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Formation d’un jet moléculaire intense de mercure
-Troisième partie
Ch. Cassignol, F. Daniel
To cite this version:
85 A.
FORMATION D’UN JET
MOLÉCULAIRE
INTENSE DE MERCURETROISIEME
PARTIEPar CH. CASSIGNOL et F.
DANIEL,
Centre d’Études Nucléaires de
Saclay,
France.Résumé. 2014 Étude au
spectromètre de masse de la condensation
partielle
dans un jet moléculairede mercure, formé dans un
dispositif
décrit dans deux articles antérieurs. Aucune condensation n’est décelée.Abstract. 2014 Mass
spectrometric
study of thepartial
condensation in molecular beams of mercuryproduced in a
previously described
set-up. No condensation can be detected.LE JOURNAL DE PHYSIQUE SUPPLÉMENT AU N° 6.
PHYSIQUE APPLIQUÉE TOME 25, JUIN 1964, PAGE 85 A.
Plusieurs travaux de ces dernières années sur
la
formation des
jets
moléculaires intenses ont mis enévidence le
phénomène
de condensationpartielle
dans le
jet
[1, 2].
Nous rendonscompte
ici de l’étudeexpérimentale
dudispositif
décrit par l’unde nous
[3],
effectuée à cepoint
de vueparticulier.
La méthode que nous avonsemployée
pour dé-tecter la condensation dans unjet
moléculaire consiste à faire traverser par unepartie
ou latota-lité de celui-ci la source d’un
spectromètre
demasse. Dans certains cas on constate que le
spectre
de masse
transporté
par le faisceauionique
estidentique
à celuiqui
résulterait d’une alimentation normale de la source d’ions. Dans d’autres cas, ilapparaît
unepopulation
d’ions de massesplus
élevées, multiples
de la masse de l’ion « monomère ». On dit alors que lejet
estpartiellement
condensé.Le
jet
moléculairetransporte
unepopulation
d’agglomérats
électriquement
neutres,
chacun étant formé par un nombre entier de moléculesprimaires.
Ces
agglomérats
sont ionisés dans la source, donnant naissance à des ionspolymères.
Comme il n’existe aucun moyen d’isoler unpolymère
neutre
particulier
et d’étudier sonspectre
de disso-ciation sousl’impact
électronique,
on nepeut
pas affirmer que lespopulations
desagglomérats
neutres et celles des ions
polymères
sontidentiques.
Cependant
l’apparition
d’unepopulation
depoly-mères
chargés
électriquement
est dans tous les cas révélatrice de l’existence concomitante d’une popu-lation depolymères
neutres.Il est essentiel que
le jet
moléculaire traverse lasource du
spectromètre
de_ masse sans en toucher lesparois,
car, s’il en étaitainsi,
unepartie
desagglomérats
seréévaporerait
en donnant despoly-mères inférieurs ou des monomères et la détermi-nation de la
population
seraitentachée
d’erreursystématique.
On remarquera sur lafigure
que lafente de sortie du
jet
moléculaire(qui
est aussi la fente de sortie desions)
estplus large (1 mm)
quela fente d’entrée
du jet
moléculaire(0,2
mm).
Elleest
également
un peuplus longue.
Une difficulté notable
peut
être redoutée apriori.
Nosexpériences
concernent le mercure et non, comme celles citées enbibliographie
des moléculesplus
légères.
A moins d’utiliser unspectromètre
demasse d’un encombrement et d’un
poids
consi-dérables,
il estimpossible
de se livrer à uneexplo-ration étendue du
spectre
de masse despolymères.
Compte
tenu du seulappareil disponible
etsuscep-tible d’être
adapté
à notredispositif
de formationde jet moléculaire,
nous avons dû borner notreexploration
à la détection de la masse200,
corres-pondant
à un atome de mercure et à la masse400,
correspondant
au « diatome » de mercure,simple-ment
chargés.
Il est inutile de résoudre le
spectre
de masse desisotopes
du mercure. Onpeut
sacrifier sans incon-vénient la résolution au niveau dessignaux
spectro-métriques.
Dans cetteoptique,
lesdiaphragmes
de définition à la sourceet au
collecteur sont relati-vementlarges
et la tensionappliquée
au repous-seur d’ions est élevée(jusqu’à
30volts).
La
figure
1 montre le fonctionnement duspectro-mètre de masse et ses
particularités d’adaptation.
Le tubeanalyseur
est fixé à l’extrêmité dudispo-sitif de formation
du jet,
à l’endroit antérieurementoccupé
par lepiège
terminal. Les circuits de pom-pagedu spectromètre
ont étésupprimés,
l’évacua-tion étant l’oeuvre du pompagegénéral
dudispo-sitif. La source d’ions est à l’intérieur du
dispositif,
sur letrajet
du faisceau. Le rayon de courbure no-minal destrajectoires ioniques
est de 10 cm. L’in-tensité duchamp
peut
atteindre 6 000oersted,
cequi
apermis,
dans des conditions defonction-nement inoffensives pour le
bobinage magnétisant,
de détecter l’ion
atomique
de mercuresimplement
chargé
avec une tension d’accélération de 600 volts. Avec le mêmechamp
magnétique,
le « dimercure »simplement
ionisé est détecté avec 300 voltsd’accé-lération.
86 A
Fie. 1. - Schéma de
principe
del’analyseur
de jet molé-culaire.1 : Repousseur d’ions ; - 2 : Filament émettant des
électrons ; - 3 : Électrode d’extraction ; - 4 : Demi-plaque ; - 5 : Électrode d’accélération ; - 6 et 7 :
Masses polaires.
Trajectoires ioniques : en traits pleins.
Trajectoires atomiques : en traits interrompus.
Les
signaux
spectrométriques
deviennentindé-chiff rables pour des tensions d’accélération
infé-rieures. C’est la raison pour
laquelle
nous n’avonspas pu détecter de
polymère
de massesupérieure
à 400.La source d’ions du
spectromètre
de masse ; dutype
classique
de Nier a été réaliséespécialement
pourl’analyse
dujet
moléculaire de mercure.Elle
comporte
plusieurs particularités
de cons-truction. Enplus
de l’existence et de ladisposition
des fentes d’entrée et de sortie pour lejet, déjà
mentionnées,
elle est d’une structure très’aérée,
ceci
permettant
une évacuationrapide
du résiduel. Lechamp magnétique
auxiliaire estproduit
pardeux
pièces
deTiconal,
solidaires du corps de la source. Nous avons dû renoncer à utiliser le para-mètreclassique
deréglage
constitué parl’orien-tation
empirique
duchamp
magnétique
auxiliaireappliqué
sur la source.’
Le repousseur
d’ions,
danslequel
la fente d’entréeest
pratiquée reçoit l’impact
dujet
moléculairedoiit la section droite à cet endroit est
d’envi-ron 2 cm2. Cette section droite est déterminée par
un
diaphragme
d’ouverture situé àl’emplacement
précédemment occupé
par la croix C et maintenupar
conséquent
à latempérature
d’ébullition del’azote. Le
réglage
est faitquand
l’appareil
estplein
d’air,
le tubeanalyseur
duspectromètre
étantenlevé et l’électroaimant reculé. On
aligne
le centrede la
buse,
le milieu dudiaphragme
d’ouverture etles fentes de la source d’ions par visée
optique.
Résultats. - Nous
avons
expérimenté
l’orifice enparoi
mince décrit dans lapremière partie
et latuyère conique divergente
de 50 mm delongueur,
d’ouverture300,
décrite dans la deuxième. Lesrésultats dont voilà l’essentiel ont été
identiques.
Lors du
premier chauffage
du mercure, les ions de masse 200 et 100apparaissent
lespremiers
(l’ion
de masseapparente
100 est constitué par unatome de mercure deux fois
ionisé).
Quand
latem-pérature
du fours’élève,
l’ion de masse 400(2
Hg+) émerge
du bruit de fond. En mêmetemps
l’intensité dessignaux
des masses 200 et 100augmente
parallèlement.
L’intensité maximale dusignal
de la masse 400 est une fraction de pour centde l’intensité de la masse 200
(la
comparaison
estfaite sous une tension d’accélération de 300
volts,
par
balayage
duchamp magnétique). Quand
on élève encore latempérature,
les masses 200 et 100 continuent de croître enintensité,
mais la masse400 diminue et finit par
disparaître complètement.
Elle nereparaît
pas au refroidissement ni lors deschauffages
ultérieurs.Conclusions. -
L’apparition,
mêmefugitive,
de la masse 400 montre que l’ionisation du «dimer-cure o n’est pas
accompagnée
d’une dissociationtotale,
et que la méthode d’observation despoly-mères
neutres,
pourimparfaite
qu’elle
soit,
est correcte dans sonprincipe.
L’absence du dimercure dans
nos jet
moléculairesquand
les conditions deproduction
sont normalessemble prouver que notre
procédé
ne provoqueaucune
condensation.
Les circonstancesd’appari-tion du dimercure nous semblent relever d’un état
préalable
de condensationpartielle
de la vapeur.Rappelons
que cephénomène
a étésignalé
dans labibliographie
et estresponsable
de la condensationpartielle des jets
obtenus par la méthodeclassique
de l’effusionmoléculaire, également
dans des condi-tions detempérature
modérées[4, 5].
Manuscrit reçu le 11 octobre 1 J63.
BIBLIOGRAPHIE
[1] BECKER (E. W.), BIER (K.) et HENKES
(W.),
Z. Physik,1956, 146, 333.
[2] HENKES (W.), Z. Natur f., 1961, 16 a, 842; 1962,17 a, 786.
[3] CASSIGNOL (C.), J. Physique, Suppl., 1963, 24, 6 A et
1963, 24,109 A.
[4] FRASER (R. A.), Molecular Rays, Cambridge, at the
University Press,1931, p. 189 et 193.
[5] RAMSEY (N. F.), Molecular Beams, Oxford, at the