R EVUE DE STATISTIQUE APPLIQUÉE
G. D ELAITRE
Distributions poissonniennes liées
Revue de statistique appliquée, tome 11, n
o3 (1963), p. 83-106
<
http://www.numdam.org/item?id=RSA_1963__11_3_83_0>
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DISTRIBUTIONS POISSONNIENNES LIEES
G. DELAITRE Ingénieur
àla Cegedur
Il arrive dans certaines circonstances que deux carac-
tères aléatoires
soientdistribués
selon deux lois dePoisson,
et que ces deuxcaractères
aient tendanceà
variersimultané-
ment.
Il en est
ainsi,
enparticulier, lorsque
les deux carac-tères aléatoires
X et Ypeuvent
êtreconsidérés comme les effets
de causes A et B,
distribuées
selon deux lois de Poissonindé- pendantes,
la cause A entratnant certainementl’appa rition
ducaractère x,
etéventuellement
celle ducaractère
Y avec une pro-babi t i té
p, et demême,
la cause B entratnant certainementl’appa-
ri t ion du
caractère Y,
etéventuellement
celle ducaractère
Xavec une
probabilité
p.Bien souvent, les causes A et B ont des distributions
dif- ficilement accessibles,
etZa probabit i té p est
inconnue.La seuledonnée
del’expérience
est la distribution ducouple X,
Y.L’étude
des distributionsà
deux vartablesaléatoires cor- respondant à
ceschéma permet d’évaluer les paramètres
des dis- tributionspoissonniennes
des causes et laprobabilité
de ltai-son p.
L’étude
ci-dessous estexposée â partir
du cas concret decertaines taches
apparaissdnt sur des disques métal 1 iques recut ts
en
piles.
,Un second
exemple d’application
concerne la distribution des commandesurgentes
de deuxproduits,
et condui tà
ladéter-
minat ion des variationssimut tanées des
stocks des deuxproduits.
Enfin
leschéma indiqué peut
segénéraliser
au cas deplus
de deux
variables,
avec desprobabilités
de liaisondifférentes.
Les distributions de Poisson s’observent assez
fréquemment
dansles
problèmes
industriels.On sait que ce résultat
peut généralement s’interpréter
par leshypothèses
suivantes :.
1/
Un évènement E a uneprobabilité égale
à h dSd’apparaître
unefois dans un domaine élémentaire dS.
2/
Laprobabilité d’apparition
de l’événement Eplus
d’une fois dans le domaine dS est un infinimentpetit
d’ordresupérieur
aupremier.
Moyennant
des conditions decontinuité,
on montre que laprobabi-
lité
d’apparition
de l’événement E dans un domaine S suit une loi de Poisson de moyenne ~.5:Assez
souvent,
onpeut
estimer que ceshypothèses
sont valableset on est en droit de s’attendre alors à trouver des distributions
pois-
sonniennes. C’est notamment le cas de certains
types
de défauts sur desproduits
laminés.Mais il
peut
arriver que les défauts soient causés pardes "germes"
engendrant
un ou deux défauts : les distributions"visibles"
sont celles des défauts alors que cellesqu’il
est intéressant de connaître sont cellesdes "germes".
I - EXPOSE DU PROBLEME SUR UN CAS CONCRET -
Des
disques métalliques
pouremboutissage
sontdécoupés
dans unebande
laminée, puis
recuits enpiles
dans un four.Désignons
par A la facesupérieure
de la bande en cours de lami- nage(qui correspondra
dans notre cas à la facesupérieure
desdisques
dans les
piles)
et par B la face inférieure de la bande.Dans les
piles
la face A d’undisque
est en contact avec la face Bdu
disque
immédiatementsupérieur.
Or on constate sur les faces des
disques
recuits un certain nom-bre de
petites
tachesprovenant
ducracking
de l’huile delaminage qui
s’est amassée par
capillarité
autour despoussières (que
nousappellerons
"germes")
tombées sur la bande au cours dulaminage.
L’expérience
montre que le nombre de taches a tendance à varier simultanément sur les faces A et B en contact.Un examen détaillé
indique qu’un
nombreappréciable
de taches coin- cident sur les faces A et B en contact.Nous sommes ainsi conduits à admettre
qu’un
germeprésent
surune face A ou B a une
probabilité
d’adhérerégalement
à la face B ouA en contact dans la
pile
et de créer une tache sur cette face.Les "germes"
sont difficilement décelables sur lesdisques
métal-liques
avantrecuit,
car ils sont de taillegénéralement
bien inférieure à celle des taches. Seules les distributions des taches sur les faces A et Baprès
recuit sontpratiquement accessibles,
alors que cequ’il
estintéressant de connaître pour
agir,
ce sont les distributionsdes germes.
On
pourrait
penser utiliser les faces"libres"
desdisques
extré-mités de
piles,
nonsujettes
auxinteractions, cependant
diverses raisons conduisent à ne pas utiliser ces résultats(retombées possibles
de suiesdans le
four,
secomportant
comme des"germes", etc. ).
La
première
idée pour évaluer laprobabilité ;
est d’observer simul- tanément les faces A et B encontact,
mais cettefaçon
deprocéder
con-duit à une évaluation de p
trop
forte pour desquestions d’appréciation personnelle :
très souvent en effet un germe donne une tachelégère
etacceptable
sur la face en contact ; mais les observateursauxquels
on aexpliqué
le mécanismed’apparition
destaches,
ont tendance àcompter
comme défaut une tache très
légère
etacceptable,
dès l’instant où elle coïncide avec une tacheappréciable
sur la face en contact.De
plus,
cette méthode basée sur lafréquence
des coïncidences nécessite des observationsbeaucoup plus longues
que celles résultant d’unsimple
dénombrement.Aussi,
est-ilpréférable,
une fois admis le schémaindiqué,
d’étudierles distributions liées des taches sur les faces A et B en contact.
II - ETUDE
THEORIQUE -
Nous admettrons que les germes sont distribués suivant des lois de Poisson de moyenne A pour les faces A et de moyenne B pour les faces
B,
ces deux distributions étantindépendantes.
Le schéma
peut
se résumer par le tableau suivant :La
probabilité qu’a
un germe de devenir commun aux deux faces est p. Le nombre de taches sur la face A est une variable aléatoireX,
celui sur la face B une variable aléatoire Y.les variables aléatoires
poissonniennes
x, et X2 étantindépendantes.
1 - Distributions
marginales.
Le nombre de germes issus d’une face A et adhérant à la face B en contact est une variable aléatoire y 1. Il est intuitif que yl est distribué suivant une loi
poissonnienne
deparamètre pA
dans leshypothèses
rete-nues : en
effet,
si nous nousrapportons
à lagénération
des distributionspoissonniennes rappelée précédemment,
laprobabilité d’apparition
d’un germe sur une surface dS étant ~dS(et l’apparition
deplus
d’un germe, étant d’ordresupérieur),
laprobabilité
pourqu’un
germe de dS vienne adhérer à une surface dS’ en contact de dS estp ~dS (la probabilité qu’il
y en ait
plus
d’un est d’ordresupérieur.
S étant la surface d’un
disque,
et A =AS,
la variable aléatoire yi est donc distribuée suivant une loi de Poisson de moyennepÀS = pA.
Ce résultat
peut
d’ailleurs se retrouver directement : laprobabi-
lité d’avoir sur une face
B,
y, germes venant de la face A en contact est :On vérifie sans
peine
que cetteexpression
estégale
àLe nombre de taches sur les faces B est une variable aléatoire Y
X2 et Y1 étant des variables
poissonniennes indépendantes
de moyenne B etp A,
leur somme estégalement
une variable aléatoirepoissonnienne
de moyenne B + pA.
Ainsi la distribution
marginale
de Y nombre de taches sur les faces B estpoissonnienne
deparamètre
B + pA.La distribution
marginale
de X nombre de taches sur les faces A estégalement poissonnienne
deparamètre
A + pB.2 - Probabilité du
couple (X, Y).
La
probabilité
ducouple (X, Y)
estégale
à la somme desproba-
bilités de réalisation de xi, y 1J X 2’ Y2 tels que :
Cette
probabilité
est doncégale
à :En
posant,
poursimplifier
donc
Cette
probabilité,
s’écrit :La somme s’étendant au domaine de variation de x, et X2 pour X et Y donnés.
Or
d’après
cequi précède :
Donc : O O
Figure
1 - Domaine de variation de x, et x2 pour X et Y donnés.a)
Pour X ~Y nous voyons que xipeut
varier dans l’inter-valle X -
Y,
XX -
Y
xl X et x 2 varie de X - x 1 à YX - Xl’ X2~ Y
b)
Pour Y > X nous voyons que Xipeut
varier de 0 à X :0 x X
et X 2 varie de Y - x 1 à Y :
Y -~Xi $ x2
YEn fait les deux cas sont
symétriques
et il nous suffit de calculerla
probabilité
ducouple X,
Y pour Y ~X ;
laprobabilité
ducouple X,
Y pour
X ~.
Y s’obtiendra enpermutant
X et Y et A et B dansl’expres-
sion de la
probabilité précédente.
Plaçons
nous dans le cas oùY >
X.La variable xi variant de 0 à
X,
nous pouvons poser :X 2 = Y - Xl + S
avec0
s xLa
probabilité
ducouple X,
Y est donc :La sommation par rapport à xi introduit des expressions propor- tionnelles au
développement
de(1 +2013) = ~2013) ,
si bien que nous pou-vons écrire :
pour Y > X
Expression que nous pouvons mettre sous la forme :
Dans le cas où X ~ Y, il suffit comme nous l’avons indiqué de permuter X et Y et A et B dans la formule (1) :
On vérifie que si P = 0
(soit
GH = 1 etGH 2 = 0)
laprobabilité
ducouple (X, Y)
se réduit à : ·ce
qui correspond
à lafréquence
ducouple
de 2 variablespoissonniennes indépendantes
X et Y.Par contre si p = 1 la
probabilité
est nulle pour toutcouple (X, Y f X)
et est
égale
àe’°20132013- DX
X. pour lecouple (X,
Y =X).
La
figure
n° 2 donnel’aspect
de la distribution ducouple X,
Y dans un casparticulier.
3 -
Fonctions caractéristiques
de la distribution à deux variables aléatoiresX,
Y.La
première
fonctioncaractéristique
de la distribution est :en
posant
Figure
2 -On
peut
voir que pour X donné la sommation parrapport
à Y con-duit, d’après
les formules(1)
et(2)
à :La sommation par
rapport
à X donne alors :En
remplaçant
GH par(1 - p)
etGH2 par
p, nous .obtenons :La seconde fonction
caractéristique
de la distribution deX,
Y est :On vérifie que pour u = 1) =
0,
soit U = V = 14 - Fonction
caractéristique
de la distribution de Y pour X donné.D’après
les résultatsprécédents,
lapremière
fonction caractéris-tique
de la distribution de Y pour X donné est :Soit :
La seconde fonction
caractéristique
de Y pour X donné est donc :De même nous obtiendrions
cr x (u)
et(~x(M)
enchangeant
X en Yet A en B.
5 -
Régression
de Y en fonction de X.La formule
(6),
où V =e iv
nous montre que les cumulants de la distribution de Y sont des fonctions linéaires de X.En
particulier
la moyenne de Y en fonction de X est :La
régression
de Y en fonction de X est donc linéaire.(On
vérifiera sanspeine que . 20132013~ A+BP
coefficient de X dans -’jl’expres-
sion de
K i
estégal
à :p étant le coefficient de corrélation de
X,
Y et Il-ll la covariance deX, Y).
La variance de Y en fonction de X est donnée par :
Pour X = 0 la distribution de Y a pour seconde fonction caracté-
ristique :
fonction
caractéristique
d’une loi de Poisson de moyenneB (1 - p ) ;
cerésultat
s’interprète
aisément.Des résultats
analogues
sont évidemment obtenus pour la distri- bution de X en fonction de Y.6 - Normalité
asymptotique
de la distribution de Y.Signalons,
bien que ce résultat ait peu d’intérêtpratique,
que lors- que Xaugmente indéfiniment,
la distribution de Y pour X donné tendvers une loi normale.
Introduisons en effet la variable réduite :
Cette transformation
classique
nous donne la seconde fonction carac-téristique 41 ’x ( v)
de y.Il est alors facile de
voir,
par undéveloppement
limité que(~l>(V)
- v2
tend vers la valeur
2 -lorsque
Xaugmente
indéfiniment :la variable réduite y a une distribution
qui
tend donc vers la normalelorsque
Xaugmente
indéfiniment.On trouverait bien entendu un résultat
analogue
pour la distribution de Xlorsque
Y croît indéfiniment.7 - Forme limite de la distribution du
couple (X, Y).
La seconde fonction
caractéristique
ducouple (X, Y)
est donnée par la formule(4).
Les distributions
marginales
de X et Y étantpoissonniennes
deparamètres respectivement
A +pB
et B +pA,
introduisons les variables réduitesLa seconde fonction
caractéristique
V’( u, u )
ducouple ~ (~
est :Il est alors facile de voir par des
développements limités,
que, si p étant différent dezéro,
A ou Baugmentent indéfiniment, (~’ (u, v)
tend vers :
Seconde fonction
caractéristique
d’une loi normale à deux variables réduitesayant
pour coefficient de corrélation :Or,
A et Breprésentent,
dans leshypothèses faites,
les nombres moyens de germes par face dedisque.
Onpeut
doncaugmenter
simul- tanément A et B engroupant
lesdisques n
à n. Pour ungroupement
den
disques,
les nombres de germes pour n faces seront distribués sui- vant des lois de Poisson de moyennes n A et nB.En
prenant
une valeur de n assezélevée,
àapprécier
danschaque
cas
particulier,
nous pouvons donc admettre que le nombre de tachessur chacune des deux faces d’un groupe de n
disques
est distribué sen-siblement suivant une loi normale à deux variables
lorsque n
est assezélevé.
Il est clair que nous devons trouver le même résultat si nous con-
sidérons les moyennes
X et Y
sur ndisques, lorsque n augmente
indéfi-niment.
La fonction
caractéristique
des variables réduites :tend vers
Le coefficient de corrélation p de
X, Y
étant nul en mêmetemps
que p, onpeut
testerl’hypothèse
P = p = 0 en utilisantl’approximation
normale en
groupant
lesdisques
par n unités.8 - Moments de la distribution de
X,
Y.Les moments de la distribution du
couple X,
Ypeuvent
s’obtenir par ledéveloppement
de la fonctioncaractéristique cp (u, v).
Les
premiers
momentspeuvent
d’ailleurs se déterminer directementsans
difficulté,
enparticulier
la covariance 41, :Or :
Itilli =
E(XY)=E L(x,+y2)(x2+yi)~ ]
En observant que xi, X2 2 d’une
part,
yl , y2 d’autrepart,
sont indé-pendants
entre eux, nous pouvons écrire :rn 11 =
E (x 1 Yl) + E (X 2 Y2 ) + E (x 1) E (x 2) + E (m) E (yz) Or,
onpeut
voirsimplement
que :E(x, yj = p(A
+A 2)
etE (x2 y2) = P(B
+B 2)
si bien que :
Ainsi :
Nous déterminerons
A, B,
P enajustant
les momentsprécédents
aux moments
empiriques correspondants.
III - APPLICATIONS -
_
1/
L’examen de 600disques métalliques
recuits parpiles
de 6 apermis
d’établir le tableau de résultats suivants sur les 500 faces A et B en contact :Tableau n° 1
Nombre de taches par face : X et Y
L’ajustement
des moments m 10’ mOl’ et 41, conduit aux estimations suivantes :Les
fréquences correspondant
auxparamètres
ci-dessus ont été calculées par les formules(1)
et(2),
ainsi que l’effectifthéorique
cor-respondant
et celui des distributionsmarginales.
Nous avons pu dresser le tableau suivant.
Tableau n° 2 Effectif
théorique
L’effectif observé
correspondant
a étérappelé
sous l’effectif cal- culé. Le test deX 2 appliqué
à ce tableau donne :X 2 = 12, 05
pour 8degrés
de liberté.Comme
XI 0 @10 (8) = 13, 3 6,
nous pouvons admettre quel’ajustement
est
satisfaisant,
la valeur trouvéeayant
uneprobabilité
d’êtredépassée supérieure
à0,
10 dansl’hypothèse
nulle.2/
Un atelier de tubes sanitairesproduit
deux sections de tubes très courantes : tubes 12 x 14(diamètres
intérieur et extérieur enmm)
et tubes 10 x 12 que nous
appellerons respectivement
tubes A et B.Le délai normal de fabrication de ces tubes est de 4
semaines,
et les commandes dont le délai de livraison est inférieur à cette valeur sontprélevées
sur stock.Sur une
période
d’observation de 188jours ouvrables,
les com-mandes
journalières
àprélever
sur stock serépartissent
suivant le ta- bleauci-après.
Tableau n° 3 Tubes B
Or,
il arrivefréquemment
que des clientspassent
des commandes simultanées de tubes A et B. Et onpeut
penser que certaines commandes"pilotes"
de tubes A ou B ont uneprobabilité
p d’entraîner une com-mande de tubes B ou A.
Nous connaissons les distributions des commandes résultantes des tubes A et B. Dans le cas du tableau n°
3,
onpeut
voir que les distri- butionsmarginales
des commandes de tubes A et B sontajustables
àdes distributions de Poisson.
Admettons que les tubes A
comportent
certaines commandes"pilotes"
distribuées suivant une loi de Poisson de moyenne
A,
et que les tubes Bcomportent également
certaines commandes"pilotes"
distribuées suivantune loi de Poisson de moyenne
B,
les deux distributions étantindépen- dantes,
mais tellesqu’une
commande"pilote"
de A ou B ait uneproba-
bilité p d’entraîner une commande de B ou A.
Nous obtenons un schéma
analogue
à celui de l’interaction des faces A et B en contact.Dans le cas du tableau n°
3, l’ajustement
des moments m lo, mol et i-tl, conduit aux estimations suivantes :estimations
qui permettent
d’établir le tableau n° 4 donnant l’effectifthéorique correspondant.
Tableau n° 4 Tubes B
Les résultats de ce tableau sont très voisins du tableau n°
3,
et enappliquant
le test deX2
aux divers groupes de casesencadrés,
nous obtenonsX2 = 1, 87,
résultat très satisfaisant pour 3degrés
de liberté(7
groupes, 3paramètres
déduits de la distributionempirique).
Ainsi nous sommes en droit d’admettre que tout se passe
comme si chaque
ensemble de tubes A et Bcomportaient
des commandes"pilotes"
distribuées selon 2 lois de Poisson
indépendantes,
une commande"pilote"
d’un
produit ayant
uneprobabilité
p d’entraîner une commande de l’autreproduit.
La fonction.caractéristique
du nombre de commandes reçues dans untemps
donné sera de la forme(3).
Ce résultat
peut
être utilisé dans l’étude des variations simultanées des stocks de deuxproduits.
En effet on
peut
engénéral
considérer les variations de stock d’unproduit
comme résultant d’un nombre aléatoire deprélèvements, d’impor-
tanche
aléatoire( 1).
On sait que si le nombre de
prélèvements
dans untemps
donnéest distribué suivant une loi de Poisson de moyenne
~,
et sil’importance
des
prélèvements
individuels est caractérisée par leurpoids
x, de fonc-tion
caractéristique y,, (t),
en admettantl’indépendance
de x et de la fré- quence desprélèvements,
la seconde fonctioncaractéristique
dutonnage
total
prélevé
Xpendant
letemps
considéré est :Dans le cas de 2
produits
A etB,
dont le nombre deprélèvements
sur
stock,
dans untemps donné,
résulte du mécanismeci-dessus,
nous admettronségalement
que lepoids
duprélèvement
d’unproduit
est indé-pendant
de lafréquence
desprélèvements
de ceproduit.
Par contre, on constate
généralement
que pour les commandesportant
à la fois sur desproduits
A etB,
lespoids
x et y commandésne sont pas
indépendants.
Admettons que l’étude des commandesportant
---
(1)
Voir parexemple
l’article : Somme d’un nombre aléatoire de termes aléatoires.Application
auxproblèmes
destockage
par B.Roy.
(Revue de StatistiqueAppli-
quée, 1960, Vol. VIII, n°1).
à la fois sur les
produits
A etB, permette
de déterminer la fonction de distribution G(x, y)
despoids
x de A et y deB,
dont lapremière
fonc-tion
caractéristique
estcr x,
Y( u, v) (nous
admettonsimplicitement
que la fonction de distribution despoids
x des commandesportant uniquement
sur le
produit
A estG(x, (0),
et que demême,
la fonction de distribu- tion despoids
y des commandesportant uniquement
sur leproduit
B estG( 00, y), hypothèses
à vérifier danschaque
casparticulier).
Soit
4~ x, (u, v)
la seconde fonctioncaractéristique
destonnages
totaux X et Y des
produits
A et B àprélever
sur stock dans untemps
donné.
Si nous nous intéressons
uniquement
à la distributionmarginale
deX,
dans leshypothèses faites,
sa seconde fonctioncaractéristique
sera,d’après
cequi précède :
De même pour la distribution
marginale
de Y :Soit alors la
fonction ( u, L* )
définie comme suit :Posons :
En faisant v = 0 dans
l’équation ( 12 ),
nous devons trouver une expres- sion en videntique
à(9) quel
que soit v.En
remarquant
quecp~ r (o, o) = 1,
nous trouvons :De même :
Donc :
et la seconde fonction
caractéristique
deX,
Ytonnages
totaux àprélever
sur stock en un
temps
donné est :Cette formule
permet
d’avoir les cumulants et les moments succes-sifs des
poids
totaux àprélever
sur stocks de deuxproduits
A et Bliés à la fois par la
fréquence
de leursprélèvements (suivant
le schémaindiqué)
et parl’importance
desprélèvements.
En
particulier, d’après (12)
la covariance deX,
Y estégale
à :E
(x y)
étantl’espérance mathématique
de x y etSi bien que le coefficient de corrélation entre X et Y est :
le
premier
terme est le coefficient de corrélation entre les nombres desprélèvements
sur stock.Dans le cas
particulier
étudiéci-dessus,
lespoids
de commandesx et y sont distribués selon deux lois
lognormales, log
x etlog
y étant distribués suivant une loi normale à deux variables de moyennes mi et m 2’ d’écartstypes
°1 et 6 2 et de coefficient de corrélation p .Dans ces conditions le calcul donne :
Le coefficient de corrélation entre X et Y est alors :
Dans le cas des tubes
sanitaires, l’expérience
a montré que leslogarithmes
décimaux despoids
x et y avaient le mêmeécart-type :
et que le coefficient de corrélation entre ces
logarithmes
était :Le coefficient de corrélation entre les
tonnages
X et Yprélevés
surstock en 4 semaines est alors
égal
à :0, 6555
>0, 9553 = 0, 6262
IV-CONCLUSIONS -
Les deux
exemples indiqués, pris
dans des domaines trèsdifférents ,
permettent
de tirerplusieurs
conclusionspratiques :
1/
lepremier exemple portant
sur certaines tachesapparaissant
au recuit en
piles
dedisques métalliques
montrequ’un
examenrapide
du
problème
aurait conduit à admettre que les résultats sur les deux faces A et B étaient trèscomparables,
alorsqu’en réalité,
les causesdes taches sont nettement
plus fréquentes
sur la face A(correspondant
à la face
supérieure
de la bande en cours delaminage).
Cette différence entre faces est
masquée
par laprobabilité
d’interac-tion entre faces au
recuit, probabilité
estimée à0, 747,
donc trèsappré-
ciable.
Ce résultat a
permis
de localiser leproblème
et deprendre
desmesures pour diminuer le
risque
depollution
de la bande en cours delaminage.
2/
Le secondexemple portant
sur les variations de stocks de deuxproduits
montre que dans les commandes(où
lesprélèvements)
sur stockdes deux
produits,
tout se passe commesi,
pourchaque produit,
ilexistait des commandes
"pilotes"
entraînant une commande de l’autreproduit
avec uneprobabilité
p. Il n’est pas nécessaire de définir cequ’
est une commande
"pilote"
pour unproduit,
mais seulement de constater que le schémaadopté
conduit à une distributionthéorique s’ajustant
bienavec la distribution observée.
Lorsque
les distributions réelles à deux variables aléatoirespeuvent
entrer dans le schéma
donné,
onpeut étudier,
d’unefaçon
relativementsimple,
les variations simultanées des stocks des deuxproduits,
enadmettant que ces variations de stocks résultent de
prélèvements
aléa-toires
(liés
suivant le processusenvisagé)
detonnages
aléatoires(liés
pour les deuxproduits), prélèvements
ettonnages
étantindépendants.
V - GENERALISATION -
Nous avons considéré dans cette étude que la
probabilité
d’interac-tion des
"germes"
était la même dans le sens face A --4 face B que dans le sens faceB201320132013~
face A.Dans certains cas, il faut
envisager
desprobabilités
d’interaction différentes.Changeons
les notations pour rendre les résultatsplus "symé- triques" :
-.1/
Soit unepremière
série de germesAl
distribués suivant une loi de Poisson deparamètre A 1,
et une seconde série de germesA 2
indé-pendante
de lapremière
et distribuée suivant une loi de Poisson de pa- ramètreA 2.
Les
probabilités
d’interaction serontp12,, P21
telles que : SérieA 1 pl2
SérieA 2
Evènement résultant
X1
~E p21 p2i
Evènement résultantX2
Il est clair que les distributions de chacun des évènements résul- tants
X 1
etX2
serontpoissonniennes,
deparamètre
L’expression
de laprobabilité
ducouple (X l, X 2)
seraplus
com-pliquée
que les formules(1)
et(2) ;
par contre la seconde fonction ca-ractéristique
ducouple (X1, X2),
soitf; (t l’ t 2)
est facile àobtenir,
sanspasser par
l’expression
de laprobabilité
ducouple (Xl, X2).
En
effet,
les distributionsmarginales
deXi
etX 2
sontpoisson-
niennes. En
posant et t 1 - Ul
etel,t2 = U2,
la seconde fonction carac-téristique f;(U 1, U2 )
est telle que :(seconde
fonctioncaractéristique
de la distributionmarginale
deX 1).
De
même,
pour la distributionmarginale
deX2 :
:Il en résulte que la seconde fonction
caractéristique ~ (U 1, U 2)
estnécessairement linéaire par
rapport
àU1
et parrapport
àU2,
De plus :
donc :
Le coefficient b est
égal
au cumulantK 11 :
En
remarquant
que :et que
x 1
etx2
d’unepart
etyl, y2
d’autrepart,
sontindépendants,
uncalcul
simple
donne :La distribution
marginale
ded’où :
de même :
Finalement :
2/
Considérons une usineproduisant
3produits Ai, A 2, A 3,
lescommandes
urgentes
étant livrées sur stock.On constate
qu’un
bon nombre de commandescomportent
à la fois2 ou 3 des
produits.
On
peut
considérer que certaines commandes d’unproduit Ai
ontune
probabilité p i ~
d’entraînerégalement
une commande d’unproduit Aj.
On
peut
admettre quechaque produit comporte
des commandes"pilotes"
entraînant la commande d’un autreproduit.
Or la distribution du nombre de commandes
urgentes
reçues dansun délai donné pour un
produit Ai s’ajuste
engénéral
assez bien à unedistribution de Poisson
(tout
au moins si lapériode
d’observation cor-respond
à une activitééconomique constante).
On
peut
alors admettre que leproduit A
icomporte
des commandes"pilotes" urgentes
dont le nombre dans untemps
donné suit une loi dePoisson ~. (A 1)
deparamètre Ai,
les commandes"pilotes"
desproduits Ai, A j
étantindépendantes.
Nous aurons ainsi le schéma suivant :
Les distributions
~(A1), ~ (A2), ~ (A 3)
étantindépendantes.
Les commandes
"résultantes"
sont telles que :D’après
tout cequi précède,
il est évident que la distribution deXi
nombre de commandes résultantes duproduit A i
estpoissonnienne.
Si
est la matrice des
probabilités
d’interaction des commandes"pilotes"
la matrice des
paramètres
des distributionsindépendantes
des commandes"pilotes"
etla matrice des
paramètres
des distributionspoissonniennes
des com-mandes résultantes.
Nous aurons :
Posons :
La seconde fonction
caractéristique
dupoint (Xj, X 2, X 3)
seraLa distribution
marginale
deX
i étantpoissonnienne,
sa seconde fonctioncaractéristique,
obtenue en faisantUj =
1(pour j / i)
dansq; (U 1, U 2, U3 )
sera linéaire enUi.
Il en résulte que
q;(U1, U2, U3)
est linéaire parrapport
à chacun desUi, 4~(Ui, U2, U3)
est donc nécessairement de forme :avec évidemment :
Les 8 coefficients inconnus sont
déterminés,
enremarquant
que :et que les distributions
marginales
descouples (X ¡" X 2), (X2, X 3)
et(X 1, X 3 )
donnent :et que les distributions
marginales
deX l’ X 2 , X3
donnent :Le coefficient d est alors déterminé par
l’équation (16).
Le calcul des différents moments centrés ne
présente
pas de diffi- culté enpartant
desexpressions (14)
et en observant que les variablesn’ayant
pas le mêmepremier
indice sontindépendantes.
On trouve :
On vérifie aisément que si on annule les coefficients p et A conte- nant l’indice
i,
on retombe sur une distribution à deux variables dont la seconde fonctioncaractéristique
est donnée par(13).
Admettons,
comme dans le secondexemple,
que pour les com- mandesportant
à la fois sur les 3produits,
lespoids
commandés z 1, Z 2’z 3
aient une fonction de distributionG(z 1,
z 2,z 3)
de fonction carac-téristique cp (t 1, t 2’ t 3 ) (en
admettantimplicitement
que lespoids
z 1 des commandesportant uniquement
sur leproduit A,
ont une fonction de dis- tributionG(z l’ ro, (0),
et que lespoids
ZI et Z 2 des commandesportant uniquement
sur lesproduits Al
etA2
ont une fonction de distributiong(zl,
z2oo)~
et que leshypothèses
similaires soientremplies
pour les autres combinaisons deproduits).
Soit ~ Z l’ Z 2’ z3 (t l, t 2’ t j)
la seconde fonctioncaractéristique
de ladistribution des
tonnages
totauxZ v Z 2, Z 3
desproduits Ai, A2, A3
àprélever
sur stock dans untemps
donné.D’après
cequi précède
la seconde fonctioncaractéristique
de ladistribution
marginale
deZ1
sera :On obtiendrait des
expressions analogues
pour les secondes fonc- tionscaractéristiques
des distributionsmarginales
deZ 2
etZ 3.
Soit alors la fonction
~; (t 1, t 2, t 3)
définie comme suit :où les coefficients sont ceux définis par les
équations (17).
Nous pouvons poser :
En identifiant alors
VZl’
Z2,z3 (t 1,
o,o)
àl’expression (18)
et enopérant
de même pour les variablesZ 2
etz 3,
nous trouverions quePar
conséquent :
VI - REMARQUES -
Les
généralisations précédentes
ne sont utilisablespratiquement,
que si l’on connaît apriori
les différentsparamètres
Ai etpij.
Eneffet,
si nousgénéralisons
le processus au cas de nvariables,
il faut intro- duire nparamètres
Ai et 2C n2 paramètres pij,
donc au total n2 para- mètres.Or,
une seconde fonctioncaractéristique
de n variables aléatoiresX
...,X n
linéaire parrapport
à chacun desUi dépend,
dans le casgénéral,
de :C 1
+C n 2
+C n 3
+ ... +Cn" =
2" - 1 coefficientsindépendants.
Ceci
étant,
abstraction faite de lacomplexité
trèsrapidement
crois-sante des calculs
lorsque
naugmente,
pour n 4 le nombre de para- mètres Ai etpij
estsupérieur
au nombre de coefficientsindépendants
entrant dans la fonction de distribution de
XI,
...Xn.
Ainsi si des va-leurs données de Ai et
pij
déterminent des coefficients de seconde fonc- tioncaractéristique uniques,
inversement la connaissance de ces coeffi- cients nepermet
pas de déterminer engénéral
une solutionunique
pourles Ai et pij.
Pour n
4,
la distribution deX
...,Xi
nepermet
d’avoir une solutionunique (correspondant
bien entendu à Ai > 0 et 0pij 1)
que si on ramène le nombre deparamètres indépendants
à2" -
1 au moyend’hypothèses supplémentaires.
C’est ce que nous avons fait
implicitement
au début de cetexposé,
en admettant que la
probabilité
d’interaction p est la même des faces Aaux faces B et des faces B aux faces A : c’est alors une
hypothèse logi-
que entraînée par des conditions de
symétrie évidentes,
etcorrespondant
à une réalité
physique.
Il
n’y
aplus
alors que 3paramètres indépendants
à déterminerpour une distribution dans
laquelle
entrent 3 coefficientsindépendants :
la solution
trouvée, lorsqu’elle
convient estunique.
Par
contre,
dans le cas des commandes sur stock de deuxproduits,
les
probabilités
d’interaction P12 et p21 n’ont aucune raison d’êtreégales ;
nous avons alors 4
paramètres
à déterminerd’après
la connaissance de 3 coefficients.L’introduction des commandes
"pilotes"
fictives est alors unsimple
artifice
permettant
de décrire aisément la distribution des deux carac-tères. Il existe alors une infinité de
systèmes
de commandes"pilotes".
Par contre les distributions
poissonniennes
de ces commandes"pilotes"
sont déterminées d’une
façon unique (si
ellesexistent)
dèsqu’on impose
à ces commandes une condition
supplémentaire,
parexemple
d’avoir desprobabilités
d’interactionégales P12 = P21 =
p.Dans le cas de deux variables aléatoires
X l, X 2
dont les distribu-tions
marginales
sontpoissonniennes,
et dont la seconde fonction carac-téristique
a parconséquent
la forme :On
pourrait
voir que la connaissance de al,a 21
b entralne l’existence d’une infinité desystèmes A1 > 0, A 2 > 0, 0 p12 11
0p21 ~
1 dès que :Mi. et
moi étant les moyennes des distributionsmarginales
deX l, X 2
et41, leur covariance
(ce qui
entraîne queal, a 2
et b soientpositifs).
Lorsque
les conditions(21)
sontréalisées,
il existe un seul sys- tème de valeursA 1 - A, A 2 =
B etP12 = P21 =
p. Lafréquence théorique
du
couple X,
Ypeut
alors êtrecalculée,
enparticulier,
par les formules( 1)
et(2).
En
reprenant l’analyse
faiteinitialement,
onpourrait
voirégale- ment,
en faisant parexemple
P12 =0,
que la fonction defréquence
ducouple X,
Ypeut s’exprimer
en fonction des moments mlo, mol"fill
sui- vant la formule :formule
d’emploi plus
commode que(1)
ou(2)
etqui
al’avantage
de faireapparaître
directement les moyennes mlo et mol de X et Y et la cova-riance
(X, Y) = b =
~ll. ·L’application
de la formule(22)
aux tableaux n° 1 et n° 3 avecaurait
permis
de calculer lesfréquences théoriques figurant
aux tableauxn° 2 et n° 4.
L’étude
développée
àpartir
d’un cas trèsprécis apparalt
ainsicomme un mode de
génération
trèsparticulier
des distributions à deux variables aléatoiresX,
Y dont la seconde fonctioncaractéristique
à laforme
(20)
les coefficients al, a2 et b étantpositifs.
Il va sans
dire, d’après
cequi précède
que les résultats obtenusen