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Qu'est-ce qu'un bourgeois

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I

Les Consulats suisses à l'étranger reçoivent le journal.

pa

Huitième Année. — N" 89.

P r i x d u n u m é r o 1 0 c e n t i m e s

Dimanche 4 Novembre 1894.

B u r e a u x : R u e d e l a S e r r e , 2 7 .

Uti an: Six mois

Suisse . . . . Fr. G»— Fr. 3»

Union postale » 12»— » 6»—

On s'abonne a tous les bureaux de poste

Paraissant le Jeudi et le flinche à Ia Kiaux-iie-l'oMs.

ANNON6ES

Provenant de la Suisse 20 cl. la ligne

» de l'étranger 25 » » Minimum d'une annonce 50 cent.

Les annonces se paient d'avance.

Oi-ft-imc «le Ι» Société i i i t c r c m i t o i m l e «lew Iittliittirie «lu .Ιιιι·ίΐ. «le* Clisainljre» «le c o m m e r c e , «ICH B u r e a u x «le c o n t r ô l e e t «lex Syndic»*» itrofteHMiomielH·

Société intercantonale des industries du Jura

Réunion du Comité central, le mardi (> novembre 1894, à Neuchàtel, à l'Hôtel du Faucon.

Dîner à midi et demie.

Séance à "2 heures.

Ordre du jour :

1. Rapport du Secrétariat sur l'exercice trisannuel, prenant fin le 31 décembre pro- chain.

2. Propositions à l'aire, à l'assemblée géné- rale du 14 Novembre prochain, concernant Ι»- budget des dépenses pour l'exercice courant.

— Discussion préalable sur ces propositions el adoption de leur texte.

;>. Discussion sur une demande de sous- cription à un certain nombre d'exemplaires du fascicule. «Marques de fabrique horlogère»

de l'ouvrage. «Les archives de l'horlogerie».

— Proposition éventuelle à faire à cet égard à l'assemblée générale.

-ï. Propositions à faire à l'assemblée géné- rale concernant l'activité ultérieure de la Société Intercantonale. — Discussion de communications éventuelles à lui faire.

5. Discussion au sujet du prochain renou- vellement du Comité central, dont le mandat triennal va échoir.

(>. Préparation des questions budgétaires pour l'exercice 1895.

7. Divers et Imprévu.

Secrétariat de la Société : James Perrenoud.

Qu'est-ce qu'un bourgeois

De l'Emancipation organe ouvrier français.

L'incident qui a eu lieu à Lyon le mois dernier, au Congrès des Sociétés coopé- ratives, ne paraîtra p a s au compte- rendu.

Après la lecture d u r a p p o r t s u r les réunions coopératives en vue de l'ins- truction, un lyonnais, orateur populaire, est monté à la tribune et a accusé avec violence le président défaits absolument faux, ce qui lui a valu un démenti formel.

Il ne s'est pas démonté p o u r si peu el a débité u n e profession de foi mar- xiste. Il a répété les phrases habituelles sur l'infâme bourgeoisie, s u r l'exploita- tion capitaliste el a terminé sa harangue pleine de fiel p a r une tirade contre la coopération, « q u i promet des remèdes de b o n n e s femmes p o u r endormir le peuple. »

L'honorable président aurait p u rap- peler l'oraleur à la question, mais, épris d'une liberté peut être exagérée el dérouté sans doute par ce langage si opposé au langage fraternel des coopérateurs, il a laissé dire.

Le lendemain, plusieurs membres d u Congrès, revenus de leur surprise, o n t demandé et l'ail voter q u e les paroles si peu coopératives prononcées la veille ne paraissent pas au compte-rendu : elles pourraient faire croire, a-t-on fait remar- quer, q u e l'orateur exprimait les senti- ments des coopérateurs. O n n e pouvait admettre q u e le premier venu, n'ayant jamais adhéré à l'Union coopérative, p u t profiter d'un m o m e n t de surprise p o u r faire u n e profession de foi révolution- naire ou anarchiste et la faire imprimer aux frais des c o o p é r a t e u r s ?

Ceux qui o n t assisté à la séance dont nous venons de parler ont p u se rendre compte de ce q u e deviendrait la société si elle était entre les mains d'un parti où les injures el la calomnie remplacent les arguments et la vérité. Ils o n t p u en conclure que le parti coopératif suivait la b o n n e voie en cherchant a développer parmi ses m e m b r e s des sentiments de solidarité.

La coopération a un idéal social d e s plus élevés, vers lequel elle marche peu à p e u et sans bruit. Elle est en m ê m e temps u n e école de citoyens.

P o u r s'en convaincre il suffit d'assister à u n Congrès coopératif et surtout à

u n e réunion du Comité central où l'on rencontre l'élite des coopérateurs.

Si on assiste, au contraire, à une réunion révolutionnaire, on y verra régner l'esprit de discorde. S'il règne déjà parmi ceux qui sont unis p o u r renverser q u e serait-ce le jour où ils voudraient édifier?

Chacun chercherait à faire triompher ses idées... Quelle anarchie!...

J'en étais là de mes réflexions lorsque la poste m ' a p p o r t a u n journal où il est question à chaque page de Γ «infâme bourgeoisie», le directeur est un avocat qui, depuis longtemps, cherche u n siège au Parlement, sans avoir encore réussi.

«Infâme bourgeoisie», répétais-jc ma- chinalement, mais qu'entend-t-on par

» bourgeois » ?

Au Congrès socialiste-révolutionnaire qui vient d'avoir lieu à Nantes, un citoyen, un avocat, accusé d'être un « b o u r g e o i s » s'est défendu de l'être en déclarant qu'il avait d o n n é sa démission d'avocat et qu'il ne la reprendrait p a s .

Le directeur d u journal qu'on vient de m ' a p p o r t e r est donc un bourgeois puisqu'il est avocat? Comment expliquer alors ses imprécations contre «l'infâme bourgeoisie » ?

Faut-il q u ' u n avocat jette sa robe aux orties p o u r n'être plus bourgeois?

Un médecin distingué esl-il un bour- geois? Le docteur R o u x q u i , à la suite de longues études, a trouvé le moyen de guérir le c r o u p , est-il un b o u r g e o i s ? Ou faut-il être u n médecin sans clientèle comme ceux qui embrassent la carrière politique, p o u r n'être pas un «infâme bourgeois » ?

Il m'est d'autant p l u s diflicile de ré- soudre ce p r o b l è m e q u e la plupart des apôtres révolutionnaires, ceux qui ton- nent le plus contre l'infâme bourgeoisie, n'ont jamais manié un outil — leur outil c'est leur langue, leur établi c'est la tribune.

(2)

124 L A F E D E R A T I O N H O R L O G È R E S U I S S E Bourgeois ne veut donc pas dire oisif?

O n me parlait l'autre j o u r de deux médecins ! l'un a u n e fortune modeste, l'autre a une fortune assez considérable, le premier visite les pauvres, les soigne g r a t u i t e m e n t leur paie le plus souvent leurs remèdes, et leur laisse, chaque fois que cela est nécessaire, quelques pièces d'argent. Les personnes seules qui visitent les malheureux connaissent le dévouement de ce docteur qui est aussi bon père et aussi b o n mari qu'il est bon médecin. Il ne 's'occupe pas de politique mais on sait qu'il est anti- révolutionnaire.

Le second docteur évite d'aller visiter les pauvres ; s'il est appelé dans leurs demeures il leur fait payer impitoyable- ment ses visites, mais, s'il suppose à q u e l q u ' u n une influence politique, il refuse ostensiblement de recevoir des honoraires. Il est un fort mauvais mari et ne cache pas son indifférence p o u r la moralité. Il fréquente les estaminets où se recrutent les électeurs. Il ne perd pas une occasion de signaler à la vin- dicte publique « l'infâme bourgeoisie».

De ces deux médecins quel est le b o u r g e o i s ?

Je connais de réputations des h o m m e s oisifs, ayant de la fortune qu'ils em- ploient aussi mal que possible : je connais des travailleurs manuels qui passent tout leur temps à la buvette et qui, vivant je ne sais trop par quels moyens, ont abandonné leur femme et leurs enfants. Ils sont pour l'amour libre.

Sont-ce des b o u r g e o i s ?

U y a des hommes qui ne vont ni au café, ni au cercle, ni au théâtre, qui ne boivent ni de l'absinthe, ni liqueurs parce qu'ils croiraient faire ainsi un mauvais usage de leur argent : ils em- ploient tous leurs loisirs au service des déshérités de la fortune et de l'intelli- gence. Ces citoyens, dont beaucoup sont des eoopéraleurs, font-ils partie de l'in- fâme bourgeoisie ?

Le malheureux et regretté président de la République, Garnol, qui a été lâchement assassiné par un individu dont le cerveau avait été détraqué par les excitations anarchistes, était-il un

bourgeois?

Pour être un infâme bourgeois, faut-il être instruit ou ignorant ?

Un jeune h o m m e qui aurait travaillé

<lès son enfance p o u r entrer à l'Ecole Polytechnique et qui aurait poursuivi ses études p o u r devenir ingénieur des mines, est-il un bourgeois?El, s'il a des aptitudes particulières, qui lui permettent de diriger une usine et d'en perfectionner l'outillage, devient-il un vil capitaliste s'il reçoit une pari dans les bénéfices qu'il a contribué à c r é e r ?

Un cabaretier qui n'a jamais lait autre chose que de vendre des petits verres et d'en boire — et qui devient ainsi un h o m m e politique — ce qui esl assez

c o m m u n — fait-il partie de l'infâme bourgeoisie?

Il y a tics gens qui sont toujours malades : il y en a d'autres qui ne le sont jamais q u o i q u ' i l s fassent — ces derniers sont des privilégiés — sont-ce p o u r cela des bourgeois? Et les gens intelligents?

Et les imbéciles qui sont la majorité?

Les coopérateurs n'ont pas à se poser ces questions embarrassantes: ils ne font pas de distinction de classes ni d'opinions:

ils divisent la société en deux catégories : les b o n s et, les mauvais citoyens.

Ils font appel à tous les b o n s et ils en trouvent dans toutes les classes ; ils les engagent à mettre en pratique les prin- cipes fraternels de la coopération et ils croient qu'ils seront ainsi plus capables de réformer la Société que les révolu- tionnaires qui font appel à tous les mécontents et qui développent en eux la haine et l'envie, en leur promettant, s'ils bouleversent î\oul, le paradis t e r r e s t r e ! Hélas ce sera l'enfer! Mais cela ne m'ex- plique pas ce que peut être un «infâme bourgeois » dans la pensée d'un socialiste révolutionnaire?

Je ne cherche pas davantage, et je d o n n e ma langue aux chiens.

D E B O Y V E

Société du GrUtIi

Lc Comité central do la Société du Grûtli adresse a u x sections une circulaire dans laquelle elle les engage à mettre entre autres à l'étude la question suivante :

«Quelle tâche les sociétés du Grûtli ont- elles à remplir dans le domaine de In politique municipale ! »

P a r m i les points à examiner, la circulaire recommande surtout la création de bureaux de placement gratuits, l'assurance contre le chômage, les secrétariats ouvriers, la cons- truction "de logements sains et bon marché, les enquêtes sur les logements, les colonies de vacances, cures de lait, cuisines scolaires, bains gratuits, salaire minimum pour les ouvriers employés par les communes, exclu- sion des ouvriers étrangers, etc.

Le commerce de l'Italie

La statistique officielle des importations et exportations du ! " j a n v i e r au. 30 septembre 181)4, accuse le chilfre de 155.103.77-2 fr.

Tendant la période correspondante de 1893, ce chiffre fut de 182.444.210 fr. d'où une di- minution de 27.200.444 francs.

Syndicats ouvriers

Nous empruntons les passages suivants au rapport de la section (le la Gliaux-de-Fonds de In Fédération des ouvriers monteurs de boites :

Une question très délicate a été étudiée, celle de régler la marche à suivre de notre syndicat vis-à-vis de l'introduction de la ma- chine. Une commission de 10 membres a été nommée à ce sujet: après trois mois de séan- ces hobdomatairos régulières et très labo- rieuses, deux rapports ont été présentés; un de minorité préconisant la lutte systématique contre les machines, et l'autre de majorité

acceptant les machines sous certaines réser- ves. Dans l'assemblée générale du 4 mai, la lutte systématique contre les machines a été volée à une forte majorité.

L'assemblée du 4 mai a aussi nrifié par un vote unanime l'interdiction de l'atelier SIoII employant des machines, ce dernier ne vou- lant pas entrer en pourparlers avec noire so- ciété : notre règlement n'accordant qu'un ou- vrier au mois par atelier, nous nous sommes vu obligés de prendre celle mesure.

— Le Comité centrale de la Fédération des ouvriers graveurs et guillocheurs, publie une circulaire dont nous détachons le passage suivant :

« Chers collègues ! Le 27 septembre écoulé le syndical des patrons de Bienne η voté sa dissolution : par lettre du O octobre la cham- bre directrice mixte nous remettait ses pou- voirs ne voulant plus fonctionner à la tète d'un seul syndicat patronal, lequel conteste à un congrès mixte le droit de discuter et de prendre une décision ayant pour but une aug- mentation de salaire, et trouve que le temps accordé pour examiner noire mémoire a été trop court. Sont-ce là les véritables raisons du désistement général des p a t r o n s i nous ne le croyons pas. Les patrons préfèrent, à une bonne organisation, l'anarchie dans la pro- fession, ils préfèrent, à une entente, se livrer à cette concurrence infernale, qui doit infail- liblement les conduire à la ruine. Voilà la situation, que nous reste-l-il à faire? Cette question sera résolue au congrès. Ce qui de- vient d'une impérieuse nécessité, c'est la question capitale des apprentissages qui doit être résolue d'une manière efficace à bref délai. »

— Ue g r a n d s efforts sont faits pour com- pléter l'organisation des ouvriers de l'ébauche, en vue de réagir contre les baisses éven- tuelles et d'exercer une pression sur les fa- briques dissidentes pour les faire entrer dans le «Comptoir général des ébauches».

Fédération

des ouvriers monteurs de boîtes

C o n c o u r s

Pour faciliter le travail de la commission nommée au congrès de Renan, concernant l'emploi des machines pour les boites or. Ie bureau central ouvre un concours sur les quatre points suivants :

1. Question de la machine en général pour notre métier.

2. Position faite aux sections où il existe des machines s u r l'or.

3. Position à prévoir dans les sections, ou il n'y a pas de machines, si elles venaient à s'y implanter.

4. Quelle serait la meilleure attitude à pren- dre au cas où on devrait les accepter.

Il est accordé 3 primes pour les meilleurs travaux, soit 15 fr.. 10 fr. et 5 fr.

Nous invitons chaleureusement nos col- lègues à prendre part à ce concours, car s'il en pouvait sortir une solution de manière à accorder c h a c u n , notre fédération sortirait d'une position des plus cmbarassanles.

Les personnes qui voudraient plus de dé- tails, soit sur les points déjà cités ou sur une autre question, peuvent s'adresser au bureau central.

Les travaux doivent parvenir au bureau, au plus tard pour fin décembre 1894.

Chnux-de-Fonds, le 30 octobre 1894.

Bureau central.

(3)

LA FÉDÉRATION HORLOGERE SUISSE 425

Postes

Les prochains départs des paquets-posle de Londonderpy pour la Chine et le J a p o n , par la voie de Vancouver, auront lieu le 23 no- vembre et le 21 décembre.

— Les dépêches directes expédiées chaque samedi matin p a r le bureau de Bàlo succur- sale I ( S . G. B.), ainsi que par les bureaux ambulants de Genève à Guloz, train 452, et de Bàle à Bclfort, train 194, pour New-York, sont supprimées jusqu'à nouvel avis par suite

•de la suspension du service direct des paque- bots du « Lloyd allemand du N o r d » de Sout- hampton à New-York, départ deSouthampton le dimanche après-midi.

Gardez votre argent

Nous avons sous les yeux une circulaire,

•reçue par une personne de la Ghaux-de-Fonds, portant comme entête: La miniature artis- tique, datée de P a r i s , et offrant à qui voudra

•en accepter, un travail artistique consistant à transformer des photographies en photo·

miniatures, imitant l'œuvre d'un artiste sans qu'il soit nécessaire de savoir peindre ni des- siner.

Le travail, dit le circulaire, est facile et n'exige aucune, étude.

personnes qui désirent se rendre de la facilité de ce travail, La minia- ture artistique, expédie, moyennant l'envoi de Cr. U.75 un échantillon de photominiature et, comme cet échantillon vaut fr. 10.— il faut ajouter a u x 75 centimes, une garantie de fr. 3 . — . Si l'amateur se décide à entreprendre ce travail on lui paiera fr. 2 . — la pièce. On

Aux compte

lui fait miroiter un travail suivi et do toute durée que le moins habile peut exécuter à raison de trois ou quatre exemplaires par jour. Les couleurs, pinceaux, produits, etc., sont à sa charge.

Tout cela est fort alléchant et la perspective de g a g n e r ti à 8 francs par jour sourira à plus d'une personne, en ce temps de pauvres sa- laires.

Nous n'en conseillons pas moins vivement à ceux de nos lecteurs qui recevront la circu- laire de la Miniature artistique de la mettre simplement nu panier et de garder leur ar- gent.

Récapitulations: fr. 0.75 plus fr. 3 , — pour obtenir l'échantillon offert, plus le prix des pinceaux, couleurs, matières, etc. fait un total de 5 à G francs, à débourser par les naïfs élèves nu r a n g d'artistes de par la vo- lonté du directeur de la Miniature artistique.

C'est probablement à cela que se borne toute l'opération.

Procédés industriels.

S o u d u r e à f r o i d p o u r l e f e r — Les pièces de fer qu'on ne peut pas chauffer pour les souder peuvent être assemblées à froid de la façon suivante :

On recouvre les extrémités à réunir d'un mastic formé de U parties de soufre, 6 de céruse et 1 de borax diluées dans de l'acide sulfuriquc concentré, et on presse fortement les deux pièces l'une contre l'autre. On laisse reposer pendant cinq à sept jours : la soudure est alors assez forte pour que l'on ne puisse plus séparer les deux pièces, môme en frappant au marteau la partie où a été faite la jonction.

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