RAW ou JPEG ?
Quel format d’image choisir lors d’une prise de vue ? Le format JPEG
Beaucoup d'amateurs sauvent leurs images au format JPEG car c'est un standard lisible par tous les logiciels contrairement au format RAW.
A l'inverse du RAW, le JPEG ne conserve pas toutes les informations contenues dans chaque pixel, ce qui limite fortement la latitude du traitement d'image sur les hautes ou les basses lumières. Mais pour du travail ordinaire où l'amateur ne vise par les concours de photographie, le JPEG est le format le plus pratique car il génère des fichiers 3 fois plus petits que le format RAW sans pour autant réduire la résolution. Si vous sauvez l'image au format JPEG (extension .jpg et parfois .jpeg), le protocole de conversion effectuera d'office une compression de l'image qui sera toujours plus ou moins destructrice.
Comment comprime-t-on une image ? Le protocole du format JPEG va essayer de gagner de la place sur tous les pixels redondants. Prenons une analogie. Si au lieu de décompter la couleur de chaque pixel d'une image en notant "bleu, bleu, bleu, vert, vert, jaune" vous dites "3 bleus, 2 verts, 1 jaune" vous avez gagné du temps et de l'espace, dans ce cas ci 31%, et vous pourrez reproduire les couleurs sans perdre aucun pixel. Mais au pire il peut considérer qu'il y a "du bleu dans cette zone, du vert dans cette autre et du jaune ailleurs". Cette fois la description de l'image est imprécise et conduira à la perte des détails. Ainsi procède le format JPEG. Mais cela n'est efficace que s'il y a peu de couleurs (ou de détails). A la limite, si tous les pixels sont différents, l'algorithme de compression ne sert à rien. Ceci explique pourquoi dans les mêmes conditions de travail, toutes les images JPEG n'ont pas la même taille sur disque, variant du simple au double selon les détails du sujet.
A la sauvegarde d'une image au format JPEG sur votre ordinateur, si vous utilisez un faible taux de compression (10%) l'effet sera peu visible à l'oeil nu mais déjà perceptible sur les agrandissements de sujets détaillés. Avec 50% de compression, la qualité des détails devient catastrophique. C'est à éviter. Pour constituer un dossier de travail ou publier des photographies sur Internet, une compression de 20 à 25% est acceptable, Comme les détails supportent très mal la compression, il y a également une couleur très sensible à cet artifice, c'est le rouge qui perd rapidement sa saturation et "déteint" sur les couleurs limitrophes. Quand il s'agit d'un petit détail rouge, si le taux de compression est important (>20%), il peut totalement disparaître dans une tache floue. Si vous êtes amené à photographier des objets rouges, n'utilisez que le format RAW ou le TIFF qui n'altère pas les pixels. Même problème lors du traitement d'image : en présence de détails rouges ne compressez l'image que de 10% maximum ou sauvez-là dans un format qui préserve sa couleur (TIFF, BMP, PNG, éventuellement GIF si l'image est codée sur 8 bits).
En bref, si vous souhaitez préserver la qualité de vos images, évitez d'utiliser la compression car vous allez bâcler tout votre travail et perdre votre temps en vain.
JPEG avec un taux de compression important JPEG avec un taux de compression faible
Le format RAW
Le format RAW qui signifie « brut » en anglais, est un fichier contenant toutes les informations brutes venant du capteur : il s’agit en gros d’un négatif numérique, comme la pellicule à l’époque de l’argentique. Sur ce « négatif », les données ont subi une compression sans perte et aucun traitement n’est appliqué. Le contraste, la netteté, la balance des blancs, ou la saturation doivent être appliqués lors du post-traitement
Contrairement au format JPEG qui limite la plage dynamique du capteur avec encodage sur 8 bits/couleur (2^8 soit 256 niveaux), le format RAW utilise la plupart du temps un encodage sur 12 (2^12, 4 096 niveaux) ou 14 bits (2^14 soit 16 384 niveaux) et offre donc une bien meilleure plage dynamique. Cette caractéristique est essentielle : elle permet aux photographes de corriger l’exposition si nécessaire (image trop claire ou trop sombre) et éventuellement de récupérer des détails dans les hautes lumières ou les zones sombres.
Le format RAW n’est pas normalisé et il existe autant de RAW différents que de boitiers. Sur un Mac, il est possible de visualiser dans le Finder la plupart des fichiers RAW comme un simple fichier JPEG, Apple propose une mise à jour de temps en temps pour inclure les nouveaux boitiers. Sur PC, Windows 7 ne prend pas en charge nativement les fichiers RAW dans l’explorateur de fichiers, mais peu importe : un RAW se « développe » avec un logiciel dédié comme Aperture, Photoshop, Lightroom, iPhoto, Photo Mechanic, ou DxO. N’ayez pas peur du mot « développer » : il s’agit simplement d’ajuster le contraste, la netteté, la saturation, et éventuellement la balance des blancs.
Par défaut, un RAW utilise la balance des blancs réglée sur le boitier lors de la prise de vue. L’énorme avantage du RAW est qu’il permet de modifier cette balance lors du post-traitement sans altérer la qualité.
Pour gagner du temps, il est possible d’effectuer les réglages sur une seule image, et d’appliquer le même traitement sur toute la série : une opération simple et rapide.
Une fois que les ajustements sont terminés, il suffit d’exporter les photos RAW en photos JPEG, rien de bien sorcier !
Une scène très contrastée en JPEG La même scène, avec le format RAW
Sur une scène très contrastée comme ci-dessus à gauche avec le soleil de face, une image JPEG (8 bits) crame les hautes lumières et détruit les informations : il est donc impossible de les récupérer en post-traitement avec un logiciel comme Aperture ou Lightroom.
Sur la même scène, ci-dessus à droite, une image au format RAW (12 bits, provenant d’un Fuji X100) crame également les hautes lumières par défaut, mais il est possible de récupérer l’information très facilement lors du développement. Le format RAW offre donc une bien meilleure dynamique avec des détails dans les hautes lumières et dans les ombres.
L’extension d’une image RAW varie en fonction du constructeur : .cr2 chez Canon, .nef chez Nikon, .arw chez Sony, .pef chez Pentax, .rw2 chez Panasonic, .orf chez Olympus, .raf chez Fujo, ou .x3f chez Sigma.
Le choix du format influe sur la capacité de votre carte mémoire
Vous trouverez dans le tableau ci-dessous, le nombre de clichés à une sensibilité de 100 ISO (format JPEG L avec une compression de 8 et format RAW ) qu’il est possible de stocker en fonction de la résolution du capteur de votre boitier et de la capacité de la carte mémoire.
Capteur 4 Go 8 Go 16 Go 32 Go 64 Go
10 Mpx
1DMK3, 400D, D3000, K-m
1060 JPEG 270 RAW
2120 JPEG 540 RAW
4240 JPEG 1080 RAW
8480 JPEG 2160 RAW
16960 JPEG 4320 RAW
12 Mpx
D3s, D300s, 1100D, K-r
885 JPEG
230 RAW
1770 JPEG 460 RAW
3540 JPEG 920 RAW
7080 JPEG 1840 RAW
14160 JPEG 3680 RAW
16 Mpx
1DMK4,
D5100, D7000, K-5
660 JPEG
185 RAW
1320 JPEG 370 RAW
2640 JPEG 740 RAW
5280 JPEG 1480 RAW
10560 JPEG 2960 RAW
18 Mpx
1Dx, 7D, 60D, 600D
590 JPEG
155 RAW
1185 JPEG 310 RAW
2370 JPEG 620 RAW
4745 JPEG 1240 RAW
9490 JPEG 2480 RAW
21 Mpx
Canon 5DMK2, 1DSMK3
505 JPEG
130 RAW
1010 JPEG 260 RAW
2020 JPEG 520 RAW
4040 JPEG 1040 RAW
8080 JPEG 2080 RAW
24 Mpx
Nikon D3x, Sony A77, A65
440 JPEG
115 RAW
880 JPEG
230 RAW
1760 JPEG 460 RAW
3520 JPEG 920 RAW
7040 JPEG 1840 RAW
Le poids d’une image dépendant des conditions de prises de vue, notamment de la sensibilité ISO et du taux de compression JPEG, les chiffres ci-dessus ne sont donnés qu’à titre indicatif.
Le format TIFF
TIFF est un format d'image universel haute résolution codant les pixels sur 8, 16 et même 32 bits entiers, ce qui lui permet de gérer jusqu'à 4.29 milliards de couleurs. Il supporte également plusieurs algorithmes de compression (dont LZW et ZIP sans perte de détails et JPEG en théorie mais pas dans les faits).
Le format TIFF est surtout utilisé dans l'édition. Il est peu utilisé sur les APN car il occupe beaucoup d'espace disque. A titre d'information, si un image JPEG de 12 Mpixels occupe 4 MB, elle en occupe 4 fois plus au format TIFF 32 bits non compressé. Seule contrainte, en théorie les fichiers TIFF (.tif ou .tiff) ne peuvent pas dépasser environ 4 GB de données "rasterisées", c'est-à-dire de points images compressés. En effet, si le taux de compression est suffisamment élevé, une image TIFF peut atteindre une taille de 232-1 pixels2, soit 65536 x 65536 pixels, ce qui représente un fichier de 4.3 GB!
En résumé Le format RAW + le négatif de l’image
+ permet de rectifier certains paramètres - format spécifique à chaque constructeur - très gourmand en taille disque
- nécessite un traitement et un transfert vers les formats TiFF ou JPEG pour l’utiliser Le format TIFF
+ format non destructif
+ universel, peut être relu sur la plupart des ordinateurs - aussi volumineux que le RAW sur les disques
Le format JPEG
+ volume réduit sur les disques
+ universel, peut être relu sur tous les ordinateurs et sur le Web + adapté pour les téléchargements et les tirages photo ou jet d ’encre - plus ou moins destructif selon le taux de compression
- destruction à chaque enregistrement lors de modifications - retouche des hautes et basses lumières quasi impossible
Format JPEG RAW
Retouche Limitée Maximale
Poids Léger (quelques Mo) Lourd (quelques dizaines de Mo) Transmission /
Partage
Rapide, idéal pour partager une photo sur Facebook ou par mail.
Le RAW est un négatif numérique qu’il faut développer : il est peu adapté à la transmission.
Stockage sur disque dur
Un disque de 2 To (2 048 Go) peut stocker environ 250 000 photos JPEG.
Un disque de 2 To (2 048 Go) peut stocker environ 66 500 photos RAW.
Tirage papier Format idéal pour l’impression.
Impossible de faire un tirage avec une image RAW, elle doit être développée en RAW ou en TIFF.
Encodage de la luminosité (dynamique)
Sur 8 bits, une dynamique faible qui ne permet pas de capturer des nuances dans les hautes lumières.
Sur 12 ou 14 bits, ce qui permet de ne pas cramer les hautes lumières et de ne pas boucher les noirs.
XMP
XMP a été crée par Adobe en 2001. C’est un fichier qui peut contenir toutes les informations de modifications apportées aux fichiers RAW sans altérer le fichier source
Créé ou édité par des logiciels spécifiques (Camera Raw, Lightroom) il permet de revenir à tout moment sur les modifications apportées de façon très souple. EXIF est l'abréviation de "EXchangeable Image File". Ce format définit les informations techniques concernant les paramètres de prise de vue et les réglages de l'appareil photo au moment de la capture numérique. Ces informations sont contenues dans le fichier image lui-même.
Ces données sont produites à la prise de vue et sont de type interne c'est à dire qu'elles sont intégrées dans l'image. Elles sont transportées avec l'image. En principe, elle ne doivent pas être modifiées. Certains logiciels gratuits(IrfanView,Pixvue,Photo studio) permettent de les lire ou les modifier si nécessaire, en particulier d'ajouter la position GPS, le copyright ou autre. Il permet aussi de voir les commentaires JPEG et la vignette que mon appareil photo insère dans l'image.
-1. Le nommage des photos.
Les images issues d ’un APN sont souvent de la forme identifiant-numero.extension (ex IMG_1234.JPG). Difficile d’identifier le sujet de la photo dans ce cas et risque de doublons quand le compteur de l’appareil tourne (ex de 9999 à 0001) ou si on a choisi l’option remise à zéro à chaque changement de carte mémoire.
Il est donc souhaitable de trouver une méthode d’identification de chaque photo qui permette de retrouver aussi bien le fichier d’origine (raw) que les inforamtions relatives au sujet.
Il y a deux grandes manières de faire:
- manuellement en choisissant son propre mode de nommage et de classement Adapté si on ne réalise pas beaucoup de photos par an (quelques centaines)
On pourra par exemple faire preceder le nom de la photo issue de l’appareil de la date (anneemoisjour) pour la rendre unique et la classer dans un repertoire annee, un sous repertoire vacances, etc…
- Automatiquement en utilisant un logiciel de classement d’images et de recherche (volumes de photos de quelques centaines à plusieurs milliers)
On laisse le logiciel faire le renommage selon certains critères et le classement à l’aide de mots clé qu’on rentrera soit dans le fichier exif, soit via le logiciel lui-même.
-2. Les outils de recherche et de classement.
Les outils de recherche se classent en 2 catégories. D'un coté, ceux qui construisent un catalogue de toutes les images disponibles et qui permettent de naviguer rapidement à l'intérieur du PC comme Irfanview, ACDSee, ZoomBrowser ou Picasa.
La recherche est alors purement visuelle. C'est parfait pour quelques centaines de photos et pour quelqu'un qui se souvient vaguement du contenu. L'utilisation est immédiate. De l'autre, les systèmes qui utilisent les métadonnées(exif ou xmp par ex). Ces systèmes (adobe bridge ) permettent des recherches beaucoup plus rapides et beaucoup plus faciles quel que soit le nombre de photos. Ils permettent de constituer des bibliothèques en provenance de sources différentes et de rechercher sans une connaissance au préalable du contenu.
Taille des images
La question qu’on se pose en achetant un APN offrant une résolution déterminée est de savoir quelle taille occupe sur disque une photographie numérique ? Tout dépend du format et du taux de compression. Imaginons une image de 12 Mpixels sauvegardée en 4096 x 3072 pixels sans compression.
Rappelons avant tout que 1 MB contient 10242 bytes et qu'il y a 8 bits dans un byte (octet). La technologie actuelle des APN code l'information sur 8 ou 12 bits/couleur. Il y a 3 couleurs par pixel, ce qui porte leur taille mémoire à 24 ou 36 bits/pixel. Le format de 24 bits/pixel correspond au mode "true color" des écrans d'ordinateur et des imprimantes de qualité photo. Il permet de gérer plus de 16.7 millions de couleurs tandis que le format 36 bits/pixel peut gérer jusqu'à 68.7 milliards de couleurs.
En "true color", une image de 4096 x 3072 pixels non compressée occupera (4096 x 3072 x 24 / 8) / 10242 = 36 MB sur disque. Une image de 2048 x 1536 pixels occupera 9 MB
la taille du fichier n'est pas strictement linéaire en fonction de la résolution ou du mode d'affichage car elle dépend également du niveau de détail contenu dans l'image ainsi que du format d'image et de la qualité (du taux de compression). Ainsi en utilisant le même mode d'affichage (par ex. 8 bits/couleur) et la même résolution (2048 x 1526 pixels), l'image d'un paysage contenant 80% de ciel bleu occupera par
exemple 900 KB sur disque au format JPEG alors que l'image d'un sous-bois très feuillu peut dépasser 5 MB.
Taille maximum des agrandissements
En photographie on s'accorde sur les valeurs suivantes, au-delà desquelles la pixelisation, le manque de détails et de piqué deviennent apparents (à condition d'avoir littéralement le nez sur l'image ou de l'agrandir à 200% sous Photoshop) : La formule de conversion utilisée est : Taille (cm) = (2.54 * Nombre de pixels / DPI) / 1000, sachant que 1" = 2.54 cm.
L’impression d’une photo 10x15 cm à 300 DPI nécessitera donc un fichier d’environ 180Koctets!
Son affichage sur un ecran de definition 1920x1080 en plein écran en nécessitera environ autant!
Il est donc raisonnable de redimensionner l’image en fonction de sa destination On utilisera pour ça des logiciels comme Irfanview, acdsee,photoshop, paintshop, etc
…
(si beaucoup de photos sont à redimensionner un traitement par lots comme peut le faire photoshop -CS ou elements- pourra être avantageusement utilisé!)
DPI en pratique
150 à 180 DPI sont suffisants en impression ou tirages numériques 70 DPI sont suffisants pour un affichage WEB (ou telephone portable)
Remarque : Ne pas confondre densité de points image et densité de gouttes pour les imprimantes jet d’encre(l’appellation DPI est souvent utilisée dans les deux cas)! Il faut en effet plusieurs gouttes d’encre pour imprimer un point de photo numérique!