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a prise en charge des maladies chroniques évolue perceptiblement dans notre système de santé avec le souci d’une approche de plus en plus multidisciplinaire et la préoccupation de prendre en compte les besoins des patients. Néanmoins, ces besoins sont sou
vent déterminés par les soignants et parfois par des structures adminis
tratives qui sont loin de la réalité quotidienne de ce que vit le patient. La vie du patient est rythmée par de nombreux facteurs, y compris psycho
sociaux, culturels, familiaux, financiers et plus globalement liés à son propre environnement ; les besoins des patients sont en réalité très mal identi
fiés, dépendent fortement du sys tè me de santé et très peu d’études se sont préoccupées de leur avis dans la litté
rature scientifique.
La médecine contemporaine a néan
moins développé trois concepts depuis les années 1970 : la médecine fondée sur les preuves, l’éducation thérapeutique du patient et le principe du respect de l’autonomie du patient ; ces deux derniers concepts contre
balancent les pouvoirs de la médecine fondée sur les preuves qui peut dominer une médecine des maladies. La prise en compte des besoins des patients dans le système de santé est une nouvelle étape qui devrait permettre de mieux accomplir le parcours de santé du patient.
C’est dans ce contexte qu’un des articles de ce numéro, consacré au dia
bète, aborde l’étude DAWN. La première étude DAWN, qui date de 2001, était la première étude psychosociale internationale sur le diabète. Ses objectifs étaient de comprendre les perceptions et les comportements des patients diabétiques et de leurs soignants et d’identifier les axes d’amélioration de l’accompagnement et de la prise en charge des patients.
L’étude avait mis en évidence des écarts majeurs entre les besoins des patients diabétiques et les dispositifs existant réellement en matière de soutien psychologique, de support d’éducation et d’autogestion. Les pro
blèmes psychosociaux étaient extrêmement prévalents ; un faible niveau de bienêtre général ressortait pour plus de quatre patients sur dix, une prévalence de la dépression deux à trois fois supérieure chez les per
sonnes atteintes de diabète, une peur des hypoglycémies et l’impression d’être restreint dans les activités de la vie quotidienne, en particulier sur le plan diététique avec un sentiment de culpabilité. Dix ans plus tard, la suite de l’étude DAWN, DAWN 2, amplifie ces données et les étend sur dixsept pays. L’objectif de l’étude DAWN 2 était d’évaluer et d’explorer les moteurs et obstacles potentiels d’une gestion active et efficace du dia
bète chez les patients diabétiques, les membres de leur famille et les professionnels de la santé. Cette étude démontre à nouveau que le dia
bète génère de manière globale une forte anxiété et une grande crainte des hypoglycémies induites par le traitement. Elle relève aussi l’importance de l’entourage familial dans la prise en charge, un décalage important entre la perception des professionnels de santé et celle des patients pour le soutien et la prise en compte des facteurs émotionnels et l’écoute des problèmes psychologiques. Enfin, l’impression des patients est que la
Le concept de parcours de santé ou la difficile révolution de la prise en charge des maladies chroniques
«… les besoins des patients sont en réalité très mal identifiés …»
éditorial
Revue Médicale Suisse – www.revmed.ch – 4 juin 2014 1227
Editorial
J. Philippe J. Ruiz
du professeur
Jacques Philippe
Médecin-chef
Service d’endocrinologie, diabétologie et nutrition
HUG, Genève et du docteur
Juan Ruiz
Hôpital Riviera-Chablais Site du Samaritain Vevey
Articles publiés sous la direction
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coordination entre les acteurs de santé, y compris psychosociaux, doit être largement améliorée pour répondre à leurs attentes.
En conclusion, si les études centrées sur la physiopathologie du dia
bète, l’efficacité des traitements sur des paramètres biologiques mais aussi sur la morbidité et la mortalité de
meurent critiques, il reste une large place pour les domaines inexplorés de la réalité quotidienne de la prise en charge du dia
bète qui con cerne bien entendu au pre
mier plan le patient mais aussi l’ensemble des soignants. Ces études devraient per
mettre d’améliorer la qualité de vie des patients durant leur parcours de santé.
Les autres articles, sur la télémédecine, le Programme cantonal vaudois et les traitements du diabète vous permettront d’acquérir de nouvelles informations et connaissances qui, nous l’espérons, vous seront utiles dans votre activité clinique.
Bonne lecture à toutes et à tous.
1228 Revue Médicale Suisse – www.revmed.ch – 4 juin 2014
«… l’impression des patients est que la coordination doit être largement améliorée pour répondre à leurs attentes …»
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