Trente-sixième Hnnée. — 11° 37. Mercredi, 11 Mai 1921 Bureau;: Rue de la Serre, 58
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L'enquête sur la production
La Chambre Suisse de l'Horlogerie a reçu directement du Bureau International du Tra- vail à Genève, à l'intention de ses diverses Sections, un questionnaire relatif à «L'enquête sur la production ». Il a seize pages, grand format, et porte sur quatre-vingt-onze ques- tions.
Cette enquête a pris naissance comme suit : Le 9 juin 1920, le Conseil d'administration du Bureau International du Travail, réuni à Gênes, a décidé, sur la proposition de M> Pi- relli, délégué patronal italien, de « confier au
« Bureau le soin de faire une enquête sur la
« production industrielle dans les différents
« pays du m o n d e , considérée dans ses rap-
« ports avec les conditions du travail et le
« coût de la vie ».
Cette motion avait pour but d'examiner si, et dans quelle proportion les conditions du travail, telles que l'application de la journée de 8 heures, la fréquence des grèves, les lock- out, les oppositions aux systèmes de salaires proportionnels à la production individuelle ou collective, etc., ont eu une influence sur la production.
En somme, il s'agissait de savoir les consé- quences de l'application de la réductiou du temps de travail à 48 heures sur la production mondiale.
M. Jouhaux, délégué ouvrier français, au Conseil d'administration, fit remarquer que si l'on ne tenait compte que des conditions maté- rielles, et non pas aussi des conditions mo- rales, on arriverait à la condamnation pure et simple de la journée de 8 heures, et que l'en- quête devait porter dès lors, non seulement sur les effets de la semaine de 48 heures, mais encore sur les facteurs accessoires, pouvant avoir leur place dans l'explication des faits.
La proposition fut acceptée dans ce sens.
C'est donc avec quelque stupéfaction que ceux qui avaient suivi avec intérêt cette ques- tion, virent paraître le mémoire introductif à l'enquête, publié fin 1920 par le B . I. T. et surtout le questionnaire que la Chambre vient de recevoir.
Au cours de la dernière session du Conseild'ad- ministration du B . I . T . en avril 1921 à Genève, plusieurs membres du Conseil ont critiqué la manière dont l'enquête sur la production a été entreprise par le B. I. T. On a dit, avec raison, qu'elle avait exagéré le cadre qu'on avait voulu lui donner, qu'elle avait débordé l'objet, et qu'elle était conduite dans un esprit beaucoup trop théorique et doctrinaire. On lui a repro- ché, enfin, de tendre à des fins économiques, alors que le but du bureau, aux termes du traité de Paix, lui-même, est de s'occuper ex- clusivement de la réglementation des condi- tions du travail. , .,
L'enquête, ainsi comprise, risque de ne pas aboutir, ou tout au moins, de fournir des ren-
seignements erronés et incomplets sur les questions qui font son objet. Elle manquera donc complètement son but.
La Confédération générale de la production française, qui est l'Association la plus repré- sentative des organisations patronales en Fran- ce, a, dans une note de mars dernier, mis ses adhérents en garde contre les dangers de l'en- quête telle qu'elle était menée.
Elle proteste parce que le B. I. T. s'est di- rectement adressé à eux, sans passer par le Gouvernement français, ou tout au moins par la Confédération générale, elle prie, pour l'a- venir, ses adhérents de ne répondre aux ques- tions que pourrait lui poser le Bureau Inter- national du Travail, qu'avec la plus grande prudence, et après avoir obtenu son avis.
Cette protestation pourrait à b o n droit être élevée également en Suisse, car le B. I. T. ne s'est pas adressé aux organisations les plus re- présentatives du patronat, soit l'Union suisse du commerce et de l'industrie, l ' U n i o n cen- trale des associations patronales et l'Union des arts et métiers, mais a envoyé le questionnaire non seulement aux autres grandes organisa- tions, comme à la Chambre suisse de l'Horlo- gerie, mais même à toutes les associations dont il avait l'adresse. C'est ainsi que nos associa- tions, cantonales, régionales et même locales, ont reçu directement le formulaire. Ce mode de faire est hautement regrettable, parce que susceptible de créer la confusion et de rendre impossible toute coordination des réponses données.
La Confédération générale de la production française, signale aux syndicats adhérents, que le Bureau International du Travail, sort très nettement des attributions qui lui ont été con- férées par le Traités de Versailles, en effectuant cette enquête d'ordre économique, et les in- forme que les représentants p a t r o n a u x , an Conseil d'administration du B. I. T. ont pro- testé contre cette extension abusive de son activité.
Enfin, elle attire leur attention sur la ma- nière dont certaines questions sont posées, questions qui appellent des réponses sur la situation actuelle de leurs industries, sur les prix de revient, etc., réponses qu'il y aurait le plus grand inconvénient à fournir à un orga- nisme international, qui pourra les communi- quer aux concurrents étrangers.
La Confédération générale de la production française, recommande donc instamment à ses syndicats adhérents, de ne pas répondre à l'enquête dont ils sont saisis.
L'Union centrale des associations patronales suisses, sans aller aussi loin que l'organisaliou nationale française, a invité ses sections à ne pas répondre jusqu'à nouvel avis a ce ques- tionnaire, et de voir dans quelle mesure il serait peut-être possible de participer à l'en- quête.
Elle demande à ses sections de lui faire sa- voir s'il leur est possible de répondre à quel-
ques-unes des questions posées, et dans ralïir- mative, à quelles questions il pourrait être répondu, le cas échéant.
En ce qui concerne l'industrie horlogère, nous jugeons qu'il serait du plus grand incon- vénient pour elle, que les sections de la Chambre répondissent directement au Bureau interna- tional du travail, à Genève.
Il faut que toutes les associations qui auraient reçu directement le questionnaire, examinent s'il leur est possible de répondre à quelques- unes des quatre-vingt-onze questions posées, pour autant qu'elles ont trait à la réglementation du travail. Si elles peuvent le faire, elles doivent alors adresser le questionnaire, non pas à Genève, mais au Bureau de la Chambre suisse de l'horlogerie, à la Chaux-de-Fonds, qui seul a qualité pour coordonner les réponses reçues, et s'entendre avec les organisations nationales, soit l'Union suisse du commerce et de l'indus- trie et l'Union centrale des associations patro- nales, pour correspondre avec le B. I. T.
La question est importante pour notre in- dustrie suisse, qui ne doit pas laisser le Bureau international sortir des compétences qui lui ont été attribuées par la partie XIII du Traité de Paix de Versailles, sur la base desquelles la Suisse a déclaré son adhésion.
Il n'est pas superflu de rappeler l'exposé fait dans le préambule de la partie XIII de ces compétences :
« Attendu que la Société des Nations a pour but d'élablir la paix universelle, et qu'une telle paix ne peut être fondée que sur la base de la justice sociale ;
« Attendu qu'il existe des conditions de travail impliquant pour un grand nombre de personnes l'injustice, la misère et les privations, ce qui engen- dre un tel mécontentement que la paix et l'harmonie universelles sont mises en danger, et attendu qu'il est urgent d'améliorer ces conditions : par exemple, en ce qui concerne la réglementation des heures de travail, la fixation d'une durée maxima de la journée et de la semaine de travail, le recrutement
de la main-d'œuvre, la lutte contre le chômage, la garantie d'un salaire assurant des conditions d'existence convenables, la protection du travail- leur contre les maladies générales ou profession- nelles et les accidents résultant du travail, la pro- tection des enfants, des adolescents et des femmes, les pensions de vieilllesse et d'invalidité, la dé- fense des intérêts des travailleurs occupés à l'étran- ger, l'alïirmation du principe de la liberté d'asso- ciation syndicale, l'organisation de l'enseignement professionnel et technique et autres mesures ana- logues ;
, « Attendu que la non-adoption par une nation quelconque d'un régime de travail réellement hu- main fait obstacle aux eflorts des autres nations désireuses d'améliorer le sort des travailleurs dans leurs propres pays».
Ces compétences son précisées par les arti- cles il87 à 427 du Traité de Paix, dans lesquels on chercherait vainement le droit pour le B. 1 T.
de s'occuper des questions économiques.
L'organisation permanente du travail, ne peut, aux termes de sa constitution, traiter que des conditions de travail. -^>,
F.-L. COLOMIÎ.
362 L A F E D E R A T I O N H O R L O G È R E S U I S S E
Le Centenaire de Breguet
i i
Quelle forme prendra la manifestation deman- dée par M. Alfred Chapuis en l'honneur de Bre- guet. C'est ce qu'aura à déterminer le Comité d'organisation qui ne manquera pas de se consti- tuer prochainement et comprendra naturellement des Suisses et des Français. Il convient d'espérer, en tous cas, qu'on ne renouvellera pas le spec- tacle donné lors du centenaire de Ferdinand Ber- thoad, lequel donna lieu à des échanges aigres- doux de papiers presque timbrés !
Breguet n'ayant rien écrit, il paraîtrait tout in- diqué de faire connaître son œuvre par une publi- cation spéciale. Mais aujourd'hui cette façon d'ho- norer le grand artiste ne semble plus possible.
Breguet vient, en effet, recevoir d'un simple par- ticulier un hommage de ce genre, hommage ma- gnifique et tel qu'aucun comité ne saurait mieux faire. Ce particulier, c'est Sir David Salomons, dont j ' a i cité le nom au début de ces lignes. Sir David Salomons est un admirateur passionné de Breguet. L'ouvrage qu'il vient de lui consacrer a justement pour but de faire connaître les travaux, d'une si merveilleuse diversité et d'une si impec- cable perfection, sortie de l'atelier du grand hor- loger. Il contient, en effet, environ cent soixante reproductions de pièces qui, par leur exécution particulièrement soignée, constituent un album d'une valeur inappréciable.
Ces reproductions sont accompagnées de des- criptions sommaires fort claires et précédées d'un texte qui nous dit à peu près tout ce qui peut ôtre dit de l'homme dont le nom seul sert de titre à l'ouvrage.
Après Sir David Salomons, on ne pourrait plus guère que glaner.
Sir David Salomons a fait par avance la princi- pale besogne du Centenaire. Il l'a fait magistra- lement. Qu'il en soit remercié !
L'instruction dAbraham-Louis Breguet, privé de son père à 10 ans, avait naturellement été fort négligée. Il la compléta lui-même en suivant les leçons de mathémathiques de l'abbé Marie. L'abbé Marie était censeur royal et professeur de mathé- matiques au collège Mazarin, quand Breguet vint à Versailles. C'était un savant de valeur dont la vie se termina brusquement et mystérieusement en 1801, par un coup de poignard dans le cœur.
S'il est vrai que les bons maîtres font de bons élèves, l'abbé Marie eut le temps, avant de mou- rir, de reconnaître par l'exemple de son élève, qu'il avait été un maître excellent.
A peine Breguet était-il en apprentissage qu'il perdit sa mère et son beau-père. Il lui fallut alors subvenir à son existence et à celle de sa sœur, plus jeune que lui. Il ne faillit point à cette lourde tâche. Dès 1769, il vient s'établir à Paris, où sa réputation alla grandissant rapidement. Horloger de la Cour, il était déjà célèbre quand éclata la Révolution. On sait qu'il dut à ses relations avec Marat de pouvoir échapper à temps à la guillotine.
Marat était le compatriote de Breguet. Il était né à Neuchâtel deux ans avant lui. Il s'était beaucoup occupé de physique avant de devenir le terrible révolutionnaire dont le souvenir est seul resté. Il avait d'autre part un frère qui mourut seulement en 1845, à Carlsruhe, et qui fut, paraît-il, un très habile fabricant d'aiguilles et de «compensateurs».
Je tire ce détail de la Biographie générale de Hoefer.
On a bien des fois raconté que l'affection de Marat pour Breguet avait été cimentée dans une circonstance difficile, où Breguet avait lui-môme sauvé son ami en sortant avec lui dans la rue après l'avoir déguisé en vieille femme.
Muni du sauf-conduit fourni par Marat, Breguet se rendit en Suisse et de là en Angleterre, où il attendit la fin de la tourmente pendant deux ans, en travaillant pour Georges III et de nobles per- sonnages anglais. Il avait, dès son arrivée à Lon- dres, trouvé des amis généreux qui l'avaient mis de suite en état de continuer ses travaux. Rentré en France, il eût tôt fait de relever sa fabrique et de reprendre dans le monde horloger sa situation prépondérante. Il en jouit pleinement jusqu'à sa mort qui survint presque subitement en 1823.
* *
Comme Ferdinand Berthoud, Breguet fut mem- bre de l'Institut de France. Il entra à l'Académie des sciences en 1816. Il y remplaça Monge, exclu par la Restauration, comme régicide. En même temps l'illustre mathématicien Cauchy remplaçait le grand Carnot, exclu pour la même raison. Bre-
guet et Cauchy sont les deux seuls académiciens qui n'aient pas été élusrdepuis l'organisation de l'Institut. Ils furent nommes par ordonnance royale du 21 mars 1816.
Breguet faisait partie de la section de mécanique, la même à laquelle avait appartenu Ferdinand Berthoud. 11 avait été chaudement recommandé par son ami Prony.
Breguet ne fit, je crois, aucune communication à l'Académie au cours des sept années qu'il occupa son siège. Sa réputation n'a d'ailleurs aucunement souffert de ce silence académique. Il est aujourd'hui comme il y a cent ans, connu du monde entier.
De combien de ses confrères, plus féconds en communications, n'en pourrait-on pas dire autant?
Pourquoi Sir David Salomons s'est-il ainsi voué à la gloire de Breguet ? C'est que, il nous le dit lui-même au commencement de son livre, il était né avec une âme et un esprit de mécanicien. Fils d'un expert d'art et arrière petit fils d'un mathé- maticien [et astronome de grande valeur, il était destiné presque fatalement à devenir un amateur éclairé, et un connaisseur perspicace. Dès son jeune âge, il se passionna pour l'horlogerie. A quatorze ans, il se lia d'amitié avec un petit horlo- ger chez qui il apprit à travailler, et de qui il em- portait même des réparations à faire chez lui. Il apprit à connaître Breguet. Il 9ut que cet artiste avait produit une oeuvreextraordinairement variée, dont personne n'avait encore osé tenter de donner une vue d'ensemble. Il étudia cette œuvre avec passion. Il en réunit un grand nombre d'éléments et c'est avec ces éléments qu'il a fait le livre qui vient de sortir de presse, en anglais, et que nous espérons bien voir un jour traduit en français.
Ce livre est un monument digne du génie qu'il célèbre et qui a suscité tant de faussaires et de falsificateurs. On ne cherche à copier et à imiter que ce qui est bien. Or dans l'œuvre de Breguet tout était bien. Cet artiste eminent n'admettait pas que rien de médiocre sortit sous sa signature. In- comparable comme ingéniosité, il est fort supérieur à Berthoud pour l'exécution. J'ignore comment les horlogers commémoreront son centième anniver- saire; mais ce que je sais, c'est que dès aujourd'hui, grâce à un non-horloger, il a le meilleur mémorial qui lui puisse être souhaité.
L E O P O L D R E V E R C I I O N .
Informations
Espagne. — Droits de douane.
A teneur d'une communication télégraphique de Madrid à la Division du commerce, l'agio dû au cas où les droits de douane, payables en or, sont acquittés en monnaie d'argent ou billets de ban- que espagnols, a été fixé à 3 7 , 7 9 °/° pour le mois de mai et. (38,1 % e n avril dernier).
Algérie. — L'heure légale.
Par décret français du 29 avril écoulé, la date à laquelle l'heure légale sera avancée de soixante minutes en Algérie, fixée au 1er mai, à 23 heures, par le décret du 12 mars 1921, comme annoncée dans la Fédération Horlogère n° 30, du 16 avril, est reportée au 2 juillet, à 23 heures.
Autriche allemande
Importation dans le trafic postal.
D'après le Bulletin N° 40 du 7 crt. de la Société suisse pour le développement du commerce exté- rieur, les offices douaniers autrichiens sont auto- risés à délivrer des permis d'importation pour des envois de marchandises de toute nature faits par colis postaux jusqu'à 5 kg. poids brut et d'une valeur maximum de 5000 cr.
France. — Relèvement des droits de douane.
Errata au décret du 28 mars 1921 (J. O. du 3 avril), portant relèvement du tarif général des douanes à l'importation et publié dans la Fédéra- tion Horlogère, n°29 du 13 avril 1921.
N° SOI ter. — Avec boites en matières non pré- cieuses, lire 3 0 fr. au lieu de 10 fr.
N° 301 quarter. — Chronographes, etc. Lire 9 0 fr., 4 8 fr. et 3 0 fr. au lieu de 20 fr.. 8 fr. et o fr.
N° 503. — Boîtes de montres finies. Lire 1 2 fr., 8 fr. et 4 fr. au lieu de 5 fr., 2 fr. 40 et 1 fr.
Tchécoslovaquie. — Importation.
Suivant une communication de l'Office des affaires étrangères tchécoslovaque à la Société suisse pour le développement du commerce exté- rieur; l'importation de marchandises figurant dans
une liste d'interdiction d'importation est admise, si l'achat en $..été fait à une Foire tchécoslovaque et si le montant ne dépasse pas 7000 cr. par ache- teur et par genre d'articles.
La demande d'importation doit être présentée par le commerçant tchécoslovaque, après avoir été visée par la direction de la Foire.
Turquie. — Importations.
La Commission interalliée à Constantinople a décidé que les marchandises de n'importe quel pays de provenance n'étaient pas admises à l'im- portation, si elles étaient embarquées dans des ports allemands. Il n'y a pas de restriction pour les marchandises embarquées à Trieste, mais na- viguant sous pavillon italien.
Commerce extérieur
Etats-Unis.
Le commerce extérieur, pour mars, a enregistré une diminution de 700.000.000 de dollars, par rap- port à mars 1920. Les exportations totales se sont chiffrées par 384.000.000 de dollars, contre 489 mil- lions de dollars en février, et 820.000.000 de dollars en mars 1920. Les importations se sont totalisées par 252.000.000 de dollars, soit 37.000.000 de dollars de plus que pour février, bien que les importations pour mars 1920 aient atteint 520.000.000 de dollars.
Pour les trois trimestres finissant en mars 1921, les exportations se sont chiffrées au total par 5.509.000.000 de dollars; elles avaient pour la même période de l'année précédente atteint 6 mil- liards 050.000.000 de dollars. Les importations ont atteint, pour ce même laps de temps, 3.009.000.000 de dollars, et, un an auparavant, 3.759.000.000 de dollars.
Le chiffre des exportations pour mars a été le plus faible qui ait été enregistré pour aucun des mois de 1920. Les exportations de mars 1921 ont dépassé les importations de 132.000.000 de dollars.
Cette différence est la plus faible qui ait été enre- gistrée depuis août 1920.
Finlande.
Selon la statistique de l'Office douanier, l'impor- tation en mars 1921 ascendait à 170,2 millions et l'exportation à 58,4. Les chiffres correspondants du mois de février étaient 271,1 et 64,2 millions de Mk. F .
Pays-Bas.
Le commerce extérieur hollandais présente les chiffres suivants :
Mars 1921 Mars 1920 Février 1921 Importations
Exportations
(en millions de llorins)
214 188 170 107 68 121
Chronique financière et fiscale
Argentine. — Faillites.
La statistique des faillites argentines n'indique pas encore de diminution. Le montant total du passif des faillites annoncées ascende à 11.721.000 en janvier, 10.065.000 en février, 10.092.000 en mars 1921, soit 31.878.000 piastres pour le i " tri- mestre 1921, donc 150% de plus qu'en 1920.
Billets de banque hongrois.
Un décret du ministère hongrois des finances fixe à la période du 9 au 20 mai l'échange des bil- lets de la Banque d'Autriche-Hongrie contre des coupures de l'Etat hongrois de 10.000,5.000,1.000, 500 et 100 cour., sans déduction. Pour le moment, ce décret vise le retrait den billets de 10.000 et 1.000 couronnes estampillés. Les opérations d'é- change seront assurées en Hongrie par la Banque d'Autriche-Hongrie et ses succursales, à l'étranger par les établissements que désignera le ministre des finances. La banque d'émission hongroise commencera à fonctionner à une date qui sera ar- rêtée ultérieurement.
D'autre part, le Département politique suisse annonce que le gouvernement hongrois a interdit l'importation en Hongrie des billets de banque hongrois estampillés. Dans le trafic-voyageur, une tolérance de 4000 cr. est permise, mais à l'ex- clusion des coupures de 1000 cr.
Autriohe allemande. — Importation de billets Le 27 avril écoulé a été rendu un décret, abolis- sant l'interdiction d'importation des billets de banque estampillés par l'Autriche-Allemande.
IJL-.
L A F É D É R A T I O N H O R L O G È B E S U I S S E 263
Cette importation peut donc se faire librement, sans permis de la Centrale des devises.
L'interdiction d'importation des billets nones- tampillés subsiste encore.
Chronique des métaux et diamants
La baisse de l'or.
L'or ayant faibli le 4 mai à 103 sh. 3 d., le Finan- cial Times fait remarquer que c'est le prix le plus bas coté depuis les 9 et 10 avril 1920, où l'on avait fait 102 sh. 7 d. Le journal anglais ajoute que les Etats-Unis étant actuellement le seul marché où l'on puisse réaliser l'or avantageusement, les c urs dans l'avenir dépendent du change du dollar. Mê- me si le change s'élevait au-dessus de 4 dollars par livre sterling et si l'or reculait à 5 livres, cet état de choses ne pourrait pas durer longtemps.
Plus tard, quand les exportations des Etats-Unis reprendront, la valeur du dollar et, par consé- quent, de l'or, remontera aux cours précédents.
Néanmoins si, pendant l'année prochaine, l'or s'é- tablissait en moyenne au prix de 5 guinées par once, la plus grande partie des producteurs de métal devraient être satisfaits en raison de la ten- dance actuelle qu'ont la vie et les approvisionne- ments à baisser.
Chronique administrative
Résumé succinct de la gestion fédérale en ig2o.
I. Département politique.
Traités. Par un échange de notes avec la France, la question de l'extension à l'Alsace-Lor- raine des traités conclus entre la Suisse et la France a été résolue en ce sens que les accords passés avec la France sont, d'une façon générale, rétroactivement applicables à ce territoire à comp- ter du 10 janvier 1920, tandis que les traités inter- venus entre la Suisse et l'Allemagne ont cessé de produire leurs effets. Un échange de Vues se pour- suit encore au sujet de certains accords.
Il a été convenu avec l'Italie de proroger au 31 décembre 1921 le traité d'établissement et consu- laire du 22 juillet 1868 et la déclaration du 6/16 octobre 187», concernant l'assistance gratuite aux malades indigents. A l'expiration de ce nouveau délai, ces conventions pourront être dénoncées de trois en trois mois.
Reconnaissance d'Etats. Au cours de l'année, le Conseil fédéral a reconnu de jure la République d'Autriche (9 janvier) et le Royaume de Hongrie (9 octobre).
La situation encore incertaine de la Lithuaniëet de la Lettonie, n'a pas permis jusqu'ici au Conseil fédéral de les reconnaître de jure.
Etablissement de pays. Par note en date du 15 mai, le Conseil fédéral a dénoncé l'accord con- clu, en mai 1917, entre la Suisse et la Turquie.
Navigation aérienne. Le département a pour- suivi les efforts commencés en 1919 en vue de fa- voriser les communications aériennes entre la Suisse et les autres pays européens. Une conven- tion provisoire a été conclue à Berne, le 14 sep- tembre 1920, entre la Suisse et l'Allemagne en vue de régler la navigation aérienne entre les deux Etats. Cet accord, qui contient des dispositions analogues à celles que renferment les conven- tions provisoires conclues en 1919 avec la Grande Bretagne et avec la France, est entré provisoire- ment en vigueur le 20 septembre dernier.
Passeports et visas. Par rapport à l'année pré- cédente, des simplifications essentielles ont été apportées aux formalités exigées pour gagner ou traverser les Etats avoisiuants. Les dispositions de l'accord concernant l'octroi d'un visa spécial d'une année, qui avait été conclu en automne 1919 avec la France, ont été complétées et ont ser- vi de base aux négociations entamées avec d'au- tres Etats. Dans le courant de l'année, des conven- tions analogues ont pu être passées avec l'Angle- terre, les Etats-Unis d'Amérique, la Belgique, les Pays-Bas et le Liechtenstein. Par contre, les efforts faits en vue de conclure des arrangements sem- blables avec l'Italie et l'Espagne n'ont pas abouti jusqu'ici.
A dater du mois d'octobre, les recommandations que les consuls de Grande Bretagne en Suisse exi- geaient des citoyens suisses qui projetaient de se rendre dans les possessions britanniques n'ont plus été demandées qu'à titre exceptionnel.
Politique étrangère. Le début de l'année a été consacré aux pourparlers engagés, à Paris et à Londres, afin de conserver à la Suisse sa position
historique dans le cadre de la Société des Nations.
La Société des Nations est entrée juridiquement en vigueur le 10 janvier 1920.
Le plébiscite du 16 mai, par la voix duquel le peuple suisse a manifesté sa volonté de faire par- tie de la Société des Nations, par 416.870 voix contre 323.719, ainsi que par 11 '/s cantons contre 10 '/>. a mis fin au développement de cette question au point de vue de la politique intérieure.
Dans la seconde séance déjà, soit le 13 février 1920, le Conseil de la Société des Nations a pris la résolution de convoquer une conférence finan- cière internationale, dans le but d'arriver à for- muler certaines propositions relatives au moyen d'assainir la situation financière de l'Europe. Cette conférence, fixée tout d'abord au mois de mai, eut lieu le 23 septembre, à Bruxelles, sous la prési- dence de M. Gustave Ador, ancien président de la Coniédération. Elle a siégé jusqu'au 8 octobre. Les résolutions qui y ont été adoptées ont été traitées par le Conseil de la Société des Nations, tout d'a- bord, et par l'Assemblée, ensuite, au cours de sa première réunion La délégation suisse, qui était composée de M. le Dr A. Frey, conseiller national, de M. R. de Haller et de M. Henri Heer, a pris part, d'une manière active, aux travaux de la con- férence en défendant toujours les principes néces- saires à l'économie nationale de la Suisse.
En même temps que les questions financières, celles du trafic international rentraient dans le domaine de l'activité de la Société des Nations.
Le Conseil fédéral a nommé en qualité de délé- gués M. James Valloton. M. Niquille, directeur général des C. F . F . et M. Toggenburger, chef du bureau du contentieux des C. F. F .
Les projets de conventions qui ont été élaborés au cours de séances d'une durée de plusieurs mois et parmi lesquels figurent le «Règlement de la Conférence générale et du Comité permanent des communications et du transit», le «Projet dé Convention sur la liberté du transit», le «Projet de Convention sur le régime international des voies navigables», le «Projet de Convention sur le droit au Pavillon des Etats dépourvus de Litto- ral maritime», le «Projet de Convention sur le régime international des voies ferrées »,; ont été traitées dans une conférence des membres de la Société des Nations, convoquée au mois de mars 1921.
Légations et consulats. En raison du travail de réorganisation, le service consulaire a eu à ré- pondre à une foule de demandes de renseigne- ments que lui adressaient les consulats. Les ins- tructions nécessitées par l'entrée en vigueur du nouveau règlement consulaire ont été, pour la plu- part, édictées. Plus tard, sur la base des expérien- ces faites, ces instructions seront partiellement remplacées par un manuel. Le bulletin consulaire, prévu par le dit règlement et destiné exclusive- ment à l'information des Suisses à l'étranger, n'a pas encore pu être édité.
L'élaboration des rapports consulaires constitue un progrès réjouissant, qui devra être, cependant, encore développé. C'est a la division du commerce du département de l'économie publique qu'il ap- partient, avant tout, de donner aux rapports éco- nomiques la suite dont ils sont susceptibles. L'ap- plication des dispositions sur l'immatriculation des Suisses à l'étranger n'a pas laissé de soulever des difficultés ; toutefois, grfice à une interpréta- tion intelligente de ces prescriptions par les consu- lats, les objections qui avaient été tout d'abord formulées sont en grande partie tombées.
Sociétés suisses de bienfaisance à l'étranger.
Au cours de l'année 1920, la somme de fr. 69.200 a été répartie entre les sociétés et établissements de bienfaisance suisses à l'étranger. Fr. 40.000 ont été versés par la Confédération et fr. 29.200, par les cantons. De ces 69.200 francs, fr. 41.930 sont allés aux sociétés suisses de secours, fr. 17,320, aux asiles suisses et fr. 9950, aux établissements étrangers admettant aussi des Suisses.
Propriété industrielle
Hongrie.
Le gouvernement hongrois a notifié au Conseil fédéral suisse son adhésion à l'arrangement du 30 juin 1920, concernant la conservation ou le réta- blissement des droits de propriété industrielle atteints par la guerre mondiale. L'adhésion pro- duit ses effets dès le 26 mars écoulé.
Registre du commerce
E n r e g i s t r e m e n t :
3/V/21. — Vögeli-Jaggi (Philipp V., de Grafenried) perçage et grandissage de pierres d'horlogerie, Brienz.
Modification«* <
29/IV/2I. — La soc. n. coll. «Gebr. Degen (Degen frères), pivo- tnges d'échappen.ents ancre», à Oberdorf, est dissoute, sa rai- son radiée. Actif et passif sont repris par Hermann Degen- Buser (de Niederdorf), fabr. de pivotages, Niederdorf.
29/IV/21. — La soc. an. « Albert Gindrat, Société anonyme», La Chaux-de-Fonds, a modifié sa raison sociale en celle de Fabrique d'horlogerie Le Stand S. A. (The Stand Watch Factory Ltd. — Die Standuhrenfabrik A. G.). Le siège est transféré rue Montbrillant 1.
R a d i a t i o n « :
27/IV/21. — Cirod & Caspar, soc. n. coll., fabr. et comnieice de montres, Bienne.
2/V/21. — Constant Arnoux, Tabr. de boites or, Peupéquignot.
3/V/21. — J. Marti-Schenk, manufacture d'horlogerie, Granges.
F a i l l i t e * t
18/IV/îl. — Interchangeable S. A., en liq., fabr. de pièces détachées pour horlogerie, Cernier.
26/IV/2f. — Gustave Gressot 4 Cie, Porrentruy.
COTES
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Légations et Consulats
Suisse.
Italie. — Suivant communication de la Légation d'Italie, à Berne, le canton de Schwyz, qui ren- trait dans l'arrondissement italien consulaire de Bâle, a été attribué au Consulat général italien, à Zurich.
Lettonie. — Le gouvernement letton a nommé l'attaché de presse du Ministère des affaires étrangères, M. J. W . Klawin-Ellansky, comme agent consulaire de Lettonie, à Berne, et l'a chargé de la reprise des relations commerciales entre la Lettonie et la Suisse.
M é t a u x (Bourse de Londres) : Comptant . . 2 mai Cuivre, Standard . . . 70 5/8
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Londres . . 1 liv. st. 25.22 New-York . 1 dollar 5.18 C a n a d a . . . 1 dollar 5.18 Bruxelles . . 100 fr. 100.—
Italie . . . . 100 lires 100 — Espagne . . 100 pesetas 100.—
Lisbonne . . 100 Escudos 560.—
Amsterdam . 100 florins 208.32 Allemagne . 1Q0.Marks 123.45
Vienne (anc.) —
» (nouv.) 100 Cour. 105.—
Budapest . . 100 Cour. 105 — Prague . . . 100 Cour. 105.—
Pétrograde . 100 Roubl. 266.67 Stockholm . 100 Cr. sk. 138.89 Christiania . 100 » 138.89 Copenhague. 100 » 138.89 Sofia . . . . 100 Leva 100.—
Bucarest . . 100 Lei 100.—
Belgrade . . 100 Dinars 100.—
Athènes . . 100 drachm. 100.—
Varsovie . . 100 Mks pol. 123.46 Helsingsfors 100 Mks fini. 100.—
Buenos-Aires 100 Pesos 220.—
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47.75 22.62 5.80
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