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Discours de clôture

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Academic year: 2021

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Journée de synthèse nationale

25 octobre 2012 - Théatre du Gymnase

Discours de clôture

(Serge Chabrol, secrétaire général du SNEP-FSU)

Frédérique [Rolet] l’a dit ce matin et les débats l’ont montré, nous sommes dans une période où les enjeux sont considérables pour le second degré.

Peu d’éléments concernent celui-ci dans les conclusions des rapporteurs de la concertation ou dans les premières propositions ministérielles, si ce n’est un certain nombre de points que nous contestons :

- maintien d’un socle commun même s’il doit être réécrit et si le ministre insiste sur l’accès de tous aux savoirs et à une culture commune ;

- régionalisation d’une partie des missions des CO-Psy ; - régionalisation de la formation professionnelle ;

- modification certes de la réforme de la formation des enseignants mais avec un certain nombre d’axes que nous contestons sur la place du concours, les conditions de la stagiarisation, ou sur la rémunération et les conditions d’emploi et de formation des contrats d’avenir professeurs (qui ne sont pas des prérecrutements).

Certes le gouvernement dégage des moyens, et dans ce domaine est en rupture avec la politique précédente, mais une question se pose, ces moyens vont-ils être utilisés pour poursuivre les orientations politiques et pédagogiques du gouvernement précédent dans les collèges, lycées et lycées professionnels ?

Nous avons contesté les réformes passées, nous souhaitons que le ministre revienne sur ces réformes.

Sur notre insistance, Vincent Peillon ouvre maintenant la porte à une réforme des collèges, des lycées (dont le LP). Il dit vouloir prendre du temps pour la construire, ce que nous ne contestons pas car nous avons besoin de temps pour faire jouer la démocratie. En effet, la question fondamentale est bien quelle place auront les personnels dans ce travail pour une vraie refondation. Nous voulons que le ministre dépasse le travail d’experts, fussent-ils syndicalistes… il ne saurait être question de laisser de côté l’expertise des personnels, leur professionnalité. C’est d’un grand débat dont nous avons besoin.

Quand d’autres organisations fonctionnent par lobbying, loin des personnels, notre force à nous syndicats de la FSU, c’est d’être un lien étroit et en phase avec la profession.

Nous avons donc des responsabilités comme militants : rencontrer, réunir nos collègues, les faire débattre, porter dans ces débats nos propositions et notamment celles affinées lors de ces « états généraux ».

Nous avons la responsabilité de poursuivre et amplifier la construction de propositions alternatives destinées à véritablement résoudre les questions de démocratisation et à aider à la réussite de tous.

Le ministre lance de fait un défi aux syndicats mais aussi à la profession, quelles propositions développons-nous pour réussir la transformation progressiste de l’Ecole ?

Ce ne peut être le simple retour à une situation ante dont on sait qu’elle n’empêchait pas échecs scolaires et sorties sans qualification. Ce qui ne veut pas dire que certaines situations passées ne sont pas à reconstruire (revenir à 24 élèves par classe en collège serait ainsi facteur de gros progrès ou réactiver un bac pro en 4 ans mais si ce n’est pas forcément pour tous les élèves, etc.)

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Je reprendrai quelques éléments développés dans les commissions de ce matin :

-­‐ Formation initiale repensée liant intimement formation disciplinaire et professionnelle, liaison à la recherche, avec de réels prérecrutements.

-­‐ Formation continue réactivée, transformée, développée, en lien avec les préoccupations et les besoins des personnels et non axée sur les lubies ministérielles ou des corps d’inspection.

-­‐ Contenus d’enseignement repensés.

-­‐ Besoin de temps pour concertation, permettre aux personnels de travailler ensemble.

-­‐ Réflexion sur l’unité du second degré, avec le souci d’articulation et de cohérence entre les différents échelons du système éducatif.

-­‐ Rôle de l’inspection, déconnecté de l’avancement, qui ne soit pas sanction mais aide pédagogique.

-­‐ Maintien et développement des 3 voies du lycée.

-­‐ Valorisation et aide aux initiatives des équipes ce qui est différent d’une autonomie destinée à renforcer les hiérarchies locales.

-­‐ Développer le débat et faire intégrer la laïcité dans la loi autrement que par la morale laïque.

-­‐ Amélioration des conditions d’emploi et de travail des personnels, obtention de leur revalorisation (le maintien du gel de point d’indice est un très mauvais signe donné), retour sur la politique managériale, etc.

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Beaucoup ici ont insisté sur la dégradation et la perte de sens du métier. Va-t-on continuer dans cette voie qui casse les personnels ou va-t-on s’appuyer sur leur professionnalité ? Le métier n’est pas un obstacle, ce doit être une aide.

Ceci doit aider à la perception que nous faisons un beau métier et que des jeunes peuvent avoir envie de devenir enseignants.

Les enseignants sont et doivent être considérés comme des personnels concepteurs dans leur métier mais aussi dans leur capacité à proposer collectivement des alternatives pour une transformation progressiste du système éducatif.

Ils sont capables de prendre la mesure des transformations à opérer pour la réussite de tous, que ce soit au plan des structures, des missions ou au plan pédagogique.

Le ministre dit vouloir remettre les savoirs au cœur des problématiques scolaires. Prenons-le au mot avec des savoirs, outils pour comprendre le monde, pour s’émanciper, comme bien public commun, voire universel, que nous opposons non pas aux compétences comme savoirs en actes mais à une vision limitatrice des compétences comme bien privé et comme outils de pilotage du système.

Mettre les savoirs au centre ne signifie pas ne pas se poser, bien au contraire, la question centrale de la transmission de ces savoirs et leur transposition en savoirs scolaires de façon à permettre l’appropriation par tous les jeunes d’une culture commune riche.

Nous devons trouver les suites à donner à notre travail des états généraux et aux conclusions d’aujourd’hui.

Ce travail n’est pas une fin en soi, ce n’est pas un socle mais ce doit être un tremplin pour poursuivre notre activité de propositions et d’interventions, pour les faire partager.

Cela auprès du gouvernement devant lequel nous allons les porter

Mais aussi auprès des parlementaires qui vont débattre, amender et voter la loi. Ne les oublions pas, ils peuvent être plus sensibles aux lobbys exercés par des organisations qui ne représentent pas grand-chose dans notre secteur qu’aux organisations représentatives, si celles-ci ne construisent pas la pression avec les personnels. Ce sera un des axes de notre activité dans les semaines à venir.

Il nous faut exprimer ce qu’enseigner veut dire, et donc quelle réforme nous voulons pour mieux faire notre métier dans l’intérêt des élèves et des collègues. Nous travaillons pour tous les élèves, d’aujourd’hui et de demain. Ce sont eux qui importent et qui demain feront société.

Nous travaillons pour l’avenir et entendons le faire avec l’ensemble des acteurs de l’Ecole, au quotidien et en construisant leur mobilisation, y compris dans des initiatives revendicatives fortes qui seront sans aucun doute nécessaires pour développer un rapport de force en faveur de nos revendications. Quel que soit le gouvernement, faire

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des propositions, les porter et établir un rapport de forces pour obtenir gain de cause est et reste notre stratégie. Tel est l’enjeu.

Cette journée nous arme. A nous de la faire fructifier dans les débats, dans les négociations, assises sur une mobilisation des personnels.

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