NORMES POUR
L’ALIMENTATION SAINE, L’ACTIVITÉ PHYSIQUE,
LA SÉDENTARITÉ ET LE SOMMEIL DANS LES
STRUCTURES D’ÉDUCATION ET DE PRISE EN
CHARGE DE LA PETITE ENFANCE : OUTIL
NORMES POUR
L’ALIMENTATION SAINE, L’ACTIVITÉ PHYSIQUE,
LA SÉDENTARITÉ ET LE SOMMEIL DANS LES
STRUCTURES D’ÉDUCATION ET DE PRISE EN
CHARGE DE LA PETITE ENFANCE : OUTIL
Normes pour l’alimentation saine, l’activité physique, la sédentarité et le sommeil dans les structures d’éducation et de prise en charge de la petite enfance : outil [Standards for healthy eating, physical activity, sedentary behaviour and sleep in early childhood education and care settings: a toolkit]
ISBN 978-92-4-003724-3 (version électronique) ISBN 978-92-4-003725-0 (version imprimée)
© Organisation mondiale de la Santé 2021
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Citation suggérée. Normes pour l’alimentation saine, l’activité physique, la sédentarité et le sommeil dans les structures d’éducation et de prise en charge de la petite enfance : outil [Standards for healthy eating, physical activity, sedentary behaviour and sleep in early childhood education and care settings: a toolkit]. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2021. Licence : CC BY-NC-SA 3.0 IGO.
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Design : Eddy Hill Design Imprimé en Suisse.
TABLE DES MATIÈRES
Remerciements iv
Glossaire vi
Introduction 1
Que trouve-t-on dans le présent outil ? 3
À qui l’outil est-il destiné ? 3
Le Plan d’action mondial pour promouvoir l’activité physique 2018–2030 4
Section 1 : Pourquoi établir des normes pour les structures d’EPPE ? 6
Section 2 : Normes de l’EPPE pour l’alimentation saine, l’activité physique, la sédentarité et le sommeil 8
Élaboration des normes 8
Principes généraux 9
Justification, but et critères 10
Section 3 : Comment planifier et mettre en œuvre les normes 22
Facteurs favorables et mesures au niveau national/infranational 23
Leadership 23
Partenariats 24
Ressources/financement 24
Renforcement des capacités des personnels 25
Utilisation des données factuelles pour orienter les politiques et les pratiques 26
Facteurs favorables et mesures à prendre au niveau de l’EPPE 28
Leadership 28
Partenariats 28
Ressources/financement 28
Renforcement des capacités des personnels 29
Utilisation des données factuelles pour orienter les politiques et les pratiques 29
Références bibliographiques 30
Annexe : Groupe d’experts techniques 32 Annexe Web : Development of the standards and global survey questionnaire (uniquement
en anglais) https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/345927/9789240032279-eng.pdf
ii Table des matières iii
Le professeur principal Tony Okely, la professeure adjointe Bridget Kelly et la Dre Ellie Taylor (Université de Wollongong, Australie) ont examiné les données, les normes existantes et les résultats d’enquête et ont rédigé le rapport de base.
La Dre Juana Willumsen et la Dre Fiona Bull (Unité Activité physique, Département Promotion de la santé, Siège de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS)) ont donné des orientations techniques et assuré la supervision. Des collègues du Département Nutrition pour la santé et le développement et des conseiller régionaux de chaque bureau régional de l’OMS ont revu cet outil. La Dre Betzabé Butrón (Conseillère régionale pour la Santé de l’enfant, Département Santé de la famille, genre et évolution tout au long de la vie, Organisation panaméricaine de la Santé (OPS)), la Dre Bernadette Daelmans (Département Santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent, Siège de l’OMS) et Riita-Maija Hämäläinen (Conseillère régionale, Promotion de la santé, Bureau régional de l’OMS pour le Pacifique occidental) ont apporté des contributions spécifiques à l’élaboration du présent outil. Yuri Belfari, Chef de la Division Petite enfance et établissements scolaires (Organisation pour la coopération économique et le développement (OCDE)), Frances Bowen (Consultante pour l’éducation, Groupe de la Banque mondiale), Amanda Devercelli (Cheffe mondiale pour le Développement dans la petite enfance) et Robyn Landais (consultante) ont également fait des commentaires sur les versions préliminaires.
Le groupe consultatif technique était constitué par : le professeur adjoint Nicolas Aguilar (Universidad de la Frontera, Chili), la professeure Greet Cardon (Université de Gand, Belgique), la Dre Alejandra Jáuregui de la Mota (National Institute of Public Health, Mexique), la Dre Fan Jiang (Shanghai Jiao Tong University, Chine), Paula Klenner Forttes (UNESCO, Chili), Rhonda Livingstone (Australian Children’s Education and Care Quality Authority, Australie (ACECQA)), le professeur principal Tony Okely (University of Wollongong, Australie), Matias Portela (Ministère de la Santé, Chili), Liz Prosser (Healthy Early Years London, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord), la professeure Nirmala Rao (University of Hong Kong, Hong Kong (RAS)), la Dre Muneera Rasheed (Aga Khan University, Pakistan), la Dre Selma Simonstein (Universidad de Santiago Metrapolitana, Chili), la professeure Dianne Stanton Ward (University of North Carolina, États-Unis d'Amérique), Zorica Trikic (International Step by Step Association, Pays-Bas).
Évaluation collégiale de l’enquête (externe) : Perry Campbell (ACECQA), professeure Greet Cardon (Université de Gand, Belgique), professeure adjointe Valerie Carson (Université d’Alberta, Canada), Dre Christine Chen (Early Childhood Development Specialist, Singapour), Dre Catherine Draper (University of the Witwatersrand, Afrique du Sud), Ana-Luisa Franco, Fay Gowers, Karen Tonge (University of Wollongong, Australie), Dre Noshin Khan (Early Childhood Education Consultant, Pakistan), Rhonda Livingstone (ACECQA) ; Charley Sanford (University of Surrey, Royaume-Uni).
Évaluation collégiale des normes : Frances Bowen (Groupe de la Banque mondiale, Royaume-Uni), Amanda Devercelli (Groupe de la Banque mondiale, Royaume-Uni), Dr Guan Hongyan (Capital Institute of Pediatrics, Chine), Dre Rachel Jones (University of Wollongong, Australie), Erin Kerr (University of Wollongong, Australie), Dre Denise Koh (Universiti Kebangsaan, Malaisie), Dre Audrey Morris (OMS, Bureau régional de l’OPS, Jamaïque, Bermude et Îles Caïman), Yuri Obara Belfali (OCDE, France), professeure adjointe Trish Tucker (Western University, Canada).
Coordination de l’étude de cas et contribution : Issad Baddou (Maroc), Perry Campbell (Australie), professeure Greet Cardon (Belgique), Dre Cecilia Chan Hoi Sze (Hong Kong RAS), Eline Coppens (Belgique), Marieke De Craemer (Belgique), Dre Catherine Draper (Afrique du Sud), Dre Asmaa El Hamdouchi (Maroc), Dr Guan Hongyan (Chine), M. Nazmul Hossain (Bangladesh), Dre Alejandra Jáuregui de la Mota (Mexique), Kathy Knight-Robinson (Canada), Denise Koh (Malaisie), Matthieu Lenoir (Belgique), Rhonda Livingstone (Australie), Muhammad Mahbubul Alam (Bangladesh),
Imane Menchawy Benjelloun (Maroc), Outbout Najat (Maroc), Tammy Potter (Canada), Marlene Power (Canada), Liz Prosser (Royaume-Uni), Hortensia Reyes-Morales (Mexique), Kim Roberts (Royaume-Uni), Dr Mohammad Sorowar Hossain (Bangladesh), professeure Dianne Stanton Ward (États-Unis d'Amérique), Di Swanston (Royaume-Uni), Palmira Sweeney
REMERCIEMENTS
Normes pour l’alimentation saine, l’activité physique, la sédentarité et le sommeil dans les structures d’éducation et de prise en charge de la petite enfance : outil
iv Glossaire v
Jeu actif Implique l’activité physique dans le jeu (voir les définitions de l’Activité physique et du Jeu).
Directeur/chef de service
Personne qui, dans une structure d’éducation et de prise en charge de la petite enfance, supervise les opérations au jour le jour comprenant le budget, la politique, les programmes et le personnel.
Petite enfance Définie, pour les besoins des présentes normes mondiales, comme étant la période allant de la naissance jusqu’à l’âge de 5 ans. (La petite enfance peut également être définie comme la période allant de la naissance à l’âge de 8 ans, conformément au cadre des « Soins attentifs pour le développement de la petite enfance »).
Structures d’éducation et de prise en charge de la petite enfance (EPPE)
Appelées également centres de développement de l’enfant, garde d’enfants, crèche, jardin d’enfants, garderie, prématernelle, école maternelle, centres d’accueil, assistante maternelle ou établissements préscolaires.
Motricité fine Mouvements impliquant de petits groupes de muscles contrôlant la main, les doigts et le pouce, par exemple le dessin, les découpages aux ciseaux, les puzzles, le boutonnage d’une chemise.
Sécurité alimentaire Accès à des quantités suffisantes d’aliments nutritifs à un prix abordable.
Motricité globale Mouvements impliquant de grands groupes de muscles donnant des compétences dans la locomotion, la stabilité et le contrôle des objets : par exemple, courir, sauter, sautiller, donner des coups de pied, jeter des objets, galoper, se tenir en équilibre, attraper des objets et frapper. Ils dépendent du stade du développement moteur à un âge spécifique.
Alimentation saine Une définition n’a pas été donnée à ce terme, chaque pays ou région suivant ses propres règles diététiques en lien avec la consommation des quantités et de la diversité des aliments et des boissons nécessaires pour la santé et le bien-être. Le cas échéant, le terme recouvre l’allaitement au sein ou au moyen de lait maternel préalablement exprimé.
Technologie de l’information
Appareils et autre technologie au moyen desquels l’information peut être créée, réunie, traitée, conservée, présentée et diffusée (par exemple les tablettes électroniques, les iPads, les ordinateurs, les smartphones).
Programme d’apprentissage organisé
Programme de cours ou cadre d’une structure d’EPPE comprenant l’environnement, les interactions quotidiennes entre les enfants, le personnel et la pédagogie.
Siestes Périodes dans la journée de la structure d’EPPE au cours desquelles les enfants dorment
conformément à leur stade de développement. La durée et les horaires des siestes évoluent au cours des premières années.
Jeu Le jeu se définit comme une activité se suffisant à elle-même (sans but spécifique), volontaire, spéciale (sortant de l’ordinaire), appréciée par les participants, régie par des règles (implicites ou explicites) et faisant appel à l’imagination. Il peut être solitaire ou social, avec ou sans objets. Les jeunes enfants acquièrent et consolident des compétences lors des interactions ludiques avec des personnes et des objets.
Aidants principaux Ils englobent les parents, les familles et les autres personnes directement responsables de l’enfant à son domicile.
Activité physique Tout mouvement du corps impliquant des groupes musculaires et augmentant la dépense énergétique au-delà des niveaux au repos (en position assise). On citera par exemple le jeu actif, la natation, la danse ou les mouvements rythmés par la musique, les sautillements, les sauts, le fait de
GLOSSAIRE
Normes pour l’alimentation saine, l’activité physique, la sédentarité et le sommeil dans les structures d’éducation et de prise en charge de la petite enfance : outil
Politique Principes ou valeurs dictant les décisions et actions dans un lieu de travail. Dans le cadre du présent document, les politiques (légales ou autres) sont celles appliquées dans une structure d’EPPE.
Procédure Directive ou série d’actions déterminant comment une tâche doit être accomplie.
Ressources Valeurs ou stocks requis par un service s’occupant d’enfants pour fonctionner efficacement, par exemple les financements, le personnel et le matériel.
Horaires ou routine Modèle quotidien suivi par la structure d’EPPE incluant les déplacements des enfants dans et entre les locaux, les activités structurées/non structurées à l’intérieur/à l’extérieur et les activités quotidiennes, comme les repas, les moment de repos, les siestes et les changements des langes ou des couches.
Temps d’écran
sédentaire Temps passé devant un appareil électronique en position assise ou allongée, par exemple un smartphone, une tablette, un ordinateur portable ou de bureau, une télévision ou un jeu vidéo.
Comportement sédentaire (inactivité physique)
Comportement éveillé caractérisé par une dépense énergétique ≤1,5 équivalent métabolique (MET) en position assise, allongée ou couchée, comme le fait d’utiliser des médias électroniques, de regarder des livres, de jouer à des jeux, de dessiner/colorier, de jouer à des jeux de construction ou de faire des travaux manuels.
Analyse de la situation
Activité souvent entreprise au début d’un processus (dans le cas présent la mise en œuvre des normes mondiales) pour évaluer les forces, les faiblesses, les opportunités et les points à améliorer en ce qui concerne les pratiques et procédures existantes. Cela peut s’avérer un point de départ pour orienter au mieux l’action.
Personnel Inclut les personnes qui éduquent les enfants et s’en occupent, ainsi que le personnel de gestion et celui des services de restauration.
Norme Déclaration d’un niveau défini de qualité requis dans une structure d’EPPE pour satisfaire les besoins des enfants, du personnel et des parents. Une norme définit les attentes en matière de résultats, les structures et les processus requis pour un établissement afin de délivrer des services sûrs, équitables, acceptables, accessibles, efficaces et appropriés.
Infranational Section ou portion d’un pays, comme un territoire, une province ou un État ; ou organisation fournissant les services d’EPPE à ce niveau.
vi vii
Normes pour l’alimentation saine, l’activité physique, la sédentarité et le sommeil dans les structures d’éducation et de prise en charge de la petite enfance : outil
L’ACTIVITÉ PHYSIQUE EST BONNE POUR LE CŒUR, LE CORPS ET L’ESPRIT À TOUT ÂGE.
L’activité physique régulière permet de prévenir les maladies non transmissibles (MNT) telles que les maladies cardiovasculaires, les cancers et le diabète (1) et elle peut améliorer la santé mentale, les fonctions cognitives et les nivaux d’instruction (1). Chez les jeunes enfants, l’activité physique régulière et les jeux actifs sont cruciaux pour la croissance et le développement en bonne santé (2) ; en plus d’améliorer leur état physique, leur santé et leur bien-être, ils favorisent aussi un meilleur apprentissage.
Il n’y a pas actuellement d’estimations mondiales des niveaux d’activité physique chez les jeunes enfants.
Néanmoins, dans la plupart des pays, les groupes sociaux les plus désavantagés (les filles, les enfants vivant avec une incapacité et ceux appartenant aux couches socio- économiques les plus basses) sont souvent les moins actifs.
La connaissance, les opportunités et les valeurs sociales et culturelles, de même que les conditions environnementales et économiques, déterminent dans quelle mesure l’activité physique et le jeu sont accessibles, acceptables et sûrs pour les enfants.
Toutefois, l’activité physique n’est pas la seule à être
bénéfique pour le bien-être mental, physique et émotionnel des enfants ; une alimentation saine et un temps de sommeil suffisant sont tout aussi importants. Les structures d’éducation et de prise en charge de la petite enfance (EPPE) représentent une occasion unique de promouvoir l’alimentation saine, l’activité physique et un sommeil suffisant pour les jeunes enfants, ce qui les aidera à développer des comportements sains durant toute leur enfance et au-delà. Ce point s’aligne sur le but principal de l’EPPE : soutenir l’apprentissage et le développement des enfants pour atteindre leur plein potentiel, de même que les droits des enfants à jouer. Le cadre des « Soins attentifs pour le développement de la petite enfance » (Nurturing Care Framework) (3) demande que des soins holistiques,
englobant la santé et la nutrition, soient apportés aux enfants dans toutes les structures où ils se sociabilisent, jouent, apprennent et grandissent.
De plus, les Objectifs de développement durable ont à leur cœur l’ambition de permettre à toutes les personnes de participer pleinement aux possibilités sociales et économiques qui s’offrent à eux ; pas seulement pour survivre, mais aussi pour prospérer et jouir de leurs droits à la santé, au bien-être, à l’éducation et à une société durable (4). Une condition essentielle pour cela est la protection des droits des enfants à la santé, à l’éducation et aux soins, de façon à ce qu’ils puissent grandir et se développer pour atteindre leur plein potentiel (5).
En 2016, la Commission pour mettre fin à l’obésité de l’enfant a fait des recommandations spécifiques pour les structures d’EPPE sur l’activité physique (recommandation 4.11) ; sur le temps de sédentarité et de sommeil pour les jeunes enfants (recommandation 4.12) ; sur la distribution d’aliments et de boissons bons pour la santé (recommandation 4.9) ; et sur l’éducation à l’alimentation et la compréhension de celle-ci (recommandation 4.10) (6).
Si la Commission pour mettre fin à l’obésité de l’enfant, le Plan d’action mondial pour promouvoir l’activité physique 2018–2030 et le module technique ACTIFS pour promouvoir l’activité physique (7,8) fixent des recommandations mondiales normatives et une orientation stratégique, ils ne donnent pas de recommandations sur la mise en œuvre ni de normes pour les cadres spécifiques. Le présent outil vise à combler cette lacune ; il fait partie d’une série d’outils créés pour aider les pays à élaborer et à mettre en œuvre des actions politiques efficaces afin d’augmenter l’activité physique et il est centré sur les interventions pouvant être appliquées par le biais des services d’EPPE.
INTRODUCTION
viii Introduction 1
ACTIVITÉ PHYSIQUE
minutes 30
au moins
TEMPS D'ÉCRAN SÉDENTAIRE
minute 0
SOMMEIL DEBONNE QUALITÉ
(4–11 mois)
12–16 hours
0-3 mois14–17 heures
Les enfants de 1 à 2 ans
ACTIVITÉ PHYSIQUE
minutes 180
au moins
SOMMEIL DEBONNE QUALITÉ
11–14
heures
TEMPS D'ÉCRAN SÉDENTAIRE
0 minute 60 minutes
pas plus de
(1 an)
(2 ans)
Les enfants de 3 à 4 ans
SOMMEIL DEBONNE QUALITÉ
10–13
heures
ACTIVITÉ PHYSIQUE
minutes 180
au moins dont au moins
d'activité modérée à vigoureuse
60 minutes
TEMPS D'ÉCRAN SÉDENTAIRE
minutes 60
no more than
Les nourrissons (âgés de moins de 1 an)
Figure 1: Récapitulatif des lignes directrices de l’OMS sur l’activité physique, la sédentarité et le sommeil chez les enfants de moins de 5 ans Les lignes directrices sur l’activité physique, la sédentarité et le sommeil
chez les enfants de moins de 5 ans, publiées par l’OMS en 2019 (2) donnent des recommandations spécifiques sur le temps que les jeunes enfants doivent passer chaque jour à être physiquement actifs et à dormir, ainsi que sur la durée maximum du temps consacré à des activités sédentaires devant un écran (Figure 1).
Quelle quantité d’activité physique est nécessaire pour la santé ?
Normes pour l’alimentation saine, l’activité physique, la sédentarité et le sommeil dans les structures d’éducation et de prise en charge de la petite enfance : outil
QUE TROUVE-T-ON
DANS LE PRÉSENT OUTIL ?
Cet outil aide les pays à établir des normes pour renforcer l’intégration de l’alimentation saine, de l’activité physique et du sommeil en toute sécurité dans les structures d’EPPE, sur la base des meilleures données et pratiques disponibles. Ces normes ont été élaborées pour soutenir la mise en œuvre des lignes directrices de l’OMS sur l’alimentation saine de l’enfant (9,10), incluant les boissons saines et l’allaitement maternel (le cas échéant) ; l’activité physique ; le temps sédentaire et le sommeil (2). Dans le présent document, l’activité physique, la sédentarité et le sommeil sont regroupés sous les termes de
« mouvement » ou « comportements liés au mouvement ».
Les normes s’appliquent aux différentes structures d’EPPE (comme les établissements préscolaires, les garderies, les assistantes maternelles, les jardins d'enfants, les crèches, les écoles maternelles et les groupes de jeu) et sont pertinentes dans un éventail de cadres disposant de ressources
différentes. Elles donnent également un cadre d’élaboration ou de renforcement de la formation pour le personnel s’occupant de la petite enfance, particulièrement en situation de revenu faible ou intermédiaire. Dans ces structures, l’EPPE peut jouer un rôle vital dans le développement cognitif, moteur, linguistique, émotionnel et social de l’enfant. Pour cette raison, le présent outil vise à aider tous les pays, mais plus particulièrement ceux à revenu faible ou intermédiaire qui ont des ressources limitées. Il comporte plusieurs sections :
• La Section 1 décrit le rôle de l’EPPE dans la promotion de l’alimentation saine, de l’activité physique et du sommeil en toute sécurité, en réduisant le plus possible la sédentarité.
• La Section 2 présente les quatre normes mondiales pour l’alimentation saine, l’activité physique, la sédentarité et le sommeil dans les structures d’EPPE.
• La Section 3 décrit les facteurs favorisants et les mesures nécessaires aux niveaux national, infranational et à celui de l’EPPE pour appliquer ces normes.
• L’Annexe Web donne une description détaillée sur la manière dont les normes mondiales ont été élaborées.
À QUI L’OUTIL EST-IL DESTINÉ ?
Il est destiné aux responsables politiques, aux
administrateurs de programmes et à ceux qui sont chargés de l’application des normes de l’EPPE à différents niveaux au sein des ministères de la santé, des affaires sociales ou de l’éducation (selon le ministère de tutelle du secteur de l’EPPE).
Cet outil aura également un intérêt pour ceux qui travaillent avec le secteur de l’EPPE ou dans celui-ci à tous les niveaux : directeurs, administrateurs, éducateurs, aidants, ainsi que les agents de santé associés. Il est destiné à aider :
• les responsables politiques au niveau national ou infranational, les directeurs et les administrateurs chargés d’élaborer, d’appliquer et d’évaluer les normes dans le secteur de l’EPPE ;
• les responsables d’organisations de formation, de sociétés, de collèges, de l’éducation tertiaire et des instituts académiques chargés de la formation des personnels de l’EPPE ;
• les prestataires de l’EPPE (directeurs, administrateurs et personnels).
2 3
Le Plan d’action mondial pour promouvoir l’activité physique 2018–2030
Le Plan d’action mondial pour promouvoir l’activité physique 2018–2030 (7) définit une vision mondiale de personnes plus actives pour un monde plus sain. Il appelle tous les pays à appliquer une approche à l’échelle de tout le système pour faire baisser les niveaux mondiaux d’inactivité physique de 10 % d’ici 2025 et de 15 % d’ici 2030 et ainsi améliorer la santé et le bien-être. Le plan d’action décrit 20 mesures réparties entre quatre objectifs pour augmenter le niveau d’activité physique :
• SOCIÉTÉS ACTIVES – changer les normes sociales et les attitudes
• ENVIRONNEMENTS ACTIFS – améliorer les espaces et les lieux pour que toutes les personnes soient actives
• POPULATION ACTIVE – plus de programmes et de services pour les personnes de tous âges et capacités
• SYSTÈMES ACTIFS – systèmes puissants pour mettre en œuvre des actions efficaces et coordonnées.
La mise en œuvre efficace des recommandations politiques suppose un engagement multisectoriel, de la part des secteurs de la santé, du sport, de l’éducation, des transports, de l’urbanisme, de la société civile, des milieux universitaires et du secteur privé. L’application du plan s’appuie sur le document de l’OMS ACTIFS : module technique pour promouvoir l’activité physique (8), qui est une série d’outils (dont celui-ci fait partie), expliquant plus en détail les tâches spécifiques et les processus nécessaires pour mettre en œuvre les recommandations politiques dans différents cadres et tout au long de la vie.
La promotion de l’activité physique chez le jeune enfant et la mise en place d’environnements favorables sont des actions politiques recommandées dans le Plan d’action mondial (voir Plan d’action mondial, Appendice 2, Actions 3.1 et 3.3).
PLAN D’ACTION MONDIAL POUR PROMOUVOIR L’ACTIVITÉ PHYSIQUE 2018-2030
UNE POPULATION PLUS ACTIVE POUR UN MONDE EN
MEILLEURE SANTÉ
Normes pour l’alimentation saine, l’activité physique, la sédentarité et le sommeil dans les structures d’éducation et de prise en charge de la petite enfance : outil
Figure 2 : Résumé de l’approche à l’échelle de tout le système pour susciter l’activité physique
4.1 4.4 4.3 4.5
4.2
3.4 3.3
3.1
3.6 3.5 3.2
2.4 2.3
2.2 2.1
2.5 1.2
1.3 1.1
Renforcer la recherche- développement
Mettre au point des dispositifs financiers novateurs
Renforcer les politiques, le leadership et la gouvernance Améliorer la sensibilisation
Améliorer et intégrer les systèmes de données CRÉER DES
SYSTÈMES ACTIFS
CRÉER UNE POPULATION
ACTIVE CRÉER DES
ENVIRONNEMENTS ACTIFS CRÉER DES
SOCIÉTÉS ACTIVE
UNE POPULATION PLUS ACTIVE POUR UN MONDE
EN MEILLEURE
SANTÉ
Offrir des programmes se rapportant à des cadres multiplesAméliorer les dispositions relatives aux aînés Améliorer
l’éducation physique et les programmes visant l’école
Donner la priorité aux programmes ciblant les moins actifs Prendre des
initiatives visant l’ensemble de la communauté Intégrer l’activité
physique dans les services de santé et les services sociaux Améliorer
l’accès aux espaces publics ouverts Renforcer
la sécurité routière
Améliorer le réseau de voies piétonnes et de pistes cyclables Intégrer les
politiques des transports et de l’aménagement urbain
Mettre en œuvre une politique novatrice pour les constructions Promouvoir les avantages conjoints
Offrir des événements à participation massive
Mener des campagnes de marketing social
1.4 Renforcer la capacité du personnel
Les nombres renvoient aux actions recommandées. Pour de plus amples détails, se référer au Plan d'action mondial pour promouvoir l'activité physique, appendice 2.
4 Introduction 5
La petite enfance est une période cruciale du développement au cours de laquelle les enfants, leurs familles et leurs aidants sont les plus sensibles aux influences extérieures susceptibles de modeler leur santé et leur bien-être tout au long de la vie (11). C’est aussi un moment pendant lequel les habitudes de vie peuvent contribuer à la prévention des MNT à un stade ultérieur. La Commission pour mettre fin à l’obésité de l’enfant a reconnu d’une part la nécessité de la prévention de l’obésité tôt dans la vie et, d’autre part, le rôle important joué par les structures d’EPPE pour façonner les préférences des enfants concernant l’alimentation et l’activité physique et pour soutenir les aidants et les familles (6).
Dans la plupart des pays, y compris ceux à revenu faible ou intermédiaire, les enfants de moins de cinq ans passent au moins une partie de leur temps dans des structures d’EPPE, ce qui les rend importantes pour renforcer leur santé dès le plus jeune âge au moyen de l’activité physique et en développant des habitudes saines pour le sommeil et l’alimentation. Les personnes travaillant dans ce secteur ont indiqué qu’il leur serait très utile d’avoir des normes adaptées aux structures spécifiques, ainsi que des orientations pour savoir comment soutenir et engager les parents, les aidants, les familles, les personnes et l’ensemble de la communauté et ainsi favoriser les comportements des enfants liés au mouvement.
Il n’existe cependant pas actuellement de normes mondiales pour les prestataires des services d’EPPE sur l’alimentation saine, l’activité physique, les comportements sédentaires (y compris le temps d’écran) et le sommeil.
Certains pays (pour la plupart à haut revenu) ont des orientations nationales ou régionales sur les normes pour l’EPPE, mais celles-ci ne reposent pas forcément sur des bases factuelles et ne donnent souvent que des recommandations générales, sans aucun détail ni option politique pour les environnements, services ou programmes spécifiques. Des orientations mondiales sont particulièrement nécessaires dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, où il peut y avoir moins de possibilités de développement professionnel pour les personnels des structures d’EPPE et où les ressources sont limitées.
Les avantages potentiels de normes mondiales pour les structures d’EPPE sont les suivants :
• développement d’habitudes plus saines concernant l’alimentation et les boissons (c’est-à-dire augmentation de la consommation de fruits et de légumes et baisse de l’ingestion d’aliments et de boissons nocifs pour la santé) ;
• soutien et promotion de l’allaitement maternel pour les nourrissons en âge d’être allaités ;
• intégration de pratiques alimentaires réactives et interactives promouvant l’autoalimentation et l’autorégulation (en fonction de l’âge de l’enfant) et reconnaissance des signes de faim ou de satiété de l’enfant ;
• niveaux plus élevés d’activité physique et développement de la motricité globale ;
• utilisation appropriée et gestion des appareils électroniques (téléphones mobiles, tablettes/iPads, ordinateurs par exemple) ;
• aide pour déterminer la durée appropriée du sommeil/des siestes ;
• aide pour une gestion adaptée des comportements sédentaires, y compris en intégrant le mouvement dans des activités normalement sédentaires le cas échéant ; et
• développement des compétences du personnel s’occupant des jeunes enfants pour dialoguer avec les parents, les aidants, les familles, les prestataires de l’EPPE et la communauté en général.
Il est également important de noter que les normes
mondiales sont conçues pour s’aligner avec l’objectif primaire de l’EPPE : soutenir l’apprentissage et le développement des enfants pour qu’ils atteignent leur plein potentiel.
Par exemple, tandis que les normes comportent la gestion appropriée des comportements sédentaires, elles reconnaissent aussi que les activités particulières entreprises en étant immobile ou assis constituent une part importante de la mission de l’EPPE et, en tant que telles, sont pertinentes sur le plan du développement et doivent être encouragées.
Des exemples en sont les repas, les moments passés à regarder des livres, les activités sur table pendant lesquelles les enfants développent la motricité fine, les expériences en groupe ou les jeux indépendants d’un enfant.
SECTION 1 :
POURQUOI ÉTABLIR DES NORMES POUR LES
STRUCTURES D’EPPE ?
Normes pour l’alimentation saine, l’activité physique, la sédentarité et le sommeil dans les structures d’éducation et de prise en charge de la petite enfance : outil
Les normes valent pour tous les enfants, à tous les niveaux d’aptitudes, dans le monde entier. Elles ont été créées pour tenir compte des particularités culturelles et contextuelles et ont donc quatre principes directeurs : la diversité, l’équité, la participation et l’inclusion. Ces principes apportent les fondations pour soutenir le développement des enfants
et renforcer les liens avec leurs familles/aidants et la communauté (3). La promotion de ces quatre principes peut aider les enfants à développer leur plein potentiel et à réduire l’impact de certaines menaces, comme l’insécurité, la violence, les inégalités entre les genres, la stigmatisation, les discriminations et les toxines environnementales (3).
Tableau 1 : Synthèse des recommandations pertinentes pour la promotion de l’alimentation saine et de l’activité physique dans le secteur de l’EPPE
Objectif de développement durable 4 (4) Cible 4.2 « faire en sorte que toutes les filles et tous les garçons aient accès à des services de développement et de prise en charge de la petite enfance et à une éducation préprimaire de qualité, qui les préparent à suivre un enseignement primaire »; Cible 2.2 « mettre fin à toutes les formes de malnutrition » ; et Cible 3.4 « réduire d’un tiers le taux de mortalité prématurée due à des maladies non transmissibles »
Plan d'action mondial de l'OMS pour promouvoir l'activité physique 2018 -2030 (7)
(Disponible sur : https://apps.who.int/
iris/bitstream/handle/10665/
327168/9789242514186-fre.pdf )
Le Plan d’action mondial pour promouvoir l’activité physique demande spécifiquement de renforcer l’offre d’éducation physique dans les établissements préscolaires (Action 3.1) ; et le renforcement des cadres politiques, des systèmes de gouvernance et le leadership pour soutenir l’application de mesures visant à accroître l’activité physique et réduire les comportements sédentaires à tout âge (Action 4.1)
Commission pour mettre fin à l'obésité de l'enfant (6)
La Commission a émis des recommandations spécifiques à l’intention des structures d’EPPE sur l’activité physique (Recommandation 4.11) ; sur les activités sédentaires et le sommeil pour les jeunes enfants (Recommandation 4.12) ; la distribution d’aliments et de boissons bons pour la santé (Recommandation 4.9) ; et sur l’éducation alimentaire et sa compréhension (Recommandation 4.10)
Cadre pour les soins attentifs (3) Le cadre comprend la nutrition adéquate (Composante 2), les soins répondant aux besoins (Composante 3) et les opportunités pour l’apprentissage précoce (Composante 4)
Section 1 : Pourquoi établir des normes pour les sructures d’EPPE ?
6 Section 1 : Pourquoi établir des normes pour les structures d’EPPE ? 7
SECTION 2 :
NORMES DE L’EPPE POUR L’ALIMENTATION SAINE, L’ACTIVITÉ PHYSIQUE,
LA SÉDENTARITÉ ET LE SOMMEIL
ÉLABORATION DES NORMES
Les quatre normes ont été élaborées conjointement par des Départements OMS, des bureaux et des partenaires universitaires, en consultation avec un groupe d’experts techniques et d’autres parties prenantes. Le processus a comporté un examen systématique, l’analyse des normes nationales et infranationales existantes, une enquête en ligne et une étude par des experts techniques. Tous les détails sont donnés dans l’Annexe Web .
Chaque norme correspond à un élément essentiel de qualité dans les structures d’EPPE (voir Tableau 2), et celles- ci doivent viser à instaurer toutes les normes. La Section 3 donne des orientations complémentaires sur les mesures recommandées pour appliquer ces normes.
Tableau 2 : Normes mondiales pour les cadres d'EPPE
Développer les connaissances et les compétences des enfants
Norme 1. Le programme d’apprentissage et la planification de l’EPPE intègrent les opportunités pour développer les connaissances et les compétences des enfants sur l’alimentation saine et le mouvement.
Créer des environnements favorables Norme 2. Le cadre de l’EPPE soutient l’alimentation saine et le mouvement, en respectant la diversité et en promouvant l’équité et l’inclusion.
Travailler avec les familles et les aidants
Norme 3. Les prestataires des services d’EPPE s’engagent avec les communautés locales et les familles/les aidants principaux pour l’alimentation saine et le mouvement dans le cadre de l’EPPE.
Veiller à la sécurité des enfants Norme 4. La structure d’EPPE garantit la sécurité de l’enfant au moyen de pratiques appropriées en matière de sommeil, d’hygiène et de manipulation des aliments, et en donnant l’accès à des jeux sûrs et inclusifs, ainsi qu’à des possibilités d’apprentissage développant les compétences et favorisant l’exploration.
Normes pour l’alimentation saine, l’activité physique, la sédentarité et le sommeil dans les structures d’éducation et de prise en charge de la petite enfance : outil
Figure 3 : Cadre de promotion de l’alimentation saine et du mouvement dans les structures d’EPPE
Section 2 : Normes de l’EPPE pour l’alimentation saine, l’activité physique, la sédentarité et le sommeil
Principes généraux
La diversité, l’équité, la participation et l’inclusion sont les principes généraux sur lesquels s’appuient les quatre normes et elles sont les valeurs essentielles du secteur de l’EPPE. La Figure 3 montre comment les quatre normes se recoupent pour former une approche globale de l’EPPE. Les quatre principes apparaissent en bleu ; les apports nécessaires pour la mise en œuvre des normes sont écrits en vert.
Par l’esprit d’inclusion, les structures d’EPPE reconnaissent la diversité des appartenances culturelles, des structures des familles/aidants/foyers, des capacités physiques, ainsi que des vulnérabilités et des croyances des communautés qu’elles servent, s’y adaptent et la saluent. L’adaptation des programmes d’EPPE pour intégrer les besoins de tous les enfants, de toutes les familles et de tous les aidants et les satisfaire est essentielle
pour établir une relation avec les familles et les aidants reposant sur la confiance et le respect. Ceci, à son tour, favorise la participation des familles/des aidants dans le programme général et les objectifs de la structure d’EPPE, ainsi que la prestation de soins attentifs. L’équité, y compris entre les genres, est fondamentale pour le respect des droits des enfants. Une attention spéciale est nécessaire pour veiller à ce que les enfants ayant des incapacités, ceux qui viennent de groupes marginalisés ou vulnérables et ceux ayant des aptitudes diverses pour le mouvement bénéficient d’interventions qui leur permettront d’atteindre leur plein potentiel, leur offrent un départ sain dans la vie et reconnaissent l’importance de l’enfant en tant qu’agent du changement.
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Développer les connaissances et les compétences
des enfants Créer des
environnements favorables
Travailler avec les familles et les
aidants
Veiller à la sécurité
8 Section 2 : Normes de l’EPPE pour l’alimentation saine, l’activité physique, la sedentarité et le sommeil 9
Pour aider le secteur de l’EPPE à instaurer chacune des normes, des critères complémentaires pour les apports, les processus et les résultats ont été mis au point. Ceux-ci s’appliquent de manière cohérente pour l’ensemble des normes et s’alignent avec le cadre de promotion de la santé pour l’EPPE en faveur d’une alimentation saine et du mouvement (voir Figure 3). Pour chaque norme :
• les critères sur les apports sont les facteurs influents communs. Il s’agit des politiques, des ressources et du développement des capacités du personnel que la structure d’EPPE doit mettre en place pour réaliser la norme définie ;
• les critères de processus définissent ce que les prestataires des services d’EPPE doivent mettre en place pour répondre aux normes (c’est-à-dire les activités) ; et
• les critères de résultats sont ce que l’on doit pouvoir observer chez les enfants résultant des critères sur les apports et le processus.
Les normes et critères décrits dans la section suivante sont conçus pour orienter les meilleures pratiques, bien que l’on reconnaisse que les ressources soient limitées dans certaines structures d’EPPE, notamment celles des pays à revenu faible ou intermédiaire. Les soins attentifs restent en première ligne de chaque critère pour s’assurer que les prestataires des services d’EPPE visent et promeuvent la santé, une bonne alimentation, la sécurité et une prise en charge réactive avec les ressources à leur disposition (3). Bien que l’accès à davantage de ressources s’associe à l’alimentation saine et au mouvement dans les structures d’EPPE, les normes reconnaissent qu’en situation de ressources limitées, cela peut ne pas être possible, les ressources disponibles étant alors consacrées à des besoins plus urgents, comme la sécurité alimentaire, les salaires et traitements du personnel, l’hygiène de base et la sécurité des enfants.
Justification, but et critères
NORME 1 : Développer les connaissances et les compétences des enfants
Le programme d’apprentissage et la planification de l’EPPE intègrent les opportunités pour développer les connaissances et les compétences des enfants sur l’alimentation saine et le mouvement.
Justification : L’importance de développer les connaissances et les compétences des enfants en matière d’alimentation saine et de mouvement ressort dans 28 des normes nationales et infranationales existantes pour les structures d’EPPE.
Une étude a conclu que l’éducation sur l’activité physique et la nutrition est un agent important du changement de comportement des enfants avec, parmi les avantages, une augmentation du temps consacré à l’activité physique dans les structures d’EPPE (12). En outre, l’alimentation saine est permise lorsque l’éducation sanitaire dans ces structures prend en compte les signes de faim et de satiété chez les enfants et quand elle est amusante et attrayante (13–15).
But : La norme 1 vise à souligner l’importance de développer chez l’enfant les connaissances et les compétences
sur l’alimentation saine et le mouvement (y compris la motricité globale, la motricité fine et la capacité à préparer la nourriture) et à offrir aux enfants les opportunités de les développer encore davantage dans les structures d’EPPE.
Si les enfants ont des connaissances et des compétences suffisantes dans ces domaines, ils adopteront et garderont plus probablement des comportements sains au sein de ces services et à l’extérieur. Pour ce faire, les structures d’EPPE doivent élaborer et appliquer des politiques et des programmes d’apprentissage adaptés pour renforcer les connaissances et les compétences des enfants. Le développement professionnel des personnels est également essentiel pour réussir à élaborer et à mettre en œuvre les politiques et les pratiques, en particulier s’il y a un domaine dans lequel le personnel reconnaît des besoins.
Parmi les prestataires de services d’EPPE ayant indiqué dans l’enquête qu’ils avaient besoin de davantage d’orientations concernant l’activité physique, 57 % ont noté que « le développement de la motricité globale des enfants » venait en tête des priorités ou en second. Lorsqu’on a demandé aux répondants s’ils avaient des connaissances ou des compétences adéquates pour aider les enfants et/ou les parents/les aidants à développer la motricité globale, environ la moitié d’entre eux ont dit que leurs connaissances étaient insuffisantes. Cela démontre que la formation des personnels pour acquérir les connaissances et les compétences
nécessaires au développement de la motricité globale des enfants est un domaine où il y a des besoins.
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Normes pour l’alimentation saine, l’activité physique, la sédentarité et le sommeil dans les structures d’éducation et de prise en charge de la petite enfance : outil
L’élaboration et l’application appropriées des politiques ne peuvent se produire que si les personnels concernés reçoivent une formation adéquate dans ces domaines. La norme 1 a pour but de souligner les besoins de formation des personnels non seulement dans les domaines de connaissances (par exemple la quantité de temps devant être consacré aux divers comportements liés au mouvement), mais aussi pour acquérir les compétences et l’efficacité nécessaires pour donner aux enfants des enseignements appropriés en vue de leur développement. Une formation complète doit être assurée pour tous les comportements liés aux mouvements, en particulier ceux qui sont nouveaux, comme de limiter le temps passé par l’enfant en position assise prolongée et contrainte, tout en veillant parallèlement à conserver suffisamment de temps pour les activités sédentaires jouant un rôle important
dans l’apprentissage et le développement de l’enfant. Il est essentiel que les personnels des services d’EPPE planifient les journées de sorte à alterner les possibilités de développement de la motricité fine et globale et à limiter le temps d’écran sédentaire (ou à le supprimer complètement pour les enfants de moins de deux ans).
La norme 1 a aussi pour but de répondre aux prestataires de services d’EPPE, qui ont indiqué avoir besoin de plus d’orientations sur la manière de favoriser l’activité physique ; de reconnaître le besoin des enfants d’avoir des horaires flexibles pour y intégrer le grignotage et les différents degrés de faim ; de gérer les niveaux appropriés de comportements sédentaires (dont le temps d’écran) ; et de réduire les périodes prolongées en position assise.
Critères mesurables pour la norme 1
Apports Processus Résultats
La structure d’EPPE : 1a. élabore des politiques et pratiques visant à :
• intégrer l’alimentation saine et l’éducation aux comportements liés aux mouvements quotidiens dans son programme d’apprentissage et sa planification ; et
• allouer chaque jour suffisamment de temps pour que les enfants soient physiquement actifs ou participent à des activités sédentaires constructives (par exemple, : dessin, histoires) et puissent dormir, se reposer et se détendre.
1b. assure la formation professionnelle continue sur :
• le développement des connaissances et des compétences des enfants sur l’alimentation saine et le mouvement ;
• l’application de directives pertinentes sur l’alimentation saine et le mouvement ;
• la définition de repas/en-cas sains, la taille adaptée des portions, la manière d’enseigner aux enfants comment répondre aux signes de faim et de satiété, en reconnaissant que, dans les environnements d’insécurité alimentaire, la faim peut être répandue et que les enfants doivent alors apprendre à faire des choix plus sains ;
• les liens entre, d’une part, l’alimentation saine, le mouvement et, d’autre part, l’apprentissage et le développement socioémotionnel.
1c. fournit des ressources suffisantes pour soutenir le développement des connaissances et des compétences des enfants en matière d’alimentation saine et de mouvement (par exemple, : motricité globale et fine, préparation de la nourriture et d’aliments appropriés).
La structure/le personnel d’EPPE : 1d. développe les connaissances des enfants sur l’alimentation saine et le mouvement par les expériences, les activités et les routines ; 1e. donne aux enfants la possibilité de participer à des activités (physiques) adaptées, menées par les adultes et les enfants, ainsi que de dormir, de se reposer et de se détendre ;
1f. limite l’usage des technologies numériques sédentaires et le temps passé par l’enfant en position assise prolongée ou contrainte ;
1g. encourage et soutient les enfants pour qu’ils développent leur motricité globale et fine pendant les activités quotidiennes, y compris pendant les repas si possible ; et
1h. encourage et soutient les enfants à se familiariser avec une diversité d’aliments sains et d’activités physiques et à reconnaître les signes de faim et de satiété (en fonction de leur âge).
1i. Les enfants connaissent l’alimentation saine et les comportements liés au mouvement, comme le démontrent leurs interactions avec le personnel.
1j. De leur plein gré, les enfants préparent, manipulent, goûtent et mangent une variété d’aliments sains, dans des portions convenables et conformément aux directives en vigueur.
1k. Les enfants peuvent exprimer leur faim, leur satiété et leur besoin de dormir, de se reposer et de se détendre.
1l. Les enfants s’engagent dans des activités physiques à un niveau adapté, conformément aux directives en vigueur.
1m. Les enfants montrent une motricité globale et fine correspondant à leur âge et à leurs capacités, conformément aux normes provenant des évaluations standardisées du pays ou de l’étranger.
1n. Les enfants s’engagent dans des programmes d’apprentissage avec un temps limité en position assise prolongée ou contrainte, conformément aux directives en vigueur.
1o. Les enfants ne sont pas exposés ou ont une exposition limitée au temps d’écran sédentaire, conformément aux lignes directrices de l’OMS sur l’activité physique, la sédentarité et le sommeil chez les enfants de moins de 5 ans (2)) ou aux recommandations nationales en vigueur.
Section 2 : Normes de l’EPPE pour l’alimentation saine, l’activité physique, la sédentarité et le sommeil
10 Section 2 : Normes de l’EPPE pour l’alimentation saine, l’activité physique, la sédentarité et le sommeil 11
Promotion de l’alimentation saine et prévention de l’obésité chez l’enfant au Mexique
L'obésité de l'enfant est un problème émergent de santé publique au Mexique, conduisant à considérer les garderies comme des structures propices pour y appliquer des stratégies sur l'alimentation saine et l'activité physique. Une intervention à volets multiples pour lutter contre les comportements induisant le risque d'obésité chez les enfants âgés de deux à quatre ans au moyen de pratiques saines a été déployée dans 16 garderies. Cette intervention comportait des sessions de 12 semaines pour les enfants et six ateliers familiaux, incluant des dynamiques ludiques pour les comportements essentiels en matière d'alimentation et d'activité physique. La composante alimentation saine prévoyait d'apprendre aux enfants les en-cas bons pour la santé et la consommation d'eau. Les activités proposaient des options pour différents aliments et boissons, ainsi que des jeux pour leur apprendre comment sélectionner les options les plus saines. La composante activité physique présentait aux enfants des jeux simples, spécifiques, conçus pour leur apprendre à intégrer le mouvement dans leur journée. Tous les matériels et équipements étaient fournis par des chercheurs, qui ont aussi dirigé les sessions éducatives, avec l'aide des éducateurs.
Les modifications dans les habitudes alimentaires des enfants, les comportements pour s'alimenter, l'activité physique, la disponibilité des aliments à domicile et les styles de nourrissage par les mères ont été déterminés au bout de six et 12 mois.
Le groupe d’intervention a montré une plus grande baisse de la consommation indiquée d’aliments non recommandés à domicile et une plus forte hausse de l’activité physique par rapport au groupe témoin. Après six mois, on a constaté une proportion sensiblement plus élevée de pommes disponibles et sensiblement plus faible de beignets et de gâteaux dans le groupe d’intervention par rapport au groupe témoin. La consommation d’eau a également augmenté pour les enfants du groupe d’intervention par rapport au groupe témoin.
On trouvera davantage d’informations à ce sujet sur : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2444340916300036.
ÉT UDE DE C AS
Programme « Play Active » (Jeu actif) dans l’EPPE en Australie
De nombreux enfants d’âge préscolaire dans les structures d’EPPE ne suivent pas les recommandations en matière d’activité physique mais, selon certaines indications, les enfants sont plus actifs dans leur structure s’il existe une politique écrite en matière d’activité physique. Néanmoins, de nombreux services n’ont pas une telle politique et, s’ils en ont une, elle peut ne pas être bien suivie.
Face à cette situation, le Conseil national australien pour la santé et la recherche médicale (Australian National Health and Medical Research Council) a donné des fonds au Telethon Kids Institute pour diriger l’élaboration du programme sur le jeu actif et l’activité physique (Play Active Physical Activity Program), lancé en 2020 en Australie-occidentale.
Dans le cadre de celui-ci, une politique du jeu actif, basée sur des données factuelles, a été élaborée et elle donne des indications claires aux éducateurs travaillant dans les services d’EPPE sur la quantité d’activité physique et de temps sédentaire (y compris le temps d’écran) que les enfants doivent avoir pendant qu’ils se trouvent dans les structures d’EPPE. Pour garantir son succès et sa viabilité, le programme a été élaboré conjointement par les prestataires de services d’EPPE, des chercheurs travaillant sur l’activité physique et d’autres organisations apparentées, ayant pour mandat de promouvoir l’activité physique et les politiques gouvernementales dans ce domaine. La politique permet aux services d’EPPE d’être mieux équipés pour répondre aux normes nationales de qualité et décrit les procédures permettant aux prestataires de l’appliquer avec succès.
« Play Active » est actuellement déployé dans 80 structures d’EPPE en Australie-occidentale et une formation en présentiel ou en ligne, fondée sur des bases factuelles, est disponible pour aider les éducateurs à fournir aux enfants l’activité physique quotidienne recommandée pendant qu’ils sont dans une structure d’EPPE. Un guide des ressources a été élaboré et il donne des informations et des conseils pratiques sur la mise en œuvre de la politique ; de puissants partenariats se sont établis entre 12 instituts gouvernementaux, non gouvernementaux, du secteur de l’EPPE et de la recherche. En 2021, « Play Active » sera disponible dans d’autres États et territoires australiens, ainsi qu’au niveau international.
Pour plus d’information, consulter : https://www.telethonkids.org.au/projects/play-active-program/.
ÉT UDE DE C AS
Normes pour l’alimentation saine, l’activité physique, la sédentarité et le sommeil dans les structures d’éducation et de prise en charge de la petite enfance : outil