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programme feder

Compétitivité Régionale & Emploi

2007 2013

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programme feder

Compétitivité Régionale & Emploi

2007 2013

Ce document constitue le Programme opérationnel (PO) de la région Champagne-Ardenne pour la période 2007-2013 relevant de l’Objectif 2

« Compétitivité Régionale et Emploi » volet FEDER.

La rédaction de ce document a été encadrée par les Orientations Stra- tégiques Communautaires (OSC) de la politique de cohésion adoptées par le Conseil le 13 juillet 2006, par le Cadre de Référence Stratégique National (CRSN) négocié avec la Commission européenne ainsi que par les règlements (CE) 1083/2006 du conseil du 11 juillet 2006 portant dispositions générales sur le Fonds européen de développement régional, le Fonds social européen et le Fonds de cohésion, et du règlement (CE) 1080/2006 du parlement européen et du conseil du 5 juillet 2006 relatif au Fonds européen de développement régional. Il fait également suite aux décisions prises lors du Comité interministériel à l’aménagement et à la compétitivité des territoires (CIACT) du 6 mars 2006 précisant que les PO seront mis en oeuvre sous la responsabilité du préfet de région, en tant qu’autorité de gestion désignée par le Gouvernement, au sens des articles 14 et 15 du règlement (CE) 1080/2006 du parlement européen et du conseil du 5 juillet 2006 relatif au Fonds européen de développement régional.

En application de l’article 37 du règlement 1083/2006 du conseil du 11 juillet 2006, le programme opérationnel compétitivité 2007-2013 de la région Champagne-Ardenne contient un diagnostic régional en termes de forces et faiblesses du territoire qui a permis de définir une stratégie d’intervention, prenant à la fois en compte les priorités européennes énoncées aux sommets de Lisbonne et Göteborg et formalisées dans les Orientations Stratégiques Communautaires (OSC), ainsi que les priorités nationales traduites par le Cadre de Référence Stratégique National (CRSN).

Le document ici présenté contient quatre axes d’intervention stratégiques : 1/ Consolider et développer les liens entre recherche, innovation et en- treprises

2/ Améliorer la performance des entreprises et soutenir l’entrepreneuriat 3/ Valoriser l’environnement et maîtriser les risques naturels

4/Renforcer la cohésion territoriale et l’accessibilité

Un axe supplémentaire, prévu par l’article 44 du règlement général, est dédié à l’assistance technique afin de financer les actions relatives à la préparation, à la gestion, au suivi, à l’évaluation, à l’information et au contrôle des programmes opérationnels ainsi que les activités visant à renforcer les moyens administratifs nécessaires à la mise en oeuvre des fonds.

Les objectifs de cette stratégie régionale seront mesurés à l’aide d’un nombre limité mais pertinent d’indicateurs quantifiés.

aVaNT-propoS

(4)

Diagnostic régional 6

chapitre1

Une sitUation

socio-démographiqUe préoccUpante 8

chapitre2

Une région encore fragile

économiqUement 15

chapitre3

recherche et innovation :

des potentiels à développer 21

chapitre4

Un cadre de vie de qUalité

dans Un environnement préservé 27

aFoMafom innovation 30

afom economie 31

afom environnement 32

afom cohésion territoriale 33

02 STraTÉgIe eT

aXeS prIorITaIreS 34 dIagNoSTIC 01

eT afom 6

la stratégie régionale 34

chapitre1

présentation générale de la stratégie 35

chapitre2

synthèse des évalUations ex ante 46

chapitre3

synthèse de l’évalUation

stratégiqUe environnementale 50

chapitre4

prise en compte

dU développement dUrable 55

chapitre5

modalités et sUivi de la prise en compte de l’égalité des chances entre

les hommes et les femmes 55

chapitre6

prise en compte des technologies de l’information et de

la commUnication (tic) 56

axes prioritaires 58

chapitre1

consolider et développer les liens entre recherche, innovation et entreprises 58

chapitre2

améliorer la performance des entreprises et

soUtenir l’entrepreUnariat 71

chapitre3

valoriser l’environnement et promoUvoir le développement dUrable 81

chapitre4

renforcer la cohésion

territoriale et l’accessibilité 93

chapitre5

mettre en œUvre

Une assistance techniqUe

adaptée aUx besoins dU programme 107

(5)

le prograMMe opérationnel coMpétitivité régionale

03 mISe eN ŒUVre

dU programme 110

soMMaire

LISTe deS 04

aNNeXeS 128

chapitre1

identification et rôle des aUtorités de gestion, de certification, d’aUdit et des organismes intermédiaires mettant en œUvre Une sUbvention

globale 111

chapitre2

circUits financiers emprUntés par les fonds strUctUrels eUropéens 116

chapitre3

conditions de mise en œUvre dU partenariat

(aU comité de sUivi et dans la mise en œUvre) 118

chapitre4

description des systèmes d’évalUation et de sUivi

(indicateUrs, responsabilités dans la collecte des données, Utilisation/présentation des données) 120

chapitre5

modalités d’échange de données informatisées (logiciel présage)

avec la commission eUropéenne 123

chapitre6

modalités de pUblicité

et d’information dU programme 124

chapitre7

cohérence et ligne de partage avec les aUtres fonds eUropéens

(fse, feader) 127

chapitre8

liste indicative

des grands projets 127

annexe1

schéma d’organisation

d’élaboration dU programme 128/129

annexe2

indicateUrs de contexte 130 à 133

annexe3

articUlation et ligne

de partage entre les fonds 134 à 137

annexe4

concentration financière

(maqUettes) 138 à 146

annexe5

concentration thématiqUe

(aU regard dU principe de earmarking) 147 à 149

annexe6

concentration thématiqUe

(des actions non earmarkées) 150

annexe7

concentration géographiqUe 151

annexe8

principales zones

et infrastrUctUres toUristiqUes 152

annexe9

mesUres et actions relevant

a priori de sUbventions globales 154 à 155

annexe10

codification de la dimension

relative aUx formes de financement 154

(6)

dIagNoSTIC eT afom 01

(7)

006/007

la région champagne-ardenne dispose de qUelqUes bons indicateUrs économiqUes :

· 1

ère

région française pour la production de fonte,

· 2

ème

région agroalimentaire de France et renommée pour son vin de Champagne,

· 3

ème

région pour la métallurgie,

· 7

ème

région pour le PIB par habitant

Il convient néanmoins de préciser que la région ne doit ses bons résultats qu’à la faiblesse de sa population et à la richesse de son agriculture et plus particulièrement du Champagne.

au 12ème rang des régions françaises par sa superficie, (4,7% de l’espace national métropolitain) la Champagne-Ardenne est, par sa position géographique et les activités de ses habitants, tournée à la fois vers le Bassin parisien et le Grand-Est de la France. Quatre départements, les Ardennes, l’Aube, la Marne et la Haute-Marne, et 1945 communes structurent de façon administrative ce territoire qui s’étire sur 350 km du Nord au Sud.

Située au cœur des grands courants d’échanges entre la mer du Nord, les Flandres et l’Italie, la Champagne-Ardenne est depuis toujours une région de transit. Elle est bien dotée en infras- tructures de transports, surtout sur l’axe est-ouest qui sera encore renforcé par l’arrivée du TGV Est en 2007. L’ouverture de l’A34 Charleville-Reims améliore quant à elle les flux nord-sud. Par ailleurs, l’aéroport international de Vatry offre aux entreprises, depuis 2000, un service direct qui relie les trois modes de transport : rail, air et route.

La Champagne-Ardenne voit se renforcer ses disparités internes entre l’ouest, espace de dyna- mique forte à la fois endogène (concentration des agglomérations régionales, zone viticole et de grandes cultures) et exogène (influence de l’Ile-de-France), et l’est, faiblement peuplé et situé dans la «diagonale du vide».

La situation environnementale champardennaise est relativement bonne sauf en matière de qualité de l’eau (du fait notamment de l’utilisation intensive des sols à des fins agricoles).

En outre, la situation régionale en matière d’environnement industriel est loin d’être pleinement satisfaisante.

ainsi, quelques classements avantageux masquent des indicateurs alarmants. La région est également marquée par de grandes disparités selon les territoires. Elle présente en matière de cohésion sociale, un profil très particulier lié d’une part, aux conséquences des graves mutations industrielles en cours et d’autre part, à son armature urbaine faible. En effet, la fragilisation des bassins d’activité se traduit par l’accroissement du nombre de demandeurs d’emploi et de bénéficiaires des minima sociaux, créant de nombreux cas de situations de personnes échappant totalement aux « filets » sociaux en place •••

dIagNoSTIC rÉgIoNaL CoNTeXTe gÉNÉraL 01.01

dIagNoSTIC eT afom

(8)

la champagne-ardenne se caractérise par un déclin démographique et une population vieillissante qui ne sera pas sans conséquence à l’avenir sur l’économie et l’attractivité de la région.

Comparée à son étendue géographique (25 605 km2), la région apparaît faiblement peuplée. Sa densité de population (52 ha- bitants/km2) la place au 18ème rang national et à la 225ème place au niveau européen sur les 254 régions de l’Union. La Marne concentre à elle seule plus de 40% de la population alors que la Haute-Marne est le département le moins peuplé.

Par ailleurs, la Champagne-Ardenne se caractérise par une population légèrement plus féminine et par une pyramide des âges vieillissante.

Selon les estimations du bilan démographique 2005 de l’Insee, entre 1999-2005 la Champagne-Ardenne est la seule région française à avoir perdu des habitants, (1 342 263 à 1 336 741 habitants) soit une baisse de 0,11%. Par rapport à l’échelle européenne, elle se place ainsi au 208ème rang de l’Union pour sa dynamique démographique. Même si le solde naturel est particulièrement remarquable (+ 0,29%), il ne compense plus le déficit migratoire (– 0,4%) expliquant le repli démographique de la région.

Ainsi, malgré son taux de fécondité assez élevé, la région perd des habitants, la plaçant au 21ème rang national et dans les 10

dernières régions européennes pour son taux d’accroissement dû au solde migratoire. Il convient également de préciser que toute la région perd de la population excepté les territoires périurbains (+ 0, 16%). Si la tendance démographique observée entre 1982-1999 se poursuivait, la région perdrait 8% de sa population à l’horizon 2030 pour atteindre 1 237 000 habitants, alors que la métropole verrait sa population augmenter de 9%. Notons que le repli démographique serait plus rapide pour les départements de la Haute-Marne et des Ardennes.

La ChampagNe-ardeNNe parmI LeS rÉgIoNS eUropÉeNNeS

D ans l’espace européen, la Champagne-Ardenne et ses quatre régions voisines, la Lorraine, la Picardie, la Bourgogne et la Franche-Comté, forment un territoire homogène avec de nombreuses caractéristiques communes. Dans cet ensemble de régions comparables, la Champagne-Ardenne se singularise sur plusieurs points : un taux d’activité supérieur, un produit intérieur brut par emploi plus élevé et un secteur agricole plus présent.

À l’instar de l’ensemble de toutes les régions appartenant au pays de l’Union Européenne à 15, les régions de l’arc cumulent de bons indicateurs socio-économiques. Par contre, à l’échelle nationale, ces cinq régions connaissent un rythme de croissance de leur économie beaucoup moins soutenu que les autres régions françaises, en raison de difficultés structurelles. En conséquence, leurs marchés du travail ont davantage souffert de déséquilibres entre offre et demande, alimentant la population des demandeurs d’emploi ou favorisant le départ des résidents vers d’autres territoires pour trouver un emploi. À l’échelle de la métropole, les régions de l’arc font partie des régions les plus affectées par le chômage, au même titre que les régions méridionales.

ChapITre 1

Une sitUation socio-démographiqUe préoccUpante

1.1. Une perte démographique unique en france

01

Hommes Femmes Ensemble

0-19 ans 174 938 166 327 341 265

20-39 ans 185 160 178 429 363 589

40-59 ans 179 590 180 501 360 091

60-74 ans 78 680 91 684 170 364

75 ans et + 36 080 65 352 101 432

Tous âges 654 448 682 293 1 336 741 Source :

Insee, estimation de population 2004.

Picardie Haute Normandie Basse Normandie

Franche Comt⁄

Lorraine

0,20

Centre

Bourgogne

Auvergne

0,15aine 0,68

0,28C

0,07

gogn

0,18

die

0,14 0,27 0,30orman

0,58 0,32

ntre

0,73 0,76

0,57

0,03 0,20 0,88

0,72

0,88 1,05

0,96

1,40

de la population entre 1999 et 2004

eNjeU

maîtriser le déclin démographique en améliorant l’image et l’attractivité

de la région

eSTImaTIoN

Source : INSEE

(9)

008/009

a) Une région à visage rUral organisée par des territoires de projets

42 bassins de vie1 structurent l’espace rural champardennais.

Ils couvrent 3⁄4 du territoire régional et sont centrés sur des bourgs-centres secondaires ou des petites villes. 51,4% de la population champenoise vit dans l’espace rural2. Parmi cette population, 43% se situe en zone périurbaine, et cette proportion est en augmentation. Les Ardennes et la Haute-Marne sont clairement les deux départements à visage rural alors que le département de la Marne est celui le plus urbanisé de la région.

La Champagne-Ardenne se caractérise par la coexistence de trois types d’espaces ruraux aux spécificités relativement distinctes : des campagnes périurbaines, des campagnes fragiles et des campagnes en transition.

les campagnes périurbaines sont limitées pour l’essentiel au triangle Reims, Châlons-en-Champagne et Epernay.

Ces territoires se caractérisent par un faible dynamisme, l’agriculture y pèse encore fortement même si l’essentiel du développement se fait sur les activités tertiaires.

les campagnes les plus fragiles, quant à elles, regroupent à la fois les territoires vieillis peu denses à dominante agricole et les territoires ouvriers, traditionnels. Ces zones sont celles qui rencontrent les plus grandes difficultés et se situent prin- cipalement dans l’Est des Ardennes et dans la Haute-Marne.

enfin, les campagnes en transition se singularisent par une faible densité de population ainsi que par une tertiarisation de l’économie, mais qui reste peu tournée, vers le tourisme.

L’organisation en territoire de projets est relativement jeune en Champagne-Ardenne. C’est véritablement à partir de 2001, que cette dynamique s’est imposée, avec la mise en place des pays.

1.2. des territoires champardennais contrastés

1 Sont exclus les bassins de vie s’organisant autour des unités urbaines de plus de 30 000 habitants. 2 On comprendra par espace rural, les espaces à dominante rurale ainsi que les commune périurbaines selon le zonage ZAUER de l’INSEE. (Zonage en aires urbaines et en aires d’emploi rural).

Par ailleurs, la Champagne-Ardenne a connu le plus fort vieillissement des régions françaises, notamment avec une part des plus de 75 ans en augmentation (7,6% de la popu- lation champardennaise en 2004) et celle des moins de 20 ans en nette régression (25,5%). Les jeunes adultes sont plus nombreux à partir de la région qu’à s’y installer.

Le phénomène naturel de vieillissement de la population conjugué aux nombreux départs de jeunes adultes conduit à une augmentation de l’âge moyen des champardennais. En 2030, il serait supérieur à 45 ans. À cette date, le nombre de

personnes âgées de plus de 75 ans doublerait, les 60-75 ans augmenteraient de 30% alors que les moins de 40 ans dimi- nueraient de la même proportion.

Si les tendances se poursuivaient, en 2011, les personnes âgées de 60 ans et plus seront aussi nombreuses que les jeunes âgés de moins de 20 ans. Ainsi l’évolution très préoccupante de la démographie apparaît comme le défi capital que doit relever la région puisqu’elle aura des répercussions sur les besoins en main d’œuvre, sur les établissements d’enseignement et de santé, les transports et sur les services aux particuliers.

Evolution de la population horizon 2030 2000 2015 2030 Taux d’évolution 2000-2030

Ardennes 289 929 272 464 248 533 -14%

Aube 292 317 291 085 282 617 -3%

Haute-Marne 195 131 175 310 153 454 -21%

Marne 565 366 570 160 552 343 -2%

Champagne-Ardenne 1 343 266 1 309 019 1 236 947 -8%

ZoNage

pôles urbains péri-urbains

Limites départementales délimitation des bassins de vie pôles urbains ou ruraux autres communes rurales rural sous influence urbaine pôles d’emploi ruraux et couronnes

en aires urbaines et aires d’emploi rural

Givet FumayRevin

Rethel Vouziers Reims

Fismes

Sainte-Menehould Châlons-en-Champagne

Troyes

Bar-sur-Seine Chaumont

Langres Chalindrey

Nogent Arcis-sur-Aube

Montmirail

Dormans Mourmelon-le-Grand Suippes Epernay

Sedan Charleville-Mézières

Montigny-en-Der

Bar-sur-Aube Nogent-sur-Seine

Bourbonne-les-Bains Val-de-Meuse Vitry-le-François

Source : IGN 99, INSEE

ÉTaT deS dÉmarCheS

en Champagne-ardenne - octobre 2006

(agglomérations, pays et parcs naturels)

territoriales

Rethel

Reims

Sainte-Menehould Châlons-en-Champagne

Troyes

Chaumont

Langres Epernay

Sedan Charleville-Mézières

Saint-Dizier

Bar-sur-Aube Nogent-sur-Seine

Vitry-le-François

Romilly-sur-Seine

payS de LaNgreS payS de ChaUmoNT payS dU Nord haUT marNaIS payS dU Nord eST aUboIS

payS dU barSÉqUaNaIS payS d’armaNCe payS d’oThe

payS de La pLaINe de ChampagNe

payS VITryaT payS de brIe

eT ChampagNe payS

deS 3 VaLLÉeS

payS de L’argoNNe ChampeNoISe payS de L’argoNNe

ardeNNaISe payS deS 3 CaNToNS

payS dU SedaNaIS payS deS VaLLÉeS de meUSe eT Semoy payS deS rIèZeS, deS SarTS

eT de La ThIÉraChe ardeNNaISe payS deS CrêTeS

ardeNNaISeS payS dU reThÉLoIS

payS rÉmoIS

payS d’eperNay TerreS de ChampagNe

payS de SeINe eN pLaINe ChampeNoISe payS de SeINe meLda eT CoTeaUX ChampeNoIS

1

2

3

agglomérations ayant signées un contrat d’agglomération parcs naturels régionaux 1/ PNR des Ardennes 2/ PNR de la Montagne de Reims 3/ PNR de la Forêt d’Orient

Contrat signé pas de contrat signé

(10)

b) Une faible armatUre Urbaine caractérisée par des qUartiers en difficUlté

Le territoire est structuré par un réseau principal de quatre unités urbaines de plus de 50 000 habitants (Reims, Troyes, Charleville-Mézières et Châlons-en-Champagne). Cette ar- mature est soutenue par des agglomérations plus modestes et des pôles ruraux qui jouent un rôle privilégié de relais entre la ville et la campagne en termes d’offre d’équipements et de services. Il convient de préciser que la région ne possède pas de grande métropole qui pourrait avoir un effet d’entraîne- ment sur les territoires voisins, les différents pôles urbains de la région ont, d’une manière générale, un faible effet dynamisant.

A côté de cette faible armature urbaine, on constate le man- que de complémentarité et de gouvernance de villes. En effet, les démarches ou processus de coopération entre les villes sont très rares : seul le réseau villes Vitry-le-François / Saint- Dizier / Bar-le-Duc a été mis en place et produit des synergies très positives. Or la faiblesse de l’armature urbaine rend plus urgente encore les collaborations étroites entre les villes ; collaborations qui pourraient reposer sur des moyens solides ou dispositifs de développement en commun pour plusieurs villes.

3 Les contrats de ville arrivent à échéance ; un nouveau cadre contractuel de la politique de la ville en faveur des quartiers en difficulté se met en place (circulaire du 24 mai 2006) : les Contrats Urbains de Cohésion Sociale entreront en vigueur début 2007. cf. carte de CUCS

Au 1er janvier 2007, la région dénombre 117 communautés de communes, 4 communautés d’agglomération, 24 pays à péri- mètre définitif, 3 Parcs Naturels Régionaux (dont un en cours de constitution dans les Ardennes) ainsi que 2 Groupes d’Ac- tion Locale, chacun à la tête d’un programme Leader +.

Les territoires de pays sont d’une grande diversité (superficie, population, densité, organisation ou non autour de petites ou moyennes villes...). Les communautés de communes, quant à elles, sont nombreuses, mais certains périmètres n’atteignent pas une taille critique suffisante pour mener de véritables projets de développement structurant.

L’intercommunalité et, de manière générale, le regroupement de communes en territoire de projet, paraît alors davantage subie que volontaire.

Il convient néanmoins de souligner que l’organisation en territoires de projets a permis la mise en place de nouvelles modalités de gouvernance, un nouveau pilotage de l’action locale et l’émergence d’actions structurantes pour le territoire.

pôles urbains

Givet Fumay

Revin

Rethel Vouziers

Reims Fismes

Sainte-Menehould Châlons-en-Champagne

Troyes

Bar-sur-Seine

Chaumont Langres Chalindrey

Nogent Arcis-sur-Aube

Montmirail Dormans

Mourmelon-le-Grand Suippes Epernay

Sedan Charleville-Mézières

Eurville-Bienville

Bar-sur-Aube Nogent-sur-Seine

Bourbonne-les-Bains Vitry-le-François

Romilly-sur-Seine Saint-Lyé

Vendeuvre-sur-Barse

Sermaize-les-Bains

Saint-Dizier Joinville Wassy Montier-en-Der Vitry-le-François

Pargny-sur-Saulx Courtisols Sarry

Villenauxe-la-Grande

SezanneFère-Champenoise Ay Vertus

Witry-lès-Reims Muizon

Warmeriville

Donchery Carignan Mouzon Nouzonville Bogny-sur-Meuse Rocroy

Vireux-Wallerand

200 000 100 000 25 000

Par ailleurs, la région se caractérise par un très faible taux d’urbanisation puisque seulement 48% de la population vit dans un pôle urbain contre 60% à l’échelon national. Malgré cette particularité régionale, les phénomènes d’exclusion so- ciale sont souvent conséquents. La moitié de cette population vit en effet dans des logements H.L.M (soit près de 250 000 habitants) contre un tiers en moyenne nationale. Avec 135 400 logements HLM au 1er janvier 2004, soit plus de 100 pour 1 000 habitants, la région Champagne-Ardenne dispose de l’un des habitats sociaux les plus développés en France métropolitaine. Plus de 80% d’entre eux sont des logements collectifs.

En 1999, la part de la population vivant en zone urbaine sensi- ble dans la population régionale atteint 11,5% en Champagne- Ardenne, soit au 2ème rang derrière l’Ile-de-France (moyenne nationale : 7,6%).

Le classement des villes françaises établi selon leur degré de précarité et de difficulté sociale fait apparaître 7 villes de la région parmi les 110 premières communes françaises, dont Sedan, Vitry-le-François, Charleville-Mézières.

On recense ainsi dans la région Champagne-Ardenne en 2005, 31 Zones Urbaines Sensibles (ZUS), 20 Zones de Redynamisation Urbaines (ZRU) et 4 Zones Franches Urbaines (ZFU) ainsi que 9 contrats de ville3 et 1 Grand Projet de Ville (GPV) à Saint-Dizier.

Dans la région Champagne-Ardenne, plus que dans d’autres régions de France, l’exclusion de grands quartiers d’habitat social frappe l’ensemble des villes de la région. De plus, les analyses fournies par les observatoires locaux confirment non seulement l’étendue et la gravité de cette exclusion mais aussi les impacts de celle-ci sur le développement urbain des agglomérations.

Les quartiers sensibles sont non seulement des quartiers HLM classés en ZUS mais touchent désormais certains îlots de centre ville et certaines copropriétés.

La réhabilitation des quartiers HLM nécessite, compte tenu de leur obsolescence et de leur importance, un effort financier accru en terme de restructuration lourde des quartiers, afin de les dédensifier, de leur redonner une échelle pertinente et surtout l’image de quartiers comme les autres.

Par ailleurs, les quatre ZFU n’ont pas permis de créer un nombre d’emplois suffisants pour atténuer de façon signifi- cative le taux de chômage des quartiers qui est de 30%. Plus grave encore, les équipes emploi-insertion sont inexistantes et les structures d’insertion (associations, les entreprises d’insertion, les Entreprises de Travail Temporaire d’Insertion, AEI…) sont très peu nombreuses. 55% voire 60% de la popu- lation urbaine vit dans des logements HLM, or le phénomène d’émigration massif des cadres supérieurs de la région (la région a perdu un tiers de ces cadres entre 1990 et 1999) et la concentration d’une population à faible niveau de ressources et de qualification, rend cette dernière inadaptée aux besoins de l’économie nouvelle.

Cette tendance accroît les obstacles à surmonter afin de redynamiser les aires urbaines, car une des clefs du dévelop- pement de la région réside dans le devenir des villes.

(11)

dont l’image est assez forte. » Reims affiche néanmoins des résultats moins glorieux en terme de technologie associée à la recherche, le coût du logement étant également un facteur pénalisant.

• Selon le recensement de l’Insee 2004, la communauté d’ag- glomération de Troyes rassemble un peu moins de la moitié de la population auboise, 129 864 habitants contre 292 317 au niveau du département. Ainsi, l’aire urbaine du chef lieu y occupe une place centrale et fortement aspirante. Troyes est une ville connue pour ses magasins d’usine qui attirent chaque année entre 4 et 5 millions de visiteurs. Un grand nombre d’activités s’est développé à proximité de ces maga- sins favorisant ainsi le tourisme commercial.

Enfin, l’université technologique de Troyes qui forme des ingénieurs et des chercheurs, est un atout pour l’économie auboise et régional.

• Charleville-Mézières, capitale mondiale du festival de la marionnette, s’ouvre à l’extérieur avec l’arrivée du TGV, l’A34 et prochainement l’axe Amsterdam-Marseille. Cette ville peut donc compter sur son désenclavement pour s’affirmer au niveau régional. Troisième agglomération régionale en terme d’habitants, Charleville-Mézières excelle dans la sous- traitance automobile.

Par ailleurs, afin d’appréhender l’attractivité de la région, il est intéressant de s’intéresser aux Emplois Métropolitains Supé- rieurs. On constate une concentration des EMS dans les aires urbaines de Reims, Epernay et Châlons-en-Champagne.

Les emplois métropolitains supérieurs de l’aire urbaine de Reims représentent 1/3 du total des emplois métropolitains supérieurs de la région Champagne-Ardenne.

Ils ont connu une croissance sur l’aire urbaine de Reims de 22% entre 1990 et 1999.

Les emplois métropolitains de l’aire rémoise se caractérisent par la prédominance des services aux entreprises avec près de 24% du total, devant les fonctions recherche, enseigne- ment supérieur (22%) et commerce (13%).

En 1999, Reims se plaçait au 25ème rang des villes françaises les mieux dotées en emplois stratégiques, soit devant la plupart des villes du Bassin parisien (Le Mans, Amiens) mais derrière les grandes villes du Nord et de l’Est de la France (Lille, Nancy, Strasbourg).

010/011

c) dynamiqUes des agglomérations et articUlation entre le rUral et l’Urbain

Les villes et les agglomérations constituent un facteur pré- pondérant pour le développement régional, et peut-être plus encore en Champagne-Ardenne où l’armature urbaine est très faible.

• Une étude du cabinet KPMG (juin 2006) place Reims en tête pour son attractivité métropolitaine et économique. Avec un total de 72 points, Reims décroche la note globale la plus éle- vée parmi sept villes étudiées (Orléans, Lille, Rouen, Le Mans, Tours et Amiens). À partir de 9 critères passés au crible de 43 indicateurs, l’étude s’est fondée sur deux axes principaux : l’attractivité métropolitaine et l’attractivité économique. La première mesure plus particulièrement les atouts de la ville, son image et son dynamisme, ainsi que les critères d’ac- cessibilité par rapport à Paris. La seconde évalue l’attracti- vité économique (coûts immobiliers, fiscalité, main d’œuvre) ainsi que les caractéristiques du tissu économique. Reims se situe avec Lille, au cœur de deux cercles vertueux à la croi- sée de l’attractivité économique et métropolitaine. Cette étude fait apparaître « un profil équilibré d’une ville moyenne

4 Selon la définition de l’Insee 1994, les Emplois Métropolitains Supérieurs (EMS) se définissent de la manière suivante : haut niveau de qualification qui contribue à renforcer le rayonnement des villes dans lesquelles ils sont localisés.

5 En 1999, on dénombrait 8 200 emplois métropolitains supérieurs à Reims, 3 000 à Troyes, 1 600 pour Charleville-Mézières et idem pour Châlons-en-Champagne.

6 Définition Insee/Diact où la carte des territoires vécus est le fruit d’une superposition des cartes « des aires urbaines » (ZAUR p7) et « des attractions des services ».

Les petites et moyennes villes souffrent d’un déficit important en matière d’ingénierie leur interdisant de monter des projets, de les mettre en œuvre et de les pérenniser. Globalement, les petites villes et villes moyennes subissent des difficultés socio-économiques aiguës sans avoir une surface financière suffisante ni un personnel en quantité et en qualité à même de monter des projets de développement/réhabilitation de la ville, or elles représentent la moitié de la population de la région. Ces villes se situent principalement dans les vallées et zones en crise (Nord Ardennes, Haute-Marne…).

Il faut enfin souligner que les quartiers difficiles souffrent d’une carence en matière de santé.

REVIN ZUS et ZRU Orzy

SEDAN ZUS et ZRU Le Lac ZUS et ZRU Torcy Cités

CHÂLONS-EN-CHAMPAGNE

ZUS et ZRU Rive Gauche (Mt St Michel, La Bidée, Frison Gare

ZUS Schmitt, Vallée St Pierre et Berbeau Alsace

VITRY-LE-FRANçOIS ZUS et ZRU Rome/St Charles/Le Désert ZUS Le Hamois

BAR-SUR-AUBE ZUS et ZRU Les Varennes SAINT-DIZIER

ZUS, ZRU et ZFU Grand Lachat ZUS, ZRU et ZFU Vert Bois FUMAY

ZUS et ZRU Le Charnois

CHARLEVILLE-MÉZIÈRES ZUS, ZRU et ZFU Ronde Couture ZUS et ZRU La Houillière ZUS Manchester RETHEL ZUS et ZRU Les Régions

REIMS ZUS, ZRU et ZFU Croix-Rouge ZUS et ZRU Orgeval et Wilson ZUS Châtillons et Epinettes

EPERNAY ZUS et ZRU Bernon ZUS Vignes Blanches et Beau Soleil

ROMILLY-SUR-SEINE ZUS, ZRU Nouveau Romilly

LA CHAPELLE SAINT-LUC LES NOËS-PRÈS-TROYES ZUS, ZRU et ZFU Chantereigne Montvilliers SAINT-ANDRÉ-LES-VERGERS ZUS Maugout

TROYES ZUS et ZRU Point du Jour, Vouldy/Jules Guesde/Trévois, Les Sénardes et les Chartreux

PONT-SAINTE-MARIE ZUS Les 20 Arpents

LeS ZoNeS UrbaINeS sensibles

en Champagne-ardenne

Source : SESGAR Champagne-Ardenne 06 février 2007 Zones Urbaines Sensibles Zones de Redynamisation Urbaines Zones Franches Urbaines

empLoIS métropolitains supérieurs dans les aires urbaines

Dunkerque Saint-Omer

Lille Douai-Lens

Maubeuge Cambrai Amiens Saint-Quentin Beauvais

Fourmies Charleville-Mézières

Rethel Reims Noyon Laon Compiègne Creil

Paris

Châlons-en-Champagne Saint-Dizier

Verdun Longwy

Thionville Metz Pont-à-Mousson

Nancy Sarrebourg Forbach

EpinalSaint-Dié Remiremont

Thann-Cernay Belfort Montbéliard Lure

Besançon Pontarlier Gray

Châlons-sur-Saône Autun Baune

Dijon Langres Chaumont Troyes

Avallon

Nevers Bourges Vierzon

Cosne-Cours-sur-Loire Gien Auxerre

Migennes Sens Montargis Pithiviers

Romilly-sur-Seine Montereau-Fault-Yonne

8,5 5,5 4

Taux (%) 8

6,5 5,5 Taux dans les aires urbaines des région (%)

(12)

1.3. evolution du marché du travail

L’absence de « liens organiques » entre les villes, que nous avons souligné précédemment, se retrouve à des degrés divers entre les villes et l’environnement rural (ou les pays). Si certaines villes (Chaumont ou Sedan à titre d’exemple) ont su tisser des coopérations et des complémentarités très fortes avec leur milieu rural, cela n’est pas le cas sur l’ensemble du territoire régional ; ceci s’explique en très grande partie, par les difficultés socio-économiques des villes et le relatif isole- ment du milieu rural confronté aux mutations agricoles.

Par ailleurs, bien que l’organisation en territoire de projet ait bien avancée, on constate que les relations de travail entre l’urbain et le rural restent encore trop faibles. La région Champagne-Ardenne possède de très nombreuses petites et moyennes villes, les pays qu’elles structurent offrent une réelle opportunité de réflexion sur des thématiques qui impliquent la ville et l’espace rural qui l’entoure (équipement de santé, culture, enseignement, emploi…). Il est nécessaire de travailler à une bonne synergie entre les espaces ruraux et ces villes.

La carte des territoires vécus qui représente « l’organisation territoriale de l’emploi et des services de proximité » montre comment les champardennais vivent leurs territoires, soit en allant travailler, soit en allant faire leurs courses ou leurs autres activités.

Cette carte met en évidence que les aires d’influence des pôles des services intermédiaires sont les grandes agglomérations notamment Reims, Troyes, Charleville-Mézières et Châlons -en-Champagne ainsi que les petites et moyennes villes comme Vouziers, Nogent, Sézanne ou Bar-sur-Aube.

a) Une dynamiqUe de l’emploi atone marqUée par Une faible tertiarisation

Entre 1994 et 2003, l’emploi régional s’est développé à un rythme bien moindre qu’au niveau métropolitain. Ce manque de dynamisme de l’emploi en Champagne-Ardenne trouve en grande partie son origine dans la moindre tertiarisation de son économie, dont les causes relèvent notamment de sa faible densité de population générale et de son manque de métropolisation.

evolUtion de l’emploi entre 1994 et 2003

Source : Insee, Estimation d’emploi 1994 à 2003, indice 100 base 1994

L’emploi salarié industriel représente le tiers des emplois concurrentiels de Champagne-Ardenne, contre environ le quart au niveau national ; ce secteur décroit à un rythme soutenu : -3,7% en 2003 (soit 4 000 emplois environ), -2,1% en 2004 (-1,9% en France). Cette baisse n’est que très partiellement compensée par la hausse des emplois tertiaires. L’appareil productif, particulièrement sensible aux fluctuations de la conjoncture industrielle et au phénomène général de désin- dustrialisation, subit des restructurations lourdes, entraînant parfois des fermetures d’établissements dans l’ensemble des secteurs traditionnels tels la métallurgie, le textile, la sous-traitance… expliquant en partie la destruction de cette catégorie d’emploi. Il convient de préciser que l’essentiel des emplois industriels se concentre sur les espaces ruraux, qui la plupart du temps, sont mono spécialisés du fait de la pré- sence d’un seul grand établissement.

En 2004, excepté les missions d’intérim, l’emploi tertiaire marchand ne s’est accru que de 0,6%, témoignant de la rela- tive faiblesse des autres activités de services dans la région.

Le secteur du bâtiment et travaux publics apporte une contri- bution essentielle au développement régional, du fait de son poids économique et de son impact en termes d’emplois et de valeur ajoutée. Il représente 8, 5% des effectifs salariés de la Champagne-Ardenne.

Il convient enfin de préciser qu’avec l’arrivée à l’âge de 60 ans des premières générations nombreuses de l’après-guerre et le déficit migratoire important des jeunes de moins de 30 ans, selon les estimations de l’Insee, le nombre d’actifs devrait diminuer de 43 000 personnes à l’horizon de 2015.

b) Une popUlation active relativement jeUne et assez peU qUalifiée

Selon les données du recensement Insee de 1999, la popu- lation active régionale compte 602 963 actifs avec un taux d’activité des 15 à 64 ans de 68,3% et un taux d’emploi de 58,8%.

120

115

110

105

100

95

90 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003

Champagne-ardenne france métropolitaire

LUXemboUrg

reImS

ChâLoNS-eN-ChampagNe

TroyeS

Vitry-le-françois SaINT-dIZIer

Chaumont

Langres aUXerre

SeNS provins

Verdun

Thionville SaINT-qUeNTIN

CharLeVILLe-mÉZIèreS Sedan

bar-le-duc Laon

Château-Thierry

NaNCy Longwy

epernay

rethel

eNjeU(X)

• poursuivre le développement des territoires de projet (dimension territoriale : priorité 3 du CrSN)

• résorber la fracture sociale dans les quartiers en difficulté

• mettre en réseau des acteurs et soutenir l’ingénierie de projet sur les territoires fragilisés (rural/urbain)

• renforcer le lien urbain-rural

(dimension territoriale : priorité 3 du CrSN)

(13)

À la fin décembre 2005, 55 391 demandeurs d’emploi de catégorie 1 sont inscrits à l’ANPE et recherchent un emploi à durée indéterminé ; la région conserve ainsi son 16ème rang national juste derrière l’Aquitaine et la Picardie. Pour la même période, le nombre de demandeurs d’emploi a baissé de 1,5%

dans la région contre 5,1% France entière.

- les caractéristiques des chômeurs

Les personnes les plus touchées par le chômage fin 2005 sont les moins de 25 ans (23,1% contre 20,1% au niveau national) et les personnes au chômage depuis plus d’un an (31, 6% contre 30,2% pour la France métropolitaine).

Alors qu’au niveau national, le nombre de chômeurs de longue durée a baissé, la situation pour cette catégorie de per- sonnes s’est dégradée au niveau régional. Cette dégradation est marquée par un chômage de très longue durée important (plus de deux ans d’inscription), puisqu’il concerne 42,7%

des chômeurs de longue durée et donc plus d’un demandeur d’emploi sur dix. Notons enfin que le nombre de femmes à la recherche d’un emploi est légèrement supérieur à celui des hommes en 2005 : 51,4% contre 48,6%, avec la moitié Sud de la Champagne-Ardenne plus marquée que le nord par le chômage féminin.

Par ailleurs, les personnes à la recherche d’un emploi sont présentes sur l’ensemble des qualifications. En effet, 51,9%

d’entre elles sont des employés et 1/3 sont des ouvriers.

Les niveaux CAP-BEP et les sans diplômes sont les catégories qui souffrent le plus du chômage avec des taux supérieurs au niveau national. En effet, à elles seules, elles totalisent 70%

du total des chômeurs en Champagne-Ardenne alors qu’à partir du niveau Bac+2, la situation s’améliore puisque cette catégorie, en plus d’avoir un taux beaucoup moins élévé de chômage, affiche des résultats meilleurs qu’au niveau national.

contre respectivement 69% et 59,9% au niveau national. La région se singularise tout de même par une population active plus jeune que la France métropolitaine. Le taux d’emploi des femmes est inférieur au taux d’emploi des hommes, avec des différences infra-régionale, notamment entre la zone d’em- ploi d’Epernay et la Vallée de la Meuse affichant un écart de 14 points avec des taux respectifs de 58,5 % et de 44,5 %.

La région se caractérise par des emplois faiblement qualifiés avec une surreprésentation du nombre d’ouvriers, supérieur à la moyenne nationale, et a contrario, une sous-représenta- tion et une moindre présence des employés, des professions intermédiaires et de l’encadrement. Précisons, par ailleurs, que ce sont les ZUS qui concentrent les emplois les moins qualifiés.

strUctUre des qUalifications

Source : Insee, Estimation d’emploi 1994 à 2003, indice 100 base 1994

c) le marché dU travail marqUé par Un chômage important

- des départements inégalement touchés par le chômage En août 2005, la Champagne-Ardenne se place au 6ème rang national pour son taux de chômage. En octobre 2006, le chômage champardennais atteint 9,1% (au sens du BIT) de la population active régionale contre 8,8% au niveau national.

Les départements de la région ne sont pas touchés de la même manière par le chômage ; des disparités infra-régio- nales prévalent. Sur un an, le chômage est en repli dans trois départements sauf en Haute-Marne où il est stable. Il faut néanmoins préciser que la chute démographique haut-mar- naise, masque la réalité du chômage par le départ massif des jeunes adultes vers des zones plus attractives.

À la fin 2006, les Ardennes conservent le taux de chômage le plus élevé de la région (12,2%), avec en tête de peloton les vil- les de Revin, Sedan et Charleville-Mézières, alors que la Mar- ne bénéficie du taux le plus bas (7,7%), inférieur de 0,9% point à la moyenne nationale. C’est dans la zone d’emploi d’Epernay que le chômage est le plus faible (7%) et dans la Vallée de la Meuse qu’il est le plus élevé (13,7%). Il convient par ailleurs de souligner que ce sont les ZUS qui souffrent le plus du chô- mage avec des taux avoisinant les 35% ainsi que sur certains territoires ruraux.

VaLLÉe de La meUSe DEFM : 13 117 Jeunes : 23,5%

Femmes : 46,9%

Longue durée : 36,8%

ChâLoNS-eN-ChampagNe DEFM : 3 520 Jeunes : 25,5%

Femmes : 48,9%

Longue durée : 28,1%

reImS DEFM : 13 845 Jeunes : 23,7%

Femmes : 45,8%

Longue durée : 30,9%

eperNay DEFM : 2 917 Jeunes : 23,7%

Femmes : 49,2%

Longue durée : 27,1%

SUd-oUeST ChampeNoIS DEFM : 3 866 Jeunes : 21,1%

Femmes : 53,3%

Longue durée : 33,9%

marNe moyeNNe DEFM : 5 361 Jeunes : 23,9%

Femmes : 49,7%

Longue durée : 33,4%

TroyeS DEFM : 10 889 Jeunes : 20,4%

Femmes : 50,3%

Longue durée : 32,9% haUTe VaLLÉe de La marNe DEFM : 3 625 Jeunes : 23,7%

Femmes : 50,7%

Longue durée : 29,9%

Source : INSEE -©INSEE-IGN 2005

13,7%

9,6%

Taux de chômage

mars 97 mars 98 mars 99 mars 00 mars 01 mars 02 mars 03 mars 04 mars 05 15

13

11

9

7

5

Source : Insee, séries vies en mars 2006, à partir de mars 1996

Champagne-ardenne france métropolitaire

Taux de chômage au sens du bIT

données corrigées des variations saisonnières

Agriculteurs

Artisans, commerçants, chefs d’entreprises

Cadres, professions intellectuelles supérieures

Porfessions intermédiaires Employés

Ouvriers qualifiés

Ouvriers non qualifiés

Ouvriers agricoles

0,0 5,0 10,0 15,0 20,0 25,0 30,0 35,00 40,0

Champagne-ardenne

ensemble des ZUS en Champagne-ardenne france

012/013

(14)

d) Un problème de soUs-qUalification et Un déficit de formation fortement préjUdiciable aU développement régional

La région souffre d’un niveau de formation inférieur à la moyenne nationale et la poursuite du déclin démographique fragilise le maintien d’une offre de formation diversifiée.

La Champagne-Ardenne et la Franche-Comté sont les deux régions qui affichent le plus fort pourcentage d’ouvriers non qualifiés. La sur-représentation des formations à destination des secteurs industriels et agricoles (notamment des métiers traditionnels) entraîne un déséquilibre de l’offre au détriment des métiers les plus qualifiés du secteur tertiaire.

On observe par ailleurs une relative inadéquation entre l’offre de compétences et la demande des entreprises, à l’origine de pénuries dans un certain nombre de secteurs tels la construc- tion, l’artisanat, ou l’hôtellerie.

Concernant la validation des acquis de l’expérience, elle est limitée à un petit nombre de bénéficiaires (cadres et ouvriers qualifiés) et relève jusqu’à présent essentiellement d’une démarche individuelle, en dehors du cadre de l’entreprise.

Elle est donc sous-utilisée par les personnes dont le niveau de qualification est peu élevé alors que ce sont elles qui en ont le plus besoin.

Les personnes non diplômées (niveau VI) demeurent parti- culièrement nombreuses en région Champagne-Ardenne.

Compte-tenu de l’importance de ces publics, les problèmes de niveau de maîtrise des savoirs de base (lecture, écriture, numérisation…) demeurent par conséquent un enjeu majeur

7 Etude portant sur le devenir des stagiaires du Plan Régional de la Formation Professionnelle 2003 –2004.

d’insertion professionnelle. En ce sens 18 ateliers de forma- tion de base sont implantés dans la région.

Par ailleurs, la proportion d’étudiants dans les voies profes- sionnelles est plus importante que dans d’autres régions, ceci traduit le poids des ZEP, SEGPA et du retard scolaire très présents en Champagne-Ardenne.

Pour ce qui est de la formation initiale, les effectifs scolarisés en premier cycle ont reculé de 10% au cours des cinq dernières années alors qu’une relative stabilité est observée pour le second cycle.

La formation professionnelle continue fait l’objet d’un effort financier soutenu. De plus, environ le tiers des salariés ont bénéficié d’une formation au cours d’une année mais ce sont les personnels les moins qualifiés qui ont le moins accédés à la formation professionnelle.

Selon l’OPEQ, en terme de contrat d’apprentissage, le taux de féminisation en 2003 est resté parfaitement stable, s’établis- sant à 24,6%. Ce faible taux s’explique par la prépondérance dans les principales formations suivies de filières encore tra- ditionnellement masculines : en l’occurrence celles du BTP, de la réparation automobile, de la mécanique, métallurgie et plasturgie dans lesquelles moins de 4% des apprentis sont des filles. À l’opposé, les filles sont largement majoritaires dans la coiffure (93,7%), la santé (91,3%) et le commerce vente services (72,3%).

Toujours selon l’OPEQ sur le devenir des stagiaires du PRFP 2003–2004, l’insertion dans l’emploi est plus difficile pour les femmes que pour les hommes avec des taux respectifs de 46% et 55,6%.

Le faible nombre d’apprentis accueillis en entreprises et la courte durée moyenne des stages, ne contribuent pas non plus à améliorer le niveau de formation. Il convient de préci- ser que la mobilité géographique et la couverture territoriale de l’offre de formation restent les freins à l’accès à la forma- tion professionnelle.

Il est important néanmoins de souligner que la région est assez bien couverte en matière de dispositifs d’accueil, d’information et d’orientation (ANPE, APEC, SIOU…). Ces multiples dispositifs émanant d’institutions différentes, mériteraient toutefois d’accroître leur partenariat et d’être mis en réseau.

eNjeU(X)

• favoriser l’insertion sur le marché du travail des personnes les plus en difficulté notamment les femmes, les jeunes et les plus âgés (Soutenir l’emploi : priorités 2 et 3 du CrSN)

• augmenter le niveau de qualification de la main d’œuvre (Soutenir l’emploi : priorité 1b et c, priorité 4 a et b du CrSN)

demandeurs d’emploi par niveau de formation

Sans diplôme

Niveau CAP-BEP

Niveau BAC et équivalent

Niveau BAC+2

Niveau BAC+3 et plus

Non précisé 0,9%

1,3%

5,4%

11,2%

8,1%

10,8%

15,2%

17,2%

51,0%

44,2%

19,3%

15,2%

Champagne-ardenne france

Employé qualifié

Employé non qualifié

Manœuvre, OS

Ouvrier qualifié

Cadre, agent de maïtrise

Non précisé 0,8%

1,1%

10,9%

18,4%

17,7%

12,6%

18,6%

11,7%

19,7%

18,9%

32,2%

37,3%

demandeurs d’emploi par qualification

Champagne-ardenne france

(15)

014/015

ChapITre 2

Une région encore fragile économiqUement

2.1. de fortes disparités économiques selon les départements

Il n’y a pas d’homogénéité économique des départements de la région, chacun se caractérise par une certaine spécialisation industrielle. Néanmoins, des constantes dans le domaine de l’agriculture montrent une unité de la Champagne-Ardenne.

Le vignoble champenois, les cultures de la plaine champenoise sont en effet autant d’éléments symboliques de la forte présence de l’industrie agro-alimentaire dans la région.

Les départements se distinguent par des activités traditionnelles qui souffrent de la compétition internationale et le niveau de tertiarisation n’est pas suffisant pour pallier le recul de l’industrie.

La Marne paraît la mieux armée avec une agriculture perfor- mante, une industrie diversifiée et un secteur tertiaire très présent. Les départements de l’Aube, des Ardennes et de la Haute-Marne se caractérisent par une économie beaucoup plus spécialisée. Ainsi les Ardennes, un des départements le plus industrialisé de France (41% de l’effectif salarié en 1999), sont particulièrement touchés par la crise industrielle au travers de leurs entreprises sidérurgiques, métallurgiques et textiles. La Haute-Marne se caractérise par ses activités du bois et de l’industrie métallurgique. L’Aube se singularise par ses industries de textile en forte restructuration, une agriculture performante et un pôle technologique à Troyes.

L’agriculture champardennaise représente 1,56 millions d’hec- tares soit 61% du territoire. L’industrie agro-alimentaire (IAA) soutenue par une agriculture réservoir, est la pièce maîtresse de l’appareil productif régional. Il est le premier secteur exportateur mais aussi celui qui investi le plus : près de 26% des investissements sont réalisés dans ce secteur. Principalement localisé dans les départements de la Marne et de l’Aube, l’agro-alimentaire est largement dominé, en terme de chiffre d’affaires, par le champagne.

La région est particulièrement en avance en matière d’inno- vation et de développement économique dans le secteur des Nouvelles Valorisations des Agro-Ressources (NOVA) facilité par la création d’Europol’Agro (pôle d’enseignement et de recherche, orienté vers l’agronomie, la viticulture, l’œnologie, la transformation et la valorisation industrielle des agro-res- sources).

2.2. sous-représentation du secteur tertiaire

En 2003, la richesse produite en Champagne-Ardenne (30 389 millions d’euros), rapportée au nombre d’habitants classe la région en 7ème position parmi les 22 régions de métropole, position identique à celle de 1990. Avec 58 460 € par emploi, la région est passée de la 10ème à la 9ème place entre 1990 et 2003. Mais malgré une productivité importante, la croissance de la région est bien moindre que la moyenne nationale. En effet, entre 1990 et 2003, le taux de croissance annuel moyen du

PIB de l’économie champardennaise est le plus faible de toutes les régions de métropole (+1,32%), juste derrière la Lorraine (+ 1,35%) et loin derrière les Pays de la Loire (+2,78%).

Par ailleurs, si l’on se réfère à un article des Echos d’avril 2006, la croissance moyenne d’ici à 2010 de la Champagne-Ardenne devrait faire partie des taux les moins élévé des régions euro- péennes, la plaçant au 229 rang européen (+1,2%).

Début 2004, la région compte un peu plus de 48 978 établisse- ments non agricoles soit 1,7% du total national, chiffre inférieur au poids démographique de la région.

Ces entreprises et les administrations publiques emploient 527 027 personnes (18ème rang national), dont 90,7% de salariés.

La structure économique de la région est faiblement orientée vers les activités de fortes croissances et est encore marquée par les secteurs agricoles et industriels. La part de l’agricul- ture (6,5%) dans l’emploi régional en 2004 représentait près du double de la moyenne nationale (3,5%) et celle de l’industrie la dépassait nettement (20,8% contre 16,8%). Le secteur tertiaire est également sous-représenté puisqu’il n’atteint que 66,8% de l’emploi total (contre 73,6% au niveau national).

La contribution des secteurs à la valeur ajoutée indique de la même manière une spécialisation dans les domaines agricoles et industriels plus importante que la moyenne nationale, au détriment des services, avec des taux respectifs de 12,7%, 23,5% et 63,8%.

En 2005, la Champagne-Ardenne compte près de 35 000 établis- sements employant au moins un salarié. Leur nombre connaît une croissance entre 1998 et 2005, notamment dans les activi- tés immobilières, la construction, les services aux entreprises et les services aux particuliers. L’évolution du nombre d’éta- blissements est en partie générée par la récente croissance des créations d’entreprises. En effet, en 2005, 4 494 entreprises ont été créées en Champagne-Ardenne (+5,5% par rapport à 2005 avec une forte hausse pour les Ardennes (+17) alors qu’au niveau national, on observe une baisse limitée à 1,7% du nombre de créations totales. Il faut souligner que la part des femmes parmi les créateurs d’entreprises est relativement faible (31 %) et qu’elle n’a pas évolué depuis 8 ans.

selon l’insee, près de 60 % des entreprises créées en 2006, l’ont été sur les arrondissements de troyes, reims et char- leville-mézières.

eNjeU

poursuivre la valorisation de l’agriculture régionale

Source : INSEE, comptes régionaux, base 2000

Contribution des secteurs à la valeur ajoutée en volume en 2003 (en %)

Construction

Industrie, hors Iaa

filière agricole

Services marchands

Champagne-ardenne france métropolitaire

Services administrés

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