propriétaire était de bon augure. Ses parents pensaient que cela ne pouvait pas être désagréable, car Papa l'avait rencontré, et il était sympathique, et toujours bien habillé.
Sulivan demandait quels pouvaient être ses intérêts, et pour le savoir, la meilleure solution était de le lui demander directement.
La suite des vacances a donc été bien différente.
À 14 ans, il lui faut songer qu'il va changer d'école à la rentrée. Il doit se préparer, mais il ne savait pas trop quoi faire pour cela, et quand sa maman l'a vu se préparer, elle l'a vite tapé sur sa tête pour lui dire qu'il avait encore trois semaines de vacances.
Mais qu'est-ce qu'il allait pouvoir faire ?
Elle lui a rappelé qu'il y avait des gens qui habitaient au château. Ainsi, Sulivan est allé se balader vers le château, pour changer. Ce n'était pas la première fois, mais jamais il n'était allé si proche, sauf avec son papa pour l'aider dans son travail. Il n'osait pas trop
s'approcher sachant bien que ce n'était pas bien de déranger les propriétaires. Cependant, Sulivan ne voulait pas les déranger, et juste rencontrer... et il a trainé de long en large sans oser trop s'approcher.
Il ne le connaissait pas et il ne savait même pas son prénom. Il essayait de s'imaginer cette rencontre, parfois furieuse et parfois très amicale.
. . .
C'est le troisième jour que Sulivan a été repéré et que le gamin est allé s'installer au soleil sur un muret de pierres sculptées qui orne certains endroits du château, dont une rotonde...
...: Salut ! ...
Cette annonce a fait sursauter Sulivan...
...: Excuse-moi...
S: Y a pas de mal, salut... tu es...
...: Approche ! ...
Sulivan est allé vers ce gars...
...: Tu es le fils du jardinier, n'est-ce pas ? S: Oui, c'est ça, et toi, le fils du propriétaire...
...: Exact ! Tu as une jolie maison ! S: Hum... mouais, ça nous va très bien...
...: Je pensais à celle qui est dans le jardin...
S: Oh, ma petite maison !
...: Oui, avec les fenêtres blanches...
S: Oui... merci...
...S: Oh, elle va servir de décoration, maintenant !, vois-tu, je suis trop grand pour y jouer !
...: J'imagine bien...
......: Quel est ton prénom ? S: Sulivan !
...: Sympa...
S: Et toi ? B: Bastien !
S: Eh bien, enchanté de t'avoir rencontré...
B: Et c'est tout ?, tu vas repartir ? S: Euh... non... excuse-moi...
B: Viens ici, y a pas de problème ! S: Je viens...
...B: Alors ?
S: Alors quoi ? B: Quel âge as-tu ? S: 14...
B: Moi aussi !
S: Tu me parais plus jeune...
...B: J'ai oublié de grandir ce printemps... mais je vais me rattraper cet hiver !
S: Dis... vas-tu à l'école supérieure en ville ? B: Oui...
S: Sera-t-on ensemble ? B: Je doute...
S: Euh...
B: Je vais dans une école privée...
S: Ah... bon, ça ne fait rien...
B: Aimerais-tu visiter ?
S: Non... je ne veux pas déranger...
B: Et sinon, que fais-tu pendant ces vacances ? S: Le mois passé, j'étais avec mon copain,
et nous sommes allés voir le lac...
B: Ah, c'est pour ça que tu es bronzé ? S: Oui, toi, pas trop !
B: Oui, je sais, mais je peux changer, et si ça te dit, on peut aller au lac tous les jours !
S: Vraiment ?, tu peux !?
B: Oui, je suis assez libre ce mois d'aout ! S: Oui, j'aimerais... oh, as-tu un vélo vtt ? B: Non, pourquoi ?
S: C'est plus rapide pour y aller !
B: Hum... j'en aurai un demain, pas de problème ! S: Sais-tu au moins faire du vélo ?
B: Apprends-moi aujourd'hui !
S: Euh... oui, d'accord, viens chez moi, alors ! ...
B: Je viens, mais je vais annoncer que je pars...
et je vais en profiter pour annoncer mon programme de vacances qui a changé, grâce à toi !
S: Je t'attends !
B: Viens donc, je te présenterai...
...
Sulivan accompagne Bastien à l'intérieur du château.
Si de l'extérieur, c'était un vrai château, de l'intérieur, il n'avait pas l'aspect médiéval qu'on pourrait lui donner.
Non, c'était assez moderne, un peu comme la maison...
la maison du jardinier.
Il y avait là des gens... mais Sulivan est resté éloigné malgré que Bastien lui a fait signe d'approcher.
Bastien a discuté avec eux un moment puis il les a laissés en faisant un petit bisou à une dame.
Tout de suite, après, Bastien revient et pose une main sur l'épaule de Sulivan et ensemble, ils s'en vont...
B: J'ai ma journée ! S: Cool !
B: Pourquoi n'as-tu pas approché ? S: Excuse-moi...
B: Ça ne fait rien...
S: C'était ta mère, la belle dame ? B: Si tu étais venu, tu l'aurais su ! S: Excuse-moi...
B: Tu n'as pas à être timide... allons... et arrête de t'excuser... oui, c'étaient mes parents, ma famille...
S: Bien...
...
Arrivés à la maison du jardinier, Sulivan a sorti son vélo spécial vtt, mais avant, Bastien voulait voir la petite maison de tout près. Il l'avait juste vue de loin et avec les jumelles...
B: C'est génial !
S: Oui... et là, vois-tu, l'échelle pour monter...
B: Je vois...
S: Et en haut...
B: Aïe ! S: Attention ! B: C'est bon !
S: On est trop grand, je te l'avais bien dit ! B: Oui...
S: Le plancher peut descendre et ça fait une grande surface pour dormir !
B: Tu y as dormi !?
S: Oui, plusieurs fois... et aussi avec mon copain Gahétan...
B: C'est chouette !
S: Dehors, la table et le toboggan...
B: Je l'ai déjà vu quelque part...
S: Bien sûr, Papa l'a récupéré...
B: Eh bien... c'est très réussi ! S: Merci...
...
Ensuite, c'est le cours spécial vélo. Si Bastien n'avait pas de vélo, il s'était déjà essayé. Il a vite su trouver l'équilibre et rouler, puis il y avait toutes les commandes de vitesse et de frein. Bastien a encore assez vite maitrisé le système... mais tout cela au plat sur un chemin.
. . .
Le deuxième jour, Bastien s'est essayé dans le terrain, et bien sûr, il est tombé et il s'est blessé,
mais ce n'était pas trop grave...
S: Je parie que c'est ta première blessure !
B: Perdu ! Regarde ici, et là... tu peux encore voir des marques...
S: Ah, oui...
B: Et toi ?
S: Oh, je ne sais plus... si, ici, une jolie griffe...
B: C'est récent, c'est rouge !?
S: Trois ans...
B: Ah...
S: Je dois en avoir d'autres...
B: Ici !
S: Euh... oui, sans doute...
...B: Bien, je te propose de m'exercer encore et dès demain, on ira au lac !
S: Auras-tu ton vélo ? B: Oui, normalement...
S: Bien... parce que... y aller à pied, c'est loin ! B: Oui, je sais...
S: On y reste deux heures et il faut rentrer ! B: Tu y es allé en vélo ?
S: Oui, avec Gahétan, et on peut y rester jusque vers 4 heures avant de rentrer... vers 5 ou 5 et demi...
B: Cela me va !
S: Il te faudra de la crème solaire ! B: Je vais surement en avoir...
S: J'en prendrai... oh, un linge de bain et surtout, de quoi manger à midi !
B: Ça marche, ne prend rien à manger, alors ! S: Hum... bon, d'accord...
B: J'y retourne ! S: Fais attention ! ...
Quelle journée !
La motivation de Sulivan est remontée presque à son taux maximum. Presque, car Sulivan ne connaissait pas encore très bien Bastien qui ne demandait rien de plus que d'avoir, lui aussi, un copain pour ses vacances d'été.
. . .
Le lendemain, pas de vélo. Bastien s'est encore exercé dans le petit bois, puis ils ont joué vers la maison, et ils sont partis en une courte balade.
Au retour au château, Bastien a reçu son beau vélo vtt tout beau tout neuf. Il était assez semblable à celui de Sulivan. Il l'a bien vite testé.
C'est donc le surlendemain que Bastien arrive chez Sulivan avec un sac à dos bien rempli et qu'ils s'en vont tous deux vers le lac. Ils empruntent le chemin habituel jusqu'au moment où il faut aller soit à gauche vers les roseaux soit à droite vers la plage.
Bastien préfère aller vers les roseaux.
Ainsi, ils repartent. C'est là que toute l'attention est nécessaire pour Bastien afin qu'il ne tombe pas.
S'il avait un accident ici, ce serait assez problématique pour aller le rechercher... sauf avec un hélicoptère.
Ils arrivent donc vers le petit coin de roseaux.
Selon Bastien, le lac est bordé d'un sentier où poussaient de grosses touffes de roseaux.
De là, le passage est difficile. Sulivan était toujours époustouflé par les couleurs et les reflets sur le lac.
C'était de toute beauté, surtout avec des nuages...
S: Ouah !
B: C'est beau, hin ?
S: Oui, tout simplement beau, oui ! B: C'est la limite du patrimoine...
S: Vous avez bien de la chance de vivre ici...
B: Je dirais qu'ici, c'est plus joli qu'au château...
S: Je crois comprendre...
B: Ne cherche pas à comprendre...
S: Peut-on se baigner ?
B: Oui... et plus loin, il y a une sorte de plage...
S: Euh... là-bas ?
B: Non, pas loin d'ici ! Il faut juste faire attention si je rentre avec une égratignure...
S: Bon, d'accord...
...
Sulivan a encore suivi Bastien dans les roseaux.
C'est sûr que seul, il ne l'aurait pas fait. Plus loin et toujours au bord du lac, une bande de terre herbeuse sans roseaux. C'était l'endroit idéal pour se poser.
Le lac était aussi là...
S: C'est vraiment cool, ici ! ...B: Ouais, trop bien !
S: Je ne te demande pas comment tu connais l'endroit...
B: Je te l'ai dit, je connais tout le domaine...
...
En moins de deux, Bastien est dans l'eau...
B: Eh bien ?, on est venu pour se baigner ! ...
Avec un temps de retard, Sulivan s'est dévêtu pour rejoindre Bastien. La température de l'eau était parfaite. Ils ont batifolé un long moment avant de retourner sur la berge pour se sécher et se badigeonner de crème solaire. Pendant un bon moment, ils ont joué les chevaliers avec des armes imaginaires.
Puis ils se sont couchés dans l'herbe...
S: Alors, c'est comment, la vie de château ? B: À toi de me le dire...
S: Surement pas comme on vient de jouer ! B: Ça, c'est certain...
...B: Comment ça va, au château ?
S: Ma foi, je me passe le temps comme je peux...
j'ai la chance de pouvoir me balader, avoir ma petite maison, mais bon... et je dois maintenant penser plus à l'avenir...
B: J'imagine bien !
S: J'ai aussi rencontré un gars avec qui je peux jouer et me balader et même me baigner au lac...
B: Est-il sympa ?
S: Je le connais peu, mais je le trouve sympa...
B: Alors c'est bien... merci...
S: Et toi, alors, la vie de château ? ...
B: Oh là... rien avoir avec ce que tu as vécu jusqu'à ce matin... il y a le protocole, la tenue, les visites, les parents, la rigueur, les manières de faire...
je m'y suis fait, mais quelle vie ! S: Tu n'aimes pas ?
B: Bof... moyen... vois-tu, quand je peux aller en forêt, ou ici, je peux au moins être comme un enfant ordinaire...
S: Sans ta petite soeur...
B: Exact !
S: Et au château ?
B: Il n'y a que dans ma chambre que je peux être moi-même... imagine... les moments qui précèdent les évènements... où je dois me préparer de telle ou telle façon et que l'on vienne me dire quoi faire et comment et m'aider quand j'étais enfant...
maintenant que j'ai 14 ans, c'est moins souvent, on me laisse faire, mais on vient tout de même vérifier que je sois prêt à temps et avec
une tenue correcte...
S: J'ose imaginer... et ça t'ennuie ?
B: Pas trop, sauf quand il faut paraitre, être présent pour la forme et n'avoir rien à faire...
là, j'aimerais mieux être ici... et avec toi...
S: C'est souvent ?
B: Non, je ne peux pas dire que ce soit souvent, mais bien une fois par mois, en moyenne... parfois deux...
S: Je ne sais pas si j'aurais aimé vivre comme toi...
B: Tu sais, à la longue, on s'y fait...
...
La matinée a passé ainsi. Ils se sont baignés plusieurs fois. En fin d'après-midi, ils devaient être de retour au château, à la bonne heure, celle du châtelain.
Tous les jours du mois d'aout ont presque été pareils.
Sulivan était très content de ne pas être seul.
. . .
Un jour, ils sont restés à la maison, et l'après-midi, Bastien a invité Sulivan à sa chambre. D'ordinaire, Sulivan ne pouvait pas simplement y aller en demandant son chemin. Sulivan l'a suivi et il pense retrouver
le chemin pour la prochaine fois s'il y en a une.
Voilà... Surprenant... Sulivan se demandait où
il se trouvait, car c'est comme s'il avait passé un portail invisible pour se retrouver dans un monde merveilleux...
S: C'est ta chambre !?
B: Oui...
S: C'est lumineux ! B: Y a le soleil...
S: C'est... on est vraiment au château ? B: Oui, je te l'assure...
S: C'est super bien rangé...
B: C'est ma mère qui veut... tu vois, il y a des tiroirs de rangement partout, même sous le lit !
S: Tu fais du sport ?
B: Oui, à l'école... c'est mon père qui veut...
S: Tu fais tout ce que tes parents te demandent ? ...S: Excuse-moi...
B: Ouais...
S: Je n'ai jamais vu une chambre aussi bien entretenue...
tout est neuf...
B: Pas tant que ça...
S: C'est du luxe...
B: Par rapport à ta chambre, oui...
...B: Veux-tu jouer ? S: On peut ?
B: Bien sûr... viens voir ce que j'ai...
...
Ils ont ainsi joué tranquillement à un jeu fort sympathique pendant plus d'une heure avant de jouer à un autre jeu. Bastien avait des pommes comme encas, et c'était très bien. Il faisait si beau, dehors,
que lorsque le soleil était moins violent, ils sont retournés à l'arrière du château, puis jusque chez Sulivan, enfin, à la maison du jardiner. Sulivan a invité Bastien à sa chambre...
B: Mouais, c'est différent...
S: Voilà mes jeux...
B: Essayons...
...
Ils ont ainsi joué simplement, et à les voir, c'était à se demander leur âge...
S: Dis...
B: Oui...
S: Puisque c'est un château... est-ce qu'il y a...
B: Quoi donc ?
S: Euh... des cachots... c'est comme ça que l'on dit ? B: Euh, tu veux dire des prisons ?
S: Oui...
B: Eh bien... non, mais s'il y en a eu dans le passé, du moins, à sa construction... à ma connaissance, il n'y en a plus...
S: Qu'y a-t-il au sous-sol ?
...B: Oh, des caves... et puis, la laverie avec des machines modernes...
S: Ah...
B: Veux-tu aller voir ? S: Est-ce que l'on peut ?
B: Bien sûr !, ne suis-je pas chez moi ? S: Oui, c'est vrai...
B: Nous irons demain ! ...
. . .
Ainsi, ils sont allés visiter les sous-sols. Effectivement, l'ambiance était aux travaux de lavage, de nettoyage, de repassage, de pliage de linge. Les petites fenêtres tassées vers le plafond donnaient assez de lumière, pour autant qu'il y ait du soleil comme aujourd'hui.
Les caves étaient borgnes. Une simple ampoule tentait d'éclairer les casiers où ils ont pu deviner des pommes...
S: Bon, si c'est un château, il n'a plus que l'aspect...
B: On n'est plus au temps des seigneurs...
S: C'est vrai, mais tes parents... tout ce que tu m'as expliqué...
B: Ce sont des nobles, comme on dit...
S: Des bourgeois...
B: Oui, forcément...
S: Je vois...
B: Et puis, il y a des jours où c'est juste pour la galerie... et ces jours-là, je n'aime pas trop...
S: C'est pour les touristes ?
B: Mais non, c'est quand nous avons des visites...
S: Ah... bon...
B: Tu es satisfait ?
S: Oui... je te remercie... allons chez moi ! ...
Et c'est comme ça que cette journée s'est terminée.
Sulivan a passé le reste de ses vacances entre le château, la forêt et la minuscule plage du lac où il a le plus bronzé avec Bastien.
Jamais il n'aurait imaginé de telles vacances.
Il était heureux, et il en oubliait Gahétan. Il a bien aimé jouer avec Bastien qui lui a appris certaines choses et sans doute que Sulivan aussi.
. . .
À fin aout, il fallait retourner à l'école. Ce n'était pas de gaité de coeur que Sulivan y est retourné, mais il a retrouvé son ami Gahétan... La vie a repris.
Sulivan était content de son sort. Pendant ces premiers jours, il a repensé à Bastien. Il avait un bon copain à l'école et un autre au château. Il espérait alors les réunir pour qu'ils se connaissent, mais il se demandait si l'un ou l'autre serait d'accord. Avec l'école, son moral en a pris un coup, sans ses copains.
En décembre, Sulivan est retourné vers Bastien qui lui a redonné le moral en l'invitant dans sa chambre.
Ils s'entendent très bien. Sulivan avait la permission de voir Bastien à n'importe quel moment, mais seulement avec l'autorisation de passer par la porte de service du premier étage et aller directement à la chambre de Bastien... et s'il n'était pas là, il ne devait pas s'éterniser.
Sulivan a bien aimé passer du temps avec Bastien dans ses jeux, même si c'était dans sa chambre et que c'était des jeux modernes qu'il ne connaissait pas du tout. À l'inverse, il a pu apprendre à Bastien des petits jeux, celui des croix dont il ne sait même pas le nom. Sulivan n'avait pas revu Bastien depuis la rentrée, car il avait un emploi du temps minuté avec son école.
Sulivan avait ses devoirs et il devait aussi aider ses parents de temps à autre. Gahétan n'était pas non plus revenu, mais ils se voyaient à l'école.
Pendant ces jours avec Bastien, Sulivan avait ainsi repris confiance en lui pour affronter l'avenir, poursuivre
ses deux années d'école supérieure et se décider pour une formation. Il aidait ses parents, et devenir jardinier était tout simplement logique. Était-ce sa voie ?
Il pensait d'abord vouloir être proche de la nature, et c'est à l'école d'agronomie qu'il pense aller pour être en harmonie avec la nature qu'il connaissait et là où il peut mieux apprendre comment elle fonctionne.
Son papa lui a dit que c'était un beau métier et qu'il était complémentaire au sien, celui de jardinier.
Alors on se revoit l'été prochain ?
Oui, pour Bastien, l'école était importante et en plus, les premiers mois de l'année sont particuliers pour lui et sa famille. Sulivan va bien s'y faire puisque cela fait 14 ans qu'il a fait sans lui.
. . .
Et Sulivan a retrouvé sa vie de château... et l'école où tout se passe bien alors qu'il avait quelques craintes.
Gahétan est toujours de ses copains parmi les autres camarades garçons ou filles. Question filles,
il les regarde plus facilement, car elles ne sont plus des gamines, mais certaines le sont restées, comme certains gars sont restés des gamins, cela va de soi.
Il pense que les garçons de la classe de Bastien sont des anges à côté d'eux.
En fin d'après-midi, Sulivan se presse de rentrer, et il ne peut pas faire plus vite que les transports organisés... si... quand son grand-papa est motivé pour le conduire ou pour le reprendre. Là, oui, il gagne quelques minutes, bien souvent dix et pour lui, ça compte.
Il n'est toutefois pas vraiment pressé.
Gahétan pouvait prendre Sulivan en photo, vêtu simplement d'un jean et d'une chemise. C'était obligatoire pour l'école, mais sans autre restriction. En hiver, il avait donc deux teeshirts en dessous de sa chemise pour ne pas avoir froid. Gahétan faisait pareil. Leur bronzage est parti et ils ont retrouvé leur pâleur ordinaire hivernale ou printanière.
Entre eux, il n'y avait pas de rivalité ni de jeu à qui allait être le premier. Ils préféraient en parler et se conseiller pour s'assurer de ne pas faire faux.
Ils espèrent tous deux avoir la chance d'avoir une petite amie avant la fin de leur école.
. . .
Les mois ont passé et ils ont encore grandi.
Avec leurs 15 ans, ils sont en bonne voie pour l'avenir, mais avant ça, il leur reste à finir l'école. Pour eux, c'est le temps de réviser pour le mois de juin avec les examens. Une fois de plus, la dernière semaine sera la première de juillet.
Sulivan avait hâte d'être en vacances pour retourner au lac et en forêt... monter à Gahétan où ils peuvent aller se baigner, car l'eau ne sera pas aussi sale qu'à la plage. Il voulait aussi lui présenter Bastien.
Il ne compte plus le nombre de fois où il l'a gentiment frappé pour le rappeler à l'ordre.
Les derniers jours leur ont semblé une torture,
car c'est comme si le programme des cours s'accélérait, comme s'ils étaient en retard. Gahétan le pense.
Malgré ça, tout s'est bien déroulé et ils ont pu finir normalement. Les examens ont ensuite passé et ils ont réussi une nouvelle fois. Il leur reste alors une dernière année avant de faire le pas du travail, ou d'une autre école.
Gahétan serait bien rentré avec Sulivan, ce dernier jour, mais il lui promet être chez lui lundi ou mardi.
Sulivan est donc rentré heureux de sa réussite.
Pour le féliciter, ses parents lui ont fait un gros gâteau, en fait, celui qu'il n'avait pas eu à son anniversaire qui est tombé en semaine. Ses grands-parents étaient aussi là. Il a alors passé un joli weekend en leur compagnie.
Il se disait que s'ils pouvaient tous vivre ensemble, ce serait bien mieux. Mais la maison du jardinier n'est alors pas assez grande.
Il y a bien la petite maison de Sulivan, mais elle est vraiment trop petite. Il ne peut plus monter à l'étage.
Il y retrouve ses souvenirs d'enfant à jouer seul, ou avec ses parents et plus tard avec Gahétan...
Ma: Eh bien... que veux-tu ?
S: Ça me fait drôle, parce qu'il me semble que cela ne faisait pas si longtemps que j'y jouais encore...
Ma: Oui, c'est vrai, mais tu es presque un homme, et en trois ans, tu es plus grand...
S: C'est dommage...
Ma: Tu as sans doute d'autres jeux ! S: Oui... Gahétan vient lundi ou mardi...
Ma: D'accord...
S: J'irai au lac où je suis allé avec Bastien...
Ma: Pas de problème...
S: J'aurais aimé qu'il soit déjà là...
Ma: Tu le vois déjà tous les jours à l'école...
S: Oui, mais ce n'est pas pareil...
Ma: A-t-il une petite amie ?
S: Non... mais nous avons des vues lui et moi...
Ma: C'est bien... et ne te presse pas ! S: Que veux-tu dire ?
Ma: Tu n'as que 15 ans, et toute la vie devant toi...
S: C'est vrai... inutile de se presser... j'ai encore envie de m'amuser tout l'été... et le prochain aussi, le dernier !
Ma: Ah, ça... tu verras bien, mais si tu commences une formation, ce ne sera plus comme l'école ! S: Je sais... de longues journées...
Ma: N'oublie pas que tu dois aussi aider Papa...
S: Je sais... Gahétan nous aidera surement ! Ma: Bien...
...
C'est sur cette heureuse que le dimanche s'est terminé.
Lundi, Sulivan s'est réveillé comme les autres jours et ça l'a énervé. Il n'a rien fait de la matinée.
Il s'est endormi en faisant la sieste et il a dormi jusque vers 3 heures. Ça l'a encore énervé et ça de plus puisque Gahétan n'était pas là.
Mardi. Sulivan a dormi plus tard et c'est Gahétan qui l'a réveillé, du moins, quand il est arrivé, il y a eu plus de bruit. Ça l'a énervé de voir qu'il était plus tard, et comme il avait très bien dormi, il était un peu moins déçu. Il s'est vite levé pour avoir une bonne tête et il s'est préparé son déjeuner. Il a été très content de voir Gahétan qui lui a demandé une part
de déjeuner.
Tout de suite après, ils sont allés voir le jardin et la petite maison. C'est vrai, elle était maintenant bien trop petite pour eux. Ils ont pris un temps pour
se rejouer leurs souvenirs. Ah, oui, s'ils pouvaient redevenir et rester des enfants de 12 ans ! Ils avaient hâte de retourner au lac, et pour cette journée, vu l'heure, ils sont partis en balade à vélo en forêt. Ils ont laissé leurs vélos à un endroit, puis ils sont partis à pied, et en courant serait plus juste tant ils étaient contents d'être là.
C'était pour se défouler, pour reprendre le gout des vacances, car il se peut aussi que ce soient leurs dernières vacances... Mais Sulivan voulait qu'ils se retrouvent ainsi chaque été, et tant pis s'ils ont une année de plus chaque fois et qu'ils grandissent encore.
Gahétan est bien d'accord, car s'ils se mettent à travailler, rien ne sera plus comme avant, et avant, c'est vrai, c'était mieux. Mais ils ne peuvent pas rester des enfants...
G: Voilà comment on fait pour se prendre en photo ! S: Tu es un génie !
G: Ah, non, ce n'est pas moi qui au fabriqué cet appareil photo !
S: Hum, c'est vrai...
G: Ah, comme c'est bon d'être à nouveau ensemble en forêt !
S: Et que vas-tu dire quand nous serons à la plage, demain ?
G: Attends donc demain ! Alors, c'est vrai, c'est derrière les roseaux où nous sommes allés la première fois !?
S: Oui, c'est ça ! G: Trop génial !
S: Tu verras, on pourra se mettre nu ! G: Mais je veux !
S: Pas ici ! G: Pourquoi pas ?
S: Nous sommes trop près du château ! N'importe qui peut se balader et nous surprendre !
G: Tu as raison, on verra ça demain !
...S: Penses-tu que nous inviterons des filles une fois, l'été prochain, par exemple ?
...G: Je veux bien, mais si je ne viens pas seul, où va-t-on dormir ?
S: Je ne te propose pas ma petite maison...
G: C'est con qu'elle ne soit pas plus grande...
S: Oui, je me le suis aussi dit, et je doute que
Papa soit d'accord d'en construire une plus grande ! G: Dommage... dommage...
S: Mouais...
G: On pourrait dormir dans une tente ! S: Oui, nous... nous deux... en forêt ! G: Oui... et avec nos amies si on en a ! S: Oui, si on en a...
G: Penses-tu que ce soit possible ?
S: J'aimerais te dire oui... et si ça l'est, où va-t-on manger ? Je ne sais pas si Maman serait d'accord pour quatre gars...
...G: On pourrait camper...
S: Un mois ? G: Deux mois !
S: Arrête de rêver ! Si on travaille, nous n'aurons plus jamais deux mois de vacances !
G: Je pensais juste à notre dernier été ! S: Dans ce cas... et qui paie la nourriture ? ...G: On se partage la facture... en quatre ! S: Ou en deux si on n'est que le deux !?
G: Bien sûr !
S: Si on n'est que le deux, rien ne change...
G: Hum... attendons d'y être ! ...
Ils ont discuté plus de deux heures avant de rentrer.
La maman de Sulivan pensait qu'ils seraient restés toute la journée en balade. Ils ont donc mangé plus tard, mais ils ont aussi déjeuné plus tard, alors...
Le reste de l'après-midi, ils ont joué au ballon vers la petite maison, puis ils ont joué aux cartes
en attendant le repas. Avec les parents, ils ont parlé d'école et de travail jusque tard. Et ils sont allés se coucher rapidement.
. . .
Mercredi. Très vite, les gars sont debout. Ils ont pris de quoi passer une superbe journée au lac. Ils y sont allés à vélo, et tranquillement pour ne pas se blesser et bien retrouver le bon chemin. Vers les roseaux,
ils se sont frayé un passage et une fois de l'autre côté, Gahétan a comme explosé de joie en voyant le petit endroit hyper tranquille. Très vite, il plonge dans l'eau.
Sulivan le rejoint un peu après, et ils ont grandement joué dans cette eau douce.
De retour sur la terre ferme, ils se sont installés sur le linge. Sans trop attendre, ils se sont badigeonnés de crème solaire. La journée commençait magnifiquement bien.
À midi, alors que le soleil tapait fort, ils sont retournés vers la forêt. Ils ont pu jouer avec un frisbee.
C'était trop drôle. Tous les jours suivants ont été pareils.
Au samedi, ils étaient blancs bronzé et avec trois semaines, ils étaient joliment bruns...
G: Alors, n'est-ce pas top ? S: Tu es magnifique !
G: Toi aussi ! ...
S: Dis, seras-tu là en aout ? ...S: Gahétan !?
G: Excuse-moi...
S: Ah, non, pas de nouveau !?
G: Si...
S: Et si je t'attache ici ?
G: Tu viendras me donner à manger ?
S: Bien sûr !, je t'attacherais seulement la nuit ! G: J'aimerais bien, franchement, mais bon...
S: Je vais de nouveau déprimer !
G: Mais non... allons... mon Sulivan est un grand garçon ! S: Hum... t'es gentil de dire ça, mais j'aimerais mieux
que tu restes...
G: Moi aussi... et je parie que tes parents ne
t'autoriseraient pas de rester deux mois chez moi ! S: Hum... c'est peut-être vrai...
G: Je vais te dire, moi... quand j'aurai une voiture, je viendrai tous les weekends !, toute l'année !, hiver comme été !
S: Tu me le promets ?
G: Oui, mais tu peux déjà imaginer que ce ne sera pas toujours possible !
S: Alors, pourquoi me le promettre ?
G: Parce que je suis ton ami de toujours ! S: C'est vrai... tu dois me trouver gamin ! G: Sûr que non ! Allons, câlin !
S: Mouais...
G: Ah, mon ami Sulivan...
...
Ils se sont enlacés pour se remercier.
Et au weekend, Gahétan est parti. Pour peu, Sulivan l'aurait suivi... ou accompagné jusque chez lui et ainsi, passer le mois d'aout avec lui. Mais pourquoi a-t-il hésité ?
Aout. Sulivan a passé ses journées à aider ses parents.
Gahétan et Sulivan l'avaient déjà fait parfois le matin avant de partir. Même si le soleil est là, il faut
entretenir les zones vertes. Jouer avec le tracteur à gazon lui a permis de voir de près les terrasses du château, désertées à ce moment-là.
Il a été très gêné de le faire, car il savait que derrière une des fenêtres, Bastien devait le voir.
Ce mois d'aout a été bien différent, et c'était
une année spéciale. Sulivan a vu Bastien un jour entier en semaine. Il était tout aussi ennuyé que Sulivan à ne pas pouvoir rester avec lui. Sulivan lui a dit être allé au lac à leur petit coin avec son ami Gahétan.
Bastien comprenait mieux qu'il soit si bronzé. Il ne lui en voulait pas, bien au contraire. Sulivan a ainsi passé une très bonne journée avec deux camarades d'école de Bastien qui étaient là en visite.
Les autres jours, Sulivan s'ennuyait souvent et sa maman a tenté plusieurs fois de le motiver, que même à aller vers ses grands-parents, il n'avait pas ce courage.
Ils sont donc allés voir Sulivan et il se sentait alors déjà mieux, même s'il fallait jouer aux cartes avec eux.
. . .
Septembre... enfin... c'est la dernière semaine du mois d'aout que Sulivan est retourné en ville et pas de gaité de coeur, mais il a retrouvé Gahétan à l'école pour leur dernière année. Son moral est vite remonté, surtout qu'il pouvait alors faire ses devoirs chez lui, et plus tard, son grand-papa allait le chercher pour le ramener chez lui au plus tard à 20 heures.
Les devoirs n'étaient plus du même niveau.
Sulivan a eu de la peine au début, et heureusement que Gahétan était là, sans quoi, il n'aurait pas pu suivre.
Finalement, en novembre, il était à nouveau dans la course, mais il avait du retard sur Gahétan, entre autres. Sulivan a passé les fêtes de Noël chez lui pour réviser et ainsi, il allait se rattraper
dès janvier.
Pour Noël, Gahétan voulait lui démontrer quelque chose d'intéressant, et vu sa présence pour une tout autre raison, ils ont convenu de ne pas en parler avant l'été.
Sulivan a profité de demander à ses parents de laisser Gahétan venir chez lui en juillet et en aout.
Ils lui ont répondu que si Gahétan avait le diplôme, alors ils lui laisseraient le mois d'aout,
mais à la condition qu'il ait tout organisé pour sa formation. Même sans savoir de quoi il retourne, Sulivan les a remerciés, et aussi pour l'accueillir durant tous ces jours. Ils ont donc travaillé tous les jours à revoir tout ce qu'ils avaient appris depuis la rentrée, et ils ont vu les prochains chapitres.
Gahétan a été un bon professeur. Tout ça lui servirait, mais probablement pas à Sulivan s'il veut être jardinier, mais au moins, il aura une meilleure note sur son diplôme, car il est certain qu'il en aura aussi un, maintenant.
Il l'espère vraiment, mais je sais bien qu'il ne peut pas ne pas en avoir.
. . .
L'année suivante, tout a recommencé. Sulivan va sur ses 16 ans, il est content et anxieux, mais avec les révisions qu'ils ont faites, il s'en sort bien mieux.
C'est sûr que s'il comprend la base, cela devient plus facile, mais si ça lui est inutile.
Ainsi, les mois se succèdent jusqu'en juin. Aux congés de Pâques, Sulivan a encore révisé chez Gahétan.
Ç'a vite passé... et la suite a été encore plus facile.
Il s'est étonné, car ses notes sont remontées.
Avant la période des examens, ils ont eu une journée spéciale, une sortie au camping où il y a une piscine et un grand toboggan qui permet de se laisser glisser sur un tapis pour joyeusement tomber dans le bassin d'eau.
C'était une journée de folie ! Il leur fallait bien ça pour finir l'école.
À fin juin, pendant les examens, Sulivan était stressé par les minutes, ce qui lui a fait faire des erreurs et il a perdu du temps pour les écrits, mais malgré ces défauts, ses notes ont été assez bonnes pour qu'il ait un diplôme. Gahétan a fait mieux que lui, et il était heureux d'avoir si bien réussi. Il peut ainsi être à la hauteur de la formation qu'il souhaite faire.
Il avait pris de nombreuses adresses de prestige pour déjà prendre contact en précisant qu'il renverrait son diplôme à fin juin. Il avait déjà eu des réponses.
Sulivan savait alors que Gahétan et lui passeraient sept semaines ensemble au bord de l'eau et qu'ils seraient noirs de bronzage à la fin du mois d'aout.
Au retour, avec d'autres gars et filles de la classe, ils sont allés au café pour boire un verre, et
malheureusement, pour avoir de l'alcool, ils n'ont pas l'âge. Ils se sont contentés de soda avec des trucs à grignoter, et ils ont tiré au sort de qui allait payer l'addition. En toute logique, c'était à celui ou celle qui avait eu la meilleure note finale.
Après, ils ont encore fait un détour chez un autre camarade où ils ont pu boire un gros verre de soda un peu trop alcoolisé. Ils ont probablement trop bu.
. . .
Samedi. Sulivan s'est réveillé bien après 10 heures avec un arrière-gout dans la bouche et la tête qui lui tournait un peu. Après avoir bu un verre d'eau et s'être passé de l'eau sur son visage, il se sentait déjà mieux.
Il est allé en quête de réponses. Il n'a pas trouvé ses parents puisqu'ils travaillent. Il est retourné à sa chambre et il s'est mis en réflexion. Il a retrouvé son cartable avec ses affaires et son beau diplôme.
Il a donc fini l'école et il se souvient alors être allé au café, puis chez un copain. Ils ont bu, et... et...
Ma: Eh... tu es réveillé !? Ça va ? S: Bonjour, M'man...