Article original
Technique de réflectométrie usuelle pour la mesure de la couleur des miels
S Aubert M Gonnet P Jourdan
1 INRA, station de
technologie
desproduits végétaux
2INRA, station de recherches de
zoologie-apidologie,
BP 91, domaine Saint-Paul,84143 Montfavet cedex;
3
ADAPI,
maison desAgriculteurs,
22, avenue H-Pontica, 13126 Aix-en-Provence, France(Reçu
12 mars 1993;accepté
21septembre 1993)
Résumé — Une amélioration des conditions de mesures
objectives
de la couleur des miels,liquides
ou cristallisés, estproposée,
àpartir
de laméthodologie
tristimulaire de la Commission internationale del’éclairage.
L’utilisation d’un réflectomètreportatif
trèsrépandu
et le choix d’uneoptique
codifiée d’observation en couche mince sur fond blanc(boîte
de Pétri sur étalon deréférence)
donnent diverses valeurschromatiques précises.
De même,l’adoption
dusystème
usuelCIELAB 1976 permet de
simplifier l’exploitation complexe
des données fondamentales fournies par lesystème
officiel de HARDY(1936).
Unereprésentation graphique
réduite à 2 dimensions, avecen abscisse la luminance L* et en ordonnée la chromaticité C*
(pureté
ousaturation)
estproposée,
révélant une discrimination suffisante des échantillons. Divers
problèmes
de différenciation des miels sur leur aspect sont abordés : la caractérisation selon lesorigines
florales, les variations pourune même source
végétale (cas
deslavandes),
l’évolution desmélanges
avec un mieljaune typique (cas
dutournesol),
l’influence durécipient
dans laperception
visuelle du miel et l’utilisation d’indiceschromatiques
pour suivre la cristallisationdirigée
en cuve industrielle fontl’objet
desanalyses
rapportées dans cette étude.miel / colorimétrie / caractérisation /
mélange
/ cristallisationINTRODUCTION
La
méthodologie
tristimulaire de la Com- mission internationale del’éclairage (CIE)
sert de référence officielle pour codifier tous les facteurs aléatoires des conditions d’observation et de
perception
visuellehumaine
(Brice et al, 1956 ;
Aubert et Gon-net, 1983 ; White, 1984).
Onadopte
unesource de lumière conventionnelle
(géné-
ralement l’illuminant
C, représentatif
d’unéclairage solaire)
et unegéométrie
arbitrairede réflexion de la
lumière,
mais devant être lesplus proches possibles
des modesd’observations
pratiques.
Les mesures neseront pas les mêmes pour des denrées
prises
en l’état sur le marché ou pour desproduits
confrontés en laboratoire ou dans le suivi d’unepréparation
industrielle.De
plus,
lestechniques spectrophoto-
métriques
et les méthodes de calculs des coordonnéeschromatiques peuvent
diffé-rer arbitrairement selon
l’appareillage
uti-lisé et le
système
choisid’expression
descouleurs dans les divers espaces chroma-
tiques
conventionnels.Actuellement,
les chercheurs et lespraticiens
del’agro-ali-
mentaire
privilégient fréquemment
2 sys- tèmes.D’une
part,
lesystème
fondamental de laCIE,
fondé sur la trivariance des couleursavec les stimuli
XYZ, qui
donne une pro-jection
du vecteurspatial représentatif
d’unecouleur dans le
plan
de chromaticité x, y et,sur l’axe
perpendiculaire,
la luminosité Y%(Hardy, 1936).
Les calculs sont effectuéssur le tracé du
spectre visible,
en transmis-sion ou en
réflexion,
notamment à l’aided’une
grille
des ordonnées sélectionnées(Rodriguez-Lopez, 1985 ;
Ortiz-Valbuena etSilva-Losada, 1990).
Laprincipale
diffi-culté réside surtout dans le tracé
spectro- graphique,
souvent lent et nécessitant undispositif
coûteux debalayage rapide
deslongueurs
d’ondes ou une barrette depho-
todiodes.
Puis, l’exploitation,
informatiséeou non, des nombreuses mesures
relevées,
suivie de l’utilisation desdiagrammes
déve-loppés
dutriangle
descouleurs,
trouvésdans le livre «Handbook of
Colorimetry»
(Hardy, 1936),
s’avèrent difficilement acces-sibles pour un usage en routine. Sur cette
méthodologie classique,
des critères de dis- crimination des miels avaient étéprécé-
demment
proposés (Aubert
etGonnet, 1983). À l’usage,
ces mesures s’avèrent relativement malexploitées
et ne sortentpas des laboratoires de recherches.
D’autre
part, l’espace
uniforme des cou-leurs CIELAB 1976
(CIE, 1978),
fondé surle
système
d’Adams-Nickerson(Dordet, 1990),
séduit par uneapparente grande précision
et une meilleure commodité pourexprimer
la clartépsychométrique
ou lumi-nance L* et les teintes allant du vert
(-a*)
aurouge
(+a*)
et du bleu(-b*)
aujaune (+b*).
Ce
système usuel, préconisé
pour la mesure du brunissement deproduits végé-
taux de couleur à tonalité dominante
jaune-
brun
(Aubert et al, 1992),
comme tous lesprécédents,
nécessite des réserves fonda- mentales dansl’interprétation
des écartssur les coordonnées
chromatiques
et leursperceptions
sensibles réelles(Dordet, 1990 ; Nava, 1990).
De
plus, l’apparition
relativement récented’appareils
usuels deréflectométrie,
maniables et relativement peucoûteux,
dutype
des chromamètresportatifs, permet
devulgariser
les mesures de couleur sur lesmiels, placés
dans desprésentations d’optiques
diverses. Cesappareils intègrent
tous les
paramètres
codifiésprécédemment,
avec le calcul immédiat d’une couleur dans les différents
systèmes
utilisés(plusieurs
espaces et critères
chromatiques
conven-tionnels).
Ilspermettent
uneexploitation
sta-tistique
directe des mesures, avec unerapi-
dité
convenable,
pour résoudre demultiples
et
complexes problèmes d’échantillonnage.
L’objectif
de cette étude est de montrerces nouvelles
possibilités
de mesures, ense
plaçant
dans les conditions courantes,en recherchant des solutions
susceptibles
d’être
adoptées
par leplus grand
nombred’utilisateurs.
Trois
types
deproblèmes
seront abor-dés :
- les
caractéristiques
de couleurpouvant
corroborer l’authentification del’origine
flo-rale de
quelques miels,
notamment ceux à tonalitéjaune
dominantetypique (cas
desmiels de
Tournesol);
- les variations selon la
variété,
la localisa- tiongéographique,
l’année et les conditions derécolte,
lesmélanges
de diverses sources, ainsi que les modes de conserva- tion(cas
des miels de Lavande ou deLavandin).
- l’utilisation de ces
techniques
au suivi dela
qualité
en cours defabrication,
telles que la cristallisation contrôlée(qualité
de «tarti-nabilité»),
laprésentation
et l’attractivité commerciale desproduits
dans leurs embal-lages.
MATÉRIEL
ETMÉTHODES
Les miels
d’origine
floralespécifique
et sélec-tionnée
proviennent
de sources différentes(api-
culteurs,coopératives
ou commerces dedétail) ;
ils ont fait
l’objet d’analyses
classiques de carac- térisation(physico-chimiques, polliniques
et orga-noleptiques)
prouvant leur authenticité.Les miels de lavandin
(hybride
L officinalis xL
latifolia),
issus des récoltes de 1991 et 1992, ont été recueillis en 1992 chez divers produc-teurs. Ces
apiculteurs
transhument leurs ruchessur des cultures situées dans les
Alpes-de-Haute-
Provence. Les
origines botaniques
et leurs sélec-tions commerciales, compatibles avec le terme
général
de «lavande», ontégalement
été confir- mées parl’analyse organoleptique.
Toutefois, les échantillons de la campagne 1992 sontplus
purs quant à leurorigine botanique spontanée
queceux de 1991. La miellée de Lavandin en 1991 a
été faible et vraisemblablement
mélangée
d’autressources florales. Il faut préciser aussi que les miels de la récolte 1991
(août-septembre)
ontété collectés l’année suivante sur les réserves des
apiculteurs
sollicités, sans connaissancepré-
cise des conditions de conservation.
Les
mélanges
d’un miel de lavandin authen-tique
avec du miel de tournesoljaune
ont été effectués, avec des pourcentages variables de 30, 50 et 70%,après réchauffage
à 50°C, carune
opacification
des échantillons apparaît après24 h d’abandon à 20°C.
Enfin, les essais de cristallisation
dirigée
ontété conduits dans le cadre de la société «Gati- naise des Miels» à Malesherbes
(Loiret).
L’ense-mencement contrôlé et
l’agitation
ensystème
continu s’effectuent en cuves inox
thermorégu-
lées de 10 t de
capacité.
Cettetechnique
a étédécrite dans une publication récente
(Gonnet,
1992). Le lot de miel de base tournesol est ense- mencé par un colza à cristallisationspontanée
très fine. Les
prélèvements
sont faits toutes les12 h, par un robinet situé en bas de cuve et
après
avoir préalablement
recyclé
4 à 5 kg de miel avant le prélèvement.Le réflectomètre usuel
adopté
est un chro-mamètre Minolta, type CR 300 (les modèles
anciens CR 100 et CR 200 conviennent, mais avec une moins bonne
reproductibilité
desmesures).
D’autresappareils
deconception
voi-sine sont utilisables. La
géométrie
de mesure surle modèle utilisé
correspond
à une illumination diffuse (arc Xénon pulsé), réfléchie perpendicu-lairement à la surface
(angle
d’observation 0°),pour une fenêtre de 8 mm de diamètre.
La couleur des miels est mesurée dans diffé- rentes conditions d’observations, avec l’illumi- nant C de référence. D’une part, on a utilisé les bocaux commerciaux en verre d’une
capacité
de37 cl et d’un diamètre interne de 70 mm
(épais-
seur : 2,5
mm).
Les mesures de réflectance ont été faites soit sur le fond plat, soit en 4points
latéraux au milieu du bocal. D’autre part, on a
adopté
uneprésentation
des miels en boîtes dePétri
classiques,
en verre ou enplastique
incolore(polystyrène cristal),
de diamètre 55 mm pour lacuve
(58
mm pour lecouvercle).
Letrajet optique
est de 12 mm, la boîte
posée
sur le fond blancréfléchissant de la
plaquette
étalon.Cette
géométrie
arbitraire ne donne sans doute pas les conditionsoptimales
pour sensibi- liser les mesures, maisplace
dans des condi-tions
économiques, simples
et «normalisées»d’observation. La cuve est
remplie jusqu’à dégor-
gement,puis essuyée
avec unpapier
filtrehumide. La
présence
de bulles ou d’une décan-tation doit être évitée. Les mesures
(4
par réci-pient)
sont effectuées en visant les zones homo-gènes.
Les donnéeschromatiques rapportées correspondent
à des moyennes ; les coefficients de variation trouvés se situent entre 0,3 et 0,8%, selon lesprises
et lesrépétitions.
RÉSULTATS
ETINTERPRÉTATIONS
Justification d’une
technique simple
sur le
système
CIELABDes mesures
précédentes
sur une gamme d’échantillonsd’origines
florales diversesavaient été faites dans le
système
fonda-mental CIE 1931
(Aubert et Gonnet, 1983).
Un
rapprochement
étroit de ces donnéeschromatiques
avec celles des miels de 1992(tableau I),
de mêmesappellations,
seraitcritiquables.
Car il faudrait tenircompte
desconditions de
récoltes,
mais aussi des dif- férences dues auchangement d’appareil
(spectrographe
muni d’unesphère
d’inté-gration
et cuvesrectangulaires
de 10 mmd’épaisseur,
pour les essais de1983).
Néan-moins,
nous avons cherché àsimplifier
lesrésultats en retenant le même
principe
pro-posé
desdiagrammes chromatiques
réduitsà 2 dimensions où sont
portés (fig 1), d’une part,
la luminosité ou brillance Y% en abs- cisse et, d’autrepart,
la valeur absolue du vecteur «Chroma»(pureté
ousaturation)
en
ordonnée,
établie dans leplan
de chro-maticité de
Hardy
de coordonnées x et y.Ce
triangle
fondamental des couleurs per- met de déterminer lalongueur
d’onde domi- nante(LOD nm),
entre 574 et 596 nm. Desvaleurs
précises
sont ainsi obtenues à l’aide desdiagrammes
dilatés trouvés dans le livre«Handbook of
colorimetry»
deHardy (1936).
Mais ce document s’avère difficile à trou- ver actuellement et son
exploitation
gra-phique (ou
parcalculs)
peu commode.Généralement,
la variation de tonalité(ou angle
deteinte)
est peu considérable pourune
majorité
desmiels,
sauf pourquelques
cas
typiques.
Dans les confrontations de mielsd’origines voisines,
à teintejaune-
brun «miel»
classique,
cette dernière don- néepeut
êtrenégligée ;
c’est leprincipe
uti-lisé dans l’échelle de Pfund et les
comparateurs
dutype
Lovibond(Aubert
etGonnet, 1983).
Dans le même
but,
l’utilisation du sys- tème usuel Cielab(fig 2)
s’avère d’un accèsplus
facile que le modeprécédent,
àpartir
des données tristimulaires
primaires
et sansnécessiter l’utilisation des
abaques
chroma-tiques graphiques.
Les calculssimples
surL*, a*,
b* ou C*(chromaticité
oupureté
ousaturation = Racine de a*2+
b* 2 )
et del’angle
de teinte
(tan- 1 b*/a*)
sont directement don- nés par le chromamètre. D’unefaçon géné- rale,
les faibles niveaux sur la coordonnée a* vontcorrespondre
à des valeurs de C*très
proches
de la coordonnée b*. Seuls les mielsprésentant
une tonalitébrun-rougeâtre singulière (cas
dusapin, châtaignier
outhym
avec a*
positif
etsupérieur
à3)
donnent unécart sensible entre C* et b*. En
fait,
laplu- part
des mielsgardent
une dominantejaune qui justifie
les gammescolorimétriques
com-merciales par
comparateurs
visuels.Couleur des miels
de différentes
origines
floralesLe tableau
I rapporte,
dans les 2systèmes
chromatiques adoptés,
sur des mesureseffectuées en boîte de
Pétri,
les couleurs de divers miels monoflorauxauthentiques, d’origines
et de récoltes très différentes faites entre 1990 et 1992. On n’observe que de très faibles distorsions dans leposition-
nement relatif des miels de diverses sources
florales entre les 2 modes de
représenta-
tion
(figs
1 et2).
Les écarts sur la luminosité Y%(limites 6,7
à32,3%)
ou sur L%(31,4
à63,9%)
sont au même ordre degrandeur,
avec des niveaux favorables pour L*. Les valeurs sur P* sont
supérieures (11
à73)
àcelles sur l’échelle de chromaticité C*
(8,5
à53,7),
mais leurs écarts sont tout aussi dis- criminants.(L’utilisation
de b* n’est pas apparueplus
discriminante de laposition
des miels entre eux ; avec cette ordonnée les miels «sombres» et «clairs» seraient
plus rapprochés
et les 2diagrammes
moinssuperposables.)
Les miels «foncés»(châ- taignier, thym, sapin)
sedistinguent
desautres par des luminosité faibles
(Y%
de6,7
à9,3), correspondant
à des valeurs de L* entre31,4
et36,5%.
Une réserve
importante préalable
àtoutes ces observations est liée à la varia- bilité due aux conditions de récolte
(écarts types
non déterminéscompte
tenu de diffi-cultés
d’échantillonnage
et du cadre res-treint de ce
travail).
Les variations de cou-leurs seront
particulièrement
aléatoires selon lesorigines (sources
floralesdiversifiées, présence
demiellats, etc).
Les miels de lavandin et surtout ceux d’acacia se situentaux
plus
forts niveaux de luminance(
L*entre
56,4
et63,9),
mais avec une chro-maticité relativement faible
(
C* entre8,5
et24,1), due
à une teinte mal définie par absence depigments
dominants. Les 2 échantillonstypiques
de tournesol se carac-tériseraient par une chromaticité
(C* = 49,3
et
53,7)
et/oupureté
de couleur(P =
71 et73%)
élevées avec des luminances relati- vementfortes,
commeprécédemment signalé (Aubert
etGonnet, 1983).
Toute-fois, fondamentalement,
il faut faire uneréserve sur la
perception
réelle depetites
différences sur ces donnéeschromatiques qui
nécessitent depréciser
des limites de tolérances(Dordet, 1990).
Onpeut
admettre des écarts de l’ordre de 1 ou 2unités,
selon les teintes et pour lesystème
utilisé(Nava, 1990).
En outre,compte
tenu de ces zonesde sensibilité de l’œil
humain,
les forts niveaux de luminosité sonttoujours
favo-rables pour discriminer les colorations per-
cues. C’est ainsi que les valeurs obtenues directement sur les bocaux s’avèrent faibles
et
aléatoires, compte
tenu desgéométries
d’observation et des
pertes
par transmis- sion et diffusion de la lumière dans la masseliquide
et sur la surface durécipient.
Lesmesures sur le fond
plat
des bocaux(résul-
tats non
rapportés),
avec une variabilité faible(coefficients
devariation,
pour L* etsur 4
répétitions,
inférieurs ou voisins de 1%),
se sont avérées meilleures que sur les côtés arrondis(coefficient
de variation entre2 et
6%,
selon leséchantillons).
Dans cetteoptique pratique
en bocalcommercial,
lespossibilités
de discrimination restent relati- vementfaibles ;
on a noté aux extrêmes surle critère luminance L* :
Sapin
=16,6%
etacacia =
23,1%.
Les autres coordonnéeschromatiques
a* et b* ou C* ne se sont pas montréesplus
discriminantes. Enfait,
lapossibilité
deprésomption
del’origine
d’unmiel sur le seul
aspect
visuel en bocals’avère
décevante,
même dans un cas rela- tivementtypique
comme le tournesol.Toutefois,
l’observation en boîtes dePétri,
selon leprotocole proposé, peut
êtreretenue dans des
analyses
sensoriellesrigoureuses,
notamment si l’on veut chiffrerobjectivement
des différences de couleurs perçues par desdégustateurs.
Ces condi-tions
plus précises
d’observation(confron-
tations souvent réalisées
pratiquement
dansun
bocal,
un verre ou unecoupe)
limitentaussi les facteurs
subjectifs
liés au contexted’un
jury
dedégustation (rarement spécia-
lisé en
analyse sensorielle).
Variations sur la couleur des miels de lavandin ou lavande
Les miels de la récolte 1991 se situent dans
un domaine relativement étalé
(tableau II, fig 3),
entre 35 et 60% de L* et entre 25 et45% de chromaticité C*
(ou
valeurs de b*très
proches),
cequi
les situe dans deszones
chromatiques
couvrantégalement
les miels de
tilleul, luzerne, colza,
rhodo-dendron,
ainsi que les mielsd’acacia,
maisdans les moins clairs
(fig 2).
Les échan-tillons
N°19,
15 et 5(fig 3)
pourlesquels
C*et b* sont nettement différents
(récolte 1991)
se
singularisent
des autres ; leurappella-
tion lavande semble discutable.
En revanche les miels de la récolte 1992
se situent dans une zone très restreinte
(tableau II, fig 3)
avec une forte luminance(L*
= 57 à62)
et une faible chromaticité(C*
= 16 à32),
cequi
nous situe dans undomaine
proche
des mielsd’acacia, qui
ontune chromaticité
plus
basse(C*
autour de10).
Les conditionsclimatiques
de cette campagne ontprévalu
sur celles moins favo- rables de l’année 1991. L’examen organo-leptique
des miels de lavandin de la récolte 1992 confirme tout à fait les observations faites par lesprofessionnels
sur cette excel-lente année
pouvant
être considérée commetypique.
Ces données
chromatiques pourront
ser-vir de référence pour
situer,
àl’avenir,
lesmeilleures
productions
dans ce domaine.Inversement,
lesécarts,
parrapport
à unpoint
centré sur les meilleurs miels sélec-tionnés, peuvent renseigner
sur lespossi-
bilités de
variations,
soit au niveau de récoltes floralesdiversifiées,
soit au niveaudu conditionnement des
produits
finis(assemblages,
traitementsthermiques, vieillissement,
considérés comme des défauts parrapport
à un standard frais ori-ginal). Toutefois,
certains miels de lavande vraie(authentique) peuvent
avoir une colo- rationjaune
pure et naturelle monoflorale.Éventuellement,
la détection demélanges
de miels semblepossible
sur labase de ces coordonnées
chromatiques précises ;
c’est le cas d’un miel de lavan-din,
très clair etlimpide,
avec l’addition d’un mieljaune
detournesol, après réchauffage
ou évolution du
mélange (tableau III, fig 4).
L’addition d’un
pourcentage
relativement faible detournesol,
inférieur à30%,
se tra- duit par uneaugmentation
trèssignificative
de L* et de C* ou b*. Un deuxième contrôle
après
retour 24 h àtempérature
ambiante(20°C),
révèle unphénomène d’opacifica- tion,
par une amorce decristallisation,
maisen conservant le basculement vers les tona- lités
jaunes provoquées
par le tournesol(fig 4).
Ces modifications desparamètres chromatiques,
liées à despratiques
pro- fessionnellesdiscutables,
restent àpréci-
ser, en les modélisant dans des essais sys-
tématiques.
Dans cettevoie,
les services de larépression
des fraudes ont cherché àfaire une
présélection
de très nombreux échantillons examinés. La mesure encouche mince
peut apporter
un indice nonnégligeable,
avant d’orienter les contrôlesvers des
analyses plus complexes
en melis-sopalynologie
et/ou sur descaractéristiques
de
composition (Louveaux, 1989 ;
Amiot etal, 1989).
Couleur des miels
en cours de cristallisation
Nous avons vérifié si les résultats obtenus pour suivre l’évolution de couleur des miels
en cours de cristallisation en utilisant la
méthodologie
fondamentale(Gonnet
etal,
1986) pouvaient
être retrouvés dans le sys-tème usuel CIELAB. Diverses observations
préliminaires
ont été faites sur le fond de bocaux en verre, mesurés immédiatementaprès chaque prélèvement.
Unexemple
estdonné dans la
figure
5. La luminance L*croît
régulièrement
de25,6
à47,8%, après
80 h de
malaxage.
La coordonnée a* baisselentement ;
enrevanche,
b*augmente plus sensiblement,
avec une évolution vers unetonalité
plus jaune (b*
entre-3,3
et+10,3).
Le croisement se situe autour de 36
h, point repère approximatif
etdiscutable,
sur la durée demalaxage
àpartir duquel
appa- raît une intensification duphénomène
decristallisation. Les mesures faites sur les côtés des bocaux
(non rapportées)
confir-ment ces
évolutions,
mais avec une varia-bilité
plus grande. Ainsi,
l’allure et lapente
de ces courbespeuvent
donner une infor- mation intéressante sur la vitesse et la qua- lité de lacristallisation,
critèresqu’il
faudravérifier sur d’autres
supports.
Le mielperd
son caractère
liquide
pour une texture cris- tallineplus
ou moins fine etdense,
dont lamesure de couleur traduit
grossièrement
laqualité physique.
L’utilisation de boîtes de Pétri devraitpermettre
de mieux codifier cesobservations. Sur ces
repères chromatiques précis,
on pourra contrôler et mieux maîtri-ser les conditions de
malaxage (tempéra-
ture, vitesse
d’agitation),
en les corroborantavec des évaluations
sensorielles,
ainsi que pour des mesuresrhéologiques.
CONCLUSION
La
méthodologie
fondamentale de mesurestristimulaires sur la couleur des miels
peut
être rendue d’accès
plus
facile en utilisantl’espace
uniforme des couleurs dans le sys- tème CIELAB. La commoditéd’emploi
desréflectomètres
actuels,
larapidité
et l’éco-nomie
apportée
par laprésentation
des pro-duits, liquides
oucristallisés,
dans uneoptique simple
codifiée(boîte
dePétri),
per- mettent d’aborder de nombreuxproblèmes
de sélection visuelle des
miels,
ainsi que de leur évolution au cours despréparations
industrielles. Une réserve demeure au niveau des limites de
perception
réelle defaibles écarts sur ces données chroma-
tiques.
Ces tolérancespourraient
être déter- minées par desanalyses
sensoriellespré-
cises dont
quelques
observations faites situent les difficultés.Notamment,
les mielsposent
desproblèmes d’échantillonnage complexes,
dont la variabilité des mesuresinstrumentales est mineure par
rapport
auxconditions de récoltes et de
prélèvements.
Ces
techniques simplifiées
usuelles sejus-
tifient d’autant
plus
que lamultiplication
desprélèvements
demiels,
dans le contexteprofessionnel
del’apiculture, dépend
de lavulgarisation
de ces mesures. Onpeut
ainsi chiffrerplus objectivement l’agrément
visueldes
miels,
enremplaçant
lescomparateurs colorimétriques
encore utilisés sur leplan
commercial.
REMERCIEMENTS
Mlle N Dubois, responsable du laboratoire de la société
«Compagnie
Gatinaise» de Malesherbes(45330),
a suivi la cristallisationdirigée
du miel encuves industrielle et effectué les mesures réflec-
tométriques
sur leséchantillonnages prélevés
enbocaux.
Les
apiculteurs
de Provence ont aimablement fourni les échantillons de miels de lavandin de 1991 et 1992.Summary —
Conventionalcolor-grading techniques
ofhoney.
Differences between well-defined colors ofhoneys (liquid clear, redissolved,
turbid orcrystallized)
can berecognized
andstandardized using
a con-ventional Cielab 1976
(CIE, 1978) system.
This
system
is lesscomplicated
than theclassical tristimulative official method of
Hardy (1936),
with a few allowances for the relativesensitivity
detection of human eyes.Colorimetric
comparisons
ofhoneys using
abidimensional
graphical projection
with lumi-nance L* and
chromaticity
C*(or b*)
termsis
proposed.
Measurements in conventional Petri dishes with aregular
reflectometric chromameter wereanalysed
for different coloredhoney samples.
The characteri- zation of theorigin
of unifloralgenuine honey
(table I) using
the classicHardy system (fig 1)
new or conventional criteria(fig 2)
gave the same results.Variability
between the measured values for thesamples depends
on the
geometry
of commercialcontainer,
but is smaller than the annualparameters.
The influence of
sample
collection condi- tions of lavenderhoney (table II, fig 3),
andthe
change
with addedyellow typical
sun-flower
honey (table III, fig 4)
wereanalyzed
as
having
different chromatic values. Obser- vations on thecrystallization
on the bottomof the container
(fig 5)
or on the side wall of the commercial container also gavegood
results on color
perception,
but measure-ments in conventional Petri dishes were
better.
honey
/colorimetry
/crystallization
/blend / characterization
Zusammenfassung — Farbmessung
vonHonigen
mit handelsüblichen Reflekto- metern.Ausgehend
von dertriparametri-
schen Methodik der CIE wird eine Verbes- serung der
Farbmessung
vonflüssigen
undkristallisierten
Honigen vorgeschlagen.
DerEinsatz eines üblichen
tragbaren
Reflekto-meters zur
Messung
dünner Schichten auf weissemUntergrund (Petrischale
auf Refe-renz) ergeben
genau unterscheidbare Farb- werte. DieAnpassung
des üblichen Cielab 1976(CIE, 1978)
vereinfacht dieNutzung
des
komplexen
offiziellenHardysystems (1936).
Dievorgeschlagene
zweidimensio- nalegraphische Darstellung
mit der Lumi- niszenzL* gegen
dieFarbsättigung C* ergibt
eine ausreichende
Abgrenzung
der Proben.Die
Charakterisierung
der Blütenart(Tabelle I),
die Variation innerhalb derselben Pflan- zenart(Lavendel) (Tabelle II,
Abb3)
unddie
Änderung
bei derMischung
von Laven-delhonig
mit einemtypischen gelben Honig (Sonnenblume) (Tabelle III,
Abb4)
wurdenuntersucht. Weiter sind der Einfluss der visu- ellen
Wahrnehmung
des Beobachters und der Einsatz von chromatischen Farbanzei-gern zur
Überwachung
der Kristallisation in handelsüblichenHoniggläsern (Abb 5) Gegenstand
dieser Studie.Honig / Farbmessung
/ Kristallisation /Mischung / Charakterisierung
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