LA PHOTOGRAPHIE
D H N U
Ttièt
Ita
^holographie r
du
s NU
PAR
c. Klary
RVEC LR COLLRBORRTIOM D’ECRIVFUNS FRRNÇmS et Etrfsmgers
_ PRÉFACE
DE
Jarçe de la Vaüdère
«
La
plus noble étude est celledu
corps humain,» en la splendeur éternelle de ses formes nues,
» c’est l’étude laplushautequ’unartistepuisse
» tenter. »
Armand SYLVESTRE.
e. KlaTSRY, Editeur
13,
Rue
Taitbout,PARIS
1902
R Le Bègue, Paris.
“PROJET D’ÉVENTAIL”
Préface
‘'•^OagÉ-
Toutestdansla nature; il suffit de regarder attentivement autour desoi
pour
serendrecompte queVhomme
n’ajamaisfaitqu’imiter, quele don decréation luiest absolumentrefusé. Lesfleurs, les plussavamment
peintes, ne sauraient rendrelafinesse d’une étamine, la nervuredéliéed’unefoliole, la pulpe délicate, abondanteet diverse, d’ungrain de muscat; aucunepalette nepourrait reproduire la transparence ondoyanteetfugitivedu
ciel et desflots!...Ce
qui nous entoure est d’un incomparable finidansl’infini, ettoutel’ambition des artistesdevrait sebornerà «fairevrai. »Il
y
a eu, dans ces derniers temps, une levée de boucliers contre la photographie, queTon
accuse d’êtreun
art inférieur, parce que trop exact. Or, cette exactitude est, selon moi, une nécessité et une force.La
photographie est à lapeinture ce que le théâtre estau
roman. Ily
a de grands auteurs dramatiquescomme
ily
a degrands romanciers, etjamais l’idée n’est venue à personnede rabaisser lespremiersau
profitdes seconds.Les uns font voir ce queles autres laissentparfoisdans lesbruniesdu
songe, ettous viennentàleurheurepour
nous charmer.La
photographie,au
serviced'un tempérament d’artiste, peut donnerdesrésultats superbes.Avant
de se livreraux
fantaisies de leur imagination, les poètes et les peintres devraient s’imprégner de la beauté des choses, et en fixer l’éphémère impressionau moyen
des merveilleux appareils que nous possédons aujourd’hui. Si lamémoire est indécise, si la vision ne se reproduit plus dans la chambre noiredelapensée, lesimages suggestives de nos maîtres photographes sont là pouraiderlesouvenir, suppléerà Vinspiration défaillante.La
photographie, c’estlaNaturemême;
or, la Natureest l’initiatrice de tousleschefs-d’œuvre, le géniesuprême, qui seul sait créer etrenouveler éternellement. Saisirla Nature danssesmanifestations lespluspures, lesplus hautes, est lecombledel'art, puisquel’artnesauraits’inspirerdelui-même!Ilfaut donc, dans l'intérêt
du
beau, choisir lesformes impeccables, les grouper, les mettre en lumière, les immortaliser et, en cela, le photographepeut égaler les peintres les plusfameux, sil a vraimentlesens de l’harmoniedans
lesattitudeset lescouleurs.M.
C. Klary nousoffredes photographies qui ne sontpas des tableaux longuementélaborés, des visionsmorbidesfixéesdans unefièvrededésirpour V
insaisissable perfectionhumaine, mais des scènes vivantes, oùlefrisson delaparoleetdugesteanime
encoreles modèles. Ceux-cinesesontpasfigés en des poses compliquées ou pénibles; ilsrient, causent, s'abandonnent, et leurs attitudes sont toujours heureuses.On
comprendpresque lemot
qui vient d’expirer sur les lèvres entr'ouvertes, la significationdu
regard, brusquementfixédanssa lumineusecaresse; nousne
sommes
plusdansun
muséedéfigurés decire, mais
au
cœurmême
dela Nature, palpitanteetgénéreuse!...Il faut louer
M.
C. Klary, artiste éminent et consciencieux, d’avoir su réunir en ce volume tant d’œuvresexquises, où l’idéaldu
Rêvesemêleà lasaveur ardente dela vie!JANE DE LA VAUDÈRE.
Léon Sneyers, Bruxelles.
L’EFFORT”
4
Prof.V.Jan,Strasbourg.
E
n éditant
"LA PHOTOGRAPHIE DU NU" mon
but a été de présenter àmes
lecteurs, sous une forme convenable, les reproductions d'oeuvres des principaux artistes qui, dans tous les pays, ont excellé en ce genre.J’estime aussi qu’il est préférable de les publier affranchies de tous commentaires
ou
de critiques,en laissantchacunlibrede former son opinion parl’étudemême
de ces oeuvressidifférentes et c’estici le premier essai de groupement d’une collection choisie et importante de travaux denu
en Photographie.Jesouhaite
donc
que cette tentative intéresse tousceux qui aiment la Photographie pictoriale.Ma
tâche aura, d’ailleurs, été rendue plus facile par ledévouement
demes
collaborateurs,MM. GLEESON, WHITE,
Prof.Gustav FRITSCH, GABRIELY
etWILL.
A.CADBY,
par leconcoursde
MM. SNOWDEN WARD,
Éditeurdu
“Photogram"
de LondresetHARRY QUILTER,
Éditeur
du
“Photographie Art Journal "de Leicester.
Que
chacun d’enx veuille bien recevoirmes
meilleurs remerciements.Je ne dois pas oublier
non
plus les courageux et vaillants artistes qui m’ont libéralement permis de reproduire leurs œuvres, leur étant extrêmement reconnaissant de la sympathie qu’ils m’ont témoignée.C. }<LARY.
E. Materne,Bruxelles.
5
Les Représentations Photographiques du Mu
^Q
A.Lemoine,Paris.T
out enrendanthommage
à l’honnêteté de certaines personnes qui proclament leur répugnance pour les représentationsdu nu
dansles arts, je croisque leuropinion n’estpas justifiée.On
ne peut pas non plus admettre que leurs arguments soient complètement renfermés dans une question de morale.Dans
l’étude que nous entreprenons, il serait superflu d’invoquer le privilège accordé plusou moins aux artistes chez tous les peuples civilisés, et d’insister sur ce principe que l’étudedu
modèle vivant est reconnue de la plus haute importance.On
peutdonc
discuter librement ce sujet, sans s’occuper des préjugésou
del’ignorance deceux qui professent une opinion contraire.Il nefautcependantpas
manquer
decourtoisie vis-à-visd’honnêtes adversaires ni choquer inutile-ment
les convenances d’un grandnombre
de personnes. Sansadmettreleur droit d’être offensés, nous croyons qu’il est utile de présenter ici un certainnombre
de sujets parfaitement innocents en eux-mêmes, bien qu’ils puissent soulever les objections de critiques aux vues plus rigides quelesnôtres.
Nous
n’avons pas cru devoirsupprimer complè- tement de nos illustrations les représentations de toutes lesfillesd’Evevêtuesseulement de la toilette premièredeleur mère, ainsi que beaucoup d’autres études charmantes denu
obtenues d’après des modèles professionnels dans l’atelier ou en plein air etquelquestrèsbelles photographiesde modèlesItaliens, en insistant pour qu’elles soient toutes observées avec une grande attention.
Ruskin, dans son ouvrage:
Modem
Pointers, nous fait remarquer : «Que
dans les climats où« les corps peuvent être découverts et frappés par
« le soleil, le
nu
est considéré d’une façon plus« élevéeetplus pure, il nedoit éveilleraucune idée
« basse.
De
cette exposition à la lumièreles corps« reçoivent une fermeté due au soleil, tout à fait
« différente, de la douceur délicate des corps des G. Plüschow,phot.,Rome. « nationsdu
Nord
où ceux-ci apparaissent acciden-« tellementsansvêtements. »
Il n’est donc pas surprenantque les photographies de modèles Italiensaient été présentées dans nos expositions et reproduites dans nos revues, alors que des modèles professionnels Anglais ou Françaisontété considéréspar trop techniquespourdesexhibitionspubliques.Ceciadmis, nous devons
6
accepter la positionfranchementetnepas,à l’exemplede
Pope
de plaisante mémoire, oudesdirecteurs de plusieurs musées Américains, oumême
de certains éditeurs de revues, essayer de résoudre leproblème au
moyen
de draperies, defeuilles devigne ouautres concessionsfaitesà la pruderie.Les peintres considèrent l’étude des modèles nus
comme
faisant partie de leurs travaux, ils n'ont aucun scrupule de conscience dans cette occupation légitime. Mais on n'a pas encore accordé pareille liberté au nouvel artde la photographie,
il est
donc
probable que pour certains demes
lecteurs la détermination deprésenterde proposdélibéréuneséried’épreuves photographiques de nu seraconsidéréecomme
une indécence.Tout d’abord uneautre question se présente, àquel bututile doiventservir lesétudes de
nu
?En
dehors des personnes qui ne sont pas des artistes (avecle pinceau, le crayon ou la chambre noire) qui pensent quela beauté la plus élevée doit être trouvée dansle corpshumain
parfaitement proportionné, il estun grandnombre
de dessinateurs qui ne peuvent étudier le nu d'après nature et qui trouvent desdocuments
extrêmement utiles dans de bonnes photographies.A
ceux-là il faut ajouter les artistes qui après avoir posé leurs modèles, trouvent d’une valeur inestimablede pouvoirconserverun
souvenirdela pose,avec les lumières et lesombres, leur relation avecles objetsenvironnants, la première attitude naturelle, tout enfin noté de la façon la plus exacte pour y revenir plus tard. Ceci n’a pas besoin d’être discuté, surtout par ceux qui saventcombien
il est difficilede reprendre un grand
nombre
de fois, une pose adoptée spontanément, sans luicommuniquer un
caractère stéréotypé.Nous demandons
que le droitde pouvoirétudier le modèle au point devue esthétique, depuislongtemps tacitement accordé aux peintres, soitaussi concédé àl’artiste photographe.Mais aucun de ces arguments ne peut lutter contre cette tradition puritaine que le corps est vil et que son étude est
dangereuse pour la morale.
A
ceux qui pensent ainsi, nousdemanderons
une tolérance égale et d’admettre que la conscience peut en décider différemment suivantles tempéramentsdivers.
A
titre d'indication, pour les futurs adeptes de la représentationdu
nu, il estévident que le sujet qui nous occupe doit être divisé en deux catégories bien distinctes: les photographies de nu exécutées en plein air et cellesqui sont obtenues àl'intérieur.La première catégorie est incontestablement lameilleure et la plus populaire, mais des raisons climatériques, la difficulté de trouver la solitude nécessaire dans les endroits populeuxet la rareté des modèles
non
professionnels, rend laseconde plusfacile pourceux dont le tempset les ressources sont limités pourleurs expériences.
Pour
lesphotographies exécutées à l’intérieur, on emploie la pose ou l’instantané. Sans discuter les difficultés techniques de l'éclairage naturel ou de ses équivalents, qui nediffèrentpas beaucoup en réalitéde celles qu’on rencontredans le travail desportraits, il est cependant possible d’indiquer la nature des choses les plus utiles dans chaque catégorie.
Le choix d’un bon modèle est le premier obstacle. Les peintres possèdent des listes pour en faire un choix et, de plus, ils ont
un
va-et-vient desolliciteursde tous âgesetdetousgenres. Le photographe
est loin d'être sur un pied égal et, dans bien des cas, c’est une
grande difficulté d’obtenir de bons résultats avec la
chambre
noire,même
avec des modèles professionnels. Soit que cela provienne de la crainte que les épreuves multipliées ne deviennentHugoErfurth,phot.,Dresde.
E. Materne,Bruxelles.
“
ÉTUDE”
7
l’objet d’une formidable concurrence, soit que le portrait
non
idéalisé ne soit pas de leur goût,il suffit simplement de reconnaître que ce sentiment existe.
Parmi les modèles amateurs, il est évident que le sexe féminin est le plus souventéliminé, par conventionsociale et leplus enthousiaste
amant
de lanature ne pourra désirer qu'il ensoit autrement.Il estaussi àremarquer,
que
c’est parmi les basses classes (etje n’emploie pasceterme dansun
sens méprisant, mais simplementcomme
une expression malheureusementcouramment
usitée) que nous trouvons la répulsion la plus enracinée.La très curieuse fausse modestie qui taxe la nudité de péché, n’est nulle part plus fortement répandue que parmi ceux qui donnentle
moins
depreuvesdedélicatesse de sentiments.Les athlètes et les maîtres de gymnastique ont des idées plus larges.
En
général avec eux, il est possible d’obtenir des modèles aux formes développées par les sportsvirils.Néanmoins, il est évident que les modèles profes- sionnels doivent être considérés
comme
les seuls vrais.Leur grand défaut estleurdéplorable tendance à la pose.
Entraînés par l’habitude à prendre certaines attitudes particulières, ils y retombent avecune raideur particuliè- rement peugracieuse.
On
peut penser quedes instantanés très rapides peuvent être obtenusdu
plus incorrigible poseur, mais, dansles cas ordinaires, la pose dite acadé- miquese trahirasûrement.Dans
certainescirconstances on a déjà essayé d’imiter l’attitude d'une statue célèbre, d’après le modèle vivant.Une
des photographies deSandow,
si j’aibonne mémoire
était, sans contredit, l’imitation d’une statue antique.
L'arrangementd’unesérie complète de statues célè- bresetde modèles
—
exac- tement danslamême
pose-
vaudrait la peine d’être tenté. Il en résulterait certainement un enseignement très utile. Cela donnerait de la force à une vérité trop souvent ignorée aujourd'hui, en présentant la réalité toutenue et la nature idéale, qui est l’artclassique.Pour donner de la valeur à une comparaison de ce genre, il
conviendrait de monter côte à côte de bonnes photographies de statues à la
même
échelle, et avec lemême
éclairage cellesdu
modèlevivant.Les sujetssautant en l'airet les attitudes variées de
mouvements momentanément
arrêtés, peuvent être saisis par l’appareil photo- graphique etavoirune certainevaleurcomme
étudesdemouvements
divers, mais appréciables seulement pour l'œil exercé d’unartiste.
Il convient
donc
d'insistersur les services que la chambre noire peut rendreà l’art danscetordre d'idée. Si onadmet
qu’un diction- naire de rimes sert la cause de lapoésie, il est évidentqu’une sériede photographies de
nu
perfectionnera dans son artun
véritable artiste.Je l’ai déjà dit, de semblables collections seraient très utiles et auraient une grande valeur pour les peintres. La meilleure
mémoire
faitsouvent défaut et, avec le modèle sous les yeux,un
artiste est parfois contraint d en consulterd’autres, afindese rendre comptesi tel détail qui l'intéresse estpersonnel ou typique.VanderWeyde,phot.,Londres,
«
SANDOW
”
S.Recknagel,Munich.
Pour
cestravauxetpour ceux produits à l'intérieur, jeconseille d'employer peu d'accessoires,des fonds unisdecouleur claireet desimples tapis.Le
grand problème de l'aménagement de la lumière pour la photographieà l'intérieurpeutêtre traité ici.L'éclairaged'atelier estun
terme de reproche assez mérité. Certains ouvrages sur l’éclairage des portraits seront très utiles.Pour
les premiers essais une figure couchée ou appuyée présentera moins dedifficultés.L'ensemble dela question n'est abso- lument que l'étude de l'artet pour ceux qui cherchent à être encouragés dans les représentations
du nu
en photographie,on
peut opposer l'ex-emple des écoles
du
Gouvernement. Outre l’étudedesfigureson
y étudie toutcequi est utile à l'art sans que cela soit lemoins
du monde
une offense àla morale.Nous pouvons
parler ici, de l’emploi de la chambre noire dans les ateliers de beaucoup de peintresmodernes. Les personnes qui sont en relationsavec l’écoledes jeunes artistes, ontpu
constater que la photographie leur a rendu de réels services pour l’exécution de leurs tableaux. L’usage de l’appareil photographiquen'est pas limité aux études de nu,on
l'utilise aussi, avec succès, pourdes représentations de paysages, d'animaux, etc., etc. Les artistes qui n’exposent jamaisde figures nues, se livrent souventà des travaux préliminaires; nous assuronsque laphotographieest, pour eux,
un
auxiliairerapideet très précieux. Il est certain que la plupart des peintres, spécialementceux qui s’adonnentauxcompositionsidéales ou poétiques, font leurs premiers croquis d'après le nu.Sir Frédéric
Leighton
a souvent autoriséla reproduction de semblablesétudes.Bien que lui-même, ainsi que beau- coupd'autres artistescélèbres, nepuissentêtre soupçonnés de se reposer sur l'aidedela photographie,il ya d'autres peintres qui l’emploientcouramment
d’une manière très honorable. Il faut comprendre ici que l'auxiliaire, auquel je fais allusion, ne remplace pas l’effort de l'artiste, mais rend sa tâche finale plus facile. Certains peintres qui emploient lachambre
noire sont disposés à montrer les photographies de leurs modèles à leurs confrères, avec lesquels ils discutent lesprogrès de leurs tableaux.On
a parlé souvent de photographies projetées sur latoileà peindreaumoyen
dela lanternemagique
etdes lignes principales dessinées d'après cette projection.On
a affirmé aussi que des photographies ont étépeinteset exposées
comme
des tableaux originaux. Il est certain quelespersonnes quise livrent à de semblables pratiques, ont
le plus grand soin de 11e pas faire connaître au public leur sympathie pour la photographie. Jamais dans leur atelier vous ne verrez une chambre noire, ni une seule épreuve.
Honteux
de leur secret, aucun de ces artistes ne voudrait quecela fût connu.Mais lesdocuments photographiques de nu
-
qu’ilsreprésententl'ensembleou certaines parties
du
corpsseulement—
sont employés dedifférentes manières.Ils sont spécialement intéressants et utiles dans les compositions contenantun grand
nombre
de personnages dans des”poses variées. Pour dessiner une figure suffisamment, pour juger de son effetErnest Marriage,SouthWoodford.
”
ÉTUDE
“9
dans une composition, ce n’est pas un travail de quelques minutes.
Une
douzaine d’études, ou davantage,du même
modèle, dans des attitudes peu variées ou sans grandesdifférences, telles qu’on peut les observerdansles séries d'études des vieux maîtres,non
seulement aident lepeintre, maisaussi exaltent lafraîcheurde ses idées.Si l’artiste possède une
chambre
noire ou en appelle une à son aide, il pourra soigneusement comparer les résultats, ilpourra
même
obtenir plusieurs épreuves de différents modèles, les dessiner en groupes jusqu’aumoment où
il aura trouvé l’effet qu’il recherche. Mais, s’il estun
véritable artiste, la photographie deviendra pour luiun simple document. Délassé des études répétéesqu’il aura faites, il pourra travailler d'après le modèle vivant, en étant certain que la pose qu’il fera prendre est celle qui convient le mieux, pour ce qu’il veut pro- duire,d’après lesessais préalables.
La chambre noire utilisée d’une façon mécanique pour étudier des poses et des compositions, ou
même
pour exécuter de belles étudesde nu, nesatisfaitpasbeaucouples enthousiastes travailleurs qui désirent
ardemment
produire des effetsartistiques.On
devradonc
exécuter des photogra- phiesdans l’atelier,comme
études de beaux membres, ouquand on
pourra larencontrer, la reproduction artistique de l’ensemble d’un modèle vivant parfaitement propor- tionné. Il convient d’expliquer clairement que desemblables études doivent êtrefaitesavecunehabileté techniquepar les artistes,pour
eux-mêmes
ou pour le plaisir de leurs élèves, sinon pour le public, généralement peu capable d'apprécier leurs réellesbeautés,ettoujourspartropdisposéà être intéressédanslacontemplationdu nupar des motifs étrangersàl’artlui-même.
Aussi loin que les tentatives de représentations photo- graphiques de modèles nus sont possibles en Angleterre, il
semblerait qu'ellesdoivent être confinéesaux baigneursdans nos rivières
ou
aubord de la mer. Il nefaut pas s’alarmer que ces sujets soient assez limités, car les cours d’eau d’Angleterre et les bords de lamer
permettent de produire des milliers d’effets divers, dans lesquels le censeur le plus sévère netrouverait rien à redire.Dans
lesphotographiesdenu
exécutées en plein airdes inconvénientsnombreux
se présentent.Le corpshumain, dans sesplus beaux exemples, esttoujours au-dessous de labeauté idéaleque nousadmettons. Trouver un corps réellementassez parfaitpour obtenirun
ensemble bien proportionné, est une chose qui n’est ni facile ni certaine. Les artistes connaissent la justesse de nos observations par expérience personnelle.L'usage des chaussures et de certains vêtements, produisent sur le corps des difformités plus ou moins apparentes. La marchedesmodèlesestaltéréelorsqueleurspiedsnusreposent sur
un
tapis, que sera-ce donc, lorsqu’ils seront obligésde gravitersur larive ousurun
sol inégal?Alfred Craske, Tooting.
“
BAIGNEURS
”John Williams,phot., Rhyl.
10
Au
point de vue de la couleur, les partiesdu
corps exposées à la lumière, deviennent ouplus noiresou
plus rouges tandis que le restedu
corps conserve une blancheur relative, ce qui estrendu parla photographied’une façon par tropévidente.Les illustrations présentéesici,sonten général excellentes,bien que certains modèles nesoient pas exempts de défauts physiques inévitables.
Un
artiste peut souvent poser son modèle d'une façon siheureuse, que ces imperfections ne sont pas pratiquement visibles. Mais la
chambre
noirea ledéfaut d’exagérer les osqui saillissent, les jointures deviennent par trop apparentes, il en est demême
pour d’autres détails.La plus grande difficultéestdetrou- ver un
modèle
avec de beaux traits etuneexpression intel- ligente en rapport avec des proportions parfaites; elle est si
grande cette diffi- culté,qu’on ne peut
raisonnablement D
rJ.HallEdwards, Birmingham,espérer rencontrer ce modèle idéal que par un très heureux hasard.
Ceci posé il est extrêmement difficile d'exécuter des photographies artistiques de nu, si ce n’est dans certaines poses, ou la figure ne constitue pas l'intérêt principal
du
sujet. Examinez lesphotographies les plus célèbres produites dans cet ordre d'idées, vous remarquez combien peu sont vraimentsatisfaisantes.
Parlons maintenant des représentations
du
nu avec les enfants. Contrairement aux travaux dont nous avons parlé, ceux-ci sont très populaires. La beauté du corpschez les enfantsestau-dessus d'une description quelconque, età toutes les périodesde l’artellea trouvéde profonds admirateurs.Entre les cupidons de Raphaël et l’enfant dans un tub avec une
éponge
(réclame d’une fabrique desavon), il y a une grandedifférence, mais lesfigures peuventêtre charmantes dans lesdeux cas.La grande perfection des
membres
des enfants nedemande
pas à être représentée dans un simulacrede nuages etavec desailes factices.Mais pour produire uneœuvre
il faut aussi admettre quelésaccessoires domestiques
du
bain sont également superflus. Il est préférable deles laisserau second plan, car ils sont absolumentsans importance.Certains objets naturels tels qu’un coquillage porté à l'oreille et dans lequel l’enfant essaie d’entendre le bruitde la mer, une branche defeuillage, nepeuvent être sujets à objection.
D’autres accessoi- ressimples,uncerceau, uneballe,serontenhar-
monie
aveclesujetre- présenté,maisdesmou-
tons,despetitschevaux, jouetscertainementtrès naturels, produiront
l’effet d'illustrations d’un
numéro
deNoël, quenepourracompen- ser l’habileté nécessaireK y
. pour les produire.
Il est certain qu’ilya des goûtsdifférentsdans l’art et une grande variétédetypes pourproduire des tableaux, soit avec les pinceaux, soit avec la chambre noire, tous peuvent être particulièrement justifiés parle plaisir qu’ils procurentà
un
grandnombre
de personnes.Généralementles enfants sont représentés à
un
âge où leur plus délicate beautén'est pasdans toute sa force.Un
enfant de quelque mois n'est jamais dansbeaucoup
de cas un objet debeauté classique, spécialement lorsque la couleur qui est son attribut le plus exquis est imparfaitement représentée parun monochrome
photographique.11
Lespieds des enfants sont
comme
des coquilles nacrées, leursmainscomme
des boutons deroses.Leurs yeux, ainsi que Swinburne les décrit dans son Étude réaliste, ne peuvent jamais être bien représentés par
un photogramme.
C'est alors que lecharme
délicat de la couleur, qui ne peut être reproduit, vient faire désirer qu’on choisisse
un
âgeun
peu plusavancé pourobtenir la perfection des formes.A
cemoment,
les difformités occa- sionnées par le costume sont inconnues, lesmouvements
faciles des membres, le tendre modelé des surfaces et le tissu de lapeausontégalementdélicieux. C'est alorsque l’artisteambitionne de reproduire avec la chambre noire la grâce exquise de sem- blables sujets.
Il sembleplus en harmonie avecles couleursde cesmodèles que des fonds etdes draperies clairssoientemployés. Mais pour
lesreproductions des modèles vivants, en général il nous semble plus logique de faire usage de fonds sombres, sur lesquels les figures se détachent en silhouettes fermes et saillantes. Les-très gracieusesétudes,queparl'amabilité
du
DocteurHall Edwards
et
William
nous avonspu
reproduire ici sont charmantes,de plus, elles constituent des portraits tout à fait remarquables.Dans
ces études, le but a été de représenter l'individualité enfantine. Les autres que nous présentons aux lecteurs sont égalementtrès complètes, elles onten outreun
grand intérêtau pointde vue pictorial.Les personnes qui vivent constamment dans une atmosphère d'art etde littérature,
où
les choses sont considérées àun
point de vueélevé, ignorentcedégoûtpuritain dela forme humaine.Jene veux cependant pas les considérer
comme
des gens à idées malsaines. Ces sont des esprits étroits etpeu cultivés. Maisici des parolesviolentes ne changeraient rien.
Cautin-Berger,phot., Paris.
Si la grande animosité contre le
nu
idéal est ainsi ouvertement démontrée, nous pouvons nous imaginer leur attitude pour les représentations réalistes des photographes.Dans
l’état actuel de la loi anglaise, où uneaction réellement innocente en intentionpeutêtreaccusée,etcette délicatequestion résolue par douzehommes
dans une chambre d’audience, les chances de motifs pursou
de raisons artistiques sont jugées parun
boucher,un
boulangerouun
épicier sont si faibles, qu'aucune personnesaine d'esprit n’envisagera cette question avec sérénité. C'est ici que nous constatons le caractère particulièrement illogique de la loi anglaise.Si(ainsi que l'a écrit
M.
G. Moore) vous êtes soupçonné de vendredesconfituresou
des conserves avariées, une réunion d'experts pour les confitures et les conserves étudie la question et laisse lejury baser son verdict sur le rapport déposé par ces experts en connaissance de cause. S’il s'agit d'art ou de littérature, la question de savoir si le sujet estpur ounon
n’est passoumiseàdesexperts,mais à une douzaine de citoyens qui sont considéréscomme
suffisamment aptes à juger la question. Il n’ya pasde rapport présentéau jurypuisque c'esteux-mêmes
quidécident. Les choses sontainsi, nul H.Traut,phot.,Munich.12
ne peut le contredire. Il n'est pas nécessaire de s’étendre sur cette situation illogique de la loi,
qui protège les confitures et lesconserveset laisse l'art et la littératureà la merci de tout le
monde.
En
ce qui concerne les études denu, faitespourdes raisons personnelles, on admet que laliberté laissée aux peintres doit être accordée à ceux qui manient lachambre
noire. Mais lorsqu'il s’agit d’exhiberou
de publier,bien desgens,ayant consciencede lapuretédeleurs intentions, hésitent avant de s'exposereux-mêmes
aux risques de poursuites, qui bien qu’injustifiées, seraientquandmême
très préjudiciables.Cette manière devoirnedoit pas s’imposeràceuxdont lecourage dépasse laprudence, maiselle a pourbutde démontrer qu’aucune considération de convenance artistique n’est suffisante, pourconvaincrecertains esprits officielsde la puretépossibledu
nu.La
vieillefemme
de Tennyson, qui dansun
de ses poèmes dialectiques exprimeson dégoût pourles statues toutes nues, honteuses à voir, est
un
exemple del’adversaire ignorant qui litles rapportsde policeles plusrépugnantsavecun
grand plaisir, mais qui proteste contrelareprésentation d’un corpsnon
vêtu,sans se préoccuperqu’elle estabsolument exemptede toute mauvaise intention.En
réalité, lesujetqui nous occupe est en partie une question de milieu, en partieune question socialeet, sur une grandeéchelle, uneopinion esthétique. C’est cequej’ai essayé dedémontrer.GLEESON WHITE.
Moreno,phot.,New-York,U.S.A.
13
ComteC. deClugny, Paris.
“
LE REPOS DE LA BACCHANTE
”FrédéricColburnClarke, phot., New-York.
U.S. A.
14
w Q
c/3
<U CO CL
LES CINQ SENS
“LE
TOUCHER
’
W.F.GUERIN,PHOT.
ST-LOUIS(U.S.A.)
TYPOGRAVURE ÉTABtsJEAN MALVAUX S.A.
PARIS-BRUXELLES
Lft REPRODUCTION DU NU
EST-ELLE INDÉCENTE ?
D
ansun numéro
récentdu
journal “PHOTOGRAPHISCHE CORRESPONDENZ
” devienne, aparuun
articlede son éditeur, ayant pour titre:“Die Nackte Wahrheit und Anderes
”, dans lequelmes
travaux sontcités en termesbienveillants.Cet article remarquable contient de profondes vérités ! Cependant, la manière de voir de l'auteur, en ce qui concerne la reproduction
du
nu, nous paraît décidément trop exclusive ou trop pessimiste dans son ensemble.Mon nom
ayant été mentionné souvent, non seulementdans cet article, mais aussi par d’autres écrivains ayant abordé lemême
sujet, jeme
permets de faire iciquelques observationspourexpliquermon
opinionpersonnelle.Anatomiste, je ne puis exiger
du
grandpublic qu'il accepte d’embléema
manière de voir; cependant,ma
professionmême me
rend apteàjuger froidement et sans parti pris les opinions desautres.D
abord, il est hors de doute quetout ce qui a étécréé par la nature, le corpshumain
danssanudité par exemple, ne peut être niindécent, niobscène.” Naturalia non sunt turpia!
”
L’immoralité n’est pas inhérente à l'objet représenté, mais elle peut germer dans la pensée
du
spectateur. Lemodèle n’a pas à rougir, mais plutôt l'observateur immoral dont l'indignation est l’expression d'une mauvaiseconscience.L'auteur dit en termestrèssecs :
Nous manquons
totalement decetesprit antique, queles sensationsérotiques téontpas troublé à la vue d'un modèle femme, esprit qui adû
régneraux
temps classiquesdela Grèce(?).L'auteur est cependant assez circonspect pour émettre
un
certaindoutesurlesopinions qu’ilprête à l'antiquité.
Cette déclaration catégoriqueva trop loin assurément; il est nécessaire de la réfuter,au point devue des
mœurs
etau point de vue de l’éducation, si nous croyons àun
progrès futur de l'humanité.L'auteur de l'article en question a malheureusement raison dansbien des cas; lacause enestàladégénérescence de la race humaine, provoquée par l’abus des idées religieuses et au peu d'habitude qu'on a de contempler
le nu.
Nous
ne voyons pas pourquoion
ne pourrait espérer dans l’a- venir une amélioration de cet état de choses, en traitant rai-sonnablementlaquestion.
Il est facile de démontrer que des opinions aussi catégo- riques ne peuvent s’appliquer
partout. Prof.V.Jan,Strasbourg.
Comme
il s'agitde peuples peu civilisés,nous laisseronsde côtéles belles négresses des plainesde l’Afrique, qui marchent dansleur classique nudité, sans éveillerdes sensationsérotiques.Hugo
Erfurth,phot., Dresde.19
Chez
les peuples très civilisés, chez les Japonais, qui ont une grandecommunauté
d'idées avec nous,il enest demême.
Là-basaussi, lanudité n'estpas indécente.Récemment,
unedame
européenne a^antlongtemps vécu auJapon, disait dansun
article sur lesJaponaises« qu’elle avait compris qu’on«pouvaitêtre nue, etse comporter
quand même
avecdignité. »Il en est de
même
dans d'autres pays des tro- pques,comme
par exemple à Batavia, à Bangkok, à Sngapore, etc., etc.,où
lesdames
de la société piraissent aux tables d’hôte des hôtels dans des costumes qui rappellent celui denotre mère Eve. Elles re croient pasainsi provoquerles sensde ceux qui les eitourent. 11 est inutile de chercher hors de l'Europe d?s preuvesde notre assertion. Lesdogmes
ascétiques sir la mortification de la chair et le renoncement nont pasempêché
à lafindu
moyen-âgeleshommes
e: les
femmes
de se baigner encommun,
nus, dansles bains publics.
A
cette époque, les invités des noces se baignaient sans distinction desexes dans cesmêmes
établissements avantdeprendrepartauxfestins.Dans
les stations balnéairesdu Sud, dans les lacs du Tyrol par exemple, les deux sexes se baignent en- semble, dans des toilettes de bain qui n’ont d’autre but réel que de fairevaloir les charmes etnon
de les ouvrir.Nous
en dirons autant des bains d’Ostende, de Schevenigen, etc., etc.C’est une profonde erreur de penser que lecorps absolument
nu
est plus provoquant que lorsqu'il estouvert en partie : les voiles alors font ressortir avec plus d’attraits la chairnue.
Nous
en dirons autant des grandes toilettes de SDirée de nos femmes, avec leur décolletage couvrant àpeine lesseins et l’échancrure du dos, qui nous font tmjoursattendrelemoment
oùlarobeglisseratoutàfait.Lathèse que nous soutenonset qui semble paradoxalese trouve
donc amplement
justifiée. Il est d'ores et déjà démontré qu'un corps complètementnu
le semble moins que celui qui n’est couvert cu’en partie, lorsqu'avecun
certainraffinementplusieursdeces partiespouvant provoquerlessensont étédécouvertes à dessein.A
l’appui de ce que nous avan- çons, qu'ilme
soit permis derappeler eue dans nos Académies de dessin et Ce peinture de très jeunes gens des Ceuxsexesétudient d’aprèsle nu.Seraient-ils en état de travailler, s’ils étaient continuellement sousl’em- pirede sensations érotiques? Cela peut arriver, c'est évident, maisces cassont leureusementdes exceptions.
Jusqu'où peut aller l’absurdité dans une société soi-disant civilisée, c’estce quiest arrivé à
Weimar
il ya quelques années. Les artistes ayant besoin d'un modèle femme, firent venir dans cette villeune
jeune fille parfaitement honnête; ceci provoquaunetelleindignationdanslapopulation,quel’inoffensivepersonnefut obligéede s’éloignerau plusvite.
R. Le Bègue.
“
L’HOMME AU VASE
”A-Lemoine,Paris.
NYMPHE
”
20
Nous
devons combattre de telles absurdités, dans l’intérêt de l'humanité, si nous voulons avoir une génération senséeet unesociété telleque la décrivent des journaux spéciaux, entre autres ” Kraftund
Schônheit”deBerlin (La Force et la Beauté), qui préconisent la fondation de bainsd’airet de lumière, où
on
selivrerait aux sports athlétiquesdansun
état denudité complète.OttoSchmidt, Vienne. OttoSchmidt, Vienne.
“
LA PERLE
” “LEDA”
Eu
dehorsdu
préjudice causé à la santé par le peu de soin qu’on prenddu
corps, et cela par pruderie, la religion neva-t-ellepas jusqu'à prêcher de le couvrir entièrement, et d’enfaire ainsi une chose qui nousestpresque inconnue.Cette situation, facile à démontrer, m’a engagé autant qu’il est en
mon
pouvoir, à combler les lacunesde notresavoir. Pouratteindre ce but, il a fallu m’appuyer sur des reproductionsartistiques, et dans celles-ci le peu de connaissancedu
corpshumain
se faisait sentir d'une manière évidente.Je n’ai pas l’intention de critiquer les artistes, encore moins de leurdonner des leçons; je voudrais seulement par
mes
travaux établir une base, une mesure, qui permettraient à tous ceux que la chose intéressedeformerleurjugement.Je crois quej'y suisparvenu, enpartiedu
moins. Jeme
suisadressé aux sociétés anthropologiques, qui ont pour but l’étudede l’homme. Je leur ai présenté des sujets nus avec des projectionsgrandeur naturelle.
J’ai aussi, à différentes reprises, devant
un
auditoirecomposé d’hommes
et de femmes, fait des conférences avec projectionsauxMusées deCassel, de Lindauet autres villes, et jamais, que je sache, personne n'a trouvé indé- centesmes
présentations, pour lesquelles j'ai obtenu un grandsuccès.L’article cité
me
touche spécialement,quand
l’auteur exprime descraintes au sujetde l’intervention possible dela justice, surtout
quand
elles émanent de Vienne.En
effet, cette ville a le très grand avantage de posséder beaucoup de beaux modèles, et s'il n'est pas
donné
aux étrangersde lesapprocher, tous ceux qui s'intéressent àla structure idéalement normaledu
corps humain, sauront gré àM. Otto Schmidt
de mettre à leurdisposition un grandnombre
de beautésféminines reproduites nues. Il a bien mérité de l’humanité, et les magistrats malgré la nudité de ces images très décentes, n'ont fait aucune objection.Je possède beaucoup de ces études, entre autres celle
qu'on
nomme
avec raison"La
Perle”, j'en ai à maintes reprisesfait usagedans quelques-uns demes
travauxscientifiques.Mes
propres reproductions, dontparle sympathiquementl'auteurdel'article,nepeuventpourbien des raisons êtrecomparées à celles deM. Otto Schmidt;
cependant,jeme
suisefforcédeleurdonnerun
aspect artistique.En
vérité, malgré sesbonnesintentions, l'auteurdel’articleva trop loin dans son jugement sur la21
reproduction artistique
du nu
dans les œuvres modernes, en cesens qu'il réprouvetoutes lespeintures de nosjoursdans cetordre d’idée.Les exagérations dans la reproduction
du
corps humain, qui se trouvent dans la plupart des peintures modernes, sontmalheureusement trop connues. Je n’ai pas hésitémoi-même
à protester, et souleverparsuiteune tempêted'indignation.Cependant, nous nepouvonsoublierque danscesdernierstemps, onafait les plusgrandsprogrès dansla reproduction de la beauté féminine. L’auteur de l’article aurait pu, il
me
semble, songer au peintreMakart,
tant portéaux nues de son tempset si vite oublié.Ce
grand artiste s’est servi avec bonheur dans son tableau ” L'entrée de Charles-Quint à Anvers”des beaux modèles de la ville impériale.
”
La
VénusAnadyomène"
deBocklin
et"La Charmeuse
de Serpents" deLenbach,
quoique peu demon
goût, sont des tableaux trèsestimés.Il y a quelques années, un peintre anglais, Forster, a obtenu la grande médaille d’or à l'Exposition internationale de Berlin, pour un tableau représentant une
femme
entièrement nue, de grandeur naturelle,"La
Vérité", reproduction d’un modèlevivant.Le grandtableaud'ALMA-TADEMA,
” Le Modèle du
Sculpteur", a été aussi récompensé à cettemême
Exposition.Une
grande médaille d'or a été également décernée au peintre françaisAublet,
pour son tableau"L'Automne", femme
nue dansun
paysage.Parmi les Français, c'est
Bouguereau,
attaqué par ses adversaires poursamanière de peindre;cependant il joint à l'entendement des lignes
du
corps de lafemme
(par exemple dans son tableau célèbre "La
VénusAnadyomène
") lesprécieuses qualitésd'un grandartiste.Ces exemples sontsuffisants, pour prouver que parmi lesartistes contemporains,l’étude
du nu
n’a pas faibli, cequepourraientfaire croire les insinuationsdemon
contradicteur.Tout
nousfaitdonc
espérer une génération d’artistes encore plus entendue. Pour arriverau but,il est indiscutable que l'étude approfondie
du nu
est absolument nécessaire.La
Photographie, certainement, avec son allure réaliste, contribuera beaucoupau
progrès. D’autre part, il est certain que ceux qui n’ont pas la moindre notion des formesdu
corps humain, s’imaginent que les beautés féminines sont semblablesà cellesquereprésententlesillustrationsdesjournaux de Vienne "Der
Floh"et " Pschutt".
Ce
sont précisément ces erreurs qu'il faut redresser, et la nature dans sa réalité ne paraîtra plus aussi laide.Pour
terminer, unmot
sur la décence à garder dans les reproductionsdu corpshumain
nu, qui n’offrira rien de choquant pour les personnes sans préjugés habituésà sa vue. Lenu
paraîtra brutal et excitera lessens, si on attirel'attention sur quelque partiedu
corps, enlevoilantpartiellementet d'une façon transparente.La
reproductiondu
corpshumain
dans de bellesproportions, ne peutêtreniindécenteni obscène!Prof.
Gustav FR1TSCH -
Berlin.22
“
NYMPHE DES
BOISComteC. deClugny, Paris.
R.LeBègue, Paris.
“AU BORD DE L’EAU”
23
G. Plüschow,phot., Rome.
24
J.
M.
Canellas, pliot.
, Paris.
Ch.
Scolik, Vienne.
Herbert Arthur,
Hesse, 11
IN
ARCADIA
’
Jacksonville,
U.
S.
A.
Les Photographies
des Enfants Mus
O
n a répété souvent, que les photographes ne devraient jamais affronter les reproductionsdu
nu, si ce n’est pour obtenir des études pour les peintres.
On
a dit aussi qu'on ne devrait jamais photo- graphier le nu, à moins qu'il ne soit drapé ! Il est certainement inutile defaireremarquer aux lec- teurs intelligents, quele censeur sévère qui a émis ces opinions était A. Lemoine, Paris.
un
puritain.On
a aussi affirmé, qu’en faisant des photographies denu
on n’obtenait que de la nudité.Il est certain qu'il y a quelque vérité dans toutes ces idées.
On
en sera convaincu, hélas ! si on se rappelle certains des travaux présentés à nos expositions pendant ces dernières années.Mais, malgré la mauvaise opinion qu'on a généralement des productions de
nu
obtenues avec lachambre
noire, on peutconstater que la photographie peut aborder avec succès, les représentations des modèles vivants, ainsi queMM. Puyo, Frank Eugène, Holland
Day, P.Bergon,
R.Le Bègue,
A.Lemoine
etun
grandnombre
d'autresartistes l’ont très habilementprouvé.Constatons aussi les grands préjugés qui existent au sujet des
F. Boissonnas,phot.,Genève.
photographies d’enfants
non
vêtus.Laissons de côté les assertions
du
docteurKnox
qui, dans son excellentManuel
d’Anatomie
Artis- tique, nous dit que le torse del’en- fant ne vaut pas la peine d’être représenté, car ses formes laissent à désirer.Ne
nous occupons en aucune façon des protestations for- muléescontre la reproduction d'en- fants privés de leurs vêtements, et des honteuses insinuations qui ont été lancées contre les photographes qui ont eu le courage d'aborder franchementles étudesde nu.HerbertArthurHesse,Jacksonville.U.S.A.
2Q
La dernière accusation ne mérite aucun commentaire.
En
ce qui concerne le docteurKnox,
je suis certain qu'il serait prêt àreconnaître des charmes et des grâces à l’enfance, qui méritent bien qu’on essaie d'en garder le souvenir au
moyen
de lacham-
bre noire.En
dépit des très grandes difficultés etdu
découragement manifesté par le plus grandnom-
bre pour ce genre de travail, il
aura toujours pour la minorité
un charme
irrésistible.C’est une branche de la pho- tographie artistique qui offre
un champ
très vaste; mais s’il est
possible de produire le beau,
ou
peut malheureuse-ment
aussitomber
dans le grotesque.Les terribles exemples des
com- mençants nous
effraient, maisdans quel autreartceux-
ci osent-ils s'atta-
quer aux modèles
vivants?
Que
les DrJ. HallEdwards Birmingham.profanes de la
chambre
noirecommencent donc
leurs études avec d’autres sujets.Rolato-Petion, Paris.
WILL.
A.CADBY.
M
olleJ.Daria, Paris.30
Hugo
Erfurth, pbot., Dresde.