La France a perdu plus d’un millier d’usines depuis trois ans.
Les fermetures de site ont augmenté de 42 % en 2012. Le 29 janvier, les salariés de Goodyear, Sanofi, Virgin, PSA,
Candia, Air France, Samsonite, Crédit agricole... ont manifesté pour sauver leurs emplois.
A
près les 11 200 postes de PSA, les 7 500 de Renault, Goodyear promet, sous forme de chantage, la fermeture de son site d’Amiens (1 173 emplois directs). Bien sombres sont les perspectives. Selon l’IN- SEE, le taux de chômage pourrait atteindre 10,9 % en juin 2013, l’un des niveaux les plus élevés jamais atteints dans notre pays depuis 1975. Comment inverser le cours de ce cataclysme ?La meilleure politique de l’emploi reste l’ac- tivité. Or, la France et l’Europe s’enfoncent dans la récession. L’INSEE prévoit une crois- sance de 0,1 % pour le premier semestre 2013 ; bien que revue à la baisse à 0,8 % sur l’année, la prévision du gouvernement sera donc difficile à atteindre. Selon l’OFCE, avec une croissance en dessous de 1,5 %, l’em- ploi diminue. Un point au-delà ou en deçà augmente ou diminue de 250 000 le nombre d’emplois en un an. Les mesures prises –
contrat d’avenir, contrat génération, baisse du coût du travail – abaisseraient au mieux le seuil de création d’emplois de 1,5 % à 1,3 %.
Le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) pourrait en 2018 permettre de créer environ 150 000 emplois, faire baisser le taux de chômage de 0,6 point et générer un gain de croissance de 0,1 point de PIB en 2018, soit un bien piètre résultat au regard des graves enjeux sociaux actuels.
Impulser des mobilisations
Relancer l’activité, c’est prendre le contre- pied des politiques d’austérité, qui, conju- guées au niveau européen, enfoncent nos pays dans la crise et nourrissent l’explosion du chômage. Dans le contexte actuel de récession économique, vouloir ramener le déficit bud- gétaire à 3 % puis à l’équilibre en un temps record constitue une grave erreur. L’appré- ciation de l’euro par rapport au dollar ne
signifie nullement la fin de la crise, mais conduira l’euro à jouer à nouveau contre l’em- ploi, pendant que le pouvoir d’achat à la baisse raréfie la demande, une tendance qui sera encore aggravée par « l’accord histo- rique » du 11 janvier.
C’est en impulsant les mobilisations unitaires des salariés, du privé et du public, qu’il deviendra possible de faire reculer les poli- tiques d’austérité qui tuent l’emploi.■
Josiane Dragoni
©Clément Martin