ARCHIVES G ÉNÉRALES DU ROYAUME ET
ARCHIVES D E L'ÉTAT DANS LES PROVINCES SERVICE ÉDUCATIF
DOSSIERS 6
LA LÈPRE
D A N S LES PAYS-BAS (XIP-XVIIP siècles)
A r c h i v e s Générales du R o y a u m e l o o o Bruxelles
1989
. ^ , . ' T . - f ' ^ m ' S m f e : . i m i& ^ j^ . . ^ -ê : & ^ '..A.^. -.1, . X . , * ^ i i
La terminologie dans les textes médiévaux lll_ ' * en ancien français
Les termes par lesquels o n désignait la lèpre font n o m b r e u x . E n réalité, il existait plusieurs
; ' pèces de lèpre, difficiles à distinguer, surtout au m o y e n âge, en raison de l'analogie de leurs s y m p t ô m e s , et b o n n o m b r e de maladies ont ainsi prêté à c o n f u s i o n a v e c celle-ci. Le v o c a b l e lèpre l u i - m ê m e a été e m p l o y é p o u r désigner d'autres maladies de la peau. Les différents termes relevés ne sont pas t o u s d'exacts syno- nymes et n'appartiennent pas tous à la m ê m e époque. Q u e l q u e s termes sont e m p r u n t é s aux textes médicaux considérés c o m m e classiques [allopecia, ekphantiasis o u elefantia, leonina, mor- pheay, d'autres sont d ' u n e m p l o i général dans
l'ancienne l a n g u e {ladrerie, lèpre, meselerie), d'au- tres encore sont des termes r é g i o n a u x {cefar) o u des e m p r u n t s au langage populaire {blanc mal, brun mal, grant mal, gros mal, lèpre courans). Ces derniers traduisent p r o b a b l e m e n t u n aspect extérieur particulier de la maladie.
La présence des lépreux est signalée surtout du X P au X V I ' siècle. N o u s n'établirons pas de distinction entre les termes d é s i g n a n t la lèpre et ceux qui d é s i g n e n t la cagoterie^. La m é d e c i n e ancienne^ considérait les c a g o t s c o m m e
lépreux''. N o u s n e relèverons t o u t e f o i s que les termes repris dans les dictionnaires avec le sens de 'lépreux'5. Les d o c u m e n t s du m o y e n âge tels que statuts de léproseries, statuts de lépreux, procès verbaux de Visitation, certificats médi- caux, c o u t u m i e r s , c o m p t e s , etc. m o n t r e n t que l'on utilisait aussi toutes sortes de périphrases p o u r désigner le malade {enthechié du mal sainct hardre, entachié et infecté de la lèpre, feru de
1. N'oir F.F.J. L E C O U \ ^ E T , Enai sur la condition sociale des lépreux au mqyen-âee^ in Messager des Sciences historiques ou A rchives des Arts de la Bibliographie de Belgique, 1855, 5-32, 1861, 418-443, 1862, 16-54, 1865, 29-54; ici: 1862, 25. Voir aussi G. M A R É - C H A L , Lepra-ondert^oek in V^laanderen ( X l \ 'de - XVIde eeuw), in Annales de la Société Belge iHistoire des Hôpitaux, 14 (1976), 27- 65, ici: 32, et M A R T I N E T , Les traitements de la lèpre dans les manuscrits médicaux de Laon, in Mémoires de la Fédération des Sociétés d'Histoire et d'Archéologie de l'Aisne, 16 (1970), 17-21, ici:
19.
2. Contrairement à la nomenclature faite par E. J E A N -
S E L M E , La lèpre, D o i n , 1934, 5, 6, qui sépare aussi des lépreux les termes désignant les 'descendants des lépreux:
caquins, caqueux, cacous (Bretagne); capots, cassots ( G u y e n n e et L a n g u e d o c ) ; cagots, agots, gahets (Béarn); chrestiaas (Pyrénées);
ghesitains'.
5. D u X I ' au X V ' siècle.
4. H . - M . F A Y , Histoire de la lèpre en France. Lépreux et cagots du Sud-Ouest, Paris, 1910, 4-6.
5. Ces termes ne se rencontrent pas dans 'es textes de nos régions, bien que cette forme de maladie y ait cié diagnostiquée par les médecins.
mesellerie, etc.). La lèpre devait être d û m e n t l
constatée. U n diagnostic était établi au c o u r s d'un examen, e n t o u r é du m a x i m u m d e précau-
tio'ns et de garanties^. Le malade j u g é l é p r e u x devait soit entrer dans une léproserie, s o i t d e -
venir un ladre forain. \
V o i c i une liste alphabétique de t e r m e s e m -
ployés dans les textes français du X I I ' au X V I « siècle'':
Allopicie: dans les descriptions m é d i é v a l e s de la
lèpre (par e x e m p l e celle de R o g e r de B a r o n e au X I I I ' siècle 8), celle-ci est d i v i s é e e n quatre
espèces, elephantia, leonina, tjria et allopicia.
'Allopicie"^, relevé par G O D . , est traduit par 'chute partielle o u totale des c h e v e u x , d e s \ poils'. Mais le texte suivant m o n t r e b i e n qu'il 1 s'agit d'une e s p è c e de lèpre: 'Henri le Quint fut i
malade de alopisie, qui est ladrerie ou cueur et a la J /w/f'i°. L'alopécie se caractérise par la c h u t e d e s ' poils, sourcils, barbe dans un v i s a g e t u m é f i é " . O n retrouve le m o t , sous une f o r m e latine, dans le Trésor des pauvres d'Arnault de V i l l e -
n e u v e (1245-1313), éd. fr. de 1 5 8 1 : 'Contre \ elephantie et alopecia, cirop digestif précédant la \ médecine laxative\
Blanc {ladre), v o i r ladre.
Blan(c) mal de lèpre, v o i r lèpre.
Blanche {morpheé), v o i r morphee.
•i
Blancq mal, v o i r mal.
6. A. B O U R G E O I S , Lépreux et maladreries du Pas-de-Calais (X' - XVIII' siècles) {Mémoires de la Commission Départementale des Monuments Historiques du Pas-de-Calais, 'X.iyji), Arras, 1972, ^
18 et ss.
7. N o u s n'avons pas tenu c o m p t e , p o u r le classement alphabétique, des majuscules et des minuscules. N o u s a v o n s eu d'autant moins de scrupules qu'il est s o u v e n t difficile de choisir entre une graphie avec majuscule et une graphie a v e c m i n u s - cule. Les auteurs m o d e r n e s reproduisant des textes anciens font du reste, en cette matière, preuve de la plus grande fantaisie.
N o u s avons suivi les instructions de la C o m m i s s i o n Royale . d'Histoire dans la mesure o ù elles p o u v a i e n t s'appliquer à des - , cas qui n'ont pas toujours toute la clarté désirable. - - '
8. M A R T I N E T , o.c. (voir note i), 18, 19.
9. F. G O D E F R O Y , Dictionnaire de l'ancienne langue française
et de tous ses dialectes du IX' au XV' siècle, Paris, 1880 - 1902, J VIII, 86b (exemple de Bernard de G o r d o n ) . A partir d'ici ] abrégé en G O D . :
10. G O D . l.c. ^
11. Voir F A Y , o.c. (voir note 4), 75. • !
27
'9
Boines Maisons, bonne maison, bonne maison Saint Ladre, voir maison.
Bons Malades, v o i r malade.
Brun mal, voir mal.
Brun mal de lèpre, voir lèpre.
Cacot, cachot: n o m d o n n é aux lépreux blancs de Basse-Bretagne: 'Comme sont les ladres blancs, appelés cachots et capots, que l'on trouve en Basse Bretagne et en Guyenne vers Bordeaux, ou ils les appellent gabets' en la Basse Bretagne cacots, et sont nommés ladres blancs' '2.
Cafre: adjectif e m p l o y é par Gautier de Coinci.
G O D . le rend par 'couvert d'une maladie hi- deuse de la p e a u ' m 2 i \ . s il s'agit plutôt de 'lépreux'1'*. C'est u n emprunt de l'arabe kafir 'qui n'a pas la foi'.
Cagot: ' n o m des lépreux relégués loin des villes et relégués c o m m e m a u d i t s ' a p p a r a î t dès 1488 en ancien béarnais. A j o u t o n s q u e le m o t est appliqué par dérision aux b i g o t s à partir de ca.
1600.
Cagou: figure dans u n texte parisien de 1456 avec le sens de 'lépreux'i"^.
Campestres malades, voir malade.
Capot: il s'agit d'une sorte de lépreux: ' ... une espèce de lèpre ou meselerie, et les entachiés d'icelle maladie sont appelés en aucunes contrées capots ...''^.
Fayi^ signale q u e l'on disait cappoterie p o u r 'lèpre' en 1439 dans le L a n g u e d o c .
Caqueux, cacoux, cachous: f o r m é s sur un adjectif d u latin médiéval *cacosus, dérivé de cacare 'chier'. G O D . a g r o u p é caqueux et cacoux, adj. et subst., 'lépreux'1^ et traite à part l'adj. cachous.
11. E. H U G U E T , Dictionnaire de la langue française du XVI' siècle, Paris, 1925-1967, II, 4 } b (exemple d'Ambroise Paré). A partir d'ici abrégé en H U G U E T . W. v o n W A R T B U R G , rran:^osisches Etymologisches Worterbuch, T û b i n e e n , 1922- , II/i, 19b, sub cacare. A partir d'ici abrégé en F.E.w.
15. G O D . , I, 767c. FA Y, o.c. (voir note 4), 287, le signale c o m m e appartenant au N o r d de la France.
14. F.E.ir., XIX, 76a.
i j . F.E.W., II/i, 19b; G O D . , VIII, 406c, 407a.
16. F.E.W., II/i, rgb.
17. G O D . , I, 780b (ordonnance du roi Charles VI de 1407).
18. FA Y, o.c. (voir note 4), 500.
19. G O D . , I, 78 ic.
qu'il cite dans un texte du XV= siècle où ' il est l'équivalent d u latin impostor; il traduit cachous par 'cachotier, trompeur'. L'adjectif cachous aura été appliqué ensuite aux lépreux^o. Ces termes ne figurent que dans des textes bretons d u XV"=
siècle.
Cassot: selon G O D . , s y n o n y m e de lépreux:
' Vil cassot, qui vault autant a dire comme me^el, et venu et extrait de lignée me^elle ou ladre'Fay^^
confirme q u e le m o t est rigoureusement s y n o - n y m e de cagot.
Cefar: 'lèpre' n'apparaît qu'en ancien liégeois^^.
C'est, c o m m e cafre, u n e m p r u n t à l'arabe kafir.
Coulant {lepré), v o i r lèpre.
Courans {lepré), v o i r lèpre.
Crestian: Fay^* et Jeanselme^^ relèvent aussi d'autres f o r m e s , qui se rattachent toutes à chris- tianus et d é s i g n e n t le c a g o t , le lépreux dans le Sud-Ouest26.
Deforains {malades), v o i r malade.
Degeté: l'on connaît bien l'expulsion, la mise 'hors de la ville' des personnes atteintes de la redoutable maladie ; le participe passé degeté est e m p l o y é s u b s t a n t i v e m e n t p o u r désigner celui qui est rejeté: '... dou las me sel, dou degeté qui tant soufroit de povrete" (Gautier de Coinci, De la misère d'ome et de famé, v. 745)2''. Q n rencontre aussi le v e r b e congier au sens de 'expulser, congédier' : '... congiés de ledite ville et mené a ledite maladrie comme laddres''^^.
Degiet: en p r o v e n a n c e du lat. dejectus 'rejeté, chassé', a aussi le sens de 'lépreux'2'.
20. O. B L O C H et W. v o n W A R T B U R G , Dictionnaire étymologique de la langue française, Paris, 7e éd., 1986, sub cagot.
21. G O D . , I, 792 (ordonnance royale de 1407; manuscrit conservé à la Bibliothèque Nationale à Paris).
22. FA Y, o.c. (voir note 4), 512.
2}. Dans un médicinaire liégeois du XIII' siècle. Y.E.W., X I X , 76a.
24. FA Y, o.c. (voir note 4), 522 et ss.
2;. J E A N S E L M E , o.c. (voir note 2), 6.
26. F . H . i r . , I I / i , 655a.
27. J. D U F O U R N E T , Présence et fonction de la lèpre dans^le Tristan de Béroul., in Mélanges J.R. Smeets, Leiden, 1982, 87-105, ici: 105, note 16.
28. Aire, 1454. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6), p. 180.
29. F.E.IF., III, 31b; A. T O B L E R - E . L O M M A T Z S C H , Altfram^osisches Worterbuch, Wiesbaden, 1925 - , II, 1319, sub dejet. A partir d'ici abrégé en T.L. Voir aussi P. R E M Y , La lèpre, thème littéraire au moyen âge, in Le Moyen Age. Revue d'histoire et de philologie, 52 (1946), 195-242, ici: 197, 259.
2 8
Elephance: fait partie des quatre espèces de lèpre signalées sous allopicie. G O D . ^ ° le traduit par 'éléphantiasis, lèpre du m o y e n âge' et cite un exemple de 1576. Cette maladie a été décrite c o m m e étant une forme majeure et très viru- lente de lèpre31. Autres formes relevées: élé- phantiasis, elephantie, elefantie (GOD.) et elephan-
tiase (F.E.W.). A Ypres, o n lit: la quelle elefancia est appelé de Avicenne et aulcungs Arra- biens lepra ... si esse encoirre de ceste maladie elefancia que nous avons trouvé audit Pierkin de Hooge aulcung signes'La maladie est caracté- risée par des tubercules de la peau qui la rendent rugueuse c o m m e celle de l'éléphant:
'Eléphantiasis, ainsi appelée a cause que les malades ont les bras et jambes grosses et tubéreuses comme les éléphants' ( A m b r o i s e Paré, 1510-1590)^3. Fay estime q u e p o u r 'avoir complète l'histoire de la lèpre au m o y e n âge' il faut joindre l'histoire de la lèpre blanche à celle de l'éléphantiasis^^.
A u X I V « siècle, o n admettait de droit les malheureux atteints de 'l'éléphantiasis noire ou maladie de saint Lazare' à la léproserie de Cornil- lon, près de Liège. U n texte de 1644 précise que personne ne pourra plus être introduit c o m m e malade dans cette m ê m e léproserie s'il n'est atteint de 'ladrie de saint Ea^are appelée éléphantiasis'. Cette lèpre était, au X V I P siècle, ce q u ' o n appelait 'la vraie lèpre', d'après D e n i s 35.
D é r i v é s : elephantique, e m p l o y é c o m m e adjectif par Joubert dans sa Grande chirurgie (éd. de
1598): ceux qui deviennent elephantiques, c'est a dire ladres'employé c o m m e substantif par A m b r o i s e Paré: '... aux elephantiques ou
meneaux''^'^ ; elephantié 'affecté d'éléphantiasis'^S;
elefanticus, à Ypres: '... l'avons trouvé infecté et lepreus selon la descripcion de ... docteurs, combien qu'i ne soet point elefanticus ... ' ; elephantine {mese- lerie), voir meselerie.
30. G O D . , i n , 22b,
31. Pour plus de détails, voir M A R T I N E T , o.c. (voir note 8), 18, 19. L E C O U V E T , o.c. ( voir note i), i 8 6 ] , 420, signale que, d'après un texte latin, cette espèce de lèpre qu'on appelle éléphantiasis 'semble l'emporter en malignité sur toutes les maladies, c o m m e l'éléphant l'emporte en stature sur tous les animaux*.
32. Ypres, IÎ47- C). M U S , De lepro^rij, genaamà het Gods- huis der Hoge Zieken te leper. Oorkonden, I V , Ypres, 1953, i i -
33. G O D . , I X , 429a; F.E.ïï^., III, 213a, sub éléphantiasis.
34. F A Y , o.c. (voir note 4), 49.
35. E. D E N I S , Sainte Julienne et Cornillon. Etude historique, Liège, 1927, 66.
36. H U G U E T , III, 319b.
37. H U G U E T , III, 319b.
38. G O D . , III, 22c.
39. M U S , o.c. (voir note 32), 11.
Elefantie (mal d'), v o i r mal.
Entach(i)é (enthechié) de lèpre, du mal sainet Eardre, de la maladie de lèpre, de pouacre, v o i r ladre, lèpre, pouacre.
Estranges {ladres), v o i r ladre.
Estrangiers {ladres, malades), voir ladre, malade.
Feru de mesellerie, voir meselerie.
Ferut del mal d'elefantie, voir Wû/ delefantie.
Femes malades, voir malade.
Femme ladre, voir ladre.
Foraine {maladerie), voir maladerie.
Forains {ladres), voir ladre.
Gahet: n o m d o n n é à Bordeaux aux ladres blancs: 'Ees ladres blancs ... que nous appelions capotai ou gahatv^ (Thevet, Cosmographie) Gens malades, voir malade.
Grigieur: un seul exemple de ce substantif signifiant d'après G O D . 'lépreux, terme inju- rieux''" dans un texte de 1476. O n i g n o r e l'origine du m o t ; le contexte ne fournit aucune indication.
Grant mal, voir mal.
Haulte Maladrie, voir maladerie.
Homes malades, voir malade.
Homme lespreux, voir lepreus.
Homme(s) ladre(s), voir ladre.
Hospital, voir ladrerie.
Hospital des Easars, voir Lasars.
Hostel (Povre) des ladres, voir ladre.
Infait (ladre), voir ladre.
40. H U G U E T , IV, 249a; G O D . , IV, 202c. Voir F A Y , o.c.
(voir note 4), 302-305.
41. G O D . , 1V_, 357c.
29
9
17 ARNOULD DUMOULIN. PLAN DE LA VILLE DE HUY, 1766. DÉTAIL.
30
hifait de meselerie, v o i r meselerie.
Infecté de la maladye de lepret^, v o i r lèpre.
Infecté et lepreus, v o i r lepreus.
Ladre: f o r m e p o p u l a i r e p r o v e n a n t de Lat^arus, accentué sur l ' a n t é p é n u l t i è m e , à c ô t é d'une f o r m e plus a n c i e n n e la:^re^^.
Saint Lazare était c o n s i d é r é c o m m e étant par excellence le p a t r o n des lépreux^^^ D e u x h o m - m e s du n o m d e Lazare o n t été pris l'un p o u r l'autre: Lazare le ressuscité, le frère de Marthe et de Marie, et le m e n d i a n t Lazare, de la parabole d u m a u v a i s riche {Luc, X V I , 19), qui était c o u v e r t d'ulcères ainsi q u ' u n n o m m é S i m o n dit le l é p r e u x . L e p r e m i e r Lazare fut c o n s i d é r é c o m m e atteint lui aussi d e la lèpre et a d o p t é c o m m e p a t r o n des v i c t i m e s de ce fléau 44.
C o m m e substantif, ladre d é s i g n e le lépreux:
pour prendre et appréhender le ladre de Hajnau lors passantpartny la ville ^5; 'ladres' entre autres à
Jodoigne^ô, à Ypres''''; 'laddres' entre autres à Jodoigne''»; 'laidres' à Béthune'''. Il peut être a c c o m p a g n é de qualificatifs: 'un ladre infaif^;
He dernier ladre est fort infesté et malade'On a parfois divisé les ladres ^2 e n ladres blancs et ladres verts. L e s p r e m i e r s n ' a v a i e n t pas les d e h o r s r e p o u s s a n t s d e s s e c o n d s Ladre blanc 'lépreux qui a e n c o r e le cuir lisse' apparaît d ' a b o r d c h e z A m b r o i s e Paré, ladre vert 'lépreux d o n t le mal se m a n i f e s t e au d e h o r s ' apparaît un
42. F.E.W., V , 232b; G O D . , X , J9a.
43. L. L A L L E M A N D , Histoire de la charité, III: he moyen âge (du X' au XVI' siècle), Paris, 1906, 245 note 27.
44. Voir E. v o n K R A E M E R , Les maladies désignées par It nom d"un saint, in Societas Sdentiarum Fennica. Commentationes Humanarum Litterarum X V / 2 (1950), 1-150, ici: 95, 96. J.
M A R C H A L , La lèpre et les maladreries ardennaises, in Revue historique ardennaise, 8 (1973), 49-79, ici: 49, 50, et A. V I A E N E , Lepro^ien en lepro^erijen in Vlaanderen, in CoUationes Brugenses et Gandavenses, 7 (1961), 289-314 et 551-561, 8 (1962), 122-127, ici:
300.
45. Namur, 1533. J- B O R G N E T , Les Grands-Malades, in Annales de la Société archéologique de Kamur, 1 (1849), 531-363 et 381-452; ici: 385.
46. Jodoigne, 1534-35. R. H A N O N de L O U V E T , Histoire de la ville de Jodoigne, I, G e m b l o u x , 1941, 346.
47. Ypres, 1559. M U S , o.c. (voir note 32), 30.
48. Jodoigne, 1515-16. H A K O N de L O U V E T , o.c. (voir note 46), 346.
49. Béthune, 1450-51. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6), 237-
50. Injait 'infecté', HUGUET, IV, 620a, sub infaire.
51. Chièvres, 1588. M. V A N H A U D E N A R D , Histoire de la ville de Chièvres, Bruxelles, 1923, 172 note 3.
52. Le mot ladre est qualifié de 'vieux' par le Trésor de la langue française.
53. V. D E R O D E , Léproseries ou maladreries, in Bulletin de la Commission historique du département du Nord, 2 (1844), 259-273, ici: 269. _ -
plus tard5''. T o u s les lépreux n ' é t a i e n t p a s 'enfermés' d a n s d e s léproseries o r g a n i s é e s . Cer- tains, n o n a d m i s dans ces é t a b l i s s e m e n t s , v i v a i e n t à la c a m p a g n e . Ils étaient g r o u p é s d a n s des m a i s o n n e t t e s bâties en des e n d r o i t s écartés.
Les historiens les appellent des l é p r e u x f o r a i n s ( = m o y e n néerlandais akker^ieken)^^. L e s t e x t e s les appellent aussi 'ladres forains''povres estran- giers ladres'. U n certain n o m b r e de l é p r o s e r i e s
recevaient, p o u r u n t e m p s très l i m i t é , d e s lépreux de p a s s a g e , d e s lépreux errants: 'pour l'ospitalité des povres ladres trespassans'; 'au dor- toir des ladres passant'^^-j 'pour les estrangiers ladres passans'''^ ; 'des povres ladres trespassans'. Il est
vraisemblable q u e p a r m i les l é p r e u x errants b e a u c o u p n'étaient atteints q u e d ' a f f e c t i o n s mineures. Ils v i v a i e n t d e m e n d i c i t é . Ladre e n t r e dans la d é s i g n a t i o n de la l é p r o s e r i e : 'un hostel appelé le Povre Hostel des ladres'^^-j 'la maison des ladres'^^-j 'l'ospital et maison des ladres'Il d é - s i g n e la lèpre d a n s le texte s u i v a n t : l'on ne pourra bouter ung suspect de ladre hors d"une ville'
et dans u n e s e n t e n c e magistrale d e L i è g e , o ù la lèpre est a p p e l é e ladre de saint La^^are^^.
C o m m e n o m p r o p r e . Ladre apparaît d a n s la d é s i g n a t i o n d e la m a l a d i e : 'gens soupechene^i de le
54. F . E . I F . , V , 232b; H U G U E T , IV, 750b.
55. A. U Y T T E B R O U C K , Hôpitaux pour lépreux ou couvents pour lépreux? Kéflexions sur le caractère des premières grandes
léproseries de nos régions à leurs origines, in Annales de la Société Belge d'Histoire des Hôpitaux, 10 (1972), 3-29, ici: 7; M A R C H A L , o.c.
(voir note 44), 56; N . H U Y G H E B A E R T , L'origine ecclésiastique des léproseries en Flandre et dans le Nord de la France, in Revue d'histoire ecclésiastique, 58 (1965), 848-857, ici: 852; R. D U B O I S , Les rues de Huy. Contribution à leur histoire, H u y , 1910, 379. Sur les lépreux forains appelés 'errants', voir e n outre A . M O R È A U - N E R E T , L isolement des lépreux au moyen-âge et le problème des 'lépreux errants', in Mémoires de la Fédération des
Sociétés dHistoire et dArchéologie de l'Aisne, 16 (1970), 22-35, qui constate (p. 27) que 'leur nombre était au X I V ' siècle beaucoup plus considérable que celui des ladres séquestrés'.
56. Saint-Omer, 1463. L. D E S C H A M P S de P A S , Recher- ches historiques sur les établissements hospitaliers de la ville de Saint- Omer {Société des Antiquaires de la Morinie), 1877, 24; Arras, 1430. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6), p. 219.
57. Laon, 1410. I. I M B E R T , Les hôpitaux en droit canonique, Paris, 1947, 161 note 3.
58. Laon, 1410. I M B E R T , o.c. (voir note 57), 161 note 3.
59. Namur, 1530. B O R G N E T , o.c. (voir n o t e 45), 403 note 1.
60. Namur, 1538. B O R G N E T , o.c. (voir n o t e 45), 403 note 1.
61. Namur, 1451. B O R G N E T , o.c. (voir n o t e 45), 403 note 1.
62. Laon, 1410. I M B E R T , o.c. (voir note 57), 161 note 3.
63. Aire, 1532. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6) p. 185;
Jodoigne, 1701. H A N O N de L O U V E T , o.c. (voir note 46), 348.
64. Saint-Omer, 1463. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6) 318.
65. Mons, 1410. Ch. F A I D E R , Coutumes du pajs et comté de Hainaut, II: Coutumes locales, Bruxelles, 1878, 129.
66. Liège, 1644. R. H A N K A R T , L'Hospice de Cornillon à Liège. 1: La léproserie, in La Vie Wallonne, 40 (1966), 5-49, ici:
31-
51
maladie saint Ladre''pour cause du mal saint
Ladre'^^. Cette maladie, appelée d'après le n o m du saint, entre à son tour dans une périphrase qui désigne le malade : 's'il est batus de le malladie saint Ladre''enthechié du mal sainct Lardre'""^;
'malade du gros et du brun mal monsieur saint i-.adre''^^. Saint Ladre seul apparaît aussi dans une périphrase désignant le lépreux:'mal(l)a- de(s) de saint Lad(d)re'''^ et dans la désignation de la léproserie: 'la maison (de) Saint
Lad(d)re''^^; 'le maison de Diex et de Saint Laudre'^"*; 'la bonne maison Saint Ladre'''^; 'la bonne maison Dieu et Saint Ladre'"^^; 'la grande maison Saint Ladre''''^i 'l'ostel de Saint Ladre' 'Saint Lad(d)re'^^.
C o m m e adjectif, avec la m ê m e f o r m e pour les d e u x genres: 'femme ladre''homme (s)
ladre(s)'^^; 'personne ladre'^^; figurant c o m m e o b s e r v a t i o n qui a c c o m p a g n e le n o m d'une per- s o n n e e n v o y é e aux é p r e u v e s : 'laddre du blanc et du brun'^^; '... il es toit ladres de blanq mal et de liepre courant'Par allusion à l'insensibilité
67. Mons, 1371. W. D E K E Y Z E R , Une léproserie en muta- tion: la bonne maison Saint-l^adre de Mons aux XIII' et XIl^' siècles, in Annales de la Société Belge d'Histoire des Hôpitaux, 14 (1976), 3-25, ici: 20, note 90.
68. Arras, 1241-42. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6),
p.
211.69. Lille, fin du X l I I e siècle. livre Raisin, coutumier lillois de la fin du XIII' siècle, éd. R. M O N I E R , Paris-Lille, 1932, 19.
70. Béthune, 1541. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6),
p.
241.71. Arras, 1426. B O U R G E O I S , B.C. (voir note 6), p. 214.
72. Cuesmes, 1297. L. D E V I L L E R S , Monuments pour servir à r histoire des provinces de Namur, de Hainaut et de Luxembourg, III, Bruxelles, 1874, 108; Jemappes, 1328. D E V I L L E R S , o.c,
113; Mons, 1308-1509. D E K E Y Z E R , o.c. (voir note 67), 19 note 78.
73. Mons, 1279. D E K E Y Z E R , o.c. (voir note 67), 10;
Mons, 1379-80. D E K E Y Z E R , o.c. (voir note 67), 18 note 75.
74. Dinant, 1409. S. B O R M A N S , Cartulaire de la commune de Dinant, I, Namur, 1880, 158.
75. Chièvres, 15 81. V A N H A U D E N A R D , o.c. (voir note 51). 172-
76. Tournai, règlement de la léproserie du Val d'Orcq, 1257. A.-P.-V. D E S C A M P S , Notice sur Walter de Man'is, évéque de Tournai, in Mémoires de la Société historique et littéraire de
Tournai, i (1855), 153-300, ici: 288, 289.
77. Beaumont, 1560. Th. B E R N I E R , Histoire de la ville de heaumont, in Mémoires et Publications de la Société des Sciences, des Arts et des Lettres du Hainaut, 1878, 118-367, ici: 285.
78. Les Andelys, 1380. L. L E G R A N D , Statuts d'Hôtels- Dieu et de léproseries, Paris, 1901, 247 note.
79. Mons, 1339. D E K E Y Z E R , o.c. (voir note 67), 18 note 71; Amiens, 1305. L E G R A N D , o.c. (voir note 78), 229.
80. Saint-Omer, 1465. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6), p. 318.
81. Saint-Omer, 1463. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6), p. 318.
82. Mons, 1410. F A I D E R , o.c. (voir note 65), 129.
83. Ath, 1459. C U L L U S , Les institutions hospitalières d'Ath au XV' siècle, in Annales du Cercle royal d'Histoire et d'Archéologie dAth et de la région et Musées Athois, 41 (1964-
1966), 33-92, ici: 72.
84. Arras, 1395. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6), p. 214.
physique des lépreux, ladre a pu signifier 'insen- sible m o r a l e m e n t '
Signalons des dérivés de ladre: ladresse ' f e m m e l é p r e u s e ' l a d r o s 'lépreux', ladreure 'lèpre' et des e m p r u n t s de La:^arus: lai^aron 'lépreux', las^arique 'lèpre', la:(aret 'léproserie'8''.
Ladrerie: é g a l e m e n t dérivé de ladre, le m o t désigne soit la lèpre, a v e c u n e variante ladrie:
'... la maladie de lèpre, vulgairement nommée ladrie''empetigo et vulgairement morphea, qui est le chemin et voie a vraie ladrie'soit l'hôpital d e s lépreux: 'les filles de l'hospital de la ladrerie de la ville de Gand"^; 'Comme soit fondé ung hospital ou laddrie de saincte Marie Magdalene
Ladresse, v o i r ladre.
Lasars: dans 'l'hospital des Lasars, dict en thiois Hooghe^lieken'^^ d é s i g n e u n e léproserie, celle d'Ypres e n l'occurrence.
Laverie est p r o b a b l e m e n t u n e f o r m e francisée du m o y e n néerlandais laserie, lasarie : 'les frères et seurs de la la:(erie au dict Gand'^^.
Léonine: fait partie des quatre e s p è c e s de lèpre signalées s o u s allopicie. G O D . le rend par 'espèce de lèpre' et ne cite q u ' u n seul e x e m p l e : 'Entre les espèces de ladrerie, la léonine et l'elefantie sont les pires"^^.
Lèpre: d u latin lepra, qui v i e n t d u g r e c lepra (se rapportant au grec lepis 'écaille). L e m o t n'est pas très e m p l o y é dans n o s régions. Il figure n o t a m m e n t s o u s les f o r m e s lepra et lèpre à Ypres: ' . . . selon la descripcion et interpretacion de lepra de Galien ...'^^ apparaît aussi dans 'la maladie de lèpre'^, 'la maladie c'on dit du blan(c) et
85. H U G U E T , IV, 750b; F.E.W., V , 235a.
86. Jodoigne, i ; 34-35- H A N O N de L O U V E T , o.c. (voir note 46), 343, 345.
87. F.E.W., V , 232b, 235a.
88. Ypres, 1560. M U S , o.c. (voir note 32), 39.
89. Ypres, 1559. M U S , o.c. (voir note 32), 31.
90. Gand, 1623. F. D E P O T T E R , Petit cartulaire de Gand, Gand, 1885, 191.
91. Bergues-Saint-Winoc, 1447. E. de C O U S S E M A K E R , La Madeleine, maison de lépreux le^-Piergues (Saint-Winoc), in Bulletin du Comité Flamand de France, 4 (1866-68), 455-476, ici:
471-
92. V i A E N E , o.c. (voir note 44), 555.
93. Gand, 1527. D E P O T T E R , o.c. (voir n o t e 90), 76.
94. Tiré de Joubert, Grande chirurgie, éd. de 1598 ( G O D . , X, 71c).
95. Ypres, 1547. M U S , o.c. (voir note 32), u .
96. Beaumont, 1560. B E R N I E R , o.c. (voir note 77), 285.
Cl
53
<0
du brun mal de lepre"^'', 'de le lèpre coulant descen- dant du piet">^, 'du mal de lèpre courans"^'^. Il peut faire partie de la périphrase désignant le lépreux: 'entachié et infecté de la lèpre''une personne entachie de la maladie de lèpre''infectet de la maladye de lepre^ ; 'pour dessevrer les sains des enfers de liepre'
Signalons les dérivés de l'ancien français liepre:
liepré 'lépreux' et liepru 'lépreux' 'o^.
l^epreus: e m p r u n t du latin m é d i é v a l leprosus, il est e m p l o y é c o m m e substantif o u c o m m e adjec- tif: 'l'avons trouvé infecté et lepreus'; 'ledit Henry fut jugé lépreux''administrer les lépreux'™;
'nous recepvons aucun des bourgois et habitons de la dite ville, malades et lépreux, en Fostel des di^
lépreux'; 'ung homme lespreux'^^^. Lepreus, - x n'est que rarement e m p l o y é . O n y rattache maladie leprouse 'lèpre', léproserie 'hôpital p o u r lépreux' et 'maladie de la lèpre' et leprosité, qui ne se rencontre que dans maladie de leprosité 'lèpre'"0.
lépreuse: substantif o u adjectif, '(femme) atteinte de lèpre', est rarement e m p l o y é : 'la maison de la lépreuse'^^^-y 'trouvé ladite fille estre lépreuse'
Magdalaine: les léproseries de Saint-Omer**^ et d e Bergues-Saint-Winoc"'' étaient placées sous le patronage de Marie-Madeleine. O n rencontre
97. Beaumont, 1560. B E R N I E R , o.c. (voir note 77), 285;
Mons, 1470. G. D E C A M P S , Sceau de la maison de Saint-hadre à Mons, in Annales du Cercle archéologique de Mons, 18 ( i 8 8 j ) , IJ5-
'39. ici: i59-
98. Mons, 1470. D E C A M P S , o.c. (voir note 97), 158.
99. Arras, 1394. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6), 100. Ypres, 1547. M U S , o.c. (voir n o t e 52), 11.
101. Mons, 1410. F A I D E R , o.c. (voir note 65), 129.
102. Compte de la léproserie d'Estinnes et Bray, 1565. L.
D E K E Y S E R , Quelques considérations sur les léproseries belges au moyen âge, in Journal Médical de Bruxelles, 27, n° 25 (6 juin 1912), 255-259, ici: 257.
105. Philippe de Beaumanoir. Coutumes de Beauvaisis, éd. A . S A L M O N , II, Paris, 1970, 528.
104. F.E.W., V , 258a.
105. Ypres, 1547. M U S , o.c. (voir note 52), 11.
106. Jodoigne, 1525-26. H A N O N de L O U V E T , o.c. (voir note 46), 357.
107. Jodoigne, 1653-54. H A N O N de L O U V E T , o.c. (voir note 46), 542.
108. Ypres, 1470. L. G I L L I O D T S - V A N S E V E R E N , Coutumes des pays et comté de Flandre. Quartier d" Ypres. Sources et développement de la coutume d'Ypres, II, Bruxelles, 1908, i 6 i .
109. Bapaume, 1547-48. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6),
p.
228.110. F.E.W., V , 258a; G O D . , IV, 759c.
111. Jodoigne, 1595-4. H A N O N de L O U V E T , o.c. (voir note 46), 544.
112. Béthune, 1518-19. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6),
p.
259.115. D E S C H A M P S de PAS, o.c. (voir note 56), z i . 114. D e C O U S S E M A K E R , o.c. (voir note 91), 456.
'la Magdelaine'tout court et 'la maladerie de l^, Madelaine'^^^ , 'la maison de le Magdalaine'^^"^, 'hospital ou laddrie Sainte Marie Magdalene'^^^.
N o t o n s q u e la léproserie des G r a n d s - M a l a d e s de H u y avait d e u x autels dédiés à saint N i c o l a s et à sainte Marie-Madeleine, patrons habituels de ses n o u v e a u x bâtiments et de s o n église"^.
Maison: d é s i g n e la léproserie grâce au c o n t e x t e : 'JL/ estrangiers malades qui nul droit n'a en le maison
... li mestre de le maison puet aler la u il voet pour le pourfis de le maison ''^o ( r è g l e m e n t de la
léproserie d u Val d'Orcq); 'le maison de Corneil- lons'^^^ (il s'agit de la léproserie de Cornillon, près de Liège). Il e n est de m ê m e p o u r bonne maison: 'le bonne maison dudit Saint Omer, nommée le Magdelaine''ladite bonne maison'^'^ (il s'agit de la grande maison Sainct luidre citée p r é c é d e m - ment). D a n s le texte suivant: '... en allant compter as Boines Maisons, montèrent li frait en le part de le ville contre les dittes Boines Maisons qui otant en payent, 4 Ib. 7 s.'^'^* , il s'agit d ' u n n o m p r o p r e
d o n n é à la léproserie de M o n s , d ' o ù les majus- cules. O n r e t r o u v e l'adjectif bon dans la bonne maison Saint L^dre ( v o i r ladre) et l'adjectif grand dans la grande maison Saint Ladre ( v o i r ladre). O n joint parfois les termes 'maison et maladerie'^'^^, 'maison et hospital'^'^^.
Maison des Grans Malades, v o i r malade.
Maison de le Magdalaine, voir Magdalaine.
Maisçn de la mal(l)aderie, voir maladerie.
Maison des malades, v o i r malade.
Maison des meseaus, v o i r mesel.
115. Saint-Omer, 1465. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6), p. 518; Saint-Omer, 1532. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6), p. 185.
116. Saint-Omer, 1625. D E S C H A M P S de P A S , o.c. (voir note 56), 45.
117. Saint-Omer, 1349. D E S C H A M P S de P A S , o.c. (voir note 56), 384.
118. Bergues-Saint-Winoc, 1447. de C O U S S E M A K E R , o.c. (voir note 91), 471.
119. A. J O R I S , ville de Huy au moyen âge. Des origines à la fin du XIV' siècle, Paris, 1959, 588.
120. Tournai, 1257. D E S C A M P S , o.c. (voir note 76), 286.
121. Liège, 1265. D E N I S , o.c. (voir note 55), 181.
122. Béthune, 1450-51. B O U R G E O I S , o.c. (voir n o t e ' 6 ) , p. 257.
125. M o n s , 1561. D E C A M P S , o.c. (voir note 97), 158.
124. Mons, 1589-90. D E K E Y Z E R , o.c. (voir note 67), 16 note 51.
125. Arras, 1429. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6), p. 198.
126. Arras, 1595. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6), p. 200.
34
Mal: accompagné d'adjectifs, servait à désigner diverses formes de lèpre, que les médecins et chirurgiens tentaient de diagnostiquer. Ainsi:
'blancq mal secq'^'^'^; 'malade du gros et du brun mal monsieur saint 'Ladre'^'^^; 'Jehanne Majolette estait entechie de ledite malladie saint Laddre telle que du hlancq et brun wa/'^^ç. 7^ maladie c'on dist du blanc et du brun mal de lèpre''malade du grant mal
saint Ladre et brun maP^'^^; 'malade du gros mal et du blancq maP j 'laddre et entequiet du mort mal et du brun maP'^'^^. Il est difficile de reconnaître, désignées par ces termes, les différentes formes cliniques de la maladie. Le mort mal é v o q u e , semble-t-il, la lèpre tuberculoïde 'à sa période de mortification'134.
Mal d'elefantie: s y n o n y m e à'elephantiasis'^^^. Il entre dans la périphrase désignant le lépreux: 7/
quatre moine ... furent ferut del mal d'elefantie, si ke il morurent par porrissan:(^ menbres', cité par T . L . Mal de lèpre, voir lèpre.
Mal sain(c)t La(r)dre, voir ladre.
Malade. C o m m e substantif, malade désigne le lépreux, considéré c o m m e le malade par excel- lence 1^: 'paje' au malade ... payé aux deux
malades
. . . ' ' 3 7(de la léproserie jodoignoise). Le m o t peut être accompagné d'un adjectif: '1^/
dokreus malades qui gisent au liet ...''^s. I ^ s lépreux forains o u lépreux errants sont aussi appelés 'campestres malades''estrangiers mala- des'^^, 'malades deforains''mallades passons'
'povres malades trespassans''^^'^. Malade entre dans la désignation de la léproserie: 'le maison des
127. Ath, 1442. C U L L U S , O.C. (voir note 85), 71.
128. Arras, 1426. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6), p. 214.
129. M o n s , 1470. D E C A M P S , o.c. (voir note 97), 138.
130. M o n s , 1561. D E C A M P S , o.c. (voir note 97), 139.
131. Arras, 1422. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6), p. 217.
132. Arras, 1498. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6), p. 217.
133. Aire, 1434-35. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6), p. 180.
134. B O U R G E O I S , O.C. (voir note 6), p. 31.
135. F.E.W^., V , 213a, sub tliphantiasis; T.L., III, 30.
136. T.L., V , 963.
137. J o d o i g n e , 1534-55- H A N O N de L O U V E T , o.c. (voir note 46), 345.
138. Léproserie du Val d'Orcq de Tournai, 1237. D E S - C A M P S , o.c. (voir note 76), 284.
139. Tournai, 1237. D E S C A M P S , o.c. (voir note 76), 287.
140. Tournai, 1237. D E S C A M P S , o.c. (voir note 76), 287.
141. Tournai. L E C O U V E T , o.c. (voir note i), 1855, 7, a lu erronément malades de Forains.
142. N a m u r , 1530. B O R G N E T , o.c. (voir note 45), 403.
143. Les Andelys, 1380. L E G R A N D , o.c. (voir note 78), 249.
malades''^'^'^ ; 'la maison des malades de saint Lasdre'^^\
C o m m e n o m propre. Malade apparaît dans la désignation de la léproserie: le moitié al hospitaul et l'autre moitié a Mallade'^'^^; 'Item aux quattre aulmosnes de le ville de Bouvingnes, assavoir a l'Hospital, aux Malades, a la Commune Taule et a le Caritet...'^^"^; '... ayder a garder la maison de l'hospital monseigneur Saint Nicolas et des Bons Malades'; 'Aux Crans Malades de Namur, 2 muis''^''^; 'le maison des Crans Malade^'^^°\ '...
terre gisant en Herbatte entre les Petit:^^ Malades et le grandpreits^^^'^ ; '... al encontre de Petits Malaidesi par decha Huj'^^^.
C o m m e adjectif: 'recheus pour malade''^^^; 'per- sanes qui suppecenees estaient mallades''femes
malades'^^^; 'gens malades''^^; 'homes malades''^^'^.
Aussi malade (s) de me:(ellerie, voir meselerie et mal(l)ade(s) de saint Lad(d)re, voir ladre. O n joint parfois les termes 'malades et lépreux' 'ladre et malade'™.
Maladrerie: employé couramment p o u r désigner la léproserie'6° sous les formes 'maladerié"^^^, 'maladrie''^^'^ et 'maladrerie'On rencontre
144. Tournai, 1237. D E S C A M P S , o.c. (voir note 76), 283;
Liège, 1264. D E N I S , o.c. (voir note 35), 180; N a m y x , 1454. S.
BOR.MANS, Cartutaire de la commune de Namur, III, N a m u r , 1876, 73.
145. Fosses, 1435. J. B O R G N E T , Cartutaire de la commune de Fosses, Namur, 1867, 61.
146. Dinant, 1264. B O R M A N S , o.c. (voir n o t e 74), 57.
147. Bouvignes, 1420. J. B O R G N E T , Cartutaire de ta commune de Boutignes, I, Namur, 1862, 75.
148. Bouvignes, fin du X V I ' siècle. B O R G N E T , o.c. (voir note 147), 198.
149. Namur, 1555-56. B O R G N E T , o.c. (voir note 45), 349 note 3.
150. Namur, 1415. B O R M A N S , o.c. (voir note 144), 72.
151. Namur, 1362-63. B O R G N E T , o.c. (voir note 45), 350 note I.
15 2. Oeuvres de Jacques de Hemricourt, éd. C. de B O R M A N , A. B A Y O T et E. P O N C E L E T , III, Bruxelles, 1931, 156. V o i r aussi R. D L ^ O I S , o.c. (voir note 55), 378 note i.
153. Tournai, 1237. D E S C A M P S , o.c. (voir n o t e 76), 285.
154. M o n s , 1390. D E K E Y Z E R , o.c. (voir note 67), 22 note 113.
155. Arras, 1564. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6), p. 212.
156. Marck, 1309. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6), p. 280.
157. Arras, 1564. B O U R G E O I S , o.c. (voir n o t e 6), p. 212.
158. Ypres, 1470. G I L L I O D T S - V A N S E V E R E N , o.c.
(voir note 108), 161.
159. Aubigny-en-Artois, 1396. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6), p. 224.
160. G O D . , V , 107 ab; T.L., V, 963, 964.
161. Entre autres Beaumont, 1281. B E R N I E R , o.c. (voir note 77), 283; D i x m u d e , 1294. V I A E N E , o.c. (voir note 44), 558; Mons, 1384. D E K E Y Z E R , o.c. (voir note 67), 24 note
131. Cf. F.E.ir., VI/i, 91b.
162. Entre autres J o d o i g n e , 1515-16 et 1534-35. H A N O N de L O U V E T , o.c. (voir note 46), 342; Ath, 1412. C U L L U S , o.c. (voir note 83), 70 note 163; Tournai, 1312-135 5. A.
d ' H A E N E N S , Comptes et documents de l'abbaje de Saint-Martin de Tournai, Bruxelles, 1962, 621.
163. Walcourt, 1481. L. L A H A Y E , Cartutaire de la commune de Walcourt, Namur, 1888, 104. Cf. F.E.W., V l / i , 92a.
aussi Ue maison de mal(Ijaderie' et 'la maladerie de la Madelaine, voir Magdalaine. La 'maladerie foraine'^''^ accueillait les lépreux forains. Mala-
drie:^ est le pluriel de maladrie: 'deleis les mala- drie^'^^^; 'diverses maladrie^ loingt^ l'une de l'autre'^''''. Maladerie est e m p l o y é c o m m e n o m propre dans le texte suivant: maistres et Jurés de la Haulte Maladrie le^ Ypre'
Maladie de lèpre, voir lèpre.
AIal(l)adie saint hadre, voir ladre.
Alaladre : résulte d'un croisement de malade et de ladre. Il est employé c o m m e substantif:
ladicte maladrie estoit fort chargiet de maladre' '... pour ledit maladre'™ (il était question précé- d e m m e n t d'un malade 'lépreux').
Signalons d'autres termes se rattachant au latin maie habitas: maladiere 'léproserie''"'', maladré 'lépreux', maladrel 'lépreux' '''2.
Maladrerie, voir maladerie.
Mesel: vient d u latin misellus^''^, diminutif de miser 'pauvre, infortuné'. S o n sens premier est celui de 'malheureux'; appliqué aux lépreux, le terme é v o q u e une appréciation charitable.
Substantif o u adjectif, o n le retrouve fréquem- m e n t au pluriel sous les formes 'meseaus'^''*, 'maiseaus'^''^, 'mesiaus'^''^. Il peut être accom- p a g n é d'un adjectif: 'dou las mesel'^'^'^. Il entre dans la désignation de la léproserie: 'le maison des meseaus'^''^.
164. Fosses, 1434. B O R G N E T , o.c. (voir note 145), 62;
Lille, 1290. livre Roisin, o.c. (voir n o t e 69), 19.
165. Lille, 1599. E. H A U T C O E U R , Cartutaire de Féglise collégiale de Saint-Pierre de UUe, II, Lille-Paris, 1894, 869.
166. Liège, 1594. H A N K A R T , o.c. (voir note 66), 29 n o t e 2.
167. Saint-Omer, 1500. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6), p. 312.
168. Ypres, 1560. MUS, o.c. (voir note 32), 39.
169. J o d o i g n e , 1508. H A N O N de L O U V E T , o.c. (voir note 46), 341.
170. Jodoigne, 1515-16. H A N O N de L O U V E T , o.c. (voir n o t e 46), 346.
171. G O D . , V , 108; T.L., V , 966.
172. F.E.W., V I / i , 92a.
173. ¥.E.W., VI/2, i66b. Les explications de M A R C H A L , o.c. (voir note 44) 54, au sujet de l'étymologie de mesel ne méritent aucun crédit. Il est impossible de faire venir mesel du grec mesanlos.
174. Entre autres Ypres, 1275. O . M U S , De leprot^erij, genaamd het Godshuis der Hoge Zieken te leper, I, leper, s.d., 93.
175. Entre autres Comines, 1276. J.-L. M E S S I A E N , His- toire chronologique, politique et religieuse des seigneurs et de la ville de Comines, I, 1892, 105.
176. Entre autres Mons, vers 1290. D E K E Y Z E R , o.c.
(voir note 67), 9 note 20.
177. Gautier de Coinci, De la misère d'orne et de famé, v. 745, cité par D U F O U R N E T , o.c. (voir note 27), 105 note 16.
178. Ypres, 1298. MUS, o.c. (voir note 174), 62.
Meselerie: dérivé de mesel et désignant la lèpre, la meselerie avait ses degrés: '... discerner ... la grant meselerie et la moienne et la mendre'^'''^. La meselerie éléphantine était la 'lèpre hypertro- phiante''80. L e m o t meselerie entre dans la péri- phrase qui d é s i g n e le lépreux: 'feru de mesel- lerie'^^\ 'infait de meselerie''malade(s) de
me^ellerie'^^^. Il p o u v a i t aussi désigner la lépro- serie '^•'.
Signalons d'autres dérivés de mesel: meselleux 'lépreux''85^ mesellatre, adjectif péjoratif 'lépreux''86, meselier 'de lépreux''^'^j mesaler, /'ïfj'^/ijr'être lépreux''88.
Morphee: cette affection de la peau était parfois considérée c o m m e u n e espèce de lèpre: '...
disent qu'il a une morfee qui est espèce de leppre bien dangereuse'^^'^; 'L^pre et morphee ne se différent que en tant que le lèpre est en chair et morphee est en cuir'^'^. O n distinguait la noire'^' et la blanche:
'une morfee blanche qui est un des XVI seignes équivoques precedens ladite maladie (de lepprey^"^^;
'attaint et entechiet de ladite maladie de lèpre nommée morphee blanche, au moyen de quoy ledit Nicollas doibt estre séparé de la conversation du poeuple sain, au regard meismes que ladite espèce de lèpre est la plus dangereuse et contagieuse'
Mort mal, v o i r mal.
Ostel, voir lepreus.
Ostel de Saint Ladre, v o i r ladre.
Passans (mallades), v o i r malade.
Petis Malaides, Petit^ Malades, v o i r malade.
179. D'après le Pèlerinage de Fhumaine lignée V i i o o , cité par T.L., V , 1619, sut meselerie.
180. F.E.W., V I / 2 , 167a.
181. G O D . , V , 279b.
182. G O D . , V , 279b.
183. Auchy-lès-Hesdin, 1526. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6), p. 225.
184. F.E.W., VI/2, 167a.
185. F.E.ir., VI/2, 167a.
186. G O D . , V , 279c; F.E.W., VI/2, 167a.
187. H U G U E T , V , 229a.
188. T.L., V , 1618; F.E.W., VII2, 167b.
189. Béthune, 1501. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6), p. 239.
190. Bernard de G o r d o n , éd. 1495 ( G O D . , V, 408a).
191. morphee noire chez A m b r o i s e Paré ( G O D . , V, 408a).
192. Béthune, i ; o i . B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6), p. 240. Les deux espèces de morphée étaient déjà présentes dans La grande chirurgie de Guy de Chauliac (1 }6}}, éd. (du texte français) E. N I C A I S E , Paris, 1890, 413. Les médecins et chirurgiens du m o y e n âge se sont inspirés de cet ouvrage.
193. Aire, 1550. B O U R G E O I S , o.c. (voir note 6), p. 186.
56
Pouacre: le français poacre a généralement le sens de 'goutte aux pieds'; il désigne une espèce de lèpre dans le texte suivant: trouvé qu'elle estait malade et entechie de pouacre et a lui dist qu'elle preist l'abit'^'^'*.On peut le rapprocher des adjec-
tifs moyen français poacre 'rogneux' et pouacre 'rogneux, couvert d'ulcères', ainsi que du fran- çais du Centre pouaque 'ladre''^5.
Secq, voir mal.
Soursamer: 'se couvrir de taches (de la peau), corrompre' prend le sens de 'faire devenir ladre'''^ dans le texte suivant: 'H las, corn dole- reuse paire, puis ke li uns l'autre seursame'.
Trespassans (malades), voir malade.
Conclusion
Les termes relevés désignent incontestablement la lèpre ou une espèce de lèpre. D'autres, tels
que empetigo, galle, gratelle, malan, malandrin,
scabie, désignent une maladie qui a avec la lèpre des traits communs. D'autres encore, c o m m e l'infecte, le mal de la rose, le mal saint Main s o n t donnés tantôt à une autre maladie, tantôt à la lèpre. 11 a été impossible de les identifier avec certitude à défaut d'une description suffisante de leurs symptômes.
Les anciennes léproseries ont laissé de multiples traces dans la toponymie (exemples arbre a Messiaux, fontaine des Malades, la Ladrie, les
Maladiaux, rue des Alalades). N o u s n'avons pas pu aborder cet aspect ici. Il mériterait une étude particulière. Il est toutefois recommandé d'être attentif au fait que chaque toponyme ne décèle pas nécessairement l'existence d'un éta- blissement pour lépreux. Il peut en effet s'agir d'une simple mention relative à un fonds ayant appartenu à une léproserie parfois assez éloi- gnée.
Reine M A N T O U
194. Arras, 1421. B O U R G E O I S , o.r. (voir note 6), p. 214.
195. F . E . I F . , I X , 109b, si/b podagra.
196. F.E.U'^., X I , 438a, sub seminare.
197. T.L., I X , 924, sub sorsemer.
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