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Réduction des fluctuations quantiques de la lumière à
l’aide d’un oscillateur paramétrique optique
Thierry Debuisschert
To cite this version:
Thierry Debuisschert. Réduction des fluctuations quantiques de la lumière à l’aide d’un oscillateur paramétrique optique. Physique Atomique [physics.atom-ph]. Université Pierre et Marie Curie - Paris VI, 1990. Français. �tel-00011869�
UNIVERSITE
PIERRE ETMARIE
CURIE
DEPARTEMENT
DEPHYSIQUE
DE L’ECOLE
NORMALE SUPERIEURE
THESE
présentée
pour obtenir le titrede
Docteur de
l’Université
Pierre et MarieCurie
SPECIALITE :
Optique
etPhotonique
REDUCTION
DES
FLUCTUATIONS
QUANTIQUES
DE
LA
LUMIERE
A
L’AIDE D’UN
OSCILLATEUR
PARAMETRIQUE
OPTIQUE
par
Thierry
Debuisschert
soutenue le
28
Septembre
1990 devant le
jury
composé
de :
Mr B.
CAGNAC
(président)
Mr I. ABRAM
UNIVERSITE PIERRE ET MARIE CURIE
DEPARTEMENT
DEPHYSIQUE
DE
L’ECOLE NORMALE SUPERIEURE
THESE
présentée
pour obtenir le titre deDocteur de l’Université Pierre et Marie Curie
SPECIALITE :
Optique
etPhotonique
REDUCTION
DES
FLUCTUATIONS
QUANTIQUES
DE
LA
LUMIERE
A
L’AIDE D’UN
OSCILLATEUR
PARAMETRIQUE OPTIQUE
par
Thierry
Debuisschertsoutenue le 28
Septembre
1990 devant lejury composé
de :Mr B. CAGNAC
(président)
Mr I. ABRAM
Mr C. FABRE Mr P.
GRANGIER
Mr G. GRYNBERG
Le travail
exposé
dans ce mémoire a été réalisé au Laboratoire deSpectroscopie
Hertziennede l’Ecole Normale
Supérieure
pendant
les années 1987-1990 . Je remercie MonsieurJacques
DUPONT-ROC de m’avoir accueilli dans cet environnement
scientifique exceptionnel.
Je veux
exprimer
maprofonde
reconnaissance à Elisabeth GIACOBINO et Claude FABREqui
ontdirigé
cette thèse avec unedisponibilité
de tous les instants.Ce travail est pour une
large
part
une oeuvre collective etje
tiens à remercierchaleureuse-ment les autres membres de
l’équipe :
AntoineHEIDMANN,
Serge
REYNAUD,
JérômeMERTZ,
Laurent HILICO ainsi que Carl AMINOFF pour l’aide constante
qu’ils
m’ontapportée.
Je remercie tous les chercheurs du Laboratoire
qui
m’ont fait bénéficier de leurexpérience
etde leurs
précieux
conseils.Je remercie les membres des services
techniques
du laboratoire : FrancisTREHIN,
MarcTHOMME,
JeanQUILBEUF, Guy
FLORY,
BernardCLERGEAUD,
Ali MAIZIA ainsi queDo-minique
REGAZZI pour leurdisponibilité
et leurdiligence.
Je tiens à remercier les membres de
l’équipe
du Dr LEUCHS(Munich, MPQ)
pour m’avoir fait bénéficier de leurexpérience
sur les lasers YAG.Monsieur le
professeur
Bernard CAGNAC m’a accueilli à la Halle aux Vins et aaccepté
deprésider
lejury :
je
l’en remercie vivement. Messieurs IzoABRAM, Philippe GRANGIER,
GilbertGRYNBERG et Michel PAPUCHON ont
accepté
departiciper
à cejury ; je
suis très honoré parcette marque d’intérêt et les en remercie.
Je ne saurais terminer sans remercier tout
spécialement Brigitte ENRIQUE
pour lagentillesse
et la
grande
efficacité aveclesquelles
elle a assuré lafrappe
de ce manuscrit. Je remercieMarie-Noëlle OLLIVIER et madame PREVOST
qui
ontégalement
contribué à cette tâcheingrate,
ainsique Melle GAZAN et Monsieur MANCEAU
qui
ont assuré letirage
et la reliure.Je tiens enfin à remercier le C.N.R.S. ainsi que la Société SCHLUMBERGER
qui,
par leur soutienfinancier,
ontpermis
à cette thèse de se dérouler dans de bonnes conditions matérielles.SOMMAIRE
INTRODUCTION 1
CHAPITRE I - INTRODUCTION AUX PHOTONS JUMEAUX
I.a
Suppression
du bruit par différence 5I.b Photons
jumeaux
7I.c Oscillateur
paramétrique
9I.d Influence de l’efficacité
quantique
desphotodiodes
13CHAPITRE II - VALEURS MOYENNES DES CHAMPS DANS L’O.P.O.
II.A
Equations
de base de l’effetparamétrique
15II.A.1
Equation
linéaire 16II.A.2
Equation
non linéaireII.A.2.a
Enveloppe
lentement variable 17 II.A.2.b Terme depolarisation
non linéaire 19 II.A.2.cEquations
couplées
pour les troischamps
20 II.A.3Expression
deséquations
del’amplification
paramétrique
en termes de
photons
22II.B Oscillateur
paramétrique
25II.B.1
Equations
décrivant le fonctionnement de l’oscillateurparamétrique
triplement
résonnant 26II.C Etude des valeurs stationnaires de l’O.P.O.
triplement
résonnant 29 II.C.1.a Calcul du seuil dans le cas où les coefficients deréflexion sont
identiques
pour les deuxchamps
03B1
1
et 03B1
2
30 II.C.1.b Etudegénérale
de l’O.P.O. dans le cas des pertes faibles 33II.D Etude du fonctionnement de l’O.P.O. doublement résonnant 40 II.D.1 Détermination des
équations
del’amplification
paramétrique
à l’ordre 2 en 7 41
II.D.2 Domaine de validité de
l’approximation
sur l’intensité de pompe 44CHAPITRE III - ETUDES DES MODES LONGITUDINAUX DE L’O.P.O.
III.A Motivations 46
III.B Conditions d’oscillation
III.B.1 Condition due aux
déphasages
deschamps signaux
46III.B.2 Condition due au seuil d’oscillation 47
CHAPITRE IV - FLUCTUATIONS QUANTIQUES DES CHAMPS EMIS PAR L’O.P.O. IV.A Généralités sur la méthode
semi-classique
IV.A.2 Expression d’un champ fluctuant dans la méthode
semi-classique
53IV.A.3 Expression de l’intensité du champ fluctuant 55
IV.B
Equations
de l’O.P.O. pour les fluctuations 56IV.C Fluctuations sur la différence d’intensité des deux faisceaux
jumeaux
dans le caséquilibré
59IV.D Fluctuations sur la différence de
phase
des deux faisceauxjumeaux
62IV.E Fluctuations d’intensité pour un seuil faisceau 63
IV.F Autres résultats
IV.F.1 Effet d’un écart à la résonance 66 IV.F.2 Influence d’un
déséquilibre
entre les intensitésdes deux faisceaux
jumeaux
66IV.G Conclusion 70
CHAPITRE V : MONTAGE EXPERIMENTAL V.A. Oscillateur
paramétrique
V.A.1 Choix d’un milieu non linéaire 71
V.A.2
Caractéristiques
du cristal de KTP 73V.A.3 Cavité de l’oscillateur
paramétrique
V.A.3.a Traitements des miroirs utilisés 75
V.A.3.b Géométrie de la cavité 76 V.A.3.c Estimation du seuil d’oscillation de l’O.P.O. 77
V.A.3.d
Adaptation
du faisceau de pompe à la cavité de l’O.P.O. 78 V.A.4 Montagemécanique
de l’O.P.O. 81 V.B Laser de pompeV.B.1 Sélection d’un mode du laser 82
V.B.2 Asservissement en
fréquence
du mode sélectionnéV.B.2.a
Principe
de l’asservissement enfréquence
82 V.B.2.bDescription
du montage utiliséV.B.2.b.1 Elaboration du
signal
d’erreur 86 V.B.2.b.2 Correction de lafréquence
du faisceau laser 87 V.B.2.b.3Electronique
de la chaîne d’action 88 V.C Isolationoptique
entre l’O.P.O. et le laserV.C.1 Rotateur de
Faraday
90 V.C.2 Modulateuracousto-optique
91 V.DAlignement
et fonctionnement de l’oscillateurparamétrique
92 V.E Détection des faisceauxinfrarouges
produits
par l’O.P.O. 95V.F
Analyseur
de spectre 97V.G
Electronique
de détection 97V.G.1
Préamplificateurs
98V.G.2 Soustraction des
signaux
provenant des deux diodes 101V.H
Etalonnage
du shot-noise 103V
CHAPITRE VI : OBSERVATION DE LA REDUCTION DU BRUIT QUANTIQUE SUR LA DIFFERENCE DES
INTENSITES DES DEUX FAISCEAUX JUMEAUX
VI.A Conditions
expérimentales -
Réglages
préliminaires
110 VI.B Observation de la corrélation entre les fluctuationsquantiques
des deux faisceaux 111
VI.C Détermination de la réduction du bruit
quantique
obtenu 114 VI.D Test de la naturesubpoisonienne
dusignal
observé 119VI.E Calibration du shot-noise avec un laser YAG 124
VI.F Vérification de la linéarité de la réponse des
photodiodes
129VI.G Conclusion 134
CHAPITRE VII - REALISATION D’UN LASER Nd:YAG DOUBLE, CONTINU, MONOMODE TRANSVERSE ET MONOMODE LONGITUDINAL
VII.A Choix du Nd:YAG 135
VII.B
Caractéristiques
du Nd:YAG 135VII.C Effets
thermiques
dans le bareau de Nd:YAG 137VII.C.1
Importance
de labiréfringence
thermique
138VII.C.2 Essai des
compensations
de labiréfringence thermique
du barreau 141VII.D
Principe
du laser 146VII.E Cavité du laser 146
VII.E.1
Analyse
de la stabilité de la cavité 147 VII.E.2 Détermination duparamètre
confocal dans leplan 03C0
155VII.E.3 Détermination de la taille du faisceau dans le barreau 156
VII.F Réalisation de la cavité du laser 158
VII.G
Alignement
de la cavité 160VII.H Sélection d’un sens de parcours 160
VII.I
Doublage
defréquence
par un cristal de KTP 161 VII.I.1 Etude de labiréfringence
du cristal en fonctionde la
température
162VII.J
Optimisation
dudoublage
defréquence
163VII.K Sélection d’un mode
longitudinal
163VII.L Fluctuations de
fréquence
du laser 164VII.M Asservissement de la
fréquence
du faisceauproduit
par le laserVII.M.1 Choix de la méthode 164
VII.M.2 Méthode Hansch-Couillaud 165
VII.N Fluctuations d’intensité de faisceau 169
VII.0 Mesure de la réduction de bruit sur
I
1
-I
2
en utilisantle YAG comme pomp pour l’O.P.O. 171
CHAPITRE VIII : FONCTIONNEMENT DE L’OSCILLATEUR PARAMETRIQUE A PROXIMITE DE LA
DEGENERESCENCE
VIII.A Intérêt du fonctionnement au
voisinage
de ladégénérescence
VIII.A.1 Utilisation d’un oscillateur local.
Homodynage
174 VIII.A.2 Utilisation dupic
de battement entre les deuxfaisceaux
jumeaux
176VIII.A.2.a Largeur du
pic
de battement 177 VIII.A.2.b Estimation du rapportsignal
sur bruit 178VIII.B Etude de la
fréquence
de battement entre les deux faisceauxjumeaux
produits
par l’O.P.O.VIII.B.1 Condition de résonance des deux faisceaux
infrarouges
180 VIII.B.2 Condition de résonance de la pompeVIII.B.2.a Cas où 03B4n est nul 183 VIII.B.2.b Cas où 03B4n n’est pas nul 185
VIII.B.3 Condition d’accord de
phase
188 VIII.B.4 Fonctionnement àproximité
de ladégénérescence
VIII.B.4.a
Optimisation
de l’accord dephase
191 VIII.B.4.bOptimisation
de labiréfringence
du cristal 193VIII.C
Montage expérimental
permettant l’observation du battemententre les deux faisceaux
jumeaux
VIII.C.1 Mesure de l’écart de
fréquence
entre les deux faisceauxjumeaux
194 VIII.C.2Electronique
de détection dupic
de battement 196VIII.C.3 Réduction de l’écart de
fréquence
entre les deux faisceauxjumeaux.
Observation dupic
de battement 197VIII.C.4 Etude de la
largeur
dupic
de battementVIII.C.4.a Fluctuations de
longueur
de la cavité 201VIII.C.4.b Fluctuations de la
biréfringence
du cristal 202 VIII.C.4.c Fluctuations de lafréquence
du faisceau de pompe 203 VIII.C.5 Diminution de la valeur de lafréquence
de battementVIII.C.5.a Variation de la
fréquence
du faisceau pompe 203 VIII.C.5.b Variation de labiréfringence
du cristalVIII.C.5.b.1 Variation de la température du cristal 204 VIII.C.5.b.2 Variation de l’orientation du cristal 205
VIII.C.5.b.3
Application
d’unchamp électrique
206VIII.D Possibilité de
supprimer
l’effet dû à labiréfringence
du cristalVIII.D.1 O.P.O. à deux cavités 207
VIII.D.2 Utilisation du KTP comme un cristal de type I 209
VII
ANNEXE 1 : CALCUL DU SIGNAL DE DETECTION DES PHOTONS JUMEAUX
A.I Notations 215
A.II Niveau moyen du courant
engendré
par les faisceaux 217A.III Fluctuations du
signal
de détectionA.III.a Influence des
photodiodes
sur les fluctuations dusignal
mesuré 218 A.III.b Fluctuations de courant dues aux faisceaux détectés 221A.III.c Calcul de la variance des fluctuations de courant
A.III.c.1 Cas où
03B8=03C0 4[03C0 2].
Mesure du shot-noise 224A.III.c.2 Cas où
03B8=0[03C0 2].
Mesure dusqueezing
225 A.III.d Mesure durapport
de réduction des fluctuations dans le caséquilibré
226A.III.e Evaluation de l’erreur sur la réduction du bruit
quantique
227A.IV Conclusion 229
ANNEXE 2 : ACCORD DE PHASE
B.I
Rappels
sur lapropagation
d’une onde dans les milieuxanisotropes
231B.II Utilisation de la
biréfringence
pour réaliser la condition d’accord dephase
B.II.a Cas du KDP. Phase
matching
de type I 234B.II.b Cas du KTP. Phase
matching
de type IIB.II.b.1 Cas du
doublage
defréquence
235 B.II.b.2 Cas de l’effetparamétrique
238INTRODUCTION
Dans toutes les mesures, il existe des fluctuations
d’origine
quantique, qui
entraînent unedispersion
sur les valeurs mesurées. Dans le cas de deux variablesconjuguées,
comme le sont laposition
x etl’impulsion
p d’uneparticule,
cesdispersions
obéissent àl’inégalité
deHeisenberg :
Dans la
plupart
des situationsexpérimentales,
les fluctuations(ou "bruit")
observées ne sont pasd’origine
quantique,
maisinstrumentale,
c’est-à-dire liées auximperfections
desdispositifs.
Dans certains
domaines, cependant,
il existe des mesures de très hauteprécision
où la seulelimita-tion est constituée par le bruit
quantique.
C’est le cas enoptique,
où laqualité exceptionnelle
des sources et des détecteurspermet
d’amener le bruit instrumental à un niveau très bas.L’optique
quantique
constitue donc un domaineprivilégié
où les étudesthéoriques
etexpérimentales
des fluctuationsquantiques
être confrontées.Comme pour tout
phénomène
quantique,
il existeplusieurs représentations imagées
du bruitquantique
de lalumière,
complémentaires
les unes des autres.On peut d’une part considérer la lumière comme formée de
corpuscules :
lesphotons.
Lesfluctuations des instants d’arrivée des
photons
sur le détecteur sont àl’origine
des fluctuationsque l’on observe sur le
photocourant.
Si lesphotons
sontrépartis
defaçon
aléatoire dans lefaisceau,
on observe un bruit degrenaille
ou shot-noise. Cetteapproche
sera utilisée dans lechapitre
I. On peut d’autre part considérer que le bruit de la lumière a pourorigine
les fluctuations des diversescomposantes
duchamp
électromagnétique
associé à l’onde. Une telleapproche
serautilisée dans le
chapitre
IV. Un modeparticulier
duchamp
correspond
parexemple
à une ondeplane
defréquence,
direction etpolarisation
données. Enoptique
classique,
il estdécrit
par uneEn
optique quantique,
les deux composantes enquadrature
sont des variablesconjuguées.
Leursdispersions
dans tout étatquantique
obéissent donc à uneinégalité
deHeisenberg :
Les deux variables
conjuguées
E
1
etE
2
sont de même nature. Il s’avère que les sourceslumineuses habituelles
(lampes, lasers)
neprivilégient
pas unequadrature
parrapport
à une autre.Il s’ensuit que leurs
dispersions
sont les mêmes et vérifient :Le facteur ~ donne ainsi une échelle standard pour les fluctuations du
champ
électromagnétique.
Les états du
champ correspondant
àl’égalité
dans(4)
sontappelés
états cohérents et vérifient :~ donne en
particulier
l’échelle des fluctuations du videqui
correspond
à l’état cohérent de valeurmoyenne nulle. On montre que le bruit d’intensité des états cohérents est le
shot-noise,
qui
constitue donc la limite du bruit d’intensité pour tout faisceau lumineux"classique"
(c’est-à-dire
tel que0394E
1
=
0394E
2
).
Pour aller au delà de cette
limite,
il faut rompre lasymétrie
entre les deuxquadratures.
L’inégalité
deHeisenberg
n’interdit pas parexemple
de diminuer0394E
1
endeçà
de ~ sous la seulecondition que
0394E
2
soit simultanémentaugmenté.
Onappelera
étatscomprimés
(squeezed states)
de tels états où ladispersion
d’unequadrature
estplus
petite
que ladispersion
standard ~. ParDepuis
une dizained’année,
des études d’abordthéoriques
puis expérimentales
ont montréque de tels états
pouvaient
êtreproduits
par divers processusd’optique
non-linéaire. Lapremière
observationexpérimentale
de fluctuationscomprimées
a été obtenue aux Bell Labs en 1985 enutilisant le
mélange
à 4 ondes dans une vapeur de Sodium[1].
L’effet a été observé aussi en utilisant comme milieu non linéaire une
longue
fibreoptique
enSilice
[2].
Une
compression
des fluctuations de63%
dans un mode duchamp
de valeur moyenne nulle("vide squeezé")
a été observée[3] [4]
en utilisant un oscillateurparamétrique
dégénéré
fonctionnanten dessous de son seuil d’oscillation.
Un très
important
effet decompression
du bruit dephoton
a été obtenu en utilisant une diodelaser dont le bruit du courant
électrique
de pompage a été réduit[5] [6].
Le groupe
d’optique
quantique
de l’ENS s’est pour sapart
intéressé à la réduction du bruitquantique
sur une autregrandeur
optique qui
fait intervenir deux modes différents duchamp,
enl’occurence la différence entre les intensités de ces deux
modes ;
comprimer
les fluctuations de cettequantité
revient à créer deux faisceaux"jumeaux",
c’est-à-dire deux faisceaux dont les fluctuations d’intensité sont fortement corrélées.Nous montrerons dans le
chapitre
Iqu’un système optique parfaitement adapté
à laproduction
de tels faisceauxjumeaux
est constitué par l’OscillateurParamétrique
Optique
(O.P.O.).
Nousavons donc été amenés à étudier en
grand
détail le fonctionnement de cedispositif
optique.
Nous avons réaliséexpérimentalement
un tel OPOqui
nous apermis
d’observer une trèsimportante
réduction du bruit
quantique
(69% )
dans unelarge
bande defréquence
de bruit[7] [8].
L’O.P.O.,
constitué d’un cristalprésentant
une non-linéarité d’ordre 2placé
dans unecavité,
a été inventé dès lespremières
années del’optique
non linéaire[9], [10],
[11], [12].
Il a d’abord été intensément
développé
dans les années 60 comme source laser accordable. Ila été
supplanté
dans ce domaine dans les années 70 par les lasers àcolorants,
plus
facilesd’emploi
et
plus
stables enfréquence. Après
unepériode
de relatifoubli,
l’amélioration destechniques
non-linéaires au cours des dix dernières années lui a donné un
regain
d’intérêt[13], [14], [15].
Il est notamment, comme nous l’avonsmentionné,
l’un dessystèmes
lesplus performants
pourproduire
deschamps
des fluctuationsquantiques comprimées
[3], [4], [7], [8], [16].
Son utilisationLes
propriétés
quantiques
des faisceauxproduits
par l’O.P.O. peuvent êtrecomprises
defaçon
qualitative
en utilisantl’image
corpusculaire
de lalumière ;
c’estl’objet
duchapitre
I. Dans lechapitre II,
nous étudions lespropriétés
deschamps
moyensproduits
par l’O.P.O. Nous déterminonsles conditions de seuil d’oscillation et l’intensité des
champs
sortants. Dans lechapitre
III,
nousétudions les
propriétés
des modeslongitudinaux
des faisceauxproduits,
àpartir
des conditions d’oscillations déterminées auchapitre précédent.
Dans lechapitre
IV,
nous étudions lesfluctua-tions
quantiques
deschamps
produits
en utilisant une méthodesemi-classique
mise aupoint
aulaboratoire
[17].
Dans lechapitre
V,
nous décrivons lemontage
expérimental
permettant
de réaliserles faisceaux corrélés et de mesurer la réduction de bruit
quantique
obtenue. Lechapitre
VI estcon-sacré à une
présentation
des résultats et à leur discussion. Pourpouvoir
faire fonctionner l’O.P.O. auvoisinage
de ladégénérescence
nous avons réalisé un laser YAG doublé lui servant de pompe. Ilest décrit dans le
chapitre
VII. Lespropriétés
du battement entre les deux modes de l’O.P.O. ainsiCHAPITRE I
Le but de ce
chapitre
est de donner uneimage physique simple
de certainespropriétés
du bruitquantique
et de la manière dont onpeut
les modifier. Nous verrons que ce bruitquantique
peutêtre réduit en utilisant des
"photons jumeaux" produits
par un oscillateurparamétrique
optique.
D’importantes caractéristiques
deschamps
sortant de l’oscillateurparamétrique
peuvent
êtrecom-prises
en utilisant un modèlesimple
où la lumière est considérée comme formée decorpuscules :
les
photons.
I.a. Suppression du bruit par différence
Dans de nombreuses
expériences
d’optique,
les mesures sont effectuées à l’aide dephotodétec-teurs
qui
engendrent
un courantélectrique proportionnel
à l’intensité duchamp
mesuré. Cetteintensité
présente
des fluctuationsqui
provoquent
des fluctuations sur le courant dephotodétection.
C’estl’origine
d’unepartie
du bruit sur lesignal
de mesure, et il en résulte une limitation sur laprécision.
Pour s’enaffranchir,
on utilise couramment une méthode de différence. Sonprincipe
est le suivant : le faisceau lumineux estséparé
en deux par une lamesemi-transparente
etenvoyé
surdeux
voies,
sur l’une des voies on effectue la mesure, l’autre sert de référence d’intensité. Lesignal
est constitué par la différence entre les
photo-courants
provenant
dechaque
photodiode
(cf.
figure
1).
Figure
1 :Montage
permettant
desupprimer
le bruit par différenceCe
procédé
utilisé notamment enspectroscopie
de haute résolutionpermet
d’éliminer toutesCependant,
même dans le cas où la détection estparfaitement équilibrée
et où les détecteursn’ajoutent
pas debruit,
il subsiste un bruitintrinsèque
dont on peut montrerqu’il
est lié au caractèrecorpusculaire
de la lumière. Eneffet,
un faisceau lumineuxpeut
être considéré commeformé de
particules :
lesphotons.
L’intensité du faisceau estproportionnelle
au nombre dephotons
arrivant par unité de temps sur le détecteur.(cf.
figure
2)
Figure :
Arrivée aléatoire desphotons
sur le détecteurSi les sources lumineuses sont très bien
stabilisées,
toutes les causes de "bruittechnique"
peuvent
êtresupprimées.
Il ne subsisteplus
qu’un
"bruit degrenaille"
ou "shot-noise" dû àl’arrivée des
photons
sur le détecteur à des instants aléatoires. Pour un temps de mesuredonné,
le nombre de
photons
détectés fluctue autour d’une valeur moyenne n . Il obéit à unestatistique
de Poisson. L’écart
type
de la distributioncorrespondante
est :Il en résulte un bruit sur le
photocourant.
C’est un bruit blanc dont la densitéspectrale
apour
expression
[18]:
i est le courant moyen dans le
photodétecteur,
e est lacharge
de l’électron. Le shot-noise n’estpas éliminé par la méthode de différence. En
effet,
la lamesemi-transparente
envoie lesphotons
de manière aléatoire dans l’un ou l’autre des bras avec uneprobabilité 1 2.
Les deux faisceaux résultantsFigure
3 : Faisceaux issus des deux voies d’une lamesemi-réfléchissante.
leurs fluctuationsquantiques
ne sont pas corréléesEn
conséquence,
les valeursquadratiques
moyennes des fluctuationsquantiques
de chacun des deux faisceauxs’ajoutent lorsqu’on
effectue la différence des deuxphotocourants.
Le shot-noise constitue donc la limite ultime de cette méthode.I.b. Photons jumeaux
Une solution pour s’affranchir du shot-noise consiste à utiliser des faisceaux où les
photons
sont
répartis
de manièreidentique.
De tels faisceaux sont formés dephotons
jumeaux,
cequi
peut êtrereprésenté
sur lafigure
4.Chaque
faisceaupris
séparément
présente
du bruit. Lesphotons jumeaux
arrivant en même temps surchaque
détecteur,
les fluctuationsquantiques
des deux faisceaux sont les mêmes. Le bruit s’élimine donc sur lesignal
de différence. De telsphotons
jumeaux
peuvent
êtreproduits
à l’aide de la fluorescenceparamétrique
dans un cristal. Le processus élémentaire décrivant cette intéraction estreprésenté
sur lafigure
5.Figure
5 : Processusélémentaire
décrivant
l’interaction
paramétrique
Un
photon
à lafréquence
03C90,appelé photon
de pompe est annihilé. Deuxphotons
auxfréquences
03C91 et 03C92,appelés photons signaux,
sont créés. L’état final est le même que l’état initial. Il doit donc y avoir conservation del’énergie
dans le processus, cequi impose
que la relation suivante soit vérifiée :03C9
0 = 03C91 + 03C92
(I.3)
Ce
phénomène,
interdit dans les gaz par raison desymétrie
[19],
peut
êtreimportant
dans certains cristaux non linéaires. Dans cesmatériaux,
iln’y
a pas de niveau intermédiaire résonnantavec
l’énergie
03C9
1
ou03C9
2
.
A cause de la relation d’incertitudetemps-énergie,
les deuxphotons
sont donc créés
quasiment
simultanément.[20]
Les
photons
jumeaux
sontproduits
en envoyant un faisceau de pompe à 03C90 dans un cristalprésentant
de l’effetparamétrique.
Il émet alors de la fluorescence à 03C91 et 03C92(cf.
figure
6).
Lesphotons
ainsiproduits
sontparfaitement
corrélés[20], [21].
Cependant,
cette fluorescence est émise dans unangle
solideimportant.
Les modes(03C9
1
,
)
1
k
et(03C9
2
, k
2
)
correspondant
à deuxphotons
jumeaux
n’ont pas engénéral
la mêmedirection,
cequi
rend leur détection difficile. Deplus,
cetteFigure
6 :Utilisation
d’un cristalprésentant
de l’effetparamétrique .
Création
dephotons
jumeaux
I.c. Oscillateur
paramétrique
Pour obtenir des faisceaux
jumeaux intenses,
nous avons réalisé un oscillateurparamétrique
optique
(O.P.O.).
Le fonctionnement de l’O.P.O. estanalogue
à celui d’un laser. Le cristalqui
présente
dugain
pour les deuxphotons signaux
tient le rôle de milieu actif. Il estplacé
dans une cavité résonnante à desfréquences
03C92 et 03C91 telles que 03C91 + 03C92 = 03C90. Par effetstimulé,
lesphotons
sont émis
préférentiellement
dans le modespatial imposé
par la cavité. L’oscillateurprésente
un seuil de fonctionnement. Si lapuissance
de pompe estsupérieure
à ceseuil,
ilpeut
oscilleret
engendrer
deux faisceauxsignaux
intenses et directifs. Les courants,produits
par les deuxphotodiodes qui
détectent les faisceaux ont des fluctuationscorrélées,
leur différenceprésente
un bruit inférieur au shot-noise. L’oscillateur estreprésenté
sur lafigure
7. La cavité estcomposée
de deux miroirs. L’unqui
est le miroir d’entrée pour lechamp
pompe estparfaitement
réfléchissant leschamps signaux,
l’autrequi
est le miroir de sortie les deuxchamps signaux présente
Figure
7 :Oscillateur
paramétrique
formé
d’uncristal
paramétrique
et d’unecavité
Dans les
expériences
que nous décrivonsplus
loin,
ce coefficient de réflexion estproche
de 1.On définit un coefficient 03B3 par
avec 03B3 « 1. Dans ces
conditions,
le coefficient de transmission enamplitude
dumiroir,
ts’exprime
simplement
en fonction de 03B3. En effet larelation t
2
+r
2
= 1 entraîneCependant
cet oscillateur modifie lastatistique
desphotons
émis. Eneffet,
la cavité décorrèle lesphotons jumeaux.
Celapeut
êtrecompris
en assimilant lesphotons
à desparticules classiques
circulant dans la cavité
[22].
Les
photons
sont créés simultanément dans lecristal,
mais l’un deuxpeut
être transmis par le miroir desortie,
tandis que l’autre reste dans la cavité. Ce dernier effectuequelques
aller-retoursupplémentaires
avant de sortir de la cavité. Lesphotons
sortent donc à deux instants différents. Letemps
moyenséparant
les instants de sortie des deuxphotons
jumeaux
est letemps
destockage
de la cavité c dontl’expression
est donnée par :est le
temps
d’un aller-retour dans la cavité. Tandis que lesphotons jumeaux
créés dans le cristalsont
partiellement corrélés,
à la sortie del’oscillateur,
ils sontparfaitement
décorrélés. Celapeut
êtrereprésenté
sur lafigure
8.Figure
8 : Effet dedécorrelation
desphotons
jumeaux
par la cavitéCette décorrélation
apparaît
sur lespectre
de bruit de la différence d’intensité des deux fais-ceaux. Le bruit est inférieur au shot noise pour les faiblesfréquences
debruit, puis
remonte versle shot-noise pour les
fréquences
élevées. On peut montrer(voir...)
que la remontée de bruit à laforme d’une lorentzienne dont la
largeur
à mi-hauteur a pourexpression
[22]:
Elle
représente
l’inverse dutemps
destockage
moyen desphotons
dans la cavité. Cettere-montée du bruit
s’explique
enremarquant
que lesfréquences
de bruit trèssupérieures
à03A9
c
corre-spondent
à des temps de mesure très inférieurs à c. De par laséparation temporelle
due à lacavité,
laprobabilité
de détecter les deuxphotons jumeaux
dans un intervalle de temps très inférieur àc
est très faible. La mesure effectuée donne le bruit sur la différence d’intensité de deux faisceaux
décorrélés,
cequi
donne le shot-noise.Inversement,
si lafréquence
de bruit est très inférieure à03A9
c
,
ellecorrespond
à des temps de mesure trèslongs
devant c. Laprobabilité
de détecter les deuxphotons jumeaux
dans le même intervalle de temps est alors trèsgrande.
Les fluctuations des deux faisceaux sont corrélées et s’éliminent dans la différence des intensités. A la limite desfréquences
de bruitnulles,
iln’y
aplus
de décorrélation due à la cavité car au bout d’untemps
infini,
il estcertain que tous les
photons
sont sortis. Dans ce modèleidéal,
le bruit est totalementsupprimé
àfréquence
nulle.n’est
jamais
parfaitement
réfléchissant et des pertes à la traversée du cristal. Elles sontsupposées
très faibles et sont caractérisées
globalement
par uncoefficient 03BC
très inférieur à 1. Ces pertes introduisent une décorrélationsupplémentaire
des deux faisceauxjumeaux.Si
dans unepaire
dephotons
jumeaux,
l’un des deuxphotons
est transmis par le miroir de sortie tandis que l’autre estperdu,
cela entraîne une décorrélation des deux faisceauxsignaux,
et donc une remontée du bruit. Ensupposant
que les détecteurs sontparfaits,
toutphoton
transmis par le miroir de sortie estdétecté.
L’expression
du bruit résiduelprend
alors la forme.S
0
représente
le shot-noisecorrespondant
à des faisceaux de même intensité mais totalement décorrélés.03BC 03BC+03B3
représente
le taux dephotons perdus
par rapport à tous lesphotons
sortant de la cavitépendant
un aller-retour. L’existence de pertes autres que celles du miroir de sortie diminue le temps destockage
desphotons
dans la cavité. Enconséquence
lalargeur
à mi-hauteur03A9
c
de la courbe de réduction du bruitaugmente,
et devient :L’allure du
spectre
de bruit est donné par lafigure
9.Figure
9 : Courbe de réduction du bruitquantique
enfonction
de lafréquence
Afin de rendre ce taux
maximum,
il est nécessaire que 03BC soit leplus
faiblepossible.
Pour cela ilimporte
d’avoir un cristalprésentant
le moinsd’absorption
possible
et des traitements antireflets de très bonnequalité.
Demême,
le miroir d’entrée doit être leplus
réfléchissantpossible
pour lesfréquences
03C91 et 03C92. Il est difficilepratiquement
de diminuerbeaucoup
les pertes dans lecristal,
et pour une valeur donnée de 03BC, R
peut
êtreaugmenté
enaugmentant
la transmission203B3
du miroir de sortie. Les"pertes"
dues au miroir de sortie sont ainsi renduesprépondérantes
parrapport
auxpertes
accidentelles.Augmenter 03B3
a aussi pour effet de diminuer letemps
destockage
moyen des
photons
dans la cavité et doncd’augmenter
la bande defréquence
danslaquelle
lebruit est réduit.
Malheureusement,
l’augmentation
de 03B3
se traduit par uneaugmentation
du seuild’oscillation comme il sera vu au
chapitre
II. C’est cetteaugmentation
du seuilqui
limite dans lapratique
la valeur de 03B3, et donc le taux maximum de réduction du bruitqui
peut
être obtenue.I.d. Influence de l’efficacité
quantique
desphotodiodes.
Dans tout ce
qui précède,
nous avons considéré que lesphotodiodes
utilisées pour la détectionétaient
parfaites.
Dans ce cas,chaque photon
arrivant sur laphotodiode
crée un électron. Lastatistique
du courant d’électrons réflète donc exactement lastatistique
du flux dephotons
inci-dents. Dans lapratique,
cette condition n’estjamais parfaitement
réalisée. Laphotodiode
estalors caractérisée par une efficacité
quantique ~
(~
<1)
qui
donne laprobabilité qu’a
unphoton
incident de créer un électron. Le processus de détection n’est donc
plus
certain,
maisprésente
un caractère aléatoire. Cela entraîne une décorrélation entre le flux dephotons
incidents et le courantde détection et donc une
augmentation
du bruit résiduel sur lespectre
de bruit de la différencedes
photocourants
provenant des deux diodes. Ce spectre est une lorentzienne dont lalargeur
àmi-hauteur n’a pas
changé.
Par contre, le bruit résiduel àfréquence
nulle est modifié et vaut :S
0
, 03BC
et 03B3 ont la mêmesignification
queprécédemment
(cf.
p.).
~représente
le taux dephotons
qui
ne sont pas détectés par laphotodiode :
le
rapport
03BC+03B3~ 03BC+03B3
peut à nouveaus’interpréter
en termes dephotons. 03BC
représente
le nombre dephotons perdus
dans l’oscillateur. 03B3~représente
le nombre dephotons
transmis par le miroir de sortie del’O.P.O.,
maisperdus
par laphotodiode.
Ce rapport peut donc à nouveaus’interpréter
Figure
10 : Courbe de réduction du bruitcompte-tenu
de
l’efficacité
quantique
desphotodiodes
Afin de minimiser ce bruit
résiduel,
il est donc nécessaire d’avoir une efficacitéquantique
laCHAPITRE II: VALEURS MOYENNES DES CHAMPS DANS L’O.P.O.
II.A
Equations
de base de l’effetparamétrique
Dans le
chapitre
précédent,
l’effetparamétrique
a été décrit par le processus élémentaire oùun
photon
pompe à lafréquence
03C90 est annihilé pour créer deuxphotons signaux
jumeaux
auxfréquences
03C91 et 03C92 telles que :Pour donner une
description
plus quantitative
du fonctionnement de l’oscillateurparamétrique
optique,
il est nécessaire de décrire l’effetparamétrique
en terme dechamp électrique.
Comme l’effet
paramétrique
est un processus à troisphotons,
ilcouple
trois modes différentsdu
champ
électromagnétique,
le mode pompeE
0
et les modessignaux
E
1
etE
2
.
Chaque
mode apour
expression :
On suppose que
chaque
mode est une ondeplane polarisée rectilignement
dont la direction depolarisation
est donnée para
j
.
j
A
représente
l’amplitude
duchamp,
03C9j safréquence.
Pour que le
couplage
non linéaire soitimportant
lors de lapropagation
dans lecristal,
il estnécessaire que les trois
champs interagissent
sur unegrande
longueur.
Dans lapratique,
leschamps
considérés ne sont pas des ondes
planes,
mais des modesgaussiens
ayant
donc une extensionspatiale
limitée. La meilleure
façon
de maximiser lalongueur
d’intéraction est doncd’imposer
que les ondesse
propagent
toutes dans la mêmedirection,
c’est-à-dire que les trois vecteurs d’ondek
0
,
k
1
,
k
2
soient colinéaires. Nous prenons cette direction commune suivantO
z
.
,
k
0
k
1
,
k
2
représentant
lesmodules des vecteurs d’onde à l’intérieur du cristal.
L’évolution de
chaque champ
dans le cristal est décrite par uneéquation
depropagation
qui
a
l’expression
suivante :Le cristal est considéré comme un
diélectrique parfait.
Lecouplage
deschamps
avec le milieumatériel est décrit à l’aide du vecteur
polarisation
P
j
.
L’effetparamétrique
qui
nous intéresse ses’ajoute
un vecteur depolarisation
non linéaire noté.
P
NL
Cettepolarisation
non linéaire peut êtredéveloppée
enpuissance
deschamps électriques.
Lepremier
des termes de cedéveloppement
est àl’origine
de l’effetparamétrique.
Comme nous l’avons mentionnéplus haut,
cet effetn’apparaît
que dans les milieux
anisotropes.
Lapolarisation
linéaire est alors reliée auchamp
électrique
par une relation tensorielle[23]:
~
L
:
est le tenseur desusceptibilité
linéaire.(la
notation : sera utilisée dans toute la suite pournoter les
tenseurs).
Le vecteur de
polarisation
a donc pourexpression :
P
NL
j
est la contribution deP
NL
à lafréquence
. 03C9jL’équation
depropagation
duchamp
E
j
devient :La
partie
homogène
de cetteéquation
estl’équation
habituelle depropagation
duchamp
électrique
dans un milieuanisotrope.
Le terme non linéaireapparaît
comme un terme source pourl’équation
depropagation.
II.A.1
Equation
linéaireL’équation
depropagation
duchamp électrique
dans un milieuanisotrope
est :Les solutions sont recherchées sous la forme
(II.2).
Lechamp magnétique
H
j
estperpendi
culaire à
E
j
et àk
j
. E
j
etk
j
ne sontcependant
pas nécessairementperpendiculaires.
Cechamp
peut
êtrereprésenté
dans leplan perpendiculaire
àH
j
par le schéma suivant[24]:
d
j
représente
la directionperpendiculaire
àH
j
et.
j
k
En reportantl’expression
deE
j
(II.2)
dansl’équation
depropagation
(II.7),
on obtient :Pour une direction de
propagation
donnée,
il existe deux directions depolarisation
a’ et a" duchamp électrique
satisfaisant cetteéquation,
et telles que lesvecteurs d’
etd"
leurcorrespondant
soientperpendiculaires.
Ces directions depolarisation
sontappelées
directions depolarisation
propres. Pour chacune d’entre
elles,
k
j
et 03B1j ont une valeurspécifique
qui
est déterminéegrâce
à la relation :Pour une direction propre de
polarisation,
l’indice du milieu est défini par :A
chaque
direction propre depolarisation
a’ et a"correspond
un indice n’ et n". Ces indicessont en
général
différents. C’estl’origine
de labiréfringence
des cristauxanisotropes.
II.A.2
Equation
non linéaireII.A.2.a
Enveloppe
lentement variableLes trois modes du
champ électrique couplés
par interaction non linéaire sepropagent
selon la même direction. On suppose que tous les trois sontpolarisés
selon une direction propre depolar-isation pour la direction de
propagation
commune. Les solutions del’équation
linéairesuggèrent
où
l’amplitude
dépend
maintenant de z et de t.Comme nous l’avons vu
plus haut,
lechamp
électrique
engendré
par effet non linéaire doit sepropager selon la même direction
O
z
que lechamp
auquel
il se superpose.A
partir
del’expression
(II.11)
nous pouvons calculer les termes intervenant dansl’équation
de
propagation :
Le terme source dû à la
polarisation
non linéaire est faible. Nous pouvons considérer quel’amplitude
duchamp
varie peu sur une distance de l’ordre de lalongueur
d’onde ainsi que sur untemps de l’ordre de l’inverse de la
fréquence
de l’onde. Celàpermet
d’effectuerl’approximation
dite del’enveloppe
lentement variable :Moyennant
cettehypothèse
et utilisant la relation(II.9),
lesexpressions
(II.12)
et(II.13)
permettent
de réécrire lapartie
homogène
del’équation
depropagation
(II.6) :
(1
+~) :
a jpeut
êtreréexprimé
à l’aide de la relation(II.9).
La relation(II.16)
devient alors :où 03C9
j
k
L’équation
depropagation,
a un terme source, le terme depolarisation
nonlinéaire,
que nousallons maintenant étudier.
II.A.2.b Terme de
polarisation
non linéaireAu niveau
microscopique,
l’origine
de lapolarisation
non linéaireprovient
de l’intéraction d’undipole
atomique
avecplusieurs
champs
électriques.
L’effetparamétrique,
fait intervenir desproduits
deux à deux des différentschamps.
Notonsqu’il
est alorspréférable
d’utiliser des notations réelles :Dans la
polarisation
nonlinéaire,
ilapparaît
donc des termes à toutes lesfréquences
obtenuespar somme et différence deux à deux des trois
fréquences
03C90, 03C91 et 03C92.Nous ne prenons en
compte
que leschamps
auxfréquences
, 003C9 03C91 et 03C92 et les termes deP
NL
à ces
fréquences.
Eneffet,
lechamp
E
0
à lafréquence
03C90est lechamp
pompe incident sur le cristal nonlinéaire ;
d’autrepart,
nous supposons que les conditions d’accord dephase
(voir
II.A.2.c)
ne sontremplies
que pour les deuxchamps signaux
1
)
(03C9
1
E
etE
2
(03C9
2
).
En d’autrestermes,
cesdeux
champs
sont les seuls à atteindre uneamplitude
importante
dans le cristal par suite d’uneinterférence constructive au cours de la
propagation.
Ces termes de
polarisation
non linéaire sont obtenus en combinant leschamps
auxfréquences
telles que la relation de conservation de
l’énergie
(II.1)
soittoujours
vérifiée. La relation entre leschamps
et le terme depolarisation
non linéaire considéré est donné par un tenseur de rang trois dont les coefficients sont notés03C9,
w’,
03C9" sont les troisfréquences prises
en compte et vérifient 03C9 = w’ + 03C9".~, m, n
sont les coordonnées cartésiennes deschamps
auxfréquences
03C9,03C9’, 03C9"
respectivement.
Où l’on a utilisé la relation
~
~
mn
(03C9,03C9’,03C9")
=~
~
nm
(03C9,03C9",03C9’)
[25].
Les termes de
polarisation
non linéaire sont notés sous forme condensée :II.A.2.c
Equations
couplées pour
les trois champsLes
expressions
des termes sources non linéaires données auparagraphe
précédent
permettent
de déterminer leséquations
de base de l’effetparamétrique.
Dans une direction de
propagation
donnée,
nous cherchons leschamps
dont lapolarisation
estune
polarisation
propre. Celà amène donc àprojeter
les vecteursP
NL
sur cespolarisations.
D’autre part, le terme source fait intervenir la dérivée seconde de la
polarisation
non linéairepar rapport au temps
(II.6).
La variation de(z, t)
j
A
dans letemps
étantlente,
nousnégligeons
les termes en
~ ~tA
j
(z,t)
et~
2
~t
2
A
j
(z,t)
pour negarder
que les termes en03C9
2
j
A
j
(z, t).
Finalement,
enprojetant
également
l’expression
de lapartie
homogène
del’équation
depropagation
(II.17)
sur ladirection de
polarisation
a
j
,
nous obtenonsl’expression
del’équation
depropagation
pourchaque
mode duchamp :
Le facteur 0394k dont
l’expression
est :conditionne l’efficacité de la
génération
des ondesE
1
etE
2
.
Eneffet,
lorsque
k
0
=k
1
+ k
2
,
exp(i0394kz)
= 1 et les ondes créées en différentspoints
z du cristal sont enphase :
la condition d’accord dephase
(ou
phase-matching)
estremplie.
C’est dans ce cas que lecouplage paramétrique
est le
plus important.
0394kreprésente
l’écart à cette condition. Si 0394k n’est pasnul,
lechamp
créépar l’effet non linéaire est
déphasé
parrapport
auchamp auquel
il se superpose, cequi
entraine une baisse d’efficacité du processus.Si le niveau
supérieur
de la transition àl’origine
de l’effetparamétrique
est situé loin d’une banded’absorption
du cristal(figure 1.5),
le tenseur non linéaire est réel. Dans ce cas, les coefficientsnon linéaires intervenant dans les
équations
(II.26), (II.27), (II.28)
sontégaux
[25].
Nous pouvonsalors poser :
De
plus,
nous effectuons unchangement
de référence dephase
pour lechamp
A
0
(z,
t)
en substituant-iA
0
(z,
t)
à(z,
0
A
t).
Le terme decouplage
deséquations
devient réel.Nous pouvons alors
réexprimer
(II.26), (II.27), (II.28)
pour obtenir leséquations
de base décrivant l’effetparamétrique
[26],[27]:
II.A.3.
Expression
deséquations
del’amplification
paramétrique en terme dephotons.
Afin de
simplifier l’expression
de ceséquations,
nous effectuons unchangement
de variables.Le but est de
remplacer l’amplitude
deschamps électriques
par de nouvellesvariables,
de sorte que le module carré decelles-ci,
soitégal
au nombre dephotons
dans le volumeoccupé
par le mode considéré. Pour lesdéfinir,
il est nécessaire de déterminerl’énergie
transportée
par l’onde dans le volume. La moyennetemporelle
de la densitéd’énergie
pour une ondeplane
est[28] :
Le
champ électrique
d’un mode est donné parl’expression
(II.11).
Le vecteurdéplacement
électrique
est défini par :Son
expression
en fonction deE
est obtenue en utilisant la relation(II.9).
Lechamp
B
vérifie la relationet le
champ H
vautL’expression
de la densitéd’énergie
pour un mode donné devient alors :n
j