A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
E. C OSSERAT
Sur l’étude d’une courbe algébrique dans le voisinage d’un de ses points
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 1resérie, tome 4, no4 (1890), p. O1-O16
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SUR L’ÉTUDE
D’UNE COURBE ALGÉBRIQUE
DANS LE VOISINAGE D’UN DE SES POINTS (1),
PAR M. E.
COSSERAT,
Chargé d’un Cours complémentaire à la Faculté des Sciences de Toulouse.
- ®~~----
I. .
- Préliminaires.
Signification algébrique
duproblème.
Nous
prendrons
pour base de cette étude le théorèmesuivant, qui
se de-montre par des considérations élémentaires : :
THÉORÈME 1. -
Soitf(x,y)
= o uneéquation
dont lepremier
membrecst un
polynôme
entier cn x et y;si, pour
x = xo,l’équation
cn y a n na- cineségales
à yo, pouh une valeur de x voisine de , celleéquation
an racines voisines de et n seulement.
On en déduit les
propositions
suivantes :II. -
Si,
pour x = xo,l’équation
en y a une racinesimple
yt" , pour une valeur de x voisine de Xo, cetteéquation
admettra unc racinesimple
voisine de yo, ct ufic seule.THÉORÈME III. - SL
l’équation
cst àcoefficients
réels ctsi,
en attri-huant à x la valeur réelle xo,
l’équation
cn y a une racinesimple
réelle ya, pour une valeur de x réelle ct voisine de xo,
l’équation
admet-tra une racine
simple
réelle voisine de yo, , et une seule.Ceci
posé,
onpeut toujours
supposer que lepoint
à étudier coïncide avecl’origine ;
s’il en était autrement, ontransporterait l’origine
aupoint
consi-déré.
Quelle
est alors lasignification algébrique
duproblème proposé’?
( ~ ) Conférence faite par ~1. Cosserat à la Faculté des Sciences de Toulouse.
O.I
La courbe
représentée
parl’équation algébrique
à coefficients réelsest la
représentation géométrique
des solutions réelles de cetteéquation.
Donnons à x la valeur
zéro, l’équation
en ycorrespondante
admettra la racinezéro;
soit n l’ordre demultiplicité
de cetteracine;
donnons à x unevaleur infiniment
petite, l’équation
en ycorrespondante
admettra n racines infinimentpetites;
l’étude de celles de ccs racinesqui
sont réelles n’est évidemment autre chose que l’étude de la courbealgébrique
dans le voisi- nage del’origine.
Indiquons d’abord, d’après Puiseux,
comment onsépare
les n racines infi-niment
petites,
et,plus généralement,
celles d’uneéquation algébrique quel-
conque, à coefficients réels ou
imaginaires, prise
sous la forme(i).
II. . -
Séparation
des n racinesinfiniment petites
d’une
équation algébrique.
Désignons
par y l’une de cesracines; regardons
x comme infiniment pe- tit dupremier
ordre et admettons que y soit uninfiniment petit
d’unp.; en d’autres termes, supposons
qu’il
existe un nombrepositif ~,
tel
que y x
ait une limite z,qui
ne soit pasnulle, lorsque
x tend vers zéro :cette
hypothèse
serajustifiée
aposteriori.
Cherchons la
partie principale
de l’infinimentpetity;
à ceteffet,
po-sons
y~, étant un infiniment
petit.
Si l’on substitue cette valeurde y
danstion,
celle-ci devra êtreidentiquement satisfaite ;
les termes d’ordre mini-mum, en
particulier,
devronts’y détruire ;
ils seront donc au nombre dedeux au
moins,
et d’ailleurs ces termes nepouvant
être évidemment cher- ches que dans la suite des termesprovenant
de la substitution dupremier
terme de la valeur de y, ilen résulte doit être choisi de telle sorte que, dans la suite des expo-
sants
il y ait au moins deux termes minima.
Soit ~, une valeur satisfaisant à cette condition et définie par les relations
qui expriment l’égalité
desexposants minima )
+ pa, ...,~~+
Les valeurs de z
correspondant
à cette valeur de ~, s’obtiendront en annulant la somme des coefficients des termescorrespondant respectivement
à ces
exposants,
savoird’ailleurs J ne d.oit pas être
nul;
parsuite,
si l’on suppose les nombres a, ..., a.lrangés
par ordre degrandeur décroissante, z
aura a - 03B1i va-leurs,
déterminées parl’équation
.Newton a
indiqué
une constructiongéométrique simple
pour déterminer les valeurs de jjL.Traçons
dans leplan
deux axes coordonnésOX, OY,
etreprésentons chaque
terme del’équation (1)
tel que par unpoint ayant
pour ab- scissel’exposant
ade y
.et pour ordonnéel’exposant 03B2
de x; on obtiendraainsi un ensemble de
points
dont l’un au moins sera surOX,
sinonl’équa-
tion
( I )
contiendrait en facteur unepuissance
de xque l’on supprimerait;
il y aura de même au moins un
point
sur OY. Soit A lepoint
situé sur OXqui
est leplus
voisin de0,
c’est-à-dire lepoint
dont l’abscisse estégale
à n ;soit aussi B le
point
situé sur OYqui
est leplus
voisin de 0.Les relations
(2)
montrent que lespoints (x, ~), (a ~ , ~3 ~ ),
...,( al, ~~ )
son ts itu és sur la droite
et les autres
points (x/+~ y+, ), ...
sont situésau-dessus,
en vertu des rela-tions ~
+ pa + ~,a~.t i , ....Donc la droite considérée sera l’un des côtés de la
portion
infé-rieure
ACBD, comprise
entre les axes, dupolygone
convexe ACDBEFcirconscrit au
système
depoints.
Il suffira donc de tracer cettepartie
infé-rieure pour obtenir les droites
qui répondent
à laquestion.
Leurs coefti- cientsangulaires, changés
designe,
donneront les valeurs de jjL.A
chaque
côté de laligne polygonale
ACBDcorrespondent
desracines,
dont le nombre est la différence des abscisses des extrémités du côté consi-
déré ;
le nombre des racinescorrespondant
à laligne polygonale
ACDB en-tière est donc
égal
à l’abscisse deA,
c’est-à-dire à ainsi setrouve jus-
tifiée
l’hypothèse
que nous avons faite sur l’ordre infinitésimal des racines.. Des relations
(2)
on déduitdonc p
est un nombre commensurable et l’onpeut
poser~
désignant
une fraction irréductible. On aura alorsq
~ , ~~, , ... étant des
entiers; l’équation ( 3 )
deviendraen
posant
,~q = u. _Si les différentes
équations
telles que(3)
ou telles que(!t )
ont toutesleurs racines
simples,
nous trouvons pour les fi racines infinimentpetites
des
parties principales
toutes distinctesqui permettront
de lesdistinguer;
on
peut
dire que ces Il racines sontséparées.
Supposons qu’il
n’en soit pas ainsi et soit u une racinemultiple de l’équa-
.
tion
(-4); désignons.
par r son ordre demultiplicité ; l’équation (3)
aura firacines multiples
d’un ordre demultiplicité égal
à n; ces q racines mul-tiples pourront
s’obtenir enmultipliant
l’une d’elles parles q
racines del’unité. Considérons l’une de ces racines z. Parmi les racines infiniment pe-
’!
tites de
l’équation (i),
il y en aura rqui
auront pour valeurprincipale (’ ).
Pour les
séparer,
il faudra pousserl’approximation plus loin ;
a ceteffet, et,
( 1 ) Nous désignons par xp q une des racines de et nous employons cette mème
détermination dans la représentation des parties principales de toutes les racines dont l’ordre infinitésimal est ~
q
afin d’éviter les exposants
fractionnaires,
posonsety,
étant de nouvelles variables.Substituons dans
(i),
nous obtiendrons une nouvelleéquation
f1 , (x" y, ) désignant
unpolynôme
entier cn x, et y, . Parmi les racines decette
équation, correspondant
à une valeur infinimentpetite
de "c" il y ena évidemment r infiniment
petites
et 1 seulement : ce sont cellesqui
cor-respondent
aux valeursde y
dont lapartie principale
estLorsqu’on
cherchera lesparties principales
de ces r racines infinimentpetites,
on sera conduit à deséquations
auxiliaires en =,(ou
enu, ),
ana-logucs
àl’équation (3) [ou
àl’équation (!~)~.
Si toutes les racines de ceséquations
sontsimples,
laséparation
sera effectuée : les racines del’édna-
tion eny,
qui
avaient des valeursapprochées égales
à lapremière approxi- mation,
serontséparées
à la secondeapproximation.
Dans le cas contraire où l’on rencontre encore des racines
multiples,
onappliquera
de nouveau la mêmeméthode,
et ainsi de suitejusqu’à
ce quetoutes les
équations
auxiliaires dontdépend
la solution aient des racinessimples.
Il nous reste à établir la
proposition
suivante : :Il est
impossible
que la suite destransformations
seprolonge indéfi-
En
effet,
soit z1x 1 lapartie principale
d’une des n racines infiniment pe- titcs de(5);
on aurap’
et q, étant deux entierspremiers
entre eux, et le coefficient correspon-dant 2,
t sera racine d’uneéquation algébrique
dedegré r;
cetteéquation
admettra ~, 1 racines d’un ordre de
multiplicité égal
à ri, endésignant
par r, l’ordre demultiplicité
de la racine on aura doncet, par
suite,
Nous posons maintenant
en
désignant
f le nombre cntierégal à pq
-I-p’,
en sorte que p, et q, fsont
premiers
entre eux.Si
l’on
substitue les valeurs de x t, y, t dans(5),
ou les valeurs de y dans(i),
on obtient une nouvelleéquation
,~~~ (~~1, y2~ désignant
unpolynôme
entier en x, et y~, surlaquelle
on rc-commencera les
opérations précédentes,
et ainsi de suite.Considérons les ordres
des différents termes successifs. Les dénominateurs q, q~2, ... ne
peuvent
pas surpasser n ; si donc la suite des transformations seprolongeait indéfiniment,
les ordresqui
vont constamment en croissantaugmenteraient
indéfiniment
(’ ).
Parsuite,
la différence entre deux des racines serait infini-ment
petite
d’un ordre aussigrand qu’on
le voudrait.Or,
leproduit
descarrés des différences des racines de
l’équation (i)
est une fonctionsymé- trique
des racines de cetteéquation qui s’exprime
rationnellement à l’aide des coefficients et par suite aussi à l’aide de x; il nepeut
donc être que d’un ordre infinitésimaldéterminé,
à moinsqu’il
ne soitidentiquement
nul.Mais cette dernière
hypothèse,
danslaquelle l’équation
en y admettrait des racineségales, quel
que soit x,peut toujours
être écartée : eneffet,
on peuttoujours
commencer par diviser lepremier
membre del’équation (r)
par leplus grand
commun diviseur despolynômes f (~, y )
etf (x, y).
Laproposition
est donc établie.La démonstration
précédente
a été déduite de cette remarque que q, , q~q, q,, ... ne peuvent surpasser n,quelque
loin que l’on pousse( 1 ) On peut ajouter que les numérateurs p, p1, p,, ... sont des entiers croissant con-
stamment, comme le montre la formule p1= pq1 + p’ et les formules analogues détermi-
nant P2, .. , .
l’approximation.
Il en résulte aussiqu’il
arrivera nécessairement un mo-ment à
partir duquel les entiers q,
q,, ~,, ... se réduiront à l’unité. SoitOn
obtiendra,
parsuite,
toute racine y infinimentpetite
sous la formeen
posant
et en
désignant
par une fonction infinimentpetite
avec t; en pre-nant s suffisarnmcnt
grand,
on auraséparé
les n racines infinimentpetites.
Inéquation (i)
d’ailleurs pourra s’écrireelle ne
change
pas si l’onremplace t
par étant l’unequelconque
desracines de
l’équation
par
suite, l’expression (6),
où t estremplacé
par toutes racines dequation (7), représentera
qq1 ... qi racines infinimentpetites
de(1).
Nous pouvons, en
conséquence,
énoncer le théorème suivantqui
résultepresque immédiatement de ce
qui précède :
:Soit y unc
fonction algébrique
de la variable x, et soit x0 une valeurcelle variable pour
laquelle
diverses déterminations de y prennentune valeur commune yo. Pour les valeurs clc a - ayant leurs mo-
inférieurs
à une limitedéterminée,
ces déterminations de y scerépartissent
en dessystèmes
entièrement distincts entre eux.Toutes cellcs
qui composent
un mêmesystème
scrépartissent
simulta-nément,
leur nombre étant égal à ! , sousla forme
suivante :,
désignant
unefonction
de tinfiniment petite avec t;
le nombre liun entier arbitraire
qui
doittoutefois
être choisi pou r ucles formules (9) effectuent
laséparation
entre les N racines qu’elles re-présentent
ci les autres nacincs.Cette
proposition
s’énonce de la manièresuivante,
si onl’interprète géo- métriquement :
yo les coordonnées d’ma
point
sur une courbealgébrique.
environs de
ce point,
les diverses branches de la courbe sontsentées par un ou
plusieurs systèmes d’équations analogues
au sys- tème(9),
où et k sont soumis aux mêmes restrictions queprécédem-
La
portion
de courbereprésentée par le système ( 9)
estappelée
uncycle ;
le
point (xo,
est ditl’origine
ducycle.
Considérons,
pour les différentes branches de courbeappartenant
à unmême
cycle,
lerapport
y-y°
ou bien cerapport
croit indéfiniment pourtoutes les branches
lorsque x
tend vers xo; ou bien il a unelimite,
la mêmepour toutes les branches du
cycle ;
donc : :Les
différentes
branches dc courbeappartenant
à un mêmecycle
ontmême
tangente.
Cette
tangente
commune est latangente
ducyclc.
III. -
Séparation
des racines réellesinfiniment petites
d’une
équation algébrique
àcoefficients
Tout ce que nous avons dit au
§
IIs’applique
sil’équation ( 1 )
est à coef-ficients réels ou
imaginaires.
Particularisons cetteéquation
ensupposant
qu’elle
soit à coefficientsréels;
donnons à x des valeurs réelles infinimentpetites ;
ilImporte d’indiquer
àquels
caractèressimples
on reconnaîtra que l’une des racines y que l’onsépare peut
donner lieu à une branche de courberéelle ;
il faut déterminer les conditions nécessaires et suffisantes pour que, ,xprenant
àpartir
de zéro des valeurs infinimentpetites,
soittoutes
positives,
soit toutesnégatives,
les valeurscorrespondantes,
définiespar
(6),
de la racine considérée y soient réelles.Posons le
problème
sous une forme peu différente : cherchons sousquelles
conditions lecycle représenté
par les formules(6)
et(7 )
est réel; lpour
préciser,
examinons si cecycle
peut avoir des branches réelles et com- bien il a depareilles
branches.Supposons
que l’une des branches ducycle
soitréelle ;
c’est-à-dire suppo-sons que,
lorsqu’on
fait varier x àpartir
de zéro par desvaleurs,
soit .toutes
positives,
soit toutesnégatives,
les valeurssuccessives,
obtenues par voie de continuité( ~ ),
d’une racine t del’équation ( ~ )
rendent réel le second membre de(6) ;
il faut et ilsuffit,
pourqu’il
en soitainsi,
que les s + Ipremiers
termes de lavaleur
de y soient tousréels,
ainsi que le terme com-plémentaire
ys+,Or,
considérons la suite desopérations qui
conduisent à laséparation
dela racine considérée et supposons que cette
séparation
soit effectuéepar la ( s
-+- Iopération,
en sorte que ,~S soit déterminée par uneéquation
l’ad-mettant pour racine
simple.
On peut alors énoncer le théorème suivant : :condition nécessaire et
suffisante
pour que lecycle défini
par leséquations (6)
et(; )
ait au moins une branche réelle cst que les(s
+1) premiers
termes de la valeur de y soient réelstonsqu’on
donne à t unesuite de valeurs
résultant,
par voie decontinuité,
d’une suite desoit toutes
positives,
soit toutesnégatives,
de x. Si celte condition estil y aura deux cas à
distinguer,
suivant que ... qi sera inz-pair ou pair;
dans lepremier
cas, on aura une seule brancheréelle,
etdans le second deux branches réelles.
En
effet,
la condition énoncée est évidemmentnécessaire;
il reste à dé-rnontrer
qu’elle
est suffisante.JO
Supposons
d’abord que qq, ... qi soitimpair.
Remarquons
que l’onpeut prendre,
pourreprésentation
du mêmecycle,
... ~i formules telles que
(6),
savoir toutes les formulesqu’on
obtienten
remplaçant
dans(6) t
par où w serapris
successivementégal
àtoutes les racines de
l’équation (8).
En d’autres termes, étant donnée unesuite de valeurs de t, définie par
l’équation (;),
onpeut prendre
pour lecycle
unereprésentation
telle que la valeur de y,correspondant
à la suiteconsidérée des valeurs de t, soit l’une
quelconque
des racines ducycle;
etréciproquement,
étant donnée une racine infinimentpetite
ducycle,
onpeut
toujours prendre
pour cecycle
unereprésentation
telle que la suite des valeurs de tqui
donne lieu à la racine considérée soit l’unequelconque
des suites définies par
l’équation ( ~ ).
Or,
dans le casconsidéré,
nous avons une suite de valeurs de tqui
donne( 1 ) C’est-à-dire les valeurs successives obtenues en appliquant le théorème If du § 1 à l’é- quation (;), où x prend une suite continue de valeurs toutes de même signe.
par la formule
(6)
une racine pourlaquelle
les(s + ~~ , premiers
termesde
(6)
sontréels; adoptons
unereprésentation
ducycle
telle que la suite des valeurs de tqui
conduit à cette racine soit la suite formée de valeurs réelles définie par( ; ) ;
supposons, pour fixer lesidécs,
que cettereprésen-
tation soit
précisément (6);
les coefficients .~,,, ..., ,~S seront réels : ils’agit
d’établir que, dans cesconditions,
la formule(6)
définit une brancheréelle pour les valeurs réelles de t voisines de
zéro ;
encffet,
posonset substituons dans
l’équation
On obtient une
équation
où
F(t, Z)
est unpolynôme
entier ent et Z,
a coefficientsréels; Inéquation (10)
admet laracine zs
+ ys+, et, parhypothèse,
si l’on y fait t = o,l’équa-
tion obtenue admet la racine
simple
réelledonc,
en vertu du théo-rème III
du § I, l’équation (10) admettra,
pour des valeurs de t suffisam-ment voisines de
zéro,
une racinesimple
et une seule voisine savoir~S + yS+, , et cette racine sera réelle.
La
première partie
de laproposition
est doncétablie,
la seconde est évi-dente
puisque l’équation ( ~) n admet,
dans le casprésent, qu’une
seule ra-cine réelle.
~~’
Supposons
maintenant que soitpair.
Dans ce cas, les
(s + 1) premiers
termes du second membre de(6)
nepeuvent
être réels quelorsqu’on
donne à t une suite de valeursrésultant,
par voie de
continuité,
d’une suite devaleurs,
toutes de mêmesigne
de ,z~.Supposons,, en effet,
enpremier lieu,
que,lorsqu’on
donne à t une suite devaleurs résultant d’une suite de valeurs toutes
positives
de x, on ait une ra-ciney,
pourlaquelle
les( s
+i) premiers
termes de(6)
soientréels ; adop-
tons une
représentation (G)
ducycle
telle que la suite des valeurs de t,qui
conduit
à cetteracine,
soitconstituée, quand
x~ estpositif,
par l’une des deux suites de valeurs réelles définies par(~);
pour lareprésentation (6)
consi-dérée,
les coefficients Zt, ,~~,, ..., Zs seront réels et, parsuite, quand
x seranégatif,
la formule(6)
ne pourra pasreprésenter
de brancheréelle, puisque
alors
l’équation ( ~ )
aura toutes ses racinesimaginaires.
Deplus,
enrépétant
le raisonnement fait
précédemment,
on démontrera est réel pourdes valeurs de t, suffisamment voisines de
zéro,
etcorrespondant
à des va-leurs
positives
de x.Enfin,
commel’équation ( ~ ) définit, quand x
varie par valeurspositives,
deux suites de valcurs réelles de t, lecycle
aura deuxbranches réelles
correspondantes.
Supposons,
en secondlieu, que lorsqu’on
donne à t une suite de valeursrésultant,
par voie decontinuité,
d’une suite de valeurs toutesnégatives
de.r, on ai t une
racine y
pourlaquelle
les( s
+i) premiers
termes de(6)
soientréels. Il suffit de
changer
x en -- .r dansl’équation ( ~ ),
c’est-à-dire de sup- poser un instant que l’on aitchangé
le sens de l’axe des x, pour retomber sur le casprécédent.
Quelques applications..
L’étude d’une courbe
algébrique
dans levoisinage
d’un de sespoints
résulte immédiatement de ce
qui précède ;
lepoint
étantpris
pourorigine
des
coordonnées,
on ferajouer
à l’une des deux coordonnées le rôle de la variableindépendante
x desparagraphes précédents
et à l’autre coordonnéecelui de la variable y; l’étude de la courbe
algébrique
dans levoisinage
de
l’origine
ne sera autre, comme nous l’avonsdit,
que la traductiongéo- métrique
de la mise enpratique,
àl’égard
del’équation donnée,
des faitsalgébriques
considérésaux §
II etIII; l’exposition
de cesparagraphes
ayant surtout été faite au
point
de vue del’application
auproblème
pro-posé, quelques exemples simples
suffiront pour élucider la théorieprésente.
Supposons
d’abordqu’on
se propose d’étudier une courbealgébrique
auxenvirons d’un
point simple
de cette courbe. Prenons lepoint
pourorigine
et supposons les deux axes coordonnés différents de la
tangente
en cepoint.
Soit alors
1 équation
de lacourbe,
engroupant
ensemble les termes de mêmedegré;
on a
a,
et b
n’étant pas nuls. Prenons xpourvariablc indépendante ;
pour x = o,l’équation
eny a une seule racinenulle;
pour x infinimentpetit,
elle a uneracine infiniment
petite qui
forme uncycle
dont latangente
est latangente
de la
courbe;
nousconnaissons,
parsuite, a priori,
lapartie principale
~;x de la racine infinimentpetite,
en posant 1,_ - ‘~1;
afin d’avoir des élémentssuffisants pour la construction de la courbe, nous pousserons
plus
loinl’ap- proximation,
en posantJ’équation déterminante
seraSoit
(i, t)
lapremière
desfonctions ? ( 1 , 1 ) qui
ne s’annule pas pourt == t t et posons
Pour x = o,
l’équation
en y, a une seule racine nulle et, pour x infinimentpetit,
elle a une racine infinimentpetite qui
forme uncycle
dont la tangenteest
0 x;
nous déterminerons lapartie principale
de la racine infiniment pe- tite par leprocédé indiqué au § II ;
laligne polygonale
de Newton se réduitici à la droite
qui joint
lepoint
d’abscisseégale
à i, situé surOX,
aupoint
d’ordonnée
égale à q
situé sur OY.Les relations
( 2)
se réduisent ici àet
Inéquation (3)
àOn aura donc
e t,
par suite,
y2
désignant
unequantité
infinimentpetite
avec x~.Nous avons maintenant tous les éléments nécessaires pour construire la courbe aux environs de
l’origine.
Il estclair,
eneffet,
que, pour x suffisam-ment
petit,
le coefficient- aq+1 b1
+ y 2 de a lesigne
de sonpremier
terme- aq+1 b1. D’ailleurs l’ordonnée de la courbe est
égale
à la somme de l’ordon- née de latangente y = t1 x
et de laquantité ( -
+y2
On a im-médiatement les résultats suivants :
JO
Si q
estimpair,
parl’origine
passe un arc de courbe tangent à la droitequi
a pouréquation
y = cet arc de courbe est concave ou con..vexe vers les ordonnées
positives
selon que‘~~+’
estnégatif
oupositif.
~"
Si q
estpair,
on a un arc de courbetangent
àl’origine,
à la droitey = t, x et
qui présente,
en cepoint,
une inflexion.Considérons maintenant unc courbe
algébrique,
admettantl’origine
comme
point double,
c’est-à-dire supposons que, dansl’équation
de la courbeil
n’y
ait pas de termes depremier degré;
il y a deux cas àdistinguer
sui-vant que les
tangentes
àl’origine
sont distinctes ou sont confondues.Envisageons
d’abord lepremier
cas et,plus généralement,
le cas où l’ori-gine
est unpoint multiple d’ordre p
àtangentes distinctes ;
supposons que les axes coordonnés soient différentsdes p
tangentes àl’origine. Inéquation
de la
courbe,
en groupant ensemble les termes de mêmedegré,
sera de laforme
et
l’équation 1)
== oadmettra p
racines distinctes , t.,, ... ~ ,~~,.
Pour x = o,
l’équation
en y a p racinesnulles;
pour x infinimentpetit,
elle a p racines infiniment
petites, qui formen t p cycles
distincts dont les tangentes sontnous connaissons par
suite,
CL lesparties principales
t, x, ... , dcsracines infiniment
petites.
A
chaque
racine réelle del’équation ~~
= ocorrespondra
donc unebranche de courbe
réelle ;
la construction d’une de ces branches se fait de la même manière que dans le cas d’unpoint simple;
considérons la branchequi correspond
à une racineréelle 1,
del’équation 0~(1
i, ~~
= o.t)
lapremière
desfonctions? (1 , 1), qui
ne s’annule pas pourt = 1, et posons
’
Soit ,
d’autrepart, bp
le coefficient de y, dans lepolynôme ~,,( ~ , t, -P ~ ),
coefficient
qui
n’est pasnul11uisque ti
est une racinesimple
det)
== o.On aura, pour définir la branche
considérée,
aux environs del’origine,
y 2 étant infiniment
petit
avec x.On voit que
chaque
branche se comporte comme la branche relative à unpoint simple.
’Considérons maintenant le cas d’un
point
double à tangentesconfondues ;
supposons que la
tangente
soit l’axe des x en sorte quel’équation
de lacourbe soit de la forme
en
groupant
ensemble les termes de mêmedegré.
Plaçons-nous
dans le casgénérale
en sorte que, si l’on posea ne sera pas nu].
Nous pouvons
toujours
supposeranégatif;
si a étaitpositif,
ou coinincn-cerait par
changer
le sens de l’axe des a et l’on retomberait sur le cas quenous allons traiter.
Prenons x pour variable
indépendante ;
pour x = o,l’équation
en y a deux racines nulles et pour ~~c infinimentpetit,
elle a deux racines infinimentpetites. Séparons
cesracines,
enappliquant
la marcheindiquée au §
II.Laligne polygonale
de Newton se réduit à la droitequi joint
lepoint
d ’ab-scisse
égale
à 2, situé surOX,
aupoint
d’ordonnéeégale
à3,
situé surOY;
les relations
(2)
se réduisent aet
l’équation (3)
àLes deux racines forment donc un
cycle
défini par leséquations
où y,
est unequantité
réelle pour les valeurs réellesde t,
suffisamment voi- sines de zéro.Dans le
voisinage
del’origine,
on a deux arcs de courbe tangents àOx, situés,
d.epart
et d’autre de cettedroite,
dans larégion
des abscissesposi- tives ;
les ordonnées de ces deux arcs de courbediffèrent,
aussi peu que l’onvoudra,
des ordonnées des arcs de courbe définis par leséquations
L’origine
est unpoint
de rebroussement depremière espèce.
Nous avons
supposé
que a n’était pasnul;
dans le cas où cettehy-
pothèse
n’est pasréalisée,
onopérera identiquement
de la même manière.Considérons,
parexemple,
le cas suivant : supposons que a soitnul, h
n’étant pas
nul ;
supposons, deplus,
que le coefficient a1 e x soitégal
àb2 4
.x infiniment
petit, l’équation
en y a encore deux racincs infinimentpetites qu’il s’agit
deséparer.
La
ligne polygonale
de Newton se réduit à la droitequi
passe par les troispoints (2, o), ( 1, ~ ), (o, !~ );
les relations(2)
deviennentet
l’équation (3)
L’équation en z
a ses deux racineségales à 2014 -
et les deux racines inii- nimentpetites
ont leurpartie principale égale
àLa
séparation
n’étant pas effectuée par lapremière approxirnation,
nousposons
et nous formons
l’équation
eny,; les termes dupremier degré
renfermenta en
facteur; plaçons-nous
dans le casgénéral
où le coefficient de r dansl’équation
en y, n’est pasnul;
soit alorscette
équation.
Pour x infiniment
petit,
elle a deux racines infinimentpetites; appliquant
la méthode du
§ II,
on trouve immédiatement pour leursparties principales
. En sorte que les deux racines y forment un
cycle
défini par leséquations
où y 2
est infinimentpetit;
nous pouvons supposer que 03B1 estpositif
sinon onchangerait
le sens de l’axe des x; y_, est alors unequantité
iniinimcntpetite
réelle,
pour les valeurs réellesde t,
suffisamment voisines de zéro. Dans levoisinage
del’origine,
les ordonnées des deux branches différeront aussi peuO.I6
que l’on voudra des ordonnées des arcs de courbe définis par les
équations
L’origine
est unpoint
de rebroussement de secondePour
terminer,
nous remarqueronsqu’on peut
se faire une idéegénérale
de la forme d’une courbe aux environs d’un de ses
points
enindiquant
lesdifférentes formes
possibles
d’uncycle
réel.Prenons pour
origine
des coordonnéesl’origine
ducycle
réel et pour axe des .r latangente
à cecycle;
on aalors,
pour cecycle,
unereprésentation
de la forme suivante
le nombre nr, est dit clu
cycle
et le nombre v la classe ducycle.
Halphen
aremarqué
que les deux nombres n et v donnent immédiatementl’aspect graphique
ducycle supposé
réel et il a énoncé les conclusions sui-vantes
(’ ), qui apparaîtront
immédiatement enrépétant
les mêmes raison-nements que
précédemment.
JO Si n et v sont
l’aspect
est celui d’unpoint
ordinaire. Une branche ordinairecorrespond
d’ailleurs au cas où n = v = i. .2° Si n est
impair et v pair, l’aspect
est celui d’une inflexion.L’inflexion
proprement
dite ou ordinairerépond
au cas où n =1, v = 2. .3° Si Il
est pair
et vimpair, l’aspect
est celui d’un rebroussement de pre- mièreespèce.
Le rebroussement ordinairecorrespond
à n = 2, v = Z . .3° Si n et v sont
pairs, l’aspect
est celui d’un rebroussernent de secondeespèce.
Nous ferons remarquer, à
l’égard
des résultats obtenus dansles §
IIet III que non seulement ils sont la base de l’étude d’une courbe
algébrique
dans le
voisinage
d’un de sespoints,
maisqu’ils
sesuffisent
à eux-mêmesdans cette
étude ; l’exposition
que nous avonsadoptée
dansle §
IV a été faiteafin de mettre en lumière la remarque que nous faisons en terminant.
(1) dans la traduction française des Com°bes planes de Salmon, l’Étude sur les