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nouveaux cas
guérisons décès LE QUOTIDIEN INDÉPENDANT - Samedi 21 novembre 2020
N°9183 - Trentième année - Prix : Algérie : 30 DA. France : 1 €.
USA : 2,15 $. ISSN : 1111-0333 - http://www.elwatan.com
PHOTO : D. R.
COVID-19 ET LES DIFFICULTÉS D’APPROVISIONNEMENT
PROTOCOLE SANITAIRE DANS L’ÉDUCATION
Macron réitère son soutien à Tebboune
LIRE L’ARTICLE DE M. A. O. EN PAGE 4
ALGÉRIE-FRANCE
POURSUITE DES AFFRONTEMENTS ENTRE ADDIS-ABEBA ET LES DISSIDENTS DU TIGRÉ POURSUITE DES AFFRONTEMENTS ENTRE ADDIS-ABEBA ET LES DISSIDENTS DU TIGRÉ
Tirs de roquettes des rebelles Tirs de roquettes des rebelles
sur une région voisine sur une région voisine
■ Une enveloppe financière sera utilisée pour l’acquisition du matériel qui permettra de mieux appliquer le protocole sanitaire mis en place.
UN FONDS FINANCIER AUX UN FONDS FINANCIER AUX ÉTABLISSEMENTS SCOLAIRES ÉTABLISSEMENTS SCOLAIRES
LIRE L’ARTICLE DE AMNAY IDIR EN PAGE 13
Tension sur Tension sur le médicament le médicament
LIRE L’ARTICLE DE DJAMILA KOURTA EN PAGE 3
LIRE L’ARTICLE DE NASSIMA OULEBSIR EN PAGE 2
PHOTO : D. R.
PHOTO : B. SOUHIL PHOTO : D. R.
PHOTO : B. SOUHIL
■ Le président français, Emmanuel Macron, s’est de nouveau exprimé sur ses relations très amicales avec le président Abdelmadjid Tebboune. Dans un entretien accordé hier au magazine Jeune Afrique, Emmanuel Macron a dit tout le bien qu’il pensait de Tebboune.
CORNE DE L’AFRIQUE
L ’ A C T U A L I T É
El Watan - Samedi 21 novembre 2020 - 2
U
n fonds financier excep- tionnel est désormais alloué aux établissements scolaires, tous paliers confondus. Selon la circulaire du ministère de l’Edu- cation nationale, dont El Watan détient une copié, datée de mer- credi passé, il s’agit plutôt d’une enveloppe exceptionnelle dégagée dans le cadre de la lutte contre la propagation de la Covid-19. Cette enveloppe sera versée dans le der- nier exercice financier de 2020.Elle sera utilisée pour l’acquisition du matériel qui permettra de mieux appliquer le protocole sanitaire mis en place, dont son suivi ne fait mal- heureusement pas l’unanimité. Il est question d’acquérir, selon la cir- culaire, tout le matériel nécessaire, à savoir des thermomètres fron- taux, des gels hydroalcooliques, des masques ou des lisières, de manière à permettre au person- nel d’accomplir leurs missions dans des conditions favorables.
L’opération de dispatching de ces ressources doit être achevée dans
«les plus brefs délais», et les direc- teurs des ressources financières et matérielles «sont déjà instruits», selon le document du ministère.
L’enveloppe destinée aux écoles primaires, indique la circulaire, sera versée dans la trésorerie des collèges ou des lycées, et c’est à ses derniers que revient la charge d’acquérir le matériel essentiel en
question. Autrement dit, les écoles primaires recevront en finalité que le matériel nécessaire, dans la mesure où leur gestion revient prin- cipalement aux APC.
La distribution de ce matériel pour les écoles primaires, précise la note, se fera obligatoirement sous le contrôle et la supervision du directeur de l’éducation de la wi- laya. D’ailleurs, on apprend, selon certaines sources que plusieurs P/
APC ont été remis à l’ordre quant à la gestion et l’application du proto- cole sanitaire.
Les walis étaient informés par des rapports détaillés du manque d’hygiène ou carrément d’absence de protocole sanitaire en vigueur par les directeurs d’éducation. Il existe réellement des difficultés
de faire appliquer le protocole exigé, parfois à cause d’absence de moyens, comme l’eau et les agents de nettoyage.
Avant même que ce fonds soit décidé, plusieurs syndicats ont réclamé une aide pour faciliter l’application des mesures exigées par le protocole. Ils partagent évi- demment les même craintes que les parents d’élèves qui «voient dans ces écoles un grand risque de contamination». Si certains s’ac- crochent à l’idée de fermer toutes les écoles, d’autres souhaitent au moins que ce protocole «soit rigou- reusement appliqué». Ils appellent le mouvement associatif, dont les associations des parents d’élèves, les comités de quartiers ou autres à s’impliquer dans les campagnes de
nettoyage des écoles. Dans ce sens, des initiatives ont été d’ailleurs prises dans plusieurs communes.
Une tâches guère facile, quand on sait que 10 millions d’élèves sont aujourd’hui sur les bancs de l’école. Même au ministère de l’Education, on apprend aussi qu’il est actuellement fonctionnel qu’avec 10% de son effectif, beau- coup de cas de contamination ont été enregistrés. Le ministère de l’Education ne communique par contre pas le nombre des cas des contamination. Il «dément» toutes les informations relatant le nombre de cas en milieu scolaire. Il n’y a pas de recensement, du moins pour le moment, apprend-on d’une source proche du ministère.
Nassima Oulebsir
APRÈS L’ANNONCE D’UN FONDS SPÉCIAL COVID-19
L’Intersyndicale de l’éducation sursoit à son action de protestation
L
’Intersyndicale du secteur l’édu- cation nationale a décidé de surseoir aux actions de protesta- tion annoncées pour dénoncer la situation sanitaire «difficile» dans les écoles. L’annonce en fin de semaine dernière de l’allocation d’un fonds financier «exceptionnel» pour lutter contre la propagation de la Covid a décidé les syndicats autonomes réunis au sein de ce regroupement informel à reporter leur mouvement.«Il n’est jamais trop tard pour bien faire, pourvu que ce soit du concret et non un effet d’annonce pour absorber la colère des travailleurs.
Nous savons que cette opération (de transfert d’argent) est très lourde et nous demandons aux autorités concernées de le faire le plus rapide- ment possible. Nos décideurs avaient tout leur temps pour anticiper l’opé- ration, mais ils n’ont rien fait, car gérer c’est prévoir et cela révèle leur échec à gérer la pandémie», constate Boualem Amoura, président du Syn- dicat national des travailleurs de l`éducation et de la formation (Sa- tef). Dans son communiqué rendu
public, hier, à l’issue de sa réunion de la veille par visioconférence, l’In- tersyndicale, composée de six syndi- cats (Satef, CELA, SNTE, Cnapeste, Snapeste, Unpef) et du Conseil national autonome des directeurs de lycée (Cnadl), a appelé les autorités à «améliorer dans les brefs délais les conditions (dans les écoles) par la mise en place des matériels nécessaires pour permettre la conti- nuité de l’activité pédagogique». Les syndicats autonomes constatent que la situation «exceptionnelle» que connaît le pays a imposé un proto- cole sanitaire qui n’est pas «conve- nablement appliqué», en l’absence de moyens de protection : masques, gel hydroalcoolique, etc. Plusieurs griefs sont recensés dans la déclara- tion commune : charge pédagogique excessive, volume horaire harassant pour le personnel, manque d’acces- soires de protection et disparité régionale dans la distribution de ces derniers. «Le secteur de l’éducation supporte seul cette situation inte- nable, en l’absence de moyens et en raison de l’incapacité du ministère
de l’Education à trouver des solu- tions réalistes à des problèmes qui se poseront (les enseignants bénéfi- cieront-ils de congé exceptionnel en cas de maladie ? Qui devra les rem- placer ?)» s’interrogent les syndicats qui dénoncent l’absence de «concer- tation» autour des mesures imposées par la tutelle, «ce qui a rendu leur application difficile sur le terrain».
«DES JOURS DIFFICILES NOUS ATTENDENT»
L’Intersyndicale demande au gou- vernement de dégager en urgence une enveloppe financière sous l’inti- tulé «Lutte contre la pandémie Co- vid-19», dont une partie sera desti- née à l’acquisition rapide de moyens au profit du personnel éducatif et des élèves. Il exige la mise en place quo- tidiennement de moyens (masques) dans les établissements scolaires, l’installation d’équipes médicales au niveau des établissements, l’amé- nagement des programmes scolaires et la suppression de l’enseignement durant la journée de samedi pour les écoles astreintes à la double
vacation «pour absence de transport dans les régions enclavées». «Les travailleurs nous attendent sur le terrain. Nous devons répondre à leurs aspirations le plus tôt possible.
Trop d’injustices et de mauvaises conditions de travail pousseront les travailleurs à réagir violemment et nous devons justement anticiper nos actions pour ne pas être dépas- sés par les événements», souligne Amoura du Satef. Pour lui, l’année 2021 sera «très difficile» pour tous les travailleurs : érosion du pouvoir d’achat, pandémie qui ne disparaîtra pas de sitôt, inflation et augmenta- tion des prix de tous les produits, manque d’accès aux soins, etc. «Les syndicats doivent s’unir pour dé- fendre les travailleurs. Ce sont des jours difficiles qui nous attendent et ça dépasse tous les gouvernements.
Nous devons nous y préparer et les syndicats autonomes doivent être les
‘‘amortisseurs’’ et des partenaires crédibles pour affronter cette situa- tion dangereuse», conclut-il.
Nadir Iddir
PLUSIEURS PRÉSIDENTS D’APC ONT ÉTÉ RAPPELÉS À L’ORDRE CONCERNANT LES ÉTABLISSEMENTS SCOLAIRES
Covid-19 : un fonds fi nancier exceptionnel octroyé
●Cette enveloppe sera versée dans le dernier exercice financier de 2020 ● Elle sera utilisée pour l’acquisition du matériel qui permettra de mieux appliquer le protocole sanitaire mis en place, dont le suivi ne fait
malheureusement pas l’unanimité.
ORAN
Des plans d’urgence pour aff ronter la nouvelle vague des hospitalisations
Avec une moyenne de 80 cas de contaminations quotidiennes enregistrés durant ce mois de novembre, les autorités sanitaires de la wilaya d’Oran redoutent, dans le cas où la courbe ne fl échit pas, la saturation des lits d’hospitalisation déjà réservés aux malades atteints de la Covid.
Plus de 680 lits dont 65 pour la réanimation sont éparpillés entre l’EHU, le CHU, l’hôpital de Aïn El Türck, celui de Canastel et le nouvel hôpital de Hai Nedjma (commune de Sidi Chahmi). Jugeant la situation inquiétante et se projetant dans le futur pour parer à toute éventualité, le directeur de la santé, qui s’est exprimé mercredi lors de la session ordinaire de l’APW, tenue pour la circonstance dans la salle de conférences de la mosquée Ibn Badis, place un premier seuil critique à plus de 120 contaminations par jour. A ce moment-là, avec la saturation des 5 structures citées plus haut qui réduiraient les admissions non urgentes, l’exploitation de l’hôpital des grands brûlés de l’USTO, nouvellement réalisé, sera eff ective.
A l’instar du nouvel hôpital de Sidi Chahmi (240 lits) déjà en activité et mis à la disposition de l’EHU, l’hôpital des grands brûlés, déjà aménagé pour la circonstance devait dans le même temps être mis à la disposition du CHU, mais celui- ci a fi nalement opté pour l’ouverture, à l’intérieur de son enceinte, d’un deuxième service spécial Covid, laissant l’hôpital des grands brûlés en réserve. Se préparant au pire, d’autres solutions sont envisagées dans le cas où la courbe des contaminations continue de monter (jusqu’à plus de 180 cas par jour) entraînant même la saturation des lits laissés justement en réserve dont également ceux du nouvel hôpital de Gdyel. Il s’agit, pour ce scénario, de mettre à contribution les 26 cliniques privées en activité à Oran et même d’exploiter des lits prévus dans le Centre des conventions (CCO) qui dispose d’un immense hall d’expositions pouvant accueillir un millier de malades avec les équipements adéquats sous la responsabilité des établissements de santé de proximité. Il faudrait en parallèle mobiliser un nombre de plus en plus important de personnel médical supplémentaire, mais aussi de moyens, telles les ambulances au nombre de 57 en ce moment et qui peuvent être renforcées par 25 autres.
Le directeur de la santé a déjà tiré la sonnette d’alarme lors d’un point de presse organisé dès la mi-octobre, lorsque le nombre de contaminations est reparti à la hausse, notamment à cause du relâchement constaté au sein de la population. On parlait alors d’une quarantaine de cas quotidiens. En l’espace d’un mois, le chiff re a doublé, mais entre temps, des mesures durcissant les conditions du confi nement partiel ont été prises, tant à l’échelle nationale que locale. L’eff et combiné constaté ces derniers jours entre une intervention plus visible de la force publique et une meilleure prise de conscience de la part de la population de l’utilité d’adopter les gestes barrières pourrait bien apporter des résultats probants, comme cela été le cas lors du premier confi nement. Aujourd’hui, les masques se vendent désormais à la criée et parfois à seulement 20 DA l’unité.
Aussi, de plus en plus de gens portent cet accessoire de manière régulière et c’est encourageant. A cela s’ajoute le retour des campagnes de désinfection menées un peu partout sur le territoire de la wilaya, mais surtout les campagnes de sensibilisation.
Une sensibilisation menée à titre préventif mais qui concerne aussi le strict respect du confi nement à domicile pour les cas confi rmés ne présentant pas de formes graves de la maladie.
Djamel Benachour
«UNIFICATION» DU VOLUME HORAIRE ET AUCUNE SUPPRESSION DE MATIÈRES
Au vu de la situation pandémique, il a été décidé «d’unifi er» le volume horaire des cours dispensés et de réaménager d’autres. Dans une note du ministère de l’Education nationale, les directeurs d’éducation et les chefs d’établissement sont instruits d’appliquer le nouveau timing et emploi du temps, selon lequel le volume horaire «était unifi é» de manière à permettre à chaque élève, tout palier confondu, d’avoir une «répartition équitable» des cours, surtout que plusieurs établissements appliquent le système de double vacation. La note off re, par contre, une fl exibilité aux directeurs des établissements de «réaménager» ce timing selon la spécifi cité de son école. Le document du ministère – pas trop
«apprécié» par les syndicats et les enseignants», qui y voient «une surexploitation» et la négligence de certaines matières – ne précise pas la suppression d’une quelconque matière. Le tableau joint à la note fait référence au volume horaire obligatoire de toutes les matières avec un léger réaménagement, comme pour la musique et l’éducation sportive qui passent désormais à une séance par semaine. La note en question insiste aussi sur la nécessité de respecter le volume horaire dispensé pour chaque enseignant. Une seule particularité est soulignée : l’enseignement de la spécialité de gestion et économie au secondaire, où généralement un seul enseignant est aff ecté pour plusieurs divisions pédagogiques. N. O
L ’ A C T U A L I T É
El Watan - Samedi 21 novembre 2020 - 3
L
es ruptures de stocks et la tension d’approvisionnement en médica- ments que connaît le pays depuis plusieurs années se sont fortement accentuées depuis le début de l’épi- démie de Covid-19. Une situation des plus alarmantes, puisqu’il s’agit de médicaments essentiels et d’intérêt thérapeutique majeur. Le retard dans la mise sous traitement ou l’interruption du traitement peuvent mettre en jeu le pronostic vital des patients.Lovenox de la famille des héparines, un anticoagulant introduit dans le pro- tocole thérapeutique de la Covid-19, constitue l’une des molécules les plus recherchées ces derniers jours, suivie de la vitamine D3 également prescrite dans ce contexte épidémiologique. Le Levothyrox, indiqué dans les troubles de la thyroïde, est également la molé- cule qui connaît une forte tension pour ses différents dosages depuis quelques mois.
A ceux-là s’ajoutent de nombreux médicaments, tels que la progestérone injectable, les anti-inflammatoires, des antibiotiques, la Ventoline et certains produits indiqués pour des affections dermatologiques, qui sont introuvables au niveau des pharmacies.
A cet effet, les patients et leurs proches recourent aux réseaux sociaux pour tenter de trouver une issue, soit pour être orienté vers une pharmacie ou se faire dépanner.
Les pharmaciens affirment qu’il y a effectivement une demande impor- tante sur certains produits, notamment les antibiotiques, les anticoagulants, et autres essentiels dans le traitement des maladies chroniques. Ils signalent que les quantités de médicaments, notam- ment ces produits précis, sont très in- suffisantes dans les pharmacies, alors que la demande augmente chaque jour.
«Une tension qui risque de s’aggraver avec l’arrivée de l’hiver en plus de l’épidémie de la Covid-19», signale un pharmacien, qui explique que cette situation ouvre la voie à toutes les
dérives. Il fait référence justement au surstockage des médicaments en tension par les grossistes, les malades et les pharmaciens eux-mêmes. «Ce qui complique un peu plus la situation, d’où la vente concomitante devenue de nos jours monnaie courante. D’ail- leurs, les pharmaciens au faible chiffre d’affaires sont les plus pénalisés», a-t-il déploré.
LA LOSTE S’ALLONGE DE PLUS EN PLUS
Ainsi la liste des médicaments sous tension s’allonge de jour en jour.
Pour Abdelkrim Touahria, président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, la situation est effecti- vement préoccupante. «Les quantités sont effectivement très réduites, alors
que la demande est très importante en ce moment. En plus, le problème se pose pour les trois dosages du Love- nox, alors qu’il est prescrit pour éviter les complications de la Covid-19, en l’occurrence les thromboses vei- neuses», a-t-il indiqué tout en précisant qu’il y a deux fournisseurs pour ce médicament, un importateur et un fabricant local.
«Une rupture qui s’explique peut-être par un manque d’intrants pour le fabricant», a-t-il souligné. Le pré- sident du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens évoque, ainsi, les pratiques déloyales sur le marché du médicament qui aboutissent à des ten- sions sur certains produits. «Les gens, pris de panique, commencent alors à stocker des médicaments. C’est le
cas des patients qui appréhendent la fin du traitement et certains grossistes pour marchander avec, et tout cela au détriment du malade», a-t-il déploré.
Il a rendu hommage, au passage, aux pharmaciens et aux personnels soi- gnants qui sont en première ligne, dont plusieurs d’entre eux sont contaminés et d’autres décédés, et de recomman- der aux pharmaciens, aux laboratoires d’analyses médicales de faire preuve de la plus grande prudence et de vigilance en renforçant les protocoles sanitaires.
Du côté du ministère de l’Industrie pharmaceutique, la tension sur cer- tains produits est réelle, vu que leur consommation a nettement augmenté depuis quelques mois. Comme c’est le cas pour le Lovenox, dont la consom-
mation a été multipliée par 10, voire par 100. «Nous avons deux millions de boîtes de plus de consommation avec la Covid-19. Ce produit était indiqué pour quelques pathologies, mais depuis son introduction dans le protocole thérapeutique contre la Covid, la demande a explosé. Des avenants pour l’importation ont été signés et un fabricant local s’est engagé à fabriquer 200 000 boîtes par semaine. Ce qui pourra désormais atténuer cette tension», nous apprend- on. Notre source explique qu’une nouvelle organisation est mise en place au niveau du ministère de l’Industrie pharmaceutique pour justement mettre fin à toutes ces perturbations pour les prochains programmes, notamment pour l’importation. «Il sera question de définir, dès le départ, les volumes avec des échéanciers fixant les dates des livraisons», précise notre source qui révèle que «certains médicaments ont été importés en quantités suffisantes, mais la tension persiste. C’est le cas du Levothyrox.
Des avenants ont été signés au cours de l’année, mais il demeure sous tension. Des enquêtes ont dévoilé que ce produit est souvent surstocké et est réexporté sous forme de colis et en quantité». Notre source signale qu’une nouvelle directive est adoptée et elle est présentée aux opérateurs de la pharmacie pour justement arriver à une meilleure régulation du marché et surtout faire en sorte qu’il y ait une coordination entre importateurs, pro- ducteurs et distributeurs afin d’assu- rer une meilleure disponibilité des médicaments. D’autant que, précise notre source, de nombreuses molé- cules seront intégrées à la fabrication locale dans les prochains mois. «La liste des médicaments essentiels est en cours d’élaboration au niveau de la direction chargée de la pharma- co-économie au sein du ministère de l’Industrie pharmaceutique», précise notre source. Djamila Kourta
COVID-19 ET LES DIFFICULTÉS D’APPROVISIONNEMENT
Tension sur le médicament
●Une situation des plus alarmante puisqu’il s’agit de médicaments essentiels et d’intérêt thérapeutique majeur.
PANDÉMIE DE CORONAVIRUS
L’Algérie se prépare à acquérir le vaccin
L
’Algérie, confrontée à une recrudescence in- quiétante des contaminations au coronavirus, va se procurer le vaccin anti-Covid-19 «indépen- damment de son prix», a fait savoir, avant-hier, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid.Ce dernier s’exprimait en marge d’une rencontre à l’occasion de la célébration de la Journée natio- nale de lutte contre la résistance aux antimicro- biens. L’Algérie, l’un des pays d’Afrique les plus touchés par la pandémie, «n’importera aucun vaccin dont l’innocuité et l’efficacité ne sont pas assurées dans le pays producteur, conformément aux instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune», a ajouté le ministre de la Santé, cité par l’APS. A ce titre, il a révélé avoir reçu les ambassadeurs et les responsables de laboratoires des pays producteurs du vaccin contre la Covid-19 afin d’étudier les modalités d’importation de ce vaccin, qui sera soumis aux recommandations du comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus
«indépendamment de son prix», car, a-t-il dit,
«protéger la santé des citoyens n’a pas de prix».
La société de biotechnologie américaine Moder- na a annoncé, lundi dernier dans un communiqué, que son vaccin contre la Covid-19 était efficace à 94,5% pour réduire le risque de contracter la
maladie, dépassant de peu l’efficacité de 90% an- noncée la semaine dernière par l’alliance Pfizer/
BioNTech. Ces annonces suscitent de nombreux espoirs dans le monde.
Intervenant sur les ondes de la Radio nationale, Fawzi Derrar, directeur général de l’Institut Pas- teur d’Algérie (IPA), a souligné que l’Algérie avait engagé des négociations avec les labora- toires américains Pfizer et Moderna, dont les re- cherches sont, selon lui, «en stade avancé et avec des résultats préliminaires encourageants». Il a expliqué que «d’autres étapes devront suivre»,
aussi bien au niveau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) que de la FDA, une agence américaine de certification, avant d’avoir «une idée précise sur l’efficacité et l’immunité induite par la vaccination générale». «L’important pour nous, c’est d’avoir les premiers vaccins» pour l’ensemble de la population, en priorisant les personnes à risque, à savoir les blouses blanches, les personnes âgées ainsi que les malades chro- niques, a-t-il estimé, rappelant «l’engagement»
du gouvernement à acquérir ce produit «au moindre coût» grâce au système Covax englobant
plus de 170 pays. A propos du délai de disponi- bilité, le directeur général de l’IPA a indiqué, se référant aux prévisions de l’OMS, que les pre- mières doses du vaccin en question «pourraient être disponibles au milieu de l’année prochaine».
Depuis début novembre, l’Algérie est confrontée à une forte reprise de la circulation du virus, alors que les hôpitaux ne sont plus en mesure de prendre en charge tous les patients. Le pays bat presque chaque jour le record de contaminations quotidiennes (1038 le 18 novembre). Près de 71 000 cas d’infection ont été recensés dans le pays depuis l’enregistrement du premier cas le 25 février, dont plus de 2200 décès, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. Le gouvernement a adopté, dimanche 15 novembre, de nouvelles res- trictions pour contenir la propagation rapide de la Covid-19. Les autorités ont annoncé la fermeture des salles de sport, des espaces de loisirs et des plages. Le couvre-feu, qui était imposé de 20h à 5h sur une partie du territoire, a été étendu à 32 wilayas sur 48. Certains commerces cessent toute activité à partir de 15h, notamment les vendeurs d’électroménager et les salons de coiffure, précise un communiqué. Cafés et restaurants sont désor- mais tenus de limiter leurs activités à la vente à emporter et sont aussi soumis à l’obligation de
fermer à 15h. H. L.
Le Lovenox constitue l’une des molécules les plus recherchées ces derniers jours
LE GOUVERNEMENT IMPORTERA DES
«CENTAINES DE MILLIERS DE TESTS PCR»
Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Lotfi Benbahmed, a annoncé, avant-hier, que le gouvernement importera prochainement «des centaines de milliers de tests PCR», alors que le pays est confronté à une pénurie de réactifs nécessaires pour diagnostiquer les cas de Covid-19. «Les kits PCR et les réactifs sont disponibles au niveau de l’Institut Pasteur d’Algérie, mais depuis quelques semaines, les laboratoires privés sont partie prenante dans l’opération de dépistage de la Covid-19», a argué M. Benbahmed dans une déclaration à TSA, ajoutant que «les stocks disponibles ont été rapidement épuisés à cause de la forte demande». Des centaines de demandes d’importation des kits PCR ont été déposées au niveau du ministère de l’Industrie pharmaceutique, a-t-il précisé, assurant qu’elles seront
«toutes réglées et traitées». Outre les kits PCR, l’Algérie importera des tests antigènes, «un nouvel instrument de dépistage», a noté le ministre de l’Industrie pharmaceutique. H. L.
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El Watan - Samedi 21 novembre 2020 - 4
L
e président français, Emmanuel Macron, s’est à nouveau expri- mé sur ses relations très ami- cales avec le président Abdelmadjid Tebboune. Dans un entretien accordé hier au magazine Jeune Afrique, et largement repris par l’AFP, Emma- nuel Macron a dit tout le bien qu’il pensait de Abdelmadjid Tebboune.«Je vous le dis franchement : je ferai tout ce qui est possible pour aider le président Tebboune dans cette période de transition. Il est coura- geux», a répondu le président français à une question sur l’Algérie, tel que rapporté par l’AFP. M. Macron ne s’est pas limité à cela. Il a estimé que les changements profonds en Algérie, comme dans tout autre pays, néces- sitent du temps. «On ne change pas un pays, des institutions et des struc- tures de pouvoir en quelques mois», a-t-il poursuivi.
Toujours diplomatique et prudent, le président français a relevé dans ce contexte l’impérieuse nécessité de faire réussir la transition engagée par le président Tebboune. «Il y a eu un mouvement révolutionnaire, qui est toujours là, sous une forme différente. Il y a aussi une volonté de stabilité, en particulier dans la partie la plus rurale de l’Algérie. Il faut tout faire pour que cette transition réussisse. Mais il y a un facteur temps important», a souligné M. Macron, qui aimerait voir évoluer certaines choses sans fournir plus de détails.
Le président français a assuré avoir à chaque fois eu «un dialogue de vérité» avec le président Tebboune, tout en précisant qu’il n’a jamais été
«dans l’invective ni dans la posture du donneur de leçon».
«PAS D’AVENIR RADIEUX EN AFRIQUE SANS L’ALGÉRIE»
M. Macron a affirmé ne pas ima- giner d’avenir radieux à l’Afrique sans l’Algérie. Pour lui, le succès du continent dépend de la réussir de l’Algérie. «L’Algérie est un grand pays. L’Afrique ne peut pas réussir sans que l’Algérie réussisse», a-t-il soutenu.
Sur le dossier de la mémoire, le président français a souligné que «la France a fait énormément de gestes», mais, selon lui, le plus important est de faire un travail d’histoire pour réconcilier les mémoires. M. Macron refuse ainsi de rester enfermé dans la logique du déni ou celle des excuses.
«Au fond, nous nous sommes enfer- més dans une espèce de balancier entre deux postures : l’excuse et la repentance d’une part, le déni et la fierté de l’autre. Moi, j’ai envie d’être dans la vérité et la réconciliation, et le président Tebboune a exprimé sa volonté de faire de même», a-t-il précisé, indiquant au passage qu’il
recevra en décembre un rapport sur ce dossier de la part de l’historien Benjamin Stora. En été dernier, faut- il le préciser, les deux Présidents avaient nommé, chacun de son côté, deux personnalités pour effectuer ce travail de mémoire. Benjamin Stora par Emmanuel Macron et Abdelma- djid Chikhi par le président Tebboune.
Le président Tebboune avait affirmé être en parfait accord avec le président français sur le sujet de la mémoire.
Dans une interview accordée au quo- tidien français l’Opinion en juil- let, Abdelmadjid Tebboune, toujours hospitalisé en Allemagne à cause de son infection au coronavirus, avait
relevé l’impératif d’affronter «ces événements douloureux pour repartir sur des relations profitables aux deux pays, notamment au niveau écono- mique». Le président Tebboune, selon lequel Emmanuel Macron «connaît bien les événements qui ont mar- qué notre histoire commune», avait soutenu que «les Algériens tiennent beaucoup plus à la reconnaissance de l’Etat français de ses actes qu’à une compensation matérielle».Sur la situation au Mali, Emmanuel Macron a appelé au respect de la feuille de route claire que sont les accords d’Al- ger conclus en 2015 entre le pouvoir central malien, les groupes armés pro- Bamako et l’ex-rébellion à dominante touareg du nord du Mali. «Ceux-ci prévoient un dialogue avec différents groupes politiques et autonomistes.
Mais cela ne veut pas dire qu’il faut dialoguer avec des groupes terro- ristes, qui continuent à tuer des civils et des soldats, y compris nos soldats», a-t-il ajouté dans cet entretien repris par l’AFP. Sur un autre volet, Emma- nuel Macron a accusé la Russie et la Turquie d’être derrière une campagne
«alimentant un sentiment antifrançais en Afrique en jouant sur le ressenti- ment post-colonial». «Il y a une stra- tégie à l’œuvre, menée parfois par des dirigeants africains, mais surtout par des puissances étrangères, comme la Russie ou la Turquie, qui jouent sur le ressentiment post-colonial», a-t-il
affirmé. M. A. O.
LE PRÉSIDENT FRANÇAIS EMMANUEL MACRON À JEUNE AFRIQUE
«Je ferai tout mon possible pour aider le président Tebboune»
●Le président français, Emmanuel Macron, a affirmé hier au magazine Jeune Afrique qu’il ne ménagerait aucun effort pour venir en aide au président Abdelmadjid Tebboune, qui mène «courageusement» une période de transition. Pour lui, il faut que cette transition réussisse.
AFFAIRE KHALED DRARENI
Amnesty lance une mobilisation internationale
L
’ONG Amnesty International lance une nou- velle campagne pour la libération du jour- naliste Khaled Drareni, condamné à deux ans de prison et incarcéré depuis le mois de mars dernier. La cause de notre confrère fait ainsi partie des 10 cas du marathon des lettres Ecrire pour les droits, lancé depuis hier et qui se pour- suivra jusqu’au 31 décembre prochain. «Des centaines de milliers de personnes dans plus 170 pays et territoires se mobiliseront pour la libération du journaliste Khaled Drareni dans le cadre du marathon des lettres Ecrire pour les droits, la plus grande campagne mondiale en faveur des droits humains organisée par Amnesty International du 20 novembre au 31 décembre», indique l’organisation dans un communiqué rendu public jeudi dernier. A la faveur de cette mobilisation internationale, les membres et sympathisants d’Amnesty Interna- tional en Algérie et dans le monde «vont signer des pétitions en faveur de Khaled Drareni et d’autres défenseurs des droits humains empri- sonnés au Burundi, au Chili, en Colombie, à Malte, au Myanmar, au Pakistan, en Arabie Saoudite, en Afrique du Sud et en Turquie». «Ils vont également leur envoyer des messages de solidarité : des lettres, des courriels, des tweets et des cartes postales…», précise l’ONG dans son communiqué.Depuis 2011, les membres et sympathisants d’AI en Algérie participent activement à
cette campagne de solidarité internationale.
«L’année 2020, marquée par la crise sanitaire mondiale, rappelle la nécessité de se mobiliser pour promouvoir et défendre les droits humains partout dans le monde. Le journaliste Khaled Drareni est un des 10 cas du marathon des lettres Ecrire pour les droits de 2020. Cette action internationale permet de faire pression sur les autorités et constitue une énorme source de soutien psychologique et d’encouragement pour ces personnes et leurs familles», rappelle Hassina Oussedik, directrice d’Amnesty Inter- national Algérie, citée dans ce communiqué.
Dans le cadre de ce marathon, six millions et demi d’actions ont été menées, en 2019. Selon l’ONG, ce genre d’actions donne des résultats.
«Certaines personnes pensent qu’une simple lettre ou une signature ne servent à rien mais lorsque des centaines de milliers ou des mil- lions de personnes à travers le monde signent une pétition ou envoient des messages de solidarité à des personnes enfermées dans de petites cellules, vous ne pouvez pas imaginer l’impact considérable de votre geste. N’hésitez pas à signer et à faire signer les pétitions, à en- voyer des lettres, cartes et dessins de solidarité car grâce à ces actions simples, des personnes injustement emprisonnées ont été libérées, des détenus sont traités plus humainement», précise Amnesty International.
Madjid Makedhi
DÉTENUS D’OPINION
Relaxe pour certains et mandats de dépôt pour d’autres L
a chronique judiciaire continue d’être animéepar les affaires des détenus d’opinion. Ayant commencé quatre mois après le début du hirak du 22 février 2019, qualifié officiellement de
«béni», cette question évolue en dents de scie dans les couloirs de la justice : libération et relaxe par-ci, et nouvelles arrestations et détention pro- visoire par-là. La justice donne l’impression de souffler le chaud et le froid. Jeudi dernier, on a assisté à des décisions diamétralement opposées.
A Alger, le tribunal de Sidi M’hamed a prononcé la relaxe en faveur de 16 détenus d’opinion, en majorité des militants du RCD. Placé en déten- tion provisoire depuis le 13 septembre 2019 par le même tribunal, avant d’être remis en liberté provisoire le 2 janvier 2020, les concernés sont enfin exempts de toutes poursuites. Il s’agit de Samy Abbas, Bachir Arhab, Kheireddine Medja- ni, Réda Ameuroud, Réda Bouarissa, Mohamed Smallah, Rachid Sadaoui, Menad Ticemlal, M’nouar Ouazene, Boualem Ouahabi, Ahcene Hamza, Mohamed Daadi, Sadek Louail, Nabil Boulkamh, Rachid Hiret et Bilal Ziane. Ces der- niers auront ainsi passé près de cinq mois en pri- son et neuf autres à attendre un procès pour rien.
Leur affaire remet ainsi au-devant de la scène la question de «l’abus de la détention provisoire», longtemps dénoncé par les avocats et les mili- tants des droits de l’homme. Cette critique est toujours d’actualité, d’autant que des centaines de personnes, dont le seul tort est d’avoir parti- cipé à des marches du hirak ou d’avoir exprimé
une opinion sur les réseaux sociaux, ont été soit condamnées, soit elles attendent, tout en étant privées de leur liberté, un procès qui tarde à être programmé.
Outre le tribunal de Sidi M’hamed d’Alger, à Relizane la justice a, enfin, traité les dossiers de Abdallah Benaoum et de Khaldi Ali. Le premier a été condamné à 1 an de prison ferme, assorti de 100 000 DA d’amende, et le second a bénéficié de la relaxe.
Même scénario à Boumerdès, où des détenus ont été relaxés et d’autres condamnés à la prison avec sursis. Parallèlement à ces procès, des activistes du hirak continuent de mener des actions, tout en étant en détention, pour contes- ter le traitement dont ils font l’objet. C’est le cas du lanceur d’alertes, Noureddine Tounsi, détenu depuis le 23 septembre 2020, qui est entré, depuis cinq jours, selon le Comité pour la libération des détenus (CNLD), en grève de la faim à la prison d’Oran. Son action rappelle celle que mène, depuis quelques jours aussi, le détenu Mohamed Bab Nedjar, condamné à perpétuité, et qui réclame un nouveau procès.
Outre la programmation des procès, d’autres affaires surgissent encore. Pour des publications sur les réseaux sociaux, des dizaines de jeunes sont convoqués par les brigades de la cybercrimi- nalité, et certains d’entre eux, à l’image de Nabil Hessini de Biskra, sont placés automatiquement en détention provisoire.
M. M.
Emmanuel Macron a dit, dans un entretien au magazine Jeune Afrique, tout le bien qu’il pense de Abdelmadjid Tebboune
PHOTO : DR
L ’ A C T U A L I T É
El Watan - Samedi 21 novembre 2020 - 5
EXAMEN DE PROJETS DE DÉCRETS EXÉCUTIFS LORS DE LA RÉUNION DU GOUVERNEMENT
Allégement des procédures administratives et Covid-19 au menu
U
ne réunion du gouvernement sous la hou- lette du Premier ministre, tenue par visio- conférence mercredi dernier, a concerné, notamment, la crise sanitaire liée à la propaga- tion du coronavirus à travers la densification des opérations de contrôle sanitaire dans les écoles, l’organisation de l’Agence nationale des pro- duits pharmaceutiques, mais aussi l’allégement des procédures administratives ainsi que la mise en place d’une stratégie contre les inondations à l’orée de la saison hivernale.Le communiqué des services du Premier mi- nistre, Abdelaziz Djerad, indique, qu’en subs- tance, un projet de décret présidentiel et quatre autres de décrets exécutifs intéressant les sec- teurs de la justice, des finances, de l’industrie pharmaceutique et de la micro-entreprise ont été examinés.
Pour simplifier les procédures administratives et lutter efficacement contre la bureaucratie, il ne sera plus nécessaire de présenter un certificat de nationalité et un casier judiciaire dans les dos- siers administratifs.
Un projet de décret exécutif est en préparation, par le ministre de la Justice et garde des Sceaux, fixant les conditions d’exemption de l’exigence de présentation du certificat de nationalité et du casier judiciaire dans les dossiers administratifs.
«Ce texte s’inscrit dans le cadre des actions engagées par les pouvoirs publics en matière de lutte contre la bureaucratie, et ce, à travers la simplification et la facilitation des procédures administratives en s’appuyant sur la numérisa- tion et l’utilisation des TIC. Dans ce cadre, ce projet de texte prévoit l’exemption des citoyens de la présentation du certificat de nationalité et du casier judiciaire dans les dossiers déposés auprès de toutes les administrations publiques.
Ainsi, cette mesure de facilitation est rendue possible grâce à l’établissement de l’intercon- nexion des différentes administrations publiques avec les bases de données du secteur de la
Justice», peut-on lire dans le communiqué du Premier ministre. Pour prévenir les catastrophes qui surviennent chaque année dans les villes al- gériennes lors de la saison des pluies, le ministre des Ressources en eau a évoqué, lors de cette réunion, l’actualisation de la stratégie nationale de lutte contre les inondations. «L’actualisation de cette stratégie nationale permettra, tranche le communiqué, de définir le cadre approprié de coordination entre les différents acteurs sur les plans préventif et opérationnel et de renforcer, par conséquent, la capacité de résilience de nos villes en cas de survenance de cet aléa.»
COVID-19 : DENSIFICATION DES OPÉRATIONS DE CONTRÔLE DANS LES ÉCOLES
En ce qui concerne la gestion liée à la crise sani- taire que vit le pays actuellement, suite à l’explo- sion du nombre des cas journaliers de contami- nation au coronavirus, le gouvernement réfléchit à une densification des opérations de contrôle dans les établissements scolaires. A cet effet, une
passation de marchés de gré à gré simple avec des entreprises publiques portant, notamment, sur l’acquisition d’ambulances médicalisées et de bus de transport scolaire au profit des collec- tivités locales a été établie.
Aussi, il a instruit le ministre de l’Education nationale et celui de la Santé afin de veiller à densifier les opérations de contrôle du respect du protocole sanitaire mis en place au niveau des établissements scolaires publics et privés, dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus, ainsi que la nécessité d’organiser, en permanence, des visites d’équipes de santé
scolaire pour s’assurer de la santé des élèves, des enseignants et du personnel des écoles, des collèges et des lycées.
Les membres du gouvernement ont étudié, par ailleurs, le fonctionnement de l’Agence natio- nale des produits pharmaceutiques (ANPP), nouvellement créée pour réguler le marché pharmaceutique. Le gouvernement a réamé- nagé le cadre législatif de ladite agence. «Le gouvernement, peut-on lire dans le communi- qué en question, a entendu un exposé présenté par le ministre de l’Industrie pharmaceutique relatif au projet de décret exécutif modifiant et complétant le décret exécutif n°19-190 du 9 juillet 2019 fixant les missions, l’organisation et le fonctionnement de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques. Ce projet vise à mettre en adéquation les dispositions du décret exécutif avec les dispositions de la loi n°18-11 du 2 juillet 2018 relative à la santé, modifiée et complétée, notamment à la suite du transfert de l’autorité de tutelle de l’Agence vers le minis- tère de l’Industrie pharmaceutique. Ce texte vient également renforcer les missions de cette Agence, particulièrement en matière d’études cliniques, de recherches et de formation quali- fiante.» Par ailleurs, le Premier ministre a donné des instructions pour assurer une forte mobilisa- tion autour de l’opération engagée dans le cadre du reboisement, au regard de son importance, tout en impliquant la société civile dans cette
action citoyenne. Amel B.
L
e doyen des partis de l’opposition, le Front des forces socialistes (FFS), va-t-il enfin se consacrer à son programme politique ? Un ouf a été poussé par la nouvelle direction du parti après avoir gagné la bataille juridique pour la récupération de son siège national situé au boulevard Souidani Boudjemaa, à El Moura- dia. Mais l’autre clan ne compte pas déserter le terrain !Faut-il rappeler que la nouvelle direction issue du congrès extraordinaire de juillet dernier a déposé plainte contre l’autre camp, celui conduit par Belkacem Benameur, qui se pré- valait, lui aussi, du statut de premier secrétaire national du plus vieux parti de l’opposition et qui détenait le siège national du parti, à l’effet d’évacuer les locaux.
Le tribunal de Sidi M’hamed a délibéré, en cette fin de semaine, en faveur de la nouvelle direction. Une décision qui n’a pas toutefois été du goût de Benameur, qui refuse de lâcher prise. «Le FFS a récupéré son siège national, qui était occupé illégalement depuis plusieurs mois», confirme le premier secrétaire natio- nale du FFS, Youcef Aouchiche, qui estime que
«cette récupération s’est faite sans violence et par l’application d’une décision de justice, engagée face au refus des occupants de libérer
le siège malgré toutes les médiations menées par la direction nationale du parti, soucieuse de privilégier les voies du dialogue», rappelle le premier secrétaire, soulagé que le droit, la légalité et la légitimité ont finalement prévalu.
Aouchiche s’est réjoui donc que le siège du parti redevient la maison commune de tous les militants, sans aucune exclusion. «Ce siège sera, comme il l’a toujours été, l’‘‘île démo- cratique’’ de toutes les Algériennes et tous les Algériens qui se battent pour les droits, la démocratie, la liberté et la justice sociale dans notre pays», promet Aouchiche.
De son côté, Benameur, ex-député et maire de Narciria, dans la wilaya de Boumerdès, estime que le pouvoir «veut faire payer au FFS» sa «souveraineté» et son «autonomie dans la prise de décision, de sa loyauté envers un peuple et des générations d’Algériens qui ont souffert de l’hégémonie politique et de la domination de la société dans toutes ses tranches».
Pour cet ancien premier secrétaire, la crise qui secoue le FFS est toujours là. Chose que nie Aouchiche, précisant que l’heure est à l’unifi- cation des rangs du parti et à la mise sur pied du programme politique !
Nabila Amir
● Voulant prévenir les catastrophes qui surviennent chaque année dans les villes algériennes lors de la saison des pluies, le ministre des Ressources en eau a évoqué, lors de la réunion du gouvernement, l’actualisation de la stratégie nationale de lutte contre les inondations.
Les opérations de contrôle dans les écoles seront multipliées
PHOTO : B. SOUHIL
RÉCUPÉRATION DU SIÈGE NATIONAL PAR LA NOUVELLE DIRECTION DU FFS
Le parti va-t-il enfi n se consacrer
à son programme politique ?
L
e ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Hamid Hemdani, a soutenu jeudi que la raison des quantités importantes de blé tendre importé n’est pas le fait du mode de consommation nationale comme souvent expliqué.«Cette situation n’est pas due au mode de consommation nationale de ce produit, mais plutôt au nombre élevé des minoteries qui dépasse ac- tuellement les 400 unités», soutient le ministre lors de son passage sur les ondes de la Chaîne II. Le même responsable souligne que le l’Algé- rie n’importe plus de semences céréalières, mais le problème reste le blé tendre qu’elle continue à impor- ter en quantités importantes pour la production de la farine, alors que la production locale de blé dur assure
80% des besoins nationaux. Hemda- ni assure qu’un dossier portant mise en place d’un dispositif de contrôle et de suivi de l’usage de la farine est en examen au niveau du ministère de l’Agriculture en collaboration avec celui du Commerce.
C’est d’ailleurs la raison qui a jus- tifié le report de l’entrée en vigueur des deux décrets exécutifs fixant les prix à la production et aux différents stades de distribution des farines et du pain ainsi que des semoules de blé. «Il s’agit du décret portant fixa- tion des prix aux différents stades de la distribution des farines et du pain et du décret fixant les prix à la production et aux différents stades de a distribution des semoules de blé dur», indique-t-on. Pour rap- pel, cette décision a été prise par
«souci de garantir l’aboutissement du programme tracé par les autorités publiques, relatif à l’encadrement des opérations de production et de distribution des farines et de la semoule subventionnée», comme indiqué dans un communiqué du mi- nistère du Commerce. Notons que le total des importations algériennes de blé pour expédition de la campagne de commercialisation 2020/2021 a atteint 3,2 millions de tonnes.
Des estimations du département de l’Agriculture américain (USDA) s’attendent à environ 6,8 millions de tonnes de blé devant être im- portées par l’Algérie au cours de la campagne de commercialisation 2020/21. Le ministre de l’Agri- culture a par ailleurs abordé les contours de la nouvelle politique du
secteur dont il a la charge.
Il souligne que la stratégie repose sur «une feuille de route s’articu- lant principalement sur la sécurité alimentaire, le développement des filières stratégiques à l’exemple du blé tendre et les huiles qui consti- tuent l’essentiel des importations en produits alimentaires, et enfin l’en- couragement de l’investissement».
Afin de réduire la facture d’importa- tion des huiles, le ministre a évoqué l’exemple de la culture du colza sur plus de 3000 hectares durant l’année en cours.
«Il ne s’agit pas d’une opération pilote, mais d’un programme lancé depuis juillet dernier qui touchera 16 wilayas du pays». Au sujet de la lancinante question du foncier agricole, Hemdani a noté que le
recensement du foncier à travers le territoire national se fait avec la collaboration de l’Agence spatiale algérienne (ASAL) qui a les outils géospatiaux afin d’identifier les parcelles agricoles potentiellement fertiles et celles qui sont proches des ressources hydriques.
En outre, la question de l’encourage- ment de l’investissement dans le sec- teur agricole est un défi qui néces- site, selon le même responsable, une
«débureaucratisassions de l’acte économique». L’exemple de l’Office de développement de l’agriculture saharienne, dit-il, facilitera, à titre d’exemple, le parcours des inves- tisseurs dans cette région du pays en leur évitant à travers un guichet unique les lourdeurs administratives.
N. B.
El Watan - Samedi 21 novembre 2020 - 6
É C O N O M I E
L’IMPORTATION DE BLÉ TENDRE EN QUANTITÉS N’EST PAS DUE AU MODE DE CONSOMMATION
Hemdani : «La faute au nombre élevé de minoteries»
● «L’Algérie n’importe plus de semences céréalières, mais le problème reste le blé tendre qu’elle continue à importer en quantités importantes pour la production de la farine, alors que la production locale de blé dur assure 80% des besoins nationaux.»
Cela fait 11 mois que le gouvernement est en place, mais concrètement il n’y a rien qui a été fait. On tourne en rond. Pourquoi cela ne démarre pas ?
On tourne en rond depuis plusieurs décen- nies, rien de nouveau. C’est juste que cette fois-ci, c’est plus perceptible. Plus précisément, dans le domaine économique, tant que vous avez la même politique au niveau budgétaire (déficits récurrents hors normes) et monétaire (planche à billets), vous ne pouvez pas avoir d’investisseurs. L’investissement a besoin de visibilité (inflation contenue, une monnaie stable, etc.). L’une des clés est dans la politique conjoncturelle (budgétaire et monétaire). Quand vous donnez une stabilité à votre monnaie, les investisseurs auront intérêt à faire du business/
investissement, et les ménages à épargner (ce qui est bon pour le financement de l’économie, la balance commerciale), etc.
Qu’est-ce qui fait qu’on n’arrive pas à mettre en place les mêmes ingrédients, qu’on n’arrive toujours pas à éradiquer le marché noir du change ?
Concernant le marché parallèle, il y a plu- sieurs volets :
- Les gens ont des besoins : financer leurs études à l’étranger, faire du tourisme, acheter des médicaments introuvables en Algérie, etc.
Si la Banque d’Algérie répond à cette partie de la demande, les gens n’iront plus au square Port Saïd, voire moins.
- Est-ce que les réserves de change peuvent répondre à la demande qui va au Square ? A mon avis, «la production industrielle» de dinars est le moteur du marché parallèle. Le cercle vertueux serait une maîtrise des dépenses publiques et donc du déficit budgétaire. Le financement du déficit budgétaire doit se faire via le marché de la dette et non pas via la Banque d’Algérie(planche à billets). Toute augmentation de dinars entraîne une augmentation de la demande de devises. En parallèle, la Banque d’Algérie, à l’image des grandes Banques centrales de la planète, devra (via les taux directeurs et/ou via les opérations Open Market) gérer la quantité de DZD sur le marché. Toute pression sur les réserves de
change devrait entraîner un retrait de dinars du marché monétaire (augmentation des taux, vente de titres du Trésor détenus) et inversement.
- Quand vous arriverez à atteindre cet équi- libre, le marché parallèle aura de moins en moins de demande et, ainsi, l’écart entre les deux taux de change tendra à disparaître. Progressive- ment, les non-résidents n’auront plus intérêt à aller au Square pour vendre leurs devises, ils le feront par le canal officiel : impact positif sur la balance des paiements. Règle de base : plus vous imprimez des DZD, plus vous alimentez la demande de devises et donc le marché parallèle.
Le gouvernement mise pourtant beaucoup sur le financement monétaire du déficit budgé- taire qui est important.
Il n’a pas le choix :
1)- les Banques n’ont pas de cash ; 2)- les particuliers ne veulent pas acheter les bons du Trésor (à raison, vu le niveau d’inflation actuel et à venir). Que reste-t-il ? La planche à billets ou l’emprunt international ?
Pouvez-vous être plus explicite ? Quand un gouvernement a un déficit, il émet de la dette (bons, obligations). Cette dette est achetée par des souscripteurs (banques, com- pagnies d’assurance, fonds de pension, particu- liers). Ainsi, le déficit est financé par de l’argent existant, qui a été épargné : point positif pour la stabilité de prix. Dans le cas de l’Algérie, les
banques souffrent, elles n’ont pas de liquidités.
Le cash hors circuit bancaire dépasse les 32%
de la masse monétaire (c’est énorme). Il reste les particuliers, mais ces derniers ne semblent pas disposés à investir dans les titres du Trésor public. Dans ce cas, il ne reste que deux possi- bilités :
- emprunter à l’étranger ;
- la Banque centrale imprime des billets (planche à billets) et souscrit elle-même à la dette de l’Etat. C’est ce qui a été fait à partir de 2017, la Banque d’Algérie détient actuelle- ment 6500 milliards DZD de dettes du Trésor.
Problème : vous avez beaucoup de DZD en circulation, c’est ce qui crée de l’inflation, un écart entre le taux de change officiel et parallèle, etc. Dans le PLF 2021, vous avez un déficit de 3600 milliards de dinars (solde global du Tré- sor). Concernant le financement, si vous mettez de côté le dividende de la Banque d’Algérie, les deux autres sources de financement citées : 1)- financement via les fonds propres de la Banque d’Algérie & 2)- financement via le rées- compte des crédits bancaires correspondent à la
«planche à billets» (argent créé pour l’occasion).
D’ailleurs, tout le financement se fera via de l’argent de la Banque d’Algérie, même le divi- dende qui devrait être de 1500 milliards DZD.
Selon le raisonnement que vous développez, on finira tôt ou tard, même plus tôt que prévu, de frapper à la porte du FMI, même si le gou- vernement a exclu cette voie ?
A fin septembre 2020 (voir situation men- suelle de la Banque d’Algérie), il restait environ 50 milliards de dollars (réserves de change).
Tôt ou tard, ce montant sera épuisé (2 à 3 ans au mieux). A ce moment-là, comment faire ? Il faudra forcément faire appel à l’emprunt inter- national. Contrairement aux DZD, on ne peut pas imprimer des euros, des dollars, etc.
Et si les prix du pétrole reprenaient en 2021 à la faveur de la reprise de l’économie mon- diale...
Reprise économique mondiale ? Cela va être compliqué pour les pays développés. La Covid-19 va laisser des traces : endettement public, chômage, faillites, etc. Les gouverne- ments outre-mer sont très inquiets, à juste titre.
D’après les prévisions, ils ne devraient retrouver le niveau de production d’avant-Covid-19 que dans 2 à 3 ans, au mieux! Pour les années à venir, l’Algérie va devoir raisonner en termes de production, création de richesse économique, capital humain, etc, au lieu de prix du pétrole, réserves de change, etc.
Comment créer de la richesse alors que l’investissement est presque au point zéro ?
La question est plutôt : pourquoi il n’y a pas d’investissement ? A titre d’illustration, si on regarde les Investissements directs étrangers (IDE nets sur la période 2000-2019) pour les 3 pays d’Afrique du Nord (Algérie, Maroc et Tuni- sie), les résultats sont édifiants : en moyenne 3%
du PIB par an pour le Maroc et la Tunisie, 1%
pour le cas de l’Algérie. Si on enlève les investis- sements dans les hydrocarbures, il est probable qu’il ne reste pas grand-chose!!
La croissance est annoncée à 4% pour 2021 dans le contexte de crise que connaît le pays (déficit budgétaire abyssal). Comment cela est- il possible ?
Malheureusement, la croissance de l’écono- mie algérienne est étroitement liée au prix du pétrole. Même si le PIB du secteur des hydrocar- bures représente moins de 20% du total, il a un impact considérable sur le reste de l’économie (recettes en devises, recettes budgétaires). A titre d’illustration, sur les deux dernières décennies (années favorables), la croissance annuelle moyenne du PIB a été de 3,5%, comparative- ment à 2,3% sur les deux décennies précédentes (1980-2000). En effet, lorsque le prix du pétrole est favorable, l’Etat dispose de plus de res- sources budgétaires (commande publique), les entreprises peuvent plus facilement importer leurs consommations intermédiaires (inputs) et le secteur bancaire dispose de plus de liquidités (dépôts du secteur des hydrocarbures). Dans le contexte actuel, les 3 paramètres (ressources budgétaires de l’Etat, liquidités bancaires et la disponibilité des devises) sont en souffrance.
On peut donc estimer que 4% est une hypothèse de travail optimiste. Depuis 2006, le taux de croissance du PIB n’a jamais atteint 4% (3,8%
en 2014), depuis 2017, on est plus autour de 1%.
S. R.
KAMEL BENKHABECHECHE. Economiste, conseil en investissements sur les marchés financiers
«Le fi nancement du défi cit budgétaire doit se faire via le marché de la dette»
Propos recueillis par Saïd Rabia
Kamel Benkhabecheche
PHOTO : DR