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Tout est calme et bai¬ gne dans la verdure et le parfum des fleurs

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•Mim REVUE BIMENSUELLE 23 JUIN 1989 N°12 Fr.3.50

(2)

LE BILLET

PAR GÉRARD BOURQUENOUD

COURRIER

DU COEUR

Dans mon courrier, ce matin, il y avait trois car¬

tes postales. Je n'ai pas eu le temps de les regar¬

der de près ni de les lire sur-le-champ Je me suis dit que durant le week- end, je pourrai mieux percevoir ce que racon¬

tent mes amis en vacan¬

ces quelque part dans le monde et, surtout, devi¬

ner ce que ces touristes d'une quinzaine estivale ne peuvent décrire sur une carte postale: leur évasion sur les rives de l'Adriatique ou leur voya¬

ge en avion sur un autre continent.

La première carte me fait découvrir les gondo¬

les amoureuses de Veni¬

se, le Pont des Soupirs, avec comme fond la Pla¬

ce St-Marc Aucun détail n'est oublié et c'est d'une beauté exception¬

nelle, comme si l'amour d'un endroit prisé par les gens en quête d'aventure vous ré¬

chauffait le cœur.

Le deuxième message est une vue du Canada sur laquelle on peut ad¬

mirer le fleuve Saint- Laurent qui ondule à travers le paysage et qui a pour effet une invita¬

tion à parcourir le Qué¬

bec. Limage de ce pays déclenche comme un mouvement de tendres¬

se, presque une nostal¬

gie qui fait penser que bon nombre de Fribour- geois sont exilés sur ces terres du Canada bai¬

gnées par trois océans:

Atlantique, Pacifique et Arctique.

La troisième carte vient de Belgique, plus précisément de Bruges qui se reflète dans l'eau de ses nombreux cours d'eau qui arrosent la vil¬

le Les mots sensibles écrits sur cette carte ressemblent étrange¬

ment à un courrier du cœur. Sur la photo on y voit un pont de pierre qui enjambe un ruisseau paisible, reliant les deux

rives l'une à l'autre, com¬

me deux amoureux qui se donnent la main.

Tout est calme et bai¬

gne dans la verdure et le parfum des fleurs. On devine le soleil filtré par les branches des grands arbres, découpés com¬

me la dentelle qui fait la réputation de Bruges.

Toutes ces choses, peti¬

tes ou grandes, m'accro¬

chent à ces cartes pos¬

tales qui font parfois du bien à nous, les Suisses, qui travaillons beaucoup trop pour être vraiment heureux. Lire ces messa¬

ges est comme un mo¬

ment de paix et de joie que je vis pleinement, l'espace d'un instant, mais qui, tout à coup, me donne des ailes...

pour partir à mon tour, quelque part dans le monde, où il fait tou¬

jours beau.

(3)

SOMMAIRE 23 JUIN 1989 N° 12

Le respect de la vie

Un été au Pays de Fribourg Une authentique culture villageoise 150e anniversaire de la Fantare

du Collè9e St-Michel

Le Pays de Fribourg à l'heure des moissons.

Bonjour Monsieur le syndic de Treyvaux.

Notre couverture:

Coquilles... de gourmets!

Nouveau président

pour la Société fribourgeoise des officiers

4 5 6

8 9

10 Treyvaux, un village serein

et des perspectives qui se dessinent 13 Vierge-Mère et archétype de la féminité 21 HC Fribourg-Gottéron:

les producteurs à l'honneur,

les acteurs au boulot 22 René Fasel: «Oslo ne rime pas avec Waterloo!» 23

Joueur, puis arbitre national et international, il est aujour¬

d'hui président de la Ligue suisse de hockey sur glace.

L'arbre de Jessé

Fenestrages portant au sommet du tympan Marie, Fleur des Fleurs, vitraux dessinés par l'artiste Serge de Castro et réalisé par le verrier Michel Eltschinger, de Villars-sur-Glâne, à la façade nord de la Collégiale de Romont.

Photo Dominique Souse Tiré du livre «Nouveaux signes du Sacré», Editions Fragnière SA, Fribourg.

Notre reportage en page 21.

Exposition «Dinosaures»

L'approvisionnement de notre pays L'homme et le blé:

une union étroite dans l'histoire Le blé: variétés, sélection, culture Le tabac sur Fribourg

Quand nous étions petits enfants Folklore et chansons à gogo!

Hommage à ceux qui nous ont quittés

24 27

29 31 33 37 38 41

(4)

i ' AI R_DÜ ^

LE RESPECT DE LA VIE

FRIBOURG ILLUSTRÉ est une re¬

vue à caractère populaire. Il est tou¬

jours de bon ton de parler du peuple, en termes généraux, voir de le flatter pour essayer d'obtenir son agrément sur un sujet précis. Il n'est pas vain de réfléchir sur le contenu d'un pé¬

riodique et pour ainsi dire, sur sa vo¬

cation. La revue spécialisée n'exclut personne, mais elle a un objectif pré¬

cis, elle peut user du vocabulaire qui convient et qui est compris des lec¬

teurs. Une publication populaire doit-elle épargner toute difficulté au lecteur? Je ne le pense pas. Et ceci pour une raison simple: la revue po¬

pulaire prétend toucher de larges couches de lecteurs. Faut-il ignorer cette catégorie d'abonnés qui aiment

trouver matière à réflexion, parce qu'ils sont mieux préparés que d'au¬

tres, du fait de leurs études, au com¬

merce des idées et des spéculations de l'esprit. Mais soyons prudents, j'ai connu un jour un paysan qui faisait montre, dans la conversation de beaucoup de bon sens et d'un juge¬

ment plein de finesse. Il n'avait fré¬

quenté que l'école primaire. Devant ses connaissances en histoire, je de¬

vins curieux. Il avoua modestement qu'il était membre de la Société fri- bourgeoise d'histoire. Cet homme avait fait ses humanités dans les champs, d'autres les font sur le chan¬

tier, à l'usine, par le biais de l'artisa¬

nat aussi.

L'ARTICLE DE FOND

Il traite de ce qui est essentiel, fonda¬

mental. Ainsi parlent les dictionnaires.

En lui-même, le catalyseur n'est pas un bon sujet pour un article de fond. Mais il peut servir de thème à une réflexion sur la qualité de notre environnement.

Voyons maintenant la réalité. Je peux trai¬

ter du respect de la vie en une page. Mais je dirais que c'est presque trahir son sujet.

On pourrait aussi bien y consacrer cent pages et le problème posé montrerait en¬

core des lacunes, exigerait des corrections.

Dès lors, il semble qu'il faille suivre le conseil de Descartes qui suggérait de divi¬

ser la difficulté pour la mieux surmonter.

C'est encore lui qui pensait que la majori¬

té des personnes était à même de com¬

prendre des principes. C'est ainsi que naît la vie de l'esprit. Diviser la difficulté re¬

vient à traiter d'un sujet en plusieurs li¬

vraisons. C'est ce que je me propose de faire.

LES TROIS RÈGNES

Tous les écoliers savent qu'il existe trois rè¬

gnes dans la nature: minéral, végétal, ani¬

mal. Le minéral fut longtemps considéré comme inanimé. La science a prouvé que l'eau qui est un minéral est formée de mo¬

lécules et qu'une molécule d'eau se définit par une formule H20, ce qui signifie que la molécule d'eau est composée de 2 ato¬

mes d'hydrogène et d'un atome d'oxygè¬

ne. Mais l'atome est formé d'un noyau composé de protons et neutrons et autour de noyau circulent un ou plusieurs élec¬

trons (planétaires) sur des orbites. Loin d'être inanimée, la matière est riche d'une prodigieuse vie physico-chimique.

RESPECT DU MINÉRAL

Bien avant que les hommes percent quel¬

ques secrets de la matière, ils avaient le respect du minéral. D'instinct, ils ne gas¬

pillaient pas l'eau, ils comprenaient que la terre était un support pour la plante et la traitaient avec ménagements. Les vigne¬

rons de Lavaux ne s'épargnaient aucune peine pour la mettre en «caisses» comme disait Ramuz. On commence à compren¬

dre qu'il faut respecter le minéral et que tant de manipulations ont conduit à un lent et sûr empoisonnement de notre mi¬

lieu vital.

Gérard Menoud

(5)

TOURISME

UN ETE AU PAYS DE FRIBOURG

Des loisirs à gogo

Vacances 1989 au Pays de Fribourg... par le chemin des écoliers.

Nature, sport, culture, décou¬

verte... tout le Pays de Fri¬

bourg regorgera de possibili¬

tés de loisirs et d'excursions cet été. Sur cette terre d'ac¬

cueil et de plaisirs, il y en aura pour tous les goûts, à l'image des initiatives prises par les sociétés de développe¬

ment/offices du tourisme et auxquelles sont conviés aussi bien les Fribourgeois que leurs hôtes. Très honorés, de part et d'autre, de faire con¬

naissance...

Des établissements publics tout neufs vivront leur pre¬

mier été à Bulle, Charmey, Fri¬

bourg et Gruyères, sans ou¬

blier le nouveau Caveau des vignerons du Vully, à Môtier, tandis que le chalet d'alpage du Moléson sera métamor¬

phosé, en cours de saison, en centre de promotion des pro¬

duits régionaux. Fromage, crème, chocolat, vin... et au¬

tres délicieuses fantaisies !

Transports de joie

C'est le moment de rappeler nos remontées mécaniques d'été, toujours très attractives, à Schwarzsee/Lac-Noir, à la Berra, à Charmey et au Molé¬

son, avec une mention toute spéciale à l'unique téléski nau¬

tique de Suisse, à Estavayer-le- Lac... De cette cité, comme du bourg historique de Morat, les unités de la LNM emmène¬

ront leurs passagers en excur¬

sion sur les trois lacs ou en croisières gastronomiques, nocturnes, musicales et dan¬

santes.

De leur côté, les Chemins de fer fribourgeois (GFM), qui tissent un incomparable ré¬

seau de lignes ferroviaires et routières dans l'ensemble du canton, ont élaboré une palet¬

te de produits propices à la dé¬

couverte estivale de nos plus belles destinations: de «Pedi- bus» (10 balades pédestres combinées avec le train ou le bus) à «Fripass» (libre par¬

cours journalier sur les ré¬

seaux GFM/TF), en passant bien sûr par le fameux train

«Grevîre» qui met sa compo¬

sition rétro (automotrice de 1903, fourgon postal et voiture-bar-carnotzet) à dis¬

position des groupes dès 50 personnes.

Autres voies proposées, les 2200 kilomètres de sentiers pé¬

destres striant le territoire fri¬

bourgeois et faisant marcher leurs adeptes selon diverses formules: la randonnée indi¬

viduelle, la marche guidée en groupe et le voyage forfaitaire d'une semaine, tel que le pro¬

pose l'Union fribourgeoise du tourisme (case 921, 1701 Fri¬

bourg) pour l'Itinéraire des Préalpes et l'Itinéraire des campagnes et lacs. Le coq de bruyère ou le renard.

Un esprit sain...

... dans un corps sain ! Tout est mis en oeuvre pour réussir le défi du célèbre adage. Rares sont d'ailleurs les régions helvé¬

tiques capables d'offrir à cet égard des recettes aussi variées : stages d'alpinisme (Charmey) et de voile (Estavayer-le-Lac, Morat), 14 circuits balisés de cyclotourisme, vol-à-voile (Epagny-Gruyères), parachu¬

tisme (Ecuvillens), aviron (Schiffenen), initiation au pa- rapente et au delta (Moléson) avec, en prime, du trottinerbe...

Quant à la station reine de la vallée de la Jogne, elle relance sa «Charmey Card» qui offre diverses formules de vacances actives à gogo, culturelles et sportives, assorties de moult suggestions gastronomiques pour mettre en valeur la cuisine régionale.

Parmi les manifestations les plus originales de l'été 1989 au Pays de Fribourg, il y a lieu de citer la table d'hôte de l'ONST à Fribourg (7/8 juillet) et Estavayer-le-Lac (5 août), le Théâtre de Shakespeare (3-5 juillet) et les Sérénades d'été (18-20 août) à Morat, la Nuit de la boule à Estavayer-le-Lac (29 juillet), le Festival d'astro¬

nomie au Moléson (1er - 15 août), les Concerts au Châ¬

teau de Gruyères (6, 9 et 15 août), les Rencontres folklori¬

ques internationales (22-27 août) et le Festival Michel Corboz (23 septembre-l" oc¬

tobre) à Fribourg...

Romont, capitale suisse du vi¬

trail, offrira des circuits cultu¬

rels dans les églises glânoises, après avoir convié les amou¬

reux du vitrail dans la nouvelle Salle Saint-Luc de son musée.

D'ailleurs, les musées des sept districts ne manqueront pas de profiter de la haute saison pour réaffirmer leur vocation d'accueil, de mise en valeur du patrimoine populaire et d'ani¬

mation artistique. Quant à no¬

tre capitale culturelle, elle ou¬

vrira les portes de ses nombreuses galeries... ainsi que les 365 marches de la tour de la cathédrale de St-Nicolas.

Là-haut, sur Fribourg...

Enfin, ceux qui recherchent l'âme de ce pays... ou quelque objet d'un autre temps trouve¬

ront leur bonheur dans de nombreux marchés, folklori¬

ques et artisanaux, brocantes et autres braderies, organisés dans nos chefs-lieux de dis¬

trict. Pour que l'été imprègne nos cités et descendent dans la rue.

José Seydoux

(6)

NOTES MUSICALES

MUSICIENS DE LA SARINE ÀPREZ

UNE

AUTHENTIQUE

CULTURE VILLAGEOISE

prier avec ferveur «Dame Mé¬

téo»! Tous ces préparatifs, toute cette fièvre peut, pour certains, prêter à la raillerie, mais il n'en demeure pas moins que, de même que

«l'âme du vin chante dans les bouteilles» comme dit si bien Baudelaire, la musique chante dans l'âme des Suisses. Or, si un peuple vient à perdre son âme, il est tout près de perdre son identité.

Rassurons-nous bien vite, cel¬

le des Fribourgeois n'est pas perdue, bien loin de là. Preuve en est le succès remporté par la

La fête d'un Giron de musi¬

que, c'est toujours un événe¬

ment auquel chaque partici¬

pant, à quelque titre que ce soit, se prépare longtemps à l'avance déjà. Si chaque direc¬

teur met son point d'honneur dans un bon classement de sa formation, chaque comité or¬

ganisateur lui, rêve de faire mieux que le précédent. Mais, alors que certains facteurs de réussite ne dépendent que du travail de chacun, d'autres, tel un ciel bleu, pour le grand cor¬

tège tout au moins, ne relèvent que de la chance et Dieu sait que, sous nos climats, il faut

(7)

NOTES MUSICALES

dernière Fête des musiques de la Sarine qui, cette année, se déroulait à Prez-vers-Noréaz.

Sous un ciel clément, mis à part un passage quelque peu pénible, c'est un village riant, fleuri qu'ont investi les musi¬

ciens des dix-neuf fanfares, certains tantôt joyeux, tantôt soucieux. Peut-être les résul¬

tats des concours ou l'appro¬

che de l'épreuve en étaient-ils la cause! Mais, l'essentiel n'étant pas de gagner, mais de participer, tous retrouvèrent bien vite le sourire. Là, peut-

saient bien l'admiration suscitée par la succession des chars, tous plus réussis les uns que les autres. Une question néanmoins était posée par un spectateur, celle de savoir «où diable vont-ils chercher tous ces vieux tracteurs, ces vieilles machines, voire tous ces vieux ustensiles de ménage ou de cuisine»? La question reste posée !

Texte et photos : André Brunisholz

être, l'excellence de la cuisine ainsi que celle des vins y étaient-elles pour quelque chose !

Sur le thème «Des souvenirs du temps passé... aux rêves du futur», plus de quarante grou¬

pes avaient rivalisé d'imagina¬

tion et de travail, pour le plus grand plaisir de la vue... et de l'ouie. A tout seigneur, tout honneur, c'était aux chevaux piaffant, à l'œil fier du tou¬

jours superbe Cadre noir et blanc qu'il appartenait d'ou¬

vrir la parade. Les applaudis¬

sements nourris du public di-

«S

(8)

NOTES MUSICALES

FANFARE DU COLLÈGE ST-MICHEL:

UN ANNIVERSAIRE ARROSÉ

D'UNE BIÈRE SPÉCIALE Dans notre beau pays de Fri-

bourg, les fêtes de musique se suivent et, forcément, se res¬

semblent souvent. Cepen¬

dant, il en est une qui, derniè¬

rement, s'est distinguée des autres. En effet, outre qu'elle n'affichait à son programme que deux ensembles - qui, parfois, n'en faisaient qu'un - et qu'elle n'englobait pas tou¬

tes les formations d'une ré¬

gion, elle avait pour seul ar¬

gument le 150e anniversaire de la Fanfare du Collège Saint-Michel. Dès lors, si elle était fatalement limitée dans la quantité, tout au long des festivités, elle ne le fut ni dans la qualité de la musique, ni dans la chaleur et le sourire.

L'armée, disait Ho Chi-Minh, doit être dans le peuple com¬

me un poisson dans l'eau. En La fanfare du collège cuvée 88/89.

plagiant l'oncle Ho, on pour¬

rait énoncer, à un mot près, la même devise, pacifique celle- là, pour les «fanfarons» du Collège. Ils ont régalé de leurs mélodies, le vendredi soir, leurs condisciples de Saint- Michel, les habitants de la ville lors de leur concert à la place de l'Hôtel-de-Ville, le lende¬

main matin, ainsi que tous les anciens collégiens amis et sympathisants au cours de leur spectacle du samedi soir, en l'aula de notre université.

Celui-ci, apparemment d'une délicieuse spontanéité, avait certainement été préparé avec soin. Et c'est ainsi que l'on as¬

sista à un véritable show, éton¬

nant de variété et de rythmes, sans oublier la décontraction et les facéties du directeur, Charles-Henri Bovet, superbe animateur, qui, non content d'égarer sa baguette, fit, au ta- ragot, une brillante démons-

Un numéro burlesque particulièrement apprécié.

tration de ses qualités de so¬

liste.

Après le programme résolu¬

ment moderne de la Fanfare

du Collège 1988-1989, faisant une large part aux composi¬

teurs anglo-saxons, venait le tour des musiciens du Belzé.

Entendez par là une forma¬

tion des anciens de la Fanfare, forte de 58 instrumentistes et formée pour la circonstance.

En interprétant aussi aisément Jean-Sébastien Bach que Georges Bizet, en passant par George Gershwin, ceux-ci dé¬

montrèrent que, pour de bons musiciens, point n'est besoin de nombreuses répétitions.

Après le grand final qui vit les deux formations réunies, la fête se poursuivit tout au long d'une soirée familière, avec l'aide d'une bière spécialement brassée par Cardinal. Mais, par contre, on n'y distilla pas l'ennui !

Texte et photos:

André Brunisholz

(9)

LA PAROLE À...

Par Maurice Métrai

Elles font les délices de certains lecteurs. Les cau¬

chemars aussi des correc¬

teurs ! Les uns, amusés par l'image extravagante causée par l'inversion, la disparition ou l'extrapola¬

tion d'une seule lettre. Les autres horrifiés d'avoir laissé passer la boulette qu'ils s'efforçaient, juste¬

ment, d'éviter à partir de certains mots se prêtant volontiers aux desseins malicieux du hasard...

Tenez, en moins d'une sai¬

son, j'ai moissonné dans la presse helvétique, et dans certaines de mes lec¬

tures, un véritable lot de coquilles, drôles ou sala-

COQUILLES... de gourmets!

ces, désopilantes ou tru¬

culentes, pimentées sou¬

vent par des mastics fort croustillants...

Ici, «... la Verge a été ho¬

norée comme il conve¬

nait... » ( Vierge). Là,

«...les saints nus abon¬

daient sur les plages espa¬

gnoles...» (seins). A croire qu'on les consacre plus fa¬

cilement du regard... que l'âme! Ailleurs: «...Le ver est parfait dans ses articu¬

lations rythmées. La poé¬

sie atteint ici sa plénitu¬

de... » Au juste, s'agit-il d'un ver de terre ou d'un vers littéraire?

Plus loin encore: «Le sin¬

ge de la fatalité a sévi...»

(signe). En voulant citer Charles Trenet, un criti¬

que de peaufiner: «La mère qu'on voit danser le long des quais...» (mer).

Dans un roman: «Il scella son cheval et partit au ga¬

lop... » De quel sceau, au

vrai, le sella-t-il, son fa¬

meux canasson? Et que penser de cette équivo¬

que? «La voisine offrit son chat au curé qui l'ho¬

nora sur-le-champ... » L'auteur a malheureuse¬

ment oublié de nous pré¬

ciser qui, au juste, le prê¬

tre a honoré... du chat ou de la voisine... Ou alors:

de celui-là de celle-ci...

Deuxième tome d'un poli¬

cier: «La princesse avait été violée, à son insu, par son valet de chambre... » Voyez-vous ça ! Difficile, non? A moins qu'elle n'ait simplement été volée... Et encore, toujours dans le même chef-d'œuvre: «Il s'escrimait sur sa vulve depuis une heure au moins...» (valve). Et la bourde: «Il avait le cul rouge tricoté large...»

(pull).

Personne - et les correc¬

teurs le savent bien - n'est

à l'abri d'une coquille. Les auteurs la craignent da¬

vantage qu'un virus.

Même si Alexandre Du¬

mas, de sa plus belle vei¬

ne, a écrit un jour: «Elle dormait en lisant et allait ainsi, de page en page, comme d'un chemin à l'autre, d'un pas alerte...»

Coquilles chaudes, en gui¬

se de dessert ! «A peine était-il entré en elle que le coup partit... » (chez elle).

Et celle-ci, non tarifée:

«Au bordel, des adoles¬

cents passaient de déli¬

cieuses vacances...» (Au bord d'elle... en parlant d'une rivière).

Et si, par dérision, mon billet corsé se transfor¬

mait en satané ballet rose? Cela m'apprendrait à ne plus rire... des autres, en dégustant des coquil¬

les. Je me contenterais alors de grimacer sur les miennes!

VOUS

RECONNAISSEZ-VOUS?

Si tel est le cas,

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RÉDACTION DE FRIBOURG ILLUSTRÉ Case postale 331

1701 Fribourg

Un abonnement de trois mois à notre revue est offert uniquement aux personnes

figurant sur les photos.

(10)

NOUVEAU PRÉSIDENT POUR LA

SOCIÉTÉ FRIBOURGEOISE DES OFFICIERS

Ce sont quelque deux cents hommes de l'armée de terre qui, le mercredi 3 mai dernier, ont assisté à l'assemblée géné¬

rale de la Société fribourgeoise des officiers (SFO) qui pour la dernière fois, était présidée, par le colonel Charles Grand- jean, de Bulle. Une belle parti¬

cipation qui honorait la pré¬

sence en Gruyère et pour la première fois en Suisse roman¬

de depuis son élection, du conseiller fédéral Kaspar Villi¬

ger, chef du Département mi¬

litaire de notre pays. Il fut ac¬

cueilli en fin d'après-midi par les autorités de la ville de Bul¬

le, avec à leur tête, le syndic et

major Gérald Gremaud, pour une visite du Musée gruyérien, pendant que les débats de la SFO se déroulaient à la salle de l'Hôtel de Ville, en présence de MM. Hans Baechler, prési¬

dent du gouvernement; Mar¬

cel Gavillet, président du Grand Conseil fribourgeois et des conseillers nationaux et aux Etats de notre canton.

Près de 50 nouveaux membres La Société fribourgeoise des officiers compte à l'heure ac¬

tuelle, 1314 membres, soit 31 de plus que lors de l'assemblée 1988. Elle a enregistré en une année 49 admissions, mais a

Le colonel Charles Grandjean, ancien président de la SFO.

eu à déplorer 7 démissions et 11 décès.

Dans son rapport présidentiel, le colonel Charles Grandjean a relevé que: «Dans un pays démocratique, il ne doit pas y avoir de sujet tabou. Nos insti¬

tutions peuvent prêter à criti¬

que. Il n'y a pas lieu de se mon¬

trer d'une susceptibilité particulière lorsqu'il s'agit de l'armée. Si, le 26 novembre prochain la démonstration de l'attachement du peuple suisse

Salve d'honneur des grenadiers fribourgeois sur la place de l'église.

à son armée n'est pas massive et convaincante, notre volonté de défense en sera durable¬

ment atteinte. Aujourd'hui déjà, il devient évident que no¬

tre armée n'évolue plus com¬

me le poisson dans l'eau, en osmose avec sa population ci¬

vile et son milieu. Pour cha¬

cun d'entre nous, dans le cadre de sa sphère personnelle, dif¬

fuser l'information, avoir la volonté d'intervenir pour rec¬

tifier les erreurs d'apprécia¬

tion ou les propos défaitistes, c'est convaincre de l'absolue nécessité d'une défense natio¬

nale forte et crédible. » Un pilote militaire élu président

A l'heure de transmettre les responsabilités à un camara¬

de, le colonel Charles Grand¬

jean fait part de ses regrets de n'avoir pu créer une section des officiers en Singine où il déplore une certaine léthargie.

Pour lui succéder à la prési¬

dence de la SFO, l'assemblée a élu par acclamations, le colo¬

nel EMG Ernst Küster, de Mo- rat. Agé de 50 ans, pilote mili¬

taire, ce dernier a été actif pendant huit ans au sein de l'escadrille de surveillance.

Il est actuellement sous- directeur de l'Office fédéral de l'aviation et de la défense con¬

tre avions. Le colonel Küster est le premier lacois à assumer la présidence de la SFO et éga¬

lement le premier pilote à con-

(11)

duire les destinées d'une socié¬

té qui rassemble pour la majorité des hommes de l'ar¬

mée de terre

L'armée est un instrument in¬

dispensable

A l'issue de cette assemblée, les officiers fribourgeois ont écouté dans un silence d'église, l'exposé du conseiller fédéral Kaspar Villiger, chef du Dé¬

partement militaire. En voici quelques extraits :

«Les sociétés d'officiers sont des rouages importants de la démocratie suisse. Elles cons¬

tituent le lien entre le peuple et son armée. Par vocation, elles sont l'illustration et le support de la volonté de défense. » Il a également fait part de son impression sur son voyage en URSS. «Dans ce pays, l'éven¬

tualité d'une guerre est une réalité constamment présente dans l'esprit des militaires. A Moscou, le rôle de la Suisse en tant qu'Etat neutre est appré¬

cié et jouit d'une autorité mo¬

rale certaine. »

En ce qui concerne la votation de cet automne «Pour une pa¬

trie sans armée», le conseiller fédéral Villiger a précisé que le

Conseil fédéral et les Cham¬

bres proposent de rejeter cette initiative, «car supprimer no¬

tre armée, c'est ôter à notre pays une composante essen¬

tielle de sa neutralité. L'armée est un instrument indispensa¬

ble pour prévenir la guerre par son effet de dissuasion. Et personne ne ressent son exis¬

tence comme une menace. Elle protège un terrain-clé stratégi¬

que au cœur de l'Europe».

11 a ensuite parlé du facteur d'intégration de l'armée qui se traduit par deux éléments: le système de milice et la vie en commun au service militaire.

Une salve des grenadiers Cette conférence ô combien passionnante du conseiller fé¬

déral Kaspar Villiger a été sui¬

vie d'un apéritif offert par la Ville de Bulle, d'un cortège emmené par la fanfare du régi¬

ment d'infanterie 1, d'une sal¬

ve d'honneur par le Contin¬

gent des grenadiers sur la place de l'église, et de produc¬

tions du chœur mixte de Bulle au cours du banquet servi au Restaurant des Halles.

Texte et photos G. Bd

LE MOT MYSTÉRIEUX

Lorsque vous aurez découvert tous les mots figurant dans cette grille en losange, et dont la liste vous est donnée ci-dessous, il vous restera alors huit lettres qui vous permettront de former le mot répondant à cette définition: «Pourrait symboliser l'éterni¬

té». La lecture des mots, dans la grille, peut se faire horizontale¬

ment, verticalement ou encore diagonalement (à l'endroit ou à l'envers). Chaque lettre n'est utilisée qu'une fois. Un conseil:

cherchez d'abord les mots les plus longs !

Certes - Certitude - G«e-* Cirque - Derechef -Désagréable - Dîner - Emmener - Gloire - Glorieux - Ile - Je - Jeu - Lundi - Lys - M«f-

■credi - Mi - Miette - Mu - Porte - Poterie - Pur - Repu - Samedi- Sculpture - Sorte, Sou - Sud -Têt- Tuerie - Vendredi - Vie - Xeres - Yen - Zèbre - Zouave:

Le conseiller fédéral Kaspar Villiger accompagné du major Gérald Cremaud, syndic de Bulle.

SOLUTION DANS NOTRE PROCHAINE EDITION.

Solution de notre précédente édition.

36-27-81-15-84-09-33-69-72-24-78-18-54-21-57-99-06-66-39-45- 12-30-93.

PARLONS FRANÇAIS

CULOT

Ce mot que les dictionnaires déclarent « familier» (c'est le moins qu'on puisse dire), les chroniqueurs sportifs l'utili¬

sent volontiers, et de plus en plus souvent, pour louer l'audace d'un joueur ou d'une équipe.

Mais le voilà qui fait son entrée en politique: selon l'A.T.S. (4 nov.), l'Action nationale a déclaré «incompré¬

hensible que le Conseil national ait eu le culot (!) de re¬

pousser une initiative parlementaire de l'A.N... »

«Toupet», également donné comme familier, serait tout de même moins vulgaire.

(12)

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ES DE CHEZ NOUS , -

BONJOUR MONSIEUR LE SYNDIC DE...

TREYVAUX

Un village serein et des

perspectives qui se dessinent Comme son nom l'indique, le village de

Treyvaux (Treffels en allemand), est situé dans trois vallons, le principal se trouve au pied du Combert. Placée dans une campagne fertile et fort bien cultivée, cet¬

te commune occupe une vaste étendue de terrain, de la Sarine à la Pierre des Autels, rocher de la chaîne du Cousimbert. Elle comprend les hameaux de Bois-de- Senèdes, Bournin, La Crausa, Clos d'Il- lens, La Comba, Les Combes, Le Mont, Le Craux, Forchaux, Fron tin, Le Gros- Bugnon, Laulettaz, Montelesson, Lemou- lin, La Pala, La Perrausa, Le Plan, La Planche, Vers-St-Pierre, Le Marais, Les

Vernes, Pramaudier, Praudian, Prilaz, Purlaux, Les Rontes, Rosset, La Sapallez, Tzapalla, Pratzey et plusieurs fermes iso¬

lées. Six ruisseaux traversent ce riant vil¬

lage que l'on découvre au cœur du Pays de Fribourg: Les Arbagnys, le rio Mivilla, le rio de Prassasson, le rio de la Verasse, le ruz de Bournin et le rio de Pontet.

Dans les documents historiques, la men¬

tion de Treyvaux apparaît en 1169 sous la forme latine de « Tribus vallibus». Ce vil¬

lage se nommait Tresvaux en 1235, Tres- vals en 1620, puis Trevoul, Treyvaul, Tre- vax, Travaut et finalement Treyvaux.

L'église paroissiale se trouvait autrefois à Saint-Pierre, presqu'île dominant la Sari¬

ne. En 1173, Landri, évêque de Lausanne, donna à l'abbaye d'Hauterive l'église de Saint-Pierre. En 1246, Berthold, seigneur de Neuchâtel, céda l'avouerie de cette même église au monastère prénommé.

Dans le courant du XIVe siècle, le siège de la paroisse fut transféré au village dont l'église fut reconstruite en 1635 et 1870.

La famille noble de Treyvaux était des ministériaux des comtes de Neuchâtel;

elle avait sa sépulture dans l'église d'Hau¬

terive où l'on peut encore voir, dans la nef, le monument où Ulrich de Treyvaux, mort dans la première moitié du XIVe

siècle, est représenté armé jusqu'aux dents. Pierre de Treyvaux fut prieur de Rueggisberg en 1357; Conon de Treyvaux

abbé d'Hauterive de 1396 à 1405. Le Père Gachoud, célèbre missionnaire, né en 1657, était bourgeois de Treyvaux, ainsi que le député Jean Baptiste Kolly, magis¬

trat, bienfaiteur des pauvres et principal promoteur de l'asile de ta Perrausa. Ci¬

tons également Maxime Quartenoud qui fut conseiller d'Etat; le curé Emile Kaiser,

animateur zélé de la paroisse et des socié¬

tés locales; Denis Papaux, industriel, fon¬

dateur de la fabrique de fenêtres, etc. Par¬

mi les personnalités qui ont joué un rôle de premier plan dans la défense du patois et des traditions, nous nous devons de mentionner Max Bielmann, Pierre Quar¬

tenoud, Joseph Yerly, Pierre Yerly, Nico¬

las Kolly et Justin Sciboz.

Vu l'exiguité du territoire et l'importance de la population, de nombreux treyva- liens s'expatrièrent en s'enrôlant au servi¬

ce étranger ou en allant s'établir au-delà de nos frontières. Le service mercenaire a disparu, mais la tradition de l'émigration se perpétue.

Cette accueillante et poétique commune sarinoise, nous l'avons parcourue un jour de printemps, par une douce chaleur. En fin de journée, alors qu'une brise bienve¬

nue invitait le journaliste à prendre la plume, nous avons conversé l'espace d'une heure avec M. Robert Bielmann, le sympathique syndic de Treyvaux, entre¬

tien qui était suivi de la séance hebdoma¬

daire de l'Exécutif treyvalien qui com¬

prend sept conseillers dont deux dames qui se passionnent pour la politique et les affaires publiques.

G. Bd A ux derniers rayons du soleil couchant, Treyvaux nous rappelle, qu 'à une certaine époque, ils se construisaient de très belles demeures dont quelques unes témoignent encore des fastes passés.

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MfebAGES DE CHEZ NOUS

INTERVIEW Robert Bielmann, quarante- six ans, père de trois fils, em¬

ployé de commerce, entré au Conseil communal de Trey- vaux en 1978, élu syndic en 1982. Il est également vice- président du comité cantonal de l'Association des commu¬

nes fribourgeoises.

FI - Monsieur le syndic, pouvez-vous nous situer la commune de Treyvaux?

R. Bielmann - Sise au cœur du Pays de Fribourg, la commune de Treyvaux se trouve sur la

rive droite de la Sarine, dans le district du même nom qui fait limite avec celui de la Gruyère.

Elle est à mi-distance entre Fribourg et Bulle et à quelques minutes en voiture de la RN 12, sortie de Rössens. L'altitu¬

de, au centre de la localité, est de 770 m, le point le plus bas se trouve à 600 m sur les bords de la Sarine, tandis que le plus haut est à 1530 m, au lieudit

«la Pierre des Autels», près du Cousimbert.

FI - Comment est-elle desser¬

vie?

R. B. - Bien qu'étant à l'écart des grands axes routiers, notre commune dispose d'un réseau de vingt kilomètres de routes pratiquement toutes asphal¬

tées. Un effort particulier a été réalisé ces dernières années par les GFM, en ce sens qu'au¬

jourd'hui notre village est des¬

servi journellement par une douzaine de bus.

FI - Est-ce que la population treyvalienne est stable?

R. B. - Depuis plus d'un siècle, elle approchait toujours les 1000 habitants. En 1888, par exemple, il y avait à Treyvaux déjà 971 habitants. A l'heure actuelle, avec le développe¬

ment que nous connaissons dans la construction de mai¬

sons familiales et d'apparte¬

ments, notre population at¬

teint 1060 habitants. Celle-ci est répartie à raison de 21%

dans l'agriculture, 46% dans

l'artisanat et l'industrie, 33%

dans les services.

Sociétés locales Société de chant Société de musique Société de jeunesse Société de tir

«Les Mousquetaires»

Union des Dames de Treyvaux-Essert Groupe folklorique

«Lè Tzerdjiniolè»

Société fédérale de gymnastique Pistolet-Club

«Echo de la Combert»

Société des samaritains Football-Club Treyvaux Ski-Club Treyvaux Société culturelle

«LIArbanel»

Volleyball-Club «Smile»

Société de camaraderie militaire

Le bâtiment scolaire qui date de 1911 et qui abrite également l'administration communale.

(16)

VILLAGES DE CHEZ NOUS

FI - Quelle est la surface totale de votre commune et a-t-elle des forêts?

R. B. - La superficie de Trey- vaux s'étend sur 11,44 km2

dont 60% sont destinés à l'agriculture, alors que les fo¬

rêts communales ne représen¬

tent que 175 ha de la surface totale.

FI - Puisque l'agriculture tient une si grande place dans votre commune, pouvez-vous nous entretenir quelques instants sur ce secteur de l'économie?

R. B. - La situation géographi¬

que dans laquelle se trouve la commune de Treyvaux ne fa¬

vorise guère une diversifica¬

tion de l'agriculture. Celle-ci est donc orientée vers l'élevage et la production du lait qui dé¬

passe les 2,6 millions de kilos par an et qui, faute d'une fro¬

magerie qui a cessé son exploi¬

tation il y a plus de vingt ans, est vendue à Cremo. Deux syndicats d'élevage, pie rouge et pie noire, contribuent à la qualité du cheptel bovin. Les personnes occupées dans l'agriculture représentent 21 % de la population active, alors que sur le plan cantonal, elle correspond à 13%. Sur la cinquantaine d'exploitations agricoles que compte le village à l'heure actuelle, la plupart sont tenues par de jeunes agri¬

culteurs qui assurent ainsi la relève et la prospérité de la paysannerie.

FI - Qu'en est-il de l'artisanat et de l'industrie?

R. B. - Tous deux occupent une place importante en étant tout particulièrement orientés vers la construction. Mais c'est dans le secteur des activités liées à la transformation du bois que le plus grand nombre d'emplois est proposé: scierie et surtout menuiserie. D'au¬

tres entreprises telles que ma¬

çonnerie, peinture, ferblante¬

rie, installation de chauffage et d'appareils sanitaires, selle¬

rie, ateliers mécaniques auto¬

mobiles et agricoles, aména¬

gement des sols avec un jardinier-paysagiste, un bu¬

reau d'architecte, etc., complè¬

tent agréablement l'artisanat et l'industrie.

C'est essentiellement dans le secteur tertiaire que les places de travail font le plus défaut.

Mis à part les personnes qui sont occupées dans le com¬

merce qui est prospère, il y a celles qui se déplacent quoti¬

diennement à Fribourg.

FI - Comment se présentent à l'heure actuelle les finances de la commune?

R. B. - Les ressources de la commune de Treyvaux pro-

La très jolie chapelle du Pratzet.

viennent presque exclusive¬

ment des impôts. La statisti¬

que fiscale indique que dans notre village la moyenne de l'impôt cantonal sur le revenu et la fortune s'élève à 975 francs par habitant, alors que la moyenne de toutes les com¬

munes du canton est de 1553 francs. Cela explique le taux fiscal élevé du contribuable treyvalien (1,05 franc par franc payé à l'Etat). C'est aussi

pour cette raison que notre commune se trouve en sixième classe. La situation financière communale n'est pas alar¬

mante, mais oblige l'Exécutif à être très vigilant. Il y a lieu de relever que ces dernières an¬

nées des équipements impor¬

tants ont été réalisés (routes, épuration des eaux, captage

Evolution

démographique 1811 666 habitants 1831 730

1850 868 1860 841 1870 905 1880 952 1888 971 1900 1063 1910 1031 1920' 971 1930 950 1941 1049 1950 1044 1960 919 1970 946 1980 937 1989 1060 Les membres de l'Exécutif lors d'une séance hebdomadaire. Manque sur la photo, M. Pascal Bielmann, conseil¬

ler, retenu au service militaire.

(17)

VILLAGES DE CHEZ NOUS

d'eau potable, entretien des bâtiments).

Au mois de décembre dernier, l'assemblée communale a au¬

torisé l'Exécutif à acquérir un terrain de 26 000 m2 situé en zone artisanale et industrielle, terrain qui, nous l'espérons, va permettre la création de nou¬

veaux emplois. Mis à part cet achat de terrain, le budget des cinq prochaines années pré¬

voit un investissement de l'or¬

dre de 4 500 000 de francs, montant qui sera affecté es¬

sentiellement à la réalisation de trottoirs, à la construction d'un stand de tir à 300 m, d'une éventuelle halle édilitai- re et peut-être à la construc¬

tion d'une nouvelle salle de spectacle.

FI - Et l'instruction de la jeu¬

nesse, comment se fait-elle?

R. B. - Nous ne connaissons pas de regroupement scolaire au niveau de l'école primaire.

En automne 1988, il y avait 94 enfants qui prenaient le che-

La halte des sports.

min de l'école, lesquels sont ré¬

partis dans cinq classes. Notre village compte également quelque 40 élèves qui, chaque matin, s'en vont poursuivre leurs études à l'école secondai¬

re ou au cycle d'orientation de Marly.

FI - Est-il exact que la culture et le sport tiennent une grande place dans la vie de la popula¬

tion treyvalienne?

R. B. - Notre village constitue Présence spirituelle au centre du village.

sans nul doute un creuset pour les activités culturelles et spor¬

tives qui jouent un rôle d'ani¬

mation, de liaison entre les ha¬

bitants et de bonne volonté pour que chacun y trouve un réel épanouissement. Un cer¬

tain atavisme renforce égale¬

ment l'esprit pionnier dans l'organisation de manifesta¬

tion importantes telles que fê¬

tes cantonales de gymnastique et de musiques, ou encore la mise sur pied de l'opéra popu¬

laire patois «Le Chèkrè dou Tsandèlè» qui a attiré un très nombreux public à Treyvaux.

Notre localité compte au¬

jourd'hui pas moins de qua¬

torze sociétés aussi vivantes les unes que les autres dont les activités contribuent large¬

ment au bien-être de notre po¬

pulation. Celles-ci sont coor¬

données dans notre commune par un organe faîtier appelé cartel des sociétés, lequel se charge de la planification des manifestations qui ont lieu tout au long de l'année. La commune de Treyvaux est d'autre part propriétaire d'un téléski qui, lorsque l'enneige¬

ment est favorable, est très pri¬

sé par les enfants et même par les adultes.

FI - Entretenez-vous de bon¬

nes relations avec le district de la Gruyère?

R. B. - Il est vrai que nous en¬

tretenons d'excellentes rela¬

tions avec le district de la Gruyère et ses institutions, car la mentalité des gens de Trey¬

vaux est en effet très proche de celle de la population de la Gruyère.

FI - Que font les autorités pour améliorer les contacts humains et la qualité de la vie?

R. B. - Les contacts humains se font essentiellement au tra-

Treyvaux, mon village Dans la douceur de ses verdoyantes collines, Entre la Pierre des Autels et l'église de St-Pierre, Entre les Chênes-d'Essert et la Combert,

TREYVA UX vous salue de la rive droite de la Sarine.

A l'écart de la grande circulation, Treyvaux est fidèle à ses traditions,

Mais, soucieux de son avenir, ce petit bourg Reste ouvert aux idées du jour.

Dans ce sillon propice à la création Des poètes trouvèrent leur inspiration Et entonnèrent le chant de la terre Dans la langue savoureuse de nos pères.

Même si la passade de jadis a disparu, Vous serez toujours les bienvenus Dans ce petit coin de terre

Que taquinent les flancs de la verte Gruyère.

Jacques Jenny

(18)

VILLAGES DE CHEZ NOUS

Un ancien four à pain qui date de 1836.

part la possibilité de se rensei¬

gner auprès de l'administra¬

tion communale qui est semi- permanente et qui se trouve au premier étage du bâtiment scolaire.

FI - Le Conseil communal a-t- il des souhaits à exprimer pour l'avenir de la commune de Treyvaux?

R. B. - Les membres de l'Exé¬

cutif sont unanimes à souhai¬

ter que le village reste ce qu'il est et que sa population conti¬

nue à manifester son esprit d'accueil, afin que l'Autorité communale puisse avec l'ap¬

pui de ses citoyennes et ci¬

toyens faire en sorte que Trey¬

vaux demeure un coin de terre où il fait bon vivre.

Merci Monsieur le syndic.

Propos recueillis par Gérard Bourquenoud Une ferme pittoresque qui a de l'allure.

vers des sociétés locales qui, on ne le dira jamais assez, sont l'âme d'un village. Dans cet ordre d'idée, la commune fait tout ce qui est en son pouvoir pour favoriser les activités des sociétés et groupements par la mise à disposition de locaux ou d'équipements ou encore par une aide financière. Et puis il y a les assemblées com¬

munales et le journal «L'Indi¬

cateur» qui, chaque semaine, diffuse les informations com¬

munales, culturelles et sporti¬

ves, ainsi que la vie dans le vil¬

lage. Chaque citoyen a d'autre

Un quartier de maisons familiales dans la campagne treyvalienne.

Autorités communales Robert Bielmann, syndic Administration générale - Finances - Impôts

René Papaux, vice-syndic Approvisionnement en eau potable - Cimetière - Justice - Protection juridi¬

que - Feu Pascal Bielmann, conseiller

Aménagement du territoi¬

re - Constructions - Eaux usées - Endiguements Michel Bourguet, conseiller

Forêts - Agriculture - Im¬

meubles - Installations

«Les Planchettes»

Nicolas Bourguet, conseiller

Routes - Chemins privés - Voirie et décharge publi¬

que - Militaire - Protection civile

Marie-Josèphe Brodard, conseillère

Enseignement et forma¬

tion - Administration et bâtiments scolaires - Con¬

ciergerie des écoles - Con¬

servatoire

Simone Sciboz, conseillère Santé - Affaires sociales - Groupe des aînés - Assis¬

tance - Culte - Culture - Loisirs - Cartel et UST - Halle de sports.

Administration communale Claire Peiry,

secrétaire communale

5P&

Marie-Françoise Aeby, boursière

Paulette Sciboz, perceptrice d'impôt

(19)

VILLAGES DE CHEZ NOUS

UNE HEURE AVEC-

JUSTIN ROULIN,

doyen de Treyvaux

Il aura 94 ans au mois d'août prochain. Veuf depuis huit ans, il a élevé avec son épouse née Rose Brodard, de Pont-la-Ville, une famille de sept enfants dont cinq sont encore de ce monde.

Justin a fait ses classes primai¬

res dans ce village sarinois où il a exploité avec son père un petit domaine agricole Vers-St- Pierre. Il se souvient qu'il a fallu à l'époque deux ans à des entre¬

prises pour construire l'école actuelle qui date de 1911. Il a également été garde-génisses aux Ormonts-Dessus, dans un chalet situé à 2000 m d'altitude.

Il est allé faire les foins à l'Ab¬

baye, dans la Vallée de Joux, à La Côte-aux-Fées et à Bémont près de la Brévine.

Il m'a évoqué aussi le temps où il se rendait à la foire de Bulle à vélo ou à pied. Il devait se lever tôt et ne pas avoir peur de l'ef¬

fort sur des routes qui n'étaient pas encore asphaltées.

Depuis son jeune âge, il porte avec fierté le bredzon qui fait de lui un homme de la terre fidèle aux us et coutumes de sa région.

Justin vit seul dans son apparte¬

ment qui se trouve au-dessus de l'atelier de son fils Pierre Roulin sellier, chez lequel il prend cha¬

que jour le repas de midi. Le matin, c'est le café complet qui lui convient le mieux, alors que le soir, il se prépare un menu très léger, du fait qu'il va se coucher à la tombée de la nuit. Son temps, il l'occupe à regarder la télé et à des promenades à pied dans le village ou encore par des visites à ses enfants.

Bien qu'ayant subi plusieurs in¬

terventions chirurgicales pour l'arthrose, Justin se porte à mer¬

veille et son moral lui procure une véritable joie de vivre. Il n'a aucun souvenir de mob à évo¬

quer vu qu'il n'a pas été astreint au service militaire en raison de sa taille. Encore alerte et jeune de caractère, il aime faire un brin de causette avec des amis sur le banc devant la maison.

Le temps de notre conversation, il était assis dans le fauteuil que la commune de Treyvaux lui a offert pour ses 90 ans. Bien que modeste dans ses propos, Justin Roulin espère pouvoir bénéfi¬

cier de celui du Conseil d'Etat si Dieu lui accorde la santé. C'est ce gue FRIBOURG ILLUS¬

TRE lui souhaite de tout cœur.

Texte et photo G. Bd

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(20)

RIRE ET SOURIRE

Un étudiant, qui a séché les cours une bonne partie de l'an¬

née, demande à son profes¬

seur de physique:

- Si je fais un gros effort, au cours des quinze prochains jours, croyez-vous que je puisse

réussir à mon examen?

- Mon ami, répond le profes¬

seur, imaginez que vous soyez un thermomètre. Vous pouvez le faire monter en le serrant très fort dans vos mains - mais ce n'est pas ainsi que vous ré¬

chaufferez la pièce où il se trouve.

Dans un autobus, une petite fil¬

le, assise à côté de son père, s'amuse à compter tout haut:

-... 28, 29... Qu'est-ce qui vient après 29, p'pa?

Quand on en est à 90, les au¬

tres voyageurs espèrent qu'à 100 ils auront la paix. Arrivée là, elle marque un temps d'arrêt, puis:

- C'est combien, p'pa, le nombre le plus grand du monde?

- Linfini.

- Linfini-un, l'infini-deux, l'infini- trois...

au bien où >IPasse- hinnc.falt tollurS _ Un Pe,lt

photo FI

Nous étions allés camper, avec ma femme, dans un parc natio¬

nal du Canada. Les brochures signalaient que des ours vi¬

vaient dans les parages. Ma femme commença à s'inquié¬

ter sérieusement. Après avoir essayé vainement de la rassu¬

rer, de guerre lasse, je gardai le silence.

Nous venions de nous glisser dans nos sacs de couchage, lorsque ma femme se peloton¬

na contre moi et murmura:

- Si les ours nous attaquent, tu me protégeras?

- Bien sûr, chérie, lui répondis-je, mais il faut que tu restes éveil¬

lée pour donner l'alerte!

Un nouveau curé venait d'être nommé, et la gouvernante le mettait au courant des répara¬

tions urgentes à faire à la cure:

- Votre toiture a besoin d'être refaite, la pression d'eau est très faible et votre chaudière ne marche pas.

- Madame Kelly! s'exclama le prêtre. Voilà cinq ans que vous êtes ici, et moi, je n'y suis que depuis quelques heures; pour¬

quoi ne dites-vous pas «notre toit» et «notre chaudière»?

Quelques semaines plus tard, le prêtre recevait l'évêque et plusieurs de ses collègues, lors¬

que Mme Kelly, paniquée, fit ir¬

ruption dans le bureau en s'écriant:

- Mon père, mon père! Il y a une souris dans notre chambre, sous notre lit!

Un dimanche matin, notre fille Marie, alors âgée de treize mois, se réveilla à 6 heures.

N'ayant pas envie de me lever aussi tôt, je la pris dans notre lit, mais elle se mit à rire et à gi¬

goter, anéantissant tout espoir de grasse matinée. Je finis par me résoudre à descendre lui faire son petit déjeuner. En sor¬

tant du lit, je me tournai vers mon mari et lui dis:

- Cette nuit, j'ai rêvé que je te quittais pour un autre!

Plein d'espoir, il rétorqua:

- Est-ce que tu prenais Marie avec toi?

Le Suisse partage avec l'Ecos¬

sais un sens inné du commer¬

ce. C'est bien connu.

Un sens du commerce et de l'économie.

On connaît l'histoire de ce bra¬

ve Bolomey qui garde précieu¬

sement la montre en or que son père lui a vendue sur son lit de mort.

Et l'on raconte ainsi la création de la Suisse.

Au sixième jour, Dieu créa la Suisse avec des montagnes, des prairies et des vaches. Puis, Dieu dit au Suisse:

- Que puis-je faire pour toi?

- Je voudrais beaucoup de lait!

dit le Suisse

Dieu donna satisfaction au Suisse et, quelque temps plus tard, passant par là:

- Est-il bon ton lait?

- Y'a pas meilleur! Coûtez-le!

- Il est très bon! fit Dieu après avoir goûté.

Désires-tu encore quelque chose?

- Oui! dit le Suisse, un franc vingt pour le verre de lait!

- Ce feuilleton est tout à fait in¬

vraisemblable! s'écrie une télé¬

spectatrice.

- Pourquoi, ma chérie?

- Lhéroïne demande sans cesse de l'argent à son mari.

- Et c'est ça qui te paraît invrai¬

semblable?

- Non. Mais qu'il lui en donne à chaque fois.

Mon fils cadet me demande un jour jusqu'où je sais compter.

Embarrassé, je lui retourne sa question.

- 5372, me répond-il.

- Ah! et pourquoi t'es-tu arrêté?

- Parce que l'église fermait.

Directeur d'un établissement scolaire, j'ai observé un jour des enfants qui, dans la cour de ré¬

création, «jouaient à l'école».

Comme un élève plus jeune voulait se joindre à eux, le plus grand lui dit: «Tu peux pas jouer; faut savoir lire et écrire

Mais tu feras le directeur.»

NOUA FRIßUR&O AU BRESIL: LA FROMAGERIE CRÉÉE PAR UN FRIBOURGEOIS CONNAIT UN FRANC SUCCÈS

(21)

LES ARTS

L'ARBRE DEJESSÉ:

VIERGE MÈRE

ET ARCHÉTYPE DE LA FÉMINITÉ

Face à l'archétype mascu¬

lin de l'arbre, l'anthropo¬

logue retrouve constam¬

ment la fleur, symbole de la féminité. La survie du lignage hante les chefs du peuple juif comme les mystiques parce qu'elle si¬

gnifie aussi permanence du culte du vrai Dieu.

Ainsi, chaque réconcilia¬

tion avec l'Eternel est scellée dans la réaffirma¬

tion d'une postérité nom¬

breuse assurant la conti¬

nuité de la race élue. La promesse de générations futures faite à Abraham et Jacob est symbolisée par les jeunes oliviers crois¬

sant autour du tronc abattu.

Dans son sommeil, Jessé vit en rêve un arbre croître de ses flancs et porter dans sa couronne toute sa descendance. A la cime de l'arbre en fleurs, une vier¬

ge portait le sauveur d'Is¬

raël. La généalogie du Christ concrétise dans ce fleuron ultime le nécessai¬

re passage des ascendants masculins à une filiation féminine.

Après le choc coloré des premiers vitraux où la vo¬

lonté de puissance charge le sujet de tout un conte¬

nu scientiste qui réduit parfois l'acte pictural au processus intellectuel, les tonalités sereines et l'or¬

donnance du vitrail de la Vierge-Mère forment une oasis de fraîcheur. Dans l'ombre, Jessé sommeille.

Son rêve s'épanouit en ca¬

lice de lumière où sa pos¬

térité croît jusqu'à la rose, fleur des fleurs, couron¬

nant la promesse faite à Israël. Sur les sépales re¬

tournés s'ouvrent les péta¬

les du fenestrage. La clar¬

té diurne du monde conscient ruisselle, claire et transparente. Le rêve nocturne n'est plus cau¬

chemar, mais prescience.

Formes et couleurs sont d'une telle évidente pléni¬

tude qu'elles dispense¬

raient de toute analyse.

Au-delà du signifiant, el¬

les suggèrent un climat : le bonheur. Parce que le ta¬

bleau ici efface le sujet, l'œuvre d'art dans sa tota¬

lité et sa perfection renfer¬

me sa propre justifica¬

tion.

Mais pour qui veut, jus¬

que dans la création pure, retrouver l'action de l'es¬

prit, l'arbre de Jessé recèle maints sédiments cultu¬

rels. La prophétie d'Isaïe épelée en quatre colonnes sur la partie jour: un reje¬

ton / sortira / de la sou¬

che / de Jessé, avec sur la

nuit le second verset : un surgeon / poussera / de ses racines.

Par le portail nord, les fi¬

dèles transitent du monde hostile vers la nef, havre de paix et de salut. A ce passage physique, Castro juxtapose la voie initiati¬

que: celle du rêve où plonge le sommeil de Jes¬

sé. Aux frontières de l'in¬

conscient, la nuit renfer¬

me les forces instinctives et les pulsions secrètes du monde souterrain.

Les blasons chers à l'art courtois n'ont pas disparu de cette généalogie. Les formes concaves des en¬

coches de targe et les sphères des cimiers réap¬

paraissent lisibles dans le dessin inversé du fenestra¬

ge rabattu sur les baies.

Mais plus qu'un support où s'accrochent les armoi¬

ries, l'arbre est devenu si¬

gne de vie. Sève ou sang, des réseaux rouges irri¬

guent chaque rameau issu du tronc central.

Archétype de la féminité, la conque bivalve dévoile ses nacres irisées. Sa dua¬

lité condense les secrets de la nuit et les lumières du jour. Montant jusqu'au couronnement du rempla- ge, de génération en géné¬

ration, la race élue s'ac¬

croît et les rameaux se multiplient. La postérité tout entière de Jessé de¬

vient mandorle, symbole vénusien, réceptable, lè¬

vres, fleur, calice et gloire de la Vierge-Mère, bénie entre toutes les femmes.

Le thème cent fois repris de la généalogie du Christ dit d'une façon nouvelle l'élan vital, le désir de postérité, les liens du sang et les mystères de la fécon¬

dité.

Texte et photo tirés du livre

«Nouveaux signes du sacré».

Editions Fragnière SA, Fribourg Collégiale, façade nord, Sergio de CASTRO devant la quatrième

fenêtre écornée par le portail.

(22)

LES SPORTS

HC FRIBOURG-GOTTÉRON:

les producteurs à l'honneur, les acteurs au boulot

M Jean Martinet, président du HC Fribourg-Gottéron.

Les graves problèmes qui ont secoué le HC Fribourg- Gottéron, menaçant même son existence, sont en bonne voie de règlement, sinon de disparition. Les événements qui se sont succédés, véritable feuilleton à multiples épiso¬

des, «Dallas» de la vie sporti¬

ve de notre cité, s'estompent peu à peu et feront bientôt partie de l'histoire. Preuve en est qu'en dépit de tous ces aléas, le club a vécu une as¬

semblée tranquille et sans his¬

toires, alors que circulaient des rumeurs qui se sont avé¬

rées fantaisistes. On ne peut que s'en réjouir, car, chacun en conviendra, ceci est certai¬

nement plus constructif que cela.

D'entrée de jeu, le président, Jean Martinet a annoncé la couleur en affirmant dans son rapport : « D'emblée, je tiens à signaler que je suis un prési¬

dent heureux». Et d'ajouter, après avoir rendu hommage au travail de son prédécesseur comme à celui de son comité:

«surtout heureux de présider un club de LNA». On le com¬

prend... comme on comprend

Les nouveaux membres d'honneur: MM Félicien Morel, Albert Engel, Claude Schorderet, Claude Jorand.

Manque Anton Cottier. Ils sont applaudis par le président du HC Fribourg-Gottéron, à gauche.

aussi son optimisme. En effet, avec un team d'entraîneurs tels que Me Namara, Pelletier et Cadieux, on ne peut guère voir l'avenir qu'en rose. Si deux des quatre objectifs prioritaires que s'était fixé le comité, soit le renouvellement et le rajeunis¬

sement sont atteints, avec 13 nouveaux joueurs, le troisiè¬

me, le nombre des spectateurs ne l'est pas et le dernier, l'esprit

d'équipe, reste à parachever plutôt qu'à construire. Côté fi¬

nances, le rapport du trésorier, Gaston Baudet, est encore quelque peu grisâtre, ce qui est parfaitement expliquable par le déficit de l'exercice qui se monte à 164 431 francs, résul¬

tat direct des contre- performances d'une équipe, dont le nombre des specta¬

teurs a été inférieur de 15%

aux prévisions. Au chapitre des distinctions, ce que Jean Martinet a appelé, faisant ré¬

férence au regretté Sergio Leo¬

ne, «Il était une fois «Sauvez Gottéron», s'est terminé par la distribution des Oscars aux producteurs. Mais, laissons- lui la parole :

« Il était une fois dans l'ouest, qui ne connaît pas. Nous, nous avons aussi tourné un film à sensation. Un scénario concocté durant quelques week-ends de travail en au¬

tomne 1987 par un comité qui avait décidé qu'il était encore trop tôt pour mettre les ac¬

teurs au chômage.

Sur une musique du Cabaret Chaud 7, producteurs et réali¬

sateurs se retrouvent le 15 dé¬

cembre 1987. A la lecture du scénario, les traits s'étirent, le front se plisse, la bouche de¬

là nouvelle équipe fanion.

(23)

LES SPORTS ™

vient tendue. Et pourtant, après 48 heures de réflexion, les producteurs ont décidé de tourner le film.

Le 28 décembre 1987, à la tom¬

bée de la nuit, on met en route le tournage. Durant deux mois, producteurs et réalisa¬

teurs, avec des milliers de figu¬

rants, se donnent la main afin que ce film ne soit pas un na¬

vet et que l'on en parle dans toutes les chaumières helvéti¬

ques.

Aujourd'hui, le comité direc¬

teur du HC Fribourg-Gottéron propose à l'assemblée d'hono¬

rer les producteurs de: «Il

Médecin-dentiste de profes¬

sion, il utilise le mot adéquat:

«Je dois trouver l'amalgame idéal entre les trois régions lin¬

guistiques pour définir les grandes lignes de la politique du hockey suisse». Mission pas toujours aisée pour René Fasel qui, pourtant, connaît tous les rouages de ce sport: la technique, il l'a assimilée lors¬

qu'il portait le maillot de Got- téron en tant que junior, l'ar¬

bitrage il l'a maîtrisé par son expérience d'arbitre interna¬

tional, le côté administratif il le possède depuis qu'il préside la Fédération suisse de hockey sur glace. Ascension fulguran¬

te pour ce dirigeant âgé de 39 ans seulement.

Le sport dominé par l'argent

«Bien que les satisfactions sont moins nombreuses que les soucis», il conserve un dynamisme intact. Ses propos l'attestent: «Grâce à l'engage¬

ment bénévole de tous les fonctionnaires qui travaillent dans l'ombre au niveau de la

était un fois «Sauvez Gotté- ron», c'est-à-dire Messieurs:

Félicien MOREL, président du comité «Sauvez Gottéron»

et conseiller d'Etat

Anton COTTIER, conseiller aux Etats

Albert ENGEL, député Claude SCHORDERET, syn¬

dic de la ville de Fribourg Claude JORAND, directeur de l'UBS à Fribourg.

Y a-t-il une objection dans la salle?»

Réponse de l'assemblée: une longue ovation.

Texte et photos : André Brunisholz

base, le hockey sur glace vivra toujours. A ce stade-là, le véri¬

table plaisir existe toujours».

Plus au niveau supérieur?

René Fasel admet: «Pas tou¬

jours, c'est vrai. L'argent occu¬

pant toujours une plus grande place - trop importante à mon avis - le plaisir n'y trouve pas nécessairement son droit.

Dans chaque profession le plaisir ne se conjugue pas au quotidien et dans le hockey c'est identique puisqu'au ni¬

veau de l'élite les acteurs sont professionnels». Le président de la Fédération suisse enchaî¬

ne: «Dans une équipe natio¬

nale, la rivalité entre les joueurs existe, il faut bien l'ad¬

mettre: un plaît davantage, l'autre a plus de succès (sur tous les plans) que son copain, l'un est mieux rémunéré que l'autre, etc., donc il est très dif¬

ficile de rendre le groupe par¬

faitement homogène».

Un échec qui exige réflexion Il faut sans doute chercher dans cet éventail d'obstacles

cités la raison de l'échec d'Oslo. Pourtant, René Fasel, avec le recul, affirme: «Oslo ne rime pas avec Waterloo!

Certes, nous avons perdu une bataille - importante il est vrai - mais en aucun cas la guerre».

Lui, qui avait tenu des propos très durs après cet échec reten¬

tissant, fait place maintenant à la réflexion et à l'analyse:

«On aurait pu, on aurait dû gagner. On a vraiment loupé le bon wagon. Quand je pense à l'énorme investissement effec¬

tué pour atteindre notre objec¬

tif, j'éprouve beaucoup de re¬

grets en constatant que nous avons manqué le bon virage».

Alors que Maître Rumo a con¬

gédié Jeandupeux, René Fasel maintient sa confiance à Si¬

mon Schenk: «Oui, notre coach national mérite une nouvelle chance car, à Oslo, ce

ne fut pas l'erreur de Simon qui a engendré la défaite mais ce fut l'échec du groupe dans son entité». Notre interlocu¬

teur tire l'oreille des joueurs du cadre de l'équipe nationale lorsqu'il déclare: «Ils se ren¬

dront compte de ce qu'ils ont manqué à Oslo lorsqu'ils ver¬

ront à l'œuvre les meilleures équipes de la planète aux pro¬

chains championnats du mon¬

de du groupe A qui se déroule¬

ront à Berne et à Fribourg». Il conclue, tout sourire: «Heu¬

reux public qui pourra voir à l'œuvre les meilleurs joueurs du monde dans une compéti¬

tion officielle». René Fasel, lui, a mis toute son énergie pour offrir aux spectateurs suisses - et fribourgeois - un véritable show sur glace!

RENE FASEL: cir

«Oslo ne rime pas avec Waterloo!»

D'abord junior dans les rangs du HC Gottéron, puis arbitre national et international, puis président des arbitres suisses, enfin actuel président de la Fédération suisse de hockey sur glace, René Fasel connut une ascension fulgurante dans un sport pour lequel il continue de se passionner.

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