Un capteur d’extensométrie miniature à deux voies
Jean-Charles FERRAND tation de Recherches sur la Qualité
1.N.R.A., Station de Recherches sur la
Qualité
des BoisCentre de Recherches forestières de Nancy, Champenoux, F 54280 Seichamps
Résumé
Un capteur d’extensométrie miniature à deux voies a été réalisé. Il permet de mesurer les déformations dans deux directions
perpendiculaires,
et sa sensibilité est de 5 micro- déformations. Ils’applique
sur le bois sans collage.Après
avoir étudié une méthode indirecte de mesure de la déformationpotentielle longitudinale
Er à lapériphérie
des troncs, FERRAND(1982)
a montre le besoin d’uncapteur extensométrique
à deux voies pour la mesure des déformations sL et Fl dues aux contraintes de croissancelongitudinale
ettangentiel!le
des arbres forestiers.Pour être
pratique,
un tel capteur devaitrépondre
auxexigences
suivanltcs :1)
fournir une mesure fidèle dans deux directionsperpendiculaires (longitudinale
et
tangentielde
surl’arbre),
2)
ne pas nécessiter decollage
sur le bois pour accélérer le déroulement des mesures,3)
êtreadapte
à toutes lessurfaces,
et pas seulement aux surfacesquasi planes.
4)
avoir des dimensions très faibles pour minimiser le traumatismeinfligé
àl’arbre et permettre l’es mesures sur des
tiges
de diamètrefaible,
5) comporter
surchaque
lamequatre jauges
câblées enpont complet
afind’assurer une bonne stabilité de la mesure dans toutes les conditions de
température.
Les
exigences
2 et 3 aboutissent fatalement à uneconfiguration
où1 appareil
ne repose sur le bo,is que par trois
pointes.
Uncapteur
à 8pointes rigides
soudéessur des lames déformables a été
proposé
par SEICHEPINE(1980)
pour des mesuressur échantillons rabotés. Il a montré que les
pointes
neglissent
pas sur le bois.Par
conséquent,
il estpossible
de concevoir un extensomètre reposant sur 1e bois par despointes
et fonctionna.nt correctement.Le capteur
proposé
estprésenté
sur laphoto 1 ;
ilcomporte
un corpsrigide
Aen forme
d’équerre,
unpied rigide B,
et deuxpièces
deprotection
C(figure 1) qui
serve,nt
également
à la fixation des lames déformablies surlesquelles
sont collées lesjauges
de mesure(figure 2).
Lepied
B et les lames se terminent enpointe.
La forced’appui
estassurée,
soit par un rubanélastique
fixé sur le tronc avec despunaises,
soit,
comme sur l;aphoto 1,
par une potence munie à sa base d’unepointe
d’acierqu’on
enfonce dans he bois etqu!i appuie
sur le corps ducapteur
par l’ilntermédiaire d’un ressort. Afin de ne pasgLisser,
les lames doivent être minces pour ne pas résistertrop
auxdépLacemcnts
que leurimpose
liebois,
et se terminer par unepointe rigide
mais suffisammentaiguë.
Cela va à rencontre d’une sensi!bil’!i!téimportante puisque
cette-ci augmente avecl’épaisseur
de la tame.Finalement,
on adécoupé
les lames dans une tôl,e d’acier écroui de
0,15
mmd’épaisseur.
Toutes les arêtes ont été usinées enplaçant
la tôle enitre despièces
de lai!tan. La réal’isation de cetravail délicat est due à J.R. PERRIN
(&dquo;&dquo;&dquo;) qui
doit être chaleureusement remercié ici.(
*
) Station de Recherches sur la Qualité des Bois.
Les calculs
classiques
de la résistance des matériaux montrent que, pour les dimensions choisies(1
= 20 mm) entre lapointe
fixe et les extrémités des lamesmobiles ;
L = 10 mm pour Lalongueur
libre de ces lames et b =O!15
mm pour leurépaisseur (figure
2a)
la déformation relative maximale des lames(si)
est d’environ0,045
fois celLe du bois entre lespointes ( E ) :
En
dispasa J1J t
deuxjauges
surchaque face,
câblées en pontcomplet,
onmultiplie
le
siganal
par 4.Cependant,
on ne peut coller lesjauges
à l’endroit où la déformation estmaximale,
c’est-à-dire au ras de l’encastrement de la lame dans le corps, mais seulement à 1 mm de celiui-ci. La déformation en unpoint
de la lamerectangulaire
étant
proportionnelle
à sa distance à lapointe,
on obtient finalement ungain théorique qui
vaut : K =0,045
>< 4 X0,9 = 0,162.
La déformation relative mi,nimale enre-gistrée
par tepont
de mesure étant de 10*’!’ s.d. la sensibilitéthéorique
ducapteur
sera donc d’enviro,n 6 mi,crodéformatiol1s
(1
m6crodéformation = 10-(&dquo;s.d.).
La
figure
3 montre le résultat del’étalonnage
d’une voie ducapteur
sur une poutre en bois depeuplier
de dimensions1,5
X5,5
X 100 cm, déformée en flexioncirculaire. La linéarité est
excellente,
et l’accord est tout aussi bon avec les indications fournies par d’esjauges
collées sur lapoutre.
Legain
réelK,
est de0,208,
c’est-à-dire que la sensibilité est de 1 microdéformation pour 5 au lieu de 1 pour 6 comme dans le calculthéorique.
Cettelégère
différence n’a rien d’alarmant ets’explique
engrande partie
parl’épaisseur
diesjoints
de col!le entre 1a lame et la trame de lajauge.
La
figure
3 montrequ’il n’y
a pas dephénomène
deglissement
despointes
surle bois. Mais on
peut
s’en assurer d’une autrefaçon,
en caiculant la forceappliquée
à la
pointe
d’’une lame. Celle-ci vaut :31 ab3
(b, L, l et
F ont été définisci-dessus) ;
a est lalargeur
de lalame :
E est son moduled’Young.
On voit sur lafigure
2 B que lalargeur
de la lame a été diminuée par uneprofonde encoche, précisément
pour réduire la force f. Enappl;iquant
cette formuleavec u.n module
d!Young
de 21 1010Pascal,
on trouvequ’une
déformation du boisE = 2 1O-:J s.d.
produit
une force d’environ0,050
Newton.Le tableau 1 contient les résultats d’une
manipulation
au cours delaquelle
ona
suspendu
au bout de la lame ducapteur
des masses étalon. Lecapteur indique l’équivalent
d’une déformation E =1,98
10-3 pour une masse de5,5
grammes. L’ac- cord avec la valeur calculée est donc bon. Deplus,
il se maintientlorsque
ta défor-mation augmente
puisque
lesignal
fourni pour unecharge
de 10 g est exactement le double de celui obtenu avec 5 g.Ai!nsi,
lapeti,tesse
des efforts mis enjeu,
attestée tant par le calcul que par les résultatsexpérimentaux,
est unegarantie
du bon fonctionnement ducapteur,
etde non
glissement
des lames.Note
La
figure
2représente
deux modificationspossibles
des lames du capteur.La
première
(b) consiste àadopter
une formetriangulaire.
On obtient alors unedéformation constante tout au
long
de la lame, ce qui permet de coller les jauges n’importe où sur l’axe desymétrie.
Par rapport à la formerectangulaire,
et pour des dimensionsidentiques,
la force f est plus faible, mais le gain K aussi.La seconde modification (c) consiste à usiner des lames rectangulaires dont la
partie
déformable aurait les mêmes dimensions que lesprécédentes,
mais qui seraient plusépaisses
à proximité de l’encastrement : cette
partie
plusépaisse
ne se déformerait presque pas, et lesparamètres
K et f seraient donc très peu modifiés. En revanche, on pourrait coller les jauges enplaçant
leurs connexions du côté de l’encastrement, et non plus vers l’extrémité libre de la lame ; celasupprimerait
les liaisonsélectriques
« aériennes » que l’on voitsur la photo n° 1, et qui
risquent
d’être détériorées lors du travail en forêt.Lorsque l’appareil
est fixé sur unarbre,
la relaxation des contraintes peut être obtenue soit en forant des trous à la mèche àbois,
soit en perçant avec une scie à chaîne. Il est évidentqu’un capteur extensométrique
de cetype peut
être utilisénon seulement en
forêt,
mais aussi en usine et au laboratoire pour une multituded’usages.
Reçue
pourpublication
le 7juillet
1981.Summary
A miniature two-wavs extensometric sensor
A miniature two-ways extensometric sensor has been built. It allows the measurement of strains in two perpendicular directions and its sensitivity is 5 microstrains. It is used on
timber without
gluing.
Références
bibliographiques
F
ERRAND J.Ch., 1982. Etude des contraintes de croissance. 1&dquo;’
partie :
Méthode de mesure sur carottes de sondage. Ann. S(-i. for., 39 (2), 109-142.S
EICHEPINE J.L., 1980. Mise au