Correspondance de Dold ] Kan et formes differentielles
Max Karoubi*
Mathematiques, Uni
´
¨ersite Paris 7, UMR 9994 du CNRS, 2, Place Jussieu,´
75251, Paris, Cedex 05, FranceCommunicated by Wilberd¨an der Kallen
Received September 3, 1996
Ž w x
La correspondance de Dold ] Kan classique cf. 7, Sect. 8.4 par exem- ple est une equivalence entre la categorie des complexes de chaınes . ´ ´ ˆ Ž gradues positivement , notee ´ . ´ C C dans cet article, et celle des groupes abeliens simpliciaux, notee ´ ´ S S . Plus precisement, l’equivalence est definie ´ ´ ´ ´ par le foncteur
F : S S ª C C
qui associe a un groupe abelien simplicial S ` ´ # , le complexe de chaınes C ˆ # defini par ´
1C
ns F Ker Ž
i: S
nª S
ny1. .
i)0
Ici, les
i, i G 0, sont les operateurs face classiques et la differentielle ´ ´ C
nª C
ny1est induite par le premier operateur face ´
0. On trouvera dans w x 7 une demonstration de ce theoreme ainsi qu’une description combina- ´ ´ ` toire d’un foncteur E : C C ª S S en sens inverse.
Un exemple typique de cette correspondance est la construction d’un
Ž .
modele ‘‘minimal’’ d’espace d’Eilenberg ` ] Mac Lane K U, n , U etant un ´ groupe abelien quelconque. Celui-ci est associe au complexe qui est trivial ´ ´ en chaque degre, sauf en degre n, ou il est egal a U. ´ ´ ` ´ `
* E-mail address: [email protected].
1
Il revient au meme de considerer le quotient de S ˆ ´
#par la somme des images des operateurs de degenerescence, la differentielle etant alors egale a la somme alternee des ´ ´ ´ ´ ´ ´ ´ ` ´
Ž w x.
operateurs face cf. 7, p. 266 . ´
618 0021-8693
r97 $25.00
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Cependant, dans un article precedent qui utilise notamment la theorie ´ ´ ´ w x
des formes differentielles non commutatives 4 , nous avons montre que ce ´ ´ modele minimal etait insuffisant pour decrire la structure multiplicative de ` ´ ´ la cohomologie et les operations de Steenrod, definies a l’aide de modeles ´ ´ ` ` ou operent divers groupes symetriques. ` ´ ´
Le but de cet article est de construire, dans le cadre des formes differentielles, d’autres foncteurs entre les categories ´ ´ S S et C C qui ont le merite de decrire de maniere plus conceptuelle le foncteur E et des ´ ´ ` foncteurs analogues qui tiennent compte des structures supplementaires ´ definies par les operations cohomologiques. Il complete sur de nombreux ´ ´ `
w x
points les considerations de 2, 4 dont il s’inspire en partie. Enfin, les ´ resultats de cet article nous permettent de relier les classes caracteris- ´ ´
w x w x
tiques en K-theorie algebrique 3, 6 et le regulateur de Borel 1 , defini ´ ´ ´ ´ dans un contexte de geometrie differentielle. ´ ´ ´
1. MODELES SIMPLICIAUX DES ESPACES ` D’EILENBERG ] MAC LANE
w
1.1. Reprenons brievement les considerations developpees dans 4, Sects. ` ´ ´ ´ x
1 et 2 . Si R est un anneau commutatif quelconque et A une R-algebre ` Ž unitaire, mais non necessairement commutative , on peut definir l’algebre ´ . ´ `
Ž .
differentielle graduee ´ ´ V * A des formes differentielles non commutatives ´ Ž .
sur A, ainsi que le sous-complexe L * A des formes diffferentielles ´ antisymetriques. Si A est commutative, l’algebre des formes differentielles ´ ` ´
U
Ž . commutati ¨ es, analogues aux formes de de Rham, est notee ´ V
d RA et se
U
Ž .
nŽ .
definit de maniere parallele. En particulier, ´ ` ` V
d RA s A et V
d RA est la
1
Ž .
nieme puissance exterieure de ` ´ V
d RA en tant que A-module. Notons que
1
Ž .
V
d RA s’identifie au premier groupe d’homologie de Hochschild de A a ` coefficients dans A.
Dans cet article, nous nous interessons plus particulierement au cas ou ´ ` `
w x
A est l’algebre quotient R x , . . . , x `
0 rr I, I etant l’ideal principal engendre ´ ´ ´ par x
0q ??? q x
ry 1, algebre que nous noterons A , ainsi qu’a l’algebre `
r` `
rq1
Ž .
R fonctions definies sur le r-simplexe standard a valeurs dans R et ´ ` que nous noterons A . Cette derniere est isomorphe au quotient de A
r`
rŽ .
2par l’ideal engendre par les ´ ´ x
iy x et x x pour i
i i j/ j. L’algebre des ` formes differentielles non commutatives sur l’anneau A ´
rs R
rq1s’identi- fie donc a celle des cochaınes normalisees standard. ` ˆ ´
w x w x
En fait, les correspondances r ¬ A
ret r ¬ A
rdefinissent des ´ algebres simpliciales auxquelles nous pouvons appliquer les foncteurs ` V *, L * ou V
Ud Rpour obtenir des complexes simpliciaux. En particulier, les
Ž . Ž . Ž . Ž
cocycles de degre n des complexes ´ V * A ,
rV * A
ret L * A
rque nous
Ž . Ž . Ž . .
noterons aussi V * D
r, C* D
ret L * D
rrespectivement definissent trois ´
Ž .
modeles de l’espace d’Eilenberg ` ] Mac Lane K R, n , comme cela est
w x
2Ž . Ž
montre dans 4 . Le modele minimal de K R, n de l’introduction pour ´ `
. w x Ž .
U s R est associe au troisieme modele r ´ ` ` ¬ L * D
r. Plus precisement, ´ ´
Ž . Ž .
K R, n s’identifie au groupe des cocycles de degre n du complexe ´ L * A
rŽ .
s L * D
r, r etant la dimension simpliciale: cf. le paragraphe 1.3 pour plus ´ de precisions. ´
U
Ž .
Si Q ; R, les cocycles de degre n du complexe ´ V
d RA
rdefinissent de ´
Ž . w x
meme un quatrieme modele de K R, n a la de Rham ˆ ` ` ` ] Sullivan; cf. 2 par
U
Ž .
UŽ .
exemple. Si C ; R, on peut remplacer V
d RA
rs V
d RD
rpar l’algebre ` des formes differentielles C ´
`usuelles a valeurs complexes sur le simplexe ` geometrique ´ ´ D
r. S’il n’y a pas de risque de confusion, on la notera aussi
U
Ž . V
d RD
r.
1.2 Les modules differentiels gradues simpliciaux ainsi definis sont ´ ´ ´ w x
relies entre eux par des morphismes explicites dans 4 : ´ ´ L * Ž D
r. ª C* Ž D
r. ¤ V * Ž D
r. ª V
Ud RŽ D
r. . w x
Le foncteur X, ? , ou X est un ensemble simplicial et ou le point ` ` d’interrogation ? est un des trois premiers modules differentiels gradues ´ ´
Ž . Ž . Ž .
simpliciaux L * D# , C* D# ou V * D# , definit un complexe dont la ´ cohomologie est canoniquement isomorphe a la cohomologie usuelle `
Ž .
H * X; R . Si Q ; R, la meme assertion est vraie pour le quatrieme ˆ `
U
Ž . module V
d RD# .
1.3 Pour fixer les idees, supposons que R ´ s Z. D’apres ce qui precede, ` ´ `
n
Ž .
L D
rest le Z-module libre forme des cochaınes normalisees antisymetri- ´ ˆ ´ ´ ques de degre n sur le simplexe standard ´ D
r. Une telle cochaıne est une ˆ
Ž . 4
fonction f i , . . . , i
0 ng Z, avec i
ag 0, 1, . . . , r s D
r, telle que
Ž . 1 f s 0 si deux indices consecutifs i et i ´
a aq1sont egaux condition ´ Ž de normalisation .
Ž . 2 f i Ž
sŽ0., . . . , i
sŽn.. s «
sf i , . . . , i Ž
0 n. si s est une permutation de
Ž .
signature «
scondition d’antisymetrie . ´
Ž Noter que L D
nŽ
r. est nul pour n ) r . En particulier, le ‘‘cocycle volume’’ .
r
Ž . Ž .
est l’element ´ ´ v
rde L D
rcaracterise par l’identite ´ ´ ´ v
r0, 1, . . . , r s 1. Ce
ry1
Ž .
cocycle est le cobord de x
rg L D
r, defini ainsi: ´ Ž . 1 x
rŽ i , . . . , i
1 r. s 0 si i , . . . , i
1 r4 / 1, . . . , r 4 Ž . 2 x
rŽ 1, 2, . . . , r . s 1.
2
En fait, un examen attentif des considerations de 4 montre plus generalement que la ´
w x´ ´
structure d’anneau de R n’est pas indispensable pour ces definitions. Ainsi, R peut etre un ´ ˆ
groupe abelien quelconque. ´
1.4 Apres ces rappels relativement classiques, considerons un complexe ` ´ de chaınes C ˆ # , objet de la categorie ´ C C. On peut lui associer un double complexe simplicial du deuxieme quadrant defini par ` ´
D
p , qŽ D
r. s L
ypŽ D
r. m
ZC .
qŽ .
Les deux differentielles diminuant p ou q d’une unite sont induites par ´ ´ les differentielles sur ´ L
y* et sur C # . A ce double complexe est associe le ´ complexe simplicial simple defini par ´
C
nŽ D
r. s [ D
p , qŽ D
r. s [ L
qynŽ D
r. m
ZC
qpqqsn qGn
ou n ` g Z. On s’interesse plus particulierement au sous-groupe, note ´ ` ´
Ž .
E C # , forme des chaınes fermees de degre n ´ ˆ ´ ´ s 0 de ce complexe: il est
q
Ž .
inclus dans la somme directe des L D
rm
ZC . Sa structure de groupe
qabelien simplicial est induite par les operateurs face et degenerescence sur ´ ´ ´ ´ ´ les D
r.
1.5. T
HEOREME. Le foncteur E : C C ª S S est in ¨ erse a isomorphisme ` canonique pres de l’equi ` ´ ¨ alence de categories F : ´ S S ª C C definie dans l’intro- ´ duction.
Demonstration. ´ Un morphisme naturel w : C
rª C
0Ž D
r. est defini par la formule ´
r ry1
w Ž . c s y Ž 1 . v
rm c q y Ž 1 . x
rm dc
ou ` v
ret x
rsont detailles en 1.3. Il est clair que ´ ´ w Ž . c est un cycle et
Ž .
appartient donc a E C ` # . En outre, grace au choix des cochaınes ˆ ˆ v
ret x
r, l’image de w appartient a l’intersection des noyaux des operateurs face ` ´
i, i s 1, . . . , r. Pour verifier que ´ w induit bien un isomorphisme entre C # et
Ž Ž ..
F E C # , il suffit de se restreindre au cas ou C ` # est concentre en un seul ´ degre, car les foncteurs F et E sont exacts et commutent aux limites ´
r
Ž .
inductives. Le resultat decoule alors immediatement du fait que ´ ´ ´ L D
rest un Z-module libre de rang 1.
2. LES AUTRES CORRESPONDANCES
2.1. Remarquons d’abord qu’il existe un autre foncteur naturel F 9 : S
S ª C C. Il associe au groupe abelien simplicial S ´ # le complexe definis- ´
Ž .
sant l’homologie de S # somme alternee des operateurs face . On a des ´ ´
Ž . Ž . Ž . Ž .
morphismes evidents F S ´ # ª F 9 S # et F 9 S # ª F S # qui induisent
Ž .
des isomorphismes en homologie; en fait F S # est facteur direct naturel
Ž . Ž w x .
de F 9 S # cf. 7, p. 266 , par exemple .
D’autre part, la description du foncteur E en 1.4 a utilise les cochaınes ´ ˆ normalisees antisymetriques. L’inconvenient de ces cochaınes est leur non ´ ´ ´ ˆ stabilite vis-a-vis du cup-produit. Il est donc naturel de remplacer dans la ´ `
Ž . Ž . Ž . Ž
definition du foncteur E le complexe ´ L * D
rpar C* D
rou V * D
ret
U
Ž . .
meme ˆ V
d RD
rsi Q ; R , dont la structure est plus riche. Ainsi, a partir ` d’un complexe de chaınes C , nous pouvons definir parallelement des ˆ
r´ `
V
Ž . Ž
eŽ .
d RŽ ..
groupes abeliens simpliciaux analogues C ´
0D
rresp. C
0D
r, C
0D
r. Les morphismes
L * Ž D
r. ª C* Ž D
r. ¤ V * Ž D
r. ª V
Ud RŽ D
r. w x
explicites en 4 induisent des morphismes de groupes abeliens simpliciaux: ´ ´ C
0Ž D
r. ª C
0eŽ D
r. ¤ C
0VŽ D
r. ª C
0d RŽ D
r. .
2.2. T
HEOREME. Les fleches precedentes sont des equi ` ´ ´ ´ ¨ alences d’homo- topie entre groupes abeliens simpliciaux a condition de supposer que Q ´ Ž ` ; R pour le dernier morphisme . .
Demonstration. ´ Puisque les morphismes commutent aux limites induc- tives et que l’homotopie des objets est l’homologie des complexes corre- spondants, il suffit de verifier le theoreme pour des complexes concentres ´ ´ ` ´ en un seul degre, par application repetee du lemme des 5. Nous nous ´ ´ ´ ´
w x
retrouvons ainsi dans la situation detaillee dans 4 , ou le theoreme est ´ ´ ` ´ `
Ž .
demontre modeles simpliciaux d’espaces d’Eilenberg ´ ´ ` ] Mac Lane .
2.3. Il peut etre interessant de construire l’analogue des cochaınes ˆ ´ ˆ v
ret
Ž . w x
x
rdans le complexe V * D
r. Ces formes sont explicitees dans 5 : elles ´ sont definies sur le simplexe type ´ D
ret verifient les proprietes suivants ´ ´ ´ Ž D
ry1etant consideree comme la 0-face de ´ ´ ´ D
r. :
v
rN
Ds 0; v
rs d x
r; x
rN
Ds v
ry1,
r ry1
la restriction de x
raux autres faces de D
r´ etant egale a 0. La forme ´ ` v
rŽ
r. est choisie en sorte qu’elle engendre le groupe d’homotopie p
rZ f
r
Ž .
H D
r, D
rf Z.
De maniere plus precise, si r ` ´ s 1, nous pouvons poser x
1s x ,
1v
1s dx ,
14
x etant la coordonnee locale de
1´ ´ D
1s 0, 1 . Si v
ret x
rsont donnes, ´ definissons ´ v ˜
rq1de degre r sur ´ D
rq1en sorte que ses restrictions a toutes ` les faces soient egales a 0, sauf celle a la 0-face qui est egale a ´ ` ` ´ ` v
rŽ cf.
w 5, Sect. 2.3 . On pose alors x . x
rq1s v ˜
rq1et v
rq1s d x
rq1. Il est clair que
Ž .
le couple x
rq1, v
rq1satisfait aux conditions requises au niveau r q 1.
Avec les notations standard, nous avons par exemple
4
x
1s x ,
1v
1s dx sur
1D
1s 0, 1
4
x
2s y x dx
1 2q x dx ,
2 1v
2s y dx dx
1 2q dx dx sur
2 1D
2s 0, 1, 2
4
D s’identifiant a la 0-face 1, 2
Ž
1` .
etc.
Remarquons que l’integrale de ´ v
rsur le simplexe standard D
rest egale ´ a 1 en raison de la formule de Stokes. Dans le contexte du complexe de
`
de Rham classique et avec les notations de l’algebre exterieure, un autre ` ´ choix des formes differentielles ´ v
ret x
rest le suivant.
3v
rs r ! dx
1n dx
2n ??? n dx ,
rn iy1
x
rs Ž r y 1 ! . Ý Ž y 1 . x dx
i 1n dx
2n ??? n dx ˆ
in ??? n dx .
r is1Comme dans le Theoreme 1.5, les formes ´ ` v
ret x
r, dans un contexte commutatif aussi bien que non commutatif, permettent d’expliciter un quasi-isomorphisme entre le foncteur identique et le foncteur compose ´
Ž .
VŽ .
eŽ .
d rŽ .
E.F ou E C ` # est un des trois modeles C `
0D
r, C
0D
rou C
0D
r.
c
Ž .
VŽ .
2.4. Revenons a la definition des complexes C ` ´
nD
ret C
nD
rdefinis ´
Ž . Ž .
en 2.1 et associes aux modeles C* ´ ` D
ret V * D
r. Dans ces deux cas, nous pouvons definir des variantes en remplac ´ ¸ ant la somme directe des D
p, qpar leur produit direct, soit
D Ž D . .
Ł
p , q rpqqsn
c
Ž .
VŽ .
Notons C
nD
ret C
nD
rrespectivement les nouveaux groupes abeliens ´ simpliciaux obtenus par cette substitution.
e
Ž .
cŽ .
2.5. T
HEOREME. Les morphismes d’inclusion C
0D
rª C
0D
ret
V
Ž .
VŽ .
C
0D
rª C
0D
rinduisent des equi ´ ¨ alences d’homotopie entre les groupes abeliens simpliciaux correspondants. ´
Demonstration. ´ Le complexe de chaınes C ˆ # peut s’ecrire comme la ´ w x
limite projecti ¨ e des complexes ‘‘tronques’’ C ´ # s definis par ´
ds
0 ª Im d
sq1ª C
sª C
sy1ª ??? ª C
0ª 0
dont l’homologie en chaque degre satisfait a la condition de Mittag ´ ` ] Lef-
c
Ž . w x
cŽ . w x
fler. Il en resulte que les complexes correspondants C ´
0D
rs s C
0D
rs
3
Sur le simplexe geometrique defini par l’equation x ´ ´ ´ ´
0qx1q???qxrs1.
V
Ž . w x
VŽ . w x
et C
0D
rs s C
0D
rs ont des homologies qui satisfont aussi a la ` w x
condition de Mittag ] Leffler puisque c’est celle de C # s . L’homologie de
s
Ž . Ž
VŽ ..
C
0D# resp. C
0D# est ainsi la limite projective des homologies des complexes precedents, d’ou le theoreme. ´ ´ ` ´ `
w x < <
2.6. Notation. En suivant C. Weibel 3 , nous noterons C # le groupe
Ž .
abelien simplicial E C ´ # associe au complexe de chaınes C ´ ˆ # . Il convient de noter que cette notation est ambigue si nous choisissons un foncteur E different de celui de Dold ´ ] Kan. Dans le paragraphe suivant, nous
Ž .
VŽ .
choisirons le modele E C ` # s C
0D# explicite en 2.4; il sera le plus ´ commode pour notre propos.
3. CORRESPONDANCE DE DOLD ] KAN ET HOMOLOGIE DES GROUPES
Ž .
3.1. Soit G un groupe discret et soit C # s C # EG le complexe d’Eilenberg ] Mac Lane ‘‘homogene’’ definissant l’homologie ` ´
4de BG s EG r G lorsqu’on quotiente par l’action de G. Nous allons definir une ´ application simpliciale equi ´ ¨ ariante remarquable
< <
F : EG ª C #
< <
la construction C # etant celle explicitee en 2.4 ´ ´ ] 2.6 a l’aide du complexe ` de de Rham non-commutatif et en considerant le produit des D ´
p, qpour p q q s 0. De maniere precise, a un element ‘‘homogene’’ g ` ´ ` ´ ´ ` s Ž g , g , . . . , g
0 1 r. de degre r de EG est associee la serie formelle suivante: ´ ´ ´
F Ž g . s Ý x
im g
iq Ý x dx
i jm Ž g , g
i j.
i Ži , j.
q Ý x dx dx
i j km Ž g , g , g
i j k. q ???
Ži , j, k. V
Ž .
qui est definie dans C ´
0D
r. Ici, les x dx , x dx dx , etc., sont les formes
i j i j kdifferentielles non commutatives standard sur ´ D
rassociees aux coor- ´ donnees barycentriques x . ´
iŽ .
Un calcul immediat montre que ´ F g est bien un cycle de degre 0 dans ´
Ž .
qynŽ .
le complexe defini au cran n par ´ Ł
pqqsnD
p, qD
rs Ł
pqqsnV D
rm
ZC . Examinons maintenant la compatibilite vis-a-vis des structures
q´ ` simpliciales. Effectuer l’operation face ´
isur EG revient a omettre ` l’element g , ce qui se traduit par l’equation x ´ ´
i´
is 0 dans le membre de droite de la formule precedente. De meme, l’operation de degenerescence ´ ´ ˆ ´ ´ ´ ´
4
A coefficients dans un groupe abelien quelconque R. ` ´
s revient a dupliquer l’element g , ce qui se traduit par la substitution de
i` ´ ´
ix en x
i iq x
iq1et le decalage des coordonnees x suivantes. ´ ´
j3.2. T
HEOREME. L’application simpliciale precedente ´ ´ F , quotientee par ´ l’action de G, est homotope a l’inclusion de BG dans le groupe abelien ` ´ simplicial engendre par BG. ´
Ž .
Demonstration. ´ Le complexe C # EG definit une resolution libre de Z ´ ´
w x Ž .
en tant que Z G -module grace a l’augmentation evidente C EG ˆ ` ´
0ª Z.
V
Ž .
Par ailleurs, les C
0D
r, r s 0, 1, . . . constituent une resolution acyclique ´
w x
VŽ .
de Z en tant que Z G -module, l’augmentation C
0D
0ª Z associant a `
V
Ž . 1 m g le nombre 1. En effet, chaque element du complexe C ´ ´
0D# est une
w x
limite projective de Z G -modules libres; l’acyclicite resulte donc de l’argu- ´ ´ ment de Mittag ] Leffler utilise en 2.5. Puisque ´ F est un morphisme de resolutions compatible avec l’augmentation, il induit ainsi un isomor- ´ phisme
( V
H BG
rŽ . ª H C
rŽ
0Ž D# . r G . .
Par ailleurs, les differents isomorphismes etablis au §2 montrent que ´ ´
Ž
VŽ . . Ž .
H C
r 0D# r G est canoniquement isomorphe a H BG . Le resultat final `
r´
Ž .
est ainsi un automorphisme naturel de H BG . D’apres un argument deja
r` ´ ` w x
utilise en 3 grace au theoreme de Kan ´ ˆ ´ ` ] Thurston, un tel automorphisme est necessairement de la forme u ´ ¬ l
ru, ou ` l
rest un scalaire indepen- ´ dant de G. Pour montrer que l
rs 1, il suffit d’examiner le cas particulier
r
Ž .
du groupe G s Z . Soit en effet t le caractere sur H G defini par `
r´
Ž . Ž .
le cocyle normalise antisymetrique ´ ´ x , . . . , x
1 r¬ t x , . . . , x , egal a 1
1 r´ `
Ž .
sur une suite ordonnee ´ g , . . . , g
1 rde generateurs du groupe. Soit I : ´ ´
r
Ž .
V D
rª Q l’integrale usuelle sur le simplexe ´ D
r. En appliquant I m t Ž .
a l’expression de F g , on trouve precisement
` ´ ´
r ! H t Ž g , . . . , g
1 r. s 1.
Dr
Ce calcul acheve la demonstration du theoreme. ` ´ ´ `
3.3. Remarque. En cohomologie rationnelle ou complexe, nous pou- vons remplacer le complexe de de Rham non commutatif par le complexe
Ž .
de de Rham ] Sullivan V * D
rconstruit a l’aide des formes differentielles ` ´
i
Ž .
exterieures. La serie definissant ´ ´ ´ F en 3.1 devient alors finie car V
d RD
rs 0 pour i ) r.
REFERENCES
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