Technique de microcuissons papetières :
perfectionnement et précision des rendements en pâte
G. JANIN
LN.R.A.,
Station de Rcc!J(’/"ches Mir la
Qualité
des BoisCentre de Recherches de Nancy C!
Jll lllpe l lo ll
x, 54280 Seicitarnps
Résumé
Les perfectionnements
apportés
à la méthode de microcuissoncorrespondent
à laconstruction d’un nouveau bain d’huile à
régulation
detempérature programmable
avecun
système d’agitation
et d’entraînement de 48 microlessiveursdisposés
sur un même support en rotation dans l’huile et à l’amélioration du modeopératoire.
Un micro-indice de permanganate
KMnO,
N/10 a été établi pour définir laqualité
despâtes
obtenues en microlessiveurs. Laprésence
tout à faitexceptionnelle
d’incuits renforce la validité des comparaisons entre échantillons. Laprécision
relative du rendement enpâte est de ± 0,1 % à la suite des
pesées,
tous les autresparamètres
étant constants.Au cours
d’expériences
conduites en routine, lareproductibilité
du rendement enpâte
et la
possibilité
de sélectionner des familles ou de choisir des provenancespossédant
lesmeilleurs
qualités papetières
ont étééprouvées.
Les influences des facteurs usuels de variation des cuissonspapetières
ont été testées, ainsi que les effets de laposition
et de la forme du prélèvement des échantillons dans unPopulu.s
tremula.Les correspondances entre les résultats de cuissons d’échantillons de faible
poids
(0,5 à 1 g) et de taille plusimportante
(200 g) sont satisfaisantes (r = 0,832).Le comportement
identique
deparallélépipèdes
de boisdécoupés
au voisinage duprélè-
vement de carottes de sondage est au bénéfice de ces dernières
qui
permettent depratiquer,
à l’aide d’essais non destructifs pour les arbres, les déterminations des
caractéristiques
pape- tière3 .
1. - Introduction
La méthode de microcuisson est une
technique
de laboratoirequi
a été mise enoeuvre pour
reproduire,
à une échelle trèsréduite,
lesprocédés
industriels de cuisson des bois ou de tous autresvégétaux
pour la fabrication de lapâte
àpapier (E.F.
THODEet al.,
1961 ;
J.L. KEAYS etal., 1969 ;
G.J ANIN ,
1972 a; J.F. MANVILLE et K.H UNT , 1977).
La cuisson
papetière
est un traitement du bois ou devégétaux
par des solutionsdélignifiantes
alcalines ou acides en vue deséparer
les fibres en dissolvantpartiel-
lement les
lignines
et en conservant en « l’état » le mieuxpossible
la cellulose et les hémicelluloses des membranes cellulaires.Le rendement de la cuisson
qui,
pour un traitementdonné,
est le rapport dupoids
des fibres isoléesanhydres
aupoids
de boisanhydre,
constitue un indice dequalité
du bois pour les essencespapetières
car, pour une même biomasserécoltée,
un rendement
plus
élevésignifie
uneproduction
accrue depâte
àpapier.
La détermination
précise
du rendement enpâte
de nombreux échantillons de bois depetite taille,
souvent inférieurs au gramme,prélevés
defaçon
non destructive dans les arbres vivants à l’aide de la tarière de Pressler de 5 mm dediamètre,
est nécessaire si l’on veut tenircompte
de la variabilité individuelle desarbres ;
elle nécessite une fiabilité et une bonnereproductibilité
des conditionsopératoires
afinde s’affranchir de toutes les sources de variations autres que celles concernant la nature et
l’origine
des échantillons examinés lors descomparaisons
entre individuset de l’estimation de l’héritabilité de ce caractère
(D.W.
EINSPAHR etal., 1962, 1969 ;
R. BLAIR etal., 1975).
La
technique
de microcuisson n’est pas réservéeuniquement
à la mesureprécise
du rendement en
pâte.
Eneffet,
elle peut être utile à la détermination des indices usuels de laqualité
despâtes : dosage
desliqueurs
noires de fin de cuisson pour évaluer la consommation desréactifs,
l’indice deKappa
ou depermanganate
en relation avec la « dureté » de lapâte
pourl’aptitude
aublanchiment,
la teneur enlignines résiduelles,
enpentosanes
et en cellulose de lapâte,
ainsi que lalongueur
des fibres et la courbe
biométrique
derépartition
pourchaque
échantillon.Dans
l’industrie,
il existe desprocédés
de cuisson en continu dans des lessiveursde très
grande capacité,
ainsi que desprocédés
en discontinu avecremplissage
debois et
vidange
totale de lapâte
àchaque opération.
Notre méthode se rattache àce dernier type de cuisson.
2. - Matériel et méthode
Bien que tous les
types
de cuissonpuissent s’employer
pour nosmicrocuissons,
nous
pratiquons
presque exclusivement des cuissons alcalines dites « au sulfate » du type « Kraft », c’est-à-dire avec unmélange
de soude et de monosulfuture de sodium avec lescaractéristiques
suivantes :- l’alcali actif
(NaOH
+Na.,S) exprimé
en p. 100 dupoids
de boisanhydre,
- la
sulfidité, qui
est lerapport Na!S/(Na!S
-1-NaOH),
- le rapport de dilution : volume du
liquide (en ml)/poids
de bois en grammes,qui règle
la concentration desproduits actifs,
- le
diagramme température - temps
variable.Les
aménagements apportés
à la méthode de 1972(G. J ANIN ,
op.cit.)
concernent, d’unepart,
le matériel pourpermettre
de traiter unplus grand
nombre d’échantillons dans des conditionscomparables
au cours d’une même cuisson et entre cuissonssuccessives,
et d’autre part, le modeopératoire
pour obtenir uneplus grande précision,
en
particulier
defaçon
à minimiser l’effet« opérateur ».
2.1. - Matériel 2.11. - Bain d’huile
(figure 1)
Nous
disposons
d’un bain d’huile d’un volume de 35 litres avec unepuissance
installée de
4,5
kW pourpermettre
des montées entempérature
en fonction dutemps
commandées par unrégulateur
à came. Une hélice assure lebrassage
del’huile pour
homogénéiser
latempérature.
Ilpeut
recevoir deuxtypes
delessiveurs,
ce
qui
nous assure des conditionsopératoires identiques
nécessaires à lacomparaison
de
traitements,
soit :- 48 microlessiveurs
disposés
sur unsupport
rotatif tournant à une vitesse de 6 tours par minute pour assurerl’agitation
desréactifs,
et aussi unehomogénéisation supplémentaire
destempératures
entrelessiveurs,
- 4 macrolessiveurs
placés
sur unsupport différent,
maisagités
de la mêmefaçon.
T.,- - OEM@ùNU
Un circuit de refroidissement en tube de cuivre permet
après
les cuissons deramener
rapidement
l’huile à latempérature
du laboratoire pour lui éviter unedétérioration
trop rapide.
2.12. - Macro et microlessiveurs
Les macrolessiveurs d’un volume utile de 1 700 ml
peuvent
contenir 200 g de boisanhydre
et sontcomparables
à ceux des laboratoires de contrôle industriels. Ils nous servent à établir la relation avec nos cuissons à échelle réduite(figure 2).
Les microlessiveurs d’un volume utile de 12 ml
permettent
de traiter de0,2
g à 2 g de bois. Dans le cas de trèspetits échantillons,
une masselotte en acierinoxy-
dable est introduite pour favoriser
l’agitation plus
vive des réactifs(figure 3).
2.2. - Mode
opératoire
2.21. -
Préparatio!a,
conservation,dosage
desliqueurs
de cuissonLa
préparation
de laliqueur
se fait en une seule fois pour le volume nécessaire à uneexpérience comportant
20 ou 30 traitementsjournaliers
de 48 microlessiveurs.Les réactifs utilisés sont des
produits
purs de laboratoire : NaOH enpastilles
et
Na 2 S,
9H 2 0 cristallisé,
et l’onprocède
parpesées
desquantités
nécessaires etajustage
des titres des solutions.La conservation de la
liqueur
se fait à - 5 &dquo;C pour éviterl’oxydation
des sulfures et la carbonatation de la soude dans letemps.
Laliqueur
estrépartie
en autant deflacons de 500 cm3 que de cuissons
journalières prévues. Chaque
flacon est ramenéà la
température
du laboratoire avant sonemploi
et sondosage.
Ledosage journalier
de la soude et du sulfure n’a
jamais
faitapparaître
de différencessignificatives
aucours de ces
répétitions.
2.22. - Distribution de la
liqueur
Une des constantes de la méthode de la cuisson Kraft est le
rapport liqui-
de/bois
(L/B) qui
fixe laquantité
de réactifs introduits et leur concentration au contact du bois. Dans lapratique
courante L/B estégal
à 4.Chaque
échantillon de bois étantdifférent,
sonpoids anhydre
est déterminéau dixième de
milligramme
et le volume deliqueur correspondant
devrait êtreapprécié
à 4/1 0&dquo; demm 3 ,
cequi
est illusoire.Nous avons donc choisi une burette
automatique
àpiston
de débit variable etdont la
précision
est de 2 mm-’!. Dans l’état actuel de la méthode cetteprécision
estsatisfaisante et, par
ailleurs,
ellepermet
d’éviter des variationslargement plus impor-
tantes dues au
manipulateur.
2.23. -
Récupération
desfibres
parfiltration
Nous n’utilisons
plus
les creusets filtrants en verrefritté,
d’où il était difficile derécupérer
les fibres etqui
nécessitaient deuxpesées
à l’étatanhydre
avant etaprès
la filtration.Nous avons retenu le
système
filtre Gelman à fermeture par anneaumagnétique qui
permetd’interposer
une toile très fine de 300 Mesh Afnor surlaquelle
toutesles fibres sont retenues ; l’échantillon de fibres
peut
alors être aisément détaché de lasurface, numéroté, porté
à l’étuve à 102 °C !- 1 ° etpesé
à l’aide d’une balance dont laprécision
est le 1 / 10! demilligramme.
3. - Contrôle de la
qualité
de la cuisson3.1. - Micro indice de permanganate
KMn0 4
N/10La nécessité de
disposer
d’un micro indice depermanganate KMno 4
N/ 10 s’est fait sentir devant lepoids toujours
très réduit de fibresdisponibles qui
varie de0,1
g à0,75
g.Il existait certes un indice de Micro
Kappa
NF-T 12 019 dérivé de l’IndiceKappa
despâtes
NF-T 12 018 etproposé
pour la détermination des indices despâtes
en cours de blanchimentqui
contiennent des taux delignines
résiduelles faibles etdécroissants,
mais son utilisation n’estpossible
que si l’on n’est pas limité dupoint
de vue de laquantité
depâte.
Or nos échantillons de faibles
poids
contiennent des taux delignines
normauxdes
pâtes
Kraft.Il fallait donc
adapter
l’indice deKM N O,
N/ 10 NF-T 12 007 à despoids
depâtes
inférieurs au gramme en conservant les conditionsopératoires prévues
par la norme pour :- la normalité du
KMn0 4
N/300 et deH.,S0 4
4N/30 au contact desfibres ;
- le temps de réaction 5 mm ± 10 secondes.
Nous avons donc réduit le volume final du
mélange
de réaction et le nombre de cm3 deKM N O,
N/ 10 etH!SO!
4N initiaux dans lapropor’tiora
dupoids
depâte disponible.
Eneffet,
dans notre casparticulier,
nous connaissons lepoids
exactde
chaque
échantillonaprès
microcuisson : c’est lepoids
de fibres dechaque
micro- lessiveur.La linéarité de la consommation du
KM N O,
N/ 10 dans les conditions de la normeNF-T 12 007 en fonction du
poids
de fibres a été testé(figure 4)
pour deuxpâtes
ausulfate dont les indices de
permanganate KMnO,
N/ 10 étaientrespectivement : - - pin
maritime(Pirtu.s pina.ster)
: 27-! 0,5 ;
- hêtre
(Fagus silvatica)
:13,5 ±
0,5.Les flèches
indiquent respectivement
les indices deKMnO.,
N/10 despâtes
pour 1 gramme depâte :
Hêtre (jaglls silvcrtica) : 13,5.
Pin maritime (pin ilS pillasta) : 27,5.
Consumption li ll earity of KMnO!
N /10 versus theweight of Kraft pulp
The arrows show
respectively
the permanganate numbers values for 1 gram ofpulp basis :
Beech (lagiis silvatica) : 13,5.
Maritime Pine (pinns pillas/a) : 27,5.
Elle a été déterminée à l’aide d’échantillons de fibres de
poids
variable obtenus par dilution d’unesuspension
de fibres de 10 grammes par litre et parprélèvements
successifs aux fins de
dosage :
Les indices de
permanganate KMn0 4
N/ 10 despâtes
de microlessiveurs sontdéterminés selon ces critères
(G. J ANIN , 1973).
Lacorrespondance
entre l’indice de permanganateKMnO,
N/ 10 et l’indiceKappa
despâtes
est par ailleurs établie(J.V. H ATTON , 1975).
3.2. -
Dosage
deliqueurs
noires : consommation desréactifs
Un volume de la
liqueur
noire de fin de cuisson est dilué dix fois à l’aide d’une solutionalcoolique
deBaCI 2 (70
g deBacl.,
dans 700 ml d’eau + 300 ml d’alcooléthylique
à96°).
Ceci a pour effet deprécipiter
les acidesorganiques
ensels de Ba et de donner par décantation ou filtration ou
centrifugation
uneliqueur jaune
clair où l’on peut doser la soude et le sulfure à l’aide d’unpH-mètre.
Pour estimer avec
plus
deprécision
la part de la NaOH libre et des sulfuresprésents
par rapport à laquantité initiale,
onpeut ajouter
du méthanal :H — CHO, qui
se combine aux sulfures suivant les réactionsglobales :
2 H CHO + S-- +
2 H!O -!
(H., - C —OH) . ,
S + 2(OH)-
Il se
produit
ainsi une libérationstcechiométrique
d’ions(OH)- correspondant
aux ions
(HS)-
et(S)--.
Ainsi,
l’addition de méthanal à la fin dupremier point équivalent (A) (figure 5) produit
uneaugmentation
dupH
de2,5
unitéspH
et rend ainsiplus
nette l’obser-vation du
point (B)
de lademi-équivalence
des sulfures encoreprésents.
Ce
dosage
donne par différence laquantité
d’alcali actif consommé au cours de la cuisson.3.3. - Les incuits
On
appelle
« incuits » desparties
de boisqui, après
cuisson, ne sont pas défibrées. Les incuitsproviennent,
soit d’un défaut depénétration
dc laliqueur
decuisson dans le bois par suite de la
présence
d’un noeud, duvoisinage
d’undépart
de
branche,
d’une accumulationponctuelle
de résines ou d’unesurépaisseur
localedans un copeau de
bois,
soit d’un incident demanipulation :
introduction d’un volume deliqueur insuffisant, température
ou alcali actif trop faibles. défaut accidentel d’étanchéité aujoint
de fermeture du mierolessiveur.Lorsqu’ils
seproduisent,
les incuits faussentl’expression
du rendement et em-pêchent
toutecomparaison
ultérieure.Ainsi,
enplaçant
les échantillons dans les mêmes conditions et enrejetant
les carottes desondage présentant
des défauts apparents, laprésence
d’incuits devient tout à faitexceptionnelle
et fortuite.Dans le cas des
microcuissons,
les carottes desondage présentent l’avantage unique, jamais
réalisé dans d’autrestraitements,
de l’identité des dimensions deséchantillons ;
ceci entraîne larégularité
du mécanismed’imprégnation
desliqueurs
et de la vitesse de dissolution des
lignines
et deshémicelluloses,
et renforce la validité descomparaisons
entre de nombreux échantillons.4. - Précision du rendement en fibres de la méthode de microcuisson
Elle repose sur la détermination du
poids auhydre
du bois et des fibres. Laprécision
relative de ce rendementAR
est donnée : eneffet,
si le rendementP fihrPC
(
ARi i
BPhnic ’B (
APfihrec ’B
4.1. - Pesée des échantillons
La nécessité d’obtenir les
poids anhydres
de bois et de fibres pose leproblème
de la
pesée
enatmosphère
ambiante du bois et des fibres dès la sortie de l’étuveen raison de leur affinité pour l’eau.
Nous avons choisi cette voie de
manipulation
parcequ’elle apporte
une exécutionplus rapide
des nombreusespesées
successives à réaliserchaque jour
de traitement : soit 48pesées
debois, puis
48pesées
de fibres. Nous n’utilisons pas le passage dansun dessicateur pour le refroidissement des échantillons en
préalable
à lapesée
parce que cesopérations
alourdiraient trèsrapidement
le modeopératoire.
L’étuve est
placée
auvoisinage
de la balance deprécision (Sartorius
2002MPI)
pour diminuer au maximum le
temps qui
s’écoule entre leprélèvement
de l’échan-tillon dans
l’étuve,
sonpositionnement
sur leplateau
de la balance et l’établissement del’équilibre
de lapesée
et sonaffichage digital,
tempsqui
demeurecependant
del’ordre de 15 secondes.
4.2. -
Reprise
en eau des échantillonsLa mesure de la
reprise
en eau des échantillons de bois et de fibres a été faiteen suivant
l’augmentation
de leurpoids
surl’affichage électronique
de la balancependant
30 secondescomptées
dès la sortie de l’étuve à 102 °C ± 1 °C(tableau 2).
Nous constatons que la
reprise
en eau se fait à des vitesses différentes pour le bois et pour les fibrescompte
tenu de laplus grande
accessibilité de l’eau dans lecas des fibres.
4.3. - Estimation de la
précision
relative du reracfernent enpâte
Nous devons nous
placer
dansl’hypothèse
laplus
défavorable pour tenircompte
de la marge d’erreur laplus importante ; ainsi,
nous considérons que :- le
poids
Po réel des échantillons à l’instant t&dquo; de la sortie de l’étuve est très difficile à déterminer d’unefaçon
satisfaisante et, pourcela,
nous supposerons que lareprise
depoids
entre l’instant t&dquo; ett 1:i
est linéaire et voisine de celle obtenue entre les instantst 1:i
ett,,,,.
Nousmajorons
ainsi l’erreursystématique
sur lepoids
des échantillons
qui
devient biensupérieure
à laprécision théorique
de labalance ;
- le calcul de la
précision
portera sur lepoids
maximum des échantillons courammentutilisé,
soit1,5
g de bois pour0,75
g de fibres.De ce
fait,
l’estimation de lareprise
en eau des échantillons au cours de lapesée,
tirée du tableau ci-dessus est de 6.10- !1
pour le bois et12,6.10-!
g pour les fibres.L’erreur relative sur le rendement devient alors :
( AD B 4 1 f) 1 m H m--4 4
Ainsi,
pour un rendement de 50 p. 100, laprécision
obtenue est de donc de- !- 0,1 p.
100 dans le cas leplus
défavorable dû aux seulespesées
du bois et des fibres enconsidérant que tous les autres facteurs de cuisson sont
contrôlés,
cequi
constitue un pro-grès appréciable.
En effet, les influencesdéjà signalées
de lapréparation
des échantillons(J.L.
KFnYS et nl.,1969,
op.cit.),
deleur séchage (A. DURAND, 1975),
de leur
homogénéité
et de leur nombre (J.L.
KEA YS et o l ., 1969,
op. cit.)
sont écartées par
l’emploi
des carottes desondage qui
subissent des traitements uniformes avant leur cuisson.5. - Résultats
Pour illustrer les
applications
de la méthode demicrocuisson,
nous examineronssa
reproductibilité
au cours d’une mêmeexpérience,
la relation existant entre elle et la méthode de cuisson àplus grande échelle, puis
une étude relative aux facteursphysiques
de la cuisson des bois et desparamètres
concernant la localisation et la forme des échantillons dans l’arbre.D’autres sources de variations
influençant
le rendement enpâte ayant
pourorigine
le bois decompression (G.
JnN!rr, 1972 a, op.cit.),
l’orientement(G. Jnrorr, 1972 b ;
A.RnHME,
G. JANIN,1972)
ont par ailleurs été décrites.5.1. -
Repro d ttelibilité
(les rendementsDans le cadre d’une étude de la « validité des tests
précoces d’appréciation
descaractères
technologiques
du bois deDouglas (Pseuclotsuga inetiziesii)
de M. THO-BY (1975), l’échantillonnage
était constitué de carottes desondage prélevées
dans360 arbres
âgés
de 9 ans recouvrant 24 provenances dedouglas
Nordaméricains,
àraison de 15 individus par provenance, et dans deux
répétitions.
Pour tester les
qualités papetières
de ces différentes provenances à l’aide desmicrocuissons,
les conditions suivantes ont été retenues :- diagramme température-temr)s : 1 h 30 de 20 °C à 170 °C
Deux alcalis actifs ont été choisis pour connaître les
réponses
à deux traitements d’intensité croissante en vue d’une sélectivitéplus grande.
5.11. -
Analy.se
de variance(S NEDECOR , 1934)
Les valeurs du test F de SNEDECOR tirées de
l’analyse
de variance et associéesaux
degrés
de liberté sont les suivantes :’l ’2
Nous observons que les
répétitions journalières
n’entraînent pas de fluctuationsstatistiquement significatives
pour le traitement des 24 provenances, cequi
nousassure une bonne
reproductibilité (H.S.
GARDNER et D.W.E INSPAIIR , 1964).
5.12. -
Comparaison
de.s denx traitelllents à 20 p. 100 et 22 p. 100 cl’alcaliactif Quelques
élémentssimples
destatistique
montrent lespossibilités
de compa- raisonqu’offre
cette méthode en vue du choix de provenances pour leursqualités papetières :
TABLEAU 4
Nous pouvons donc
distinguer
des provenances entre elles et choisir aveccertitude la provenance ou le groupe de provenances
qui
donne des rendements enpâte supérieurs
de 1 p. 100 à la moyenne des provenances, cequi
entraîne dès lors ungain appréciable.
5.2. -
Correspondance
entre les rendements enpâte
pour les macro et les microlessiveurs
Un essai de
comparaison
de 28 individusprovenant
declones, d’espèces
puresou
d’hybrides
différents du genrePopulus
et comprenant deshybrides
Tremula x Tre-muloides n&dquo;s 311 et 312 nous a amené à utiliser des carottes de
sondage
et descopeaux de bois
prélevés
sur les mêmestiges (L EMOINE , 1973).
Les conditions de cuisson étaient fixées à : 16 p. 100 d’alcali actif
comptés
enNa!O,
25 p. 100 desulfidité,
un rapportliquide/bois
de4,
et undiagramme température- temps
de : 1 h 30 de 20 &dquo;C à 170 &dquo;C et 1 h 30 à 170 &dquo;C.La
comparaison
a été faite surl’échantillonnage
de bois suivant :- macrolessiveurs : 200 g de bois provenant d’un
disque
dechaque arbre,
- microlessiveurs : 12 échantillons de 1 g à
1,5
g pourchaque
arbreprélevés
sur la même section transversale de 30° en 30&dquo;.
Nous avons fait
correspondre
la moyenne du rendement des 12 microlessiveursau rendement de
chaque
macrolessiveur pour le même arbre(figure 6) ;
la droite derégression
est :Y
rem7cment
en macro0 , 911 X rendement
moyen en micro+ 4 , 964
avec un coefficient r = 0,832 pour 28
couples significatif
au seuil de 1 p. 1 000.5.3. -
Influence
des conditions de cuisson, deforme
et de localisation des échantillons sur le rendement enpâte
Nous avons cherché à
apprécier
les effets sur le rendement enpâte
des facteursphysiques
de la cuissonpapetière : température, échantillonnages
de bois sous laforme de
parallélépipèdes
ou de carottes desondage
et à différentespositions
dans lamême section de l’arbre
(figure 7).
Ainsi,
nous avons retenu :- 3
températures
depallier :
160° -167,5° - 170°,
- 2 formes d’échantillons :
parallélépipédiques,
carottes de
sondage,
-
5 positions : 1 )
externe,2) intermédiaire, 3) diamétrale,
4) intermédiaire
opposé, 5)
externeopposé,
- 4
répétitions,
soit 120 échantillons.
Ces échantillons ont été
prélevés
dans unPopuil l s
tre!iiiila avec une tarière de Pressler d’une part, et d’autrepart
débités à la double scie avec un écartement de 5 mmaprès prélèvement
desdisques correspondants.
Le tableau de
l’analyse
de variance est le suivant :Discussion
La sensibilité de la méthode est mise en évidence par ces résultats.
La
température,
dont les effets sont connus parailleurs,
provoque une diminution du rendementlorsqu’elle
s’élève pour une durée depallier égale,
et conduit ici àun abaissement
significatif
du rendement de0,5
p. 100 entre167,5°
et 170 °C. Lapré-
cision des résultats
dépend
étroitement de larégulation
de latempérature.
La
position
des échantillons sur la section transversale estimportante ;
elle reflète à la fois la variation du rendement avecl’âge
et ladissymétrie
existant dansl’arbre :
TA RTFATI7
La moyenne
générale (53,8
p.100)
coïncide avec la moyenne des échantillons suivant leplus grand
diamètre. Cette remarque,jointe
à notreexpérience
des micro-cuissons,
nous amène à observer que :- le
prélèvement
d’une carotte desondage
doit êtrediamétral,
- pour les
comparaisons
entre arbres de mêmesituation,
les carottes desondage
doivent avoir le même orientement.
La forme des échantillons n’influence pas le rendement si les dimensions axiales et
tangentielles
demeurent voisines :parallélépipèdes
de 5 mm de côté et carottescylindriques
de 5 mm de diamètre. Nous pouvons ainsi travailler aussi bien avec depetits
échantillonsprélevés
sur une section transversaleaprès abattage
d’un arbrequ’avec
des carottes desondage prises
dans un arbre vivant.L’absence
complète
d’interactionsignificative
du second ordre et de celle de troisième ordre rend nos observationsplus
nettes : eneffet,
si latempérature
et laposition
des échantillons sont définies pour une formevoisine,
les rendements enpâte
obtenus avec les microcuissons pourront être utilisés avec une certitude satis- faisante.6. - Conclusion :
champs d’application
de la méthodeLa facilité de mise en oeuvre de la méthode de microcuisson sur un très
grand échantillonnage
et depoids
réduit permet d’évaluerstatistiquement
la valeurpapetière
des individus
choisis,
aussi bien dans despeuplements
à l’étatjuvénile,
dèsl’âge
de5 ans,
qu’à
l’état adulte.Nous pouvons ainsi estimer la variabilité individuelle et
génétique
desqualités papetières :
rendement en fibres et, par extension,morphologie
des fibres dans lestests de descendances et
procéder
au choix des familles donnant les meilleurs rende- ments comme à celui des provenances dans les tests decomparaison
de provenances de sélection à clones(G.
JANIN & B. LETZELTER,1977),
ou de classementd’espèces tropicales
(G. PETROFF & M. TISSOT,1973).
Elle permet aussi l’étude de l’influence sur les mêmes
qualités papetières
del’ensemble des facteurs de la
production
forestière :roche-mère, hétérogénéité
du sol,climat,
mode desylviculture :
espacement et taillis à courte rotation, fertilisation etâge
despeuplements.
De
plus,
lesaspects particuliers
de l’anatomie du bois : zones de bois de réaction(de
tension chez les feuillus et decompression
chez lesrésineux), présence
denoeuds, nature des
écorces, jouent
un rôle réel dans le rendement enpâte
final.Les variations de la structure interne des accroissements annuels
pris
indivi-duellement ou par tranches successives déterminent le
comportement
du bois dansles traitements
papetiers.
Les échantillons de bois de différentes
espèces, prélevés
sous forme de carottesde
sondage
à la tarière dePressler,
sont, dans unpremier temps,
étudiés pour la densité et les variations de la densité(H. Po!cE, 1978),
la rétractibilité(A. S ESBOU ,
G.N EPVEU , 1978),
lalargeur
des cernes, la teneur en matièresextractibles, puis
traités en microcuissons
papetières
et,ainsi,
tous les critères de laqualité
du boiset les caractères
papetiers (M.
EL RHAZI & G.J ANIN , 1979)
peuvent être mis en corrélation dans le but de définir le rôlejoué
par chacun d’eux dans la valeur pape- tière desespèces
forestières.Reçu
pourpublication
en octobre 1979.Summary
M/c!opi</p//!! technique improvement ; pulp yield precision
The new
micropulping equipment
consists of an oil bathelectrically
heated equipped with to rotating wheels (6 r.p.m.) wich bears 48microdigesters
12 cmcapacity
in the samerun ; it makes up the major interest of this micropulping method. Thus a larger number
of samples can be treated with very interesting combinations of factors :
cooking
times, alkali-active, liquor to wood ratio, hecause each microdigester is easily removable duringthe
cooking
process. Because the thin section, 5 mm diameter, and shapehomogeneity
of increment cores not any unscreened pulp occurs, or very seldom, and thus it allows accurate pulp yield comparison between samples. Moreover anatomic, genetic and forestry factors wich control the pulp yield and fiber length can be examined on
particularly
small samples and on those sampled from progeny test or provenances trials.
For the coocking comparison at the
higher
scale 4macrodigesters
1.7 litercapacity
are used too. The Kraft cooking liquors are prepared with laboratory pure
products :
NaOH pastilles and cristallized Na,S, 9 H,,, soaked in pure water, cooled and stored at - 5 &dquo;C throughout the cooking period for all the samples collected for the same expe- riment.
An adjusted volume of white liquor for each
sample
is addedautomatically
at thenearest hundredth cubic centimeter. A suitable micropermanganate number (KMnO, N/10)
is
developped
in connection with the samelignins
content than theusually
Kraftpulp
andin proportion with the very samll weight of pulp pad analysed. The oven dry weight for both wood increment core and piece of pulp are determined within a 15 seconds interval after removed from the oven. Thus the
weight
is determinated without using a dessicatorto conserve the versatility of the method when more than thousand samples must be carried
out in the same experience.
The Kraft micropulping yield relative precision still reaches ± 0.1 % in spite of the
low water vapor sorption on the wood and pulp samples
during
this 15 seconds out of theoven assuming the worst. The cooking conditions and pulp
yield reproducibility
arequite
good. Between 75 runs in two replications no effect was found fordaily
cooking experimentsinvolving
720samples
(r = 0,832).The pulp yield correlation from 28 trees of Populus species in the
macro-digesters
versus the mean of 12
micropulping
yield from a whole disk of each tree is quite satis- factory (r = 0,832).The elevation of the temperature : 160 &dquo;C, 167,5 &dquo;C. 170 &dquo;C. the well known cooking
factor reduce the end pulp yield and the 2.5 &dquo;C last difference
gives
asignificant
0.5 %loss in pulp yield.
The different locations of samples accross the section shows the
heterogeneity
of pulp yield in a tree but theprecisely
diametrical sample isquite
near the mean value forthe entire disk.
For samples of similar sizes (5 mm increment cores and 5 mm square section paralle-
lepipeds)
no significant effect on the pulp yield is observed.The
micropulping
technique gives sound comparative resultsusing
5 mm in diameter increment core sampling either mature trees or young trees even not elder than 5 years.The
large
number of samples and the wood quality data obtained yet on the incrementcores samples can be correlated with the pulp wood
qualities
determined on the samesamples.
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a) Microcuissons papetières. Méthode
adaptée
aux recherches forestières portant sur la détermination des caractéristiques papetières individuelles sur arbres vivants à l’aide d’échantillons de bois dont le mode deprélèvement,
l’aspect et lepoids
ne sont pas usuels. La Papctm!ie, n&dquo; 3, mars.b) Le
diagramme
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