M. PRUD’HON,
G.MOLENAT,
P. LAPEYRONIE, G. REBOUL
INRA Unité de Zooter.hnie méditerranéenne
ENSA Place !’iala 34060
Montpellier
CedexL’unité ovine
méditerranéenne
(UOM) est-elle une
bonne référence
pour évaluer la production
des pâturages
méditerranéens ?
Bilan de quatre
ansd’utilisation
en
garrigue et
enCrau
L’évaluation,
sur unemême base comparative, du potentiel de production
des prairies et parcours
enmilieu méditerranéen est difficile compte tenu
de la diversité des couverts végétaux, des animaux impliqués
et des conditions d’exploitation des
ressourcesvégétales
ausein
des systèmes d’élevage.
Pour faire face à
cesdifficultés,
ungroupe de chercheurs méditerranéens
a
souhaité disposer d’une
mesure communede référence. Ces travaux ont abouti à la définition d’une Unité Ovine Méditerranéenne (UOM).
Après quatre années d’utilisation il est possible d’établir
unpremier bilan.
De tout temps, les troupeaux ovins ont
exploité
lesprairies
et parcours deplaine, pié-
mont et
alpages
des zones méditerranéennes.Cependant, lorsque
l’on cherche à évaluer lesressources
fourragères
instantanées ou àlong
terme de ces
pâturages,
sur une même basecomparative,
on se heurte à une série de diffi- cultés :-
hétérogénéité importante
des espaces soumisau
pâturage,
liée à des facteurspédologiques, topographiques, microclimatiques ;
- variations saisonnières et annuelles induites par des conditions
climatiques
extrêmes : tem-pératures, précipitations ;
- diversité de la flore où coexistent
herbacées,
buissons et
arbres, qui
sont consommés sélecti-vement par les ovins.
Dans ces
conditions,
lepotentiel
deproduc-
tion des
pâturages
ne peut s’estimer valable-ment par de
simples
mesures de biomasse dis-ponible
réalisées à despériodes
bien choisies,ou encore par la seule estimation de la « valeur
pastorale
Ȉ partir
de lafréquence
relative des différentesespèces végétales (Daget
et Poisso-net
1971).
De même, les
comparaisons
dans le temps et dansl’espace,
sont très délicates. Elles ne peu- vent nonplus
se limiter à desimples
évalua-tions de
charge globale,
annuelle ou saison- nière, dupâturage
ni à des dénombrements dejournées
deprésence
d’animaux aupâturage.
Afortiori,
compte tenuégalement
de la diversitédu mode
d’exploitation
par les troupeaux(sim- ple
parcours ouexploitation soutenue)
et de ladiversité du
cheptel qui pâture (espèce,
race,état
physiologique,
niveau deproduction)
lesdifficultés deviennent insurmontables si l’on
veut effectuer des
comparaisons
entre zones deRésumé
_________________________Un groupe de chercheurs méditerranéens
(groupe PHILOETIOS)
a défini uneunité standard : l’Unité Ovine
Méditerranéenne,
ou UOM, pour faciliter l’évalua- tion et lescomparaisons
desproductions fourragères
des parcours etprairies,
enzone méditerranéenne. L’UOM est
l’énergie
nette consommée par une brebis de 45kg
à l’entretien sur despâturages.
Toutes lesdépenses énergétiques
sont trans- formées en UOM. Nous avons utilisé cette unité pour comparer lespotentiels
deproduction
desprairies irriguées
de Crau et des parcours degarrigue
au cours dequatre
annéesd’exploitation
exclusive par lepâturage
ovin. Les valeurs moyennesrespectives :
37 et 2,3 L10M/ha/an situent bien les extrêmes que l’onpeut
obtenirsur de tels types de
pâturage.
En outre, l’étude met en évidence l’extrême variabi- lité des résultats saisonniers et annuels des parcours degarrigue
ainsi que leurgrande hétérogénéité :
variations dans lerapport
de 1 à 2,5 aussi bien entre années intraparcelle qu’entre parcelles
à l’intérieur d’une même année. Surprai-
rie
irriguée,
les fluctuations sontplus
réduites mais demeurentimportantes.
Sur le
plan méthodologique,
le calcul des UOM estsimple
mais nécessite le contrôle de nombreuses données : calendrier depâturage, pesée périodique
desbrebis et agneaux, contrôle de la
reproduction,
mesure de l’étatcorporel.
L’utilisa-tion des facteurs de correction aboutit à des résultats cohérents dans le cas des
prairies irriguées
de Crau ; par contre, il semble que les besoinsspécifiques
à lavie au
pâturage,
fixés forfaitairement à 30 % des besoinsd’entretien,
soient sous-estimés dans les conditions
plus
difficiles dupâturage
engarrigue.
Une correctioncomplémentaire
serait souhaitable dans les milieux difficiles.Une UOM
correspond
auxbesoins en
énergie
nette d’une
brebis
de 45kg
à l’entretiensur des
pâturages.
pâturage,
entresystèmes d’exploitation,
entreraces ou entre années.
C’est avec l’ambition de
pallier,
au moinspartiellement,
ces difficultésqu’un important
travail de normalisation des modes d’évaluation descharges
ovines aupâturage
a été réalisé par« PHILOETIOS
» (1).
Dans unpremier temps
on a défini une unité commune de mesure de
charge :
l’Unité Ovine Méditerranéenne ouUOM
(Susmel
et al 1986 et1987)
et l’on a cher-ché à évaluer sa commodité d’utilisation et sa
validité au travers de travaux réalisés simulta- nément en France, en Italie et en
Espagne (Pru-
d’hon
et al 1987).
Par définition une UOM
correspond
auxbesoins en
énergie
nette d’une brebis standard : brebis adulte de 45kg
en état moyen - note d’étatcorporel
3 - àl’entretien,
et vivant lamajeure partie
de l’année aupâturage.
Sur lesbases INRA
(1978)
et enmajorant
de 30 % les besoins d’entretien pour tenir compte de la vieen
plein
air, une UOMreprésente
environ 0,65UFL. Une série de coefficients de correction permet
d’exprimer
les différents besoins enUOM : correction pour tenir compte du
poids
et de ses variations, des
changements
d’étatcorporel,
de l’étatphysiologique,
desproduc-
tions de
lait, laine,
croissance, desdéplace-
ments, etc.
La
charge globale
despâturages s’exprime
enUOM/ha/an.
Ellecorrespond
àl’énergie
nettequi
serait collectée par untroupeau
de brebis standardpendant
toute une année. 1UOM/ha/
an
équivaut
parconséquent
à 365 x 0,65 UFL =237 UFL.
D’autres modes
d’expression
peuventégale-
ment être utilisés pour tenir compte de la
période d’exploitation : charge mensuelle, charge
saisonnière.(1) Nom collectif d’un groupe de recherches sur l’évalua- tion du matériel ovin méditerranéen dans le cadre des programmes CEE-AGRIMED, du groupe ovin au CIHEtIM et du réseau coopératif FAO ovin-caprin.
Sous réserve de
pratiquer
les contrôles(effec- tifs, pesées,
note d’étatcorporel),
lesenregistre-
ments
d’occupation
despâturages
etd’appli-
quer les coefficients de correction
prévus,
cetteméthode doit s’avérer efficace et permettre de
comparer les
charges permises
ou réalisées surprairies
et parcours.Pour tester ce nouvel outil
méthodologique,
nous avons
comparé,
au cours dequatre
cam-pagnes successives, les
potentiels
decharge
desparcours de
garrigue (1982
à1985)
et desprai-
ries
irriguées
de Crau(1980
à1983) exploitées
de
façon quasi
exclusive par des troupeauxovins.
Conditions expérimentales
1
/ Sites expérimentaux
a / Parcours de
garrigue
Les conditions
expérimentales
ontdéjà
étéprésentées (Prud’hon 1986)
etpeuvent
se résu-mer ainsi :
-
Localisation, végétation :
Le site
expérimental
est situé àSt-Gély-du-
Fesc
(Hérault),
à 9 km au Nord-Ouest de Mont-pellier.
La surfacepâturée
est de 30 harépartis
en 10
parcelles
de 3 ha environ, délimitées parune clôture
électrique
4 fils.Le
pâturage
est localisé sur un versantexposé
auNord-Ouest ;
le solprésente
desalternances de bancs calcaires fissurés et de
dépressions
à sols marneux. Lavégétation,
trèshétérogène,
comporte des zones oùprédomi-
nent les chênes kermès et chênes verts, le ciste de
Montpellier
et lebrachypode
rameux(zones
sur bancs
calcaires)
et des zones àpin dAlep,
romarin,thym
etpelouses
debrachypodes
pen-nés,
carex etc. Leslégumineuses
sont très peureprésentées.
-
Troupeau,
mode de conduite :Le
cheptel
ovin estcomposé
de deux trou-peaux de 75 brebis chacun. Dans
chaque
trou-peau la moitié des brebis est de race Mérinos
dArles,
l’autre moitié issue du croisement Romanov x Mérinos d’Arles destiné à accroître laprolificité.
L’un des
troupeaux
estélevé,
tout aulong
del’année,
sur 6parcelles, exploitées
en rotationselon un
rythme qui
est fonction de ladisponi-
bilité
végétale
dechaque parcelle.
L’autre
troupeau exploite
par rotation 4 par- celles sauf au cours de l’été(mi-Juin - mi-Sep- tembre)
où il transhume dans les estives, au Col desChamps (haute
vallée duVar).
En l’absence d’une
végétation
suffisante(hiver,
certainsétés)
lestroupeaux présents
àSt-Gély
sontplacés
dans uneparcelle
annexeoù leur est
distribuée,
en libre service, de lapaille
traitée à l’ammoniac. Au cours des deux derniers mois degestation
etjusqu’à
la mise àl’herbe,
ilsreçoivent
uncomplément d’orge
+tourteau de
soja (200
à 300g/j).
La lutte a lieu du 15
septembre
au 20 Octo-bre,
en monte naturelle sanssynchronisation
des chaleurs. Les béliers utilisés sont de race
Ile-de-France.
b / Prairies
irriguées de
Crau u- Localisation -
Végétation :
Le site
expérimental
est uneprairie irriguée
de Crau de 15 ha environ située au Domaine du Merle à 7 km à l’ouest de Salon de Provence(13).
Le sol caillouteux sur
poudingue
est recou-vert d’une couche de limon
d’épaisseur
varia-ble.
La
prairie
permanente est à dominante degraminées,
50 à 60 % :dactyle,
avoineélevée ;
de
légumineuses,
25 à 30 % : trèfleblanc,
trèfle violet et deplantes
diverses, 15 à 20 % :plan-
tain,composées
etc.Neuf
parcelles,
de 0,85 à 1,85 ha, sont irri-guées
par submersion etexploitées principale-
ment par
pâturage
d’un troupeau en rotationpendant
toute lapériode
devégétation ;
le temps deséjour
surchaque parcelle
varie de 6à 10
jours
selon l’herbedisponible,
la saison etles contraintes de
l’irrigation
par submersion.Les excédents de
fourrages
sont fauchés etfanés,
ils constituent des réserves defourrage
pour l’hiver.
- Matériel animal et conduite du
troupeau :
Le
troupeau expérimental
est formé de 300brebis appartenant, par tiers, aux
types généti-
ques suivants : Mérinos d’Arles
(peu prolifi- que),
Romanov(très prolifique)
et Romanov xMérinos
(prolifique).
Les béliers sont de raceIle-de-France
(format, aptitudes bouchères).
Lerythme
dereproduction
est de troisagnelages
en deux ans
(Octobre,
Février,Juin).
La moitiédu troupeau monte en estive à
l’exception
tou-tefois des brebis ayant
agnelé
en fin deprin-
temps.Le
troupeau pâture
lesprairies irriguées
deMars à Décembre. En
hiver,
les brebis sont éle- véespartiellement
ou totalement enbergerie
avec une ration à base de foin de Crau et d’ali-
ment
complémentaire
du commerce. Lesagneaux
pâturent
avec leur mère etreçoivent
une alimentation concentrée au cours de la
période
de finition.2
/ Contrôles, enregistrements
a / Sur les
pâturages :
L’extrême
hétérogénéité
des parcours degar- rigue
n’a paspermis
la mesureobjective
desquantités
devégétation
offerte et de leur évolu- tion.En Crau, la
production
desprairies,
la com-position floristique,
lacomposition chimique
des
fourrages
verts et secs ont été évaluées par lestechniques classiques d’analyse (Bretez
1982,
Lapeyronie
1982,Prosperi
1983, Lizzi1984).
La
quantité
de foin récoltée surchaque
par- celle a été évaluée par comptage de balles et évaluation de leurpoids
moyen.Ingestibilité
desfourrages :
La
quantité
defourrage ingérée quotidienne-
ment par les brebis Romanov et Mérinos d’Arles, à différentes
périodes
et dans divers étatsphysiologiques (brebis
àl’entretien,
allai-tantes ou
taries)
a été mesurée deux années consécutives par Mathieu(1981)
etLapeyronie (1982),
à l’aide de brebisreprésentatives
munies de fistules
oesophagiennes
ou de bacs àfécès.
b / Sur les animaux :
En
garrigue,
l’ensemble dutroupeau,
brebiset agneaux, est
pesé
tous les mois, de la nais-sance au
départ
en transhumance et tous les 2 à 3 mois le reste de l’année. En Crau, les agneauxsont
pesés
tous les 21jours.
Dans les deux sites, un carnet de
pâturage
permet de connaître, àchaque période,
et pourchaque parcelle
utilisée, l’effectif et l’étatphy- siologique (gestation, allaitement, entretien)
des brebis au
pâturage.
3 / Calcul des charges
enUOM
a
/ Pâturage :
Pour
chaque parcelle,
en utilisant les carnetsde
pâturage
et les coefficients de correctionproposés
par Susmel et al(1986),
nous avonscalculé le nombre total d’UOM par
période
depâturage,
par saison et pour l’ensemble de l’an- née. Engarrigue,
les corrections ontporté
essentiellement sur lepoids
moyen desbrebis,
leur variation de
poids (supposée
linéaire d’un contrôle àl’autre),
legain
moyenquotidien (GMQ)
des agneaux. Nous n’avons pasappli- qué
de corrections pour la croissance de la laine ni pour les besoins dedéplacement,
ceux-ci étant difficilement mesurables sur des par-
cours accidentés et embroussaillés.
Rappelons
que par définition l’UOM comporte
déjà
unemajoration
forfaitaire de 30 % des besoins d’en- tretien pour tenircompte
de la vie enplein
air.Au domaine du Merle on n’a pas tenu compte des variations de
poids
desbrebis,
celles-ciétant peu
importantes.
Dans les deux sites lesnotes d’état
corporel
n’ont pas été mesurées, la définition des UOM étantpostérieure
auxexpé-
rimentations.
b /
Fourrage sec:
iSi la
végétation
des parcours degarrigues
estintégralement
consommée parpâturage,
il n’enest pas de même en Crau où le
rythme
de crois-sance de la
végétation
et larépartition
despériodes
de submersion rendentimpossible l’exploitation complète
dechaque parcelle
par le troupeau àchaque cycle.
Unepartie
de laproduction
d’herbe est fauchée et fanée.Afin d’évaluer la
production
totale et decomparer les
parcelles,
lesquantités
de foins récoltées sont transformées d’abord en UFL, selon la valeur moyenne du foin de Crau : 0,75UFL/kg
de MS(Bretez 1982).
Ces UFL sontensuite transformées en UOM &dquo;foin&dquo; par hec-
tare par la relation 1 UOM/ha/an 237 UFL.
Toutes les
dépenses énergétiques
desanimaux sont transformées en
UOM,
cequi permet
d’évaluerla
production des
surfaces
qu’ils
ont tpâturées.
Sur les
parcelles de garrigue,
lescharges permises
sont trèsfaibles et surtout très variables.
La transhumance
ne
permet
pasun véritable
report
sur
pied de
la végétation.
Résultats
1
/ Garrigues
Les
potentiels
annuels decharge
des diffé-rentes
parcelles
degarrigue
au cours de 42 / Prairies irriguées de Crau
Le
potentiel
annuel decharge
desprairies irriguées
de Crau au cours des quatre années d’étude(figure 3)
est en moyenne de 37 UOM/ha/an - soit un peu moins de 9000 UFL - avec des variations notables entre années
(30,5
à42,2),
dues surtout à l’année 1980, et entre par- celles(31,7
à44,2).
Intra-année,
il existe des variations entre par- cellesqui
semblentdépendre
à la fois du moded’exploitation
desfourrages (proportions
defauche ou
pâture)
et del’épaisseur
des limons.La fertilisation semble
jouer également
un rôleimportant puisque
laparcelle
6, où ont été menés des essais de fumure azotée(Prosperi 1982)
s’avèreégalement
laparcelle
laplus
pro- ductive.Le tableau 2
donne,
pour lesquatre
années, larépartition
saisonnière de laproduction
defourrage exploitée
sous forme de foin et depâturage.
Environ 45 % de laproduction
estcollectée de mars à fin
juin,
30 % dejuillet
à finseptembre
et 25 % seulement d’octobre à mars.Le
dispositif
mis enplace
apermis
de consom-mer par
pâturage
environ 85 à 90 % de lamatière
sèche,
si l’onexcepte
l’année de miseen
place
del’expérimentation
où 40 % desfourrages
ont été fanés compte tenu de la constitution tardive du troupeau.La
prairie
de Crauproduit
20 foisplus
que la
garrigue
et
beaucoup plus
régulièrement.
!.L’UOM s’est avérée
fiable
pour estimer laproduction
desprairies
deCrau,
mais elleparaît
sous-estimer la
production
des parcours de
garrigue.
Discussion
1
/ Aspects méthodologiques
L’UOM est définie comme une unité de
charge
aupâturage,
avec une référenceénergé- tique.
Sonpremier
intérêt est dedisposer
d’uneréférence commune pour estimer la
production
des surfaces
fourragères exploitées
par les trou- peaux ovins méditerranéensproducteurs
de laitou de viande. L’UOM permet en
particulier
deconfronter les données des
spécialistes
utilisantles UF et de ceux
qui emploient l’énergie
méta-bolisable. Ainsi nous avons pu comparer le niveau de
production
desprairies irriguées
deCrau et d’Estramadure
(37
vs 30UOM/ha/an ;
Prud’honet al 1987).
Un second intérêt de l’UOM est d’être très concrète. La notion de
charge, exprimée
en ani-mal
standard, largement
utilisée chez les bovins(UGB, UBT),
est aussiparlante
maisbeaucoup plus précise
que lesjournées
depâturages (journées-brebis)
encore souventemployées.
Ainsi, dans nos essais degarrigue,
une
journée
brebiscorrespond
à 1,7-2 UOM auprintemps,
0,8-1 UOM en été, 1 à 1,2 UOM àl’automne,
compte tenu de l’étatphysiologique
des brebis. Elle a une valeur
plus
élevée pour les brebis transhumantesqui
ontpris
dupoids pendant l’estive ;
elle est de 10 %supérieure
chez les brebis Romanov x Mérinos
comparée
aux Mérinos dArles.
En
garrigue,
nous nedisposons
pas d’étude similaire au cours de lapériode
1981-1984.Toutefois,
dans des travaux antérieurs situéssur le même type de parcours
(Thiault
et al1979),
lesquantités d’énergie
nette consom-mées par des brebis vivant en permanence en
garrigue dépassaient
trèssensiblement,
à pro- ductionégale,
les besoins calculés pour des brebis enbergerie : respectivement
+ 55 %pendant
la lutted’automne,
+ 45 % en fin degestation,
et + 43 %pendant
la lactation deprintemps.
Ces valeurs sontsupérieures
aux30 % des besoins d’entretien
pris
en compte forfaitairement dans le calcul des UOM. On peut donc penser que les valeursprésentées
autableau 1 et à la
figure
1 sont sous-estimées.Peut être aurait-il été nécessaire
d’apporter
des corrections
supplémentaires
pour tenircompte
desdéplacements
horizontaux et verti-caux nécessités, sur ces
parcelles,
par le reliefet la recherche d’une
végétation
rare et pauvre, mais comment les évaluer defaçon simple ?
Peut être serait-il
préférable
d’introduire un nouveau facteur de correction forfaitaire tenantcompte des différents niveaux de difficulté des milieux pastoraux : par
exemple,
1 pourprairie
deplaine ;
1,3 pour parcours pauvres decôteaux ;
1,5 pour desalpages
d’altitude ?2 / Aspects zootechniques
Au-delà des
aspects méthodologiques,
l’étude des
potentiels
deproduction
des par-cours de
garrigue
et desprairies irriguées
deCrau a mis en évidence un certain nombre de
points originaux, particulièrement
évidentsavec
l’expression
en UOM.a / Niveau de
production
Avec un même
type
decheptel
et unpâtu-
rage en
plein
airintégral,
laproductivité
desparcours de
garrigue
est environ 15 à 20 foisplus
faible que celle desprairies irriguées
deCrau. Encore faut-il
souligner
que les valeurs obtenues engarrigue,
2,3UOM/ha/an,
sont sensiblementsupérieures
aux valeurs lesplus
couramment citées dans de tels milieux : 100 à 350
kg
de MS/ha/an soit 0,3 à 1UOM/ha/an (Molénat 1980). L’exploitation
des parcourssous la conduite d’un
berger
est souvent trèsincomplète (simple tri)
cequi
n’est pas le casdans le cadre de cette
étude,
réalisée en parcs clôturés et à fortecharge
instantanée.b / Variations
des charges
UOML’amplitude
extrêmement forte des variations annuelles et saisonnières deproduction
surune même
parcelle
degarrigue dépend
essen-tiellement des conditions
climatiques ;
deplus,
les variations entre
parcelles
sont tout aussi fortes. Bâtir unelogique d’exploitation opti-
male des parcours alors que lacharge permise
varie dans le
rapport
de 1 à 2,5 d’une année à l’autre, ou bien que lareprise
devégétation
peut être étalée sur unepériode
deplus
dedeux mois, nécessite de
disposer
de solidessolutions de
rechange
pour combler les déficits despériodes
depénurie.
La mise aupoint
detechniques
de traitement despailles
à l’ammo-niac
(Cordesse 1982)
nous apermis,
sans tropde
problèmes,
de contourner cette difficulté. La cultured’espèces
decomplément (graminées, légumineuses)
consommées surpied
au coursdes
périodes
depénurie,
ou récoltées et stockées les annéesfastes,
constitue une autresolution
qui, malgré
tout, n’est pas à l’abri des aléasclimatiques puisque
les mêmes causes peuventproduire
les mêmes effets. Surprairies
de Crau les variations sontbeaucoup plus
atté-nuées.
c / Transhumance et réserve
fourragère
L’envoi du troupeau en
transhumance,
en fin deprintemps,
ne permet pas d’accumulerbeaucoup
de réserves surpied
engarrigue :
dans les meilleuresconditions,
la durée dupâturage
d’automne estprolongée
d’une à deuxsemaines mais, le
plus
souvent, dequelques jours.
Lesfourrages épargnés
l’étéreprésentent
seulement 25 à 35 % de ce
qui
eut étéexploité
en l’absence de transhumance. Par contre, en
alpage,
les brebis gagnent 2 à 3kg (Tchakerian
et Pelzer
1984).
Conclusion
Cette étude avait un double
objectif :
- mettre en
application,
sur unexemple
concret,
l’expression
de lacharge
despâturages
en une unité
standard,
l’Unité Ovine Méditerra- néenne ouUOM ;
-
secondairement,
comparer les résultats obte-nus sur parcours de
garrigue
et surprairies
irri-guées
de Crau.Sur le
premier point, l’application
du modede calcul des UOM à la détermination des
charges potentielles
desprairies
et parcours s’est avérée aisée dans la mesure où existaient les contrôles etenregistrements
nécessaires pour effectuer les correctionsprévues.
L’éva-luation des
charges pastorales
enUOM/ha/an
s’est révélée
expressive ;
elle permetégalement
de comparer les travaux de chercheurs de for- mation différente. S’il y a peu de
critiques
à faire aux coefficients de corrections utilisés pourexprimer
les divers besoinsénergétiques (croissance, production, reproduction)
en uni-tés
standard,
onpeut
sedemander,
par contre, si unemajoration
uniforme de 30 % des besoins d’entretien d’une brebis standard pour tenir compte de la vie enplein
air est suffisantedans toutes les situations. Dans des conditions difficiles il serait
probablement
souhaitable d’utiliser un facteur demajoration complémen-
taire
qui
reste àpréciser.
Sur le second
point, qui
estindépendant
dusystème
d’unitésutilisé, l’analyse
de 4 annéesde résultats dans deux milieux extrêmes a mis clairement en lumière la très
grande
variabilité despossibilités pastorales
des parcours en fonction des conditionsclimatiques
annuelleset
saisonnières ;
surprairies irriguées
de Craul’amplitude
des variations est très atténuée.Sur un
plan plus général,
nos résultats illus- trent la difficulté de construire unsystème d’élevage
axé sur l’utilisation maximale des res- sources des parcours si l’on nepossède
pas un volantimportant
de ressourcesfourragères
deremplacement.
Remerciements
Ces études ont été réalisées dans le cadre d’un contrat INRA- CEE-AGRIMED. Nous remercions les étudiants et techniciens dont les nombreuses mesures et observations ont permis la réalisation de ce travail.
Références bibliographiques
BRETEZ M., 1982. Etude sur la qualité du foin de Crau.
Comité foin de Crau. FDSA, Aix-en-Provence.
CORDESSE R., 1982. Amélioration de la valeur nutritive des pailles par les traitements chimiques. Thèse Dr. !nné- nieur, Montpellier.
DAGET P., POISSONET J. 1971. Une méthode d’analyse phytologique des prairies. Ann. Agron., 22 (1), 5-41.
M. PRUD’HON,
G.MOLENAT,
P. LAPEYRONIE, G. REBOUL. Is UOM(Mediterranean
OvineUnit)
agood
reference for the evaluation of theproduction
of mediterraneangrazing
areas ?PHILOETIOS, a group of mediterranean research workers, defined a standard unit, the UOM or Mediterranean Ovine Unit, to estimate and com- pare roughage
production
from pasture andbushy
areas.The UOM is defined as the
disposable
energy ingestedby
a 45 kg ewe fed at maintenance on pasture. All other energeticexpenditure
is con-verted into UOM.
In this work the UOM was used to compare the potential production of irrigated Crau meadows and « garrigue » rangelands grazed by sheep
only, during
4 years. Mean values,respectively
37 and 2.3UOM/ha/year,
showclearly
what could be obtained on such pastures.Moreover, this
study
shows the extreme variability of seasonal and annual results from garriguerangeland,
and their heterogeneity. Productionvalues vary in the ratio of 2.5 to 1 among years for the same plot of land as well as among different
plots
for the same year.For irrigated meadows, there is less variation.
Calculation of UOM is
simple
but requires the verification of several parameters : grazing schedule,regular
weighing of ewes and lambs, breed- ing andbody
score.The use of corrective factors leads to consistent results for Crau irrigated meadows. On the contrary, for grazing in worse conditions on bushy
areas such as « garrigue », it seems that the usual
specific
needs forliving
outdoors(i.e.
30 % of the maintenanceneeds)
are underestimated. A further correction appears to be necessary for grazing in range conditions.PRUD’HON M., MOLENAT G., LAPEYRONIE P., REBOUL G., 1989. L’unité ovine méditerranéenne est-elle une bonne reference pour évaluer la
production
des pâturages méditerranéens ? Bilan de quatre ans d’utilisation en garrigue et en Crau. INRA Prod. Anim., 2 (1), 39-46J.B. COULON,
P. FAVERDIN, F. LAURENT, Geneviève COTTO. Influence of thetype
of concentrate ondairy production.
Fourty five experiments were conducted to study the influence of the type of concentrate
(starchy (S)
or containinghighly digestible
fiber(F))
ondairy
cowproduction.
Rumen fill wasslightly
lower with F than with S concentrate. On average, milkproduction
and milk fat content werehigher
with F than with S concentrate wereas milk protein levels were lower(+
0.5 kg/d, + 0.6 g/kg and - 0.4 g/kg,respectively).
These effectswere very variable between experiments and were more pronounced with diets containing at least 50 % concentrate
(+
1.3 kg/d of fat-corrected milk, + 3.3 g/kg in milk fat content and - 0.8 g/kg in milk protein content when comparing F and S typeconcentrates).
In usual concentrate usage in France, the health status of dairy cows is unaffectedby
the type of concentrate. Thus, the type of concentrate to be used should be chosen on the basis of economical andpractical
considerations rather than observed differences in animal production.COULON J.B., FAVERDIN P., LAURENT F, COTTO Geneviève, 1989. Influence de la nature de l’aliment concentré sur les
performances
desvaches laitières. INRA Prod. Anim., 2
(1),
47- 53J.L.
TROCCON, M. PETIT. Heifergrowth
andsubsequent production.
Dairy and
suckling
heifer rearing, from birth to firstcalving
at 2 or 3 years, needsoptimal feeding
andgrowth
conditions according to their genotypes andproduction potential.
To obtain normal
fertility,
the age atpuberty
of the heifers should coincide with the expected breeding date. However a toohigh
or too low pre-pubertal live-weight
causes decreased mammarydevelopment
and milkproduction
in first orsubsequent
lactations.High
live-weight
at first calving andpostpubertal
live-weight
gain increasedfertility
and milkproduction
of firstcalving
cows. Their body stores increased and their requirement forgrowth
during lactation decreased.Body
size or fat content of the cow did not affect thealready
low feedintake in
early
first lactation, nor ease ofcalving,
nor the cow’s life expectancy.TROCCON J.L., PETIT M., 1989. Croissance des génisses de renouvellement et
performances
ultérieures. INRA Prod. Anim., 2 (1), 55-64Armelle PRUNIER. Influence of boar contact on
gilt
age atpuberty.
In this review of the literature we have investigated the influence of boar contact on the puberty attainment in the
gilt.
Nature of the sensorycues involved, endocrine reaction of the female and influence of
endogenous
and environmental factors on theefficiency
of the boar to advancepuberty
weresuccessively analysed.
The boar stimulus is very
complex
and seems to involveolfactory, auditory,
visual and tactile cues. The gilt reacts to the introduction of the boar with an increase in cortisol secretion which could be necessary but not sufficient, in itself, to stimulate sexualdevelopment.
Decrease in the age atpuberty,
due to boar influence, has been observed with various genotypes of females. The effect ishighest
with a mature male and when thereare full physical contacts. Exposure of short duration
(10
to 30minutes/day)
give similar results as permanent contacts. Exposure of females to the maleduring
the growingphase
does not seem detrimental to the efficiency of subsequent boar introduction.PRUNIER Armelle, 1989. Influence de la presentation au verrat sur l’âge à la