COOPE.RATION ET DEVELOPPEMENT
EVAL lIAT tON S
ASPECTS
SOCIO-ECONOMIQUES
DE LA RIZICULTUREEN BASSE ET fV10YENNE CASAMAt'lCf
MISSION D'EVALUATION
Mai 1985
ASPECTS SOCIO-ECONOMIQUES DE LA RIZICULTURE
EN BASSE ET MOYENNE CASAMANCE
PH. BONNEFOND - MRE-CD A. ~OQUAY- CEGET-CNRS
SOM.MAIRE -=-=-=-=-=-=-=-=
1PREMIERE PAR TIE :
CONDITIONS ECOLOGIQUES, TECHNIQUES ET SOCIALES DE LA RIZ/CUL TURE EN BASSE ET MOYENNE CASAMANCE
CHAPITRE 1 : GRANDES CARACTERISTIQUES DES DEUX REGIONS: BASSE ET MOYENNE CASAMANCE
1.1 - ORIGINALITE DE LA CASAMANCE 1.2 - LA CASAMANCE MARITlXE
1.2.1. - La Basse Casamance recouvre trois départements
1.2.2. - Trois grandes zones 1.3 - LA HOYENNE CASAMANCE
PAGES
1
7
8 10
10 17 19 Première sous-oartie Ressources naturelles et ressources
~umaines j sécheresse et migration,
deux handicaps fondamentaux 25
CHAPITRE 2 : EVOLUTION DES CONDITIONS ECOLOGIQUES ET DE LA SITUATION DU RIZ DANS L'ESPACE
2.1 - UN ECOSYSTEME FAVORABLE AU RIZ MAIS PERTURBE PAR LA SECHERESSE
2.1.1. - Un climat contrasté
2.1.2. - L'opposition plateaux-terres basses 2.1.3. - Caractéristiques, aptitudes principales
et ueilisation des sols
2.1.4. - Les conséquences de la sécheresse sur les sols des rizières
2.2 - LA PLACE DU RIZ DANS L'ESPACE AGRICOLE
2.2.1. - Définition des types de rizières et de riziculture
2.2.2. - Une régression du domaine rizicole
2.2.3. - Une ~oindre importance de la riziculture traditionnelle de bas-fonds
2.2.4. -Mesure de la place du riz par rapport aux autres cultures
CONCLUSION
29 39 42
46
46 47
S4
59
3.1 - EN BASSE CASAMANCE
3.1.1. - Tendances démographiques en Basse Casamance 3.1.2. - Disponibilité de la main-d'oeuvre
3.2 - EN MOYENNE CASAMANCE
61
63 63 65 i l 3.2.1.
.3.2.2.
3.2.3.
3.2.4.
3.2.5.
3.2.6.
- Une population plus jeune - Structure par âge et par sexe - Faiblesse relative de l'émigration
saisonnière
- La migration permanente toucherait plus les communautés non diola
Une immigration très marquée
- Une tendance à la recrudescence des migrations entre zones rurales dans
les deux régions
71 72 74 74 75
75
Deuxième sous-partie
INTRODUC'fION
TrŒditions et ahangements dans les stratégies
des unités de produation paysannes 77
79 CHAPITRE 4: EN PAYSDIOLA: UNE SOCIETE ORGANISEE AUTOUR
DU RIZ
4.1 - UN SYSTEME SOCIO-ECONOMIQUE "EN TRANSITION"
83
85 4.1.1.
4.1.2.
4.1.3.
4.1.4.
CONCLUSION
Les principes de l'organisation socio- économique de référence
- Organisation de la production La gestion des réserves de riz
- Evolution des formes et du rôle de l'épargne
85 89 98 101
108
4.2 - DES TECHNIQUES FIGEES
4.2.1. - Le déroulement des t~avaux agr~ccles 3U
cours d'une année dans le système de production Diola
110
110
4.2.2. - Bilan de la riziculture
4.2.3. - L'accent mis sur de nouvelles cultures spéculatives
CONCLUSION
CHAPITRE 5 : EN PAYS MANDINGUE ET "MANDINGUISE", UNE MOINDRE IMPORTANCE DE LA RIZICULTURE 5.1 - PEUPLEMENT ET ORGANISATION SOCIALE MANDINGUE 5.2 - LE PHENOMENE DE "MANDINGUISATION" DES DIOLAS 5.3 - ORGANISATION DE LA PRODUCTION AGRICOLE
PAGES
121 131 138
141 143 144 145 5.3.1. L'unité de production: à quel niveau
la situer 145
5.3.2. - L'accès à la terre, un droit d'usage 145 5.3.3. - Répartition des tâches, des responsabilités,
des produits dans l'unité de production 148
5.4 - UNE RIZICULTURE FEMININE 150
5.4.1. - La riziculture aquatique 150
5.4.2. L'organisation de la culture du riz pluvial 151 5.4.3. - La riziculture de décrue ou de contre saison 152 5.5 - BILAN: LES PROBLEMES DE LA RIZICULTURE EN PAYS
MANDINGUISE 153
CONCLUSION GENERALE 157
LES TENTA TIVES DE DEVELOP PEMENT AGRICOLE DANS LA REGION
CHAPITRE 1 : LA SOMIVAC
1.1 - MISSION ET OBJECTIFS 1.2 - MOYENS
1.3 - ADMINISTRATION 1.4 - RESULTATS
1.4.1. - Population encadrée 1.4.2. - Bilan physique 1.4.3. - Cultures nouvelles 1.4.4. - Commerci!alisation 1.4.5. - Intrants utilisés
CHAPITRE 2 : LE' P.R.S.
2.1 - LE PRS l
2.2 - PRESENTATION DU PRS II 2.3 - LES RESULTATS DU PRS II
2.3.1. - Population encadrée 2.3.2. - Superficies concernées 2.3.3. - Rendements obtenus 2.3.4. - Production
2.3.5. - Commercialisation 2.4 - LES THEMES TECHNIQUES DU PRS II
2.4.1. - Le désouchage·
2.4.2. - La culture attelée 2.4.3. - Le labour
2.4.4. - Semences et semis 2.4.5. - La fumure
2.4.6. - Le désherbage 2.4.7. - La récolte
2.4.3. - Crédit et intrants
161
165
167 167 167 168 168 169 174 175 1.75
181 183 184 185 185 186 188 189 192 192 192 193 194 195 198 200 201 202
3.1. - PRESENTATION DU PIDAC 2.7 - CONCLUSION
3.4. - ENCADREMENT ET VULGARISATION
4.2. - RESULTATS
PAGES
203
204 204 201 209
2l~
211 212 214 216 219 220 222 223 228 230 231
234
235 236
237
239 239 239 240 242 243 245 - La culture attelée
- Le labour
- Semences et semis - La fumure
Le désherbage - Crédit et intrants 3.3.l.
3.3.2.
J.3.3.
3.3.4.
3.3.5.
3.3.6.
- LES RESULTATS DU PIDAC
4.2.1. - Population encadrée 4.2.2. - Superficies concernées 4.2.3. - Rendements obtenus 4.2.4. - Production
4.2.5. - Commercialisation 3.6. - CONCLUSION
3.5. - LES AMENAGEMENTS HYDROAGRICOLES ET LES EQUIPEMENTS COLLECTIFS
3.2.1. - Population encadrée 3.2.2. - Superficies condernées 3.2.3. - Rendements obtenus 3.2.4. - Production
3.2.5. - Commercialisation 3.3. - LES THEMES TECHNIQUES DU PIDAC
2.5 ENCADREMENT ET VULGARISATION AU PRS II 2.6 - LES AMENAGEMENTS HYDROAGRICOLES ET LES
EQUIPEMENTS COLLECTIFS
4.1. - GENERALITES CHAPITRE 4 : LA M.A.C.
CHAPITRE 3 : LE P.I.D.A.C.
4.3. - QUELQUES DONNEES CONCE~~ANT LES THEMES TECHNIQUES
CHAPITRE 5 : GUIDEL CONCLUSION
245 247
l
ANNEXES 1ère Partie
Annexe l Principe des barrages anti-sel
Annexe II Les différents types de :rizières et de riziculture
Annexe III Evolution de la superficie des cultures et jachères
Annexe IV Superficies cultivées et principales cultures
Annexe V Migration saisonnière
Annexe VI Compléments bibliographiques ANNEXES IIème Partie
Annexe l La casamances cartes et schémas
Annexe II Les zonages de la basse et de la moyenne casamance
Annexe III La casamance
Annexe IV La moyenne casamance Annexe V La basse casamance Annexe VI La somivac
Annexe VII Le P.R.S. II Annexe VIII Le PIDAC Annexe IX La M.A.C.
Annexe X Les temps de travaux Annexe XI Les calendriers culturaux Annexe XII Les comptes d'exploitation Annexe XIII Revenus et dépenses
Annexe XIV Bibliographie Annexe XV Abréviations
3 7 II
15 21 23
5 14 19 26 28 36 43
52 54 67 76 105 110 119
PREMIERE PARTIE
CONDITIONS ECOLOGIQUES, TECHNIQUES ET SOCIALES
DE LA RIZICULTURE EN BASSE ET MOYENNE CASAMANCE
3
"Compte tenu du coût éLevé de La fiLière de production du riz dans La vaLLée du fLeuve SénégaL, iL est apparu nécessaire d'étudier Les conditions de La produc- tion du riz en Casamance afin de voir s'iL était souhaitabLe de favoriser, dans de meiLLeures conditions, une augmentation de La production dans cette région" (qui assure actueLLement 60 Xde La production nationaLe) (teMmes de référence de cette mi ssi.on) •
Il s'agit donc, dans' cette première partie d'une é'VaLuati'on sur L'économie du riz en Casam~nce, d'anaLyser Les conditions de La production rizicoLe, conditions écoLogiques, techniques et sociaLes dans Le cadre des deux sous-r~gions principaLes productrices, La Basse et La Moyenne Casamance.
On s'attache à expLiquer ici La situation actueLLe à travers l'évoLution qui a eu Lieu depuis La période de L'Indépendance du pays, période où ont été effectuées pLusieurs études de référence sur La région (1).
Après un premier chapitre qui présente Les grandes caractéristiques des deux sous-régions, Basse et Moyenne Casamance, et Leur dtversité interne, L'étude s'or- ganise en deux parties.
On met en évidence, dans un premier temps, L'état actueL des ressources natu- reLLes et humaines Liées à La production du riz à travers L'espace géographique
régio~aL (chapitre 2 et 3).
On anaLyse, dans une seconde phase, Les modaLités tèchniaues et sociaLes de cette production de riz (chapitre 4 et 5) :
(1) CINAM SERESA.
- Louis vincent Thomas "Les DioLa"
- PauL PéLissier "Les Paysans du SénégaL" (Les références compLètes sont ren- voyées en bibLiographie).
1
- en se pLaçant du point de vue de la rationalité des deux grands types de sys- tèmes paysans, diola et mandingue (ou mandingui sé) face à l'extérieur
- au niveau des unités économiques de base, les ~roupes domestiques;
- en tenant compte du rôle du riz, non seulement dans la production agricole, mais aussi dans la consommation al1mentair~, l'épargne et les échanges des familLes.
Fig. -1-1 - PRESENTtHIOI~ - CARlE ADMINISTRATIVE DE LA CASAMANCE
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oLimite d'Etat Limite de Région Limite de Département Limite d'Arrondissement Chef-lieu de Région
Chef-lieu de Département Chef-lieu d'Arrondissement
GRANDES CARACTERISTIQUES DES DEUX REGIONS
BASSE ET MOYENNE CASAMANCE
sols de bas
Située au Sud-Ouest du SénégaL, La région administrative Casamance occupe 28 350 km2, soit 14,4 % à~ territoire nationaL et compte 15 % de La popuLation, autour de 850 000 habitants pour 1983, avec un taux de croissance de 2
r.
par an, pLus faibLe que La moyenne du pays (2,6 %).î.1. ORIGINAL!TE DE LA CASAMANCE
La Casamance se caractérise par certains traits originaux dans L'en- sembLe nationaL sénégaLais, facteurs de rapprochement et d'identification régionaLe et par une grande diversité sur Le pLan intérieur (1).
La spécificité casamançaise tient à
- sa situation périphérique et son isoLement par rapport aux pôLes essentieLs d'activité; Cap Vert et zone arachidière., ELLe se trouve entre deux fron- tières, La Guinée 8issaü et La Guinée Conakry au Sud, La Gambie angLophone au Nord, qui La sépare du reste du territoire nationaL et gêne Les communications.
Cette situation périphérique de La Casamance se traduit par Le caractère resté traditionneL des systèmes de production, dans Leur ensemble. Les processus techniques reposent encore essentielLement sur L'énergie humaine et sur
l'utiLisation d'un outiLLage manueL. La cuLture attelée est peu ou maL développée.
- son miLieu naturel subsuinéen à L'Ouest et soudanien à l'Est qui La distingue du milieu sahélien. Première région pour la pluviométrie (de 1 000 mm à L'Est à 1 700 à L'Ouest en moyenne des années 1931 - 1960) c'est La seule qui pos- sède encore un couvert forestier fermé sur La majeure parti"e de son territoi re, des aptitudes natureLLes et des traditions pour La production du riz, devenu La nourri- ture de base des SénégaLais. ELLe jouit de ce fait d'une réputation de prospérité tout à fait surfaite désormais aLors qu'eLLe se trouve dans une situation de crise écologique et économique sans précédent. La sécheresse persistante depuis plus de quinze ans provoque une transformation profonde voire irréversibLe de L'environne- ment natureL et des formes de gestion qui s'y appLiquent.
On observe une dégradation accéLérée du couvert végétaL et des fonds propices au riz.
La Casamance nI exporte pas de riz, eLle est au contraire Large- ment déficitaire depuis Les années 1970.-
(1) ALors que Le pays DioLa à L'Ouest déveLoppe un particuLarisme LocaL très vif, Le pays PeuL à L'Est se raooroche davantage sur Le pLan écoLogique et éthn1que du SénégaL Oriental. La région a d'aiLLeurs été divis~administrativeme~ten deux parties en janvier 1984, Basse Casamance à L'Ouest, Haute et Moyenne Casa- mance à L'Est, partage non encore suivi d'effets?
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1984).
- au niveau intra-régional se différencient trois grands ensembles êcologiques et éthniques particuliers:
- à l'Est la Haute Casamance soudanienne est le domaine des Peuls sédentaires cultivateurs de mil et éleveurs pour qui le riz n'est qu'une cul- ture vivrière secondaire, mais où un important projet de riziculture est en cours de ,.éalisation (1).
- au Centre en Moyenne Casamance, dans le département de Sédhiou, les Mandingues et les Balantes installés de part et d'autre du fleuve Casa- mance cultivent du riz dans les petites vallées adjacentes, riz ~ussi important pour eux que le mil dans l'aLimentation.
- à l'Ouest, en Basse Casamance les paysans diolas sont répu- tés pour leurs techniques très élaborées d'aménagement en rizières des zones de man- grove qui se trouvent dans le vaste estuaire de La Casamance. Paul Pélissier parle à leur propos "d'authentique civilisation du riz".
La Moyenne Casamance a connu les premiers projets de développement de la région, les Mandingues ont associé au riz La culture de L'arachide depuis plus
longtemps et plus largement que les Diolas. L'économie y est plus monétariséequ'en-- Basse Casamance.
1.2. LA CASAMANCE MARITIME
1.2.1. La Basse Casamance recouvre troi s départements: Bignona au Nord du fleuv~ Oussouye et Ziguinchor au Sud. Elle s'étend sur 73~ km2 pour quelques 231 000 habitants' en 1982 soit une densité de 32 hab/km2.en m,1itlJ. fl1f<1!.
Le bas pays casamançais appartient à un ensemble géogra-
;;hique plus vaste qui englobe toutes les rias et les plaines côtières réparties de la Gambie à la Sierra Léone. Cette zone fût nommée "Pays des rivières du Sud"
~ar les navigateurs portugais qui la découvrirent et furent étonnés d'y trouver des
(1) la "mise en valeur du bassin de l'Anambé" par la SODAGRI société de dévelop- pement agricoLe et industriel du SénégaL. ELLe s'est assignée La production,
"dans une quinzaine d'années", sur cette zone, de 115 000 t de ,.iz par an, 26 000 t d~ sorgho et de mais" la création d'au moins 1 000 empLois permanents et la fixa- tlon de 2S 000 familles de paysans: cela sur une zone irriguée de 16 '000 ha permet- tant La doubLe cuLture (plus de 20 000 ha de céréaLes pLuviaLes) et L'embouche
(60 000 têtes de n'dama) : "on transforme L'élevage contemplatif en élevage écono-
~ique'''',Avec création d'un compLexe agro-industrieL (rizière, stockage et traitement aes cereales, alimentation du bétaiL), construction d'un barra~e. Le premier barrage, sur le con~Luent Kayanga-Anambé, étant réaLisé depuis août 83, L'aménagement de queL- ques centalnes d'ha était en cours début 1984 (~icheLine ROUME·GOUS·RCP' ,
/ energle C.N.rt.S.
11
Fig. 3-1
POPULATION OE L'ArRE D'ETUDE AVRIL 1980
'1i LLede Bi gnona ••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••• ' 15.500 Arrondissements de Bignona •••••••••••••••••••••••••• : •••• 145.496 Total département de Bignona •••••••••••••••.••••••••••••• 160.996 Vi lle d'Qussouye •••.••••.••••••••••...••••..•••••••••••••. 2.636 Arrondissements d'Oussouye ••••••••••••••••••• •••••••••••• 26.461
département d'Oussouye 29.097
de Ziguinchor •.••.••••••••••••••.•••..•.•••••••.•••• ~O.OOO
Arrondissements de Ziguinchor 44.738
TotaL département de Ziguinchor 134.738
TotaL
.'
'/iLLe
0 '
TotaL de~ arrondissements de Basse Casamance •••••••••••••• 216.695
TotaL des vi LLes de Basse Casamance 108.136
TotaL Basse Casamance 324.831
TotaL départemen~ de Sedhiou 219.718
Source: Harza sur La base du recensement administratif annueL.
popu.Lations capabLes de construire de véritabLes poLders, de défricher La mangrove et de déssaLer Les terres, pour y cuLtiver du riz.
Un viLLage, dioLa est organisé en fonction du domaine rizi- coLe. L'histoire des viLLages se confond avec ceLLe de L'aménagement des zones aLLuviaLes en rizières et La pLupart sont étabLis au contact entre deux types de terroirs très contrastés:
- Les terres bien drainées du pLateau où La forêt d'ori- gine est Largement rempLacée par Les cuLtures sèches; arachide, miL, ma1s et où
L'habitat se dissimuLe parmi Les peupLements des paLmiers à huiLe, des roniers, des arbres fruitiers, des grands arbres, fromagers ou caicédrats.
- Les terres basses inondabLes du bassin de La Casaman~e
parcourues par un réseau compLexe de marigots, domaine des rizières/situées, en con-.
trebas directement au contact des zones d'habitat, Le Long des petites vaLLées qui découpent Le pLateau et sur Les pLus basses pLaines.
(Figure 4.1).
Dans L'ensembLe, Les "vaLLées dégagées" occupent 15,2 %de La superficie, Les mangroves/tannes, eaux de surface 25,6 %, tandis que sur Les pLateaux, cuLtures sèches et jachères s'instaLLent sur 21,6 %des terres, Les forêts sur 28,7i~, Les savanes et prairies sur 7,7 % (SOMIVAC 78).
Le domaine de La rizicuLture (Les vaLLées dégagées) est Le pLus étendu au Sud du fLeuve dans La zoned'Oussouye (23,20 %) puis dans Le BouLouf, LI arrondi ssement de Tendouck (16,5 %), et décroit vers Le Nord et vers LI Est à
Sindian et DiouLouLou (11,5 X). Inversement Le domaine des cuLtures'sèche~_prédcmineav nord et à L'est et se réduit en aLLant vers Le sud.
ActueLLement L'importance reLative des cuLtures fait'apoa- raitre dans L'ensembLe une nette prédominance des cuLtures de pLateau.
Le riz n'est pas La principaLe cuLture, iL occupe autour de 30 %de La superficie cuLtivée, superficie qui peut varier du simpLe au doubLe seLon les ~nnées en fon6- tion de La pLuviométrie de 20 000 à- 40 000 ha en moyenne.
L'arachide prédomine avec 46,3 %des superficies et 33 000·
ha en 1982. Viennent ensuite Les cuLtures de miL et sorgho (15 %) Le mais (8 %), Le riz pluviaL, Le niébé, La patate douce •••
Le riz reste cependant La cuLture fondamentaLe pour Les pay-
Figure 4.1. PRESEtHATIOU
ZONES ALLUVIALES DE BASSE CASAMANCE
16'JO' 16' lli'JO'
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CARTE DE SITUATION
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Source J. VIEILLEFON : Les sols de mangrove et des tannes de Basse Casamance (Sénégal). Mémoire ORSTOM~ n° 83/ Paris/ 1977.
sans puisque 90 ï. d'entre eux en auraient, cultivé en 1982, alors que 54 % seule- ment auraient cultivé de l'arachide.(PIDAC 1983).
- L'extension du domain~ rizicole a conditionné une forte densité de population (fig 5.1).
Partout en B~sse Casama~ce les village~ atteignent des chiffres de popuLation élevés. Ainsi, sur les vingt et un v"illages de l'arrondissement de Tendouck le plus densément peuplé avec N~aguis dix comptent de 1 000 à 3 000 habitants, trois de 3 000 à 4 000 habitants, l'un d'eux Thionck Essyt dépasse 6 000 habitants sur 84 km2 et se place parmi les premières aggloméra~ionsdu pays.
~ Les populations d'éthnie diola forment l'immense majorité de la popuLation: 80 % (fig.6.1 ) les autres éthnies, les Bainoucks, la plus an- cienne de la région, les Manjack~ venus de· Guinée· Bissaa, les Mandingues et les
Peuls ne sont importantes qu' autour de Ziguinchor dans l'arrondissement de Niaguis . Les sous groupes diolas se différencient par leurs dialectes, et par quelques nuances dans Les régimes fonciers mais ils se caractérisent :ous par un système social égalitaire qui laisse une large place à l'initiative individueLLe, et où La femme joue un rôLe très' important dans la production et La consommation au niveau des ménages.
Il existe deux grands types de système de production en Basse Casamance. Le système que l'on qualifie de diola "pur" et le·système mandinguisé des dioLas qui ont adopé Les techniques de production des popuLations mandingues de l'Est.
Le système diola "pur" associe hommes et femmes dans Le travail de la rizière tandis que dans le système diola mandinguisédes arrondisse- ments de Sindian, de Tanghory et/tune partie de Diouloulou, et de Niaguis , les hommes dicLas ont abandonné leur outil traditionneL, le Kayendo, pour L'instrument de Labour mandingue, La daba,et la totalité des travaux de rizicuLture à ~eurs femmes, pour se
consacrer de préférence à la cuLture commerciaLe de l'arachide et aux autres cultures de pLateau. IL sont mieux équipés en traction attelée.
Depuis une dizaine d'années Les paysans adoptent de nouveLLes stratégies pour faire face à La persistance de La sécheresse.
Certains changements pLus ou moins sensibles selon Les conditions micro-LocaLes se manifestent.
:
15
FIGURE 5.1
DENSITE DE POPULATION RURALE EN BASSE CASAMANCE (1982)
PAR ARRONDISSEMENTS ET DEPARTEMENTS
:
~RRONDISSEMENTS POPULA TION (1) SUPERFICIE (2) km2
DENSITE :hab/km2 (chiffres
arrondis)
:---:---:---:---:
Diouloulou : Sindian :ïenghory
,Tendouck
Total de~Bignona
.: Niaguis Niassia :
TotaL de~Ziguinchor:
:
Loudia OuoLof Kabrousse TotaL Oussouye
TotaL ~asse
Casamance
31.868 43.272 38.839 40.214 154.193
31.630 16.124 47.754
19.034 9.842 28.876
230.823
1-.,883 1.437 '.073'
902 5.295 4.183 (3)
692 461 1.153 1.053 (3)
517 374 . 872 (3)891
7.339 6.108 (3)
17 30 36 44 29 37 _46 35 41 45 37 26 32 33
31,5 37,8 - Source bureau régionaL de La statistique
2 - Source Unité de PLanification RégionaLe SOMIVAC 3 - suoerficie sans Les forêts cLassées
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17
De nouveLLes formes de rizicuLture en semis direct se dévelo- ppent de façon inégaLe sous L'infLuence du programme intégré de déveLoppement de
L'agricuLture en Casamance(PIDAC)' -r pour paLLier le manque d'eau et La remontée consécutive des seLs marins dans Les soLs de bas fond où se pratique La rizicuLture traditionneLLe inondée en repiquage. A La rizicuLture s'associe, surtout au Sua du fleuve, L'exploitation des paLmiers à huiLe et La cueiLLette, suppLantés par La pratique, variabLe seLon Les années/de La cuLture arachidière.
~ais depuis quinze ans Les paysans cherchent pour assurer Leur sécurité vivrière et acheter du riz à diversifier Leurs productions. Les superficies maraîchères et frui- tières s'étendent, posant un probLème cruciaL de débouchés.
Ces cultures nouveLLes et d'autres activités rémunératrices telLes que La pêche (et queLques rares empLois dans Le secteur touristique) ne par- viennent pas à retenir sur pLace Les jeunes, garçons et ·fiLLes qui ont pris L'habi- tude de part i r pendant toute La sa i son sèche en "exode" en vi LLe pour y chercher du travaiL. Cette véritabLe hémorragie de main d'oeuvre active· est Le probLème Le pLus préoccupant, avec ceLui de La maîtrise de L'eau, pour Le déveLoppement de La région.
Sécheresse et migrations s'enchaînent, s'autoaccéLèrent et for- ment la tra~ de toute L'évoLution récente des pratiques sociaLes en pays diola aLors que L'impact de La vuLgarisation agricoLe par Le programme intégré de déveLop- oement de L'agricuLture en Casamance (PIDAC) reste encore asseZ Limité.
On peut définir très globaLement dans cette première phase trois grandes zones en Basse Casamance pLus ou moins marquées par Les processu~ de changement défi nis (1).
- Une première zone, qui comprend Le département d'Oussouye et se proLonge jusqu'à Nyassia au Sud de L'estuaire et au Nord dans Les îLes BLiss et Karone se caractérise par:
- La domination absoLue du système de production tra- ditionneL d~oLa basé sur La rizicuLture inondabLe et L'exploitation de la ~aLmeraie,
(1) Cette distinc~ion entre les zones recoupe en partie celles effectuées par L' iSRAj
HARZA et La SOMIVAC (of. ces zonages en annexe).
une popuLation restée animiste, L'as~ociation des hommes et des femmes dans Le travaiL de La ~izière, La faibLe importance de La cuLture de L'arachide et des cuLtures sèches en généraL, des forêts de beLLe venue peu dégradées, un impact très faibLe des action du PIDAC maLgré une forte migration des jeunes. L'isoLement géographique de cette zone est rompu par La présence d'un vaste compLexe touris- tique de Luxe au Cap Skirring qui ~st reLié depuis 1981 par une route goudronnée à Ziguinchor. La présence de~ touristes stimuLe L'activité mara~chère.
- Une deuxième zone, La, pLus représentative de L'évoLution décrite, recouv.re, L'arrondis,sement de Tendouck dans Le département de Bignona et se proLonge vers, Le Nord en partie sur L'arrondissement de DiouLouLou. C'est un "pays"
uniquement peupLé de dioLas 'isLamisés mais fidèLes à Leur outil traditionneL Le Kayendo et à L'association homme-femme, dans Le travail des rizières.
Là se situe un viLLag,e de référence essentieL, Thionck EssyL, 6 000 habitants, étudié en 1977-78 et 79 et suivi à nouveau depuis 82.
(Annie LOQUAY 79).
Cette zone représente une situation intermédiaire: préé- minence des cuLtures vivrières avec rizicuLture inondable, mais rapide progression des autres cuLtures, faible pénétration de La traction atteLée. C'est La zone qui a
Le pLus souffert de La conjoncture cLimatiquej~LLe conna~t un très fort taux de migration saisonnière et définitive. '
- Une troisième zone, La couronne dioLa mandinguisée com- prend certa·ins viLLa.g~s du Nord de L'arrond.issement de DioulouLou, Les arrondisse- ments de Sindian, de Tanghory et de Niaguis •
Au Nord. vers La frontière gambieMne Les viLLages dioLas isLam,isés infLu,encés par Les. popuLations mandingues conquérantes cb'toient Les vi LLages. mand5ngues:. L.à ri z,i ëU,l ture. est L' exc Lusivi té d.es femme!:! qui prat i quent de pLus en pLus, Le semis direct. La prépondérance de· L'arachide est flagrante mais La dive,rs,ificcHion des cuLtures progresse. Les formes et Les temps de travai Ldiff~rent des deux premières zones, L'équipement en tract'ion attelée est supérieur.
Les arrond{ssements de Tanghory et Niaguis sont des zones d'attraction urbaine où Les popuLations se diversifient: DioLas mandinguisés, émi- grants de Guinée 8issaü, WoLofs du Nord autour de Ziguinchor, pêcheurs ~arakoLLés
19
des rives de La Casamance. Les forêts disparaissent sous La pression des besoins en bois de La popuLation.urbaine et par Les défrichements sans ménagement. Cette zone se consacre aux cuLtures maraîchères et fruitières à côté du riz, repiqué essentieLLement. La cuLture atteLée y est peu répandue mais L'ancien projet de
La Mission AgricoLe Chinoise a Laissé queLques motocuLteurs à La disposition des paysans. (voir infra Le rôLe de La MAC)
1.3. LA MOYENNE CASAMANCE
La Moyenne Casama"ce qui recouvre Le seuL département de Sédhiou, c une superficie comparabLe à ceLLe de La Basse Casamance, 7 293 k",t.et une popuLa- tion un peu pLus éLevée queLque 241 000 habitants en 1982 soit une densité moyenne de 33 habitants parkm2.
Les caractéristiques écoLogique~' de La Basse région se proLongent en s'atténuantdans sa partie moyenne: La mangrove se rétrécit et disparait en amont de Sédhiou, Les paLmeraies se raréfient et Les boisements soudaniens dégradés rempLacent Les peupLements forestiers pLus vigoureux de L'Ouest.
L'opposition demeure entre deux modeLés, pLateaux nivelés et zones dépressionnaires sur d'anciens rias rembLayés, entre deux secteurs, L'un voué aux cuLtures céréaLières et arachidières beautoup pLus étendu que L'autre voué à La rizicuLture. Le domaine des cuLtures sèches prédomine très Largement surtout au Nord du f Leuve.Au 'l1l4,Oans Le 'Oiattacounda, L' occupat ion de L'espace par Les cu Ltures est très
importante queLque 80 % en L,aison avec ~forte densité de popuLation.
Le riz est cuLtivé sur 8 500 ha en année à pLuviométrie moyenne (1 25Q mm) mais La sécheresse a considérabLement réduit cette cuLture; aLors que L'arachide,
Le mil et Le sorgho otcupent 75 à 80 %des superficies cuLtivées.
L'habitat s'est fixé Le Long du réseau hydrographique, Les nombreux viLLages sont instaLLés de préférence au pied des versants ou sur Les bords des
~Lateaux pour avoir accès à L'eau douce peu profonde 2 à 6 m contre 35 à 40 sur Le
;:JLateau.
Les densités de popuLation rurale varient beaucoup, de 10 à 20 habitants au km2 dans L'arrondissement ToucouLeur de Tankon,à pLus de 60 h/km2 à L'O~~st du fLeuve Soungrougrou et dans Le Diattacounda au Sud du fLeuve Casaman~e, tandis que
La popuLation des pLateaux de Sédhiou a tendance à diminuer. (Fig. 7.1.).
Les éthnies sont pLus variéesqu'en Basse Casamance, Les Mandingues 'Jenus de L'Est à La fin du XIXe siècLe ne dominent pLus qu'au centre du département, Le~
PeuLs sédentaires au Nord et à L'Est, tandjs que Le Sud et L'Ouest sont très pénétrés
par les émigrants très anciens, Balantes, ou plus récents Manjaques et Mancagnes, venus de Guinée Bissaü.
Le système de production mandingue s'impose dans tout le département.
Il se caractérise on l'a vu, par la complète séparation des hommes et des femmes dans le travail productif/ les femmes cultivant les rizières basses, les hommes
les terres hautes. L'ouverture sur L'économie monétaire est plus ancienne qu'en Basse Casamance et La culture de l'arachide prédomine sur celLe au riz dans Les stratégies paysannes. La population féminine n'émigre pas dans ces types de sociétés hiérarchisées beaucoup moins égalitaires que la société dioLa •
•
L'impact des politiques de déveLoppement rural est beaucoup pLus fort ici. En 1968, le gouvernement sénégalais s'est décidé à déveLopper La rizicuLture pLuviaLe et Le Labour atteLé.
En 1969, quelques bLocs de cuLture ont été instaLLés à Inor, Mayor puis KandiaLon au Nord dans La vaLLée du Soungrougrou. La première phase du Projet Rizi- coLe de Sédhiou (P.R.S. 1) qui s'est dérouLée de 1972 à 1976 a mis en pLace 65 % des paires de boeufs distribuées dans Le département. IL encadrait 68 %des viLLages et 26 %de La popuLation active. Depuis 1976, Le P.R.S. devenu projet intégré, vise La promotion de L'agricuLture paysanne dans son ensembLe. En 1980, tous Les viLLage~
auraient été encadrés~ Le .P.R.S. produisait 84 %du riz, 49 %du ma's, 38 % de L'ara- chide, 10 %du coton. Ce succès apparent à travers Les documents officieLs doit être nuancé en mesurant ce qui signif i'e réeL Lement L'encadrement. En fait ce proj et
s'épuise, devrait disparaître et être rempLacé par un système totaLement différent(l)
En Moyenne Casamance, Le phénomène Le pLus remarquabLe ces dernières années est un changement irréversibLe des conditions d'occupation et· d'utiLisation de L'espace. L'anaLyse des photos aériennes des années 1954, 1969 et 1971 Le montre très bien (MAYNARD, ORSrOM, 78). Les cuLtures de p.Lateaux progressent jusque dans Les forêts cLassées et tendent à rempLir Les finages viLLageois. L'espace pastoraL se raréfie ce qui muLtipLie Les conflits Liés. à La coexistence agricuLture-éLevage.
L'extension des cuLtures, L'accroissement des surfaces dénudées risque de décLen- cher une érosion des soLs généraLisée.
(1) Une ONG itaLienne se propose de créer un projet de déveLoppement touchant tous les secteurs de. La vie économique, infrastructure~ agriculture, pêche, et mettant en place un service "à la carte" pour l'accès à l'encadrement aqricoLe. Les négociations étaient encore en cours débu! 1984.
21
L'évoLution récente est aussi marquée par un dépLacement dei paLes d'activité essentieLs vers Le Sud du fleuve. La ~one mandinaue autour de Sédh;~~, très prospère en 1960 possédait de vastes rizières, des possibiLités de défrichement pour L'arachid~des moyens de transport fLuviaux"et routiers priviLégiés. Aujourd'hui cette zone souffre de son encLavement Lié au raLe négLigeable du trafic sur le
fLeuve et à La c"réat ion d'une route goudronnée au Sud.
Par contre les arrondissements de Tanaff et de Oiattacounda ont vu Leur activité stimuLée par La présence de L'axe KoLda Ziguinchor.
Tanaff est un gros marché au coeur d'une zone d'attrait pour Les mi"grants de Guinée Bissaü, densément peupLée de 35 à 40 hab./km2. La SOMIVAC depuis 1980 conce~.
tre son action dans cet arrondi ssement peu touché auparavant.
Le pays baLante,arrondissement de Diattacounda, parait Le pLus actif du département. Il a connu un affLux constant de migrants mandingues venus du Nord et surtout de popuLations venues de La Guinée Bissaü, affLux accéLéré pendant La guerre de Libération. La densité de population atteint pLus de 50 hab./km2. ActueLLement Les BaLanœsne représenteraient' pas La moitié de La popuLation de L'arrondissement.
L'existence de petites vaLLées perpendicuLaires à La Casamance
rait
de cette zone la plus apte à La rizicuLture dans des. conditions cLimatiques normaLes.C'est Là que se ;;tuent Les seuLs aménagements hydroagricoles importants de La région pour déssaLer et irriguer Les terres basses, Le barrage de GuideL et celui plus
modeste de Simbandi BaLante. Le Diattacounda forme un nouveau pale d'attraction ré- gionaL où se développent Les cultures fruitières mais surtout La pêche autour de Goudomp où se regroupent un miLLier de pêcheurs (étrangers àLa région pour La plu- pa rt) •
ALors qu'eLLe avait vu son niveau de vie progresser dans La déceniie 1965 1970, cette zone est aujourd'hui en crise, crise d0e à La sécheresse qui réduit
~a disponibiLité en eau pour Les pLantations, pour Les barrages et même pour Les hommes, crise due aussi à une mauvaise gestion des projets après une première pé- riode de démarrage prome~teuse(1).
(1) C'est ici que Les confLits avec Les éLeveurs sont Les plus graves étant donné Le manque de pât~r3ges, d'autant pLus que Les réactions xénopRobes des popuLations
LocaLes sont accentuées par une pratique particuLière aux popuLations mancagnes et baLantes qui veut que Le voL du bétiiL fasse partie des épreuves d'initiation des jeunes gens.
- Une troisième zone au nord du département, (arrondissement de 8ou- kiling) se rapproche davantage par sa vegétation soudanienne et sa population d'éLeveurs de la Haute Casamance que du domaine précédent.
elle comprend vers le sud une population mandingue cLairsemée et vers Le nord contre La frontière gambienne une popuLation toucouleur homoaène qui se regroupe en minuscules vilLages et en queLques gros bourgs. 87 vi LLages sur 1 125 km2 pour 7 000 habitants dans la communauté rurale de Tankon en 1978.
L'éLevage fixe et transhumant et la culture du mil sont Les spéculations fon- damentales. L'essor de l'arachide date de l'ouverture de La route transgambienne.
Un front pionnier d'émigrés toucouLeurs et guinéens s'est instalLé le long de cette route dans une zone boisée qui attire aussi Les charbonniers et se dégrade rapidement. C'est la principaLe zone de production de charbon de bois de toute La région.
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RESSOURCES NATURELLES ET RESSOURCES HUMAINES :
SECHERESSE ET MIGRATIONS, DEUX HANDICAPS FONDAMENTAUX
CHA PIT R E 2
EVOLUTION DES CONDITIONS ECOLOGIQUES ET DE LA
SITUATION DU RIZ DANS L'ESPACE
29
2.1. UN ECOSYSTEME FAVORABLE AU RIZ MAIS PERTURBE PAR LA SECHERESSE
La modification du régime pluviométrique rend aujourd'hui très aléatoire La pratique de La riziculture en Casamance alors que jusQU'à La fin des années soi- xante les conditions écologiques étaient tout à fait adaptées à cette culture.
La disponibilité en eau, La nature et Les aptitudes des sols sont conditionnées par les deux phénomènes essentiels Qui caractérisent le potentiel écoLogique du miLieu:
- l'existence d'une longue saison sèche de sept à huit mois et d'une pluviométrie relativement faible et irréguLière.
- le contraste entre de bas plateaux cloisonnés et des terres allu- viaLes infLuencées par La proximité de la mer.
2.1.1. Un climat contrasté
---
Le cLimat Qui règne dans la région est cLassé comme cLimat tropicaL de transition.8(gnona et Sédhiou de p~rt et d1autre de L'iso- yète, 1 400 mm se trouvent à La Limite des climats subguinéen et Sud soudanien. La moyenne diminue rapidement (100 mm tous les cinquante kilomètres) du Sud Ouest au Nord Est de 1700 à 1 200 mm (années de référence 1931 - 60).
Pluviceétrie moyenne Années de référence 1931 - 196D
Stations Hauteur NOMbre de
"""
Jours de Qlu;eOussouye 1135 81
Ziguinchor 1545 94
8ignona 1~63
Sècihiou 1378 72
1
30ur c e
.
s~rv'ces meteorolog;oues AseCNASur L'ensembLe de La zone Le cLimat est marqué par
- deux saisons très contrastées: une saison sèche de sept mois, queLques traces de pLuie en mai et novembre, une arrivée brusque des précipitations en juin, ces averses abondantes en août et septembre mais trèsirrégutièrement réparties.
REPARTITION DES PLUIES A ZIGUINCHOR
:---:---. ~---_.
.
Mai : Juin :JuitLet: Août: Sept Oct Nov : Tota L
:---:---:---:---:---:---:---:---:---:
10 125 363 532 361 146 8 1545
Moyenne pour La période 1931 1960 (ASECNA)
- une extrême variabiLité des pr4cipitations totaLes annueLLes et men- sueLLes, ainsi que du nombre de jours de pLuie comme Le montre La répartition men- sueLLe des pLuies à Bignona de 1965 à 19.77 (Fig. 1.2.).
IL n'y a pas de rapport étroit entre La quantité et La durée de La saison des pLuies si L'on compare par exempLe 1965 année très pLuvieuse avec 86 jours, et 1970 année très déficitaire avec 81 jours de pLuie.
- des températures moyennes annueLLes éLevées et stabLes sans grandes variations à travers la zone
température 'moyenne annueLLe : 25° 2 à 26° 3.
.
température moyenne mensue LLe : minima 23° 2 à 24° 6 en janvier.maxima 26~ 5 à 27° 8 en ma i, juin.
• ampLitudes thermi~ues mensueLLes: 19° 4 en mars, 7° 4 en août.
- une forte humidité due aux pLans d'eau et à La mer, maximum moyen d'hu- midité reLative 99 % de juiLLet à novembre, 90 % Le reste d~ L'année.
- une évaporation et une évaootranspiration intenses: 1 452 mm de 1950 à 1953 à Ziguinchor. En cette période de pLuviométrie éLevée et réguLière Le biLan positif des pLuies n'était que ce 100 mm par an. Cette région se cLasse dans une zone avec 100 à 150 jours biologiquement secs.
Fig. 1.2.
PRECIPITATIONS A BIGNONA SPECifiCITE CLIMATIQUE DE LA STATION DE UIGNONA
2000_
[en mm
(variations 1965 - 1977) et (jours ue pluie>
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EN BASSE CASAMANCE
A- Pluviometrie annuelle de 1965 ~ 1977
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1000-
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1170
"ûp...."lJc65 77
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1965 122,11 357 ,5
(7) (19) 82,9
(25) 525,8
(22) 133,6
(9) 43,7
(4 )
765,6 (86)
-
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266,8 M 1906
1970 1971
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195,8 458,4 ~37,4 502,8 100,7 • 795,1~_ _ . _. (7) (23) (23) (22) (13) (88)
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1969 (15 (6) (24) (22) (18) (16) (87)
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: 19,2 32,< 233,4 ~90,4 161,8 73;4 2,1 162,5
(4) (6) (23) (26) (14) (6) (2) (8D
0,4 85,8 268,9 235,7 246,1 67,7 • 904,6
~ (8) (12) (25) <19> (5) _ Œ1L
1972 1 ,~~7 53 180,1 D28,3 116,6 57;7 • 643,4 1 ~~.4) (lD (16) (15) (5) (50)
4,8 112,4 P49,5 71,7 191,4 15,8 • 053,6
(1) (8) (16) (26) (11) (4) ~
1974 L
• 32,7 D52,8(6) (19) 1447,9(20) 290,9(17) 59,6(5) • 085,9(67)1 - - - _ . - -
1,9 41 ~94 406,8 102,8 347,4
(2) (4) (16) (25) (9) (76)
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86,7 13,8 209 405,7
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".De 1965 ~ 1976 Services de l'Agriculture OIGNONA 1977 - Maison familiale - TIIION(~ESSYL
BIGNON"
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0- Indice d'aridité (Gaussen et Birat)
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Le croisement de ces phénomènes détermine en fait trois saisons
- A L'approche des pLuies d'avriL à La mi-juin, une saison sèche chaude, où Les températures peuvent atteindre en' miLieu de journée 40 à 42°, et ne se rafraîchissent pas beaucoup La nuit(25 à 30,ylune saison des pLuies, où
Les fortes averses orageuses d'août et septembre prennent parfois L'aLLure de tornades.
ELLes rafraîchissent L'atmosphère au point Que Les paysans au retour des champs peuvent aLLumer des feux de bois pour se sécher et se réchauffer. L'aLternance de périQdes où La température peut descendre au-dessous de 20°, et de fortes chaLeurs provoque des affections respiratoi~es très fréquentes surtout parmi Les enfants. L'atmosphère satu-
rée d'eau donne une impression de moiteur désagréabLe. Dès La tombée du jour, vers 19 h, Les moustiques abondent. Or L'empLoi de La moustiquaire n'est pas généraLisé :he~
Les paysans. C'est La période de recrudescence du paLudisme. Les médecins estiment Que 80 %des habitants de La réqion sont paLudéens à des degrés divers, facteur qui dimi- nue La capacité de travatL en cette période d'intense activité agricoLe.
Une saison sèche fraîche, où L'inconfort physioLo- gique est moindre. De décembre à février mars, souffLe L'aLizé du nord est, surtout en miLieu de journée tandis Que La brise de mer se fait sentir Le soir. Les températGr~s
minimaLes diurnes peuvent descendre jusqu'à 10° en janvier, 14~ en février, 16° en mars, tandis que Les maxima absoLus atteignent 35° en janvier et 38° en février seuLe-
~ent. En saison sèche Le ciel de Basse et Moyenne Casamance reste remarquabLement serein par comparaison avec ceLui de L'intérieur du pays.
Facteur important pour L'activité humaine, Les pLus fortes chaLeurs s'observent toujours L'après-midi tandis Que Les matinées restent reLa- tivement fraîches. Ces conditions cLimatiques conviennent tout à fait au riz, mais, Les moyennes refLètent maL Les contraintes particuLières Que doit affronter Le paysan, pour qui La réguLarité et La bonne répartition des précipitations imcorte pLus que Leu~
intensité gLobaLe.
Le cycLe exceptionneL de sécheresse de ces dernière~
années a des conséquences indéLébiLes sur L'état des ressour~esnatureLL~s,sur Le
~onctionnement de L'écosystème et des sys~èmes paysans eux-mêmes. L'opinion mondiaL~
3 été particuLièrement sensibiLisée par Le probLème de La sécheresse dans La zone sahéLienne dont Les effets sont connus. On a beaucoup moins parLé de ses conséquences