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Cancer et traduction DVS

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Academic year: 2021

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Texte intégral

(1)

-688

DVS

NOUVELLES

médecine/sciences 1990 ; 6 : 688 Les nouvelles de ce numéro

ont été préparées par Pascale Briand Josette Cadusseau 1 Hélène Gilgenkrantz2 Jean-Claude Dreyfus Jean-Pierre Grünfeld Nathalie Josso3 Axel Kahn Brigitte Onteniente4 Gérard Orth5 Jean-Yves Picard3 Guy Riou6 Bernard Vigier3

1. Inserm U . 1 6 1 , 2 ru� d'Alésia, 750 1 4 Paris, France.

2. ICG M , I nserm U. 1 29, 24 rue elu Fau­ bourg Saint-Jacques , 750 1 4 Pari s , France. 3. Inserm U. 293, Ecole Normale Supérieure, département de biologie, 1 rue Mau rice Arnoux, 92 1 20 Montrouge , France. 4. Inserm U. 1 6 1 , 2 rue d 'Alésia, 75014 Paris, France.

5. I nserm U. 1 90, unité des Papillomavirus,

Institut Pasteur. 25-28 rue elu Docteur Rou x .

750 1 5 Paris, France.

6. Laboratoire de pharmacologie clinique ct

mol�cula i r c , I nstitut Gustave Roussv, rue

Camille Desmoulins. 9<1800 Villeju i f, France.

C

ancer et traduction

Les ARN messagers eucaryotiques ont un nucléotide 5 ' lié à une structure spéciale dénommée coiffe, ou cap, qui consiste en un acide guanylique tri­

phosphate méthylé

(

"'7 GpppX .. . )- Cette structure doit être reconnue par

le facteur d'initiation de la traduction eiF-4, et plus particulièrement par la sous-unité eiF -4E qui est activée par la phosphorylation d ' un résidu sérine .

C ette réaction activatrice peut être déclenchée par les agents stimulant les divisions cellulaires. L ' équipe de Nahum Sonenberg, un grand spé­ cialiste de la traduction des messagers travaillant à l ' u niversité McGill de Montréal (Canada) , s'est donc posée la question du rôle d 'eiF-4E comme l'un des intermédiaires présomptifs de la cascade d 'événements aboutissant au déclenchement du cycle cellulaire . Des cellules en culture ont été infectées par trois types de vecteurs rétroviraux : l ' un ne conte­ nait pas la séquence d'ADN codant pour eiF -4E, un autre contenait cette séquence mutée au niveau du codon sérine correspondant au site de phos­ phorylation , et le troisième contenait la séquence normale . Les cellules exprimant de grandes quantités du facteur eiF-4E normal avaient acquis un phénotype transformé et étaient tumorigènes chez la souris immuno­ déprimée alors que celles exprimant le facteur muté, ou n 'exprimant pas de facteur mais ayant intégré le rétrovirus vecteur, n ' étaient absolument pas transformées. Les mécanismes par lesquels une hyper-expression d'un facteur d ' initiation de la traduction peut entraîner la cancérisation des cellules sont incertains. Certains messagers d 'oncogènes sont très peu tra­ ductibles, possédant une longue extrémité 5 ' non codante semblant jouer un rôle d 'inhibiteur de la traduction. Tel est le cas des ARNm des gènes

c-sis (codant pour une chaîne du PDG F, plate/et derived growth factor), c­

myc et lck. Une hypothèse possible est que l 'hyperactivité du facteur eiF-4

aboutisse malgré tout à la traduction efficace de ces messagers, ou de messagers jouant des rôles similaires, et par conséquent à l ' accumula­ tion de protéines stimulant la prolifération cellulaire . Quoique ce méca­ nisme reste hypothétique , il n'en reste pas moins que voilà rapporté un niveau de plus dont la perturbation peut p rovoquer une p rolifération incontrôlée . Après des facteurs de transcription, des p rotéines du cytos­ quelette , des récepteurs membranaires, des G-protéines, des tyrosine et des sérine kinases, des facteurs de croissance, des molécules d ' adhérence et maintenant des facteurs de traduction, on peut se demander, avec un certain sens de l a provocation, quels sont les systèmes vraiment indé­ pendant du cycle cellulaire et dont aucune perturbation ne peut entraî­

ner de prolifération anormale ! Sans aller j usque-là, comme nous le sou­

lignions il y a dix-huit mois (mis, n ° 1 0, vol. 4, p. 606), la notion d'onco­ gène doit sûrement être revue et ne pas englober tous les systèmes poten­ tiellement capables d'activer les mitoses dans des conditions expérimen­ tales particulières, mais doit probablement se limiter aux gènes jouant

réellement un rôle dans la progression tumorale << naturelle >> .

A. K .

1 . Lazaris-Karatzas A , Montine KS, Sonenberg N . Malignant transformation by a eukaryo­

tic initiation factor subunit that binds to mRNA 5' cap. Nature ! 990 ; 345 : 544-7 .

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