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Exploiter les technologies pour un développement durable: une étude de la CEA

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(1)
(2)

Exploiter les

technologies pour un developpement

ura

(~) Comn-isslor ccononnque pour 1'P.\fr!qu(~

\._~

~

(3)

Commandes

Pour commander plusieurs exemplaires du present rapport, veuillez contacter:

Publications

Commission econornique pour l'Afrique B.P.3001

Addis-Abeba Ethiopie

Tel: +251-1-4431 68 Fax: +251-1-51 03 65

Adresse electronioue: [email protected] Web: www.uneca.org

ISBN92-1-225038-6 Numero de venteF.02.I1.K 7

©Commission economiquepour I'Afrique, 2002 Addis-Abeba

Ethiopie

Tous droits reserves Fait aux Etats-Unis Premier tirage: aout2002

Toute partie du present ouvrage peut eirecuee ou reproduite librement.Iiest cependant demande d'cn informer fa Commissioneconomiquepour l'Afrique et de luifaire parvenir un exemplaire de la publication.

Conception, idition et production: Bruce Ross-Larson, Meta de Coquereaumont, Geoffrey Gresh, Wendy Guyette, Paul Holtz, Michael Molanphy, Stephanie Rostron, Alison Strong et Elaine Wilson deCommunications Development Incorporated, Washington, D.C.

La version francaise aiti etablie conjointement par CatherineDasen, Anne-Sophie Hilaire. Sid-Ali Merradi et par la section des services de traductionetd'interpraation de Ia Commissioncconomique pour l'Afrique.

Photographies de lacouoerture: Photo Disc.

(4)

Table des rrntleres

Avant-propos

VII

Remerciements

IX

Vue d'ensemble 1

1 Gerer durablement les ressources naturelles et reduire la vulnerabilite hurnaine 23

Forte correlation entre les conditions agroclimatiques, la pauvrete et la vulnerabilirc humaine 25 Les chocs subis par les ressourccs naturelles accelerent la transition vers lapauvrete 29

L' ecologie physique favorisc la propagation des maladies 29 La pression dernographiquc augmente 30

La transitiondernographique pietine 31

La degradation des terress'accelere, avec des effets catastrophiques sur la sccurirc alimentaire 31 Le deboisernent menace les modes de subsistance des populations 35

Bien que l'Afrique ernette peu de gaz

a

effet de serre, elle est menacee par le changement climatique 36 La biodivcrsitc de l'Afrique est menacee 38

Les ressources en eau de l'Afrique sont insuffisantes... 39 ... s'amenuisent et se degradent 43

L'expansion des villes se poursuit inexorablement, aggravant la vulnerabilite 45

La voie

a

suivre - amcliorcr lcs donnees et adopter de nouvelles technologies pour l'agriculture 47

Note 49

References 49

2

3

Evaluer les proqres accomplis sur la voie du developpernent durable

Le developpernent durable - satisfaire Ies besoins des generations futures 58 Les trois dimensions de la viabilite 59

Viabilite globale - un bilan rnitige 60

Viabilite economique - perte des gains initiaux 69

Viabilite ecologique - en legere amelioration depuisle milieu des annees 1990 72 Viabilitcdes institutions - des progres sensibles au fil du temps 73

Accelerer la transition vers laviabilire 77

Annexes 77

Notes 86

References 87

Tenir la promesse de la biotechnologie verte pour la population pauvre

La lutte contre la pauvretc et la faim ne peut se faire sans une modernisation agricole 92 De la revolution verte

a

la revolution genique 98

55

89

Table des rnatieres

I

iii

(5)

4

La biotechnologic modcrne offre d'importantes opporrunites 101

A

l'instar de toute decouverte scientifique, la biotechnologie implique certains risques 114 Les strategies necessaires

a

une biotechnologie au service des populations pauvres 124 Conclusion 136

Annexe 137

Notes 140

References 141

La biotechnologie «rouge» pour combattre les maladies de la pauvrete

Renversement des progres en matiere de sante 148

T.esinnovations ernergentes de la biotechnologie «rouge» 150 VlH/sida 154

Tuberculose 164 Paludisme 168

Difficultes d'application de1abiotechnologie 171

Beneficier de la biotechnologie «rouge» - recommandations politiques 175 Conclusion 186

References 187

145

Encadres

1.1 La crise de la securite alimentaire en Afrique australe - et ses liens avec la secheresse et les maladies 32 1.2 Les cyclones et les ternpetes augmentent la vulnerabilite 38

1.3 La biodiversite menacee dans lc bassin du Zambeze 40 1.4 Les forets primaires africaines gravement menacees 41 1.5 Collecte des eaux pluviales: resister ala secheresse 42

1.6 L'Initiative du bassin du Nil: cooperation regionale dans le domaine des ressources renouvelables 46 1.7 Pollution au Caire et

a

Lagos - megalopolcs d' Afrique 48

2.1 Viabilire cconorniquc ct ccologiquc - conflictuelles ou compatibles? 61 2.2 Ce que montrent les indices 62

2.3 Viabilite globale - en recul au Nigeria, en progres au Ghana 64 2.4 La viahilite economique stagne en Ouganda et se dereriore au Kenya 70

2.5 Viabilirc des institutions - en chute libre en Gambie, en progression spectaculaire au Benin 75 3.1 Un large eventail de «biotechnologies» 93

3.2 La culture tissulaire du bananier - une culture biotechnologique au service de la population pauvre 102 3.3 L'Egypte -Ie genie genetique applique

a

la recherche vegetale au service de la securite alimentaire 103 3.4 L'Afrique du Sud - chef de file du continent pour ce qui est de l'adoption de cultures genetiquement

modifiees 104

3.5 Le Kenya met au point sa premiere patate douce genetiquement modifiee «rnaison» 105 3.6 Optimiser les benefices de la biotechnologie par le biais d'actions de dcvcloppcmcnt rural 107 3.7 Un nouveau riz pour l'Afriquc 109

3.8 Rcalite et fiction entourant Ie debar sur la biotechnologie en Afrique du Sud 115 4.1 Impact dernographique du VTH/sida en Afrique 156

4.2 Cycle de vie du VIH 159

(6)

4.3 Microbicides - donner aux femmes les moyens de se proteger 161

4.4 Vaccins anti- VIH en cours de mise au point en2001: approches adoptees 163 4.5 Essais cliniques des premiers vaccins experimentaux contre Ie VIH en Afrique 165 4.6 La riposte des dirigeants africains au VIH/sida 176

4.7 Le Nouveau Partenariat pour Ie developpemcnt de l'Afrique - fixer des objectifs en faveur de la sante 178

4.8 La baisse des prix des medicaments antiretroviraux 180 4.9 Acces au traitement pour tous -l'expericnce bresilienne 183 4.10 Initiatives mondiaJes de lutte contre les maladies de la pauvrete 185

Figures

1.1 La pauvrete au Burkina Faso, selon les regions, 1994 (en pourcentage de la population) 26 1.2 La pauvrete en Ethiopie, par region,1999/2000 (en pourcentage de la population) 28 1.3 La pauvretc au Mozambique, par province, 1996/97) (enpourcentage de la population) 28

1.4 Chocs subis par les menages ruraux en Ethiopie,1980-2000 (difficultes declarees, en pourcentage) 30 1.5 Principaux bassins fluviaux internationaux d'Afrique (pourcentage du total) 44

2.1 Valeur de l'indice de viabilite globale de chaque pays,1975-2000 65 2.2 Valeur de l'indice de viabilite econorniquede chaque pays,1975-2000 71 2.3 Valeur de l'indice de la viabilite ecologique de chaque pays, 1975-2000 74 2.4 Valeur de l'indice de viabilire des institutions de chaque pays,1975-2000 76 3.1 Superficie rnondialc des cultures genetiquement rnodifees, 1995-2000 99

3.2 Les objectifs de la biopolitique: renforcer les liens entre Ie developpement de la technologie et Ie bien-etre rural 124

4.1 Esperance de vie avec et sans VIH/sida dans certains des pays les plus touches d'Afrique subsahariennc, 1990-2015 149

4.2 Fardeau du paludisrne par region et groupe d'agc, 1998 169

Cartes

1.1 1.2 3.1 4.1 4.2

Vulnerabilitc de l'Afrique au changemenr climatique 37 Penurie d'eau et stress hydrique prevus en Afrique en2025 43 Situation de la biodiversite en Afrique,2000 135

Taux d'infection

a

VIH chez l'adulte en Afrique subsaharienne, fin2001 (estimations) Estimation de l'incidence de la tuberculose en Afrique,2001 166

155

Tableaux

1 Viabilite globale de38 pays par groupe, 1975-2000 3

1.1 La pauvrete au Ghana, par region agroclirnatique, 1998/1999 (en pourcentage) 27

1.2 Maladies dues

a

des risques environnementaux majeurs (annees d'esperance de vie perdues dans chaque groupe en fonction des risques d'incapacite) 30

1.3 Populations vivant sur des sols fragiles, par region, 2000 33

1.4 Divers types de degradation des sols par region, 1991 (en millions d'hectares) 34

2.1 Repartition de38 pays africains en trois groupes selon leur niveau de viabilire globale, 1975-2000 63 2.2 Repartition de38 pays africains en trois groupes selon leur niveau de viabilite econornique, 1975-2000 69 2.3 Repartition de38 pays africains en trois groupes selon leur niveau de viabilite ecologique, 1975-2000 73

Table des matleres

I

v

(7)

148 149 2.4 Repartition de 38 pays africains en trois groupes, sclon Ie niveau de viabilite de leurs institutions,

1975-2000 75

A2.1 I\1atrice delacorrelation des rangs - autres mesures de laviahilite 78 A2.2 Matrice de Ia correlation des rangs - autres mesures de la viabilite 81

3.1 Taux de sons-alimentation dans les regions en developpement, 1979-81,1990-92 et 2010 95 3.2 Indicateurs de Ia disponibilitc alimentaire et de la famine dans certains pays d'Afrique, 1998 96 3.3 Performance de l'agriculture dans lcs regions en voie de developpement sur Ia periode 1986-2001 97 3.4 La legislation nationale et les initiatives populaires concernant la biodiversire et le partage des ressources

dans certains pays d'Afrique 121

3.5 Un cadre pour quantifier l'adoption delabiotechnologie parlespays africains 123

3.6 Personnel detache

a

la recherche en biotechnologie agricole dans certains pays en devcloppernent sur plusieurs annces 129

3.7 Depenses consacrees

a

la recherche en biotechnologie agricole dans une selection de pays en developpcmcnt, sur diffcrenres annees 130

4.1 Tendances de la mortalite et de l'esperance de vic en Afrique subsaharienne, 1960-99 4.2 Distribution des dcces lies au VIH/sida, au paludisme et

a

la tuberculose par region, 2000

Notes

Les tonnes sont des tonnes rnetriques,

Les annees separees par un tiret (2000-01)sont des annees civiles et les annees separees par une barre oblique (2000/01) font reference

a

des exercices budqetaires, ou, lorsqu'il est question d'agriculture,

a

une annee agricole.

Les montants en dollars sont exprirnes en dollars courants sauf mention contraire. Un milliard equivaut

a

1 000 millions.

vi

I

Exploiter les technologiespourun doveloppernent durable

"'~_~~"_<""_""~_~'J-_'oI'''''''''''_-~~~II!!"~~.:..<o...~~",~..,,_--_"""--_,_ ,_ -,- _...:..·, __L.l ...~ _. . . . . ....,_>>--..~A<-.._,~_.,...~'!l·,~·...._·,~,...:..."-":-:.r·'J~,,~....,'"._...

(8)

I II 11 11111

Avant-propos

l..c mondc d'aujourd'hui se caracterise par un ecart gjgantc~queentre lc nivcau de develop- pcrnenttechnologique et les conditions de vie des populations. Surtout en Afrique,

au

la

pauvrctcct Ia faim sont enderniques. Dans certains pays, le sida <lreduit l'esperance de vic de plus de dix ans. Du fait de pratiques culturule- !lOllviables, lcsfon~ts disparaisscnt au rvrhrne de deux hectares toutes lcs cinq secondcs cr, defa~'ongenerale, le retard technolo- gique est dramatique. Bien souvent, ce sont les pauvres, en particulier les femmes et les entants, qui souffrent le plus. lIs vivent dans des zones ecologiques fragiles, cultivent des terres marginales et sont exposes a des risques sanitaircs ct aux catastrophes naturelles. Dotes de moyens d'existence derisoires, ils sont parriculicrcmcnt dcrnunis en pcriode de crise.

Comment lcs socictcs africaines pourront-ellcs inverser ces ten dances inquietantes? Le present rapport preconise d'exploiter les nouvelles technologies pour assurer lc dcvcloppement er partage

a

cet egard la vision de Joseph E. Stiglitz, laurcat du prix Nobel, sclon lequel «le developpement humain va bien au-dela de I'accumulation de capital et de la reduction des dis- torsions cconorniques (facteurs d'inefficacite); il implique une transformation de la societe, l'abandon des methodes d'action et des modes traditionne1s de pcnsec» . L'imporrancc que revet la technologie pour le developpernent humain est connue depuis Iongremps. Nous avons voulu exposer ici un point de vue nouveau et rnerrre l'accenr sur les principaux defis que doit relever l'Mrique pour amorcer rapidement un dcveloppcment durable.

Les nouvelles technologies sont souvent assirnilees

a

la seule informatique, qui offre effectivement de vastes possibilites, en pleine evolution, d' alleger la pauvrcte et d' accelerer le developpement, La Commission econornique pour l'Afrique (CEA) a d'ailleurs consa- ereson premier Forum pour le developpernent de l'Afriguc, tenu en 1999, aux technolo- gies de l'information et de la communication. Le present rapport innove en ce qu'il met l'acccnt sur d'autres technologies, elles aussi nouvelles, qui permettent d'obtenir de nou- veaux medicaments contre certaines maladies, de reduire la faim et l'insecurite alimentaire ainsi que d'enrayer la degradation de l'environnernent. Passion nantes, elles reverent des formes tres varices, depuis Ies moustiques genetiquement modifies pour eliminer le palu- disme jusqu'au riz enrichi ala vitarnine A, qui permet d'eviter la cecite chez les enfants.

Beaucoup voient dans ces nouvelles technologies le chainon manquant qui permettra aux pays pauvres de combler leur retard sur les pays riches. Pour notre part, nous estimons qu' elles ne sont ni une panacee ni une solution miracle. Leurs rerombees ne vont pas force- ment de soi. II faudra une analyse critique et une planification rigoureuse, de la part des orga- nisations regionales et internationales, des gouvernements et du secteur prive ainsi que de la societe civile, pour que les avantages de la revolution technologigue soient pleinement exploi- tes. Le present document s'inscrit dans le cadre du processus de recherche et d'ajusrements permanents qui enrichit constamment la reflexion sur Ie developpement. II s'adresse aux deci- deurs, aux praticiens et autres parties inreressees par le developpernent de I'Mrigue.

Avant-propos

I

vii

(9)

Tout en mettant l'accent sur les nouvelles technologies, nous n'en negligeons pas pour autant les nombreuses solutions simples et de faiblc tcchnicite qui pourraient s'appliquer des maintenant

a

maints problernes de developpcmcnr. Par excmple,labiotechnologie per- met certes de traiterle sida et de prolongerlavie, mais il faudra encourager les populations

a

se proteger durant les rapports sexuels pour que les avancees qui seront realisees sur un plan ne soient pas annulees par ailleurs. Autre idee centrale du rapport, les nouvelles tech- nologies ne peuvent etrc utilcs que si l'Etat cree un environnement favorable.

Les populations et les pays pauvres n'ont pas suffisamment acces aux technologies cor- respondant

a

leurs besoins. Ils n'ont ni lcs ressources, ni l'infrastructure, ni le type de gou- vernance, ni l'environncmcnt cconomique requis pour attirer l'investissement etranger necessaire

a

cetegard.Face

a

cette situation, nous avons cherche

a

cerner les grandsimpe- ratifs d'une strategic de dcvcloppcmcnt fondee sur la technologie. Nous presentons ici les pratiqucs et lcs produits qui se sont reveles efficaces, les moyens de Ies essaimer ainsi que d'encourager l'cclosion d'idees et d'initiatives nouvelles.

Le rapport plaide vigoureusement pour la creation d'un cadreinrcgrcqui facilitcraitla transition des pays africains versle developpement durable. II comprend plusieurs recom- mandations specifiquesconcernant quatre aspects critiques: education, innovation, regle- mentation et prestation de services.

Des indices de devcloppement durable mis au point par la CEA sont presentes ici pour Ia premiere fois.Ils permettent de suivre les progres accomplis par les pays africains durant Ies 30 dernieres annees sur la voie de la transformation econornique ainsi que dans lcs domaines du developpernent institutionnel et de la protection de l'environnement. Au-deli de l'evaluation des performances, ils facilitent l'identification des facteurs eruciaux pour Ie succes des efforts de developpernenr durable. Ils monrrenr ce que les gouvernements peu- vent faire pour encourager l'investissement dans les secteurs productifs, comment proteger l'environnement africain sans compromettre le devcloppcmcnr pour autant et quelles grandes mesures pourraient ameliorcr lc fonctionnemcnt des structures institurionnelles.

La Commission econornique pour l'Afrique(CEA)est l'organisme des Nations Unies charge de promouvoir le developpernent econornique du continent. Le present rapport est une importante contribution

a

l'execution de ce mandat, en particulier en cctte annce au cours de laquelle s'est tenu le Sammet mondial sur le developpernent durable (a Johannesburg, en Afrique du Sud).j'espereque son principal message-lanecessite d'ela- borer unestrategic de developpernent fondee sur la technologie - incitera lesdccidcurs

a

prendre des mesures qui amcliorcronr la qualire de vie de tous.

Le Sccrctaire exccutif K.Y.Amoako

Aout2002

ViiilExP,oiter les technologies pour un developperrent durable

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(10)

Remerciements

Le present rapport est l'ceuvre d'une equipe dirigee par Patrick Asea, Directeur de la Division de la politigue econornique et sociale de la CEA, conduite par Sharnika Sirirnanne, et cornposee de Bethe1hem Belayneh, Maite lrurzun- Lopez, Wilfred Ongaro, Oliver Paddison et Alemayehu Seyoum, de la Division de la politique econo- mique et sociale, parfaitement secondes, pour l'administration ct les travaux de secreta- riat, par Tenaye Ahmed et Shewaye Woldeyes. D'autres membres de la Division ont prete leur coricours

a

l'elaboration de ce rapport: Mamadou Bal, Kwabia Boateng, Reginald Chima, Sam Cho, Deresse Degefa, Adrian Gauci, Juliana Gonsalves, Aissatou Gueye, Max Jarrett, Hilary Nwokebia, Kasirirn Nwuke, Abebe Shirnelcs, Jean Thiscn et Elizabeth Wolde Mariam, Ron Kempe Hope et Elene Makonnen, du Cabinet du secretaire executif, on t travaillc en erroi te collaboration avec l' equipe

a

diverses etapes

du processus. L'ensemble des travaux etait place sous la direction generale du Secretaire cxecutif, K.Y. Amoako.

La prcsente publication est le fruit de larges consultations avec des experts de la CEA, des univcrsitaires et des decideurs. Le chapitre 1 est corisacrc

a

l'exploitation durable des ressources naturelles et

a

la protection des populations. Il a ere elabore conjointement par la Division de la politique economique et sociale ct celle du devc- loppement durable. Le chapitre 3 porte sur l'interet que revet la biotechnologie verte pour la securite alimentaire des plus pauvres. 11 a beneficie des commentaires et sugges- tions d'un groupe d'experts qui s'est reuni

a

Washington et qui ctait compose de: Laurie- Ann Agama et Nanette Christ, de la Commission du commerce international; Suresh Babu, de l'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI);

Emmanuel Goued et Carl Gray, du Departernent des affaires cconomiques ct sociales du Siege de l'Organisation des Nations Unies; Aissatou Gueye et Bongi Kunene, de la Banque mondiale; Willene Johnson, de Cornell University; Ahmedou Ould-Abdallah, de la Coalition mondiale pour l'Afrique ct Michael Yidaw, de l'ambassade d'Ethiopie.

Le projet de chapitrc 3 a egalement ere examine lors de reunions organisees par la Tufts University ct Harvard University,

a

Boston, en presence de Kathleen Merrigan, Daniel Johnson, Steve Block, Patrick Webb et d'etudiants de troisicme cycle. Enfin, il a

ete

enrichi par Kinyua Mbijjewe de Monsanto (Nairobi), Isabel Alvarez, Zephaniah Dhlamini, Nerhu Essomba, Cristina Sanderson et Andrea Sonnino de l'Organisation des Nations Unies pourl'alirnentation et l'agriculture (FAO) ainsi gue par des membres de la Division du developpernent durable de la CEA, notamment Kodjo Abassa, Josue Dione, Mamou Ehui, Jacques Hamel et Evans Mwangi.

Lc chapitre 2 est cons acre au suivi des progres en matiere de developpcment durable.

11 a beneficie des observations des profcsseurs Gemma Abio, Eduard Berenguer, jordi Catalan, Joan Gil, Cia Patxot, Elisenda Paluzie et d'ctudiants en doctorat de la faculte

Remerciements

I

ix

(11)

d'economie de l'Universitc autonome de Barcc1one. Il a egalement ere examine par des experts lors d'une reunion organisee par la Kennedy School

of

Governmentde Harvard et pre- serite

a

la reunion du Projet LINKIDESA

a

New York en avril 2002.

Le chapitre 4 porte sur la biotechnologie rouge et les traitemcnts medicaux qu'elle peut offrir pour les plus pauvres. 11 a bencficie, au sein de la CEA, des contributions et observa- tions des fonctionnaires suivants: Eva Kiwango et Thoko Rudvidzo du Centre africain pour l'equite en genre et le developpement, Aisatou Gaye, Joan Kagwanga et Evans Mwangi, de la Division du devcloppernent durable. Les represcntants d'autres organismes des Nations Unies et ONG bases

a

Addis-Abeba ont egalcment enrichi ce chapitre: Emelia Timpo d'ONUSIDA, le docteur Gebrcwold Petros du HCR, le docteur Azeb Tamrat du Centre medical des Nations Unies et lc docteur Girma Tesfaye de la Societe de la Croix- Rouge ethic- pienne. En outre, les docteurs Charles Normand et Gill Walt, de la London SchoolofHygiene and Tropical Medicine, ainsi que Michel Carael, Jose Esparza ct Christophe Michon d'ONUSIDA

a

Gcneve ant apporte une importante contribution

a

l'analyse du chapitre. Now;

remcrcions tout particulierement Meskcrem Grunitzky-Bekcle d'ONUSIDA (Geneve), Julian Lambert du DFID (Londres), les doctcurs Nick Black, Charles Normand et Gill Walt, de la London School

of

Hygiene and Tropical Medicineet de l'Universite IDS de Sussex pour leur assistance et leur precicuse contribution. Entin, Elsie Attafuah, du Comite des femmes afri- caines pour la paix et le developpernenr, a egalemenr apporte sa contribution.

Nous avons pris note avec satisfaction des observations forrnulees par nos collegues des centres de developpernent sons-regional de la CEA lors de la reunion d'experts tenuc

a

Casablanca. Onr parricipe

a

cette reunion Emile Ahohe, Patrick Bugcmbe, Biran Cisse, Henri Fourcault, Hakim Ben Hammouda, Sylvain l\1aliko, Guillermo Mangue, Andre Nikwigize, Adelilah Ouaqouaq, Halidou Ouedrago, Abedclouhab Rezig et Bossa Marcellin Vlavonou.

Le rapport a ere cdite, nus en page et produit par Bruce Ross-Larson, Meta de Coqucreaumont, Wendy Guyette, Paul Holtz, Michael Molanphy, Stephanie Rostron, Alison Strong et Elaine Wilson, de Communications Development Incorporated.

Nous tenons

a

remercier tout particuliercment Peter da Costa, Charlotte Mfasoni, Teshome Yohannes et les autres mcmbres de l'Equipe de communication de la Commission economique pour 1'Afrique qui ont contribuc

a

la preparation,

a

la production et

a

la concep-

tion du rapport.

x

1

Exploiter les technologies pour un developpernent durable

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(12)

Vue d'ensemble -

Exploiter les technologies pour un developpement durable

Le goziffre financier et saniiaire quiseparelex riches despauvres est leplus grand dangerdu trotsteme mtllenaire. Le seulautresujetd'inquietud« comparable estla deterioration de I'emnronnement. Lesdeux sont intimement lies. Enfait, ilr nefontqu'un.

- David S. Landes, The Wealth and Poverty ofNations En Afrique,lapauvreteest multidimcnsionnclle et generalisee. Les niveaux de revenu ct de consomrnation sont faibles er precaires, Les moyens dc production disponibles, en partieulier chez les pauvres, sont rarcs et maigres, accentuant la vulnerabilite aux choes. Analphabetismc, malnutrition et maladies sont monnaie courante et lcs taux de mortalite et de morbidirc sont elevcs,D'ou une faiblc longevite, Ces derniercs annees, la propagation du VIH/sida ainsi que la resurgence du paludisme et de la tuberculose ont aggrave Ia situation.

La precarite generale des conditions de vie est

a

la fois lc resultat et le facteur de per- petuation d'une capacite de production restreinte. Sous-capitalisce, la production de biens ct services d'une bonne partie de l'Afrique ne bcneficie toujours pas de progres technolo- giques. La duree moyenne de la scolarite est insuffisantc et l'incidence des maladies est forte, entrainant une faiblc production agricole par ouvrier ct gIobale. La faiblesse de la produc- tivite agricole est

a

la fois une cause et une consequence de la degradation d'un cnvironnc- ment nature! deja fragile.

La productivirc faible, voire parfois decroissante, la deterioration du stock de ressourccs naturelles et l'accroissement rapide de la population denotent, danslaplupart des pays afri- cains, un developpement peu durable. Cc constat est corrobore par l'indice de viabilite globale elabore par la Commission econornique pour l'Afrique (CEA), qui mesurc la viabilite econo- rnique, environncmentale et instirutionnellc des pays africains. Combinant27indicateurs eco- nomiques, environnementaux et institurionnels clefs, cet indice retrace les resultats de 38 pays africains sur la periode1975-2000.II apparait ainsi que le nombre de paysi viabilite faible a augrnente (passant de 16 pour la periode1975-84

a

19pour la periode1995-2000),alors que cclui des pays ayant une viabilite elevee n'a pas change (3). Element plus revelateur, parmi ces 38 pays, la proportion de la population vivant dans des pays

a

faible viabilite est passee d'un tiers pourlaperiode1975-84it la rnoitie pour la periodc1995-2000.

1

(13)

D'ou la neccssite urgente d'une transformation cconomique rapidc, soutenue et mul- tiscctorielle, qui soit equitable pour chaque generation ct d'une generation

a

l'autre. Bref, lc continent a besoin d'un developpcment durable. Mais la transition ala viabilite suppose de former et de renforcer les capacitcs des individus et de leurs communautes. En effet, des individus malades, mal nourris et vivant dans un environnement fragile ne peuvent ni fone- tionner normalement ni se perfectionner. De plus, en partie

a

cause d'une demographic galopante, les maladies, l'insccurite alimentaire etladegradation de l'environnement ris- quent de s'aggraver dans les dccennies

a

venir, L'Afrique doit done chcrcher des solutions nouvelles et radicalcs aces problemes.

Lc devcloppement de l'Afrique pose un defi redoutable, mais qui peut etrc releve. Le developpernenr de l'Europe occidentale, des Etats-Dnis et, plus recernmcnt, des economies d'Asie de rEst (japon, Republique de Coree et Taiwan, province de Chine, notamrnent) Ie confirme. Si les conditions necessaires sont reunies, l'Afrique peut, grace aux progres et ala diffusion de la technologie, sortir de son marasme actuel. Les pays africains peuvcnt s'inspi- fer des processus et des politiques qui ont favorise, dans d'autres regions,latransition vers la viabilite. En cffet, ces processus et politiques sont mieux compris aujourd'hui qu'ils ne 1'ont jamais ere. Les resultats de Maurice, par excmple, et les tendances rccentes des rcforrnes et de la croissance cconornique dans de nombreux pays montrent l'etendue des possibilites.

Le present rapport soutient que lutter contre la maladie (en particulierIeVIH/sida, lc paludismc et la ruberculosc), mettre fin itl'insecurite alimentaire et diminuer les pressions exercces sur 1'cnvironnement devraient etre des objectifs prioritaires de 1'action rnenee pour rcduire la pauvrcte et realiser le dcveloppcment durable en Afrique. 11 fait de la transition cpidemiologiquc et de la transition vers la productivite agricole les priorites de la strategic du continent, en vue dudeveloppernent durable. Reconnaissant que la technologie moderne est indispensable

a

de telles transitions, le rapport examine comment les technologies «nou- vclles» - en particulier, les biotechnologies medicalcs et agricoles - peuvent y contribuer.

Viabilite - en baisse

La viahilite globale s'est deteriorcc en Afrique, ccs trois derniercs decennies. C'est ce que confirrnel'indice de viabilite globaIe, elaborc par la CEA, qui combine des dimensions ceo- nomiques, environnementales ct institutionneIles. L'analyse par grappes a pcrmis de rcpar- tir les pays en trois groupes relativcment homogenes presentant une viabilite forte, moyenne ou faible. Seuls trois pays, regroupant environ 6,5%de la population du continent, ont enre- gistre unc viabilitc globale rclativerncnt forte pendant to ute la pcriode (tableau 1).

Au cours de la decennie1985-94, moins de pays ant enregisrre une viabilite globalc moyenne et beau coup d'autres se sont retrouves dans le groupe

a

viabilitc globale faible. En dIet, les importants progrcs realises entre 1985et1994en matiere de sante et d' education ont ete compromis par la degradation du contexte insritutionnel et environnemental. Au cours de cette pcriode, les contraintes institutionnelles imposccs aux dirigeants se sont

21

Exploiter les technologies pour un developpement durable . . ~~.

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(14)

Tableau 1

Viabilite globale de38pays par groupe, 1975-2000

Forte Moyenne Faible

Proportion Proportion Proportion

Nombre de la Nombre de la Hombre de la

Periode de pays population('Yo. de pays population1%1 de pays population('Yo)

1975--84 3 7,0 19 58,9 16 34,1

1995-2000 3 6,4 16 39.5 19 54,0

Source: Calcufs de fa Commission economique pour I'Afrique.

considerablernenr affaiblies dans plusieurs pays - Republique democratique du Congo, Ethiopie, Nigeria er Afrique du Sud - alors qu'elles sont restecs les memes en Egypte, au Kenya et en Tanzanie.De plus,la densite de population ct les emissions de dioxyde de car- bone ont netternent augmente dans plusieurs grands pays comme l'Algerie, l'"Egypte, I'Ethiopie, Ie Maroc, le Nigeria et I'Afrique du Sud.

Au cours de la peri ode la plus rcccnte(1995-2000) le nombre de pays presentanr une viabiiitc globale faible est reste pratiquement le merne qu'au cours de la periode precedente, mais la proportion de la population totale vivant dans ces pays a augmcnte; un resulrat qui s'explique largement par la deterioration de la gestion economique,institutionnelle et envi- ronnernentale au Nigeria, sur la majeure partie delaperiode 1995-2000.Dans beaucoup d'aurres pays africains, un redressernent, encore fragile, s'est arnorce. En particulier, la pro- duction et Ie capital par ouvrier om progresse en Egypte, en Ethiopie, au Maroc, en Ouganda et en Tanzanie, et les droits civils et politiques se sont coosiderablemenr arnelio- res dans de nombreux pays.

Au classement des 38 pays, selon leur note de viabilite globale moyenne sur la periode 1975-2000,Ies cinq premiers de la liste sont: Maurice, l'Afriquc du Sud, le Botswana, Ie Zimbabwe et la Tunisie (figure 1). Les cinq dernieres places sont occupccs par le Burundi, la Republique democratique du Congo, Ia Guinee, Ie Tchad et Ie Burkina Faso,

La composition du groupe des cinq premiers n'a rien de surprenanr. L'Afrique du Sud, dotee d'une economic forte etsur tou t industrialisee, est un cas

a

part.D'ailleurs, elle ala rneilleure note de viabilite econornique. Maurice et le Botswana ant ete les pays les plus performants de ces trois dernieres decennies en matiere de croissance economique.I1s ont joui d'unerelative stabilite sociopolitique et occupent les deux premieres places pour la via- bilite institutionnelle. De me me, la Tunisie et, plus recernment, le Zimbabwe ont faitdes progres appreciables sur les plans economique et institutionnel.

Que Ie Zimbabwe figure parmi les cinq premiers peut paraitre erormant au vu de ses resultats recents,En fait,i1avait, il y a encore peu de temps, d'assez bonnes performances, en particulier sur les plans econornique et institutionnel. S'il n'occupe que la 12° place pour

Vue d'ensemble

13

(15)

Figure 1

Indice de viabilite globale par pays, 1975-2000

Maurice

~."'''

Afriq ue du Sud Botswana Zimbabwe Tunisie Gambie Alger ie Kenya Senegal Egypte

Maroc

lilillillllll~!

Madagascar Zambie Congo (Rep.) Ghana Nigeria Swaziland Mauritanie Togo Tanzanie Mozambique Cameroun Benin Ouganda Gabon Ethiopie Mali

Malawi Niger Guinee-Bissau Sierra Leone Rwanda

Burkina FasoGUlneeTchad

iil;;lli~f~!~2~~~t~~~~~~~~~~r~

Congo (Rep.dern.) Burundi

o

Note: Les resunsts indiques sont des moyennes concernanlla periooe 1975-2000. lis vonl de0

a

1.

Source:Calculs delaCommission economioue pour l'Afrique.

la viabilite globale et la 23<place pour Ia viabilite institutiormelle en 1995-2000,il se clas- sait 4eet 6", pour ces categories respectives, en1985-1994.

Une ombre au tableau de la performance des cing premiers pays est leur viabilite envi- ronnementaic. Maurice, la Tunisie et Ie Zimbabwe se classent parmi Ies cing derniers dans ce domaine et Ie Botswanaoccupe la 30eplace sur 38 pays. Seule l'Afrique du Sud, classcc 19°, fait mieux sur ce plan. Ces pays tres performants devront, de plus en plus, tenir compte des problemes d'environnernent en vue d'ameliorer lc bien-etre general de leurs popula- tions. On peut conclure de cette evaluation qu'un pays peut ohtenir de bons rcsultats sans pour autant accorder l'attention requise aux facteurs environncmentaux, mais qu'il ne peut Ie fairc longtemps.

(16)

Les resultats des cinq derniers pays du classement ne sont pas surprenants non plus.

En effet, malgre son potentiel enorme, la Republique dernocratique du Congo a

etc

mal

gen~e pendant des deccnnies, Tout recemrnent, elle a

ete

paralysee par la guerre civile.

L'histoire du Burundi est emaillee de tensions ethniques et de conflits civils. C2!tant au Tchad, il connaissait, il y a encore peu, des problernes similaires d'instabilite. Au Burkina Faso, Ie principal tracas est celui d'une croissance econornique insuffisante. En fait, ces pays, dans leur quasi-roralite, presenrcnt une viabilite economique et institutionnelle faible. Lc Burundi, la Republique democratique du Congo et le Tchad se classent parmi lcscinqder- niers en matiere de viabilite institutionnelle, alors que la Guinee occupe1a 30t place et le Burkina Fasola27ePour ee qui est de la viabilite economique, le Burkina Faso se classe 38e,la Guinee 37e, le Tchad 32c,le Burundi 30eet la Republique dernocratiquc du Congo 2geMais en matiere de viabilite environncmentale, ces pays sont rclativement bien classes:

de la 2C

a

la 11eplace. Ce contraste montre que la performance econorniquc (ou son absence) a un effet negatif (ou positif) sur l'environnement.

Les transitions

Pour parvenir rapidernent au developpernent durable, l'Afrique doit reussir deux transitions capitales: une transition epidemiologique pour lutter contre Ies maladies et une transition vers la productivirc agricole, pour mettre fin

a

l'insecurite alimcntaire.

La transition epidemiologique

La sante est fapremiere etlaplusgrandede toutes Ies benedictions,Iaplus belle deslibertes.

- Laura D'Andrea Tyson, paraphrasant Lord Chesterfield.

Uneloisqu'une maladiecomme Iesidaprend lesproportions queton observe en Afrique subsaharienne, ifne s'agit plus d'une maladie, mais d'une catastrophe.

- Peter Walker, Directeur du dcpartement de la politique des interventions en cas de catastrophes, Federation internationalc des societes de la Croix- Rouge ct du Croissant- Rouge.

La transition epiderniologique assure

a

la societe humaine longevite et meilleure sante, en diminuant la rnorbidite et la mortalite dues aux maladies infecticuses et parasitaires.

Comme e1le agit sur le comportement procreateur, elle contribue aussi

a

latransition vers des taux de mortalite et de natalite faiblcs.

En Afrique, la transition epiderniologique s'est relativement bien deroulce pendant les decennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale. En effet, au cours des 40 dernieres annees, l'incidence des maladies infectieuses et parasitaires a ere attcnuee au point qu'au- jourd'hui, la mortalite infantile et juvenile a recule, la Iongevitc s'est allangee et les taux de natalite ont baisse. Cependant, l'etat sanitaire du continent est loin d'crre satisfaisant: Ies taux de mortalite sont les plus cleves au monde alors que l'esperance de vie ala naissance et l'es- perance de vic corrigee en fanetion des risques d'incapacite sont les plus courtes au monde.

Vue d'ensemble

15

(17)

Par ailleurs, les acquis de l'Afriguc sont compromis par I'ernergence de maladies nouvelles comme lc syndrome de l'immunodeficience acquise (sida) et la resurgence de maladies anciennes telIes que le paludisme au la tuberculose, causes principales des deces. Le paludisme comme Ia tuberculose ont developpe une grande resistance aux medicaments existants, d'ou l'inefficacite des traitements actuels. Le sida, qui est transmis par le virus de I'immunodeficience humaine (VIH), est devenu,

a

la fin des annees 1990, la premiere cause de dcces en Mrique subsahariennc (Medilink<;, 2001).

A

l'echelle mondialc, depuis le debut de Ia pandemic, plus de 20 millions de personnes au monde sont mortes de causes liees au VIH/sida (ONUSIDA 2000,2001). De plus, lc VIH aggravelatubcrculose. En fait, les personnes infectees par le VIH sont vulnerables

a

d'autres infections. Dans certains pays africains, pres de la rnoitie des per- sonnes infectees par Ie VII-I souffrent cgalement de tuberculose (Medilinks, 2001).

Ensemble, le VIH/sida, le paludismc etlatuberculose provoquent des ravages, dcci-

meritIes populations, et causent de grandes souffranccs humaines. Selon les previsions, en 2005,15 pays au moins d'Afrique subsaharienne auront unc population inferieure de 3,80/0 ace qu'elle serait sans le VIH/sida et la population active sera la plus touchee. En plus du cout humain, ccs maladies entraincnt des pertes d'ernplois, mettent fin aux etudes, entra- vent l'epargne et l'investissemcnt et engorgent les services de sante; en consequence, elles amcnuisent les capacites de production nationale, accentuent la detresse socialc et perpe- tuent la pauvrete.

SOUS t'effet direct du VllI/sida,Ia croissance du produit interieur brut (PIB) de l'Afrique devrait baisscr de 0,5

a

2,6 % en moyenne par an (Greener, 2002). Si le paludisme avait etc eradiquc depuis longtemps, lePIBde l'Afrique serait superieur de quelques 100 milliards de dollars

r.u a

son nivcau actuel (Medilinks, 2001). Et dans les pays

au

la ruberculose est tres rcpandue, elle cause, selon lcs estimations, des pertes de productivite de l'ordrc de 4

a

70/0

du PIR par an (Stop TB Initiative, 2002-Initiative «Halte

a

la tuberculose»).

Le fardeau socioeconomique de ces maladies a precipite des pays subsahariens au bord d'une crise majeure, qui risque d'aneantir des dcccnnies de progres et de mettre a mal la secu- rite nationale, Les mefaits de ces maladies appellent manifestement

a

accelerer la transition cpidemiologique en Afrique. En fait, c'est la tache la plus importante

a

accomplir s'ils vcu- lent se developper. Mais, pour assurer cette transition, ils devront exploiter avec prudence des techniques et des produits issus des avancees recentcs de la biotechnologie rnedicalc.

La transition vers la productivite agricole

Celuiqui a delanournturea beaucoup depreoccupations. Celuiqui n'apas denourrituren'en a qu'une.

- Proverbe chinois.

La transition vers laproductivire agricole suppose d'augmenter lc rendement par parcelle, grace aux progres de la connaissance et de la technologie, plutot que d'clargir les superfi- cies cultivees. Les donnees retrospectives montrent clairement que dans la plupart des pays, il est crucial d'effectuer cette transition, afin de garantir l'acces

a

une alimentation suffisante qui assure une bonne sante

a

toute la population,

a

tout moment.

(18)

La productivite agricole est faible en Afrique, en particulier en Afrique subsaharicnne ou,

a

1afin des annees 1990, les rendements cerealiers n'atteignaient qu'environ 40%de la moyenne mondiale - apres avoir baisse de 0,7%par an entre 1985 et 1995 - et les ren- dements laitiers environ16%de la moyenne mondiale. Ces observations valent pour d'autrcs cultures et produits agricoles. Comme l'agriculture fait vivre pres de 70%des Africains, une productivite faible, voire en baissc dans certains cas, signifiepauvreteet insccurite alimcn- taire graves, qu'exacerbent une croissance demograpnique et nne urbanisation rapides.

Pres du tiers de la population africaine est sous-alimente et une proportion similaire d'enfants presente une insuffisance ponderale. Nombre de ceux qui survivent

a

leur cnfance soufIrent de dysfonctionnemcnts du systcme immunitaire, d'un mauvais developpcment cognitif et d'une faible productivite tout au long de leur vic.

A

l'age adultc, ils ont du mal

a

donner

a

leurs enfants une alimentation equilibrec, perpetuant ainsi le cerc1e vicieux. En fait, sclon les previsions, c'est uniquement en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne que le nombre de personnes souffrant de malnutrition sera en hausse, cette deccnnie.

Les besoins croissants en matiere d'alimentation et de nutrition ne sont pas satisfaits durablement. Les agricultcurs tentent de rcrnedier a la baisse des rcndernents en augmen- tantlasuperficie des terres cultivables et des zones pastorales, ce qui est prejudiciable

a

l'en-

vironnement, Comme les superficies cultivees ne peuvent etre etenducs

a

l'infini et que les pressions s'accentuent sur les terres deja cxploitees, la degradation physique et chimique des sols devient encore plus preoccupante. Les forets tropicales africaincs sont fragiles et per- dent rapidement leur potenticl de production lorsqu'elles sont surexploitccs. Quelque cinq millions d'hectares de forets disparaissent chaque annee, essentiellement au profit de l'cx- tension des terres cultivables (Paarlberg, 2001). Ce n'est pas ainsi que les problernes de pro- duction agricole du continent scront durablemcnt resolus.

Productivite agricole faible, croissance dernographique et urbanisation rapidcs, dimi- nution des reserves de terres arables, degradation gcnerale et exacerbee des terres (des sols comme de la vegetation) er carences alimentaires et nutritionnelles importantes sont autant d'elcments qui appcilent une transition acceleree vers la productivite agricole en Afrique.

Mais en merne temps, celle-ci ne peut voir le jour sans un bouleverscment des techniques de production. En effet, si elle vcut accroitre scs rendements agricoles, l'Afriquc ne peut faire abstraction des techniques et produits nouveaux qu'offrc la biotechnologic.

Les technologies nouvelles

Les technologies modernes sont indispensables

a

la transition epiderniologiquc et

a

la tran-

sition vers la productivire agricole. Eiles represenrent un espoir considerable pour les popu- lations d'un environnement fragile, tributaires de tcrres margin ales, exposces

a

des risques sanitaires et

a

des catastrophes naturelles, sans grand moyens d'y faire face er, pour ainsi dire, sans actif de reserve en cas de crise. Mais loin d'etre une panacee, lcs technologies nou- velles prescntent des risques potentiels. De plus, les pauvres et les groupcs vulnerables nc

Vue d'ensemble

17

(19)

profitent pas automatiguemcnt de leurs avantages. Limiter Ies risques et tirer pleinement parti de la revolution technologique suppose une analyse critique et une planification mcticuleuse.

Biotechnologie medicale (rouge)

Les methodes modernes de la biotechnologie et de la genetique ouvrent la voie

a

la mise au

point de nouveaux medicaments ct

a

l'arnelioration des medicaments et des traitements existants. La genomique et ses applications mcdicales (genie genetique) - c'esr-a-dire la biotechnologie «rouge» par opposition

a

la biotechnologie «verte», qui s'applique

a

l'agri-

culture et

a

l'environnement - apportent toute une gamme de nouveaux instruments effi- caces, qui modifient le diagnostic,1agestion ct le traitement de maladies courantes. II s'agit, notamment, de la therapie genique, des vaccins

a

base d'ADN et des nouvelles methodes de vaccination. Ces techniques nouvelles peuvent aider lcs pays africains

a

endiguer lcs rnefaits des trois premieres causes de dcces que sont: les infections lices au VIH/sida, le paludisme et la tuberculose.

Lcs nouvelles applications diagnostiques de la biotechnologie accelerent et simplifient la determination des maladies, tandis que les progres de la pharrnacogenetique expliquent micux comment l'organisme reagit aux medicaments, ce qui permet d'envisagcr des medi- cations plus precises et plus cfficaces. La therapie genique laisse entrevoirlapossibilite de corriger directcment des troubles genetiques, en y apportant un rernede au lieu de traiter simplement leurs syrnptomes. En outre, de nouvelles techniques du genie gcnetique revo- lutionnent la vaccination.

La biotechnologic permettra bientot de produire des vaccins plus efficaces contre un plus grand nombre de maladies,ycompris des maladies sexuel1ement transmissibles. Les ameliorations technologiques apportees aux methodes d'administration des vaccins exis- tants reverent la meme importance. De nouvelles formes de vaccins sont en cours de fabri- cation, afin de resoudre les problemcs d'acces, d'ordonnancernent, de stockage, de stabilitc et de cout. Ainsi seraient ccartees des contraintes telles que la chaine de froid destinee

a

maintenir les doses de vaccin

a

labonne temperature, qui entrave la distribution du vaccin oral antipoliomyelitique.

OlIatre nouveaux concepts d'administration des vaccins sont en cours de mise au point (Initiative pour lcs vaccins de l'enfance (IVE), 1999; Fell, 1998):

• Les vaccins ilADN nu,crees par codage genetique afin d'isolcr les principaux determi- nants antigeniques des virus ou des bacteries;

• Les «cbeuaux de Troie», produits en introduisant dans des cellulcs humaines des genes qui leur permettent de transporter un vaccin dans le corps;

• Les vaccins comestibles,issus de la manipulation de semcnccs qui produisent des plantes cap ablcs de former des vaccins dans leurs fruits ou leurs feuilies et done d'agir comme des vaccins;

81

Exploiter les technologies pour un developpernent durable

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(20)

• Les tiacctns «sugar glass», conserves sous une forme cristalline, done faciles

a

transporter et

a

stocker; il suffit de quelques gouttes d'eau pour les «raviver».

Assurernent, ces avancees technologiques et bien d'autres suscitent l'espoir de maitri- serles trois principalcs causes de deces en Afrique. 11 y a

a

peine unedecennic, un diagnostic de VIHequivalairpratiquement

a

une condamnation

a

mort. Aujourd'hui, lcs moyens de lutter contre Ie VIH/sida existent. Le traitement antiretroviral prolonge la vie et rctablit la sante des personnesinfectees par le VlH. Plusieurs vaccins anti-VU-I donnent,

a

un stade avarice des essais c1iniques, des resultats prometteurs, y compris sur les souches viralcs pre- valant en Afrique. Un vaccin contre le paludisme pourrait egalement voirlejour sous peu;

de plus, la recherche visant

a

rendre l'anophele vecteur du paludisrne inoffensif est assez avancee. Mais bien d'autres decouvertes nouvelles dans le domaine de la biotechnologie rnedicale alimentent l'espoir de trouver des rernedes aux nombreuses maladies qui sont des causes directes des mauvais resultats econorniques de l'Afrigue. Bref, ces technologies pour- raient contribuer

a

enrayer les mefaits du VIH/sida, du paludisme, de la tuberculose et d'autres maladies, remettant ainsi le continent sur la voie de la transition epidcmiologique, vers le devcloppernent durable.

Questions d'ethioue dans Ie domaine de ta technoloqie medicate. Les problernes d'erhiquc que pose la manipulation genetique sont tellement importants que de nombreux pays, tant industrialises qu'en developpement, ont mis en place des comites de bioethique, charges de definir des principes generaux en matiere de recherche et d'application et de veiller

a

leur respect.

Ces preoccupations sont multiples. Les repercussions eventuelles de la manipulation genctique sur lcs strategies de recherche et [e pouvoir considerable confie

a

la comrnunaute scientifique soulevent des questions de droits

a

l'information et de participation de la societe civile. D'importantcs questions cthiques concernent egalcment l'equirc ct ce que ron appelle le patrirnoine de I'humanite. II s'agit de savoir, en particulicr, si les droirs de proprietc et les avantages econorniques de Ia manipulation genetique peuvent etre privatises, En effet, il y a contradiction entre le droit reconnu

a

la protection delapropriete intellectuelle et le droit reconnu de propriete universelIe du materiel gcnetique, en vcrtu du principe quela struc- ture ADN des etrcs humains est Ie patrimoine de tous et doit etre reconnue comme la pro- prietc de tous.

Desequliibre en matiere de ptiorites de fa recherche.

A

l'echelle mondiale, un gouffre separe la recherche sur les maladies des pauvres ct celIe sur les maladies des riches. Moins de 10%des depenses mondiales consacrees

a

la recherche medicale vont aux problemes de sante representant 90 % de la morbidite au monde: c'est le desequilibre 10/90 (Global Forum for Health Research, 1999). Mesurec parl'esperance de vie corrigee en fonction des risques d'in- capacite,lamorbidirc mondiale causee par les maladies transmissibles, concentrees dans les pays

a

revenu faible et intermediaire, est 13 fois superieure

a

celle causee par les maladies non transrnissibles, qui constituent le principal problerne de sante des pays developpes, Pourtant, les maladies non transmissibles recoivent toute l'attention des chercheurs, alors gue les

Vue d'ensemble

19

(21)

maladies transmissib1es sont tota1ement negligees.

A

titre d'exernple, Iepaludisme, qui, en 2000, a cause 2,7 % de la rnorbidite mondiale, 90%des cas etant recenses en Afrique, ne recoit que0,17 %des60milliards de dollarsE.U.consacres chague annee

a

la recherche bio- mcdicale dans le monde (Commission de Ia macroeconomic et de 1a sante, 2001; Global Forum for Health Research, 2002).

Ce descquilibre ne se limite pas

a

la recherche et touche aussi les produits medicaux.

Sur les1233medicaments qui ont etc mis sur Ie marche entre1975et1997,seuls13concer- naient des maladies tropicales (Global Forum for Health Research, 2002).

lneccessibiiite des nouveaux medicaments. Deux facteurs importants empechent l'Afrique de tirer plcinement parti des nouvelles avancees scientifiques et technologiques de la mcdecine. Prernierement, avec des dcpenses de sante d'a peine 10 dollars

r.u

par habi- tant et par an, les pays africains ont du mal

a

acheter des vaccins et des medicaments. Aussi, ma1gre leur forte baissc de prix, les antiretroviraux restent toujours inaccessibles pour de nombreux pays. En consequence, moins de 1 %des Africains infectes par le VIH/sida a acces aujourd'hui

a

une therapic antiretrovirale (UNICEF et autrcs, 2001).

Deuxiemement, au cour Cleve des medicaments s'ajoute 1a faiblesse generale des sys- ternes de sante en Afrique. Le traitement et les soins des malades du sida et de la tubercu- lose supposent des medecins et du personnel infirmier hautement qualifies, capables de veiller au strict respect de schernas therapeutiques cornpliques. Mais les services de sante africains sont souvent trap mal equipes pour dispenser des soins de qualite. Pres de 95 % des Africains infecrcs par Ie VIH/sida n'ont meme pas acces

a

des soins de sante de base.

Biotechnologie agricole (verte)

La biotechnologie agricole est, grace au genie genctique, la troisierne revolution verte, Elle donne 1apossibilire de consolider les acquis des deux premieres revolutions, en urilisant des techniques faisant appcl

a

la biologic de la reproduction et

a

lamanipulation du materiel genetique des organismes vivants. Ces techniques couvrent des domaines varies: marqueurs d'ADN, transferts genetiques ou encore multiplication vegetative.

Des effets considerablcs et varies sont attendus de la biotechnologie agricolc:

• Diagnostic plus aise des agents pathogenes d' origine animalc ct vegetale;

• Recherche acccleree grace

a

de nouvelles methodes biotcchnologiques;

• Diversification des produits et caracteristiques potentiellcs, grace

a

la manipulation gcnetique de plantes et d' animaux;

• Transferts genetiques

a

partir de varietes sauvages d'une plante donnce et de varietes qui ne lui sont pas liees;

• Amelioration de la teneur des aliments en elements nutritifs et, partant, resolution des graves problernes nutritionnels des pauvres.

(22)

L'Afrigue a un interet particulier pour les progres recents de la biotechnologie gui lais- sent entrevoir la production de varietes

a

rendement plus eleve, plus rcsistantes aux para- sites et aux maladies et qui presentent de meilleures caracteristiques sur les plans de Ia sante, de la nutrition et de l'environnement, En clair, la revolution genigue promet une meilleure exploitation du potentie1 de production, jusque dans les communautes agricoles pauvrcs, par l'utilisation de semcnces transgcniques conditionnees pluto! que d'intrants divers ache- res au petit bonheur.

La revolution genique offre egalcment la possibilire de limiter la variabilite des rende- merits, grace

a

des semences plus resisrantes aux parasites et aux maladies. Elle laisse entre- voir le moyen d'augmenter la production en utilisant, sur des terres incultivables jusqu'ici, des semences qui resistent

a

la secheresse ou

a

des sols salins ct alumineux. Une fois les conditions necessaires reunies, la biotcchnologie pourrait accelerer en Afrique la transition vers le developpernent durable et entrainer rapidement la reduction de la pauvrete et de Yin- securite alimcntaire.

Exacerbation des ineqelite« de revenus? Les avantages potentiels de plantes trans- geniques bcneficieront-ils aux petits paysans? Cela dependra de 1atechnologie utilisee et du niveau d'incgalites dans un pays donne. Lorsqu'une reforrne agraire est appliquee, elle permet de soutcnir les petits cxploitants agricoles et, si d'aurrcs facteurs propices au deve- loppement sont reunis, une technologie nouvelle peut alors profiter

a

tous les exploitants.

Mais lorsque, par cxemplc, 70%des terres sont detenues par 5 %de la population et quc les services de vulgarisation et de credit agricoles ne sont destines qu'aux grands cxploitants, une technologic nouvelle ne fait qu'accentuer les ecarts de revcnus entre grands et petits exploitants. Les effets sociaux et economiques du genic genetique et de la biotechnologie sont done

a

l'image du terrain soeiopolitique sur lequelles nouvelles varietes sont semees.

Mais certaines biotechnologies pourraient aggraver la pauvrete en Afrique.

A

titre d'exernple, la commercialisation de la technologic du gene terminator, concu pour ernpc- cher la reproduction des semenccs et assurer ainsi leur rachar, nuirait aux millions de petits agriculteurs qui conservent des semences d'une saison

a

I'autrc, parce qu'ils n'ont tout sim- plement pas les moyens d'acheter de nouvelles sernences chaquc annee. Selon les critiques, cette technologie supprime run des fondements de l'agrieulture rurale - en condamnant 1cs petits agricultcurs

a

une dependance coloniale

a

l'egard de multinationales avides - ct son extension eventuelle

a

d'autrcs plantes suscite des inquietudes.l\1ais ses defenseurs sou- tiennent qu'il ne s'agir que d'un concept qui n'cst pas mis au point. Cependant, il semble qu'une procedure acceleree de commercialisation de cette technologie soit deja enclenchce (RAFI,2000), merne si elle ne porte sur aucun produit interessanr l'Afrique.

Nuisances

a

fa sante humaine et animale?Iln'y a toujours pas de preuve irrefutable qu'un quelcongue «transgenc» present dans les aliments transgeniques soit nuisible

a

l'erre

humain. Mais d'aucuns craignent que les genes etrangcrs presents dans ccs aliments finis- sent par sc reconstituer dans l'organisme du consommateur, augmentant ainsi la resistance des maladies

a

divers types d'antibiotiques (Malcom, 1999).

Vue d'ensemble

111

(23)

Un autre risque potentiel est de voir des personnes qui ont un terrain allergique reagir, apresavoir involontaircrnent consomme des aliments transgeniqucs contenant des proteines allergenes d'ongine externe (Altieri, 2000). ParexempIe, un individu allergique aux arachides pourrait faire une reaction, apres avoir consomme des graines de soja genetiquement modi- fiees par introduction du gene de l'arachide responsable de la reaction allergisante.

En realite, routes les protcines qui ont etc rajoutees aux aliments par le biais de la bio- technologie ct que ron trouve actuellerncnt sur le marche sont non toxiqucs, sensibles a la chaleur,,1l'acidite et

a

1£1 digestion enzyrnatique (er done rapidement assimilables). Ellcs ne prcsentent aucune similitude structurelle avec lcs proteines allergcnes connues. Dc merne, en l'etat actucl des connaissances, on ne peut affirmer que l'introduction d'un nouveau gene est susceptible d'entrainer des modifications du metabolismc des plantes et des animaux et de produire des allergencs et des toxincs (Thompson, 2000).

La sante animale est cgalement source d'inquietude - et les pays du Nord, notamment les pays curopeens, en debattent sur 1£1 place publique. Le betail et la volaille consomrnent d'enormes quantites de mais et de soja transgeniques, et certains eleveurs de betail redoutent une eventuelle resistance aux antibiotiques. Si les organismes genetiquement modifies entrai- nent une augmentation de cette resistance, les antibiotiques couramment utilises pourraient perdre de leur efficacitc, provoquant de ce fait une hausse des cours de 1£1 sante animale.

D'aucuns craignent egalement que les consommateurs de produits animaux ne courent, eux aussi, le risque de dcvenir resistants aux antibiotiques. jusqu'a present, rien ne prouve gue 1£1 consommation d'alimcnrs transzeniques ait eu des effets ncfastes sur la sante des animaux.

Mais, 1a nouveautc de ces aliments a crnpeche d'dfectuer des essais conc1uants et i1 serait premature de conclure que la question a etc definitivernent rcglee (Abelson et Hines,1999).

Degradation de I'environnement?Dans le dornainc de la biotechnologic agricole, Ies questions les plus brulantes ant sans nul doute trait aux effets

a

long terme sur l'environne- ment. II s'agit notamment de savoir si:

• Les cultures transgeniqucs entrainent une uniformisation genetigue cr de ee fait, une vulnerabilite aux nouvelles souches d' agents pathogenes apparentes;

• Les cultures resistantes aux herbicides entrainent unc diminution de Ia biodiversite agricolc;

• La culture de plantes resistantes aux herbicides entrainera l'apparition d'especes plus resistanres par suite d'echangcs d'informations genetiques entre cultures et leur propa- gation a des cspcces nuisibles apparentees qui pousseraient

a

proxirnite;

• Les cspeces hybrides Bt detruisent des insectcs non-cibles; le mais-Bt tuerait ainsi des papillons monarques (Losey, Rayoret Carter, 1999).

Seuls des essais en champ bien concus, bien suivis et menes

a

grande echellc permet- tront d'obrcnir des reponses concluantes

a

ces questions. }usqu'a present, on sait seulement

12

I

Exploiter les technologies pour un developperoent durable

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que le risque de degradation de l'environnement est minime (McGloughlin, 1999). Au cours des quinze dcrnieres annees, les chercheurs americains ont mene plus de 4 000 essais en champ sur 18 000 sites afin de tester l'efficacite, la rentabilite et la pertinence de l'intro- duction de la biotechnologie agricole dans l'environncment (USDNERS, 1999a). Ccs essais, ainsi que des rnilliers du meme genre effectues dans d'autres pays, n'autorisent pas

a

conclure que les biotechnologies presentent un danger pourl'environnement

EIles n'ont pas non plus accru la vulnerabilite du plasma germinatif aux souches homo- genes d'agents pathogenes, pas plus qu'clles n'ont entraine une erosion genctique. Les Etats-Vnis

a

eux seuls, par exemple, cultivent plus de 1 000 varietes de soja «Roundup Ready» (USDNERS 1999a, b). Des etudes plus approfondies sont necessaires pour etayer les preuves cmpiriques, repondre aux questions en suspens et affiner l'analyse des risques et benefices des cultures et aliments transgcniques,

Une menace pour I'avantage comparatif de I'Afrique en termes de cultures tropi- cales? Grace

a

labiotechnologie, il sera possible de produire, en laboratoire ou dans des zones ternperees, des cultures qui normalement ne poussent que sous les tropiques. Cette perspective souleve la question de savoir si cet avantage concurrentiel nc va pas evincer un certain nombre de produits tropicaux du marchc, L'exemple lc plus souvcnt cite est celui de la production en laboratoire d'arome de vanille qui pourrait representer une menace pour la survie de dizaines de milliers de petits exploitants

a

Madagascar, en Ouganda et dans d'autres pays d'Afrique.

Les varietes de graines de cacao transgeniques, susceptibles d'entrainer une augmentation des rendements et une diminution des prix, pourraient mettre en peril les marches des petits exploitants de cacao en conduisant

a

la rnainmise de grandes exploitations agricoles dans les nouvelles economies industrialisees d'Asie. Les huiles vegetales pourraient connaitre le rneme sort. Et dans des pays comme Maurice, OU La canne

a

sucre reprcscnte une part irnportante des exportations, les agriculteurs se retrouveraient ruines si les edulcorants basses calories fabriques industriellement ou des substances simiLairesvenaicnt

a

supplanter la canne

a

sucre.

Les detis - eduquer, innover, reqlernenter, transmettre

La prise de conscience des avantages pouvant decouler de la biotechnologie dans les dornaines tant medical qu'agricole en Mrique pose un triple defi.

Premierernent, certaines nouvelles technologies ne sont peut-etre pas immediaternent applicables en Afrique. Un prealable est la necessite defournir systematiquernenr des infor- mations et d' assurer la formation pour gencrer les connaissances requises. Par ailleurs, il est tres couteux de mettre au point des technologies et de les adapter

a

un lieu specifique. Pour bien exploiter les nouvelles technologies, it faut d'enorrnes investissements en capitaux phy- siques et humains, ainsi que des institutions.

Vue d' ensemble

113

(25)

Deuxicmement, la biotechnologie prescnre des risqucs potentiels, qui sont essentielle- rncnt lies ala biosecurire (risques pour la sante ct la securitc de l'hommc et pour l'environ- nement). Des mesures reglementaires d'urgence s'irnposent, merne si, jusqu'i present, tout porte

a

croire que ces risques sontminimes.

Troisiernernenr, on ne peut vraiment rcaliser les possibilites de la biotechnologie que si ses innovations beneficient

a

ceux qui en ont le plusbesoin, II nc suffit pas de generer de nouvellespossibilites, il faut aussi en faire profiter les individus et les cornmunautes pauvres et vulnerables (paysans, personnes souffrant du VIH/sida, communautes cxposees

a

de

grands risques de paludisme et de tuberculose).

Brcf~ l'utilisation des nouvelles technologies ne donnera de bons resultats que si des efforts sont deployes pour eduquer, innover, reglementer et transmettre - programme eomprenant des elements synergiques qui doiventetrc intcgres dans unc strategic globale de dcveloppernenr.

Eduquer

Les individus - qu'il s'agisse des agricultcurs, des consommateurs, des responsables poli- tiques ou des hommes de science - sont les agents et les beneficiaires des avancees tech- nologiques. II est donc indispensable de renforcer la capacite de ces acteurs, afin de genercr et d'adoptcr Ies nouvelles technologies. Cet element comporte deux volets,

a

savoir: la four- niture systematique d'informations et l'elargissement de la formation et de l'enseignement (de type scolaire et extrascolaire ainsi que p;eneral et specialise).

Dans un premier temps, les connaissances sur lcs technologies et leur bien-fonde doi- vent etrcgenen~eset diffusccs de facon mcthodique au sein des communautes africainesOU ellcs seront exploitees. Des informations sur les avantages et les risques lies aux avancees technologiques scront cornrnuniquees aux acteurs. De merne, il importe que les respon- sables politiques, les chercheurs et les specialistes des questions de developpernent soient informcs des besoins, des atouts et des conrraintes des communautes-cibles. Etant donne les passions que suscite le debar sur la biosccurite, la securite alimentairc et autres risqucs, il faut absolument gencrer et transmettre sysrernatiquement les donnees relatives aux avan- cces dans le domaine des biotechnologies medicale et agricole.

L'information aide, de diverses manieres,

a

adopter les technologies. Elle permet aux utilisateurs potentiels (tels que les paysans pauvres, les consommateurs et les malades) ainsi qu'aux responsables politiques de dcfinir les priorircs de R&D, notamment en cc qui concerne Ie choix des cultures, lcs caracrcristiques souhaitces, les maladies

a

eibler et leur traitement, de mcrne que les systemes de distribution des produits. Grace

a

l'information, lcs cherchcurs et conceptcurs de produits sont egalement en mesure de faire coincider leurs efforts avec lcs besoins des populations-cibles (paysans pauvres par excmple) pour prendre en compte les atouts et les obstacles locaux. On ne saurait trap insister sur les avantages pouvant dccouler de la participation effective des actcurs ainsi que de la prise en compte du contexte specifique de l'application.

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Exploiter les technologies pour un ceveloppernent durable

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