Universit´e P. et M. Curie Licence de Math´ematiques
LM360 B
Mardi 5 septembre 2006
Topologie et Calcul Diff´ erentiel
Corrig´e de l’examen I
Si (x, y) appartient `aH :={(x, y) :x4+ 2αx2y2+y4−p4 = 0}, on ax4 ≤p4 ety4 ≤p4, donc max(|x|,|y|)≤p, ce qui montre que H est born´e. De plus H est ferm´e comme image r´eciproque de {0} par la fonction continue ϕ: (x, y) 7→x4+ 2αx2y2+y4−p4. Donc H est compact et la fonction r´eelle continue s : (x, y) 7→x+y atteint son maximum sur H en un point (x0, y0). Les fonctions ϕ et s sont de classe C1 sur R2. Et ϕ n’a pas de point critique sur H : en effet, un point critique (x, y) de ϕv´erifie
@ϕ
@x(x, y) = 4x3+ 4αxy2 = 4x(x2+αy2) = 0
@ϕ
@y(x, y) = 4αxy2+ 4y3 = 4y(y2+αx2) = 0
doncx =y= 0 alors que (0,0)∈/ H. Il en r´esulte que le rang de la diff´erentielle ϕ0(x, y) est
´egal `a 1 en tout point de H.
Le th´eor`eme des extr´ema li´es donne alors l’existence d’un multiplicateur de Lagrange
∏ pour lequel on a s0(x0, y0) =∏ϕ0(x0, y0), c’est-`a-dire :
1 = @s
@x(x0, y0) =∏@ϕ
@x(x0, y0) = 4∏x0(x20+αy02) 1 = @s
@y(x0, y0) =∏@ϕ
@y(x0, y0) = 4∏y0(y02+αx20) On en d´eduit en particulier quex0 6= 0 ety0 6= 0. Si on pose m= y0
x0, on a 1 = 4∏y0(y02+αx20)
4∏x0(x20+αy02) =m m2+α 1 +mα2 donc
0 =m(m2+α)−mα2−1 = (m−1)(m2+m+ 1)−αm(m−1) = (m−1)(m2−(α−1)m+ 1) et, ou bien m =1, ou bienmest racine de l’´equation du second degr´em2−(α−1)m+ 1 = 0, dont les deux racines, si elles existent sont inverses l’une de l’autre.
- si m= 1, c’est-`a-dire x0 =y0, on a 0 =ϕ(x0, x0) = 2(1 +α)x40−p4, donc x0 =y0 =± p
p4
2(1 +α) et s(x0y0) =± 2p p4
2(1 +α)
- si m est racine r´eelle de l’´equation du second degr´e, on doit avoir (α−1)2 −4 ≥ 0, c’est-`a-direα ≥3 puisque α > 0 par hypoth`ese. Dans ce cas, on a
0 =ϕ(x0, mx0) =x40(m4+ 2αm2+ 1)−p4
doncx0 =± p
√4
m4+ 2αm2+ 1, y0 =mx0 =± mp
√4
m4+ 2αm2+ 1 et
s(x0, y0) =±p 1 +m
√4
m4+ 2αm2+ 1 =p
qm(m+ 2 + m1 ) q4
m2(m2+ 2α+ m12)
=p
qm+ m1 + 2 q4
(m+ m1)2+ 2α−2 et puisque m1 est la racine conjugu´ee de mon a m+ m1 =α−1 donc
s(x0, y0) =±p
√α+ 1 p4
(α−1)2+ 2α−2 =±p4 s
(α+ 1)2
α2−1 =±p4
rα+ 1 α−1
Si α < 3, la seule racine est m = 1, et le maximum est n´ecessairement atteint pour x0 = y0 > 0 et vaut 2p
p4
2(1 +α). Si α ≥ 3, le maximum est atteint pour x0 > 0 et y0 > 0 et vaut le maximum de z0 = 2p
p4
2(1 +α) et de z1 = p4
rα+ 1
α−1. On a z1 z0 = 4
s(α+ 1)2 8(α−1) et puisque (α+ 1)2−8(α−1) = (α−3)2 ≥ 0, on voit que z1 ≥z0 donc que le maximum est z1.
II 1) Puisquef et les @f
@xi se prolongent en fonctions continues sur le compact ¯U, elles y sont born´ees, et kfk<+1.
Puisque la norme uniforme |||f||| de f est inf´erieure `a kfk, on a |||f||| = 0, donc f = 0, si kfk= 0. Il est clair que |||∏f||| =|∏| |||f||| si ∏ ∈ C. Enfin, on a |||f+g||| ≤ |||f|||+|||g||| et, pour tout i,
sup
x∈U¯
ØØ
ØØ@(f +g)
@xi (x) ØØ
ØØ= sup
x∈U¯
ØØ ØØ@f
@xi(x) + @g
@xi(x) ØØ
ØØ≤ sup
x∈U¯
ØØ ØØ@f
@xi(x) ØØ ØØ+ sup
x∈U¯
ØØ ØØ @g
@xi(x) ØØ ØØ
donc kf +gk ≤ kfk +kgk. Ceci montre que k.k est une norme sur C1( ¯U). Si (fn) est une suite de Cauchy pour cette norme, les suites (fn) et (@fn
@xi
) sont des suites de Cauchy pour la convergence uniforme sur ¯U. Il en r´esulte qu’elles convergent uniform´ement vers des fonctions continuesf etgi sur ¯U. On en conclut que f est diff´erentiable en chaque point de U et que @f
@xi
=gi pour 1 ≤i≤n, donc que f est de classe C1 sur U et que f se prolonge, ainsi que ses d´eriv´ees partielles gi en fonctions continues sur ¯U, c’est-`a-dire que f ∈C1( ¯U) et que f est limite dans C1( ¯U) de la suite (fn). Donc C1( ¯U) est complet, c’est-`a-dire un espace de Banach.
2) On a, pour f et g dansC1( ¯U) : sup
x∈U¯|f(x)g(x)| ≤sup
x∈U¯|f(x)|.sup
x∈U¯|g(x)| sup
x∈U¯
ØØ ØØ@(f g)
@xj (x) ØØ
ØØ≤sup
x∈U¯
ØØ
ØØf(x) @g
@xj +g(x) @f
@xj ØØ ØØ
≤sup
x∈U¯|f(x)|.sup
x∈U¯
ØØ ØØ
@g
@xj
(x) ØØ ØØ+ sup
x∈U¯|g(x)|.sup
x∈U¯
ØØ ØØ
@f
@xj
(x) ØØ ØØ 2
et on voit que tous ces termes figurent dans le d´eveloppement de kfk.kgk, d’o`u l’on conclut que kf gk ≤ kfk.kgk. Tous ces termes figurent aussi dans le d´eveloppement de kfk.|||g|||+|||f|||.kgk ( le terme |||f|||.|||g||| figure mˆeme deux fois dans le membre de droite), et on conclut que kf gk ≤ kfk.|||g|||+|||f|||.kgk.
On a clairement |||f|||m = |||fm||| ≤ kfmk. Et on d´emontre par r´ecurrence sur m que kfmk ≤mkfk.|||f|||m−1. C’est clair pour m= 1. Si c’est vrai pourm, on a
∞∞fm+1∞∞=kfm.fk ≤ kfmk.|||f|||+|||fm|||.kfk ≤(mkfk.|||f|||m−1)|||f|||+kfk |||f|||m
= (m+ 1)kfk |||f|||m ce qui montre que l’in´egalit´e est valable pour m+ 1.
On en d´eduit que
|||f||| ≤ kfmk1/m ≤m1/mkfk1/m|||f|||1−1/m donc que kfmk1/m → |||f|||.
3) Puisque χ n’est pas identiquement nulle, il existe f ∈ C1( ¯U) telle que χ(f) 6= 0. Et puisque f.1l =f, on a χ(f.1l) =χ(f).χ(1l) =χ(f), donc χ(f)(1−χ(1l)) = 0, ce qui entraˆıne χ(1l) = 1.
Si la fonction f de C1( ¯U) ne s’annule pas sur ¯U, la fonction f−1 = 1
f est de classe C1 sur U et se prolonge en une fonction continue sur ¯U. De plus les d´eriv´ees partielles de f−1 v´erifient :
@(f−1)
@xj (x) =−f−2(x). @f
@xj(x)
donc se prolongent en fonctions continues sur ¯U, puisque c’est le cas de f−2 et de @f
@xj. On a alorsf.f−1 = 1l, doncχ(f).χ(f−1) =χ(1l) = 1, et ceci montre queχ(f) est inversible dans C, c’est-`a-dire non nul.
4) Puisqueχ est C-lin´eaire, son noyau est un sousC-espace vectoriel de C1( ¯U). De plus, si f ∈ J = ker(χ) et g ∈ C1( ¯U), on a χ(f) = 0, donc χ(f g) = χ(f).χ(g) = 0, c’est-`a-dire f g∈J.
Soient y ∈ U¯ et fy ∈ J telle que fy(y) 6= 0. Puisque fy est continue, l’ensemble Wy :={x:fy(x)6= 0}image r´eciproque parfy de l’ouvertC\{0}deCest ouvert et contient y, donc est un voisinage dey. Alors les ensembles (Wy)y∈U¯ forment un recouvrement ouvert du compact ¯U. Et ce recouvrement poss`ede un sous-recouvrement fini, d’o`u l’existence de (y1, y2, . . . , yn) tels que ¯U = Sn
k=1Wyk. Puisque chaque fyk appartient `a J, il en est de mˆeme de fyk.fy∗k, donc aussi de la somme g :=Pn
k=1fyk.fy∗k. Pour tout x ∈U¯ il existe un k tel que x∈Wyk, c’est-`a-dire fyk(x)6= 0, donc
g(x) = Xn j=1
ØØfyj(x)ØØ2 ≥ |fyk(x)|2 >0
ce qui montre que g(x) 6= 0. Il r´esulte alors de ce qui pr´ec`ede que g−1 ∈ C1( ¯U), donc que 1l =g.g−1 ∈ J et que 1 = χ(1l) = 0. Cette contradiction montre l’existence d’au moins un pointa ∈U¯ tel que f(a) = 0 pour tout f ∈J.
Si b est un point tel que (f ∈J =⇒χ(f) = 0), et si f ∈C1( ¯U), on a χ(f−χ(f).1l) =χ(f)−χ(f)χ(1l) = χ(f)−χ(f) = 0
3
donc h := f − χ(f).1l ∈ J et 0 = h(b) = f(b) − χ(f).1l(b) = f(b) − χ(f), c’est-`a-dire χ(f) =f(b). Il existe donc un point a tel que χ(f) =f(a) pour toute f ∈C1( ¯U).
Si a = (a1, a2, . . . , an) et b = (b1, b2, . . . , bn) sont deux points distincts de ¯U, il existe un i tel que ai 6= bi, et la fonction lin´eaire h : (x1, x2, . . . , xn) 7→ xi v´erifie h ∈ C1( ¯U) et h(a) 6= h(b), donc h(a) 6= χ(h) ou h(b) 6= χ(h). Il existe donc au plus un point a de ¯U tel que χ(f) =f(a) pour toute f ∈C1( ¯U).
On en conclut l’existence et l’unicit´e de a.
5) L’ensemble Ja,V est clairement un sous C-espace vectoriel de C1( ¯U). Si la suite (hm) de fonctions de Ja,V converge dans C1( ¯U) vers une fonction h, la suite hm converge uniform´ement versh sur ¯U. Et puisquehm(a) = 0, on obtient h(a) = 0 `a la limite.
De mˆeme les diff´erentielles h0m convergent uniform´ement sur ¯U vers h0. L’espace de dimension finie V est ferm´e, et puisque h0m(a) ∈ V, on obtient h0(a) ∈ V `a la limite.
Ceci montre que J est ferm´e dans C1( ¯U). Enfin, si f ∈ Ja,V et g ∈ C1( ¯U), on a f g(a) =f(a).g(a) = 0 et (f g)0(a) =f(a)g0(a)+g(a)f0(a) =g(a).f0(a)∈V. Doncf g ∈Ja,V, ce qui ach`eve de montrer que Ja,V est un id´eal.
6) Si y /∈ B(a, ε), on a y 6= a et il existe une fonction fy ∈ J telle que fy(y) 6= 0. On voit comme plus haut que l’ensemble Wy := {x ∈ U¯ : fy(x) 6= 0} est un voisinage ouvert de y et que les Wy forment un recouvrement ouvert du compact ¯U \B(a, ε). On peut donc trouver (y1, y2, . . . , ym) tels que ¯U \B(a, ε)⊂Sm
i=1Wyi, ce qui signifie que tout point x de U¯ appartient soit `a B(a, ε) auquel cas ϕ(x)>0, soit `a l’un des Wyi, auquel cas fyi(x)6= 0.
On conclut comme plus haut que la fonctiong :=ϕ+Pm
i=1fyi.fy∗i est strictement positive en tout point de ¯U, et que g−1 ∈C1( ¯U). Alors, puisque h.ϕ= 0,
h =h.g.g−1 = (h.ϕ).g−1+h.g−1X
i
fyify∗i =X
i
fyi.(h.g−1.fy∗i)
et puisque fyi ∈J, on a fyi.(h.g−1.fy∗i)∈J, donc h ∈J.
7) Soit h ∈ C1( ¯U) telle que h(a) = 0 et h0(a) = 0. Si m est un entier et si ρ est une fonction de classe C1 sur R, nulle sur [−1,1] et ´egale `a 1 sur [2,+1[, la fonction ρm :x7→ ρ(mkx−ak) est de classe C1 sur Rn, born´ee, et v´erifie kρ0m(x)k ≤Cm pour une certaine constante ne d´ependant que de ρ. Alors la fonction hm : x 7→ h(x).ρm(x) est de classe C1 et nulle au voisinage de a, donc appartient `a J, et, puisque h(x) = o(x−a) au voisinage dea, on peut v´erifier quekh−hmk →0 lorsquem→ 1. On en conclut queh∈J puisque J est ferm´e dans C1( ¯U).
L’application f 7→f0(a) est C-lin´eaire de C1( ¯U) dans LR(Rn,C)'Cn. L’image V du sous-espace vectoriel J par cette application est donc un sous C-espace vectoriel de Cn. Et par d´efinition deJa,V :={f ∈C1( ¯U) :f(a) = 0 et f0(a)∈V}, on aJ ⊂Ja,V.
Inversement, si f ∈Ja,V, on af0(a)∈V ={g0(a) :g∈J}. Il existe doncg∈J telle que g0(a) =f0(a). Par hypoth`ese surJ, on sait queg(a) = 0. Et puisquef ∈Ja,V, on af(a) = 0.
La fonction h := f −g v´erifie donc h(a) = f(a)−g(a) = 0, et h0(a) = f0(a)−g0(a) = 0.
Il r´esulte de la propri´et´e admise que h est limite d’une suite de fonctions (hm) nulles au voisinage de a donc appartenant `a J. Et puisque J est ferm´e dans C1( ¯U), h appartient `a J. Alors f = g+h est somme de deux ´el´ements de J, donc est dans J. Il en r´esulte que Ja,V ⊂J ⊂Ja,V, c’est-`a-dire J =Ja,V.
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